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 La douleur qui fascine et le plaisir qui tue. PV Nusicaa.

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Maël Douglas [ABS]
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MessageSujet: La douleur qui fascine et le plaisir qui tue. PV Nusicaa.   Lun 6 Avr - 11:55





    « La douleur est comme un venin qui coule à vif dans le sang de quiconque. Habituer par la douleur, on ne s'en rend même plus compte, on devient complètement amorphe, on se force à aimer quelqu'un parce qu'on en a envie, mais les sentiments réels ne sont jamais présents. Et cette histoire n'est rien d'autre qu'un cercle vicieux, peu de personnes sont capables de s'en sortir indemnes sans aucune aide. La force de la douleur nous fascine et c'est le plaisir que l'on prend à faire souffrir qui nous tue doucement, à petit feu, sans que personne ne s'en aperçoive. »

    Quelques mots simples et bien banals sur une feuille blanche tout aussi commune. L'écriture est un des meilleurs moyens pour évacuer réellement la douleur. Enfin, après l'équitation selon moi, d'où ma venue dans ce domaine. Jamais je ne me serait attendu à te revoir de sitôt, je te savais déjà passionner par l'équitation, mais te revoir me semblais sûrement impossible. Pensées égoïstes. Je refusais seulement de te voir au fond, je savais très bien le type de réaction que tu aurais et il faut avouer qu'au fond, ça me faisait peur. C'est juste cette peur, celle de voir la vérité en face, celle de voir que tout est réellement finit. Comme je le dis toujours, on n'oublie jamais personne, on cherche à combler son absence. C'est précisément ce que je fais en ce moment, je cherche par tous les moyens à combler cette absence, ce manque de présence.


    Me voilà déjà embauché dans un domaine relativement connu, en tant que maréchal ferrant. Après avoir fait le tour de la propriété, je me décida bien vite à aller dans la salle de repos. Après avoir ouvert la porte dans un silence des plus total, je resta figer devant la personne endormie sur un des fauteuils. J'avais cette appréhension, mais jamais je ne me serais douté que tu serais vraiment là. Un léger soupir brisa la barrière de mes lèvres, la porte se ferma tout aussi silencieusement et je me dirigea vers un fauteuil en face, t'observant sous tes moindres formes. Tu n'avais donc pas changée et la haine que tu me portes doit toujours être présente, voir pire. Je ne sais pas vraiment quoi faire, comment réagir, quelle sera ta réaction surtout ? Je regarde autour de nous tout en collant mes jambes pliées contre mon torse et entourant celles-ci de mes bras. Je reste alors plusieurs instants figés sur un vase. Ce ne serait finalement pas mal de provoquer le réveil. Mes sourcils se froncèrent discrètement et je fis volontairement tomber le vase blanc à terre qui se brisa en milliers de morceaux sous mes pieds. Comme si rien n'était, je me dirigea vers le buffet pour me servir un verre d'eau que j'avala d'une seule traite. Mon corps était parcouru de frissons, encore une fois je refusais de voir la vérité en face et ce n'était pas forcément agréable étant donné que les souvenirs de cette unique soirée refont surface. Une de mes mains passa dans mes cheveux à l'air négligés et un nouveau soupir suivit très vite ce geste. S'il faut mourir, autant vivre à en crever.





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Nusicaa Wiltman (abs)
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MessageSujet: Re: La douleur qui fascine et le plaisir qui tue. PV Nusicaa.   Mer 8 Avr - 18:46

    « ¡ Flash, me enervas ! lâcha soudain Nusicaa sur un ton effectivement irrité. »
    D’un coup d’épaule, elle repoussa pour la énième fois la tête de sa jument qui, curieuse, venait fureter dans ce qu’elle était entrain de faire. L’intéressée céda, s’occupant un instant de ce qui se passait à l’extérieur du box puis, comme toute les fois précédentes, revint à la charge en donnant d’affectueux coup de nez à sa cavalière et, au passage, faisant tomber la brosse qu’elle avait en main. La jeune femme poussa un long soupir agacé puis recula d’un ou deux pas, avant de poser un regard totalement dépourvu d’amusement sur sa monture qui la contemplait avec son habituel air innocent, faisant semblant de ne pas comprendre ce qu’on lui reprochait. Du moins, c’est de cette façon que la plupart des gens interprétaient l’attitude de la jument.
    « Ça suffit »
    Heureusement, Nusicaa, à bout de ses – faibles – réserves de patience, en avait bientôt terminé avec la jolie alezane. Attrapant un cure pied, elle s’attaqua aux sabots et en profita pour examiner rapidement les fers. Comme elle s’en doutait, Flash allait avoir besoin d’un passage chez le maréchal ferrant – ce qui ne tombait pas plus mal puisqu’elle avait entendu dire que le nouveau allait ou devait être arrivé dans la journée. Elle termina cette fastidieuse séance de pansage puis entreprit de récupérer ses affaires, que l’alezane avait prit grand soin d’éparpiller un peu partout dans le box. Il y avait des jours où Nusicaa en aurait ri, mais visiblement aujourd’hui était loin d’être le cas.

    Après avoir retrouvé tout ce avec quoi elle était arrivée, cette dernière quitta sa jument d’une rapide caresse puis alla ranger à la sellerie matériel et équipement, soulagée de savoir sa journée enfin presque terminée. Tout en remettant sa selle dans sa housse, elle étouffa un bâillement et ferma un instant les yeux. Aucune difficulté à le deviner, la jeune femme était épuisée. Ses traits tirés, son teint hâlé plus pâle que d’ordinaire, le tout renforcé par une longue chevelure ondulée et attachée de la manière la plus aléatoire qui soit, tout ça suffisait largement à l’indiquer. Cependant, comme pour le signifier aux moins clairvoyants qui ne sauraient interpréter ces signes là, s’ajoutait à cela une mauvaise humeur caractéristique à ses moments de fatigue. Et attention, mauvaise humeur oui, mais mauvaise humeur… façon Nusicaa. Quand on sait à quel point la fière métisse pouvait faire preuve de patience ou de gentillesse, être prompte à peser ses paroles ou à faire preuve d’humanité dans ses meilleurs jours, inutile de préciser qu’il était plus que suicidaire de seulement s’approcher d’elle dans les pires. Elle ne comptait plus – ou plutôt, elle ne comptait pas, que pouvait-elle bien en avoir à faire ? – le nombre de personnes qu’elle envoyait balader sans aucunes raisons valables et pour des choses totalement insignifiantes ; et cette fâcheuse tendance au cynisme et aux sarcasmes, il fallait l’avoir éprouvée pour en saisir l’ampleur. Même le contact des chevaux qui, habituellement, la radoucissait légèrement, ne faisait rien à son caractère impulsif dans ces moments-là. Bref, il y a des jours avec et des jours sans et aujourd’hui était plus qu’un jour sans pour la jeune femme.

    Quand elle eut enfin terminé de ranger toutes ses affaires, Nusicaa décida que, pour une fois, elle avait droit à une pause. En effet, elle faisait certainement plus de choses au Domaine depuis quelques mois qu’elle n’en avait jamais fait y étant élève. L’apprentissage de l’éthologie avec Marion ne lui prenait pas énormément de temps étant donné qu’elle n’y passait que quelques heures par jour, mais d’elle-même, la belle brune s’était également jointe aux palefreniers et les aidaient plus que la moitié de son temps. A cela s’ajoutaient diverses autres choses autant dans le cadre qu’en dehors du domaine plus, bien entendu, la gymnastique. Malgré toutes les contre-indications qu’on pouvait y trouver, il était hors de question qu’elle n’abandonne cette dernière. Elle continuait donc, un peu moins régulièrement qu’avant certes, mais le plus souvent possible, à rafler podiums et médailles en plus de tout le reste. Autant dire que, si elle l’avait pu, elle n’aurait pas refusé des journées d’au moins quarante huit heures. C’est donc sur la décision de s’accorder, pour une fois qu’elle le pouvait, une petite heure, que Nusicaa se dirigea vers le premier étage de l’internat. Quelques minutes plus tard, elle poussait la porte d’un des endroits qu’elle préférait ici, à savoir la salle du club. Cette dernière, toujours pourvue de l’ambiance la plus chaleureuse qui soit, était meublée de vieux fauteuils et canapés de cuirs dans lesquels les élèves et les autres s’enfonçaient toujours avec plaisir. On pouvait difficilement en distinguer les murs, ces derniers étant couverts de posters en toute sortes, de décorations diverses, de feuilles d’information et de bien d’autres choses. Il n’était pas rare d’y trouver une veste oubliée où un vieux manuel de théorie, abandonné à côté du baby-foot ou sur l’une des deux tables. C’était le lieu de détente par excellence, presque toujours animé. Sauf aujourd’hui, pour le plus grand bonheur de la belle brune qui constata avec plaisir qu’il ne s’y trouvait pas âme qui vive. En même temps, c’était le milieu de l’après midi et à cette heure-ci, la plupart des élèves étaient en cours ou en balade, le temps étant plus que correct.

    Rapidement, Nusicaa se dirigea vers le coin où se trouvaient les machines à café et distributeurs. Optant, comme toujours, pour un café noir et serré, elle alla ensuite se poser dans un des moelleux sofas, avec un soupir de soulagement. Déjà, elle sentit ses paupières lourdes de fatigue se fermer d’elles-mêmes. Depuis combien de temps n’avait-elle pas dormi ? Une nuit ? Non, plus… deux nuits. Plus de quarante huit heures qu’elle n’avait trouvé le moyen de fermer l’œil. La première nuit parce qu’elle avait absolument voulu assister le vétérinaire pour la naissance d’un magnifique poulain à la robe pie. Rentrée chez elle vers onze heures, elle avait passé deux heures à papoter en anglais avec Mrs Hopkins, la propriétaire de son studio, puis avait reçu un appel d’une amie, abattue par la mort d’un proche qui ne faisait que s’ajouter à d’autres problèmes. Nusicaa était sortie en vitesse pour aller la voir chez elle, lui évitant de vider bouteille sur bouteille. Résultats, elles avaient passé le reste de la nuit à parler et la jeune femme s’était rendue à neuf heures au domaine sans même avoir songé à dormir. La nuit dernière, elle avait bien essayée, mais, à peine rentrée chez elle vers sept heures, lui était revenue la fête d’une amie qui – par esprit de contradiction des habitudes et parce qu’elle était sûre d’elle – se mariait précocement – vingt deux ans – et avait décidé de fêter le futur enterrement de sa vie de jeune fille (qui devait avoir lieu dans deux semaines) en avance. Une nouvelle fois, le tout s’était terminé assez tard – tellement tard qu’il en était tôt – et, le temps de rentrer, Nusicaa s’était directement rendue au Domaine. Une nouvelle fois, la belle brune poussa un soupir, puis termina d’une seule traite la conséquente tasse de café qu’elle s’était servie et la posa sur la table basse. Finalement, elle allait s’accorder deux heures. Elle était endurante et pleine d’énergie, mais là, ça commençait à faire beaucoup. Bon okay, trente minutes et après j’me trouve un bouquin concéda-t-elle à son corps qui lui réclamait un temps de sommeil, malgré qu’habituellement, dormir en journée ne lui plaisait pas. Consultant des yeux l’horloge accrochée au mur, elle se cala confortablement dans le canapé. La chaleur agréable de la pièce la poussa même à retirer son sweat bleu marine en dessous lequel elle portait un simple débardeur blanc aux larges bretelles et sa culotte d’équitation beige. Elle le coinça sous sa tête, avant de fermer les yeux. Quelques secondes plus tard à peine, elle dormait déjà. Trente minutes s’écoulèrent. Puis une heure. Bientôt deux heures passèrent, et bien sûr, la jeune femme ne s’éveilla pas.

    ***


    BAAANG. Le vacarme hallucinant d’un objet qui tombe puis se brise en morceaux retentit soudain dans la pièce, en brisant le calme qui, depuis maintenant trois heures, n’était troublé que par la respiration régulière d’une jeune femme endormie.
    « Putain, mais c’est pas possible ça ! »
    Avant même d’avoir ouvert les yeux, Nusicaa, éveillée en sursaut, manifesta assez violement le fabuleux plaisir que lui provoquait ce réveil forcé. Quand elle souleva les paupières, les premières choses qu’elle vit furent les éclats du vase qui gisaient à quelques pas du canapé sur lequel elle venait de passer les trois dernières heures. Se redressant vivement, elle balaya la pièce du regard tout en continuant à passer ses nerfs sur le ou la maladroite, bien qu’elle ne sache encore de qui il s’agissait.
    « Ça t’arrives jamais d’faire attention à- s’interrompit-elle brusquement, lorsque ses prunelles brunes encore engourdies de sommeils rencontrèrent la silhouette de la seule personne présente dans sa salle. »
    Pardon ? Ce fut le premier mot qui s’imposa à son esprit, alors qu’un blanc s’abattait. L’espace d’une seconde, son corps entier lui hurla qu’il était impossible que le jeune homme qu’elle avait face à elle ne soit celui dont le nom venait de s’imposer à son esprit. Tout simplement inconcevable que là, devant elle, ne se trouve cette personne. Et pourtant… Elle ne pouvait l’ignorer. Elle cligna des yeux, recouvrant ainsi la totalement de sa vision. Non, elle ne rêvait pas. Il était bien là. Maël Douglas se trouvait bien devant elle, appuyé contre un des buffets de la salle. Aucun doute à avoir, aucune hésitation possible. Elle connaissait trop bien ce visage-là pour ne pas le reconnaître immédiatement et espérer ne serait-ce qu’une seconde que ses yeux lui jouaient des tours.

    Han putain, c’est pas vrai... Maël. Maël Douglas. Ici, au Domaine, à près de six cent kilomètres de Paris, endroit où il était censé se trouver là, tout de suite. Maël Douglas, qu’elle avait tout fait pour bannir de sa vie était ici. Mais bordel qu’avait-elle fait en décidant de changer de vie et de se rendre en Camargue pour que le destin trouve utile de la faire tomber sur précisément les dernières personnes qu’elle voulait et s’attendait à revoir ? Pourquoi fallait-il qu’invariablement elle ne se retrouve en face de justement ceux avec lesquels elle souhaitait mettre le plus de distance possible ? Pourquoi ?! Ne trouvant évidement pas de réponse à cette question qu’elle ne s’était déjà que bien trop posée, la jeune femme fixa un regard glacial sur le nouveau venu, le dévisageant, à la recherche du moindre détail qui démentirait la certitude que c’était bien lui. Mais elle connaissait ses traits par cœur et savait très bien qu’elle ne pouvait pas s’être trompée. En un instant, elle fut sur ses pieds, écrasant au passage sous ses vieilles converses les morceaux de vase qui traînaient par terre, rompant ainsi le silence pesant qui s’était installé entre les deux jeunes gens. Un silence lourd de souvenirs.
    « Maël, assena-t-elle de ce ton glacial qu’elle savait si bien employer. »
    Elle dut cependant faire un effort pour s’empêcher de s’entailler la lèvre en s’entendant prononcer ce nom. Vivement, elle passa une main dans son paisse chevelure ondulée pour chasser les mèches brunes qui s’étaient placées devant son visage, ne pouvant ignorer la vague de souvenir qui lui remonta à la gorge. De supers souvenirs – les quelques années qu’elle avait passé avec lui faisaient certainement partie des meilleurs. Tous de supers souvenirs. A l’exception d’un seul. Le dernier. Les poings de Nusicaa se serrèrent à l’évocation de cette dernière soirée du premier janvier. De l’alcool, un peu trop d’alcool, un coup de blues comme il en arrive parfois, une étreinte amicale puis… Certainement l’une des plus grosses erreurs des dix huit années des sa vie. La jeune femme sentit de nouveau la colère monter en elle. La même que celle qui l’avait prise, au lendemain de cette fête, quand elle s’était réveillée et qu’elle avait réalisé ce qui s’était passé. Il avait tout foutu en l’air. Absolument tout. Incapable de supporter bien plus longtemps ce genre de souvenirs là, Nusicaa inspira un coup.
    « Okay… Sa voix dérailla légèrement, mais elle se reprit. J’veux même pas savoir c’que tu fous là termina-t-elle en attrapant son sweat et en se dirigeant rapidement vers la porte. »

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Maël Douglas [ABS]
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MessageSujet: Re: La douleur qui fascine et le plaisir qui tue. PV Nusicaa.   Ven 10 Avr - 19:48




    En terme général, Maël n'était pas du genre à culpabiliser pour un rien. Il faut dire que les fois où le jeune homme s'attache réellement se font rare. D'autant plus depuis cette fameuse soirée. Maël n'avait jamais eu une bonne mémoire, loin de là, mais cette soirée restait dans chacune de ses pensées ; malgré les efforts pour passer à autre chose. Le portable du jeune homme se mit à vibrer dans la poche de son pantalon d'équitation, d'une couleur marron chocolat, sa couleur fétiche. Il sortit rapidement l'engin de sa poche et regarda l'expéditeur du message. Ou plutôt des messages, car il venait d'en recevoir deux consécutivement. Il ouvrit le premier message et vit très vite que c'était une " amie " qui voulait prendre de ses nouvelles. Maël ne l'appréciais pas vraiment, il la trouvait un peu trop manipulatrice à son gout. Il soupira et répondit en vitesse au message, jetant au passage un coup d'oeil à Nusicaa qui à première vue, dormait toujours, mais pas pour bien longtemps puisque, à peine eu-t-il le temps d'effacer le deuxième message provenant de Cynthia sans même le regarder, il entendit la voix de Nusicaa résonner dans la pièce. Il rangea en vitesse son portable et leva les yeux vers la brune. Toujours aussi impulsive apparemment, elle n'avait pas changée, trait pour trait. Le jeune homme, presque inconsciemment esquissa un sourire au coin des lèvres. Il pris tout de même le soin d'ignorer complètement les deux premières phrases de la jeune femme, elle ne l'avait pas encore reconnue apparemment.

    " Maël. "

    Le jeune homme se contenta d'hausser un sourcil. Il aimait et savait bien jouer avec l'ironie quand il jugeait utile de le faire. Son sourire s'agrandit alors, détaillant discrètement Nusicaa. Elle n'avait pas du tout changer depuis tout ce temps. Il leva les yeux vers elle - Car il était encore assit sur son tabouret - et inspira doucement.

    " Tu as toujours aussi bonne mémoire, Nusicaa Wiltman. "

    Un soupir s'échappa tout de même de ses lèvres.

    " J'veux même pas savoir c'que tu fous là. "

    Maël fronça les sourcils et se dégagea une mèche d'un coup de tête. Son poing se crispa légèrement autour de son verre d'eau, mais il fit son possible pour ne rien laisser paraitre. Il la vit s'éloigner d'un pas rapide et dynamique. Sans même réfléchir à quoi que ce soit, le jeune homme se leva tout aussi rapidement, rattrapant sans vraiment d'efforts la belle brune par une poignée ferme autour de son poignet. Son regard de bronze plongea dans les yeux ébènes de Nusicaa. Son visage ne trahissait pour le moment aucune expression.

    " Laisse-moi au moins le temps de t'expliquer... "


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Nusicaa Wiltman (abs)
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MessageSujet: Re: La douleur qui fascine et le plaisir qui tue. PV Nusicaa.   Ven 10 Avr - 23:50

    Nusicaa se dirigeait à grandes enjambées vers la porte, tout en essayant de refréner sa colère. Tout au fond d’elle, dissimulée derrière les hurlements de sa rage, elle pouvait entendre une petite voix lui souffler, qu’une fois de plus, sa réaction était disproportionnée. Après tout, elle n’avait pas autant de raison d’en vouloir à Maël que ce qu’elle voulait bien le penser. A l’époque, quand tout était arrivé et que cette désastreuse soirée lui avait coûté les deux personnes les plus importantes de sa vie, si. Mais maintenant… Maintenant elle avait renoué avec Erika, cette… aventure – ou plutôt, mésaventure, sans mauvais jeu de mot - était plus ou moins oubliée. Plutôt plus d’ailleurs, puisque, c’était bien Erika qui se mariait dans à peine deux semaines avec « l’Homme parmi les hommes » comme elle le disait si bien. D’ailleurs, la future épouse, durant cette fête qui avait volé une deuxième nuit à Nusicaa, était revenue sur le sujet, sur le ton de la plaisanterie bien que la belle métisse n’ait pas manqué le soupçon d’amertume qu’elle gardait quand elle en parlait. La question était de savoir si elle avait revu Maël et Nusicaa s’était rebiffée en répliquant que c’était loin d’être prévu et que, de toute façon, la probabilité pour qu’elle ne le rencontre était à peu près nulle. A croire que la jeune femme ne tirait jamais aucune leçon de ses expériences… Le monde est petit, elle ne le savait que trop bien. A croire aussi que le destin et l’ironie du sort s’acharnaient sur elle ! Enfin, toujours est-il que, normalement, elle ne devrait plus en vouloir au jeune homme pour ce qui s’était passé cette nuit-là. Il n’y avait aucune raison que cette vieille rancune ne perdure. En fait si, il y en avait une, peut-être. Mais celle-ci, il était absolument hors de question de seulement l’envisager…
    Nusicaa posait donc la main sur la poignée de la porte, bien décidée à sortir, lorsque celle de Maël se referma autour de son poignet. Son poignet gauche, orné d’une fine cicatrice, souvenir de ses nombreuses autres mésaventures. Se mordant violement les lèvres pour se contenir, la jeune femme fit brusquement volte-face, dardant sur lui un regard noir. Noir, au sens propre du mot. Le visage inexpressif de celui qui fut, il y avait de cela presque deux ans, certainement son meilleur ami lui arracha un léger tressaillement. La dernière fois qu’elle l’avait vu aussi froid remontait à leur ultime conversation, quand elle lui avait clairement signifié qu’elle ne voulait plus jamais le revoir.
    « Laisse-moi au moins le temps de t'expliquer... commença-t-il. »

    Il n’eut pas le temps de terminer sa phrase. Sans qu’elle n’y réfléchisse et qu’elle n’ait le temps de contrôler son geste, Nusicaa se dégagea puis d’un geste violent claqua une gifle retentissante sur la joue du jeune homme.
    « Expliques-moi quel mot t’as échappé dans la phrase ‘On a plus rien à se dire’ que je reformule ça plus clairement lâcha-t-elle d’un ton glacial un vrillant un regard brûlant dans ses prunelles brunes. »
    Puis, tournant brusquement les talons, elle ouvrit la porte et sortit, la laissant claquer derrière elle.
    Nusicaa eut besoin d’un certain temps de marche avant de réaliser ce qui s’était passé. Pour la deuxième fois, elle venait de fermer une porte au nez du jeune homme, pour une raison qu’elle ne parvenait pas totalement à définir. Les souvenirs de cette soirée étaient trop présents pour qu’elle n’arrive à envisager les choses placidement. Elle pouvait encore, si elle n’y prenait pas garde, ressentir cette étreinte, pourtant si innocente à l’origine. C’était de sa faute. Uniquement de sa faute à lui si les choses avaient dérapé. C’était lui qui l’avait embrassée alors qu’elle n’allait pas si bien qu’elle voulait le laisser croire - A cette époque, elle se préoccupait encore du couple de son père et cette saleté de Kate, et Maël était le seul à réellement connaître cette histoire et à savoir deviner ce qui se cachait derrière les sourire et le regard de la belle brune. C’était de sa faute à lui si elle s’était laissée allée à des sentiments qui n’avaient pas lieu d’être, elle qui savait si bien se contrôler quand il ne s’agissait pas du crier sur quelqu’un. C’était de sa faute à lui si… Stooop ! Là, c’est de la mauvaise fois… Une fois de la plus, la voix de sa conscience n’avait pas totalement tort. Nusicaa n’était pas toute blanche dans l’affaire et elle n’avait rien fait pour l’empêcher, au contraire. Pas plus qu’elle n’avait tenté de l’écouter lorsque le lendemain vers onze heure du matin elle s’était éveillée au creux de ses bras et qu’elle avait sentit poindre la panique. Pas plus non plus qu’elle n’avait tenté de dissimulée à Erika ce qui s’était passé quand cette dernière, après avoir avait trouvé sa meilleure amie enroulée dans une couverture dans la même pièce que son copain. Nusicaa laissa échapper un frisson à ce souvenir à celui de la crise qui s’en était suivit. Charmante façon de commencer l’année…

    La jeune femme s’arrêta soudain de marcher, arrivée en face des écuries. Il fallait absolument qu’elle trouve autre chose pour occuper ses pensées. Qu’elle arrête de se repasser en boucle le film de ce qui s’était passé et de se demander ce que pouvait bien faire le Maël qu’elle avait laissé en plan. Un hennissement lui rappela soudain le problème de Flash et de ses fers à faire vérifier ou changer pour certain. Un soupir de soulagement – un eu forcé, certes – lui échappa alors qu’elle se mettait en quête de quelqu’un qui pourrait la renseigner sur la présence du nouveau maréchal ferrant. La seule qu’elle trouva fut la secrétaire dont le bureau se situait dans le hall. Dés qu’elle l’aperçu, la quadragénaire se troubla légèrement. Bien que beaucoup plus âgée que Nusicaa, elle craignait cette fille impulsives et ses répliques cinglantes. En fait, elle les craignait surtout depuis qu’elle lui avait raccroché au nez lors que la jeune métisse tentait de la prévenir qu’elle se trouvait blessée au beau milieu de plaines aux côtés d’un David qui se vidait de son sang.

    « Je cherche le nouveau maréchal ferrant, demanda Nusicaa d’un ton neutre mais une expression qui intrigua la secrétaire.
    - Je l’ai vu passer tout à l’heure, c’est à quel sujet ?
    - J’ai dit que je le cherchais. Je m’en fou que vous l’ayez vu passer. Comment il s’appelle ? répliqua la jeune femme d’un ton qui virait de la neutralité vers le glacial, visiblement à bout de patience.
    - Euh, oui… C’est, euh… Maël. Maël Douglas, bafouilla la femme en piquant du nez. »

    Nusicaa se figea, posant un regard noir sur la pauvre quadragénaire. Décidément, cette femme ne lui plaisait pas, mais alors pas du tout. Vivement, elle tourna ensuite les talons, en proie à un nouvel accès de colère. Pourquoi fallait-il toujours qu’elle ait aussi peu de chance ?! Pourquoi fallait-il qu’elle n’ait jamais le choix ?! Elle poussa un long soupir. Elle ne pouvait faire l’impasse sur les fers de Flash. J’en ai maaaaarre ! ragea-t-elle en silence et arrachant à ses lèvres déjà abîmé un filet de sang dont elle n’avait pas conscience, tout en se dirigeant de nouveau vers la salle du club. Au moins, voilà qui expliquait la présence de Maël. Une fois arrivée, elle hésita légèrement devant la porte puis, après un inspiration et s’être appliquée à se composer un visage neutre, elle entra. Automatiquement, ses prunelles troublées – ça, elle ne pouvait pas y faire grand-chose – firent le tour de la pièce jusqu’à rencontrer celles de Maël. De nouveau, elle tressaillit.

    « Ma jument a besoin que tu vérifies ses fers annonça-t-elle d’une voix froide. »

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MessageSujet: Re: La douleur qui fascine et le plaisir qui tue. PV Nusicaa.   Lun 13 Avr - 17:18






    Elle pourrait insulter Maël de tous les noms, toutes les injures possibles, le jeune homme savait très bien qu'il serait incapable de l'effacer complètement un jour. Même mettre de côté les incessantes pensées de ce soir-là était bien trop difficile pour lui. On pouvait bien le traiter de fou, il n'en pensait pas moins, mais lui il savait qu'il était juste accro à un point où même les explications ne suffisent pas. Son regard remplit d'une lueur de froid et de distance ne quittais pas pour autant la brune pendant ses tentatives pour se libérer et partir. Maël finit par lâcher seulement quand il sentit la main de Nusicaa se poser avec une certaine violence sur sa joue. Il eut un réflexe de recul -Un seul pas- et posa sa propre main sur l'endroit de la gifle. Ses sourcils se froncèrent et il tourna bien vite le dos à la jeune femme qui s'empressa de partir, ne faisant même pas attention à sa dernière phrase. Un soupir brisa le silence éternel de la pièce alors qu'il se dirigeait vers la baie vitrée qui donnait une vue sur tout le domaine. Il ouvrit une petite fenêtre rectangulaire juste à côté avant de se décider à sortir une cigarette de sa poche. Il l'alluma donc et l'observa avant de commencer à la fumer. Bien vite, le jeune homme entreprit de l'écraser, il n'en avait pas tellement envie dans des périodes comme ça. Il ferma donc la fenêtre puis il se décida à revenir s'asseoir en tailleur sur le fauteuil. Pour l'instant sa journée de travail était des plus tranquilles, personne n'était venu réclamer son aide.Maël s'enfonça volontairement dans le canapé, fermant les yeux en laissant la musique de fond bercer son sommeil qui ne dura malheureusement qu'une demi-heure. Après s'être doucement étiré, il alla chercher sa gratte au fond de la pièce et il commencea un air simplissime ; Secondhand Serenade - Your call.
    Un moment de répit bien vite interrompu lui aussi, car bientôt il vit Nusicaa entrer aussi froidement qu'avant en lui disant que sa jument avait besoin d'un maréchal-ferrant. Aussitôt, son visage redevenu impassible et froid, ne traduisant aucune émotion. Ce n'est pas que la tâche demandée lui poser problème, bien au contraire, mais il savait qu'avec l'espagnol, ce ne serait certainement pas une partie de plaisir au niveau de la conversation. Il rangea sa gratte dans son étui et se retourna vers la jeune.



    « Elle a mal ? »



    Il n'attendit même pas une réponse, il se dirigea directement vers la sortie, accompagné bien sûr de la jeune femme. Pendant tout le long du trajet, il ne dit aucun mot et n'accorda aucun regard à Nusicaa. Ce n'est pas que l'envie lui manquait, mais il savait très bien que vu son état actuel, il allait se faire remballer à coup sûr. Il attendait juste le bon moment à vrai dire. Une fois dans les écuries, il regarda la longue allée qui s'offrait à lui. Il haussa les sourcils, comme par surprise puis il se mit à marcher en direction de la sellerie où son matériel était installé. Il prit sa boite avec tous les outils nécessaires pour changer un fer -affûtoirs, pince à parer,...-. Avant de revenir vers la jeune femme il s'arrêta juste devant la porte en inspirant profondément, histoire de bien se détendre. Par chance, il savait où était Flash -la jument de Nusicaa- car elle était dans le box voisin de Fast Thunder -l'étalon de Maël-. Toujours dans un silence des plus total, il se mit en marche pour ce fameux box, caressant affectueusement le chanfrein de Fast Thunder qui avait sortit la tête en entendant des bruits de pas dans le couloir. Point positif, ce simple contact lui avait redonné un peu le sourire. Il entra donc dans le box de Flash, posant sa boite métallique à terre pour pouvoir caresser librement l'encolure de la jument. Il jeta un simple regard indiffèrent vers Nusicaa puis souleva le premier sabots, prenant simplement le cure-pied pour nettoyer le plus gros. Il fit de même pour les quatre et en déduit que seul le fer du postérieur droit devait être changé. Il reprit fermement ce sabot en coupant le surplus de corne. Il retira l'ancien fer et mit en place le nouveau. Entre temps, il en profita pour passer sa tête au-dessus de son épaule de façon à voir correctement Nusicaa.


    « Tu refuses encore et toujours la conversation ? »




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Nusicaa Wiltman (abs)
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MessageSujet: Re: La douleur qui fascine et le plaisir qui tue. PV Nusicaa.   Lun 27 Avr - 23:38

    Nusicaa, après avoir annoncé au jeune homme ce dont elle avait besoin, laissa ses prunelles errer sur lui. Il avait à la main cette guitare qu’elle connaissait si bien. Elle chercha même des yeux - vestige d’un ancien reflexe qu’elle avait toujours eu en présence de l’instrument – le petit dessin qu’un jour elle avait collé dessus et qu’elle retrouva, à sa place, comme si rien n’avait jamais changé. Elle se mordilla la lèvre puis, vivement, se détourna, tentant de chasser les nouveaux souvenirs qui s’imposaient à elle. Et pourtant, comment oublier ces innombrables soirées estivales passées assis dans un champ ou sur une pelouse quelconque ? Lui, elle, d’autres amis, du soleil et cette guitare sur le son de laquelle elle avait tant de fois chanté ou encore dont elle avait bien souvent joué. Il n’y avait pas si longtemps que ça, deux ans à peine, mais déjà, Nusicaa avait l’impression que des siècles entiers s’étaient écoulés entre ces moments paisibles et les instants violents qu’elle vivait aujourd’hui.
    « Elle a mal ? »
    La voix froide et soudaine de Maël sortit la jeune femme de la rêverie dans laquelle elle s’était plongée. Reconnectant avec le présent que, l’espace de quelques secondes, elle avait quitté, cette dernière posa sur le jeune homme un regard qui, aussitôt, redevint aussi dur qu’un peu plus tôt. S’était-il seulement adoucit ? Rien n’était moins sûr. La métisse ne prit même pas la peine de lui répondre, se contentant de jeter un nouveau regard discret à l’instrument qui, pendant son instant nostalgique, avait réintégré son étui. D’abords, il ne lui en laissa pas le temps et ensuite, elle préférait limiter le plus possible toutes discussions avec lui. Sans attendre qu’elle n’ouvre la bouche, Maël alla donc ouvrir la porte et sortit. Nusicaa hésita un instant mais, enfin, se décida à le suivre en étouffant un bâillement. Evidement, trois heures de sieste pour rattraper deux nuits blanches, c’était court…

    Le courant d’air frais qui enveloppa la jeune femme au moment où elle se glissa dehors lui arracha un léger frisson. Vivement, elle enfila le sweat qu’elle tenait à la main, ébouriffant au passage sa belle tignasse ondulée de laquelle s’était définitivement échappé l’élastique qui la retenait plus ou moins. Un soupir s’échappa de ces lèvres alors qu’elle passait une main pour remettre ses cheveux en arrière et chasser de son regard les mèches brunes qui le voilait, avant de se mettre en marche à la suite du maréchal ferrant. Pas un mot ne fut prononcé tout le temps que dura le trajet jusqu’aux écuries. Nusicaa, qui marchait derrière, s’appliquait à ne pas focaliser son attention sur les images qui se brouillaient dans sa tête en se concentrant sur celles, banales et quotidiennes, que lui envoyaient ses deux prunelles. L’ombre de la grange et de ses innombrables bottes de paille ; la carrière dans laquelle s’entraînaient plusieurs cavaliers sur un parcours d’obstacle ; le rond de long, vide mais certainement pas pour longtemps et puis, devant, cette silhouette si familière. Trop familière. Bien trop familière. Nusicaa, agacée, s’obligea à détourner la tête en réprimant un mouvement d’impatience. Si même ses yeux se liguaient contre elle… A l’entrée des écuries, elle laissa le jeune homme se diriger vers la sellerie et bifurqua tout de suite en direction du box de Flash qu’elle avait quittée plus ou moins énervée, un peu plus de trois heures plus tôt. La jolie alezane, bien entendu, ne lui en voulait absolument pas et ne dérogea pas à son habitude de passer la tête par-dessus la porte en bois avec un ronflement affectif. La belle métisse sourit en lui tapotant doucement l’encolure.

    « Dis moi, ma belle : tu m’laisses ta place deux semaines ? J’crois que y’a que comme ça que je pourrais un jour espérer avoir la paix… murmura-t-elle à l’oreille de sa jument. »
    Doucement, Nusicaa appuya sa tête contre le garrot de Flash, fermant les yeux. En effet, s’incarner dans la peau de cette dernière semblait être le seul moyen de s’octroyer la tranquillité qu’elle demandait. Et encore. Le destin avait l’air d’être tellement remonté contre elle que rien ne le lui garantissait. Avec la chance qu’elle avait ces derniers temps. Des italiens, des flics, des figures mémorables de son passé… Difficile de croire encore au hasard après tout ça. Des bruits de pas sortirent la belle de sa pensée. Péniblement, elle souleva ses paupières lourdes de sommeil et leva la tête en direction du couloir. Immanquablement, ses prunelles rencontrèrent l’ombre de Maël qui revenait, chargé du matériel dont il avait besoin. Sans un mot, elle l’observa s’approcher et caresser l’équidé qui se trouvait dans le box d’à côté. Box, jusque là, vide. Nusicaa haussa un sourcil, surprise de ne pas encore avoir remarqué ce détail-là, mais n’ouvrit pas la bouche. De toute façon, nul besoin d’un dessin pour deviner que l’étalon était celui du jeune homme. Ce dernier lui jeta un regard d’indifférence auquel elle répondit par cette œillade d’une impassibilité mêlée d’une froideur cinglante dont elle avait le secret. Bien malin celui qui pourrait dire, en le regardant simplement, les sentiments troubles et tourmentés qui l’agitaient à ce moment. Et pourtant. Ils étaient on ne peu plus présent. A tel point que la jeune femme ne savait plus trop que penser. Certes, elle ne décolérait pas. Ce qui s’était passé, deux ans plus tôt, ces retrouvailles forcées et plus qu’inattendues… Tout cela tendait à la rendre prodigieusement furieuse, on l’a bien vu. Et l’envie de passer ses nerfs – et sa fatigue, qui n’arrangeait vraiment rien – sur Maël était, il faut le dire, plus que tentante. Mais en dehors de ça… Elle laissa son regard errer sur lui, tandis qu’il travaille sur les sabots de Flash. Etrange de voir à quel point elle pouvait anticiper ses gestes, ses mimiques. Elle le connaissait par cœur. Réellement par cœur. Tout autant que lui la connaissait d’ailleurs. Pouvait-il deviner le combat qui se livrait en elle, comme il l’avait toujours fait avant qu’elle ne mette définitivement un terme à leur amitié ? Enfin, amitié…

    « Tu refuses encore et toujours la conversation ? »
    Nusicaa arrêta brusquement ses pensée au point où elle en était, presque choquée par ce qu’elle venait d’avancer. Elle posa un regard fermé et dur sur Maël qui, tout en travaillant, avait tourné la tête vers elle. Elle resta une ou deux secondes sans parler, toute entière à ce qui se passait en elle, à tout ce qui se rebellait contre ce qu’elle avait, même très implicitement, avancé. Avant même qu’elle ne l’ait formulé réellement, elle déploya tous les efforts possibles et imaginables pour éloigner cette idée, sans que rien ne se voit sur ses traits. Elle était passée maître dans l’art de donner à son expression le sens qu’elle voulait et de dissimuler ce qui se cachait derrière. Très utile dans cette situation…
    « Et de quoi veux-tu parler ?! rétorqua-t-elle brusquement sur un ton glacial. De la pluie et du beau temps ?! Parce que ne compte pas sur moi pour revenir sur… »
    Elle s’interrompit, buttant sur des mots qui ne voulaient pas sortir. Ses prunelles intenses brillèrent d’un éclat mal défini de colère mêlé à d’autres émotions, plus violentes. Vivement, elle abandonna la position – appuyée sur Flash – dans laquelle elle était pour sortir du box, le plus rapidement possible. Elle n’en claqua pas la porte, par respect pour les chevaux. Elle fit un pas, s’arrêta puis se retourna pour lancer :
    « Il n’y a rien plus à dire, Maël. Stop, on arrêtes les frais. »
    Toujours aussi vive, elle se détourna de lui prit la direction de la sortie. Ses dents allèrent entailler violement le coin de ses lèvres, dans une mimique troublées. Une fois dehors, elle prit une longue inspiration, bien consciente que ce n’était absolument pas réplique du jeune homme sur son refus de parler que l’avait faite exploser. Passant devant une vitre, elle surprit son reflet. Pâle, le visage marqué par les émotions, des cernes sous les yeux et une expression troublante… Cette fois-ci, c’était décidé. Il était plus que temps qu’elle aille récupérer. Alors, peut-être qu’au réveil, les choses paraîtraient plus simples…


    [Enfin, je répond x) On se voit sur msn pour la suite =P]

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