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 Prise conscience… Ou de confiance ? [N.W-D.M-M.D]

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Marion Duval
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MessageSujet: Prise conscience… Ou de confiance ? [N.W-D.M-M.D]   Mer 25 Mar - 20:43


    « Prise conscience… Ou de confiance ? »
    Marion Duval, Nusicaa Wiltman, David Moss.

    Mardi trois Mars deux mille neuf. Un semblant de brise estivale soufflait doucement sur Nice et sa banlieue, rendant l’atmosphère détendue au Domaine de la Rose Noire. Marion Duval, assise dans une marche de l’escalier principal –celui qui menait à l’intérieur du château-, passa sa main dans le collier de poils de son chien, allongé sur le flanc. Elle n’était pas passée beaucoup ici depuis son retour d’Angleterre. Il fallait dire que les choses n’avaient pas été faciles… D’abord, le problème du partage de chambre, puis –bien sûr-, cette incroyable chute qui lui avait valu la première page de beaucoup de journaux jusqu’à ce jour. Les reportages, elle en avait vu. ‘Grâce à la vidéosurveillance et l’intervention d’un homme dans le public, les autorités ont pu arrêter le perturbateur…’ Voilà ce qui l’attendait à chaque fois qu’elle regardait un reportage à la télévision. Son petit séjour à l’hôpital avait était le pire de sa vie. Elle avait encore une douleur lorsqu’elle riait, ou qu’elle faisait un faux mouvement, mais c’était loin d’être aussi insupportable que quelques heures après la lourde chute. Fort heureusement, l’arrivée plus qu’inattendue de David, qui lui avait tenu compagnie, l’avait aidée à surmonter cette épreuve difficile. Peu après leur baisé –souvenir inoubliable tant il était tendre et affectueux, mais qui fut interrompu par une infirmière-, Marion s’était vue confirmer que la personne qui avait tenté de la tuer était bel et bien son ex petit ami, James.

    « Au fait, joyeux anniversaire… »

    Marion releva brusquement la tête, croisant le regard du palefrenier qui venait tout juste de la saluer. Joyeux quoi ? Elle lui lança un regard interrogateur avant de comprendre… Mais bien sûr ! Le trois Mars ! Elle venait d’oublier la date de son propre anniversaire… Pourtant, on n’avait pas tous les jours vingt ans. En plus, la veille, son meilleur ami lui avait fixé un rendez-vous. Ce soir serait inoubliable, selon lui. Ouais, enfin, il voulait l’emmener en boîte. Comment lu dire que tout cela ne lui plaisait pas ?... Pour elle, l’anniversaire parfait se trouvait face à un feu de camps, dans les bois, avec un cheval.

    La belle lança un sourire à son ami qui lui proposa sa main pour la lever. Bonne idée, elle n’était pas là pour chômer. Ce jour-ci, pour la première fois depuis sa chute, elle allait faire travailler Just Another. Elle l’avait retrouvé bien amoché en arrivant en France : il avait une plaie longue d’au moins dix centimètres sur le poitrail –rien de grave, bientôt on ne verrait plus rien. Le pire, c’était qu’il était devenu très craintif. Les pétards le rendaient malade, mais pas que ça… Un tracteur, une mobylette, un klaxon, des bruits de pas inattendus… Tout le rendait hystérique. Il était hors de question que la belle le laisse dans cet état, et c’est pourquoi elle avait décidé de se bouger et de lui redonner confiance. Ce n’était pas la première fois qu’elle faisait cela avec un cheval en plus de cela.

    ***

    La grande carrière était déserte. Tant mieux, moins on était de fous, plus il était facile de guérir. Un couple entra dans l’espace clos. La jeune fille à la longue chevelure noire portait une culotte de cheval noire et une veste très fine, marron clair. A ces côtés se trouvait un magnifique étalon noir. Ses protections et son licol en cuir étaient assortis à la veste de la cavalière. Inutile de préciser que ce n’était en aucun cas fait exprès. Lorsqu’elle le mit en liberté, il se redressa de toute sa hauteur, les oreilles pointées tantôt vers l’avant, tantôt vers l’arrière. Il était inquiet. Marion ne l’avait que rarement vu agir ainsi. Ce sombre crétin l’avait transformé… Complètement métamorphosé. D’une voix posée –néanmoins un peu tremblante-, elle tenta de le rassurer. L’étalon ne tarda pas à prendre un peu plus confiance. Il fit un pas, puis deux, et partit au petit trot en tournant volontairement dans un parfait cercle autour de sa cavalière. Une chose était sûre, il n’avait pas oublié les bases de l’éthologie. La belle le laissa faire, un sourire aux lèvres. Pour le tester, elle claqua doucement la langue contre son palais. Surpris, Just Another fit un écart et manqua d’heurter l’obstacle jaune et bleu qui trônait au centre de l’espèce clos. Il s’arrêta brusquement, tourna la tête vers sa cavalière et attendit. La jeune femme savait quoi faire. Elle tendit une main vers lui, et claqua sa langue à plusieurs reprises. A chaque fois, il tressaillait. Et petit à petit, il se détendit. Pas de raison d’avoir peur… C‘est ça qu’elle devait lui montrer. Au bout d’un certain temps, il fit quelques pas vers elle puis posa ses naseaux frémissants contre la main de la belle.

    « Tu vois, quand tu veux… »

    La séance fut fructueuse. La cavalière, plongée dans son travail, ne voulut pas s’arrêter. Il ne fallait pas le couper dans sa redécouverte des choses. Elle le fit passer sur une bâche, les réhabitua comme elle le put au claquement de la chambrière, le fit jouer avec des sac plastiques de différentes matières et couleurs… Une fois qu’elle le sentit prêt à rentrer au box, Marion lui remit son licol. Elle voulut regagner la barrière, mais il planta les quatre fers dans le sol. Surprise, elle se retourna. Son expression avait changé : ses yeux exprimaient la malice, et le coup de nez qu’il lui donna montrait qu’il voulait à tout prix quelque chose. Son cœur se resserra, provoquant une douleur dans la poitrine de la belle –due à ses deux côtes cassées. Il voulait qu’elle monte sur son dos. Sauf qu’un léger problème se posait : elle n’était pas remontée depuis sa chute… Elle n’avait pas remis le pied à l’étrier, et comme on le dit souvent, après une grave chute, on a tendance à appréhender la reprise. C’est exactement ce qu’il se passait. Elle était terrifiée à l’idée de le monter. Pourtant, avant, elle n’avait jamais eu peur, même sur les chevaux les plus difficiles et fous.

    « Just… Je… »

    Elle sentit ses doigts se crisper sur la longe en cuir. Il n’avait pas l’air décidé à bouger. Elle avait passé près d’une heure à lui redonner la confiance qu’il avait perdue. Et s’il pensait faire pareil avec elle ? Et s’il voulait qu’elle l’écoute aveuglement, sans se poser de questions ? Le hic, c’était que d’habitude, il n’était pas serein… C’était peut-être du suicide de vouloir recommencer sur lui, car la douceur, il ne connaissait pas vraiment. L’espace d’un instant, elle se demanda si Olympe était loin. Mais finalement, la belle fut prise par un assaut de courage. Elle passa la longe par-dessus l’encolure de son cheval, et la noua à la base. Dieu ce qu’elle aurait aimé avoir sa bombe à portée de main… Mais comme l’étalon ne voulait pas bouger, elle ne pouvait pas y retourner. Tant pis, elle prendrait le risque, ce n’était pas la première fois, après tout… La jeune femme prit une longue inspiration, se plaça à gauche de Just et, après une prise d’élan, elle se hissa sur le dos de la bête noire. La douleur de sa poitrine était encore supportable…Elle secoua la tête pour tenter de l’oublier.

    Sans lui laisser le temps de vraiment reprendre ses esprits, l’étalon se mit au pas. La cavalière sentit ses joues s’enflammer. Cela faisait tellement longtemps qu’elle n’avait pas sentit l’allure de son cheval qui marchait. Cela avait représenté un grand manque dans sa vie. En revanche, elle ne cessait trembler : la peur était là, et elle ne semblait pas décidée à la quitter. La belle serra machinalement les jambes, se retrouvant dans la position de la cavalière qu’elle avait toujours été : talons bas, pointes de pieds rentrées, port droit et élégant et genoux décollés des flancs. Son regard se posa sur la piste : son poids du corps bascula très légèrement, et le cheval se déplaça pour suivre la direction qu’elle avait imaginée. Elle marcha ainsi pendant de longues minutes, posant ses mains dans la crinière du magnifique étalon. Celui-ci lui parut étrangement calme et doux : il sentait la peur de sa cavalière… Doucement, sans qu’elle ne lui dise rien, il prit un tout petit trot. D’abord, elle se crispa et tenta de prendre ses rênes improvisées pour l’arrêter. Sauf qu’elles avaient glissé trot loin pour qu’elles soient accessibles. Et puis, elle réalisa qu’il avait remonté son dos, et qu’il trottinait en faisant attention à ne pas la déséquilibrer. Elle se sentit soudain plus à l’aise. La belle se détendit un peu, et se redressa. Il la promenait, comme une débutante sur un vieux cheval. Il faisait ce qu’il voulait, quand il le voulait. Néanmoins, il ne cherchait ni à la surprendre, ni à la faire tomber. Son cœur battait si fort que la douleur de ses côtes devenait de plus en plus difficile à supporter.

    Elle n’avait plus qu’une chose à faire : le laisser. Plus elle chercherait à l’arrêter, et plus et accélèrerait. La belle parla au cheval pour qu’il ralentisse un peu la cadence, mais il n’en fit rien. Elle n’eut pas « peur » pour autant. Ses mains s’agrippèrent aux crins qui étaient les plus proches. Ce réflexe, elle ne l’avait pas eu depuis au moins des années. La jeune femme ferma les yeux, sentant qu’en dessous, cela passait à la vitesse supérieure. En effet, la cadence s’accéléra, passant d’une allure sautée comportant deux temps, à une allure sautée à quatre temps. La queue de l’étalon se mit en panache, son dos se releva encore et il s’arrondit de lui-même. La cavalière resserra un peu les jambes, faisant de son mieux pour se détendre. Mais c’était difficile. La belle avait l’estomac noué et ne pouvait rien entreprendre. Le couple évolua sur la piste, sans pour autant que Just profite de l’impuissance de Marion. Il galopait doucement et légèrement, comme s’il avait eu un mort puissant de la bouche. La jeune femme finit par se détendre. Elle soutint son dos, ferma les yeux et accompagna le mouvement de sa monture. Que pouvait-il lui offrir de plus beau et étonnant pour son vingtième anniversaire ? Sans ouvrir les yeux, elle sût qu’il avait changé de direction en se sentant basculer un peu sur l’autre fesse. Le magnifique étalon noir changea de pied, et continua son élancée. Seules leurs deux respirations étaient audibles dans la carrière : le souffle d’un puissant étalon qui promenait une enfant fragile et rongée par la peur.


_________________

    « What will be the name of your children ? You can't hide forever. I can't see you. In the wheatfields. I have lost my sence of humour. Show me where you are. The grass is too tall. I can't even talk. The is no place. Down here. Small enough. For you to stay. I come back home and try to see. The hints you left for me. Never found the ring. Will you ever marry me ? »[/list]
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Nusicaa Wiltman (abs)
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MessageSujet: Re: Prise conscience… Ou de confiance ? [N.W-D.M-M.D]   Jeu 26 Mar - 19:26

    « Nous somme le trois mars deux milles neuf et vous écoutez-
    - Toi, ta gueule, lança sèchement Nusicaa à son poste radio. »

    Tout en l’éteignant, elle poussa un soupir à la vue du feu qui passait au rouge juste devant elle. Un coup de frein plus brusque que de nécessaire plus tard, la voiture noire s’arrêta net, émettant un bruit de protestation devant un tel traitement qu’elle n’avait pas mérité. La jeune conductrice l’ignora, laissant sa tête lourde tomber sur le volant avec un marmonnement incompréhensible. Migraine, bien sûr. Juste parce que les trente cinq dernières heures ne s’étaient pas avérées assez déplaisantes et qu’elle n’avait pas encore sa dose de choses désagréables pour la semaine, elle avait droit à un mal de tête persistant et carabiné, depuis la veille au matin. C’est fou ce qu’elle pouvait avoir comme chance depuis son retour en Camargue ! L’italien, les flics, les points de sutures et le bleu qui allaient avec et pour bien compléter ce charmant tableau, un bon vieux mal de crâne comme on les aime. Si j’aurais su j’aurais pas v’nue ironisa-t-elle en levant la tête quand le feu passa au vert. Faisant repartir la voiture avec des gestes d’automate, elle s’engagea sur la grande route qui coupait la forêt en deux et menait au Domaine de la Rose Noire. Domaine où il y avait maintenant un moment qu’elle n’avait pas mis les pieds. Ça, pour un retour fracassant, c’était du retour fracassant… A peu près seule sur la route, Nusicaa jeta un coup d’œil au rétroviseur. Une moue tordit ses lèvres alors qu’elle dévisageait ses traits. Ces derniers étaient bariolés d’égratignures – datant maintenant de deux jours – et d’une longue coupure – suturée - recouverte d’un pansement sur sa joue gauche. Une couche de fond de teint de la même couleur que sa peau dissimilait un bleu situé au même endroit que le pansement, que même ses longs cheveux bruns avaient du mal à faire oublier. De même, un sweat gris aux manches longues ne suffisait pas à faire disparaître ses deux paumes bandées. Son poignet gauche – également suturé - sur lequel se prolongeaient les bandes, était lui, caché, à l’instar de quelques égratignures dans le dos et au niveau du col – non, vous ne rêvez pas, Nusicaa avait encore fait tombé cinq éclats de verre en enlevant son débardeur à l’hôpital. Pour finir, une culotte d’équitation qui, un jour, avait été bordeaux et des vielles boots terminaient sa tenue. La jeune femme baissa les yeux sur la route, soupirant déjà aux regards curieux qu’elle allait récolter et grimaçant à un élancement de migraine. Elle ouvrit brusquement, encore, la boîte à gant tout en gardant un œil sur la toute et mis quelques seconde à la fouiller avant de se rendre compte qu’elle était désertée de la moindre plaquette d’aspirine. Le même vide habitait son sac : elle avait quasiment tout utilisé en Espagne. Avec rage, elle referma la boîte et replaça ses deux mains sur le volant.

    « Si y’a quelqu’un là haut, soit il veut ma mort, soit il a vraiment pas le même sens de l’humour que moi… marmonna-t-elle en chassant une mèche ondulée de ses prunelles brunes. »

    Quelques minutes plus tard, la voiture noire pénétra dans la cour du domaine et s’arrêta dans un coin du parking. La jeune femme sortit puis claqua brusquement, toujours, sa portière avant de lever les yeux au ciel dans une mimique agacée. Un parce que ce temps plus ou moins printanier ne collait pas du tout avec son humeur et deux parce que le bruit qu’elle venait de provoquer résonnait très désagréablement dans sa tête douloureuse. Verrouillant le véhicule, elle se dirigea ensuite rapidement vers les écuries. Il y avait bien longtemps qu’elle n’avait pas vu Flash, à savoir depuis qu’elle l’avait laissé dans des écuries londoniennes avec les autres chevaux de la Rose Noire. Comme elle s’y attendait, les élèves présents lui jetèrent des regards intrigués, ce à quoi elle répondit par le plus grand mépris ou par des prunelles assassines pour les plus insistants. Deux ou trois filles fraîchement entrées en quatrième année murmurèrent entre elles sur son passage. Et voilà, elle allait encore provoquer des ragots, comme après les plaines… Entre ça et sa carrière de gymnaste pour beaucoup incompatible avec celle de cavalière, elle était bien partie pour n’en avoir jamais fini. Son regard brun assombrit par la mauvaise humeur s’arrêta soudain sur un journal abandonné sur une chaise. Pour le coup, elle n’était pas la seule à faire la une et à attirer l’attention. « Il était une fois, la chute qui valait la troisième place… » indiquait les gros caractères. La photo qui suivait représentait une cavalière en plein saut, l’air concentrée. Marion. La belle métisse soupira puis attrapa le journal avant de le laisser glisser dans la poubelle la plus porche, non sans l’avoir chiffonné. Le titre était trop ironique pour que la suite de l’article ne le soit pas également et elle ne savait que trop combien ce genre de publicité pouvait être désagréable, même quand on se contrefiche de ce que pense les gens. Néanmoins, le journal ramena à son esprit la conversation qu’elle avait eu à propos de cet accident avec David alors qu’ils rongeaient leur frein dans une cellule de garde à vue. Mauvais souvenirs d’ailleurs. Elle fit la moue. Il fallait qu’elle voie Marion, savoir comment elle allait étant donné que leur dernière rencontre remontait au jour où elle avait quitté Londres pour Madrid, quelques heures avant le passage de son amie. Nous somme le trois mars deux milles neuf et… En plus, la jeune britannique fêtait aujourd’hui son vingtième anniversaire.

    Nusicaa passa néanmoins une bonne demi-heure avec sa jument qui l’accueillit à bras ouvert, enfin, si on peut dire. Luttant comme elle le pouvait contre le mal de tête, elle commença par lui offrir une friandise dont elle raffolait avant de la panser longuement. Ce faisant, elle laissa son esprit vagabonder un peu n’importe où, c’est à dire inévitablement vers les récents évènements qui auraient, une fois de plus, très bien pût écourter notablement sa vie ainsi que celle de David. Déjà trois de ce genre au compteur en à peine trois ans… ça faisait bien trop à son goût. Surtout que la sale impression sur laquelle l’avait laissée leur libération inattendue ne la lâchait plus depuis. Quand on pense qu’il y a des gens à qui ça n’arrive jamais… Vraiment, soit elle était marquée par la malchance soit le mec là-haut se foutait royalement d’elle. Un élancement douloureux à la tête mit temporairement fin à ses réflexions ainsi que les instants passés avec Flash. Nusicaa quitta la jolie alezane avec un baiser sur les naseaux et se mit en quête de son amie. Et elle eut beau faire, tout le temps que dura cette recherche, elle ne put empêcher son esprit de s’appesantir sur les même choses que depuis les deux derniers jours, dont cette fameuse désagréable sensation et la conversation riche en révélations qu’elle avait eu avec David. Et le plus paradoxal dans cette conversation dont le sujet était censé être « dis moi quelque chose sur toi et je ferais pareil » c’était que la seule véritable confidence qui avait été faite l’avait été par accident et absolument pas réellement exprimée. D’ailleurs, Nusicaa ne pouvait que garder le doute là-dessus malgré la force de son soupçon. Et pourtant, la voix, les réactions et les expressions de David l’avaient – pour une fois – presque trahis.

    Un léger sourire effleura les lèvres de la jeune femme – ce genre de dissimulations l’amusaient- alors qu’elle passait devant la grande carrière. Bizarrement, il n’y avait pas beaucoup monde de dehors ce jour-là. Cependant, un couple qui évoluait sur la piste attira son attention. Elle s’approcha sans être nullement remarquée ni par le cheval ni par la cavalière. Cette dernière, la peau pâle, la chevelure de jais et sans bombe, semblait terriblement mince et fluette par rapport à la monture qu’elle montait, à cru et avec pour rênes une simple longe qui avait d’ailleurs glissé sur l’encolure de l’équidé. Le contraste entre ce dernier et celle qui, sur son dos, ressemblait plus à une enfant qu’autre chose était particulièrement frappant. La jeune femme n’eut pas besoin de plus de détail pour reconnaître Just Another et Marion. La belle métisse s’appuya contre la barrière en observant le couple qui trottait doucement. Son amie semblait étrangement tendue, comme angoissée à l’idée d’être là où elle se trouvait. Nusicaa fronça les sourcils. Ça, c’était plutôt étonnant venant de la britannique, surtout quand il s’agissait de Just. Elle veilla à ne pas faire remarquer sa présence pour ne pas les déranger, cherchant ce qui pouvait le rendre aussi raide, malgré son port toujours aussi élégant. Le contre coup de sa chute, peut-être ? Si elle en croyait ce que lui avait dit David et ce qu’elle avait pu voire dans divers journaux ou reportages, ça avait été assez effrayant, et après une chute de ce genre, remonter n’est pas toujours chose facile. L’angoisse, indicible, pouvait vous prendre à tout moment et, même si la sienne ne concernait pas l’équitation, Nusicaa ne savait que trop bien comment ça fonctionnait et à quel point ça pouvait-être paralysant. Or là, Marion montait. Peut-être se trompait-elle ou… Elle n’eut pas le temps d’avancer plus profondément dans ses réflexions, interrompue pas d’autres bruits de pas. Se retournant, elle n’eut pas plus de mal qu’un peu plus tôt à reconnaître la grande silhouette de David qui s’avançait dans sa direction. Elle l’accueillit avec un sourire tout en encaissant un élancement de migraine sans broncher.

    « Salut, lança-t-elle lorsqu’il fut près d’elle. La forme ? »
    La fin de sa phrase fut prononcée avec un ton aussi ironique – et peut être un peu amer – que la réponse du jeune homme et lorsque la question lui fut retournée, elle se contenta de soupirer.
    « T’aurais pas un cachet d’aspirine sur toi par hasard ? répliqua-t-elle, sachant qu’il n’avait pas besoin d’un dessin pour interpréter sa réponse. »
    [S’tu veux pas répondre et tout j’édite, c’était juste pour placer le cachet] ]

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David Moss [ABS&HS U_
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MessageSujet: Re: Prise conscience… Ou de confiance ? [N.W-D.M-M.D]   Lun 30 Mar - 20:31

    « Stupide animal ! » grogna David.
    Leïla le regardait de ses grands et innocents yeux bruns, une expression quelque peu goguenarde inscrite sur ses traits chevalins.
    « T’es fière de toi j’espère ? soupira le jeune homme avant de baisser les yeux sur le seau d’eau où achevait de couler le pot de graisse que venait d’y faire tomber la jument. T’es impayable, ma parole… »
    Il n’avait pas le choix, aussi, fronçant le nez de dégoût, il enfonça la main dans l’eau noirâtre qui commençait à être gluante à cause de la graisse qui s’y mêlait, et extirpa le précieux récipient qui déversa une trombe d’eau crade dans le seau. Leïla renâcla bruyamment derrière lui, et sa queue noire s’agita joyeusement.
    « Non mais ! Si j’avais su, je t’aurais fait travailler plus que ça ! »
    Apparemment, ce n’était pas leur bonne heure de dressage qui avait fatigué l’impétueuse jument pie…
    David et Leïla, fraîchement revenus d’Angleterre, n’étaient pour autant pas au repos malgré la belle prestation qu’ils avaient faite au concours. La jument était du genre tête de linotte à oublier tout ce qu’on lui a appris en un an de travail en l’espace de tout juste deux jours, et puis surtout, le jeune homme avait besoin de s’occuper le corps et la tête pour écarter toutes les pensées importunes qui envahissaient son esprit. Et dans le hit-parade de ses « enquiquinements mentaux », sa récente garde à vue figurait en bonne place. Ce n’était pas tant cette nuit passée sur un banc froid et inconfortable qui l’avait marqué. Il avait connu bien pire et puis, avec Nusicaa à ses côtés, ç’avait presque été agréable… pour une garde à vue. Non, ce qui était pire, c’était l’arrivée des flics avec leurs phrases rituelles qui s’étaient imprimées au fer rouge dans son cerveau depuis des années, c’était le trajet menotté dans la cahotante voiture qui l’avait ramené à Clichy, c’était la tête de con du crétin qui avait divulgué un de ses secrets les plus précieux avant de l’interroger avec ses méthodes… directes, dirons-nous. D’ailleurs, David en gardait encore les marques sur son visage. Entre sa récente baston, à Londres, avec le salopard qui avait failli tuer Marion et lui avait laissé un œil méchamment amoché et la lèvre fendue, et cet interrogatoire musclé, le visage du jeune homme n’était plus très loin de ressembler à une œuvre d’art, ses multiples bleus ayant pris chacun une couleur différente en fonction de leur ancienneté. Et, chaque fois qu’il se voyait dans la glace, David se rappelait avec satisfaction la raclée infligé à James, tout en se promettant de se rappeler très prochainement au bon souvenir de l’interrogateur [et on sait toujours pas si ça se dit xD]. Et puis, en parlant de James, l’idée de lui taper dessus une nouvelle fois ne lui déplaisait guère, même si quelques milliers de kilomètres ainsi qu’une mer séparaient les deux hommes. Ce qu’il avait appris récemment à propos de ce sombre abruti lui restait en travers de la gorge, bien qu’il refuse de l’admettre. En plus, il avait la très désagréable impression de s’être trahi d’une manière ou d’une autre, ces derniers temps, et pour lui qui ne supportait pas l’idée que quiconque puisse ne serait-ce que soupçonner le moindre de ses sentiments, c’était difficile à supporter. Sans compter que, pour ne rien arranger, il revoyait en boucle, sans arrêt, la chute de Marion. Son vol plané, son atterrisage dans les barres, sa seconde chute lorsque l’obstacle s’était effondré… Et puis après, la jeune fille blafarde sur son lit d’hôpital, cette dernière image se mêlant horriblement avec celle d’une autre jeune femme aux cheveux noirs, issue de ses pires cauchemars…
    Tout ça pour dire que, las de tourner en rond dans sa propre tête, David s’était pointé très tôt à l’écurie, histoire de faire les boxes et de distribuer les rations avec les palefreniers qui n’étaient jamais réticents à recevoir de l’aide. Par la suite, il avait emmené sa jument dans la carrière pour une séance de dressage qui, sans être intensive, avait tout de même été assez poussée. Leïla pétait la forme et, une fois qu’elle avait eu « jeté son jus » à grand renfort de bêtises pas croyables, elle s’était pliée plus ou moins sagement aux demandes de son cavalier qui, comme chaque fois qu’il se juchait sur son dos, était épaté par les progrès de sa monture. L’année précédente, il avait rencontré une grande bête pie, complètement frappadingue, qui ne tenait pas en place, ne supportait pas qu’on la touche, s’effrayait au passage d’un simple papillon. Du genre à embarquer quiconque aurait la folie de monter sur son dos, du genre à ne rien écouter de ce qu’on lui dit et à catapulter son cavalier dix fois en l’espace de cinq minutes. Elle avait trouvé à qui parler en la personne de David qui, lui, n’était pas du genre à s’en laisser compter. Et ils avaient travaillé, durement, à pied ou en selle, pendant des dizaines, des centaines d’heures, sur le plat. Et désormais, elle était méconnaissable. Elle s’était musclée harmonieusement, perdant ses airs dégingandés d’autrefois, elle s’était équilibrée, avait acquis plus de confiance en elle et en les autres, développé des allures beaucoup plus belles et confortables, avait appris toutes les bases du cheval de dressage, et aussi, accessoirement, franchi des barres de plus en plus hautes jusqu’à ce fameux concours londonnien. Mais, la plus belle victoire de David, c’était que désormais, bien qu’elle soit borgne, la jument le laissait –oh, pas toujours !- l’approcher à gauche, alors qu’elle n’avait aucun moyen de voir ce qu’il y faisait. C’était cette marque de confiance et d’amour, plus que tout le reste, qui avait fait du jeune homme le cavalier le plus heureux de la terre. Oui, ils étaient vraiment bien assortis, maintenant. C’est sûr, elle faisait toujours un nombre inimaginable de bêtises et faisait la vie dure à ceux qui, hormis David, osaient l’approcher, mais sans ça elle n’aurait plus été l’Asha Leïla qu’il chérissait tant !
    D’ailleurs, la dernière bêtise en date datait de tout juste quelques secondes. Précautionneusement, le jeune homme posa le pot de graisse par-terr[/b]e et le contempla d’un air navré. Est-ce que ça serait sauvable ? Pas sûr.
    Après leur séance, David avait ramené la jument au pré et s’était installé près de la barrière avec un seau d’eau, divers chiffons, du savon glycériné et un –désormais défunt- pot de graisse à cuir. Et oui, le courageux jeune homme s’était décidé à nettoyer en profondeur le harnachement de sa monture. Évidemment, Leïla s’était rappliquée aussitôt qu’elle l’avait vu, histoire de surveiller ce qu’il faisait et de lui rappeler sa présence de temps en temps, en lui donnant un petit coup de nez ou en faisant tomber tout ce qu’il avait eu le malheur de poser sur la barrière –licol, chiffon, pull… tout y était passé.
    « Tes sabotages ne m’auront pas empêché de finir ! » la prévint-il en achevant de remonter le filet.
    Il essuya ses doigts noirs et tout poisseux sur le vieux jean troué qu’il portait, et en se relevant tira la langue à sa jument. Pour toute réponse, cette dernière souffla bruyamment.
    « Aaah, beurk… De la morve de cheval, maintenant ! » rouspéta-t-il en baissant les yeux sur son tee-shirt maculé.
    Autrefois, il avait été blanc. Autrefois, oui, parce que maintenant des taches de toutes sortes masquaient sa couleur d’origine. Graisse, bave de cheval verdâtre, poussière, onguent à pieds… L’inventaire était long !
    David vida le seau et y rangea tous ses ustensiles de graissage&nettoyage, puis il se chargea en réunissant toutes ses affaires, la selle, et… Lorsqu’il se tourna pour prendre le filet, celui-ci n’y était plus.
    « Leïla… »
    La jument le regardait, oreilles dressées, tandis que le filet qu’il avait eu la merveilleuse idée d’accrocher à la barrière s’était écrasé par-terre. Avec quelques contorsions, le jeune homme se pencha avec difficultés pour récupérer le harnachement sans faire tomber tout ce qu’il portait, et constata avec un soupir résigné que toutes les saletés du sol, aiguilles de pin, bouts de terre, petits cailloux et morceaux d’herbe, s’étaient collés aux lanières pégueuses.
    « Toi, ma fille, tu ne perds rien pour attendre ! »
    La jument agita joyeusement les oreilles, sans paraître s’inquiéter le moins du monde. De toutes façons, il était incapable de s’énerver contre elle et elle le savait bien.
    Le jeune homme gagna la sellerie et rangea tout son bazar, puis il se sentit désœuvré. Il sortit dans la cour en se demandant si Dan était chez lui à cette heure –ou plutôt, s’il était déjà levé après ses bêtises nocturnes…-, et tomba en arrêt devant une voiture noire qu’il identifia assez rapidement. Nusicaa ! En voilà une qu’il appréciait décidément de plus en plus… !
    Il se mit en quête de la jeune femme, et traversa les écuries en long, en large et en travers. Lorsqu’il passa devant la grande carrière, il reconnut la mince silhouette musclée et les longs cheveux bruns de son amie.
    « Salut, lança-t-elle en l’entendant approcher. La forme ?
    - Hey !... Mais, évidemment, le ciel bleu, le printemps, les petits oiseaux chantent… toussa toussa... Et toi ?
    - T’aurais pas un cachet d’aspirine sur toi, par hasard ? » se contenta-t-elle de répondre après un soupir.
    Aïe, ça n’allait pas fort alors. Il savait qu’elle souffrait de fréquentes migraines depuis un fâcheux événement survenu… justement le jour de leur première rencontre. Il secoua la tête en signe de dénégation, et alors qu’il s’apprêtait à répondre fut coupé dans son élan lorsqu’il réalisa qu’il connaissait bien, et même très bien, le couple que regardait Nusicaa dans la carrière.
    Il s’approcha également et s’appuya sur la barrière, suivant de ses ardents yeux verts l’évolution du grand cheval noir, son regard courant rapidement le long de son corps massif et puissant à la couleur d’ébène. Il remonta sur la petite cavalière perchée sur son dos, ses cheveux assorti à la robe de sa monture volant derrière elle, et une fois de plus fut saisi par sa fluettitude [no comment ]. Elle avait l’air fragile, tellement fragile, comme une poupée de porcelaine posée sur l’imposante masse de cette énorme bête qui semblait pouvoir la casser en deux d’un seul geste.
    Aujourd’hui, même, ce contraste était encore plus fort, et il ne tarda pas à en analyser la raison. Il avait reconnu Marion, évidemment, mais il ne reconnaissait pas sa façon de monter. Elle était crispée, cela se voyait du premier coup d’œil, ou du moins, cela lui sautait aux yeux tellement il la connaissait. Oh, bien sûr, elle n’avait pas une position digne d’un Galop 2… Elle gardait un port droit, ses jambes bien placées, mais il ne le voyait qu’à peine tant il était surpris par les signes apparents qui trahissaient son manque total d’assurance. Ce n’était pas elle, c’était impossible, jamais elle ne s’était laissée impressionner par les débordements de sa monture, et là, étonnament, Just Another était vraiment sage.
    Il la suivit du regard, et s’aperçut qu’elle ne contrôlait absolument pas son cheval. À cru, sur le dos de ce géant, montant avec un simple licol et sans même tenir la longe… Ça, c’était du Marion tout craché.
    « Alors, reprit-il en se tournant vers Nusicaa avec un sourire gentiment moqueur, tu t’es remise de ta nuit de l’aut’fois ? »

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Marion Duval
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MessageSujet: Re: Prise conscience… Ou de confiance ? [N.W-D.M-M.D]   Mar 31 Mar - 16:39


    La peur était palpable. Elle le sentait, elle le savait : son incroyable chute n’avait pas laissé que des blessures physiques. Marion avait été sensiblement choquée, pour la toute première fois de sa vie à cheval. En effet, on lui avait toujours appris à remonter après une chute, même pour quelques foulées de pas. Cela empêchait la peur, disait-on. Mais là, sa perte de conscience l’avait empêché. Dieu ce qu’elle aurait aimé revenir en arrière… Ses doigts s’agrippèrent de plus belle dans les longs crins de l’animal, qui s’équilibra de lui-même sur un tournant. Il remonta son dos, arqua son encolure, plaça sa tête correctement et ralentit la cadence. Marion se détendit. Ce n’était pas encore ça, mais visuellement c’était beaucoup mieux. Prunelles closes, elle ignorait les mèches qui venaient chatouiller des joues, ses paupières, et ses lèvres. L’étalon prit un peu de vitesse, sans pour autant devenir inconfortable. La jeune femme le laissa faire, suivant les foulées longues mais régulières. Un pas moins régulier l’avertit qu’ils changeaient de main. Elle n’avait rien sentit tellement l’équilibre du beau demi-sang était indiscutable. La jeune femme ne baissa pas les gardes, mais cette fois elle suivait le mouvement avec beaucoup d’harmonie. Il n’y avait aucune raison d’avoir peur, elle avait fait cela des milliards de fois.

    Cependant, l’harmonie ne dura pas longtemps… Le dos de l’étalon se remonta encore un peu ; ses foulées perdirent de l’amplitude et sa queue se mit à fouetter nerveusement l’air. Il se passait quelque chose… Quelque chose de pas net, et surtout pas rassurant. Marion prit une courte inspiration, ouvrit les yeux et… Et là, son cœur s’arrêta de battre. Ils fonçaient droit sur le vertical naturel au centre de la carrière. Il avait été dressé à un bon mètre trente de hauteur, sûrement pour un cours de saut qui avait eu lieux un peu plus tôt dans la journée. Sauf que cette fois, elle était à cru, elle n’avait aucun contrôle, et pas de bombe… C’est comme si tout s’écroulait sur elle. La jeune femme se mordait la lèvre, si bien qu’une perle de sang se mit à dégringoler sur sa peau.

    « ACCROCHE-TOIIII ! »

    Il lui fut impossible de savoir si cette phrase avait été prononcée par quelqu’un ou si c’était le fruit de son imagination, mais cela ne l’empêcha pas d’obéir. Marion serra ses jambes comme jamais, se redressa comme si elle s’était trouvée sur une selle, serra les crins charbonneux entre ses doigts pâles, et elle attendit. De toute façon, elle n’avait le choix, c’était comme ça, et seul le destin déciderait de son sort. Le souffle court, Marion sentit l’étalon ralentir, puis prendre son appel. Etrangement, la peur qu’elle éprouvait jusqu’à maintenant s’envola. Sa seule préoccupation était de passer de l’autre côté de l’obstacle sans tomber, et sans blesser ni son cheval, ni elle-même. Le poids de la bête se répartit habilement entre ses antérieur et ses postérieurs. L’incroyable masse musculaire de l’étalon noire se déploya : il jeta ses antérieurs contre son poitrail, allongea son encolure et s’aida de ses puissants postérieurs pour se propulser au dessus des barres.

    « Tu me revaudras ça, sale bête, dit-elle dans un murmure entre ses dents. »

    Tout autour d’elle s’arrêta. Lorsque leurs silhouettes –inutile de préciser qu’elles n’avaient rien à voir-, Marion fut embarquée vers l’avant. Elle eut tout juste le temps d’enrouler ses bras autour de l’encolure de l’étalon, et se replacer ses jambes un peu plus haut pour ne pas prendre le risque d’être déséquilibrée. Il lui fallut un effort considérable pour s’élever en parallèle à l’étalon : une chose était sûre, elle aurait un tas de courbatures le lendemain –si toutefois elle était encore vivante d’ici là. Elle glissa en avant, mais serra ses bras tellement fort autour du cou de son cheval qu’elle s’immobilisa. Il était trop tard pour changer quoi que se soit. Au plané, elle décida qu’il était temps de réagir : si elle restait passive, ils auraient une mauvaise réception et risqueraient de se faire mal. D’habitude, ce genre d’obstacles n’était qu’une formalité, mais là, le cheval avait sur son dos une cavalière mal assurée qui risquait de le déstabiliser à tout moment, voire de tomber. Prenant son courage à deux mains –ou plutôt une, parce que l’autre se tenait-, Marion avança sa paume droite vers les rênes improvisées. Sans peiner une seconde, elle empoigna la longe fermement et se replaça dans sa position initiale. Ainsi, lorsqu’ils auraient rejoint le sol, elle aurait un parfait contrôle sur sa monture. Sauf que cela ne se passa pas sans mal, car elle percuta le garrot de Just Another de plein fouet. Sa douleur fut réveillée, lui arrachant un mal terrible. Si terrible que ses yeux libérèrent des larmes. Elle grinça des dents : ce n’était pas le moment d’y faire attention.

    Au moment où le couple redescendait, la bête noire balança ses jarrets de l’autre côté de l’obstacle et releva la tête rapidement. La cavalière, malgré le mal qui la rongeait, se redressa et serra ses jambes de plus belle pour ne pas glisser sur l’un des flancs. Une fois qu’elle fut certaine que les antérieurs étaient posés au sol, elle lâcha l’encolure et reprit fermement la longe pour établir le contact. Sans se laisser aller en avant, Marion patienta le temps d’être sûre que rien ne se passerait. Just Another, la queue en panache et la tête haute, reprit son petit galop, mêlant grâce et fougue. Maintenant, il restait la chose la plus moins importante mais peu négligeable : arrêter la bête féroce.

    « Ooh lààà, murmura-t-elle en douceur pour calmer ses ardeurs. »

    Sans changer d’attitude, Just Another tourna une oreille vers sa cavalière fétiche. Marion se redressa de toute sa hauteur, fermant les doigts sur la longe. Comme tout bon cheval d’éthologie, il ralentit son galop. Marion ne cessa pas sa demande, et donna plus de poids sur le dos de la bête. Celui-ci, sûrement obligé d’admettre que cette fois il ne décidait plus, repassa au trot, puis de lui-même au pas. Marion n’en profita pas pour souffler, car elle savait qu’à tout moment il repartirait. Elle ne cessa pas sa demande, et il s’immobilisa totalement au bout de quelques secondes.

    « Merci, lâcha-t-elle, à la fois essoufflée et rongée par la douleur. »

    Maintenant, il lui fallait descendre. Elle entoura une seconde fois ses main autour de son encolure, passa sa jambe droite par-dessus sa croupe et, en maîtrisant la vitesse de sa chute avec les bras, elle regagna le sol. Au moment où elle s’écarta de son cheval pour reprendre ses esprits, ses jambes chancelèrent et elle s’écroula dans le sable fin de la carrière. Assise sur les fesses, elle posa une main sur le sol pour se soutenir, et l’autre vint machinalement se placer à l’endroit où la douleur était insupportable. Un simple battement de son cœur suffisait pour lui rappeler à quel pont deux côtes cassées pouvaient être douloureuses. A chaque pulsion, c’était comme si une aiguille traversait sa chair. Le cheval ressentit assez rapidement le mal de sa cavalière, et, tout en douceur, il déposa ses naseaux frémissants sur son épaule.

    Devait-elle lui en vouloir ? Ou au contraire le remercier ? Grâce à lui, la peur était partie et l’incroyable lien qui les unissait lors d’un saut était revenu. N’empêche que par sa faute, elle avait faillit avoir une attaque et la douleur était revenue. Sans rancune, ils étaient quittes… La main - qui lui avait servi d’appui un peu plus tôt- caressa le chanfrein de l’animal. Son autre poing se serra sur la zone endolorie –si fort que les jointures se mirent à blanchir.

    [J’vous laisse voir pour le cri, si vous voulez en tenir compte ou si c’est une hallucination =D]

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    « What will be the name of your children ? You can't hide forever. I can't see you. In the wheatfields. I have lost my sence of humour. Show me where you are. The grass is too tall. I can't even talk. The is no place. Down here. Small enough. For you to stay. I come back home and try to see. The hints you left for me. Never found the ring. Will you ever marry me ? »[/list]
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MessageSujet: Re: Prise conscience… Ou de confiance ? [N.W-D.M-M.D]   Dim 5 Avr - 22:49

    Le signe négatif de David arracha une moue à Nusicaa. Elle avait dit ça pour ironiser, mais il faut bien avouer que s’il avait eu ce qu’elle lui avait demandé, elle n’aurait pas craché dessus, loin de là. Cependant, elle se contenta d’hausser les épaules, voyant qu’il s’apprêtait à parler. Il ouvrait la bouche quand ses yeux se portèrent sur la carrière dans laquelle évoluaient Marion et Just. La belle métisse repéra à son regard qu’il n’avait pas eu plus de mal qu’elle à les reconnaître, et lui revint en mémoire leur conversation remontant à deux nuits plus tôt. Dissimulant un sourire amusé, elle imita son ami et retourna à sa position initiale, appuyée contre la barrière. Ses prunelles brunes s’attachèrent à la mince silhouette de Marion, juchée sur son grand géant à la robe sombre, observant une transition vers un galop lent. Just semblait s’occuper de sa cavalière, la conduire plus que le contraire. Elle ne contrôlait absolument pas sa monture. Pour qui connaissait un minimum britannique et l’avait déjà vu à cheval, c’était plus qu’évident. Le regard de Nusicaa glissa sur David, qui fixait le couple avec autant d’attention qu’elle l’avait fait quelques instants plus tôt. Elle en profita pour le dévisager, s’arrêtant sur son visage marqués de bleus aux couleurs diverses et variées. Les plus récents remontaient certainement cette désastreuse nuit qui s’était finie au commissariat, en garde à vue sur un beau et compliqué malentendu. David et Nusicaa, ou comment se faire arrêter à la place de votre agresseur sous prétexte que, au moment où les flics arrivent c’est vous qui avez le dessus. La jeune femme grimaça face à un élan de migraine. Rien que d’y penser, elle en avait mal au crâne…
    « Alors, tu t’es remise de ta nuit de l’aut’fois ? reprit soudain son ami et compagnon de galère avec un sourire railleur. »
    Nusicaa tourna vers lui un visage marqué par les éclats de vitre que l’italien lui avait généreusement faite exploser dessus tout en enfonçant son poignet et ses mains bandés dans la poche de son sweat.
    « Absolument ! répliqua-t-elle en souriant à son tour. On y retourne quand tu veux. C’était super… instructif comme nuit ajouta-t-elle avec une expression mutine mais en posant un regard intense dans les prunelles brunes de David. Au moins, on comprend pourquoi y’a des accidents entre les prisonniers et les flics… grommela-t-elle en faisant références aux méthodes des interrogateurs. [Ouais, mais c’est pratique quand même comme mot xD] »
    Bien entendu, sa précédente réplique faisait bien plus référence à leur conversation qu’à la question du taux de bagarre entre les prisonniers et leurs geôliers.

    Distraitement, elle posa son regard sur la carrière, toute occupée à ces fameux soupçons qui l’avait prise deux nuits plus tôt. Seulement, elle n’y réfléchit pas longtemps car, dix ou quinze seconde après qu’elle ne s’y soit intéressée, elle fut surprise par le changement dans le couple. Marion, les yeux fermés, ne put s’apercevoir que Just quittait la piste en plein milieu d’un des côtés, changeant sensiblement sa façon de galoper. Ce que la belle britannique ne put non plus voir, c’est que l’équidé se dirigeait tout droit vers un grand obstacle, dressé au centre de la carrière. Nusicaa se figea, la voyant se raidir visiblement – sûrement avait-elle enfin ouvert les yeux, alertée par le changement de Just. Elle montait à cru, avec des rênes de fortune qui gisaient sur l’encolure du cheval et semblait pétrifiée à l’idée de ce qui était entrain de se passer. La belle métisse se mordit doucement la lèvre inférieure. Visiblement, sa chute avait eu plus que des conséquences physiques sur la talentueuse cavalière qu’il n’y paraissait. Sinon, pourquoi serait-elle aussi tendue face à un obstacle qui, habituellement, ne serait qu’une simple formalité pour elle et sa monture… ? Un mouvement [ou pas, comme tu veux, c’est pour lier] attira un instant l’attention de Nusicaa sur David. Oulah. En effet, c’était le mot qui s’accordait le mieux avec l’attitude du jeune homme. Crispé sur la barrière, ses sourcils s’étaient soudain froncés et la jeune femme crut même l’entendre marmonner quelque chose entre ses dents serrée, comme s’il retenait une exclamation, et elle le connaissait assez bien pour savoir que ça, c’était plutôt le contraire de ce qu’il était ordinairement : impassible et maître de lui. Cependant, quand elle vit ses mains se serrer encore un peu plus sur la barrière jusqu’à ce que ses jointures n’en deviennent plus blanches qu’il semblait être possible, Nusicaa accorda de nouveau toute son attention à Marion, soudain plus inquiète. Si sauter l’angoissait et que Just sautait… Son regard brun s’arrêta sur le couple alors que l’équidé prenait son appel. Oh merde ! faillit-elle laisser échapper mais en se retenant à temps, des fois qu’elle ne contrôle pas le volume de sa voix et ne fasse peur à Just ou sa cavalière.

    Tout le temps que dura le saut – et il parut étrangement plus long que d’ordinaire – il y eut comme un silence chargé qui s’abattit sur la carrière et ses alentours. L’attention des trois jeunes gens était totalement et uniquement concentrée sur ce qui se passait au dessus de l’obstacle, et le reste semblait avoir disparu, du moins l’espace de quelques secondes. Même la migraine de Nusicaa se fit oublier. Cette dernière retint son souffle, discernant vaguement la main de Marion qui s’avançait pour attraper les rênes, quelques fractions de secondes avant que Just ne commence à redescendre, et aussi sa poitrine entrer en contact avec le garrot de l’équidé. C’est dire à quel point Nusicaa observait avec attention ce qui se passait. Elle ne respira de nouveau que lorsque la géante bête noire eut regagné le sol et qu’elle vit son amie se redresser sur son dos. Elle se détendit légèrement, jetant un coup d’œil sur David qui n’avait pas bougé d’un pouce. Ses mains restaient crispées à l’extrême, si bien que l’on pouvait même se demander comment la barrière tenait le choc. Il était très, très inquiet, pas besoin de l’observer longtemps pour s’en rendre compte. La jeune femme ne s’autorisa à sourire que lorsqu’elle vit Just s’immobiliser et Marion s’apprêter à descendre. Sourire qui s’estompa cependant rapidement lorsqu’elle vit son amie chanceler avant de s’écrouler sur le sable.

    « Marion ! Ca va ?! laissa échapper la métisse.»

    S’appuyant sur deux bras musclés, elle se hissa sur la barrière puis se laissa tomber de l’autre côté afin d’entrer dans la carrière en se rattrapant de justesse dans sa précipitation. Quand elle se releva, elle aperçut la silhouette de David passer rapidement devant elle.


    [Merdique, je sais ><’ Je me rattraperais]


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MessageSujet: Re: Prise conscience… Ou de confiance ? [N.W-D.M-M.D]   Ven 10 Avr - 20:55

    Nusicaa sourit en répondant :
    « Absolument ! On y retourne quand tu veux. »
    Il grimaça. Oui, ben non en fait, il aimait mieux éviter justement.
    « C’etait super… instructif comme nuit », poursuivit-elle avec une expression qui suscita un infime trouble en David. Là, il sentait confusément le blème se profiler à l’horizon… Mais quoi ? « Au moins, on comprend pourquoi y’a des accidents entre les prisonniers et les flics… » acheva-t-elle.
    Il éclata de rire.
    « Avoue quand même que c’est mérité ! La raclée des flics, j’veux dire… Pas celle des prisonniers ! »
    C’est vrai, quoi. Avec leurs manières hautaines et leurs regards méprisants, ces p’tits cons qui se croyaient tout permis grâce à leur uniforme méritaient bien qu’on les remette à leur place, non ?
    « D’ailleurs, y’a… »
    Il s’interrompit en remarquant le subit intérêt de Nusicaa pour ce qui se passait dans la carrière. Instinctivement, David tourna lui aussi les yeux vers le couple et vit aussitôt que quelque chose clochait. Évidemment, le fait que ce soit le cheval qui soit le maître de la situation n’était ni des plus ordinaires ni des plus conseillés, mais Marion elle-même semblait soudain encore plus nerveuse que précédemment. Et pour cause : Just, de son galop ample, fonçait droit sur le seul et unique obstacle de la carrière, un vertical qui sous ses allures pépères devait quand même mesurer un bon mètre vingt, voire trente. Et, si David avait eu un doute quant au manque d’assurance de la jeune fille, maintenant il avait de quoi en être sûr : elle flippait à mort, là. Mais pourquoi ?! Il ne comprenait pas comment elle, Marion Duval, cavalière de niveau internationnal pour l’équipe d’Angleterre, pouvait s’inquiéter face à ce saut qui, finalement, n’était pas si imposant en comparaison de ce qu’elle avait franchi à Lond… Ah, il venait de comprendre. La mégagamelle, le séjour à l’hosto, les blessures, c’était peut-être pas les meilleurs souvenirs qu’on peut garder d’un parcours de CSO.
    « Oh Marion… » souffla-t-il d’un ton inaudible en la voyant s’accrocher à la crinière, enfouissant ses mains blanches entre les longs crins de jais.
    Le cheval prit son appel.
    Le saut dura une ou deux éternités.
    Just éleva ses antérieurs, monta son avant-main, se propulsa de ses antérieurs, faisant saillir les muscles puissants de sa croupe, puis s’éleva au-dessus des barres. Un long, très long planer, et puis le retour vers le sol, appelé qu’il l’était par la loi de la gravité. Les postérieurs qui se replient, les antérieurs qui se tendent. Un sabot, puis l’autre, et enfin les quatres membres se posèrent au sol. Le couple était passé.
    « Bordel de merde… » souffla David, libérant du même coup sa poitrine de l’enclume qui l’avait oppressée.
    Il réalisa alors qu’il s’était violemment agrippé à la barrière, contractant ses doigts autour du bois au point de faire saillir les tendons et de faire virer ses jointures au blanc. Il lui fallut faire un effort pour se rappeler comment décrisper ses mains et déplier ses doigts endoloris. Mais, tout bien réfléchi, cela n’était que le cadet, et même le benjamin, de ses soucis.
    Il reporta son attention pleine et entière sur Just et Marion, toujours au galop. Mais là, la différence était visible. Elle maîtrisait. Elle avait probablement repris contrôle pendant le saut, et parvint à ralentir le fougueux étalon qui finit par consentir à repasser au trot, puis au pas. Le grand noir s’arrêta enfin, et la jeune fille mit pied à terre un peu plus maladroitement que d’ordinaire.
    David eut un mouvement vers l’avant mais se retint. Soudain, Marion tomba à terre, et sans réfléchir une demi-seconde de plus le jeune homme sauta par-dessus la barrière à l’unisson avec Nusicaa, et en quelques grandes enjambées il fut auprès de la cavalière.
    « Marion ! »
    Il se laissa tomber à genoux près d’elle, dans le sable meuble, le souffle court, et saisi d’une impulsion qu’il ne se connaissait pas et qu’il ne put maîtriser, il l’enlaça vivement, se retenant toutefois de la serrer contre lui car il savait qu’elle avait encore mal aux côtes. Elle était tellement, tellement frêle…
    Conscient de la présence de Nusicaa et lui-même gêné par sa soudaine expansivité [encore un mot pas très français xD], il la relâcha et, son inquiétude se muant en énervement, il fulmina :
    « Espèce d’idiote ! Ça va ? »
    Il détestait s'inquiéter, surtout pour quelqu'un, et surtout quand ce sentiment pouvait laisser songer qu'il ressentait un quelconque attachement pour ce fameux quelqu'un.
    Il posa doucement sa paume sur la main de Marion crispée sur son côté, une paume dont le contact doux et chaleureux démentait la froideur de ses paroles. Mais ça, c’était juste un message entre eux, rien qu’à eux. Il enleva rapidement sa main pour ne pas se faire remarquer et se redressa.
    « Tu peux te lever ? » demanda-t-il d'un ton un poil sec, mais ses prunelles qu'elle seule pouvait voir étincelaient d'un éclat d'émeraude sous l'intensité de ses émotions.
    David n'attendit toutefois pas la réponse pour lui venir en aide, songeant que si meuble que soit le sol, il n'était quand même pas hyper confortable.
    Là-dessus, il échangea un regard de connivence avec Nusicaa, prenant l’expression exagérée d’un pov’malheureux tristement résigné devant l’obstination de leur amie commune à se faire du mal.

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MessageSujet: Re: Prise conscience… Ou de confiance ? [N.W-D.M-M.D]   Ven 10 Avr - 23:50

    Le souffle coupé, Marion Duval tenta de se calmer. Le simple fait de respirer réveillait son atroce douleur dans les côtes. C’est fou ce que deux minables côtes brisées pouvaient causer comme dégâts… La jeune femme reposa sa main sous elle pour se soutenir, et tenta de caler sa respiration sur un rythme régulier. Après quelques efforts, sa respiration devint plus régulière, et surtout plus lente. La douleur s’estompa un instant. Néanmoins, son cœur continuait à battre la chamade. Chaque pulsation la lançait de plus belle. Autant dire que ces deux satanées côtes n’étaient pas décidées à la laisser tranquille. Elle venait d’avoir la peur de sa vie, et il fallait qu’elles la punissent d’avoir cédé aux yeux doux de son cheval… Bon, au moins, c’était radical. La belle serra son poing sur son côté pour étouffer la douleur comme s’il s’agissait d’arrêter une hémorragie. Elle préférait se faire mal que de se laisser ronger par le mal. Sadomaso ? Peut-être bien.

    Toc, toc, toc.

    Non, ce ne fut ni le bruit de ses côtes qui se brisaient, ni celui de quelqu’un qui tape sur une porte, mais plutôt des bruits de pas. Aussi proche du sol qu’elle pouvait l’être, la jeune femme reconnut un rythme effréné qui se composait de quatre pieds (il y avait dans la cadence une certaine irrégularité qui laissait penser qu’il n’y avait pas qu’une personne). Sans relever la tête pour voir qui allait la réprimander pour avoir sauté un obstacle de façon aussi irresponsable, Marion enfonça sa main dans ses côtes pour étrangler cette fichue souffrance. Quelques centièmes de seconde plus tard, son nom fut prononcé par deux personnes. Les deux voix étaient totalement différentes : l’une, féminine aux accents mélodieusement graves; et l’autre, masculine, séduisante et… Etrangement familière. Toutes deux avaient ce soupçon d’inquiétude qu’elle n’aimait pas. S’il y avait bien quelque chose qu’elle ne pouvait pas supporter, c’est de laisser les autres s’inquiéter pour elle. Sauf que, bien sûr, elle n’y manquait jamais. Les pires choses de la vie lui tombaient dessus. Partout où les gaffes se trouvaient, Marion y était. D’ailleurs, c’était à se demander si elle-même n’était pas une gaffe… La première voix, celle de la femme, lui demanda (ce n’était pas loin d’un cri) si elle allait bien. La seconde prononça son prénom, comme si elle souhaitait s’assurer qu’elle était encore en vie.

    Forcée d’admettre qu’elle n’était pas un pantin, Marion tourna la tête pour observer les deux nouveaux arrivants. La femme était plutôt de taille moyenne. Son visage à la peau métisse était encadré par de régulières boucles fauve qui formaient une crinière incroyable. Ses prunelles brunes aux reflets cerise exprimaient l’inquiétude, plus que jamais. Nusicaa bien sûr. Depuis peu, elle était son amie la plus proche. Aprèss le départ définitif de Joséphine –qui n’avait pas réussi à reprendre goût à l’équitation-, la jeune femme n’avait pu se confier qu’à son cheval, jusqu’au jour où la jeune fille s’était présentée pour devenir son apprentie. Alors, la britannique avait cédé et s’était confiée. Une présence féminine ne lui faisait pas de mal, surtout cette présence.

    L’homme ne lui était pas inconnu du tout, bien au contraire. Il était grand, beaucoup, beaucoup, beaucoup plus grand que Nusicaa. Sa peau métisse, sa chevelure rase noire, ses incroyables –non, prodigieuses- prunelles émeraude… Tout lui était familier. David Moss. Qui d’autres ? La belle détourna son regard de ses deux amis, retournant à sa contemplation –plus ou moins…- du sol sableux. Et là, l’impensable se produit. David se laissa tomber à ses côtés, à genoux. Jusque là, rien d’extraordinaire. Mais attendez, cela ne s’arrêta pas là. Comme s’il succombait à la flamme qui brûlait en lui, il enlaça ses bras autour de sa mince silhouette, sans pour autant la serrer. Il se retenait pour éviter de lui faire mal, c’était évident. La jeune femme se laissa faire en respirant de plus en plus rapidement. Son cœur battait si fort que le mal s’intensifia encore. Néanmoins, l’odeur de David, la chaleur de son corps, et le simple fait de le savoir près d’elle la rassurèrent. Dans ses bras, elle se sentait plus en sécurité que jamais. Pour changer ? Sûrement pas… Cela faisait des années que c’était ainsi, et cela n’était pas prêt de changer…

    « Espèce d’idiote ! Ça va ?
    - Hum, aussi bien qu’une pauvre idiote qui vient d’avoir la peur de sa vie, souffla-t-elle doucement. »

    Oh non, sa voix n’était pas douce volontairement. La douleur la rongeait tellement qu’elle parvenait à pleine à placer trois mots sans être essoufflée. David s’éloigna un peu, ce qui permit à Marion de reprendre un peu ses esprits et de contrôler sa respiration pour éviter de réveiller ses côtes endolories. Il avait dû se rappeler de la présence de la jeune Nusicaa, qui n’était pas censée connaître la relation qui unissait ses deux amis. Néanmoins, il ne resta pas loin d’elle. Sa large main à la peau brûlante chemina doucement pour venir se poser son poing qui s’enfonçait dans ses côtes. Pourvu qu’il ne comprenne pas, pensa-t-elle… La chaleur calma très légèrement les pulsions du mal. Elle tourna la tête vers lui et croisa ses prunelles intenses, qui, contrairement aux paroles sèches prononcées un peu plus tôt, se faisaient un sang d’encre et avaient une certaine tendresse. D’ailleurs, elles ne changèrent pas d’expression lorsqu’il lui demanda, toujours aussi froidement, si elle pouvait se lever. Marion haussa les épaules péniblement, crispant une fois de plus son poing pour arrêter le massacre. Ses prunelles tièdes, couleur d’or, se voilèrent. Elle ne pourrait jamais lui cacher à quel point elle souffrait de ses minables os cassés. Même Nusicaa pourrait le comprendre facilement.

    « Okay, je m'occupe de Just et je vais chercher de l'eau, affirma Nusicaa qui s’était accroupie à ses côtés -et à ceux de David. »

    La belle acquiesça d’un signe de la tête. Elle était la seule, mise à part elle-même, à pouvoir approcher Just en ayant toute sa confiance. Et comme elle le côtoyait souvent, elle était la plus apte. De plus, Marion croyait en elle. Quelques minutes plus tard, elle était assise au centre de la carrière, les yeux dans les yeux avec l’homme qui, une fois de plus, passait pour le héro qui sauve la belle. Elle se noya dans l’océan de verdure qui composait son regard inquiet. Dans un énorme effort, elle se retourna pour se retrouver face à lui. Une fois encore elle fut envoûtée par son visage magnifique. Cependant, il n’était pas comme d’habitude. Il était marqué de coups et avait quelques égratignures. Elle se pinça la lèvre inférieure.

    « Tu t’es encore battu ? Demanda-t-elle en passant délicatement sa main le loup d’une égratignure qui fendait sa lèvre. »

    Et après avoir écouté sa réponse, avec plus ou moins d’attention, elle attira son visage vers le sien et embrassa délicatement ses lèvres. Son cœur battait si fort que la douleur meurtrissait tout son corps. Bien sûr, la chaleur du baiser lui procurait tellement de bien qu’elle ne s’arrêta pas. Sa seconde main se déposa tranquillement sur son autre joue, ses paupières se fermèrent et elle profita de sa délicieuse haleine. Impossible de dire depuis quand elle ne l’avait pas vu –touché ?- de si près, mais pour elle, cela faisait une éternité. C’était son David, et ça, personne ne pourrait le contredire. Elle écarta ses lèvres des siennes, pensant que Nusicaa n’allait pas tarder à revenir. Alors, elle s’empara de sa main et enlaça ses doigts. Il fallait qu’elle s’occupe pour oublier.

    « Je n’ai pas vraiment eu le temps de te remercier l’autre jour… Alors, merci. »

    [Je ne serai pas là de la semaine, mais j’vais essayer de passer pour lire vos réponses. J’vous aime les chéries, bisous (L)]

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    « What will be the name of your children ? You can't hide forever. I can't see you. In the wheatfields. I have lost my sence of humour. Show me where you are. The grass is too tall. I can't even talk. The is no place. Down here. Small enough. For you to stay. I come back home and try to see. The hints you left for me. Never found the ring. Will you ever marry me ? »[/list]
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MessageSujet: Re: Prise conscience… Ou de confiance ? [N.W-D.M-M.D]   Mar 14 Avr - 18:23

    Aussi rapidement que David, mais avec un certain temps de retard, Nusicaa se dirigea à grandes enjambées vers son amie qui restait immobile, assise dans le sable, sans bouger de la position dans laquelle elle était tombée. Seulement, elle avait posé une main sur sa poitrine, crispée à en faire blanchir les jointures ; et ses prunelles dorées s’étaient couvertes d’un voile de douleur bien facilement remarquable. Ralentie par un soudain élan de migraine, la belle métisse s’arrêta à quelques pas de Marion. Elle n’eut pas le temps de repartir que, déjà, David se laissait tomber à genoux dans le sable et, d’un geste très visiblement instinctif et dépourvu de toute réflexion préalable, prenait vivement la belle britannique dans ses bras. Cette étreinte, empreinte tout de même d’une certaine retenue, arracha un discret sourire amusé à Nusicaa dont les prunelles furent presque – je dis bien presque – traversée d’un éclat attendrit. Si Marion n’était certainement pas en reste de peur, le jeune homme venait sûrement de se faire lui aussi une belle frayeur… D’un pas rapide, mais plus tranquille – mise à part cette douleur qui semblait cogner dans ses côtes, son amie ne s’était visiblement pas blessée – Nusicaa rejoignit les deux jeune gens et s’agenouilla à leurs côtés, posant une main sur l’épaule de la britannique, et croisa le regard de David. Ce dernier, aussi vivement qu’elle lui était venue, relâcha son étreinte avant de s’adresser à Marion :
    « Espèce d’idiote ! Ca va ?
    - Hum, aussi bien qu’une idiote qui vient d’avoir la peur de sa vie, souffla l’intéressée d’une toute petite voix. »
    Nusicaa serra légèrement sa main sur l’épaule de cette dernière. Etait-elle consciente qu’ils étaient au moins deux à avoir eu la peur de leur vie ? Si ce n’est trois, d’ailleurs, mais que la jeune métisse ne s’inquiètes à ce point pour sa plus proche amie était bien moins étonnant que de voir David se précipiter sur elle et la serrer dans ses bras, avouez-le. Le geste de ce dernier qui alla poser sa main sur celle de Marion n’échappa en aucun cas à la jeune métisse, pas plus que le regard de la britannique à cet instant. Une seconde fila ainsi, avant que la voix du jeune homme ne s’élève de nouveau, un peu plus sèche qu’elle n’aurait dû l’être.
    « Tu peux te lever ? demanda-t-il à Marion. »
    Nusicaa leva également vers lui son visage marqué. Elle croisa le regard de connivence qui lui était adressé et l’expression résignée de David. En réponse, elle lui retourna ce sourire amusé et vaguement mutin qui lui était propre ainsi que ce même regard qu’un peu plus tôt. Le tout empreint d’un sous entendu pas si implicite que ça, mais là, à lui d’interpréter les choses comme il le souhaitait…

    Quand il se détourna, les prunelles chocolat de la jeune femme revirent également à son amie qui restait figée dans ce qui semblait être une douleur non négligeable. Au même moment, Just, qui s’était fait oublier jusque là, renâcla pour rappeler sa présence aux acteurs de cette touchante scène, - genre "Eh, moi aussi j'existe" - puis donna un petit coup de tête dans le premier dos qu’il rencontrait, à savoir celui de Nusicaa. Cette dernière leva la tête vers lui, décidant qu’il était plus que temps de prendre une initiative.
    « Okay, je m’occupe de Just et je vais chercher de l’eau, lança-t-elle tout en attrapant la longe de l’équidé. »
    Discrètement, elle s’en aida pour se relever, de nouveau assaillie par un élan de migraine. Avec une grimace, elle se remit sur ses pieds puis posa sa paume bandée sur l’encolure du cheval, guettant le regard de Marion avec des prunelles rassurantes. Quand cette dernière hocha la tête, Nusicaa lui sourit puis se tourna vers Just. Mise à part sa cavalière, ce dernier n’accordait sa confiance que rarement, sinon jamais. Seulement, depuis qu’elle faisait de l’éthologie avec son amie, Nusicaa avait réussit à obtenir pleine et entière cette confiance, au fil des séances. Ainsi, quand elle le lui demanda, l’étalon la suivit sans aucune difficulté. Elle remarqua même avec satisfaction qu’il marchait à côté d’elle, rendant la longe presque superflue. Elle la garda néanmoins en main, des fois que... Sa migraine se chargea très bien de le lui rappeler, elle n’avait non seulement aucune envie mais n’était également absolument pas en état de courir après un cheval.

    Nusicaa grimaça, prodigieusement agacée, puis entraîna Just en dehors de la carrière. Parvenus aux écuries, ils se heurtèrent à un groupe de jeune gens qui en bloquaient l’entrée. La belle s’y fraya un passage, non sans se faire entendre, bien entendu – n’oublions pas que c’est bien de Nusicaa dont il s’agit, et une Nusicaa avec un mal de crâne carabiné en plus – puis se dirigea rapidement vers le box du beau bai dans lequel il rentra de lui-même. La jeune femme l’y suivit.
    « Tu veux que je te dise un secret ? J’en connais un que ta chère cavalière ne laisse pas insensible, lui souffla-t-elle à l’oreille en retirant le licol. Et va savoir si c’est pas réciproque cette histoire… conclut-t-elle pour elle-même en haussant les épaules. »
    L’étalon tourna la tête vers elle et, elle l’aurait juré, la regarda avec cet air mutin qui était propre à la belle métisse. Cette dernière en était certaine, s’il l’avait pût, il lui aurait sourit. Lui adressant un clin d’oeil, elle attrapa un bouchon qui traînait pour un rapide coup de brosse et – il y avait bien droit, quand même – attrapa dans la poche de son sweat une des friandises de Flash pour la lui donner. Après quoi, elle sortit du box et alla s’appuyer contre le mur d’en face, fermant les yeux pour laisser passer un accès de migraine assez violent, cette dernière se rappelant à elle, des fois qu’elle puisse ne plus y penser. Ouais, c’est bon, j’t’ai pas oubliée toi, t’inquiètes pas, va… Elle soupira, agacée. Elle allait aller chercher de l’eau… et de l’aspirine. Dieu qu’elle en avait marre de courir après ces cachets ! Vivement, elle se décolla du mur, puis partit d’un pas rapide. Elle laissa tomber le bouchon dans la première boîte qu’elle trouva, boîte dont la propriétaire lui lança un regard effarouché, qui lui fut d’ailleurs rendu avec les intérêts. Nusicaa s’éloigna ensuite vers la sortie. Le même groupe que plus tôt en bloquait la porte, mais cette fois-ci, elle n’eut même pas besoin d’ouvrir la bouche pour s’ouvrir un passage. Comme quoi, son sale caractère n’avait pas que des désavantages…

    La jeune femme sortit des écuries, se dirigeant automatiquement vers le bâtiment principal du Domaine. L’infirmière de l’internat allait bien pouvoir lui filer, une fois de plus, ces foutus médocs. Dans la cour, ses prunelles furent attirées par la carrosserie brillante d’une voiture de sport dont elle finit rapidement par se détourner, se demandant vaguement qui en était le propriétaire. En tout cas, c’était la première fois qu’elle voyait le véhicule, et vu le temps qu’elle passait à la Rose Noire, elle pouvait sans trop de risques décréter que celui à qui elle appartenait venait ici pour la première fois, du moins depuis pas mal de temps. Sans plus s’en préoccuper, Nusicaa poussa la lourde porte de la grande bâtisse et pénétra dans le hall, direction l’infirmerie. En passant, elle jeta un œil distrait par la seule porte ouverte, à savoir le bureau de la secrétaire. Ce qui attira alors son attention, ce fut, ô miracle, la boîte d’aspirine qui trônait sur le grand meuble. Sans hésiter – surtout, ne jamais perdre une occasion d’embêter la pauvre quadragénaire – elle pénétra dans la pièce. Elle fit donc rapidement main basse sur les cachets ainsi que l’une des six bouteilles du pack qui traînait dans un coin. Elle alla même jusqu’à emprunter le petit sachet de sucre posé à côté d’une tasse de café vide. Se faire peur du haut d’une poutre, d’un praticable ou d’un cheval remontait strictement au même et, dans sa carrière de gymnaste, Nusicaa ne comptait plus le nombre de fois ou une simple dose de sucre lui avait évité tout contre coup inopiné. Aucune raison que sur Marion, un être humain normalement constitué, les choses ne marchent pas de la même façon.

    « Ou c’est votre bureau, ou je suis obligé de vous rappeler que c’est pas beau de voler. »
    Une voix masculine, à l’accent britannique très prononcé, s’éleva soudain dans le dos de la jeune femme. Cette dernière, sans l’ombre d’un sursaut ni de précipitation, se retourna tranquillement pour faire face au nouveau venu.
    « Et vu votre âge, j’en déduis que ce n’est pas votre bureau, constata ce dernier en la dévisageant.
    - Ne vous inquiétez pas, elle serait bien incapable de m’en vouloir, répliqua Nusicaa en faisant de même. »
    L’homme en question était grand, pas désagréable à regarder. Habillé à la « british », elle l’associa tout de suite à la voiture de sport inconnue. Mais surtout, il lui rappela sans aucun mal quelqu’un…
    « Je veux bien vous croire, répondit-il en arrêtant ses yeux sur le visage couvert de pansements de son interlocutrice. Enfin bref, je cherche un renseignement. »
    Et de nouveau, l’accent anglais le lui confirma. Une conversation avec Marion, datant de quelques temps auparavant au sujet d’un certain James – un ex – lui revint en mémoire. La discussion était partie d’une photo oubliée trouvée par hasard et l’homme qui se trouvait dessus était la copie conforme de celui que Nusicaa avait face à elle en cet instant. Son amie lui avait confié les circonstances de leur séparation. De nouveau, la belle brune le dévisagea, tiquant cette fois sur son visage marqué par ce qui ressemblait de près comme de loin à plusieurs jolis bleus. Un peu comme les traits de David, avant que ne s’y soient ajoutés ceux de leur garde à vue… C’est uniquement à cette pensée que la jeune femme eut le déclic. Les bleus sur les visages des deux hommes, sa conversation avec David, ce que lui avait dit Marion, les évènements de Londres… Le type qu’elle avait face à elle était celui qui avait balancé les pétards sur la piste, c’était évident. Le mec furieux d’avoir été plaqué qui avait failli tuer Marion et avec qui David s’était battu. Cet homme-là était ici.
    « Et bien, la secrétaire ne devrait pas tarder, répondit simplement Nusicaa. »
    A aucun moment ses traits n’exprimèrent ces réflexions et révélations. Elle garda sans aucun mal une attitude serine et se dirigea non moins tranquillement vers la sortie du bureau, ne laissant rien transparaître de la soudaine colère et précipitation montées en elle. Quand elle passa devant lui, James l’arrêta cependant en l’attrapant par le poignet gauche – décidemment, le monde entier avait décidé que c’était celui-ci et pas un autre. La jeune femme réprima une grimace douloureuse puis posa les yeux sur lui.
    « Attendez, vous pouvez peut-être me renseigner, vous, demanda-t-il.
    - Peut-être, lâcha calmement Nusicaa, non sans dégager son poignet tout de même.
    - Je cherche Marion Duval… Vous avez une idée d’où je peux la trouver ?
    - Huum… fit-elle mine de réfléchir. Non, désolée.
    - All right, merci quand même. »

    Avec un signe de tête, la belle brune sortit d’un pas tranquille de la pièce. Elle garda ce rythme un moment mais, quand elle eut contourné le bâtiment, elle accéléra sensiblement, en dépit de sa migraine. Elle arriva rapidement devant la carrière dans laquelle elle avait laissé Marion et David. Ces deux là, toujours assis, se trouvaient particulièrement proche l’un de l’autre. Nusicaa, dans une autre situation, l’aurait certainement noté, mais là, il faut bien avouer que c’était loin d’être sa priorité. Néanmoins, elle fit exprès de trébucher et de se rattraper de justesse, avec un « Ooops » chargé de les prévenir qu’elle était là. Inutile de les mettre mal à l’aise, la rencontre qu’elle venait de faire aller sans problème se charger de compliquer les choses. Rapidement, elle s’approcha d’eux, une expression un peu plus froide qu’elle n’aurait dût l’être sur le visage. Arrivée à côté de Marion, elle laissa tomber l’eau et l’aspirine.
    « Medicine, water… Good. Servez-vous sans modération, c’est la secrétaire qui paye, lança-t-elle. »
    Ses deux amis savaient très bien quel était le problème avec la quadragénaire. Attrapant le sucre qu’elle avait fourré dans la poche, elle continua :
    « Marion, Just est au box, pansé et, désolée de te l’apprendre, aussi gourmand que Flash ! Avales donc ça, si tu tombes pas dans les pommes, c’est mieux… »
    Oui, là c’est vraiment pas le moment… Elle lança le sachet de sucre à son amie. Il y avait dans son attitude et ses gestes, malgré sa remarque précédente empreinte d’un léger ton d’humour, une fébrilité plus qu’inhabituelle. Elle s’approcha ensuite de David et, d’autorité, l’entraîna à quelques pas de Marion.
    « Dis, le maniaque des pétards, à Londre, c’était quand même pas James son nom ? demanda-t-elle. »
    Bien entendu, le jeune homme le confirma que si, c’était bien lui. Elle se mordilla légèrement la lèvre. Merde, qu’est-ce qu’il fou ici ?!
    « Bon, okay… reprit-t-elle en passant une main fébrile dans sa chevelure. T’énerves pas tout d’suite mais, j’viens de le croiser. Il cherche Marion… »

    [Arrivée du fameux James sur une idée originale de Céline. Naths, j'crois qu'on peut la prendre comme apprentie au club des Sadik... ]

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MessageSujet: Re: Prise conscience… Ou de confiance ? [N.W-D.M-M.D]   Sam 18 Avr - 20:39

[ Haan... Extra ! J'vous aiime les filles ]

    Nusicaa annonça qu’elle allait chercher de l’eau, et au passage, elle emmena Just avec elle. David suivit d’un œil vide le grand étalon qui s’éloignait tranquillement, suivant la jeune femme avec une docilité qu’il ne lui connaissait pas. Ce n’est que lorsque le jeune homme croisa le regard de Marion qu’il réalisa, d’une qu’ils étaient maintenant tous les deux tous seuls, et de deux, qu’elle venait une fois de plus de lui faire le coup du regard transi. C’était dans sa nature de BG d’aimer se faire admirer, surtout par les –jolies- filles, mais venant d’elle, c’était très différent, surtout que ses prunelles d’or incandescent avaient la fâcheuse tendance de lui retourner le cerveau, lui faisant perdre l’esprit de telle manière qu’il ne se souvenait même plus des raisons pour lesquelles il évitait depuis des années ce genre de contacts trop rapprochés avec elle.
    Il se détacha des yeux de Marion pour s’attarder sur ses traits qu’il connaissait pourtant par cœur, et remarqua qu’elle était pâle –enfin, encore plus que d’habitude, quoi. Douleur ? Choc ? Cette fois encore, il ne s’attarda pas, refusant de laisser revenir ce stupide afflux d’inquiétude qui l’avait dominé pendant quelques minutes.
    Il songeait vaguement à se lever ou du moins, à faire quelque chose, quand un contact doux et frais sur sa lèvre le fit tressaillir.
    « Tu t’es encore battu ? » demanda Marion en laissant glisser son doigt sur l’égratinure toute récente qui décorait sa lèvre supérieure.
    Cette question éveilla en lui les vagues échos d’une autre voix, vaguement réprobatrice, venue du temps où il rentrait de l’école, dépenaillé et débraillé, un œil au beurre noir et les genoux en sang.
    « Non, je ne me suis pas battu… répondit-il innocemment, avant d’ajouter dans un grommellement : C’est pas que c’salaud l’aurait pas mérité, mais bon… »
    Il était quand même pas si con que ça, ce flic, il avait quand même pensé à lui attacher les mains et à l’immobiliser sur sa chaise avant de passer à l’opération tabassage…
    Cette pensée sinistre fut interrompue avant que David ait eu le temps de la développer davantage. Marion rapprocha leurs visages, et soudain posa ses lèvres contre les siennes. C’était la première fois qu’elle prenait les devants avec autant de "détermination". Usant de toute la mauvaise foi du monde, il se prétendit à lui-même qu’il ne s’y attendait pas, mais se laissa tout de même faire avec une étonnante bonne volonté.
    Il faut dire aussi que, ainsi qu’il le réalisa au moment où leurs lèvres se rencontraient, ce genre de moments valait bien tous les sacrifices du monde, si court soit-il. Et à la seconde même où leur baiser commença, il oublia tout le reste, reléguant au plus profond de son esprit tout ce qui était indésirable dans son monde, pour ne plus consacrer tous ses sens qu’à cet instant. Les yeux grands ouverts, il dévorait Marion du regard, du moins, ce qu’il pouvait voir d’elle. Et finalement, ce point de vue, si rapproché soit-il, était l’un des meilleurs que l’on puisse avoir de son visage ; le coin de son œil et l’extrémité du sourcil, la rondeur de la pommette, tout était si près qu’il pouvait voir le grain de la peau, et découvrir un nouveau grain de beauté, tout petit, au coin de l’œil.
    Sa bouche s’entrouvrit, goûtant avec délices à celle de Marion. C’était hallucinant de songer que, bien que ce ne soit pas leur premier baiser –cessons l’hypocrisie, ce n’était pas la première fois qu’il craquait de la sorte…-, il découvrait avec une joie toujours plus intense l’arôme de ses lèvres. S’il le connaissait maintenant, il était pourtant loin de s’en lasser, au contraire ; chaque fois il lui découvrait une nouvelle richesse, un nouvel attrait, et tel un pauvre héroïnomane, ne le désirait que d’autant plus.
    Sa main remonta le long du dos de la jeune fille, ses doigts s’emmêlèrent dans ses longs cheveux, mais Marion recula la première et il fit de même. Tiens, en plus d’être décidée, elle était raisonnable, aujourd’hui. Il laissa glisser sa main derrière sa nuque puis le long de sa joue jusqu’au menton, et esquissa un léger sourire en rencontrant les iris dorées de Marion.
    Cette dernière prit l’autre main du jeune homme, celle qui était pleine de sable depuis qu’il l’avait posée par-terre, et il baissa les yeux sur leurs doigts entrecroisés, remarquant le contraste entre la couleur de leur peau, l’une incroyablement pâle et l’autre à la chaude teinte bronzée, et s’attardant brièvement sur les derniers grains de sable qui persistaient à rester accrochés à sa paume.
    « Je n’ai pas vraiment eu le temps de te remercier l’autre jour… Alors, merci », fit la jeune fille.
    Il haussa les épaules.
    « Merci de quoi ? » répliqua-t-il d’un ton un peu bourru.
    Après quoi, il eut un sourire vague tout en serrant un peu plus la main de Marion.
    « Tu m’as déjà remercié, tu sais, et d’une manière que j’ai bien préféré, d’ailleurs… ajouta-t-il, une lueur espiègle dans le regard. À moins que ce n’ait été pour encore autre chose ? » suggéra-t-il.
    Si elle lui devait encore un remerciement, force était d’avouer qu’un baiser de plus ne l’aurait pas dérangé…
    « Oops ! »
    Avec la plus grande discrétion du monde, Nusicaa revenait, à grands pas. Lorsqu’il vit son visage, David ne put réfréner un imperceptible froncement de sourcils. Elle avait l’art de se composer une expression constamment indéchiffrable, mais en l’occurrence, l’impassibilité de ses traits tenait plutôt de la froideur. Pourtant étant données les circonstances, il ne parvenait pas à s’expliquer cela. Toutefois, il ne s’attarda que quelques secondes sur ce détail, et conclut un peu vite qu’il avait mal interprété l’expression de la jeune femme.
    « Medicine, water… Good. Servez-vous sans modération, c’est la secrétaire qui paye » , lança-t-elle, tirant un ricanement goguenard à David.
    La secrétaire du Domaine était une charmante femme d’une quarantaine d’années, dans le genre fil de fer, avec un sourire non moins rigide que son chignon où se mêlaient déjà des mèches grisonnantes. « Curieusement », Nusicaa lui vouait une certaine rancœur, depuis un certain appel téléphonique écourté. Même si, ce jour-là, il se trouvait lui-même avec la jeune femme, David ne pouvait guère en garder rancune à la secrétaire, dans la mesure où, étant alors dans une totale inconscience à cause des litres de sang qu’il était en train de perdre, il ne gardait aucun souvenir de la conversation en question. Et bien que cette quadra aurait bien pu mettre un point final à sa vie à distance ce jour-là, il persistait à lui lancer un regard enjôleur chaque fois qu’il la croisait –comme à toute représentante du sexe féminin de la région, d’ailleurs, Nusicaa et Marion exceptées- et s’esclaffait intérieurement en voyant le rose teinter ses pommettes osseuses.
    Après avoir donné des nouvelles de Just à son amie, Nusicaa entraîna David à l’écart, et il eut alors la confirmation que, finalement, ses vagues soupçons face à la froideur de son visage étaient fondés.
    « Dis, le maniaque des pétards, à Londres, c’était quand même pas James son nom ? » demanda-t-elle de but en blanc.
    *Mais c’est pas vrai ! Qu’est-ce qu’elle me veut avec ce James, à la fin ?!*
    Le soir, peu auparavant, où il lui avait raconté l’accident de Marion, Nusicaa l’avait questionné à loisir sur le fameux ex de la jeune fille. Curieusement, ce simple nom avait le donner de lui mettre les nerfs à rude épreuve.
    « Si » , répondit-il, un peu abruptement.
    La tête que fit son amie à sa réponse lui donna un mauvais pressentiment.
    « Bon, okay… T’énerve pas tout d’suite mais, j’viens de le croiser. Il cherche Marion…
    - Et c’est moi qu’il va trouver » rétorqua David d’un ton glacial, une lueur d’acier dans ses yeux smaragdin.
    Y’en a vraiment qui cherchent les coups. Pourtant, l’Anglais s’était déjà pris une sympathique raclée de la part de David, et devant témoins en plus. Apparemment, il était un peu maso sur les bords celui-là…
    « Crois-moi ce mec-là, s’il s’approche… » gronda le jeune homme avant de s’interrompre, son regard s’arrêtant au-delà de son interlocutrice.
    À la barrière. Là où un inconnu venait d’apparaître. Enfin, inconnu… Pas tout à fait.
    David vit très clairement le regard de James qui se posait d’abord sur lui, puis sur Nusicaa, et enfin sur Marion qu’il ne lui fallut guère de temps pour reconnaître.
    « Tiens, on dirait que vous avez trouvé Marion Duval, finalement ! » lâcha le nouveau venu avec un accent à couper au couteau.
    Le jeune homme ne comprit pas à qui l’Anglais s’adressait, mais le nom de la jeune fille dans cette bouche ne lui plaisait guère. En quelques enjambées, il se planta devant James et le vrilla de ses yeux d’un vert soutenu.
    « Tiens dooonc, mais qui voilà ? T’en as pas eu assez l’autre fois, t’en veux encore ? Pas de souci mon vieux, pas de souci, je suis tout à toi… »
    L’autre le regarda, affectant le sarcasme, mais l’expression meurtrière de David, son assurance absolue et son ton dangereusement moqueur l’avaient visiblement légèrement ébranlé –d’autant que le souvenir de leur dernière rencontre lui revenait très certainement à l’esprit.
    « Ooh, mais regardez-moi cette jolie petite pommette… ajouta le jeune homme en indiquant la joue méchamment tuméfiée. C’est tout mignon, elle est deux fois plus grosse que l’autre… Un peu tordue aussi, on dirait… C’est difficile à réparer, ce genre de dégâts, non ? »
    Ces paroles affables n’auraient trompé personne et ne faisaient qu’enfoncer davantage James, lui rappelant bien fort à quel point il s’était fait dominer, à Londres.

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Marion Duval
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MessageSujet: Re: Prise conscience… Ou de confiance ? [N.W-D.M-M.D]   Mer 22 Avr - 17:30

    Combien de temps s’était-il écoulé entre le temps où Nusicaa était partie et celui où elle était revenue ? Tout ce que Marion put dire, c’est qu’elle n’avait pas regretté cette absence. Non pas parce qu’elle n’appréciait pas la jeune femme –au contraire !-, mais parce qu’elle avait réussi à se démontrer quelque chose : elle était capable de vaincre ses peurs pour prendre les devants. Ce baiser en était le témoin le plus incroyable. La belle caressa ce qu’elle pouvait de la main de son ami, plongeant ses intenses prunelles dorées dans les siennes. Son remerciement fut accueilli avec beaucoup moins de volonté de son baiser, et elle crut remarquer un sourire au coin des lèvres de David. Marion, un tantinet gênée, le lui rendit, prête à écouter ce qu’il allait lui dire. Elle le laissa serrer son étroite main dans la sienne alors qu’il s’étonnait de la raison de ce « merci ». La belle se noya dans l’émeraude des ses yeux. Il lui fut impossible de louper l’étrange lueur qui illumina son regard :

    « Tu m’as déjà remercié, tu sais, et d’une manière que j’ai bien préféré, d’ailleurs… À moins que ce n’ait été pour encore autre chose ?
    - Je tâcherai d’y penser la prochaine fois. »

    Elle lui rendit un sourire qui fit apparaître une ligne parfaite de dents blanches. Cette expression de son visage était réservée à quelques rares privilégiés : sa famille, ses proches amis, ses anciens petits amis lorsqu’ils étaient encore en sa compagnie… Et lui bien sûr. David. Ce fut sûrement la première fois qu’il la voyait ainsi. Ses joues étaient enflammées, mais sa peau pâle ne pouvait rougir, du moins, c’était invisible. Son cœur qui battait la chamade n’arrivait même pas à faire oublier à Marion à quel point elle était heureuse. La douleur dans ses côtes était insupportable, mais pour David c’était différent. Il avait toujours réussi –par un miracle peut-être bien- à lui retirer la douleur. Quand son amie revint, la belle ne lâcha pas la main de David mais détourna les yeux afin de n’éveiller aucun soupçon. Cette dernière lui donna des nouvelles de son cheval –de bonnes nouvelles-, mais la jeune femme savait qu’elle l’avait confié à des mains sûres, et pour finir, elle tendit un peu d’eau avec du sucre.

    « Marion, Just est au box, pansé et, désolée de te l’apprendre, aussi gourmand que Flash ! Avales donc ça, si tu tombes pas dans les pommes, c’est mieux…
    - T’es un amour, répondit-elle faiblement en lâchant la paume brûlante de son ami. »

    Alors qu’elle s’apprêtait à poser ses prunelles dans celles de l’Italien, Nusicaa lui arracha le jeune homme avec cette autorité qu’elle connaissait si bien. Elle ne bougea pas, jetant un œil distrait au verre qu’elle tenait entre ses mains et au sachet de sucre en poudre qui l’accompagnait. Elle avait déjà entendu parler de ça pour l’hypoglycémie, mais cela ne règlerait pas la douleur… C’état dû au choc brutal de ses fractures avec le garrot de son cheval. Pour lui faire plaisir, la jolie brune ouvrit le sachet, versa son contenu dans le verre et l’avala d’une traite. Certes, elle avait soif. Profitant de la diversion de ses amis, la belle se roula en boule, la main s’enfonçant une fois de plus dans ses côtes pour étouffer ce fichu mal. Ce mal qui la rongeait de l’intérieur et dont elle n’arrivait pas à se débarrasser depuis son accident. Quand Marion ouvrit les yeux, elle remarqua que les deux autres parlaient toujours ensemble. Qu’est-ce qu’ils étaient en train de mijoter ? La belle tenta de se retourner mais la douleur se fit plus forte que jamais et elle se mordit la lèvre pour ne pas lâcha plus qu’un pauvre gémissement.

    « Tiens, on dirait que vous avez trouvé Marion Duval, finalement ! »

    Ca venait de dernière. C’était une voix masculine, appartenant à quelqu’un de particulièrement jeune –la vingtaine-, avec un accent britannique très marqué. Néanmoins, il avait l’air de savoir s’exprimer aisément en français. Ce n’était pas Nusicaa bien sûr, ni David. Mais alors qui pouvait se trouver ici alors qu’ils étaient censés être trois ? Nusicaa avait-elle ramené du secours ? Non, elle aurait entendu une voiture, voire les pompiers. La belle analysa les paroles. Le mot « vous » laissait penser qu’il s’adressait à l’un des trois. Puisqu’elle avait entendu son nom, c’était soit Nusicaa, soit David –d’ailleurs, elle pensa à Nusicaa car David était resté près d’elle. De plus, elle avait trouvé qu’il avait particulièrement insisté là-dessus. Marion frissonna. Un anglais à la recherche de sa petite personne ? C’était très mauvais signe, vraiment.

    « Tiens dooonc, mais qui voilà ? T’en as pas eu assez l’autre fois, t’en veux encore ? Pas de souci mon vieux, pas de souci, je suis tout à toi… »

    Là, aucun doute, c’était l’Italien. Marion, rassemblant tout son courage, se mit à genoux et releva la tête vers les trois silhouettes qui se trouvaient devant elle. David et Nusicaa avaient formé une barrière devant leur amie, et l’autre homme leur faisait face, le regard sûr et un léger sourire sur les lèvres. Sa chevelure châtain foncé et ses grands yeux gris ne pouvaient pas la tromper. Un aussi beau jeune homme ne pouvait qu’être James. D’un coup, elle s’en voulut de penser à une chose pareille alors que cet abruti cherchait à l’anéantir. L’homme ne bougea pas, Marion sentit son cœur ralentir, mais battre plus fort dans sa poitrine, augmentant la terrible douleur dans ses côtes. Cette fois, c’était insupportable. Non, pire. Elle retira son poing de la zone endolorie, planta ses mains dans le sable et recula comme elle le put, de quelques minimes centimètres. Ne pas de fatiguer, ne pas se fatiguer maintenant, pensa-t-elle. Elle en aurait besoin, de sa force, quand le psychopathe s’approcherait d’elle.

    « Ooh, mais regardez-moi cette jolie petite pommette… C’est tout mignon, elle est deux fois plus grosse que l’autre… Un peu tordue aussi, on dirait… C’est difficile à réparer, ce genre de dégâts, non ? »

    Si elle en avait eu la force, elle aurait attrapé fermement la veste du jeune homme pour l’empêcher de jouer les provocateurs. Ce n’était absolument pas le moment de jouer les machos. La première chose qu’elle éprouva fut de la peur. Non pas pour elle, mais plutôt pour ses deux camarades. James était très dangereux il pouvait faire du mal à Nusicaa et manipuler David pour avoir ce qu’il voulait. D’autant plus qu’il devant avoir prévu son coup avant de venir… Marion se tut, impuissante. Elle vit James se rapprocher, encore, encore et encore. Il n’était plus qu’à quelques mètres des trois jeunes gens. Pas un seul ne parla. Les deux hommes se fixèrent. Marion ne voyait pas David, mais vu les regards noirs que lui lançait l’Anglais, elle ne serait pas étonnée de découvrir que c’était la même chose pour l’Italien.

    « C’est tout aussi mignon que la mode de la griffure sur la lèvre. Ca doit faire mal pour manger, ou même pour embrasser toutes tes petites pétasses, non ? »

    Il se tourna vers Marion, le regard plein de reproches avec son incontournable sourire maléfique. Il venait, indirectement, de la traiter de prostituée ou autre chose de bien dévalorisant… Impuissante, elle détourna les yeux pour les poser sur David. Elle pria également pour qu’il ne daigne pas s’attaquer à l’homme fou. S’il lui arrivait quelque chose –à lui comme à Nusicaa-, elle n’hésiterait pas à se rendre pour les protéger. James croisa les bras, avec toujours ce même sourire. Marion se demanda même comment ils en étaient arrivés là. Il voulait la tuer, vexé d’avoir été plaqué. Réaction puérile qu’elle ne comprenait toujours pas. Il l’avait cherché. C’est lui qui avait commencé à l’éviter. S’il avait bien voulu l’accompagner en France, ou même attendre son retour, tout cela ne serait jamais arrivé. En même temps, cela lui avait appris qu’elle n’aurait jamais pu faire sa vie avec quelqu’un comme lui. Bonne leçon dirons-nous.

    « Toutes les bonnes choses ont une fin, n’est-ce pas ? »

    Etrangement, Marion comprit qu’il s’adressait directement à elle. Mais de quel droit osait-il lui parler ? Comment pouvait-il faire une chose pareille avoir tenté de la tuer ? La belle, cette fois, lui lança un regard noir. Et soudain, l’impensable de passa. Il se remit à marcher en direction des deux jeunes qui lui faisaient face. Il voulut contourner Nusicaa pour se diriger vers la belle brune aux yeux d’or, mais elle s’interposa fermement. Marion grimaça. S’il la touchait… Elle se prépara à se lever au cas où il veuille lui faire du mal. La lueur dans ses yeux n’était pas un bon présage. Pourquoi était-il aussi sûr de lui ? Alors, les prunelles de Marion s’arrondirent. Elle venait de comprendre. Au moment même où elle ouvrit la bouche pour prévenir ses amis qu’on leur avait tendu un piège, un autre homme arriva à toute vitesse dans la carrière. Il se rua sur Nusicaa, sans se poser de question, l’entourant de ses gros bras musclés. Profitant de cette diversion plus qu’inattendue, James passa derrière le gros baraqué qui serrait Nusicaa et se jeta sur Marion, l’écrasant littéralement au sol. Elle poussa un cri de douleur dû à ses côtes compressées contre le sol. Le ricanement de James ne lui plaisait pas et semblait lui dire : « tu es faites comme un rat ! ».

    Prenant toute sa force restante, Marion se débattit. Elle secoua jambes et bras, tentant tout ce qui était en son pouvoir pour se dégager de son étreinte. Mais à présent, elle était retenue par ses mains qui avaient agrippé fermement ses hanches. Elle essaya de le toucher avec ses jambes, mais il la retenait bien trop fermement pour que ce soit en son pouvoir. Au moment où la jolie brune commençait à fatiguer, un mouvement de David alerta James [Si ça te va, Nath]. D’un geste précis, le fou attrapa quelque chose dans poche et le lui montra. Il incita Marion à se lever en entourant son ras autour de son cou, d’une main, et immobilisant ses deux bras dans son autre main. Etranglée, elle ne put lutter, se remit sur ses pieds. Elle tremblait de toute sa hauteur et fermait les yeux. Quelque chose de pointu et froid se mit contre sa peau, venant lui percer la peau comme une aiguille sur un morceau de tissu..

    « Si tu approches, je ferais ça ici, devant toi et sa copine, et elle souffrira encore plus. Si tu renonces, je relâche l’autre… Il désigna Nusicaa du regard. »

    Une menace, c’était une menace ! Marion se tortilla dans tous les sens pour se libérer, mais il était trop fort et parvint facilement à la maîtriser. En murmurant des paroles inaudibles, il déposa ses lèvres dans le cou de la belle, y déposant un baiser glacé. Marion remonta son talon pour l’abattre dans son entrejambe. Il poussa un gémissement de douleur, resserrant son bras atour de son cou. Elle n’avait pas estimé son coup assez fort… En guise de vengeance, il souleva le bas du débardeur de la jeune femme, et passa la lame de couteau sur sa peau marbrée. Peu de temps après, des gouttes vermeille perlèrent. Marion se mordit les lèvres pour ne pas hurler, et à la place, elle ouvrit les yeux et supplia David. Mais elle avait quelque chose derrière la tête. Il était le seul à pouvoir comprendre la lueur d’espoir dans ses prunelles dorées. Il fallait juste qu’il arrive à lui faire confiance et que la chance soit avec elle.

    « VAS-T’EN ! Prend Nusicaa et vas-t’en… »

    [Hahum, Sadique, sadique hein ? Je pensais arriver à un beau retournement de situation où Marion arriverait à prendre le couteau et le planterait dans la cuisse de James. MOUHAHAHA.]

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MessageSujet: Re: Prise conscience… Ou de confiance ? [N.W-D.M-M.D]   Sam 2 Mai - 1:52

    « Et c’est moi qu’il va trouver, l’interrompit presque David avec un ton on ne peut plus froid. »
    Oui. Sauf que… j’t’avais dit de pas t’énerver tout d’suite, mais c’est pas grave, songea Nusicaa à la vue de la lueur qui traversa le regard de son ami. Elle ne put s’empêcher de penser que ce James, aussi fou soit-il, n’avait plutôt pas intérêt à s’approcher à moins de quelques mètres de Marion ou effectivement, il risquait fort de tomber sur un os, ou du moins, sur un David.
    « Crois-moi ce mec-là, s’il s’approche… commença ce dernier, confirmant cette idée. »
    Cependant, l’avertissement s’arrêta ici. La jeune femme, pensa d’abord qu’il estimait – et il n’avait pas tout à fait tort – que la suite se devinait assez aisément, mais cette illusion ne dura que jusqu’au moment où elle se rendit compte que son regard émeraude s’était soudain posé plus haut – enfin ça, ce n’était pas dur – mais surtout plus loin qu’elle. Mue par un mauvais pressentiment, Nusicaa se mordilla une nouvelle fois la lèvre inférieure avant de se retourner lentement pour se retrouver face à la barrière – normal - et aussi à une silhouette – beaucoup moins normal – qui, évidement, ne lui était pas totalement étrangère. James, qui d’autre ? La jeune femme réprima un mouvement en se demandant si, pour être aussi rapide, il l’avait suivie. A moins que ce ne soit la secrétaire qui lui ait indiqué où se trouvait Marion. Dans ce cas, même si la pauvre quadragénaire n’avait aucune idée de qui pouvait être cet homme, elle risquait fort, de son côté, de tomber également sur un os, ou du moins, sur une Nusicaa. Et là, vraiment, la communication qui déjà passait très mal entre les deux femmes avait de fortes chances de se dégrader encore.
    « Tiens, on dirait que vous avez trouvé Marion Duval, finalement ! lança James.
    - Ouaais… C’est marrant le hasard, parfois répondit l’intéressée. »
    Elle assortit son ton glacial d’un regard noir comme elle savait si bien les faire, avant de tourner la tête vers Marion qui s’était recroquevillée sur elle-même. Avait-elle reconnu James ? La métisse sentit, une fois de plus, une sale impression l’envahir. Le vague pressentiment que, si son amie ne se sauvait pas immédiatement, les choses risquaient de tourner très, très mal. Sur cette idée, elle amorça un mouvement en direction de la britannique avant, du coin de l’œil, d’entrevoir un mouvement de la part de David. S’interrompant, elle posa des prunelles qu’elle gardait impassibles, mais qui au fond, auraient pu êtres empreintes d’une légère inquiétude, sur sa grande silhouette qui, en quelques pas, se retrouva plantée devant celle de James.

    « Tiens dooonc, mais qui voilà ? T’en as pas eu assez l’autre fois, t’en veux encore ? Pas de souci mon vieux, pas de souci, je suis tout à toi… lança-t-il, provocateur au possible. »
    Cette réplique arracha un sourire sarcastique à Nusicaa qui, il faut bien l’avouer, aurait été capable de dire à peu près la même chose. Cependant, elle n’en lança pas moins un regard – inutile, puisqu’il ne la vit pas – au jeune homme, histoire de l’enjoindre à rester dans les limites du sarcasme. En effet, si ce James était fou au point de vouloir tuer Marion pour l’avoir plaqué, qui sait comment il était capable de réagir à ce genre de situation. Raisonnable, Nusicaa ? Allez savoir, la migraine à ses bons effets aussi. Elle n’en posa pas moins un regard aussi noir que possible sur l’anglais, épiant la moindre de ses réactions. Celui-ci, pour toute réponse, fit quelques pas en direction des deux jeunes gens, affectant une impassibilité dans laquelle perçait une assurance qui troubla légèrement la jeune femme. Comment pouvait-il être aussi sûr de lui ?
    « Ooh, mais regardez-moi cette jolie petite pommette… C’est tout mignon, elle est deux fois plus grosse que l’autre… Un peu tordue aussi, on dirait… C’est difficile à réparer, ce genre de dégâts, non ? continua David, terriblement affable. »
    Nusicaa se mordilla doucement les lèvres, ses prunelles brunes vrillées sur les deux hommes qui se faisaient face à quelques pas seulement de là où elle se trouvait. James se contenta de continuer à avancer et, sous son apparente impassibilité, laissait légèrement entrevoir à quel point ces paroles l’agaçaient, mais surtout, arborait toujours cette assurance qui, une seconde fois, fit tiquer la jeune femme. L’anglais s’arrêta devant David, le vrillant soudain d’un regard aussi noir que celui qu’elle-même gardait fixé sur lui. Pendant deux secondes qui parurent extrêmement longues, les deux hommes se dévisagèrent sans rien faire d’autre qu’emprunter pour l’un une posture étrangement décontractée et pour l’autre une attitude plus menaçante.

    « C’est tout aussi mignon que la mode de la griffure sur la lèvre. Ca doit faire mal pour manger, ou même pour embrasser toutes tes petites pétasses, non ? lâcha enfin James, en lançant un regard assortit d’un sourire malsain vers Marion. »
    La belle métisse, à qui rien de cela n’échappa, réprima un mouvement, avant de jeter un regard sur David qu’elle ne voyait que de dos. Un élan douloureux de migraine – dû à on ne sait quoi – l’arracha un instant à la scène qui se déroulait en ce moment dans la carrière et qui était entrain de virer à… à un truc pas très bon. Nusicaa était loin d’être pessimiste de nature, mais enfin là il y avait de quoi se méfier. Lorsque qu’une grimace et quelques secondes plus tard elle raccrocha avec la réalité en maudissant son mal de crâne et tout ce qui s’y rattachait, elle intercepta un regard mauvais et presque… diabolique de l’anglais en direction de Marion.
    « Toutes les bonnes choses ont une fin, n’est-ce pas ? fit-il. »
    La jeune femme, bien qu’elle ait une idée assez précise de la question, n’eut pas franchement le temps de se demander à qui était adressée cette remarque aussi énigmatique que remplie de menace. En effet James, l’air toujours aussi assuré, ne fit plus qu’amorcer un pas vers la britannique, mais se laissa aller à deux enjambées. Ces dernières le conduisirent, par un hasard calculé, juste devant Nusicaa qui, les prunelles noires comme l’encre, se planta fermement dans le sol en lui faisant clairement comprendre qu’il pouvait toujours essayer d’aller plus loin, si ça l’amusait. L’homme s’arrêta et la toisa, comme s’il n’avait face à lui qu’une frêle enfant. Le dernier à s’être fait cette remarque avait prit une gifle monumentale, quelques mois plus tôt. Et c’est ce que la belle comptait bien réitérer s’il s’entêtait à vouloir du mal à son amie. Cependant, elle ne put s’empêcher de repérer la lueur étrange qui alluma son regard et, sans que rien ne se voit sur son expression glaciale, la question de son impressionnante assurance lui revint à l’esprit. Certes, s’il était ici, c’était qu’il avait certainement calculé son intervention. Mais de là à prévoir qu’il se retrouverait face à deux personne avant de pouvoir atteindre Marion… Trois contre un, il risquait de repartir avec plus que quelques bleus.

    Nusicaa terminait à peine de se faire cette remarque qu’une angoisse inexplicable l’envahit. Une angoisse de dernière minute. Vous savez, comme quand vous vous rendez compte, une heure après être partit de chez vous, que le gaz est allumé ou que l’eau coule toujours dans la salle de bain. L’angoisse d’avoir négligé un détail et de ne pas s’être préparé à toutes les éventualités. Et si James… La pensée n’eut pas le temps de se formuler dans l’esprit de la jeune femme. Soudain, deux bras se refermèrent brusquement autour d’elle, sans lui laisser aucune possibilité de réagir et dégageant, en revanche un chemin pour l’anglais. La jeune femme, d’abord figée par la stupeur, réalisa ce qui se passait quelques secondes après que cela ne soit arrivé. Elle se cambra brusquement dans les bras de son agresseur, tentant par les tous les moyens de se dégager. Cependant, le cri de douleur que jeta soudain Marion attira toute son attention et l’homme qui la maintenait parvint à assurer sa prise en enroulant un bras autour des siens et l’autre autour de son cou, menaçant. Nusicaa, le regard vrillé sur Marion aux prises avec son agresseur, planta ses dents dans sa lèvre inférieure, en arrachant un filet de sang. Elle se raidit, prête à une nouvelle tentative pour se dégager, mais l’homme eut un ricanement tout en serrant un peu plus sa gorge. Coupée de tout moyen, elle le sentit enrouler son avant-bras autour de sa nuque et précisément là où il n’aurait absolument pas fallut qu’il aille. La belle ne put réprimer un frisson ainsi qu’un élan de migraine violent, détails qu’elle oublia aussitôt qu’elle vit la main de James sortir de sa poche une lame sur laquelle un rayon de soleil se refléta. « MARION ! » voulu-t-elle hurler, sans résultat à cause du bras qui entourait sa gorge. Violement, elle recommença à se débattre, ignorant sa nuque et sa tête douloureuse. Quand elle parvint à dégager un bras de l’étreinte de son agresseur et qu’elle le lança au hasard – heureux hasard, puisqu’il heurta celui qu’il fallait – ce dernier rugit un juron en anglais et, lâchant un instant l’autre bras de sa victime, en profita pour lui envoyer de toutes ses forces en coup dans la poitrine. Nusicaa, le souffle coupé, ne put que cesser instantanément tout mouvement, se laissant ainsi de nouveau maitriser.
    « Don’t move, lui murmura l’homme à l’oreille en resserrant la pression sur sa gorge. ».
    Enfoiré songea la jeune femme à défaut de pouvoir le dire. La respiration hachée, elle leva la tête pour découvrir, à quelques mètres d’elle, Marion débout et maintenue fermement par James et son couteau. Nusicaa vrilla un regard paniqué sur son amie tremblante et plus pâle encore qu’elle ne l’était quelques minutes plus tôt, puis des prunelles noires sur l’anglais qui semblait savourer l’instant.
    « Si tu approches, je ferais ça ici, devant toi et sa copine, et elle souffrira encore plus. Si tu renonces, je relâche l’autre… lança soudain ce dernier. »
    La belle tourna la tête, découvrant David à qui James venait de s’adresser. Elle croisa son regard tandis que son agresseur, sans même s’en rendre compte, serrait un peu plus sa gorge. Il était hors de question de s’en aller, pas plus que de laisser ce fou furieux faire ce qu’il avait en tête. De nouveau, elle se mordit la lèvre en en arrachant encore du sang alors que, sur le bas du ventre de Marion, des grosses gouttes vermeilles perlaient déjà.
    « VAS-T’EN ! Prend Nusicaa et va-t-en… lança cette dernière à l’attention du jeune homme. »
    De nouveau, Nusicaa chercha le regard de son ami pour lui signifier que, si elle n’était pas très bien là où elle se trouvait, Marion l’était certainement encore moins et qu’il était hors de question de l’y laisser. Ce faisant, elle esquissa un mouvement qui fit penser à l’homme qu’elle tentait de s’échapper et le poussant ainsi à resserrer encore sa prise. Fermant les yeux l’espace d’une seconde, elle n’en continua pas moins, après les avoir rouvert, à vriller David du regard, sans prendre garde à celui que Marion lui lançait également.

    [Je m’arrête là parce que sans les réactions de David, c’est chaud. Sinon les amies, je pars une semaine en Ecosse. J’essaierais de passer lire mais je promets rien =/ A bientôt, j’vous aime =P]

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