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 Nusicaa Wiltman

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Nusicaa Wiltman (abs)
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MessageSujet: Nusicaa Wiltman   Lun 9 Mar - 11:15

STUDIO DE NUSICAA WILTMAN




    Le petit studio de Nusicaa se trouve à l'étage d'une grande maison du village. Mr et Mrs Hopkins, deux anglais habitant en France depuis vingt ans, louent une chambre, avec coin cuisine, salle de bain et ligne de téléphone, refaite à neuf il y a peu de temps pour un prix plus que raisonnable et en échange de quelques services dans la maison. Il est éclairé par une grande fenêtre et des murs d'un blanc cassé. Rénové il y a quelques moi, il est agréable et d'une petite taille qui n'est absolument pas gênante. Habituellement, Nusicaa n'y laisse pas réellement de bazar. Deux ou trois trucs qui traînent, mais rien de plus. Elle n'y passe pas sa vie, et y est même rarement avant sept ou huit heures de soir. Le courrier est à déposer dans la boîte aux lettres des Hopkins et l'entrée se fait également en sonnant à leur porte. Toute visite vaine sera notée par le vieux couple et signalée à Nusicaa par la suite.

_________________


Dernière édition par Nusicaa Wiltman le Dim 22 Mar - 12:58, édité 1 fois
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Nusicaa Wiltman (abs)
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MessageSujet: Re: Nusicaa Wiltman   Sam 14 Mar - 14:07

Qui a dit « Jamais deux sans trois » aurait quand même pu préciser que ça marchait aussi jamais trois sans quatre.
[David - Nusicaa]


    « There is a long, long road to reach your hou- Shit ! »

    A l’instar de la musique, Nusicaa s’arrêta brusquement à la fois de marcher et de chantonner. Bien que déjà certaine de la raison de cet arrêt inattendu, elle plongea la main dans son sac coloré, en sortant son iPod dont l’écran, bien entendu, était soudain devenu entièrement noir. Tout en râlant contre la faible batterie du petit appareil – et faisant ainsi preuve de mauvaise fois : il y avait bien deux semaines qu’elle ne l’avait pas rechargé – elle décrocha de ses oreilles les écouteurs blancs caractéristiques de la marque et rangea le tout dans la poche la plus accessible de son sac. Quand elle eut de nouveau coincé correctement celui-ci sur son épaule et chassé de ses prunelles brunes une sempiternelle mèche ondulée, elle reprit sa marche, n’ayant plus que pour fond musical le son particulièrement mélodieux et agréable de ses bottes sur le sol. Les mains dans les poches de son court manteau noir, elle leva un instant les yeux au ciel, attirée par le minuscule croissant de lune qui brillait dans la nuit. Un peu paumé d’ailleurs, au milieu de cette immensité encrée, à peine parsemée de quelques points étoilés. Et pourtant, les nuages étaient inexistants ce soir là. Il faisait même, malgré l’heure tardive, très bon pour une soirée de mars. Le printemps commençait enfin montrer le bout de son nez, après un hiver particulièrement froid. De la neige en Camargue, et en quantité, c’était loin d’être courant… Nusicaa eut un léger sourire. Il avait fait beau toute la journée, rendant encore plus belle son humeur qui était loin d’être mauvaise. Elle repassa dans sa tête le long fil de sa journée. Arrivée à huit heures et demi en voiture au Domaine, elle s’était rapidement affublée de sa tenue d’équitation puis s’était directement rendue dans le box de Flash, pour un pansage poussé et énergique. Trente minutes plus tard, une fois satisfaite, elle avait mené sa jument jusqu’à la pâture d’éthologie où elle avait retrouvé Marion. Cette fois-ci, les deux amies avaient travaillé avec Flash, ce qui avait aidé Nusicaa à puiser dans les faibles réserves de patience qu’elle possédait et qui lui étaient à chaque fois nécessaires dans cette discipline. Et encore, elle l’était bien plus avec les équidés qu’avec les êtres humains…

    Après deux grosses heures, la jeune femme avait lâché la jolie alezane au près pour la laisser se défouler et profiter du soleil qui régnait en maître dans le ciel azuré. Elle-même s’était rendue aux écuries et avait passé deux nouvelles heures à filer un coup de main aux palefreniers. Graissage des cuirs, nettoyage et paillage des boxs, le tout assortit de discussions plus ou moins sérieuses. Avec ces mêmes palefreniers – qui se trouvaient être trois anciens élèves de son âge qui, comme elle, avaient choisi de rester au Domaine – elle était retournée manger à Lunel. Quand ils l’avaient quittée, Nusicaa avait décidé de revenir à pied, histoire de profiter du soleil. Une fois arrivée, elle était allée chercher Flash pour la monter. La carrière d’obstacle vide avait fait son bonheur et celui de sa jument pendant deux bonnes heures. La belle alezane et sa cavalière eurent même droit à quelques spectateurs. Après trente nouvelles minutes de pansage intensif, la jeune femme avait laissé sa jument avec pour but de passer voir ou aider deux ou trois personnes. Seulement, ses pas la menèrent sur un cours d’élèves débutants de première année. Dans sa grande mansuétude, la belle brune était restée pour aider à desseller, donner deux ou trois conseils et discuter un peu équitation. Finalement, ce n’est qu’à dix-huit heures tapantes qu’elle avait enfin pu aller s’avachir sur un des canapés moelleux de la salle de club, une énorme tasse de café à la main. Durant vingt petites minutes, elle avait pu discuter avec deux ou trois personnes présentes et écouter un morceau de guitare joué par Marion avant de se faire de nouveau kidnapper par les palefreniers pour nourrir les chevaux et faire un tour dans l’ensemble des écuries avant la nuit. Finalement, après être passée une dernière fois voir Flash et avoir papoté quelques petites minutes, elle n’avait quitté le Domaine qu’aux alentours de vingt heures.

    Profitant du temps de marche qui lui serait nécessaire pour commencer à se détendre de cette longue et sportive journée, elle s’était appliquée à ne pas rentrer trop vite, heureuse de la douce chaleur qui s’étendait encore autour d’elle. L’endroit où elle habitait se situait dans un coin un peu reculé du village, ce qui lui promettait trente à quarante cinq minutes de marche. La maison appartenait à un couple d’anglais, la soixantaine, vivant en France depuis plus de vingt ans et qui louaient un studio refait à neuf à l’étage de leur domicile. Nusicaa était tombée sous le charme de cette vieille maison et de Mr et Mrs Hopkins dont l’originalité et la joie de vivre n’étaient en rien affecté par leur âge. Lorsqu’ils avaient appris qu’elle parlait anglais de la même façon que le français - ou l’espagnol – leurs conversations n’avaient plus eu lieu que dans leur langue maternelle, à la plus grande joie de la jeune femme qui aimait la parler, bien qu’elle ne lui vienne de son père. En échange du petit studio qui possédait tout ce dont elle avait besoin, elle payait un loyer plus que correct et aidait à la vie de la maison en papotant avec ses deux hôtes. Cette semaine, ils étaient de voyage en Angleterre pour l’anniversaire d’un de leurs petit fils... Tout en songeant, Nusicaa avait donc fini par atteindre Lunel, de sorte qu’il ne devait plus être loin de neuf heures lorsque son iPod rendit l’âme – du moins, temporairement – et qu’elle dut se résoudre à ne plus écouter que le bruit de ses propres pas. Déjà bien loin de ce petit contretemps, la jeune femme songeait à la douche brûlante soirée tranquille qui l’attendaient et au plaisir d’avoir passé une journée si complète sans aucune accroche ni autre incident de ce genre. Elle n’était que trop bien placée pour savoir que dans la vie, il faut s’attendre à tout, tout le temps. Un nouveau sourire étira donc ses lèvres tandis qu’elle reprenait sa chanson là où elle l’avait laissée.

    « And I arrived just before, just before the sunset. And you said, and you said welc- »
    Une fois de plus, Nusicaa s’interrompit, nullement par manque de batterie cette fois-ci, mais surprenant un craquement dans son dos qui, allez savoir pourquoi, la fit se retourner. Bien entendu, la ruelle derrière elle – privée du faible éclat de la lune - était vide et sombre, comme se le devait une ruelle de village à la nuit tombée. Haussant les épaules, la jeune femme se détourna en passant une main dans sa chevelure brune pour la remettre en arrière.
    « Welcome with your eyes. And we said, and we said nothing at all. Oh- »
    Cette fois, elle en était sûre. S’arrêtant brusquement, elle fit volte face et posa un regard perçant et inquisiteur sur la rue, interrogeant des yeux l’obscurité. Pourtant, rien ne bougeait. Pas même un souffle de vent pour justifier ce son, rien. Tu deviens parano ma pauvre… songea Nusicaa en reprenant sa route non sans avoir lancé un dernier regard suspicieux derrière elle. Cette fois-ci, elle ne reprit pas sa chanson, se contentant de marcher au même rythme. Cependant, elle ne pouvait s’empêcher de scruter le silence, à la recherche du moindre bruit suspect. Non, elle n’était pas paranoïaque. Elle avait juste toutes les raisons du monde de montrer un minimum de prudence dans ce genre de situation, la vie et le hasard ne le lui avaient que trop prouvé. Faire attention, ce n’était quand même pas se montrer parano ? Non ? Alors pourquoi était-elle soudain plus tendue...

    « Aspetti ! » [> « Attends ! » Je m’excuse pour cet italien de base, ça sort tout droit du traducteur. C’est sa faute si c’est pas bon. xD]
    La voix fusa, brève. Presque murmurée. Des mots proférés trop précipitamment pour que celui qui les avait prononcés n’ai le temps de réellement songer à baisser la voix. Nusicaa s’arrêta net, tournant vivement la tête juste à temps pour surprendre une ombre qui, une seconde plus tard, s’évaporait dans l’obscurité de la rue. Elle ne put réprimer un frisson lorsque les mots résonnèrent de nouveau dans sa tête, en écho. Elle resta un instant immobile de stupeur puis, brusquement, elle repartit, un peu plus rapide. Non, elle ne connaissait pas cette voix. Non, elle ne pouvait pas être animée de cette désagréable impression de déjà vu. Non, ce n’était pas ce timbre qui l’avait bien assez marquée pour qu’elle puisse le reconnaître dans n’importe quelle situation. Non… Les impossibilités se répétaient dans sa tête, au même rythme que ses pas alors qu’elle s’interdisait de penser à quoi que ce soit d’autre. Autrement dit : mission impossible. Les questions qu’elle tentait de laisser de côté se bousculaient dans un méli-mélo peut agréable, la première d’entre elle étant à qui pouvait bien s’adresser la voix – quelque soit celui à qui elle appartenait – puisque visiblement ce n’était pas à elle. Sans pouvoir s’en empêcher, elle jeta un regard inquiet derrière elle. Mauvaise idée. Encore une fois, elle eut le temps de surprendre brièvement une… non deux silhouettes qui s’empressèrent de s’évaporer dans l’ombre. Nouveau tressaillement. Reportant son attention devant elle, elle accéléra encore un peu, oubliant de tourner dans la rue qui devait la mener chez elle sans même s’en rendre compte.

    « Chut ! »
    Nusicaa eut presque un sursaut. Oui, elle connaissait cette voix. Oui, elle pouvait être animée de cette désagréable impression de déjà vu. Oui, c’était le timbre qui l’avait assez bien marquée pour qu’elle puisse le reconnaître dans n’importe quelle situation. Oui… Cette fois-ci, il n’y avait plus de doute là-dessus. Et merde ! Je savais que c’était pas net le coup de la plainte pas déposée… fulmina-t-elle en sentant la panique qui commençait à monter, insidieusement. Merde, merde, merde ! Sans y prendre garde, elle accéléra encore un peu, regardant de nouveau derrière elle sans rien voir cette fois-ci. Nullement rassurée parc cette absence, mais plutôt confortée dans on idée qu’il aurait mieux valu pour elle qu’elle ne soit pas là où elle se trouvait à ce moment précis, elle inspira un grand coup avant de se rendre compte qu’elle n’était absolument pas sur le bon chemin, sans pour autant s’arrêter de marcher. Elle connaissait plutôt bien le petit village depuis pus d’un an qu’elle était au Domaine, mais là… Un nouveau craquement attira son attention sur la rue. Encore une fois, les silhouettes lui apparurent, aussi brièvement que possible. Elle ne put s’empêcher de regarder un peu plus longuement, sans prendre garde à ce qui se passait devant elle. Soudain, deux bras se fermèrent sur ses épaules, lui arrachant un sursaut et visible et un tout petit cri de stupeur. A force de ne pas regarder devant elle, elle avait failli percuter quelqu'un. Elle se rendit à peine compte qu’on l’avait arrêtée ainsi pour éviter une collision, jetant un nouveau regard en arrière sur l’obscurité vide de la rue tout en bafouillant un :
    « Oh… Excusez-moi, je… Pardon… »
    Elle leva à peine la tête vers la personne, jusqu’à ce qu’une vois familière ne prononce son prénom [S’tu veux pas, j’édite, hein ]. Nusicaa posa les yeux sur l’homme qui la tenait toujours par les épaules. Grand, un timbre grave et surtout des prunelles émeraude reconnaissables même dans la nuit.
    « Oh, David… laissa-t-elle échapper. »
    Alors là, c’était presque risible comme situation. Mais comment était-ce possible qu’à chaque fois ils se retrouvent pas hasard quand les choses étaient sur le point de tourner très, très mal. La jeune femme resta un moment figée de stupeur, ne sachant trop comment prendre ce nouvel évènement. Elle allait finir par y croire au destin et à toutes ces conneries si ça continuait… Comme par réflexe, elle jeta un nouveau regard en arrière, s’attendant à tout, mais comme la ruelle restait vierge de preuves tangentes de son inquiétude – ce qui acheva de faire monter la panique - elle ne s’attarda pas. Deux silhouettes, elle avait vu deux silhouettes… Elle posa des prunelles troublée sur le jeune homme, sans chercher à le dissimuler.
    « On se tire, David. Tout de suite, assena-t-elle d’une voix blanche. »
    Comme pour appuyer ses paroles, un nouveau bruit se fit entendre derrière elle, lui arrachant un frisson.


    [Huhu, voilàà. Alors je précise : les deux silhouettes c’est le braconnier plus un autre frère/pote à lui qu’il a ramené… Moi, trèès méchante ? What a Face Et je poste ici parce qu’on avait dit que ça se finirais dans la maison, ok ?]

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MessageSujet: Re: Nusicaa Wiltman   Dim 29 Mar - 19:52

    Diiiing doong !
    « Meuh j’y crois pas, qui ça peut bien être… » grogna David avec agacement.
    Bien qu’habitant au dernier étage d’une maison occupée par une vieille dame de Lunel, le jeune homme pouvait être sûr à quatre-vint-dix pourcent que c’était pour lui ; les amies de sa logeuse toquaient à la porte, ou entraient directement.
    Il bondit hors de la douche, faillit se casser la figure sur le carrelage mouillé, et sauta directement le premier pantalon qui lui passait sous la main. Il terminait d’enfiler un tee-shirt froissé, récupéré par-terre, lorsqu’il ouvrit la porte de son studio et dévala les escaliers à grand fracas pour enfin atteindre la porte d’entrée qu’il ouvrit vivement, hors d’haleine.
    « Dan ! » s’exclama-t-il en reconnaissant son visiteur, avec un mélange d’étonnement, de contentement et d’agacement –quelle idée de se ramener à cette heure-ci alors qu’il savait pertinemment que David était censé travailler !
    Immédiatement, il vit que son ami allait mal.
    « Euh, entre… » suggéra-t-il en passant une main machinale dans ses cheveux trempés.

    Une demi-heure plus tard, les deux potes étaient affalés sur le petit canapé de David, une canette dans la main et trois packs de bière en réserve à proximité immédiate.
    « Bah alors, tu racontes ? lança David entre deux gorgées d’alcool.
    - Va m’falloir plus que deux canettes, crois-moi…
    - C’est quand même pas si terrible !
    - Si.
    - Hmm… Okay, je vais te chercher un truc spécial alors. »
    Il se leva et revint s’écrouler dans le salon un instant plus tard, deux bouteilles à la main.
    « T’en dis quoi, hein ? Curaçao ou vodka ? »
    Il avait piqué ça dans le buffet de la vieille. Ce n’était sûrement pas elle qui allait se souler la gueule, et puis, il ne fallait pas que de si bonnes bouteilles se perdent… Sachant d’expérience que les coups durs arrivent précisément quand on ne s’y attend pas, David s’était paré à la situation en conservant soigneusement les alcools.
    « Vodka » , grogna Dan.
    Oulàlà, il n’allait vraiment pas fort. D’habitude la vodka, il détestait. David lui versa un verre de curaçao et le lui fourra de force dans les mains, avant de s’en servir à lui-même une généreuse quantité.

    « Naaaaan, elle t’a pas plaqué ?!
    - J’savais que tu te foutrais de ma gueule.
    - Nan, je me fous pas de ta… Naaa, mais elle t’a plaqué ? »
    À la voix pâteuse de l’un et au débit ponctué de ricanements de l’autre, on sentait que Dan et David venaient de s’enfiler une respectable quantité d’alcool.
    « J’te l’avais dit vieux, les nanas c’est toutes les mêmes.
    - …
    - Franchement, c’était con de s’attacher comme ça.
    - ……
    - T’imagines que t’as failli foutre en l’air ta réputation ?! Juste pour elle…
    - ……… »
    David jeta un regard en biais à son ami qui avait déjà ingurgité la moitié de la bouteille de curaçao. Par prudence, le jeune homme avait éloigné le rhum et lui avait remis une canette de bière dans les mains, boisson plus soft. Lui-même sentait l’alcool qui commençait à faire son effet, et il se sentait bizarrement détaché du monde.
    « Toutes des pouffes » , lâcha enfin Dan, articulant avec quelques difficultés.
    David acquiesça. S’il avait lu Maupassant, il aurait pu citer cette phrase de Bel-Ami : « Il faut s’en servir et ne rien leur donner de soi ». Mais comme il ne savait même pas qui était Maupassant, il se contenta de répondre :
    « Net. Moralité…
    - … ce soir on sort ! »

    David se leva, s’étira et jeta un vague regard autour de lui. Après avoir passé une fin d’après-midi très constructive à boire et à ricaner stupidement, avachis sur le canapé au milieu d’une masse de plus en plus conséquente de cannettes vides, Dan s’était mis à ronfler, étalé sur un accoudoir, tandis que David lui commençait à se sentir en mal d’air frais.
    « Bon… Je re’ ! » lança-t-il à son ami qui ne réagit même pas.
    Titubant un peu, le jeune homme gagna la porte et descendit les escaliers un peu plus lentement que d’habitude, les marches ayant une fâcheuse tendance à bouger et à se dédoubler devant lui.
    Lorsqu’il fut enfin dehors, il inspira profondément et réalisa qu’il faisait nuit. Il se mit à marcher à tout hasard, appréciant le calme du village désert et la fraîcheur de l’air qui, peu à peu, éclaircissait ses pensées terriblement embrumées.
    Il se sentait de très bonne humeur, saisi par cette joie aveugle et absolument irraisonnée que confère l’alcool. Il se surprit donc à siffloter en passant sous les volets clos des maisons silencieuses, tout en se disant qu’il serait plutôt amusant de se mettre à beugler bien fort, histoire de réveiller en sursaut ce voisinnage de vieux qui se couchent comme les poules.
    Alors qu’il parcourait une énième rue tortueuse, il vit une silhouette pressée venir droit sur lui. Waouh, voilà qui méritait d’être vu ! Quelqu’un était encore dehors à cette heure ! L’inconnu regardait par-dessus son épaule, sans ralentir, et il tendit les mains pour le stopper avant de se faire rentrer dedans. Tsss, mais quelle idée de ne pas regarder où on va comme ça ! Bon, d’accord, on ne peut pas dire que le village était très fréquenté…
    Si la silhouette lui avait donné quelques doutes, la voix qui s’excusa dans un bafouillement les confirma.
    « Nusicaa ! s’exclama-t-il, un peu surpris, en reconnaissant son amie.
    - Oh, David… »
    Hé bien, elle n’avait pas l’air spécialement contente de le voir. En fait, toute son attention semblait concentrée sur ce qui se trouvait derrière elle. Machinalement, le jeune homme dirigea lui aussi son regard vers la rue étroite et sombre, mais il n’y avait strictement rien à y voir ; c’était juste une rue de Lunel, sans rien pour la différencier des autres, surtout avec cette obscurité nocturne.
    Il allait lui demander ce qui la préoccupait tant, quand elle lâcha d’une voix blanche :
    « On se tire, David. Tout de suite. »
    Il haussa un sourcil tout en la regardant d’un air dubitatif.
    « Pourquoi ? Y’a le grand méchant loup ? »
    Peut-être qu’en temps normal, l’inquiétude de Nusicaa l’aurait alarmé, mais là, il trouvait juste la situation assez amusante.
    « Houhouuu ! Grand méchant loup ! appela-t-il dans la rue silencieuse. Rah bah tu vois, y vient pas ton grand mécha… »
    À cet instant, un mouvement attira son regard et il distingua une silhouette qui s’approchait d’eux, d’un pas mesuré.
    « Oh… »
    Nullement impressionné, David regarda l’homme qui s’avançait sans bouger et sans tenir compte de la réaction de son amie.
    « Bonjour grand méchant loup »
    Tieeens, un loup avec un fusil. C’était nouveau, ça. D’habitude, c’étaient plutôt les chasseurs qui avaient des fusils… ou les braconniers. Ça lui rappelait quelque chose, ça. Quelqu’un, même.
    « Buona sera, ragazzi… [Bonsoir, les enfants…]
    - Ragazzi ?! Preferisco sign… » [Les enfants ?! Feuh, j’préfère m…]
    Un violent coup de coude de Nusicaa, envoyé pile dans ses côtes [ou un truc du genre à ta convenance xD], l’interrompit.
    Tsss, mais pourquoi paniquait-elle comme ça, celle-la ? Il ne voyait pas ce qu’il y avait de tellement effrayant dans ce brave monsieur italien, même si c’était la quatrième fois qu’ils se rencontraient, même s’il était armé, même s’il avait failli les tuer plusieurs fois, même s’ils avaient croupi une en prison à cause de lui…
    Oui, les effets euphoriques de l’alcool étaient bien loin de s’être estompés et altéraient copieusement son jugement…

[ Vraiment déso' pour le délai de réponse uu En échange t'as vu t'as le droit de taper un peu David ]

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MessageSujet: Re: Nusicaa Wiltman   Mar 31 Mar - 0:36

    Comme pour appuyer ses paroles, un nouveau bruit se fit entendre derrière elle, lui arrachant un frisson. Dans un mouvement automatique et précipité, elle tourna la tête, interrogeant l’obscurité de la ruelle. Obscurité impénétrable qui semblait d’ailleurs prendre un malin plaisir à laisser passer le son tout en coupant l’image, dissimulant au regard perçant de Nusicaa ce qu’elle était certaine d’avoir vu quelques instants plus tôt. Sans même songer à remettre en cause ce dernier élément – jusqu’à nouvel ordre, elle n’était pas encore victime d’hallucinations – elle se mordilla la lèvre inférieure, inquiète de ce qui les attendait. Elle détestait les surprises. Or, là, elle en craignait une, et pas des moindre. Une dans le genre de celles qui tournaient très mal, en entraînant une autre, puis une autre et encore une autre jusqu’à s’agencer en parfaite calamité dont il était impossible de ce sortir. Mais si, vous savez bien, ce genre de catastrophes qui…
    « Pourquoi ? Y’a le grand méchant loup ? »
    … qui commencent quand on s’y attend le moins et là où on ne pensait jamais les trouver. Il y eut un instant de blanc. Un très court instant de blanc pendant lequel Nusicaa espéra très vivement qu’elle ne venait pas d’entendre ce qu’elle avait entendu. Tournant la tête, elle abandonna sa ruelle déserte pour se concentrer sur David. Pardon ? Ses prunelles brunes se posèrent sur lui alors qu’elle décider de laisser un instant la panique et tout le reste de côté pour le dévisager. Résultat : des yeux émeraude légèrement hagards, une expression franchement amusée, l’air de ne pas savoir ce qu’il fichait là, ou en tout cas de s’éclater et surtout, détail qu’elle avait ignoré jusque là, une indéniable odeur d’alcool. Han nan, mais il a quand même pas…
    « Houhouuu ! Grand méchant loup ! »
    … bu. La jeune femme recula d’un pas, ses traits emplis d’un indéfinissable mélange de colère, désespoir, panique, inquiétude et d’extrême lassitude. Alors là… Ne venait-elle pas de songer qu’elle haïssait les surprises ? Parce que là, dans le genre, c’était quand même fort. Très, très fort même. Elle se trouvait dans une ruelle déserte d’un village non mois désert, probablement sur le point de se retrouver face à un – si ce n’est deux – fou-furieux épris de très explicites envies de vengeance et la seule personne qui était en mesure de comprendre l’ampleur de la situation et de l’aider à y remédier était visiblement assez ivre pour trouvée ça drôle. C’était une impression ou leurs rencontres avec les braconniers étaient de pires en pires ?

    « Rah bah tu vois, y vient pas ton grand mécha… »
    Par pitié, fermes-là ! songea Nusicaa, se rendant soudain compte que David venait de hurler – et n’avait pas franchement baissé le volume depuis – dans la ruelle. Elle ouvrit la bouche pour formuler explicitement cette pensées et faire taire son ami – qui là, tout de suite, à l’instant présent ne l’était plus du tout. Sauf que. Sauf qu’elle coupée dans son élan lorsqu’il s’interrompit brusquement. Et merde. Visiblement, l’absence du grand méchant loup restait incertaine si ce n’est totalement et définitivement démentie.
    « Oh… »
    Vivement, Nusicaa se retourna, faisant de nouveau face à la sombre ruelle. Malheureusement, cette fois-ci, au lieu du vide qui y régnait quelques instants plus tôt, une silhouette se dessina soudain, fendant d’une ombre plus noire encore l’obscurité ambiante. Un silhouette qui tenait – pourquoi changer les bonnes habitudes ? – dans ses mains une longue forme métallique sur laquelle se reflétait la lumière du seul réverbère aux alentours et qui faisait penser de près comme de loin à un fusil. Nusicaa frissonna avant de détourner les yeux. Elle avait apprit à exercer un certain contrôle sur sa saleté d’angoisse, mais là, tout de suite, maintenant… dur, dur quand même. L’homme, qui n’était bien sûr autre que ce tristement fameux braconnier italien s’avança tranquillement vers les deux jeunes gens. Là, c’était le moment de déguerpir, et vite.
    « Bonjour grand méchant loup »
    Là, c’était aussi le moment d’arrêter les conneries. Nusicaa attrapa le poignet de David et essaya de l’entraîner avec elle, mais ce dernier semblait décidé à ne pas bouger, visiblement charmé de cette nouvelle rencontre. S’arrêtant deux pas derrière lui, la belle poussa un soupir dont le sentiment qui s’échappait ne peut être défini. Ses prunelles troublées se posèrent sur le visage marquée de l’italien, pour surprendre la surprise qui traversa un instant son visage au salut du jeune homme. Surprise qui fut rapidement remplacée par un rictus d’où émanait un plaisir qui sembla plus que malsain à la belle métisse.

    « Buona sera, ragazzi… fit la voix grave du braconnier avec un ton digne d’un grand psychopathes.
    -Ragazzi ?! Preferisco sign… »
    Mais bordel de merde tu vas t’arrêter un peu ? S’étant de nouveau approchée de David, Nusicaa perdit soudain patience. Elle interrompit brusquement le jeune homme en lui plaçant judicieusement un violent coup de coude dans les côtes avec regard noir plus que significatif. D’accord, elle ne pouvait pas réellement lui en vouloir pour s’être saoulé, vu qu’il ignorait quand il l’avait fait que ce qui était entrain de se passer aller arriver mais… Il n’était pas obligé de sortir n’importe quelle connerie n’importe quand. Attrapant de nouveau le jeune homme par le poignet, elle décida une nouvelle qu’il était temps de partir, et le plus rapidement serait le mieux lorsqu’un mouvement, un peu plus loin dans la ruelle attira son attention ainsi que celle du braconnier. Une deuxième silhouette se détacha de l’ombre de la rue, se dirigeant également vers les trois acteurs de cette scène. Wah, je sais pas qui c’est qui a écrit le scénario, mais là, chapeau l’artiste ironisa la jeune femme, un instant figée là où elle se trouvait. Le nouveau venu, ou plutôt les nouveaux venus – ah oui, les fusils comptent pour une personne ! – entra à son tour dans la lumière de réverbère avant de s’arrêter auprès de son acolyte. La ressemblance était frappante, mis à part les traits marqués et le nez déformé du premier, ça ne laissait qu’une solution. Putain mais y sont combien dans la famille ? pesta Nusicaa ayant apprit quelques temps plus tôt que sa victime des plaines était également le frère de celui qui se trouvait face à elle pour la quatrième fois.
    « È chi quello ? fit le nouveau venu. [C’est qui celui-là ?]
    - È il ragazzo... ed egli è riempito répliqua l’autre, visiblement amusé par ce qu’il disait. [C’est le garçon.. et il est bourré.]
    -Si va a divertirsi ! [On va s’marrer. Encore une fois, on ne se moque pas des mes magnifiques traductions… xD]
    - Si, on va lile... [rire x)] »

    Echange très instructif que Nusicaa ne prit même pas la peine d’essayer de comprendre. La dernière phrase en disait assez long et là, pas besoin d’effort de traduction pour en saisir le sens. Enfin capable d’une réaction concrète, elle empoigna le bras de David et, ignorant une quelconque réaction, l’entraîna brusquement avec elle. Au même instant, le claquement sec d’un cran de sureté qu’on déverrouillait puis celui caractéristique d’un chargeur, le tout multiplié par deux retentirent dans son dos. Sans prendre le temps de chercher à comprendre, la jeune femme obligea son ami à tourner avec elle dans la rue la plus proche. Ils y pénétraient à peine que deux destinations perçaient le silence, dans un parfait effort de synchronisation.
    « On va rire ? Ben putain, on a pas le même sens de l’humour les mecs… marmonna-t-elle en frissonnant violement et en se crispant mais sans ralentir l’allure. »
    Bien sûr, c’était évident : la situation était tordante. On se fendait la poire là, on se tenait les côtes de rire et on en pleurait ! Telle qu’on la voyait là, à fuir dans les rues de Lunel, Nusicaa était réellement au maximum. On va s’marrer… tu parles ! Elle continua d’entraîner David, finissant même par se mettre à courir, entendant les braconniers qui les poursuivaient se rapprocher. Elle ignora totalement ce que put bien faire ou dire le jeune homme, uniquement concentrée sur les bruits de pas derrière eux, notablement masqués par le claquement de ses propres talons. Une ruelle, puis une autre, encore une autre… Les deux jeunes gens tournaient à vive allure sans se préoccuper le moins du monde du chemin qu’ils empruntaient. Nusicaa, endurante, courraient ou marchait à vitesse grand V sans vraiment y prendre garde, se fiant uniquement aux bruits de leurs poursuivants, tout en tentant de maîtriser panique et tout autre sentiment indésirable. A un moment, cependant, son inattention à la route qu’elle suivait lui joua un tour. En effet, elle ne vit pas se profiler à l’horizon un des plus dangereux obstacles au monde : une plaque d’égouts… Vous savez, ces petites plaques vicieuses et percées dans lesquelles les clés trouvent toujours le moyen de tomber où… les talons de se coincer. Sans qu’elle s’y attende le moins du monde, Nusicaa sentit soudain le sol devenir inégal sous ses pas puis se rapprocher dangereusement d’elle. A moins que ce ne soit elle qui s’en rapproche Se rattrapant au mur tout proche pour éviter de s’étaler totalement, elle jeta un regard mauvais sue sa botte, restée coincée dans la plaque, son pied en étant sortie.
    « Mais bordeeeel de meeerde lâcha-t-elle, furieuse. »
    Sans prendre le temps de réfléchir, elle retira vivement sa deuxième botte, ignorant le contact du sol rugueux avec ses pieds protégés uniquement par de fins bas. Abandonnant là ses chaussures pour éviter tout autre accident de ce genre et rejoignit David, ignorant une éventuelle remarque qui, dans d’autre situation, l’aurai certainement faite sourire. Au bout d’un temps indéterminé de course, les bruits de leurs poursuivants s’étaient estompés, soudains masqué par le mur d’une nouvelle rue ou d’une rangée de maison. La belle brune ralentit légèrement, en soufflant. Elle avait beau être sportive et habituée à courir, là, c’était plus compliqué. Finalement, les deux jeunes gens s’arrêtèrent dans une petite impasse, totalement dépourvue de lumière…

    [Bon désolée pour cette chute qui n’en est pas une, mais c’est tard là… xD Au cas où je te vois pas sur msn : si David est pas encore dégrisé (ou à peu près ^^) et sort un truc du même genre que le grand méchant loup, Nusicaa peut soit lui balancer à la tronche le contenue d’une bouteille d’eau qu’elle a dans son sac, soit lui en coller une, ou les deux si la bouteille ne suffit pas M’enfin, à toi de voir, c’est juste une idée comme ça =P J’ai beaucoup aimé ton message au passage ]


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MessageSujet: Re: Nusicaa Wiltman   Ven 3 Avr - 20:06

    Oh, un deuxième grand méchant loup ! Décidément, l’histoire subissait de sérieux remaniements. Deux loups pour le prix d’un, et munis de fusils en prime… Ça, c’était une sacrée bonne affaire ! Ouais, enfin, ils étaient quand même très moches, ces deux loups, ainsi que le laissait voir la lueur jaunâtre du réverbère sous lequel ils s’étaient arrêtés, et qui mettait en valeur le relief accidenté de leur –sale- tronche.
    Les deux compères se mirent à discuter, parlant de lui comme s’il ne pouvait pas les comprendre, ce qui l’agaça prodigieusement.
    « Riempito riempito… C’est beaucoup dire ça, riempito ! » protesta-t-il, vexé.
    C’est vrai quoi, franchement, comme s’il était bourré… Oui bon c’est vrai, il avait bu quelques bières, rien de bien méchant ! Et puis, du curaçao aussi, mais moins que Dan quand même. Et puis zut, de quoi ils se mêlaient ces deux-là ?
    « On va lile », conclut le plus moche des deux.
    Rire… Tiens, ça lui rappelait sa dernière crise de fou rire avec son pote, à peu près au moment où ils avaient cessé de compter combien de cannettes ils avaient bues. Il fit mine de s’avancer :
    « Roh, vous savez, j’en ai une bonne d’ailleurs… ‘coutez : Pourquoi une blonde… »
    Une fois encore Nusicaa l’interrompit sans douceur aucune en le tirant à sa suite. Mine de rien, elle avait de la force, celle-là, et lui-même n’avait plus toutes ses capacités d’équilibre en cet instant. Il n’eut donc d’autre choix que de tourner les talons à 180 degrés pour la suivre au pas de course. Elle le tenait fermement par le poignet et il la suivit, un peu hébété, en se demandant vaguement pourquoi il se laisser diriger comme ça par une fille. Encore un virage à 90 degrés, le sol dansa un peu sous ses pieds, quel enquiquineur celui-là, il fallait toujours qu’il face des siennes, comme si son seul but dans la vie c’était d’essayer de faire tomber les gens.
    Deux détonnations presque simultanées retentirent dans leurs dos. Tiens, les loups s’étaient mis en chasse. Hahaha, elle était bonne celle-là. Et ils chassaient quoi ? Le chasseur ?
    « On va rire ? Ben putain, on a pas le même sens de l’humour les mecs… » grommela Nusicaa.
    Cela lui rappela sa blague et il allongea un peu l’allure pour se mettre à sa hauteur.
    « Hé, tu sais, j’en ai une bonne ! »
    Il s’interrompit un instant tandis que le sol, toujours aussi sournois, faisait une embardée sous ses pieds, et la jeune femme en profita pour se mettre à courir.
    « Hé, ho ! Pas si vite ! C’est bon quoi, y’a pas le feu ! » râla-t-il en tâchant de maintenir l’allure, ce qui lui demandait plus de concentration que d’ordinaire.
    *Mais qu’est-ce que je t’ai fait, stupide sol ? Pourquoi tu m’en veux à ce point-là ? Arrête de gigoter comme ça, j’me fais bientôt battre à la course là, ça va pas du tout…*
    Il se tut, tout occupé qu’il était à déjouer les pièges sournois que lui tendait le sol toujours aussi vacillant, et suivit Nusicaa sans faire de commentaire si ce n’est quelques gromellements de temps à autres, méli-mélo incompréhensible d’insultes contre le sol, la nuit, et de protestations contre la vitesse à laquelle elle le forçait à avancer –non mais franchement, qu’y avait-il donc de si urgent ? Tss, ces nanas, toutes aussi stressées que stressantes.
    Subitement, il vit Nusicaa piquer du nez vers l’avant, et se rattraper de justesse au mur avant de s’étaler complètement, perdant une chassure dans l’histoire. Il éclata d’un rire qui résonna dans la petite rue obscure, et son hilarité redoubla quand la jeune femme se mit à pester et enleva d’un geste brusque la seule botte qui lui restait.
    Elle se remit à courir, pieds nus, et il ricana de plus belle.
    « Aah, c’est ça la nouvelle tendance en vogue ? … Original ! »
    Il se mit à marcher à grands pas derrière elle, mais comme la distance entre eux ne cessait de s’accroître il se mit lui aussi à courir, évitant avec succès les pièges que lui tendait ce satané sol.
    Et les rues sombres, toutes les mêmes, s’enchaînèrent, virages à 90 degrés, longue ruelle, virage à 45 degrés, fin de la ruelle, virage à 90 degrés, une autre ruelle… C’était obscur, monotone et surtout désespérément désert et silencieux. Franchement, quelle ambiance pourrie dans ce village ! Enfin, normal, après tout c’était un p’tit village paumé, un village de viocs.
    Après avoir franchi un nombre indéfinissable de petites rues tortueuses et toutes tristement indentiques, Nusicaa stoppa net devant un cul de sac.
    « Pas trop tôt ! » grogna David.
    Lorsqu’il s’arrêta, le sol tangua encore plus et, par mesure de prudence, il alla s’appuyer au mur le plus proche.
    Rah, ils avaient choisi le coin le plus sinistre du village le plus sinistre de France… Il faisait tout noir, pas un réverbère en vue. Ah, si, en fait, il y en avait bien un, au bout de la rue, mais sa lumière jaune n’éclairait guère qu’à un ou deux mètres à la ronde –le pauvre, il était à l’agonie. En bref, cette impasse silencieuse était l’un des coins les plus déprimants qu’il ait jamais vus, et cela cadrait tellement peu avec son humeur joyeuse qu’il ne put s’empêcher de se mettre à chanter à haute voix, histoire de briser un peu ce silence digne d’une église –ou d’un cimetière, plutôt.
    Il aurait bien fait un peu plus de bruit pour mettre plus d’ambiance, genre, jouer aux percussions sur les poubelles ou balancer des cailloux contre les volets –plus ils étaient vieux, mieux ils résonnaient-, mais il n’y avait rien à taper ou à lancer dans les parages et il se contenta de hausser la voix, chantant –et même scandant !- sur l’air bien connu de la chanson enfantine J’aime la galette :
    « J’aime la moqueetteuh, savez-vous comment ? Quand elle est bien faiiiteuh, avec du hasch dedans… Vive, vive, vive les pétards, et le, et le, et le crack… HÉÉÉ !! » rugit-il en sentant un truc froid et mouillé entrer subitement en contact avec son visage et se répandre sur sa tête.
    De l’eau. Il venait de se prendre le contenu d’une bouteille d’eau dans la tronche. De l’Evian, même. Comment le savait-il ? Non pas qu’il ait le goût et l’odorat assez développés pour sentir la différence entre les marques eaux minérales, simplement il n’était pas difficile d’identifier l’origine de ce lançage d’eau quand la seule personne présente dans les parages, à savoir Nusicaa, tenait précisément une bouteille –vide- d’Evian à la main.
    « NON MAIS OOH ! » protesta-t-il en secouant la tête comme un chien qui s’ébroue.
    Il lui lança un regard noir, ou du moins essaya mais sa vision devenait floue et soudain il se trouva face à trois Nusicaa. Ne pouvant toutes les fusiller du regard à la fois, il renonça sans toutefois cesser de la houspiller de façon inintelligible.
    Elle commençait à rétorquer [ou s’apprêtait à rétorquer, comme tu préf’ xD] lorsqu’elle s’interrompit. Il suivit son regard, et plissa les yeux pour discerner le bout de la rue.
    Grands Méchants Loups, ze retour. Ils s’avancèrent de concert, ricanant, d’un pas souple et mesuré qui évoquait les prédateurs à l’affût. En gros, ils se la jouaient tueurs en série psychopathiques assoiffés de sang, ce que David trouvait plutôt tordant. En chœur, les deux chargèrent leurs armes.
    « Ah, les mecs, cool de vous voir, j’vous ai pas raconté mon histoire ! Z’allez voir, elle est vraiment bonne. Pourquoi une blonde… »
    Tout en parlant, il s’avançait vers eux. Le moins moche épaula son fusil.
    « Hé, cool, mec ! L’prends pas comme ça, j’te jure tu vas rire…
    - Riempito, souffla celui au nez cassé à son complice qui ricana.
    - Même pas vrai ! » se rebiffa le jeune homme qui continuait d’approcher sans paraître réaliser que l’autre le tenait en joue –avec, est-il besoin de le préciser, un fusil chargé et prêt à tirer.
    Il avança d’un pas. Puis deux. Puis trois. Le coup partit. La détonnation claqua, résonna. Il y eut un temps de flottement, moins d’une fraction de seconde d’arrêt sur image, le temps que la balle sifflante atteigne son objectif à une vitesse de plusieurs centaines de kilomètres heure. Puis David s’écroula.
    « Stupido ! râla le défiguré. Volevo divertirmi un po’, non ucciderli addesso ! [Crétin, je voulais qu’on s’amuse un peu, pas le tuer de suite !]
    - Non è morto ! se défendit l’autre en s’avançant vers le corps étendu, inerte, en plein milieu de la rue. Mah… penso. » [Il est pas mort ! Euh… j’crois.]
    [Comme je n’ai pas la moindre idée de la réaction de Nusicaa, j’te laisse voir ce que fait le grand méchant loup au nez cassé avec elle pendant les lignes qui vont suivre ^^]
    L’homme s’avança prudemment vers David qui était tombé sur le côté et, dans un ultime spasme, s’était recroquevillé en position fœtale. Du bout du pied, il le retourna sur le dos et se pencha sur lui. Mais où était le trou de la balle ? Il voyait bien du sang, par-terre, mais…
    « Merda d… »
    Le coup était parti sans qu’il le voie venir et un pied entra –très- violemment en collision avec son entrejambe. Oui, c’est une mauvaise idée de se pencher juste au-dessus des jambes de quelqu’un que l’on croit inconscient. Surtout quand ce quelqu’un est capable d’envoyer des coups de pieds aussi fort que vite avant de se relever pour vous faire taire avant que vous n’alarmiez votre comparse.
    Bon, en temps normal David aurait mieux visé et se serait relevé plus promptement et plus élégamment, sans manquer se gameller en se redressant trop vite, mais comme l’Italien était à proximité immédiate il s’appuya sur lui pour ne pas tomber. L’autre étant obnubilé par la douleur, il ne résista guère et les deux hommes chutèrent ensemble, le type sous David qui, après un instant d’hébétude, eut le réflexe de lui neutraliser les bras tout en envoyant valser l’arme. Il s’était bagarré tellement de fois que ses gestes avaient la souplesse de l’habitude.
    « Rah, tu m’écoutes maintenant ?! Pourquoi une blonde porte-t-elle une ceinture Dolce & Gabbana ? »
    Baissant les yeux sur sa victime, il remarqua le sang qui dégoulinait sur le visage de ce dernier. Noon, il ne l’avait pas tapé si fort quand même ? À cet instant, David réalisa que ce n’était pas le sang de l’Italien. C’était le sien, qui gouttait avec une belle régularité sur la joue de son prisonnier depuis l’entaille qu’avait fait la balle sur sa gorge. À cet instant, la douleur de son cou se réveilla, brûlante, fulgurante, et sous l’effet de la souffrance ses muscles se crispèrent et il serra les doigts sur ce qu’il tenait, à savoir d’une main le poignet et de l’autre la gorge de sa victime, qui se cabra sous lui pour ne pas se faire étrangler.
    Réalisant qu’il était en train de tuer l’Italien, David relâcha aussitôt sa poigne mais ne put s’empêcher de s’écrouler sur son prisonnier, la respiration hachée, le sang battant aux oreilles et la douleur annihilant toute autre perception.

Desolee, je poste ca a l'arrache depuis un ordi qui n'est pas a moi xD Me suis pas relue, je vais meme pas verifier si la mise en page de mon mess est bonne alors faut pas sinquieter si jamais y a des trucs bizarres x)

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MessageSujet: Re: Nusicaa Wiltman   Lun 6 Avr - 23:20

    « Pas trop tôt ! »
    Nusicaa se retourna vivement, gratifiant David d’un regard plus qu’agacé, sans répondre, tout en s’efforçant de retrouver son souffle. Comment pouvait-on être déjà bourré alors qu’il était à peine neuf heures et demie ? Avoir bu, oui, mais au point de ne pas reconnaître l’homme qui, par trois fois, a essayé de vous tuer et ne pas réaliser qu’il compte bien rejouer une quatrième manche… La jeune femme laissa échapper un soupir en voyant son ami s’appuyer contre le mur grisâtre d’une des maisons qui bordaient la rue. Ou plutôt, l’impasse, pour être exact. Une impasse aussi sombre et peu engageante que les murs de ses habitations. Aussi sombre et peu engageante que tout le reste du village, à vrai dire, si on prenait en compte l’heure, le niveau de désertification de Lunel et surtout la situation. Il n’y avait vraiment rien à quoi se raccrocher. Malgré une belle journée, même les étoiles avaient déserté le ciel cette nuit là. La lune faisait sa timide, si bien que la seule source de lumière se trouvait être un vieux réverbère situé au bout de la rue, entouré d’un halo jaunâtre pâlissant qui semblait sur le point de s’estomper totalement. Autant dire que c’était bel et bien comme si aucune lumière ne venait éclairer ne serait-ce que légèrement les alentours. Tous les volets étaient clos et on ne devinait pas même l’éclat d’une lampe entre leurs battants. La silence qui régnait partout en était devenu pesant, à moins que ce ne soit l’embrouille dans laquelle elle se trouvait qui poussait Nusicaa à ce genre de constat.
    « J’aime la moqueetteuh… »
    La jeune femme ne put s’empêcher de sursauter en entendant la voix de David s’élever soudainement, brisant l’absence de son ambiante. Hum. Elle préférait quand même cette dernière au vacarme de son ami. Deux ou trois fois, elle tenta de l’apostropher pour qu’il s’arrête de débiter – trop fort – ses idioties, mais sans résultat. A cours de moyen, elle posa sur lui un regard furibond, quand le souvenir de ce que contenait son sac lui revint à l’esprit. Vivement, elle ouvrit la besace de toile colorée qu’elle portait à son épaule puis en ressortit rapidement une petite bouteille d’eau – de marque Evian, mais en l’occurrence, elle se fichait totalement des détails. Sans plus réfléchir et au bout de sa patience – limitée – elle en ouvrit le bouchon et, d’un geste brusque, en envoya le contenu au visage du jeune homme au moment ou celui-ci entamait joyeusement un nouveau couplet. Elle ne put d’ailleurs dissimuler un sourire en entendant son rugissement, presque choqué de ce qui venait de lui arriver. Là, au moins, elle avait son attention.
    « NON MAIS OOH ! protesta-t-il en secouant la tête sous le regard vaguement railleur de Nusicaa.
    - C’est bon maintenant, tu la… commença la jeune femme, s’interrompant brusquement au milieu de sa réplique. »

    Un mouvement, à la périphérie de son champ de vision, attira immédiatement toute son attention. Han nan, pas eux. Et si. Ignorant les grommellements incompréhensibles de David, Nusicaa recula d’un léger pas, voyant de nouveau deux silhouettes se détacher de l’obscurité de la rue. Sauf que cette fois, pas question de s’échapper en courant, impasse oblige. Soudain, l’ambiance angoissée qui s’était évaporée l’espace de quelques secondes s’abattit de nouveau sur la ruelle, pesante. Les deux braconniers, fusil à la main, s’avançaient tranquillement vers leurs proies, une expression de… de psychopathes sur leur visage déjà disgracieux par nature. Nusicaa laissa échapper un frisson, à la vue des armes aussi bien qu’à celle de leur propriétaires et à l’idée de ce qui risquait de se passer, là, maintenant.
    « Ah, les mecs, cool de vous voir, j’vous ai pas raconté mon histoire ! Z’allez voir, elle est vraiment bonne. Pourquoi une blonde… reprit soudain David, visiblement content d’avoir retrouvé de la compagnie. »
    Sans pouvoir réagir, la jeune femme le vit s’avancer vers les chasseurs dont l’un – le nouveau de la bande – épaula son fusil dans sa direction. Il échangea un mot, le même qu’un peu plus tôt, et un ricanement avec son compagnon, ce qui n’empêcha pas David de continuer d’avancer. A sa démarche, on aurait pu croire qu’il se dirigeait vers un ami pour lui donner une bourrade et lui raconter la dernière. Un pas, puis encore un autre, puis… Le coup partit, claquant et résonnant dans l’impasse, sans que rien ni personne n’ait eu l’air de bouger. Il y eut alors un instant de blanc. Quelques secondes qui s’écoulèrent dans un silence de mort total. Quelques brefs moments pendant lesquels rien ne se passa. Figée, Nusicaa ne put empêcher une série de frissons de la traverser de part en part. Et puis soudain, David s’écroula. Sous les yeux, brusquement paniqués, de son amie, il heurta le sol sans le moindre bruit. Dans un geste automatique, elle plaqua vivement une main devant sa bouche pour étouffer un cri, les prunelles rivées sur le corps du jeune homme, inerte. Elle n’entendit pas le premier braconnier râler, la gorge soudain bloquée par une angoisse qu’elle n’avait ressentit qu’une fois, mais qu’elle ne connaissait déjà que trop bien. L’image de David, allongé sur l’herbe rêche des plaines après être tombé de cheval ne correspondait que trop bien avec celle qu’elle avait sous les yeux.

    Se pouvait-il, cette fois-ci, qu’il soit… Même en pensée, elle n’osa évoquer le mot. Non… voulut-elle souffler, sans résultat. Debout, immobile au milieu de la rue, une bouteille en plastique vide à la main, les yeux rivés sur le corps du jeune homme, elle était tout simplement incapable de la moindre réaction. Même la détonation et tout ce qu’elle pourrait lui rappeler la laissa de marbre. Puis soudain, une main s’abattit sur son bras. Avec un sursaut et dans un mouvement violent, Nusicaa se dégagea, tournant des prunelles troublées vers l’italien au nez cassé qui s’était soudain approché d’elle, un sourire mauvais étirant ses lèvres. Visiblement, la situation lui provoquait plus de plaisir que jamais. Ne s’occupant absolument plus de David, il s’avança de nouveau vers la jeune femme qui reprenait peu à peu ses esprits. Plus prompte à réagir, elle recula de nouveau, jusqu’à ce que ses pas ne la fassent se heurter au mur. Les yeux rivés sur le braconnier, elle ne tarda pas à sentir un élan de rage lui monter à la gorge. Ses iris étincelèrent un instant alors qu’il s’arrêtait devant elle.
    « Tu, invece, credo che vado a divertirmi un po' prima ucciderti... [Toi, par contre, je crois que je vais m'amuser un peu avant de te tuer...] susurra-t-il d’une voix digne des plus grands tueurs en série de nos chers films d’action. »
    Sans en avoir la traduction exacte, il était loin d’être difficile de saisir le sens général de cette phrase aux allures plus que menaçante. Frémissant très légèrement, Nusicaa sentit la colère grimper d’un cran. Sûr de lui, l’italien avança légèrement la main vers elle, toujours ce sourire malsain sur les lèvres. Avant qu’il n’ait eu le temps d’aller plus loin, le poing de la belle brune fusa, entrant violement en contact avec sa pommette déjà bien marquée. Le craquement qui s’en suivit ne provenait certainement pas de ses doigts. Profitant de l’instant de surprise, et en se forçant à ne pas réfléchir, la jeune femme lui arracha le fusil des mains et, avant que l’adrénaline du moment ne soit retombée et qu’elle ne se rende vraiment compte de ce qu’elle faisait, elle lui abattit cette dernière sur l’épaule – à défaut d’avoir le temps de viser – avec toute la force dont elle était capable. Pour son plus grand plaisir, l’homme s’effondra avec une espèce de borborygme étouffé. Enjambant son corps, pour l’instant inerte, Nusicaa se dirigea vers l’endroit où s’était effondré David, sentant l’angoisse lui nouer de nouveau le ventre. Elle s’entailla violement la lèvre à la vue de la masse inerte qui gisait sur le sol. Lorsqu’elle se pencha, elle put néanmoins deviner qu’il s’agissait là… de deux personnes. Le cœur battant, elle reconnut, au dessous, la figue crispée du braconnier – couverte de sang – qui tentait de se dégager à force d’insultes et autres jurons en italien. Consciente qu’elle n’avait que peu de temps pour réagir, Nusicaa n’eut aucun scrupule à le faire taire avec un nouveau coup de poing bien sentit avant de poser une main sur l’épaule de son ami.

    « David ? souffla-t-elle, anxieuse. »
    Si elle ne reçut pas de réponse, elle crut cependant le sentir bouger. Se mordant une nouvelle fois les lèvres jusqu’à en faire jaillir un filet de sang, elle remarqua le liquide carmin qui couvrait le sol et ne semblait pas s’échapper d’une éventuelle blessure du braconnier. Merde, merde, merde ! Autour d’elle, le silence s’était de nouveau installé, plus pesant que jamais. Délicatement, mais le plus rapidement possible, elle passa un bras sous le corps du jeune homme pour le soulever. Il fallait qu’ils se tirent de là, immédiatement.
    « Allez… murmura-t-elle, entendant l’esquisse d’un mouvement derrière elle. »
    Enfin, elle réussit à lever son ami, après quelques secondes. Sans perde plus de temps, elle fit de son mieux pour le soutenir et, non sans jeter un regard angoissé dans leur dos, elle l’entraîna de nouveau avec elle. Rapidement, ils sortirent de l’impasse, rejoignant le dédale de ruelle du petit village Camarguais. La respiration haletante de David poussa la jeune femme à accélérer légèrement lorsqu’elle commença à reconnaître l’endroit où ils se trouvaient. Une rue à gauche, quelques mètres tout droits, puis de nouveau à gauche. A droite, une longue ruelle tout droit, à gauche, encore à gauche, à droite et enfin… Elle laissa échapper un soupir de soulagement en voyant se dessiner la silhouette de la grande maison de Hopkins. Attrapant les clés dans sa poche, elle s’y dirigea vivement, ouvrant la porte sans difficultés, sans chercher à savoir s’ils étaient suivis ou pas ni à interpréter les fréquents bruit nocturne et bruissements qui se faisaient entendre. Vivement, elle se dirigea vers la cuisine, toujours avec David dans laquelle elle alluma au passage une petite lampe sur le plan de travail.
    « David, ça va ? demanda-t-elle enfin, certaine qu’ils auraient au moins quelques moments de tranquillité. »
    Quelques moments, du moins…

    [Désolée pour les fautes, je me relis demain, là je peux pas x) Je savais pas si c'était très grave ou pas la blessure de David, donc bon... J'ai rejoint l'idée de mon rêve au final x)]

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MessageSujet: Re: Nusicaa Wiltman   Ven 10 Avr - 20:48

    « David ? »
    Une voix lui parvint, lointaine, au-dessus des pulsations de douleur que son cœur faisait retentir dans son crâne saturé. Il ne reconnut pas cette tessiture bizarrement altérée, déformée, qui résonna désagréablement dans ses tympans. Il ne bougea pas, ou peut-être que si en fait, difficile à déterminer, il n’avait aucune conscience de son corps et sa mémoire immédiate ne dépassait pas les trente secondes antérieures.
    Il sentit un contact contre lui, quelque chose qui le tirait vers le haut. Sans qu’il se rende compte de ce qu’il faisait, ses jambes se déplièrent machinalement, ses pieds trouvant un appui plus ou moins précaire sur le sol toujours aussi mouvant, et il s’appuya sur ce qui se trouvait sous son bras et qui s’avérait vraiment utile pour ne pas s’affaler par-terre.
    Sans réfléchir, le jeune homme se laissa guider, tâchant d’avancer un pied puis l’autre sans se casser la figure. Il finit par trouver instinctivement une certaine régularité et, pas après pas, par prendre un peu plus d’assurance, assez pour limiter un peu la charge qu’il portait sur son pauvre aide. Bizarrement et même si son sang persistait à s’écouler de la blessure brûlante, cette marche hasardeuse lui éclaircit peu à peu l’esprit. Oh, pas beaucoup, hein, déjà qu’il n’avait pas les idées très nettes lors de la rencontre, la balle n’avait pas trop arrangé les choses… Toutefois, ses idées réussirent à s’enchaîner dans un ordre suffisamment logique pour que son cerveau daigne les étudier d’un peu plus près malgré le brouillard qui les opacifiait.
    Il prit assez rapidement conscience que c’était quelqu’un qui le soutenait ainsi et l’empêchait fort utilement de tomber, aussi tâcha-t-il d’alléger le poids qu’il lui faisait porter. Après une durée indéterminable de marche, il parvint à identifier cette charitable personne comme étant Nusicaa. Raison de plus pour éviter de trop s’appuyer sur elle, même s’il avait bien de mal à rester debout tout seul…
    Il ne voyait pas où ils allaient et se laisser mener comme un aveugle ou un enfant en bas âge. La comparaison n’était pas pour lui plaire, mais elle ne lui vint même pas à l’esprit ; il avait d’autres chats à fouetter. Il faisait sombre autour d’eux et la température sembler chuter de plus en plus. À part ça, RAS, rien à signaler ou plutôt, rien de signalable.
    Et puis soudain, l’air autour d’eux changea, il ne faisait pas tellement moins froid mais le jour était revenu, ce qui permit enfin au jeune homme d’identifier les alentours. Ils se trouvaient à l’intérieur d’une maison ou d’un appartement, et il ne chercha pas à savoir chez qui ni comment ils avaient débarqué là. Il jeta un regard à la petite cuisine et, avisant une chaise près de la table, s’y laissa lourdement tomber.
    « Haan, j’ai l’impression d’avoir une massue sur la tête et un fer chauffé au rouge dans l’cou… » grogna-t-il d’une voix un peu plus altérée que d’habitude.
    Il jeta un regard neutre aux gouttes rouges qui tombaient sur le meuble et eut une moue désolée :
    « Navré pour ta table… P’tain, ça caille ici » ajouta-t-il alors que la température ambiante dépassait les vingt degrés.
    Là-dessus, il retint difficilement une grimace face au violent élancement qui transperça sa blessure alors qu’il frissonnait.
    « Bordel de merdeuh… » râla-t-il entre ses dents, tout en appliquant avec détermination sa main contre son cou pour arrêter le flot couleur rubis.
    La jugulaire était de l’autre côté, c’était rassurant, il n’allait pas mourir vidé de son sang dans quelques minutes, super nouvelle. Néanmoins ça saignait un peu trop à son goût…
    « Dis… T’aurais pas un truc… Genre, une compresse, ou n’importe quoi. Et puis, une aspirine, aussi… »
    David commençait déjà à regretter sa cuite d’un peu plus tôt.
    Nusicaa le laissa seul dans la cuisine et il appuya son front contre son poing, fermant les yeux. Les murs de la cuisine, les placards, le frigo, tout tournait furieusement autour de lui, à lui en donner envie de vomir.
    Il commençait à se dégriser, mais n’était pas encore assez en forme ni assez lucide pour réfléchir à sa situation actuelle. Et pourtant, il y en aurait eu à songer… Rencontre avec un braconnier taré, épisode 4. En prime, la relève était assurée, l’Italien ayant rameuté quelqu’un pour lui prêter main fort –comme quoi, mine de rien, il avait fini par reconnaître que les deux jeunes étaient plus coriaces qu’il n’y paraissait…
    Et puis, il y avait aussi autre chose, directement lié. Une chose à laquelle il aurait été fort avisé de penser tout de suite. Il ne savait absolument pas dans quel état étaient les deux hommes. Celui dont il s’était occupé, le « nouveau », avait été certes immobilisé, mais pas blessé ni assommé et il devait donc être encore en grande forme. Quant à l’autre, allez savoir, en tout cas il ne s’était pas opposé à la fuite de David et Nusicaa, donc il devait être occupé ailleurs ou bien neutralisé. Mais bon, quand vous marchez modérément vite dans un petit village, même si vos poursuivants sont temporairement HS, il y a quand même quelque sujet d’inquiétude à avoir. Du genre, nous a-t-on suivis, sait-on où nous habitons, toussa toussa.
    Mais David était lui-même HS et il laissa le temps s’écouler, lui glisser entre les doigts sans chercher à le retenir, figé dans le vide de son cerveau, suspendu à l’instant béni où son amie allait réapparaître avec le tant espéré petit cachet blanc qui allait, du moins l’espérait-il, le libérer partiellement de sa lancinante douleur et des coups de boutoir qui percutaient son pauvre crâne.
    Il entendit vaguement quelques bruits dans la pièce voisine, et songea fugacement qu’elle était bien bruyante. À moins que ce ne soit son début de migraine qui ne détraque ses perceptions auditives.
    Enfin, il capta un mouvement près de lui et redressa la tête, ouvrant les yeux pour saluer le retour de Nusicaa.
    Sauf que, ce n’était pas la jeune femme qui se tenait sur le seuil de la cuisine, dardant sur lui un regard carnassier. Non, ce n’était pas du tout elle.

Ce n'est pas très long mais, avoue que j'ai une jolie chute qui te laisse bien libre, là ! ^^ Libère ton sadiiiisme... 8D

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Nusicaa Wiltman (abs)
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MessageSujet: Re: Nusicaa Wiltman   Mer 22 Avr - 10:14

    Nusicaa s'assura que David s'effondrait sur une chaise plutôt que sur le sol – bof niveau confort le carrelage quand même – puis alla s'appuyer face à lui contre le plan de travail qui occupait deux des quatre murs de la cuisine. Elle poussa un long soupir qui mêlait soulagement et lassitude tout en renversant sa tête en arrière, les yeux fermés. Une fois de plus, ils l'avaient échappé belle. Pour la quatrième fois en un peu plus de trois ans, il s'en était fallu de peu pour qu’ils finissent leur vie prématurément aux pieds d'un italien psychopathe tueur en série au nez déformé et à la gâchette facile. Un italien psychopathe tueur en série qui, après avoir perdu son compère dans les immenses pleine de Camargue, avait réussi à ramener un troisième italien psychopathe – tueur en série, très certainement – pour venger la mort de sn frère. Et cette fois-ci comme les trois autres, David et Nusicaa – enfin, surtout David pour le coup – avaient bien failli y passer et s'en sortaient de justesse, sans que rien ne leur certifie que cette quatrième manche était la dernière... Mais ça, mieux valait ne pas y penser, maintenant qu'il y avait de fortes chances pour qu'ils soient en paix, au moins pour le reste de la nuit. Et dire que la plupart des gens mourraient de vieillesse à des âges plus qu'avancés sans jamais avoir eu un seul problème de ce genre… Le prochain qui m'dit que la vie est pas injuste, j'lui en colle une, songea Nusicaa en redressant la tête avec un nouveau soupir.
    « Haan, j'ai l'impression d'avoir une massue sur la tête et un fer chauffé au rouge dans le cou... râla soudain David. »
    La jeune femme posa les yeux sur lui. Tiens, il ne trouvait plus ça marrant le coup des grands méchants loups armés qui deviennent les chasseurs ? Visiblement, les fusils de ces derniers commençaient à avoir les effets que n'avaient pas eus la course poursuite dans les rues de Lunel ou la bouteille d'eau de Nusicaa. A noter : pour dégriser quelqu'un, lui tirer dessus. Simple, rapide et efficace comme méthode. La belle grimaça discrètement puis dévisagea son ami dont les traits étaient tous juste éclairés par l'unique petite lampe allumée. Il avait mauvaise mine. Le teint blafard, les traits tirés et surtout, une méchante plaie dans le cou. Mais, quand même, il était en vie. Enfin, plus en vie que la dernière fois qu'elle l'avait vu blessé par balle ce qui, franchement, n'était déjà pas mal. Nusicaa suivit des yeux le filet de sang qui coulait entre ses doigts, qu'il avait placés contre la blessure, pour aller former une flaque sur la table. Flaque pour laquelle le jeune homme trouva le moyen d'être navré. La métisse balaya l'excuse d'un geste de la main. Si un peu plus tôt, quand ils étaient coincés dans l'impasse, on lui avait dit que la soirée se terminerait avec pour pire dégât à déplorer une tâche de sang sur la table de la cuisine des Hopkins, elle aurait sûrement répondu que le moment était très, très mal choisi pour faire de l'humour noir. Alors franchement, il n'avait aucune, mais vraiment aucun raison d'être navré. En revanche, ce qui était déjà bien plus inquiétant, c'était le fait que David trouve la température de la pièce froide. Se décollant du plan de travail, Nusicaa alla regarder ce qu'indiquait le thermostat. Vingt quatre degrés. Quand même. Elle posa des prunelles, inquiètes sur son ami qui continuait à râler, une main appuyée sur sa blessure.
    « Bordel de merdeuuuh... »

    Nusicaa ouvrait la bouche pour lui proposer de quoi le soigner, du moins sommairement, quand un mouvement à la fenêtre attira son attention. Ce fut cependant si bref, si furtif, qu'elle n'était même pas sûre de ce qu'elle venait de voir. Incertitude qui fut renforcée quand elle posa les yeux sur la vitre suspecte et qu'elle n'y vit rien d'autre que l'obscurité totalement impénétrable de la nuit. J'te l'avais dit, tu deviens parano ma pauvre... se réprimanda-t-elle pour la seconde fois, bien que la première ait été bien plus que justifiée. Que voulez-vous, on ne se refait pas...
    « Dis... T'aurais pas un truc... Genre, une compresse, ou n'importe quoi. Et puis une aspirine aussi... »
    Nusicaa, non sans jeter un dernier regard suspicieux à l'extérieur, reporta son attention pleine et entière sur David.
    « Euh, si... Attends, j'reviens, répondit-elle en hochant la tête. »
    S'il y avait une chose que l’on pouvait toujours trouver chez elle, c'était bien ces fichus petits cachets blancs. Paradoxal, non ? Quand on pense que, quand elle sortait, elle passait sa vie à courir désespérément après... Enfin, encore une fois, on ne se refait pas. Nusicaa, après avoir adressé un léger sourire au jeune homme, alla ouvrir la porte et sortit de la cuisine. Le reste de la maison était plongé dans l'obscurité, bien que les volets soient ouverts. L'absence de réverbère ou de toute autre source de lumière à plus de quelques centaines de mètres à la ronde et la nuit, particulièrement sombre ce soir-là rendaient les autres pièces totalement noires. Cependant, par habitude et peut-être aussi retenue par un reste de cette fameuse paranoïa – ne surtout pas attirer l'attention sur la maison en en faisant la seule éclairée – Nusicaa n'alluma aucune lampe. Elle connaissait de toute façon assez bien la maison – et surtout le chemin vers l'aspirine, vous vous en doutez – pour pouvoir s'en passer. C'est donc à tâtons et sans aucune difficulté qu'elle parvint à la porte de la salle de bain. En entrant, elle pressa l'interrupteur, sans que rien ne se passe. Le deuxième essai fut tout aussi infructueux et au troisième, elle put enfin se rendre compte, au léger bruit que produisit l'ampoule, que cette dernière était grillée. Avec un soupir, la jeune femme alla directement au placard dans lequel était entassée toute l'infirmerie de la maison. Il y avait toujours tout ici, Mrs Hopkins y veillait. Ses yeux, habitués à l'obscurité, repérèrent sans mal une boîte de compresses ainsi que de quoi fait un pansement. Elle sortit le tout puis chercha parmi les nombreux emballages, l'aspirine tant désiré. En essayant de le décoincer d'entre trois flacons d'arnica, un tube de crème pour les entorses et cinq boîtes de doliprane – quelle idée, aussi, d'aller se coincer là-dedans – elle donna un coup dans une bouteille d'alcool à 70° qui alla s'écraser sur le carrelage.

    « Et merde, putain ! »
    Ayant enfin réussi à extirper les cachets qu'elle désirait, elle se baissa et ramassa la bouteille qui, mal rebouchée, commençait à se vider de son contenu. Elle tendit la main vers une serviette mais, soudain, un craquement étrange – qui s’apparentait un peu trop à celui d’un porte que l’on a pas ouverte depuis longtemps – interrompit net ses gestes. Levant vivement la tête, tendue, elle posa un regard intense sur l'obscurité qui se trouvait derrière la porte de la salle de bain, aussi attentive que possible au moindre petit bruit et mouvement. Mais rien. Juste le silence total, presque étouffant même, des ces grandes maisons vides de vie. Nusicaa se releva doucement, récupérant tout ce qu'elle avait prit du placard. Sans trop qu'elle ne sache pourquoi, un frisson la parcourut de part en part rien qu'à envisager l'idée de sortir de la pièce. Bizarrement, elle eut une pensée pour ces héroïnes de film d'angoisse qui se souviennent soudain, quand elle sont enfin en sécurité, que la porte n'était pas fermée à clef. Ce qui était le cas dans la situation présente. Haha. D'ailleurs, aucune des portes de la maison n'était fermée à clef. Pas plus celle de l'entrée que les baies vitrées du salon. Erreur. Un nouveau craquement, plus discret cette fois, imposa un geste de recul à la jeune femme et la dissuada presque de toute sortie, mais une pensée pour David, seul dans sa cuisine avec sa flaque sanguinolente, l’aida presque à se convaincre que sa réaction était totalement stupide. Des craquements dans une vieille maison, c’était d’un banal. D'un pas plus ou moins assuré, elle sortit donc, tous les sens aux aguets – eh oui, ça avait beau être banal, il faut bien avouer que la situation portait à la méfiance. Quand elle pénétra dans le salon, surprise par un léger courant d'air, ses yeux firent machinalement le tour de la pièce pour s'arrêter sur une des portes-fenêtres. Ouverte. Elle loupa une respiration. Les prunelles fixées sur l'ouverture qui jamais n'aurait dû l'être, elle se mordit violement la lèvre avant de faire quelques pas dans le salon, réprimant une envie folle de courir se barricader dans la cuisine. Mauvaise idée. Elle n’aurait pas du se retenir. Courir aurait été la meilleure initiative à prendre. Car soudain, une main se plaqua vivement contre sa bouche et un bras entoura sa taille. Le cri que la jeune femme ne put réprimer s’étouffa dans la paume de l’agresseur. Dans un mouvement brusque pour se libérer, elle lâcha tout ce qu’elle avait en main, mais celui qui la maintenait le faisait avec assez de force pour rendre toute tentative inutile. Elle n’en baissa néanmoins pas les bras et commença à se débattre violement, entraînant même à un moment donné un bibelot quelconque qui alla se fracasser sur le sol. Rapidement, un juron en italien et un ordre bref levèrent le mystère – qui n’en était absolument pas un – sur l’identité des assaillants. Il ne fallu que quelques secondes ensuite à celui qui tenait Nusicaa pour parvenir à l’immobiliser en lui tordant un bras dans le dos, à la manière des flics. La jeune femme se mordit la lèvre sous la douleur mais passa vite à autre chose, sentant soudain la froide empreinte d’un objet métallique sur sa tempe. Elle s’arrêta net, les yeux fouillant l’obscurité complète de la pièce – malgré l’ouverture – et le dos cambré par la position tout sauf naturelle de son bras et son épaule qui, malgré tout, n’avait pas encore produit le craquement qu’elle s’était attendue à entendre. Haha, qui avait parlé de passer le reste de la soirée en paix… ?

    « Va' a cercarmi il ragazzo ! [Va me chercher le garçon !] ordonna la même voix que plus tôt, dans le dos de la jeune femme. »
    Cette dernière, qui ne connaissait que trop bien ce timbre à son goût, put en déduire que le fou au nez cassé était celui qui risquait de lui déboiter l’épaule s’il s’entêtait à la retenir comme il le faisait. Le nouveau, à l’arme duquel elle faisait tout son possible pour ne pas penser malgré l’angoisse qui était sur le point de la saisir et le sang qui lui battait aux tempes, s’éloigna docilement, sans dire un seul mot, emportant d’ailleurs le fusil avec lui. Nusicaa devina sa silhouette qui se dessina soudain dans le pâle trait de lumière qui passait en dessous de la porte de la cuisine. Elle eut un mouvement, mais l’italien raffermit sa prise autour d’elle, permettant ainsi à son collègue de pénétrer dans l’autre pièce. Sans chercher à réfléchir, la belle brune entrouvrit les lèvres puis, le plus violement possible, planta ses dents dans la main plaquée contre sa bouche. Elle le fit avec tant de force que cette dernière s’imprégna rapidement du goût rouillé du sang. Le braconnier jura puis eut un mouvement de recul qui le conduisit à lâcher sa prisonnière qui en profita pour s’éloigner brusquement. Elle voulut prévenir de David de ce qui se passait, mais la porte de la cuisine était déjà ouverte et l’homme déjà entré. Nusicaa s’apprêtait à l’y suivre lorsqu’une main aux tâches vermillon se referma soudainement sur son poignet. Vivement, elle se retourna. Deuxième mauvaise idée. Décidément. Sans qu’elle ne la voie venir, l’homme claqua sur sa joue une gifle si violente que la jeune femme en chancela, sonnée. Elle n’eut d’autre choix que de se laisser brusquement entraîner par l’italien, heurtant au passage une petite table basse sur laquelle était posé un vase qui alla à son tour s’écraser par terre. Toujours avec la même brusquerie – quel manque criant de délicatesse… – la belle métisse se retrouva plaquée contre un des murs du salon, le braconnier au nez déformé face à elle et surtout… l’embout en ferraille d’un fusil appuyé sur la gorge.
    « C’est bon, t’es calmée là ? fit la voix accentuée agressive de l’homme qui tenait son arme d’une main et l’épaule de sa prisonnière de l’autre. »
    Cette dernière, la respiration difficile à la fois à cause du révolver qui appuyait sur sa gorge et de la panique qu’elle sentait monter, insidieusement, encore et encore malgré ses efforts pour la contrôler, n’en jeta pas moins un regard le plus noir possible devant elle. Celui à qui il était adressé l’interpréta visiblement assez bien puisqu’un sourire mauvais passa sur ses lèvres alors qu’il resserrait un peu la pression sur le cou de la jeune femme. Elle réprima une grimace, lançant un bras pour tenter quoi que ce soit qui puisse la sortir de ce – très – mauvais pas, mais fut aussitôt interrompue par ce fameux et si particulier bruit d’un cran de sûreté retiré. Là, elle était mal.
    « Qu’est-ce que tu en penses ? Je te tue maintenant ou on s’amuse un peu d’abole [d’abords] ? siffla l’homme, arborant encore et toujours ce regard et se sourire tout à fait malsain. »
    La jeune femme réprima avec difficulté un frisson : il n’était pas très difficile de deviner le sens que prenait le terme « s’amuser » dans la situation présente et la bouche de l’italien. Définitivement sous l’emprise de l’angoisse, elle jeta un regard par-dessus l’épaule de celui-ci. Elle n’était plus mal, elle était superbement foutue maintenant.

    [J’ai adoré ta chute ! Et là, j’ai bieeeen libéré mon sadiiisme, qu’est-ce que t’en penses ? ]

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