AccueilAccueil  FAQFAQ  RechercherRechercher  MembresMembres  GroupesGroupes  S'enregistrerS'enregistrer  ConnexionConnexion  

Partagez | 
 

 » Matin clair -- Eva

Aller en bas 
AuteurMessage
Raphaël Mancini Risso
Nouveau
avatar

Masculin Nombre de messages : 27
Age : 26
Galops :
2 / 72 / 7

Date d'inscription : 20/07/2008

Feuille de personnage
Âge / Année: 16 ans / 2e année
Cheval: Soft Drizzle
Connaissances:

MessageSujet: » Matin clair -- Eva   Mar 2 Déc - 21:38

      | » Matin clair
        Eva Mirabelles

      _____________________

    Dimanche.
    Une matinée d’hiver, froide et sèche, claire et dégagée, un soleil tout juste levé dans le ciel pâle et immaculé.
    La surface du lac était totalement plane, pas le moindre clapotis de vaguelettes, pas le moindre remou. D’un bleu gris qui gardait encore le léger violacé rosé dont l’avait teintée le lever du soleil, l’eau s’étendait, paisible. Une silhouette, à la lisière des arbres, observait la tranquillité infinie de ce paysage. Une silhouette mince d’adolescent, un étui à guitare dans le dos.
    Raphaël laissait courir ses yeux aux alentours, tâchant d’harmoniser ses propres sentiments avec la paix de ce lieu. Il avait beau être plus de huit heures, le lever tardif du soleil donnait des airs de petit matin à ce début de journée. Ce n’était pas une heure pour sortir, il faisait froid, à ce moment il faisait bon être dans son lit ou devant sa tasse de chocolat. Du moins, pour le commun des mortels. Raphaël, lui, savourait cette solitude, cette impression d’être loin de tout et de tout le monde qu’on ne ressent qu’à cette période de la journée, quand nul n’est encore debout.
    Avec un soupir qui exhala un léger nuage de buée dans l’air pur et frais, l’adolescent s’arracha à sa contemplation et s’approcha du bord de l’eau. Il marcha sur la berge, lentement, sans but précis, laissant vagabonder librement son regard et ses pensées. Le contact léger mais nettement perceptible de la guitare dans son dos, son poids sur ses épaules, était comme une présence à ses côtés, une présence rassurante et bienveillante, plus agréable encore que celle d’un ami proche.
    Le garçon se surprit à fredonner entre ses dents, une vieille chanson dont la mélancolie cadrait à merveille avec l’atmosphère du lac.
    Ses pas le menèrent jusqu’à un ponton de bois qui surplombait les eaux du lac sur plusieurs mètres. L’ouvrage avait l’air raisonnablement solide bien que pas vraiment récent, aussi Raphaël s’y engagea-t-il sans prêter attention aux grincements des planches sous ses pieds. Parvenu au bout de la digue, il fixa l’autre rive, devant lui. Tout autour de lui n’était qu’eau bleutée, il avait l’impression de se tenir au milieu du lac, en appesanteur au-dessus des flots, rompant peu à peu tout contact avec la terre ferme et le monde réel. Une bourrasque de vent le prit de face, et il inspira à pleins poumons l’air si froid qu’il sentait sa gorge piquer. Aujourd’hui serait un jour venteux, et au bord de mer les rafales souffleraient sûrement très fort. Mais ici, dans les terres et qui plus est à l’abri de l’écrin de la forêt, le violent mistral se résumait à une brise intermittente, agréable même.
    Il s’assit et fit venir son étui sur ses genoux. Lentement, avec une infinie révérence, il fit coulisser la fermeture éclair, puis avec une douceur infinie fit lentement émerger sa guitare, sa précieuse guitare, de la housse. Il la tint face à lui, comme pour saluer la chaude couleur de son bois, le brillant de son vernis, la rondeur de ses formes, puis il la nicha sur ses genoux.
    Il resta un moment immobile, les yeux au loin, ses doigts caressant les cordes sans les jouer. Puis, il esquissa quelques notes, timidement. Ses mains jouaient seules, il les laissait vagabonder, l’une sur le manche l’autre sur les cordes, appréciant le son léger de la guitare.
    Puis, sans y faire attention, il commença à jouer, très bas, les accords d’une chanson connue. En sourdine, il chantait la mélodie, cherchant à faire remonter le titre à sa mémoire. Ça y est, il y était ! Foule sentimentale. Dépassé, diraient certains. Magnifique, diraient d’autres. Lui, il aimait bien ce morceau. Peut-être qu’il y entendait une nostalgie que les autres n’y voyaient pas. D’une voix presque inaudible, il se mit à chanter les paroles :
    « ... Il se dégage
    De ces cartons d'emballage
    Des gens lavés, hors d'usage
    Et tristes et sans aucun avantage
    On nous inflige
    Des désirs qui nous affligent
    On nous prend faut pas déconner dès qu'on est né
    Pour des cons alors qu'on est
    Des
    Foules sentimentales
    Avec soif d'idéal
    Attirées par les étoiles, les voiles
    Que des choses pas commerciales
    Foule sentimentale
    Il faut voir comme on nous parle
    Comme on nous parle..... »

    Il ne se souvenait plus du reste. Il acheva doucement sa chanson, puis en commença une autre, une mélodie qu’il avait largement recomposée. C’était une chanson un peu triste mais pas sombre, qui cadrait à merveille avec la mélancolie de l’adolescent et de ce paysage automnal. Il accompagnait sa guitare de la voix, mais il ne chantait pas, se contentait de fredonner l’air. Certes, il y avait bien des paroles avec cette musique. C’était l’histoire d’une jeunesse perdue bien que pas si lointaine, d’une époque déjà révolue, de regrets tus. Mais Raphaël ne les connaissait qu’à moitié, et à ses yeux c’était la mélodie et non les paroles qui donnaient tout son charme, son émotion à ce morceau.
    Totalement déconnecté de la réalité, l’esprit entièrement occupé par sa guitare, il jouait un peu plus fort maintenant, assez pour que la brise transporte par intermittence des bribes de notes jusqu’à la berge. Transporté par sa musique, l’adolescent oubliait tout. Ses doigts rodés exécutaient parfaitement leur souple chorégraphie, dansant sur les cordes qui vibraient merveilleusement.
    Harmonie. Voilà le mot qui qualifiait le mieux cet instant. Il se sentait parfaitement en harmonie, avec son instrument, avec la nature environnante, avec le monde entier presque.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Hugo V. Moriel
Jeune Intégré
avatar

Masculin Nombre de messages : 30
Age : 29
Cheval Attribué : Oural
Métier : Palefrenier
Galops :
4 / 74 / 7

Date d'inscription : 02/05/2009

MessageSujet: Re: » Matin clair -- Eva   Dim 3 Mai - 18:56

[Je peux prendre le relai?]
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Eva Mirabelles
Habitué
avatar

Féminin Nombre de messages : 134
Age : 24
Cheval Attribué : Étincelle
Métier : Élève
Animal de compagnie : Wika
Galops :
3 / 73 / 7

Date d'inscription : 16/06/2008

Feuille de personnage
Âge / Année: 16 ans
Cheval: Étincelle
Connaissances:

MessageSujet: Re: » Matin clair -- Eva   Dim 17 Mai - 23:00

Une ombre ouvrit soudainement les yeux dans l’obscurité d’une des chambres de l’internat.
Comme à son habitude, elle se redressa immédiatement puis dégagea un de ses bras de sous la couverture et saisit son portable : il était sept heures et demi. Un soupir se fit entendre. Elle aurait pu dormir encore un peu, on était dimanche. Mais apparemment, son cerveau en avait décidé autrement. Eva s’étira en baillant puis sortit de son lit tout doucement. Sa colocataire était visiblement encore en compagnie de Morphée, la jeune fille choisit donc ses habits le plus silencieusement possible juste avant de filer à la salle de bain. Après une douche qui acheva de la réveiller, elle s’habilla, se coiffa et se maquilla avec soin. Ce matin, elle n’avait pas prévu de monter sa jument, elle se vêtu donc en conséquence : un baggy noir orné de chaînes et un tee shirt de la même couleur dont les motifs étaient turquoises. Vu la chaleur dehors que la buée sur la vitre de la salle de bain laissait entrevoir, elle passa également une veste de cette couleur sombre qu’elle aimait tant. En dernier lieu, elle mit son attelle au poignet, prit de l’autre main sa paire de Dr Martens, s’engagea le plus discrètement possible dans les escaliers et se dirigea consciencieusement vers la cafétéria.

Depuis l’incident d’il y a quelque semaines, où elle était tombée dans les pommes alors qu’elle était en train de monter, elle faisait très attention à ne manquer aucun repas. Elle arriva donc au rez de chaussé et s’engagea dans le self. L’adolescente cocha son nom sous la surveillance d’un cuisinier au regard vif, ensuite, elle prit un plateau et s'approcha de l'endroit où était entreposé différents plats. La nourriture la rebutait toujours autant, mais elle prenait sur elle et choisit pour aujourd’hui un bol de céréales accompagné d’un jus de fruits multivitaminé. Eva mangea lentement, petite bouchée par petite bouchée, pensive comme souvent. Il n’y avait pas grand monde à cette heure où le ciel était encore teinté de rose. Quand elle eut finit son petit déjeuner, elle prit la direction des écuries. Le froid mordait ses joues qui prirent une teinte rosée. La jeune fille entra dans le box d’Etincelle, un licol à la main. Après quelques caresses, elles sortirent toutes les deux. Les sabots de la jument claquaient sur le ciment formant une sorte de musique rythmée. En définitive, la cavalière l’amena dans les prés où quelques chevaux broutaient paisiblement et la libéra de son emprise. L’équidé partit au galop en direction de ses congénères.

Eva suivit du regard "l’envol" de sa jument. Il valait mieux que cette dernière se défoule vu l’énergie qu’elle avait à revendre. Elle retourna ensuite calmement vers le bâtiment principal. Une envie la prit sans raison. L’adolescente monta les escaliers et entra dans la chambre 6 où Ôno Kimiko semblait encore endormie. En essayant de faire le moins de bruit possible, elle prit sa sacoche et y mit quelques objets : un livre, son ipod, son portable et un châle car il faisait vraiment froid à l’extérieur. Elle se décida ensuite à aller au lac, où le paysage devait être vraiment magnifique à cette heure ci. Tout le long de la marche, la jeune fille était perdue dans ses pensés, elle ne pouvait s’empêcher d’être préoccupée par son secret. Peur qu’on la découvre, peur d’être déjà découverte, peur de ne jamais vraiment s’en sortir. Mais aspirée par la beauté des lieux, elle oublia peu à peu ses soucis, pour finir par s’oublier elle même. Le chemin était encore humide de la rosée du matin, quelques brins d’herbes étaient même encore recouverts de petites perles de glace, les oiseaux sortaient doucement de leur torpeur et poussaient les premiers chants de la journée, au dessus d’elle, les arbres dont les feuilles étaient tombés laissaient apercevoir un coin de ciel. Tout ceci était propre à une certaine quiétude reposante.

Au bout de quelques dizaines de minutes, sans s’en rendre compte, elle arriva au lac. Une harmonieuse mélodie lui arriva aux oreilles. Des notes de guitare. L’adolescente quitta des yeux le sol pour observer le spectacle qui se tenait devant elle. L’étendue d’eau était du même bleu pâle que le ciel. On apercevait encore la trace de la lune argentée et de quelques étoiles qui ne semblaient pas vouloir partir malgré l’heure déjà avancée. Autour du lac, l’herbe était rase, d’une couleur entre le jaune et le vert. Et au milieu de ce magnifique paysage, sur le ponton, une silhouette. Eva ne put s’empêcher d’éprouver une note de déception de n’être pas la seule à avoir éprouver le désir de venir ici. Mais l’harmonie qui se dégageait de l’instrument lui fit vite oublier ce sentiment, laissant place à un rictus de bonheur sur son visage. Elle s’approcha tout doucement de l’individu, qu’elle pouvait maintenant identifier comme étant un jeune homme. Quand il s’arrêta de jouer, elle était juste derrière lui. C’est alors qu’elle le reconnut. C’était lui qui l’avait aidé quand elle était tombée sur la piste. Comment s’appelait il déjà ? Si ça lui revenait… Raphaël. Il était trop tard pour essayer de l’éviter. Elle se décida donc à prendre la parole et dit très sincèrement en parlant de la musique, brisant le silence :


« C’était magnifique cette mélodie. »


[Je m'excuse pour le temps de réponse, mais comme je te l'ai déjà dis, j'avais abandonné les jdr puis là j'ai envie de revenir ! =D]
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Raphaël Mancini Risso
Nouveau
avatar

Masculin Nombre de messages : 27
Age : 26
Galops :
2 / 72 / 7

Date d'inscription : 20/07/2008

Feuille de personnage
Âge / Année: 16 ans / 2e année
Cheval: Soft Drizzle
Connaissances:

MessageSujet: Re: » Matin clair -- Eva   Mer 27 Mai - 18:19

    Les cordes vibrantes égrenaient des notes pures, qui s’élevaient vers le ciel pâle dans une mélodie teintée de mélancolie, comme un hymne à la nature et à ce petit matin d’hiver. Raphaël aurait pu fermer les yeux, pour se laisser envahir davantage encore par les sons de sa guitare, mais au lieu de ça il les gardait fixés devant lui, dévorant du regard la berge opposée du lac, savourant le contraste entre la teinte pâle et bleutée de l’eau lisse et la berge plus sombre, où une rangée d’arbres vert foncé pointaient leurs cîmes vers un ciel délavé, qui rechignait à perdre déjà les ultimes traces de la nuit écoulée, un croissant de lune blanc et quelques étoiles à peine visibles sur ce dais digne d’une aquarelle de maître.
    Ses doigts dansaient sur les cordes, dans un bonheur qui semblait ne jamais devoir prendre fin, mais la chanson tirait à sa fin, le rythme se ralentit, puis se fut l’ultime arpège, que Raphaël laissa longuement sonner jusqu’à ce que la note s’éteigne doucement tandis que la corde de métal vibrait encore.
    « C’était magnifique cette mélodie. »
    Le garçon, qui jusqu’alors se croyait seul, aurait sursauté si ces mots avaient été proférés par n’importe quelle autre voix. Mais celle-ci était douce, tranquille, et finalement ne dénotait pas avec l’harmonie qui régnait en ces lieux si paisibles. Aussi, malgré sa stupéfaction de se découvrir une spectatrice, Raphaël ne laissa rien paraître et se tourna vers elle. Il ne dit rien, car sa voix à lui aurait brisé la quiétude de cet instant, mais il hocha la tête et un sourire vint jouer sur ses lèvres tandis qu’il croisait le regard de la jeune fille.
    Presqu’aussitôt, il reconnut ce visage, pâle et bien dessiné. Aujourd’hui, ces traits avaient tout de même repris quelques couleurs et perdu leur air hagard de la dernière fois… Son sourire s’agrandit, creusant une fossette dans sa joue mince, et son regard pétilla un instant tandis qu’il faisait un signe de la tête pour saluer Eva et lui montrer qu’il l’avait reconnue.
    Il se retourna vers le lac, se décalant légèrement vers la gauche, invitation silencieuse à s’asseoir pour la jeune fille.
    Machinalement, les doigts de sa main droite vinrent titiller les cordes qu’il étouffait de la main gauche, d’un simple contact contre le manche.
    « Comment vas-tu ? » demanda-t-il, parlant pour la première fois d’une voix qui n’était presque qu’un murmure.
    Sa question était fruit d’un intérêt sincère pour la jeune fille, même s’il ne la connaissait pas –encore- très bien. Il se garda de toute référence à leur première rencontre, se disant que ce ne devait pas être un souvenir très agréable pour Eva. Tomber de cheval, s’évanouir, rentrer au pas au domaine pour atterrir à l’infirmerie… Voilà qui ne figure pas tout-à-fait dans le hit des meilleurs souvenirs à ressasser. D’ailleurs, Raphaël ne savait pas comment tout ça s’était terminé. Entre sa claustrophobie maladive et sa crainte du personnel médical en général, le garçon n’avait pas jugé nécessaire de s’attarder à l’infirmerie… Il avait même eu tôt fait d’en fuir !
    Toutefois, il ne chercha pas à savoir la suite de l’histoire d’Eva qui, peut-être, estimerait d’ailleurs que ça ne le regardait pas –après tout, sur ce point-là elle était seule juge…
    Sa main droite s’agita un peu plus fort, et il écouta d’une oreille distraite le son sans attrait des cordes à vide.
    « Qu’aurais-tu envie d’entendre ? » demanda-t-il sans hausser la voix davantage que la première fois.
    À tout hasard, il enchaîna tout bas quelques notes cristallines puis un accord qu’il joua corde par corde, comme sur une harpe.
    « Ou plutôt, quelle est ton humeur, si tu voudrais quelque chose qui y soit assorti… Ou qui te donne la pêche ! »
    Pour appuyer ce dernier mot, il joua, très bas une fois de plus, trois petits accords qui s’enchaînèrent sur un rythme effréné avant de s’achever sur un slide, qu’il coupa brutalement en étouffant les cordes.

Sorryyy, c'est franchement pas fameux. J'ai du mal avec les RPs en ce moment >< 'pis ce perso ça fait un bail xD Maiiis, j'me rattraperai ^^
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Eva Mirabelles
Habitué
avatar

Féminin Nombre de messages : 134
Age : 24
Cheval Attribué : Étincelle
Métier : Élève
Animal de compagnie : Wika
Galops :
3 / 73 / 7

Date d'inscription : 16/06/2008

Feuille de personnage
Âge / Année: 16 ans
Cheval: Étincelle
Connaissances:

MessageSujet: Re: » Matin clair -- Eva   Sam 30 Mai - 15:42

Un sourire, un regard. Et tout était dit. Etrangement, Raphaël n’avait pas l’air surpris de se découvrir un public. Alors qu’elle lui rendait un peu de sa joie par un écartement léger du coin de ses lèvres, il sembla la reconnaître. Le temps d’un instant, ses yeux se mirent à briller, à être parcourus de petites étincelles, comme s’ils étaient une réplique à taille réduite du lac. Il lui adressa un signe de la tête, puis se désintéressa d’elle en se tournant vers le Lac, finalement il se décala vers la gauche, offrant une place à côté de lui à la jeune fille. Cette dernier s’assit donc elle aussi sur le ponton. C’était un sentiment étrange d’être ainsi au dessus d’autant d’eau, une sorte de vertige atteignait votre corps, l’eau vous attirant inexorablement. Tout ceci était époustouflant, enivrant. Le silence régnait de nouveau, tous les deux semblaient avoir peur de gâcher ce moment si magique. Soudain, le garçon prit la parole :


« Comment vas tu ? »


Eva fit la moue. Parlait il de leur dernière rencontre ? Etait ce juste une façon d’engager la discussion ? Ou était il juste poli ? Elle réfléchit très rapidement afin de ne pas dévoiler une note d’hésitation qui pourrait la trahir, comme à son habitude, elle jouait sur les apparences avec une facilité innée. Si il avait voulu savoir ce qu’elle était devenue après sa chute, premièrement il lui aurait suffit de regarder son poignet pour avoir au moins une partie de sa réponse et deuxièmement il aurait certainement tourné sa question d’une autre manière, de façon à la rendre plus explicite et à ne pas laisser planer le doute. L’adolescente choisit donc de prendre l'interrogation telle qu’elle était et elle répondit du même murmure qui avait animé la voix de son interlocuteur.


« Je vais bien. Et toi ? »


A vrai dire, elle ne le connaissait guère. Ils étaient dans la même année, mais ils ne s’étaient jamais croisés, avant l’épisode sur la piste. Épisode où il l’avait vraiment aidé. Eva se sentait d’ailleurs redevable envers lui, après tout, c’était grâce à lui qu’elle avait pu éviter un tas d’ennui. Et maintenant, elle le remerciait intérieurement de ne pas avoir parler de ce sujet. Peu de monde possédait cette délicatesse de réprimer leur curiosité quand il savait que cela pouvait blesser autrui. Sans vraiment savoir pourquoi, elle appréciait ce jeune homme qui semblait particulièrement sensible aux autres, ce qui était selon elle une des meilleures qualités que l’homme pouvait oser posséder. Il exposa encore sa gentillesse en lui demandant ce qu’elle elle voulait entendre juste avant d’ajouter :


« Ou plutôt, quelle est ton humeur, si tu voudrais quelque chose qui y soit assorti… Ou qui te donne la pêche ! »


Depuis quelques temps déjà, il enchaînait, tout bas, des notes bien distinctes les unes des autres. Eva aimait aussi ces petits accords cristallins, elle avait l’impression qu’ils représentaient l’âme de Raphaël. C’était absurde mais cette idée lui plaisait. Elle essaya de prendre conscience de son humeur. Devant avouer que de ne pas le savoir c’était quelque peu étrange, elle ne pouvait que constater à quel point elle finissait par ne plus se connaître elle même. Mais ce matin, c’était différent, elle bénissait cette sensation d’harmonie, de vide qui l’animait. La jeune fille préférait d’ailleurs comprendre ne serait ce que partiellement ce que lui était plutôt qu’exposait son humeur. C’est pour cette raison qu’elle dit :


« Et si tu me montrais par ta musique ce que toi tu étais ? »



[Moi j'aime ta façon d'écrire ! Alors arrêtes de te rabaisser xD. Puis si toi c'est "pas fameux" moi c'est quoi ? ^^"]
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Raphaël Mancini Risso
Nouveau
avatar

Masculin Nombre de messages : 27
Age : 26
Galops :
2 / 72 / 7

Date d'inscription : 20/07/2008

Feuille de personnage
Âge / Année: 16 ans / 2e année
Cheval: Soft Drizzle
Connaissances:

MessageSujet: Re: » Matin clair -- Eva   Mar 2 Juin - 20:16

    « Oh, moi, ça va toujours ! » répondit Rapahaël à mi-voix, un sourire au coin des lèvres.
    Les deux adolescents parlaient bas, comme si en ce clair matin d’hiver ils risquaient de réveiller quelqu’un. Apparemment, tout comme lui, Eva semblait craindre de briser la quiétude parfaite de ce paysage si calme qu’offrait le lac. D’autres qu’elle n’auraient probablement même pas senti l’harmonie qui s’était installée ici, sur l’extrémité de ce ponton qui semblait être quelque chose comme le bout du monde.
    « Et si tu me montrais par ta musique ce que toi tu étais ? »
    La suggestion d’Eva le troubla et pendant un instant, il ne sut que répondre.
    « Je… » marmonna-t-il sans trouver que dire. « Ce que je suis ? » répéta-t-il ensuite, reprenant enfin ses esprits.
    Ses lèvres se retroussèrent en quelque chose qui ressemblait plus à un rictus qu’à un sourire.
    « Je ne suis même pas sûr de le savoir moi-même… » souffla-t-il d’une voix pratiquement inaudible.
    Dans son esprit revenaient toutes les étiquettes qu’on lui avait collées sur le dos en seize ans d’existence, des mots blessants et injurieux parfois, ou des termes trop restrictifs. Oui, les mots ne pouvaient qu’être restrictifs de toute façon ; or, la caractéristique essentielle de l’être vivant, de l’homme en particulier, est d’être plus vaste, plus changeant que ce que de simples mots peuvent décrire. On ne peut réduire personne à de vulgaires adjectifs…
    Raphaël tourna un regard en coin vers la jeune fille, de plus en plus troublé par ce qu’elle venait de lui demander. D’autant plus qu’il avait, pendant toutes ces années, eu bien des fois l’occasion de vérifier que les gens, pour peu qu’on leur demande de parler d’eux, sont intarissables et ne cherchent pas en savoir davantage sur vous. Lui faisait exception à cette règle, avec son instinctive répugnance à parler de lui-même, et peut-être qu’Eva aussi, d’ailleurs.
    Machinalement, il caressait ses cordes du doigt, faisant glisser ses phalanges sur le nylon lisse. Et puis, sans trop savoir ce qu’il faisait, il fit sonner une note, puis deux, puis plusieurs, presque timidement, sans trop savoir dans quoi il se lançait. Comme s’il jouait quelques accords au hasard, timidement. Et puis… À quoi fut-ce dû ? Peut-être l’atmosphère étrange, surréelle presque, de ce début de matinée, ou l’impression d’être absolument coupé du monde, seul avec Eva au-dessus des eaux plates du lac… Toujours est-il que, mû par on ne sait quel instinct, il prit peu à peu de l’assurance, une mélodie commençant à naître peu à peu tandis qu’il prenait de l’assurance, trouvait les notes qui s’assortissaient à son état d’esprit et le tempo qu’il fallait.
    Eva avait raison, au moins sur un point : la musique était le meilleur moyen de montrer qui il était, d’ouvrir une fenêtre sur son âme sans la déformation des mots. Et ainsi, doucement, sans même s’en rendre compte, il la fit entrer dans son univers.
    Ses doigts agiles enchainaient alternativement arpèges et accords, il jouait avec les cordes, donnant des effets de son surprenant à cet instrument qui n’était ainsi plus une banale guitare classique. La mélodie de Raphaël, inspirée d’un air qu’il avait appris quelques années plus tôt, était en grande partie ré-arrangée selon son humeur du moment ; elle devenait un morceau joyeux, harmonieux, d’où émanait un vent d’espoir et de liberté. Pourtant, en écoutant avec attention, on percevait, derrière ces apparences proches de la gaieté, une sourde mélancolie qui allait croissant et décroissant, parfois presque imperceptible, parfois reflet d’une véritable souffrance, mais toujours présente.
    Subitement, alors qu’il s’était laissé transporter par sa musique, comme s’il était véritablement seul au monde, Raphaël prit conscience de la douleur qu’il laissait transparaître dans son morceau, une douleur que pourtant il faisait tout, toujours, pour cacher –aux autres comme à lui-même. Aussi acheva-t-il un peu brusquement sa mélodie, après ces quelques minutes qui avaient été presque magiques.
    Maintenant il s’en voulait terriblement de tout ce qu’il venait de livrer de lui-même à cette fille, il s’était laissé emporter, il s’était trahi.
    Il détourna légèrement la tête et ses yeux clairs se perdirent sur l’horizon. Surtout, ne pas se tourner vers Eva. Il ne voulait pas qu’elle voie son visage, son regard.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Contenu sponsorisé




MessageSujet: Re: » Matin clair -- Eva   

Revenir en haut Aller en bas
 
» Matin clair -- Eva
Revenir en haut 
Page 1 sur 1
 Sujets similaires
-
» bonjour [pv Petit Matin]
» Editorial Le Matin: Pourquoi l'haitien s'autoflagelle-t-il autant?
» Yosei, l'étoile du matin
» Un balais pour mon fils ! [matin] [Pv Martin]
» Matin de printemps...

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
. Domaine de la Rose Noire . :: EXTERIEUR :: DETENTE :: LAC-
Sauter vers: