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 Le retour de la cavalière prodigue... PV Marion

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David Moss [ABS&HS U_
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MessageSujet: Le retour de la cavalière prodigue... PV Marion   Jeu 30 Oct - 21:00

      Le retour de la cavalière prodigue
        » Marion Duval
      _________________

    « Merde ! Quatorze heures ! »
    David était à l’écurie lorsqu’il eut cette révélation en sortant du box d’Asha Leïla. Quatorze heures... ! Et l’avion qui arrivait à quinze heures !
    « Désolée ma puce, mais là, faut que je te laisse... »
    De toute façon la grande jument n’avait pas l’air très perturbée par le départ de son cavalier. N’ayant pas de vélo ni rien de ce genre, c’est en courant presque que le jeune homme fit tout le chemin jusqu’à Lunel. Enfin chez lui, il se changea rapidement, troquant sa tenue d’écurie contre un jean élimé qui mettait son beau p’tit cul en valeur *SBAFFF* ‘kayy, je sors et un tee-shirt turquoise. Il se recoiffa rapidement, puis jeta un nouveau coup d’œil à sa montre. Outch, quatorze heures trente. Il allait devoir speeder.
    Il descendit dans la rue et alla sonner quelques portes plus loin, chez son ami Dan. Ce dernier mit un temps monumental avant de daigner ouvrir.
    « Ah, David ! Tu viens pour la voiture ? Je l’ai garée sur la place...
    - Oui, oui,
    le pressa David, les clefs ?
    - Hum ? Ah, oui. Attends, je reviens. »

    Dan disparut, et le jeune homme resta sur le pas de la porte, rongeant son frein.
    *Bougee... Mais bougeeee...*
    « Ça y est, je les ai ! » annonça fièrement Dan lorsqu’il resurgit enfin.
    « Super, merci, t’es un chef ! répondit chaleureusement David en se saisissant du trousseau.
    - Hep, minute ! Tu me l’abîmes pas, hein ?
    - Mais non, pas de souci... »

    Enfin voyons, il était de notoriété publique que David était un excellent conducteur... Pas de souci à se faire, donc !
    Sur la place, le jeune homme trouva effectivement la Citroën AX de son ami. Blanche, très classe... Elle était impeccable, propre et repeinte de frais, on n’aurait pas cru à la voir que cette voiture était si vieille qu’on n’en fabriquait plus. La passion de Dan pour les voitures trouvait le moyen de s’épanouir même avec ses moyens très réduits...
    David se mit au volant, batailla un peu avec la clef. La voiture rechigna, puis démarra enfin avec un grondement. Sauvé ! Le jeune homme manoeuvra tant bien que mal pour sortir de la place, et conduisit prudemment dans les ruelles étroites du village. Mais une fois sur la route départementale, il mit le pied au plancher sans trop prêter attention aux panneaux de limitation de vitesse.
    Le chemin était long jusqu’à Montpellier, où se trouvait l’aéroport le plus proche. Une demi-heure de route... Heureusement ce n’était pas très fréquenté, surtout à cette période de la journée. Une demi-heure durant laquelle David eut amplement le temps de réfléchir à ce qu’il allait faire.
    ***
    « Monsieur Moss ? »
    David ne tarda pas à reconnaître l’homme qui lui parlait. Jean Duval, directeur du Domaine de la Rose Noire et accessoirement, oncle de Marion. Si à cet instant il avait su ce qui l’attendait...
    « Monsieur Moss, j’aurais un service à vous demander.
    - Bien sûr, je vous écoute. »
    Quelle serviabilité ! Il s’en serait mordu les doigts, par la suite. Lorsqu’il avait appris que M. Duval, qui avait prévu d’aller chercher sa nièce à l’aéroport à son retour de Deauville, avait finalement un contretemps qui l’empêcherait d’être disponible à l’heure voulue, il avait compris qu’il venait de mettre le pied dans un sale guêpier.
    « ... pourriez-vous vous en charger ? »
    Impossible de refuser. Résultat, David s’était vu attribuer la responsabilité d’aller, quelques jours plus tard, jusqu’à Montpellier pour aller chercher sa meilleure pire ennemie, la très chère Marion Duval. Il avait bien envisagé de l’"oublier" là-bas, ou d’envoyer quelqu’un d’autre... Dan, par exemple, ce qui ne manquerait pas de la plonger dans une rage noire car elle haïssait son ami.
    Mais finalement, il s’était débrouillé pour se faire prêter une voiture et pour se décharger de ses fonctions de juge et de propriétaire d’une jument folle le temps d’une après-midi...
    Comment réagirait-elle en le voyant ? Mal, cela allait sans dire. Elle s’attendrait sûrement à trouver quelqu’un de sa famille, ou du moins un ami... Et tomberait sur lui. La (mauvaise) surprise du chef...
    ***
    David se gara sur le parking bondé de l’aéroport. Quinze heures six. Etant donné que Marion devrait récupérer ses bagages et tout le tralala, il pouvait s’estimer dans les temps. Le jeune homme s’extirpa de la petite voiture blanche, puis il pénétra dans le grand bâtiment à l’architecture douteuse, qu’un grand panneau nommait Terminal A.
    L’intérieur était immense, trop éclairé et trop fréquenté. Il flottait ici, comme dans tous les aéroports du monde probablement, une ambiance un brin électrique. Tout le monde attendait, et même s’impatientait ; ceux qui allaient partir, ceux qui attendaient un retour... Tout contribuait à créer ici une atmosphère unique, et bien propre aux aéroports : le bruit des valises qui roulaient, les multiples dialectes parlés, les fréquents messages en français et en anglais rappelant que « Pour des raisons de sécurité tout bagage trouvé sans son propriétaire sera immédiatement détruit » ou encore les écrans lumineux qui avertissaient des prochains départs et des retards de vol.
    Les mains dans les poches, David parcourut divers couloirs et grimpa un escalator avant de parvenir à la salle des arrivées. Plusieurs doubles portes aux vitres teintées opaques occupaient le mur, et l’accès en était bloqué par une rampe métallique. Seuls les arrivants pouvaient passer par là, en sortant de la salle voisine où ils récupéraient leurs bagages. Il y avait foule déjà, tout le monde se pressait le plus près possible des portes. David resta un peu en retrait et leva les yeux vers l’écran qui le surplombait. Avec désespoir, il lut : Vol 359AF – Deauville – Prévu à 15:00 – Retardé.
    Il n’avait même pas encore atterri TT Désespérant.
    David s’assit sur l’un des fauteuils métalliques et inconfortables mis à disposition, et il attendit. Attendit. Attendit. Au bout d’un moment, de nouvelles informations apparurent à l’écran. L’avion était prévu pour 15:35. Encore un bon quart d’heure, plus le temps de récupérer les bagages...
    *Et puis merde. J’me barre.*
    Sitôt pensé sitôt fait, David se leva et quitta la salle des arrivées. Il se balada un peu dans l’aéroport, puis au deuxième étage trouva l’étage des boutiques. Il entra dans un marchand de journaux. Le seul magazine équestre vendu était Cheval Mag. David parcouru le sommaire et feuilleta la revue, mais en sentant le regard insistant du marchand dans son dos il reposa le mensuel et sortit. Un peu plus loin, il entra dans un café où on lui servit un cappuccino dans un grand gobelet en carton.
    Le jeune homme prit son temps pour finir son café, puis il continua d’errer à travers l’aéroport jusqu’à ce que sa montre indique quatre heures moins vingt. Il regagna alors la déprimante salle des arrivées et reprit place sur son dur, froid et inconfortable fauteuil. Après quelques minutes, il y eut un regain de mouvement dans la foule. Fausse alerte, c’étaient les passagers en provenance de Francfort qui sortaient en masse. David observa les retrouvailles qui se multipliaient sous ses yeux, les couples séparés, les retours des enfants prodigues, les familles qui se recomposaient... Il détourna le regard lorsqu’une femme se jeta sur celui qui l’attendait pour l’embrasser fougueusement, envoyant valdinguer au hasard valise et sac de voyage.
    *Tsss...*
    Beurk, ils étaient collés comme ça depuis trois minutes au moins, c’était répugnant, cette femme ressemblait à une sangsue.
    Le flot des voyageurs se tarit peu à peu. Juste après l’avion allemand, c’était celui de Deauville qui s’était posé. Les passagers ne tarderaient pas à sortir à leur tour. N’y tenant plus, David se leva et se mêla à la foule. Il dépassait tout le monde d’une tête, inutile de s’approcher au premier rang, elle ne pourrait pas le louper...
    D’interminables minutes s’écoulèrent. Dire que l’attente est une chose insupportable est un euphémisme... Enfin, les premiers voyageurs passèrent la porte. Un couple âgé, puis un homme d’affaires, une toute jeune femme, un petit garçon, une mère flanquée de ses deux gamins, ... Sans s’en rendre compte, David était gagné par le stress et l’impatience et il s’agitait nerveusement d’un pied sur l’autre.
    Une ou deux éternités plus tard, une chevelure noire reconnaissable entre mille apparut au milieu d’un groupe de passagers.
    Marion.
    Ça y est, la voilà.

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MessageSujet: Re: Le retour de la cavalière prodigue... PV Marion   Ven 31 Oct - 18:45


    « Quand tu veux mon amour. »

    Marion éclata de rire. Nils venait de prononcer quelques mots en français, sans doute le mélange de tous ceux qu’il connaissait. La jeune femme était assise devant le box de concours de Just. Elle avait en main une brosse et elle astiquait une paire de guêtres en cuir, celle qu’elle avait mis à son cheval durant le week-end de concours. La belle corrigea son ami en Anglais pour lui faire comprendre que l’expression mon amour était un surnom affectif que les amoureux se donnent. Gêné, le jeune homme ricana et lui tendit le dossier de papier qu’il essayait désespérément de lui refourguer depuis vingt minutes. Il avait néanmoins réussit. Voyant que Marion était trop occupée à nettoyer son matériel, il s’éclipsa pour retrouver les autres, sans doute attablés autour d’une tasse de thé. Alors que la belle irlandaise s’apprêtait à les retrouver, elle aussi, son téléphone vibra dans la poche intérieure de sa veste. Il lui fallut une bonne minute pour arriver à le dégager puis décrocher. Au bout du fil, c’était le vieux Simpson qui avait sans doute dû la louper à la télévision. Elle ne se trompa pas : il voulait connaître tous les détails, sans en manquer un seul.

    ***

    Marion avait été agréablement surprise. Depuis deux semaines, les médias ne la lâchaient plus sous prétexte qu’elle était lâche de ne pas concourir pour la France. Elle avait même hésité à venir à Deauville pour ne pas être déconcentrée par des mauvaises rumeurs et des journalistes. L’organisation de l’épreuve avait d’ailleurs été très bonne selon la jeune femme : les journalistes non officiels n’étaient pas autorisés à entrer dans les écuries et ils avaient une place bien déterminée dans les gradins. Tout journaliste n’ayant pas un pass ne pouvait pas aller voir les concurrents. Un dispositif de sécurité impressionnant avait été déployé. A l’entrée et à la sortie d’un parcours, deux vigils attendaient le couple et le guidait jusqu’aux écuries pour qu’il soit en paix. Marion n’avait jamais vu une telle sécurité, mise à part à la télévision pour les grosses épreuves comme on trouvait aux jeux olympiques.
    Elle avait fait un premier parcours sans fautes en un temps raisonnable, accédant ainsi au barrage. Just Another en avait surpris plus d’un en se comportant comme un cheval d’expérience. Elle avait refusé l’interview d’Equidia pour se consacrer entièrement à une chaîne équestre anglaise. Il était hors de question d’accepter de répondre à des questions, qui, elle le savait, ne porteraient pas sur sa façon de monter ou son parcours du jour, mais plutôt sur ses origines et son équipe.
    Le deuxième jour au barrage elle avait fait quatre point sur le dernier. Elle décida de maudire à jamais les derniers obstacles qui étaient souvent l’endroit où elle faisait des fautes. La jeune femme se promit de retravailler avec son coach pour être certaine d’assurer un sans fautes à toute épreuve et avec tout terrain. Pas gagné, mais pas impossible, surtout que Just était dans sa période de forme complète. Cette fois-ci, elle avait été harcelée par les médias de touts les pays. Elle avait répondu à tous, encouragée par Nils, Jason, Julia et Matt, ses coéquipiers classés respectivement deuxième, quinzième, huitième et vingtième. Marion, elle, s’était placée à la cinquième place, ce qui était plutôt encourageant pour ses débuts en B1 avec un jeune cheval. La télévision française fut la plus agréable. Les journalistes lui posèrent quelques questions en rapport avec le concours et ses sentiments sur les progrès de son cheval. L’un essaya de glisser une question à propos de l’Angleterre mais Marion ne répondit pas, comme l’avait exigé l’entraîneur de leur équipe.

    ***

    En ce lundi matin, Marion avait laissé partir Just Another qui rentrait par la route avec son coach. A défaut de ne plus avoir de place pour elle, il l’avait laissé avec ses coéquipiers qui repartaient à Nice pour s’entraîner un peu au Domaine avec leur camarade. Ils feraient le voyage ensemble et son oncle viendrait la chercher. Eux iraient directement à leur hôtel pour se reposer. L’après midi s’annonçait chargée. Il fallait qu’ils mangent et qu’ils aillent directement à l’aéroport pour embarquer. Ensuite, il fallait qu’elle se fasse conduire par Jean Duval, son oncle donc, chez un client pour un bilan sur l’état de la ponette grise dont elle s’était occupée quelques mois plus tôt. Pour finir, elle rentrerait au Domaine pour visualiser l’enregistrement de son parcours avec quelques élèves qui lui avaient demandé.

    La jeune irlandaise rangea son matériel dans le grand sac qui se trouvait à sa gauche et retourna lentement vers la salle chauffée où s’étaient retrouvés tous ses amis. Toute le monde l’accueillit les bras ouvert. On lui servit un thé et peut de temps après, tout le monde était attablé autour d’un plat typiquement français, un régal pour les yeux, comme pour les papilles. Rien de tel pour clôturer un week-end de concours plutôt productif. Tout le monde semblait heureux, même si Marion aurait préféré fêter ses prouesses avec ses proches. Non pas que ses équipiers ne soient pas des proches, mais bon…

    ***

    La petite équipe de B1 d’Angleterre embarqua. Il était rare qu’ils voyagent au complet, et Nils semblait enchanté par cette nouveauté. Marion était assise dans la rangée près du hublot, entre Julia et Jason. A côté se trouvaient Nils et Matt ainsi qu’un homme qui était dans l’organisation du concours de Deauville. La jeune irlandaise boucla sa ceinture de sécurité et entama une discussion mouvementée avec Julia. Inutile de préciser qu’elle traitait des chevaux… Sauf qu’au moment où l’avion devait décoller, une voix masculine, sans doute celle du commandant de bord, déclara que l’engin devait rester au sol jusqu’à nouvel ordre, en français, déclenchant les mécontentements de toutes personnes ayant compris. Lorsque le commandant s’exprima en Anglais, Jason siffla quelques jurons entre des dents. Marion passa sa main sur la sienne. De toute façon, ils ne pouvaient rien y faine. Tout ce qu’elle espérait, c’est de ne pas faire attendre son oncle une éternité à l’aéroport.

    ***

    Quatre heures moins vingt. L’avion arriva enfin à destination. Les passagers furent invités à descendre pour récupérer leurs affaires. Marion alluma son téléphone pour essayer de joindre son oncle mais il ne répondait pas. Elle emboîta le pas à Matt qui semblait décidé à visiter tout l’aéroport. Julia le remit à sa place en lui disant qu’ils n’avaient pas le temps car le taxi devait être partit. En gros, il fallait prendre le train, et ils en avaient pour un bon bout de temps avant d’arriver à destination. La jeune irlandaise raccrocha le téléphone pour la cinquième fois. Elle en avait marre d’entre que son correspondant n’était pas disponible pour le moment et qu’il fallait laisser un message. Au début, elle avait laissé un message calme et bref, mais plus le nombre de messages laissés avançait, et plus on sentait l’énervement dans sa voix. Elle finit même par parler en anglais.

    Derrière ses amis, Marion Duval alla chercher ses bagages. Elle mit son sac à dos sur son épaule droite et fit rouler la grosse valise noire. Elle était si lourde et si blindée qu’elle avait dût appeler Jason et Matt pour qu’ils s’assoient dessus avant de parvenir à la fermer. La belle entendit ses amis. Julia avait prit tellement d’affaires qu’ils attendirent cinq bonnes minutes, le temps qu’elle les attrape toutes, parce qu’en plus elles étaient toutes espacées de quelques valises… Tout le monde l’aida et ils finirent par prendre le chemin de la sortie. Ils suivirent une femme et ses deux enfants. Marion avait l’habitude de se fondre dans la foule pour ne pas se perdre, et ainsi elle ne se faisait pas remarquer. Que demander de mieux ? Ils arrivèrent dans un hall où la foule grouillait. Au milieu de ses amis, tous vêtus d’une veste rouge, celle de leurs sponsors, Marion chercha son oncle du regard. Elle repositionna une mèche noire à sa place. Aucune trace de son oncle à l’horizon. La belle s’imagina qu’il était resté sur le parking. Elle savait qu’il n’aimait pas la foule et les bousculades des aéroports.

    La jeune irlandaise entreprit de saluer ses amis un à un. Elle embrassa Julia, Nils et Jason. Arrivée au tour de Matt, quelque chose, ou plutôt quelqu’un, attira son attention. Elle l’embrassa sur sa joue droite, se tourna pour lui tendre sa joue quand elle reconnut une tête familière dans un groupe de personnes attendant des voyageurs. Il était connaissable parmi des milliers de gens. Grand, trop grand peut-être même, la peau hâlée, la chevelure courte et noire, un brillant à l’oreille gauche et des incroyables prunelles couleur émeraude. Surpris, Matt entoura un bras autour de ses épaules et regarda dans la même direction que son amie. « Ton chauffeur ? », lui demanda-t-il en l’embrassant sur le front. Marion hocha la tête. Personne d’autre que lui à l’horizon. A moins qu’il soit venu chercher un ami, il n’avait aucune raison de quitter le Domaine alors qu’il était censé travailler. Marion fut abandonnée par ses congénères qui lui firent des grands signes en partant. La belle leur fit un clin d’œil et se retourna vers lui, David. Elle hésita, puis finalement, s’avança vers lui. Sa plus grande crainte était d’imaginer qu’il n’était pas là pour elle, et qu’il le lui annonce avec son habituel sourire en coin et son ton sarcastique.

    Traînant sa lourde valise derrière elle, Marion marcha droit vers lui, d’un pas peu déterminé mais en cachant le doute tout de même. A quelques centimètres de lui, elle s’arrêta. Leurs regards se croisèrent, Marion ressentit ce bond que faisait son cœur à chaque fois qu’elle le voyait. Ses prunelles dorées contemplèrent avec émerveillement les émeraudes de David, comme si c’était la première fois qu’elle voyait des yeux pareils. Pourtant, cela faisait des années qu’elle les connaissait. La jeune femme jeta un dernier coup d’œil à ses amis dont elle ne voyait plus que les silhouettes. Ils étaient facilement remarquables avec leurs vestes rouges. Marion n’aimait pas la porter en France, cela faisait des histoires, mais avec ses amis, elle se sentait comme obligée. Elle ne voulait pas se cacher, mais plutôt rester discrète. En l’occurrence, avec cette veste vermeille, c’était râpé. La jeune femme lâcha la poignée de sa valise en reposant deux yeux brûlants de tendresse sur le visage de l’homme. Elle aurait tant aimé qu’il ne voit pas toute cette affection. Elle se sentait si faible devant lui, comme s’il l’hypnotisait. Elle voulut rompre le silence qui s’était installé, mais aucun mot ne lui vint.

_________________

    « What will be the name of your children ? You can't hide forever. I can't see you. In the wheatfields. I have lost my sence of humour. Show me where you are. The grass is too tall. I can't even talk. The is no place. Down here. Small enough. For you to stay. I come back home and try to see. The hints you left for me. Never found the ring. Will you ever marry me ? »[/list]
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MessageSujet: Re: Le retour de la cavalière prodigue... PV Marion   Sam 1 Nov - 20:41

    Elle était là.
    Se faufilant entre la foule, elle se dirigeait vers lui. Il ne bougea pas, ne fit pas un mouvement montrant qu’il l’avait vue ou qu’il l’attendait. Il la suivit des yeux, tantôt il ne voyait que le sommet de sa tête, tantôt il voyait son visage ou même ses épaules. Le temps sembla s’arrêter.
    Enfin, elle émergea de la foule face à lui. Il ne fit pas un geste, elle non plus. D’un oeil vif, il la détailla, passant rapidement sur son pantalon et sa veste rouge pétant, s’attardant davantage sur son visage pâle et fin. Tandis qu’il suivait du regard le contour de sa mâchoire, sa joue, sa pommette, son arcade sourcillière, il prit conscience que ces traits lui avaient manqué. Le bout rond de son nez légèrement retroussé, la courbe de ses lèvres à peine colorées, l’or fondu de ses prunelles… Maintenant qu’il retrouvait tout ces détails, il réalisait que la semaine écoulée avait été bien terne.
    Pourtant au quotidien, ils n’étaient pas si proches. Depuis la dernière –et mémorable- nuit qu’ils avaient passée ensemble, ils ne s’étaient plus parlés. Ils s’étaient certes croisés plusieurs fois, au Domaine, mais ni l’un ni l’autre n’avait manifesté d’émotion particulière. Et pourtant… C’est quand on est en manque que l’on réalise que l’on était drogué. C’est quand quelque chose disparaît que l’on prend conscience qu’on y tenait. Il l’apercevait vaguement à l’écurie ou parfois dans le village, mais cela lui suffisait, et cela provoquait en lui suffisamment d’émotion pour qu’il s’aperçoive maintenant que l’absence de Marion lui avait pesé, beaucoup plus qu’il ne voulait le reconnaître.
    Et la preuve, c’était la légèreté qu’il ressentait, maintenant qu’il était face à elle, enfin.
    Mais il n’était pas question de laisser filtrer quoi que ce soit. David resta parfaitement impassible durant les quelques secondes que prit son observation de la jeune fille. En dernier, en tout dernier, il plongea son regard dans les yeux dorés de Marion, et ce qu’il y vit le fit frémir. Elle le regardait avec tellement de… de tendresse, d’attachement, c’était insupportable. L’affection qui débordait de ces prunelles lui faisait mal, comme si elle le brûlait.
    Alors, comme toujours, il se rétracta.
    « ‘lut », dit-il froidement, dardant sur elle un regard indifférent, à la limite du mépris.
    Il ne voulut pas voir ses yeux, de crainte d’apercevoir encore cette insoutenable tendresse. Ou bien de voir la blessure qu’il lui infligeait par sa réaction.
    Froid et rigide, les bras croisés, il la dévisagea de haut en bas pour bien lui faire sentir à quel point ça le gonflait de venir au bout du monde… enfin, à Montpellier pour la chercher à l’aéroport.
    « Bon, allez, on y va ! » la pressa-t-il en tournant les talons.
    Plus vite ils seraient rentrés, plus vite il pourrait se débarrasser d’elle. Et puis tous ces gens qui se roulaient des pelles autour d’eux, c’était plutôt stressant.
    Le visage fermé, il commença à marcher à grands pas, mais dut piler pour éviter de percuter une vieille femme qui, après avoir reposé à terre une petite fille, enlaça tendrement son fils adulte. Il entendit Marion qui le rejoignait et s’arrêtait elle aussi, et brusquement quelque chose céda en lui. Il se tourna vers elle, avec l’air de quelqu’un qui va encore trouver quelque chose à réprimander, mais nulle critique ne sortit de sa bouche. Subitement, il la prit dans ses bras, l’enlaça en une étreinte passionnée, et enfouit fébrilement son visage dans ses cheveux.
    « Tu m’as manqué. »
    Non, il ne le dit pas, et ne le dirait pas. Ce n’était pas son genre, il ne fallait pas exagérer tout de même ! Mais il n’avait pas besoin de prononcer ces mots pour qu’ils soient parfaitement compréhensibles pour Marion.
    Il avait mal, terriblement mal, tandis que ses bras entouraient la mince silhouette de la jeune fille, mais c’était une douleur infiniment agréable, et en humant son parfum, en sentant son corps contre le sien, il se l’infligeait volontairement, en toute connaissance de cause.
    Son souffle devint étrangement haché, presque rauque, et quiconque ne connaîtrait pas bien David aurait pris cela pour un sanglot –ou un rire, en d’autres circonstances. Doucement, il relâcha son étreinte et éloigna Marion, laissant glisser ses lèvres dans ses cheveux et sur son front.
    Puis il recula d’un pas avec un petit sourire coupable et ramassa sa grosse valise. De l’autre main, il prit doucement la paume de la jeune fille et entremêla ses doigts aux siens tout en l’entraînant vers la sortie de l’aéroport.
    Il avait comme un besoin physique de la sentir près de lui, de maintenir le contact entre eux, pas le biais de leurs mains entrelacées.


[Ffiou, c'est nul ><]

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MessageSujet: Re: Le retour de la cavalière prodigue... PV Marion   Mar 4 Nov - 13:14

    Il la détaillait, elle le sentait. Il la dévisageait, de haut en bas tout en gardant cet air qu’elle lui connaissait : l’impassible David. La jeune femme dût fixer un point au dessus de son épaule pour ne pas céder à toute cette tentation qui brûlait au plus profond de son être. Son cœur battait si fort… En rentrant une dernière fois en contact avec ses belles prunelles, la jeune Irlandaise comprit. Ce vide qu’elle avait ressentit pendant tout le week-end, ce creux dans son estomac, c’était à cause de lui. Il avait occupé toute sa pensée quand elle pouvait se poser un instant. Peut-être que c’était lui qui, finalement, l’avait convaincue d’aller à ce concours. C’est après cette merveilleuse (?) soirée qu’elle avait décidé de ne pas penser aux médias mais aux performances de son cheval ainsi qu’à sa monte. Elle avait ressentit le besoin de retourner près des siens pour fêter ses résultats alors que d’habitude elle préférait être avec ses britanniques de coéquipiers. Ses proches… Disons qu’elle n’avait pas sa famille en tête, mais plutôt une personne en particulier, qui, d’ailleurs, était loin d’être aussi proche avec elle… Et cette personne, c’était peut-être bien lui. A présent qu’il se trouvait devant elle, à seulement quelques centimètres, ce point qu’elle avait dans l’estomac depuis trois jours avait disparu. Le remède était de retour… Après les crises de claustrophobie, le mal de ventre. Faudra penser à l’appeler quand j’aurai la grippe, plaisanta-t-elle intérieurement pour se concentrer sur autre chose. La jeune femme releva les yeux dans ceux de David. Il avait croisé les bras et l’expression de son visage était plus froide que jamais. Que cherchais-t-il a cacher ? Finalement, il la salua, mais c’était si glacial qu’elle fut parcourue d’un frisson.

    « Bonjour. »

    La jeune femme avait essayé d’adopter un ton similaire au sien mais cela ne donna pas le même effet. Elle donna plutôt l’impression d’être fatiguée, ce qui était plutôt valable après un tel week-end. La belle hocha doucement la tête quand il annonça qu’il fallait y aller. Il valait mieux ne pas traîner avec lui, il était plutôt impatient et il ne devait pas être ravi de la revoir, du moins, pas autant qu’elle pouvait l’être elle. Car oui, elle était heureuse de revoir ses beaux yeux et son teint hâlé. Elle savait qu’elle ne devait pas prendre en compte sa façon d’être, froide et impassible. Il tourna brusquement les talons, ne lui laissant pas temps de répondre. La jeune femme attrapa la poignée de sa valise qu’elle avait laissé glisser sur le carrelage blanc salit de l’aéroport. Pour finir, elle lui emboîta le pas, obligée d’agrandir ses foulées pour le suivre.

    Soudain, il s’arrêta net devant elle. Avec la foule ambiante, ce n’était pas étonnant, personne ne pouvait marcher droit sans rentrer dans quelqu’un. Marion, qui avait été distancée par les grandes jambes de son collègue, fit quelques pas pour le rejoindre et s’arrêta à son tour. Une vieille dame enlaçait tendrement son fils, âgé d’au moins la trentaine, accompagné d’une très jeune fille habillée d’une petite robe d'un rose délavé. La belle brune trouvait toujours ce genre de scènes très attendrissantes, mais souvent gênantes. Alors qu’elle détournait son regard pour ne pas paraître indiscrète, David tourna les talons pour se trouver en face d’elle. Son visage avait un soupçon de dureté, mêlé à une sorte de mépris. Qu’est-ce que j’ai encore fait, soupira la jeune femme en levant les yeux dans les siens. Généralement, quand il se comportait comme ça, elle savait qu’il ne fallait pas rester avec lui. C’était si facile pour lui de se défouler sur elle. Elle se laissait toujours faire, ne répondant jamais de peur d’aggraver la situation.

    Mais autre chose se produit. Elle s’était attendue à la colère de son prochain, ou à autre chose du même style. Elle s’attendait à tout sauf à ça. Il fit un pas vers elle, réduisant la distance qui les séparait à néant. Non. Elle ressentit une honte impardonnable. Elle eut un léger mouvement de recul, dût à la violence qui se trouvait dans ses yeux au départ. Qu’avait-elle en tête ? Non, bien sûr que non, il ne l’aurait jamais touchée, même en colère, il n’aurait jamais osé, elle le savait. Pourtant, elle avait eut peur. Au lieu de tout ce qu’elle avait imaginé, il se jeta contre elle, entourant ses bras autour de sa taille. Elle sentit son souffle dans sa chevelure du jais. Des frissons la parcouraient dans tous les sens, comme un courant électrique. D’abord, elle fut si surprise qu’elle ne bougea pas, se laissant faire. Elle lâcha finalement la poignée de valise qui s'effondra de tout son long dans un fracas inimaginable. Les lèvres du jeune homme dans sa longue chevelure ne cessaient de la faire trembler. Marion remonta doucement ses mains le long de son torse et les entoura autour de sa nuque. Elle cala sa tête dans le creux de son cou et caressa le bas de sa chevelure avec ses doigts fins et agiles. Elle profitait librement de son odeur enhivrante et de la chaleur de son corps. Drôle de situation. Deux personnes dont chacune a manqué à l’autre, enlacées devant une foule de monde, dans un lieu public, alors qu’elles étaient censées ne pas s’aimer, même en tant qu’amis. Deux collègues de travail, deux amis d’enfance… Marion le serra tendrement contre elle. Cette fois ce n’était pas elle. Il l’avait fait de son plein gré, donc elle n’avait aucune raison de s’en vouloir. La jeune irlandaise le sentit s’éloigner. Ses lèvres glissèrent sur le haut de son crâne pour terminer leur chemin sur son front. Finalement, il la libéra de son étreinte. Marion retira ses bras et caressa sa joue du bout des doigts en plongeant ses prunelles d’or fondu dans les siennes. Elle eut à peine le temps de voir ce sourire étrange sur ses lèvres car il s’effaça aussitôt.

    Marion pensa que tout été terminé. Elle voulut attraper sa valise mais ne la trouva pas. Brusquement, elle se retourna pour la chercher, mais elle ne la vit pas. Une montée d’angoisse plus tard, quelque chose de brûlant attrapa sa main. C’était celle de David. Elle se retourna doucement, enlaçant ses doigts avec les siens. Elle baissa ses yeux sur le point qui les unissait tous les deux. Il va pleuvoir des grenouilles demain, pensa-t-elle en relevant ses yeux pour lui adresser un sourire tendre. Il l’entraîna alors à côté de lui. Un bruit de valise qui roule lui indiqua que c’était lui qui l’avait prise. Marion resserra sa main dans celle du jeune homme et elle se laissa entraîner à côté de lui. Que lui prenait-il ? Une soudaine envie de faire plaisir ? Ou alors il était en train d’arrêter de se voiler la face, comme elle depuis la dernière nuit qu’ils avaient passé ensemble.

    « Vol en direction de Paris Roissy Charles de Gaulle, embarquement immédiat. »

    Les annonces radiophoniques ne cessaient pas. Finalement, le ‘couple’ de jeunes regagna le hall de l’aéroport et finit par en sortir pour rejoindre le parking. Grande nouveauté pour Marion, car jamais elle n’avait été en voiture avec lui. D’ailleurs, elle ne savait même pas s’il en avait une, de voiture. Ils traversèrent la place où étaient garés des tonnes de véhicules de toutes les formes et de toutes les tailles. Au loin, elle crut apercevoir un groupe de personne portant des vestes rouges qui montaient dans une navette. Marion se colla doucement contre le jeune homme tout en continuant à avancer à côté de lui, se calant dans ses grandes foulées. Soudain, un détail lui revint en tête. Le client… Marion regarda droit devant elle, le ciel était gris, mais l’atmosphère pesante. Cette température lui avait manqué. Elle ouvrit doucement sa veste de sa main libre, laissant apparaître un pull noir au col en V par où dépassait une chemise blanche déboutonnée en haut.

    « David ? dit-elle pour attirer son attention. Je suppose que mon oncle a omis de te dire qu’on devait faire une escale ? »

    Ils continuaient à marcher, mais Marion craignait l’importuner. Au pire, il la déposerait chez son client et elle s’arrangerait avec ce dernier pour rentrer au Domaine, c’était loin d’être un problème. Mais elle ne voulait pas rendre le jeune prisonnier avec tous ses déplacements.

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MessageSujet: Re: Le retour de la cavalière prodigue... PV Marion   Lun 10 Nov - 21:29

    David et Marion fendirent la foule ensemble, et le jeune homme s’efforça de se convaincre que la densité de population autour d’eux était la seule et unique raison qui l’avait poussé à prendre la main de Marion pour ne pas la perdre. Effort futile et inutile, il en était lui-même conscient.
    Totament imperméable aux multiples bruits qui les entouraient ainsi qu’au reste du monde, David ne sentait plus qu’une seule chose. Leurs paumes chaudes, l’une contre l’autre, semblaient être le centre de ses terminaisons nerveuses.
    Enfin, ils s’extirpèrent de l’aéroport bondé et, après avoir franchi les grandes portes vitrées, ils se trouvèrent enfin à l’extérieur. L’air de cette après-midi un brin nuageuse était étonnament tiède, assurément grâce à la présence toute proche de la mer qui réchauffait la côte. David guida Marion en direction du parking. Ils parcoururent les allées de véhicules, et il se posa subitement LA question fatidique. Mais où ai-je bien pu la garer ? Quand il se trouve face à un parking de 2000 places, le premier réflexe de l’automobiliste doté d’un strict minimum d’intelligence est de noter mentalement le numéro de sa place. Chose que le jeune homme avait, bien évidemment, totalement omis de faire.
    *Tu es tout de même quelqu’un d’exceptionnel, mon petit David. Chaque jour qui passe, tu arrives à me surprendre un peu plus par ta connerie.*
    Toutefois son AX… enfin, celle de Dan, se démarquait suffisamment dans le lot pour qu’il la repère facilement. On n’en voyait plus guère de ce modèle.
    D’un geste professionnel, David ouvrit le coffre et y fourra la grosse valise de la jeune fille. Alors qu’il déverrouillait les portières, elle
    « ?? »
    Le jeune homme leva les yeux au ciel, et s’enquit d’un ton faussement excédé :
    « Et où son chauffeur doit-il conduire mademoiselle ? »
    Il soupira en écoutant sa réponse. Bon, au moins c’était sur le chemin du Domaine.
    « Alors, en voiture… ! »
    Il se glissa à l’intérieur et attendit que Marion se soit installée pour démarrer. Heureusement cette fois-ci, le moteur ne protesta pas trop et il se mit docilement à ronfler au premier tour de la clef de contact. Rapidement, le jeune homme manœuvra entre les voitures et sortit du parking après avoir présenté son ticket à la barrière.
    *’tain, la fortune que ça coûte, de laisser cinq minutes sa bagnole au repos…*
    Bon, d’accord, il était resté beaucoup plus de cinq minutes à attendre, mais tout de même !
    Comme si tous les automobilistes de la ville avaient subitement décidé de sortir leur voiture, il y avait beaucoup de circulation et le rond-point à la sortie de l’aéroport était quasiment paralysé. Désespérant de prendre directement la départementale envahie de voitures qui avançaient à un mètre par minute, David tourna vers le centre-ville. Certes, les embouteillages y étaient moindres, mais c’était tout de même un certain détour.
    Habilement, le jeune homme se faufila entre les voitures, passant de justesse avant les feux rouges, et finit enfin par s’extirper de tout ce trafic. Ils étaient parvenu aux faubourgs de Montpellier. Se doutant bien que la départementale devait être engorgée sur plusieurs kilomètres, David prit plutôt des routes plus petites, moins directes certes, mais désertes. Profitant des virages rares et de l’absence d’autre véhicule, il accéléra encore plus, sans tenir compte le moins du monde des panneaux rouges et blancs qui limitaient clairement la vitesse à quelques petits 70 km/h. L’AX n’avait pas un moteur très puissant et son âge avancé demandait une certaine prudence avant de la pousser au maximum, mais c’était une bonne petite voiture qui se laissait gentiment conduire.
    Il jeta un coup d’œil en biais à Marion, en espérant que son visage n’était pas trop vert. Lui s’amusait en prenant le volant et aujourd’hui, il conduisait vraiment, vraiment sagement –à ses yeux-, mais il avait pu remarquer que nombre de ses passagers –passagères surtout- survivaient assez mal à sa conduite pourtant tout en souplesse. Raah, les filles.
    Il reporta son regard sur la route. L’asphalte lisse luisait sous le soleil tiède. À droite, une forêt de grands troncs bruns s’élevait au bord de la route. À gauche, de vastes champs cultivés s’étendaient dans la plaine, et quelques vaches paissaient par endroits. Route de campagne des plus classiques –et des plus ennuyeuses, aussi.
    Il lâcha le volant d’une main et s’appuya contre sa portière, puis demanda d’un ton badin tout en négociant un virage un peu plus serré que prévu :
    « Alors, comment c’était Deauville ? »
    Tandis que Marion se lançait dans le résumé de ces quelques jours à l’autre bout de la France, il l’écouta plus ou moins attentivement en glissant quelques commentaires quand elle faisait une pause. Sans s’en rendre compte, il avait continué à accélérer de plus en plus et c’est le bruit de l’AX qui commençait à peiner à cette vitesse qui ramena son attention complète sur la route.
    À cet instant, une silhouette noire jaillit de nulle part.
    À moins de cinquante mètres devant eux, un grand cheval noir piaffait sur la route, dardant sur eux un œil cerclé de blanc.
    *PUTAIN MAIS IL FOUT QUOI LUI ??!!*
    David écrasa la pédale de frein, les pneus crissèrent, la voiture gémit, mais il était trop tard. D’un brusque mouvement du volant, il fit violemment tourner la voiture juste au moment où elle allait percuter le cheval, et l’AX termina sa course sur le bas-côté, dans une position relativement incongrue.
    « Connard de sale canasson de merde de… ! » tempêta David sans hausser la voix, tout en ouvrant vivement sa portière. Il eut un geste de recul en s’apercevant que la voiture était en équilibre instable, juste au-dessus d’un fossé au fond duquel glougloutait une paisible rivière. Prudemment, le jeune homme sortit de la voiture et contasta que les deux roues avant étaient dans le vide.
    « Et merde… »
    Un hennissement strident lui fit tourner la tête vers le cheval qui n’avait pas bougé du milieu de la route. Caracolant fièrement, sa longue queue en panache, il faisait sonner ses sabots sur l’asphalte, dardant un regard moqueur sur l’accident qu’il avait provoqué.
    « Black… »
    Black Unknown, l’étalon sauvage qui hantait le domaine, le cheval fantôme qui rendait fou ses congénères, le spectre noir annonciateur de catastrophes. Ou plus simplement, le canasson stupide qui se plantait juste devant ses roues au moment le plus inattendu.
    « Saloperie » , grommela David, l’œil sombre.

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MessageSujet: Re: Le retour de la cavalière prodigue... PV Marion   Mar 11 Nov - 13:38

    Le parking était bondé. Chaque place était occupée, elle se demanda comment David avait fait pour se garer. La jeune femme ne lâcha pas sa main, se laissant guider, avec docilité, où David le souhaitait. De toute façon, elle aurait pu aller au bout du monde s’il lui avait demandé de partir avec lui. Stupide, se raisonna-t-elle, arrêtes de raconter des conneries, t’sais bien qu’il te le demandera jamais… La jeune femme essaya de se concentrer sur autre chose quand elle croisa le regard d’une femme à la chevelure dorée et aux prunelles azur. Celle-ci les dévisageait depuis quelques secondes et semblait se demander ce que deux personnes comme eux pouvaient faire ensemble, main de la main. Il était sûr qu’à côté de David, qui apparaissait comme un jeune homme plein de charme mais surtout manipulateur, Marion avait l’air d’une gamine. Elle était plutôt la timidité incarnée. Le couple qu’ils formaient était donc assez peu réaliste. La belle lui lança un regard noir pour qu’elle cesse de les lorgner ainsi. Elle ne supportait pas être jugée, et encore moins quand elle était comparée à quelqu’un d’autre.

    Soudain, David dévia sur la droite et ils tombèrent devant une place de parking occupée par une voiture blanche. Elle n’était pas spécialiste des voitures, mais il semblait qu’il se soit agit d’une AX. D’ailleurs, elle ne lui était pas inconnue, elle l’avait déjà vue quelque part, en revanche, impossible de se souvenir où. Elle finit par conclure que c’était la voiture de David, et que c’était pour cela qu’elle semblait la connaître. Sans lui lâcher la main, il ouvrit le coffre et glissa la grosse valise dedans. Marion n’avait pas dit un mot de tout le chemin. Ses pensées étaient totalement rivées sur leurs deux mains, collées, enlacées, se caressant avec une tendresse inconnue. Finalement, elle dut le lâcher pour s’installer à côté de lui sur le siège du passager. La belle quitta la chaleur de sa main avec regrets avant de contourner le véhicule. Il lui était si familier… C’est comme si elle avait déjà roulé avec… La belle ouvrit la portière, s’installa gracieusement sur le siège, claqua la porte et boucla sa ceinture, réflexe qu’elle avait depuis toujours. David lui demanda où il devait la conduire :

    « Au poney club du Pin, sur la route du Domaine, t’sais, c’est là qu’on avait ramené un cheval qui s’était tiré le mois dernier ?... »

    Quand David fut prêt, il démarra le véhicule blanc et s’élança vers la sortie. Il paya la note, qui devait être bien chère à cause du retard qu’avait eu l’avion. Pour terminer, il prit la direction du Domaine. Arrivé au rond point, les deux jeunes se rendirent compte qu’il y avait un monde fou et que la circulation sur l’autoroute risquait d’être proche… Voyant son ami s’énerver, elle tourna la tête pour masquer un sourire amusé. Le jeune homme fit alors un grand détour. Il était malin, parce que, même s’ils allaient faire plus de route, ils arriveraient sûrement plus vite que par l’autre chemin. Marion se laissait conduire en toute confiance. Elle ne surveillait ni la conduite de son chauffeur, ni les chemins qu’il prenait. Elle savait qu’il la mènerait à bon port, alors elle n’avait pas de quoi s’inquiéter. Un silence religieux s’installa entre eux, comme souvent lorsqu’ils étaient ensembles. Même quand ils se retrouvaient au milieu d’une foule d’amis, ils ne parlaient pas. Marion n’était pas à l’aise lorsqu’il la regardait, parce qu’elle ne savait pas ce qu’il pensait d’elle à ce moment-là. Alors que David se cala contre sa porte et lâchait le voulant de sa main droite, il lui posa une question à propos de son Week-end à Deauville. Elle l’avait oublié celui-là. La compagnie de son camarade et la fatigue du voyage lui avaient fait penser à tellement d’autres choses que son concours avait été totalement oublié au fond de son esprit. Marion s’éclaircit la gorge : elle était restée trop longtemps silencieuse, si bien que sa voix s’était enrouée.

    « Plutôt concluant, avoua-t-elle. Just a été vraiment adorable, et l’organisation était vraiment bien. Y’a eu aucune agression, et les paparazzi étaient exclus alors on avait la paix, pour une fois. »

    Elle continua son récit, en ne mettant que quelques rares détails, de peur de l’agacer. Il ajoutait quelques remarques de temps en temps, preuve qu’il l’écoutait quand même. Ils parlèrent d’abord de son parcours que Marion qualifia de barbare parce que son cheval y allait avec une franchise affolante. Marion avait eut beaucoup de mal à contenir toute la force de l’animal, et c’est ainsi qu’elle avait fait une faute au barrage car le cheval avait rasé l’obstacle en allant bien trop vite. Maudits dernier obstacles, se dit-elle en se taisant pour de bon. Il n’avait pas besoin de tout savoir.
    La jeune irlandaise se surprit à l’admirer derrière sa longue mèche brune. Il était si beau quand il était concentré… Elle se pinça les lèvres nerveusement. Ses prunelles vertes étaient distraites, mais elles brillaient de mille feux. Sa peau avait gagné en coloris depuis son départ. Il avait dû faire beau, et comme il passait ses journées dehors… Marion détourna les yeux, consciente qu’elle insistait trop et qu’à tout moment, elle pouvait le déstabiliser dans sa conduite.

    Son attention était donc reportée sur le paysage qui défilait à toute allure derrière les vitres du véhicule. Il roulait vite, mais cela ne la dérangeait pas. Marion avait toujours adoré la vitesse, et elle l’avait souvent vue en montant avec son ex petit ami, un fou de conduite à vingt kilomètres par heure au dessus de la limite autorisée… La belle se détendit dans le siège quand une silhouette étrange apparut sur la route. Elle était loin, mais la voiture allait si vite qu’il serait dur de l’éviter si elle ne se bougeait pas… David écrasa la pédale de frein, Marion sentit son cœur bondir de sa poitrine en voyant que la chose restait immobile, telle une statue. Plus l’AX s’avançait et plus la silhouette devenait claire. Un cheval, c’était un cheval. Sa robe foncée étincelait de mille feux, sa longue queue était en panache et il piaffait nerveusement sur la route, sans se décider à s’en aller. David fit un brusque mouvement de volant vers la droite pour l’éviter alors qu’ils s’apprêtaient à le percuter. Les pneus crissèrent dans un bouquant infernal, la voiture se pencha du côté de Marion et s’immobilisa dans quelque chose qui ressemblait vaguement à un fossé. La belle partit en avant dans le choc de la chute. La ceinture lui rentra dans la gorgé, l’étranglant au passage. La belle irlandaise l’écarta violement pour reprendre son souffle. Voyant que l’attelage ne bougeait plus, elle se détacha et se frotta la peau à l’endroit qui la brûlait. Heureusement qu’elle avait mit sa ceinture, sinon, elle aurait sans doute finit dans le pare-brise. La porte de David s’ouvrit, en jurant il sortit et observa les détails.

    « Ces conneries ça arrive qu’à nous, maugréa Marion, assez fort pour que son camarade l’entende. »

    Elle jeta un œil par sa fenêtre : de l’eau coulait sous la voiture. Si elle descendait, elle tomberait dedans. La belle, tout en légèreté, enjamba le lever de vitesse et s’extirpa de l’engin avec le plus de douceur possible, pour qu’il ne bascule pas. Elle ouvrit sa poche intérieure et en sortit un téléphone portable qui avait bien vécu… Avec un peu de chance quelqu’un décrocherait et on leur enverrait du secours. Elle se déplaça de quelques pas, se rendit compte qu’il n’y avait pas de réseau et s’avança un peu. Zeeeeeeen, ça va, tu vas massacrer personne, tu es zeeeeen… Elle referma le téléphone, en colère, et leva les yeux. Bizarrement, la colère fut remplacée par la crainte. Elle avait attiré l’attention du cheval. Elle l’admira, impressionnée par sa musculature et sa robe magnifique. Sauf qu’elle savait qui il était. Le cercle autour de son œil ne pouvait pas la tromper. C’était Black Unknow, le cheval sauvage le plus redouté le tous le coin : il semait la terreur partout où il passait, se battant avec les étalons, attirant l’affolement des autres équidés. Il tendit la tête vers les jeunes, plaquant ses oreilles sur sa nuque et montrant les dents. Marion recula et se mit à côté de David. L’étalon poussa un hennissement de fureur qui sonna si aigu à leurs oreilles que Marion en eut la migraine. Il se leva de toute sa hauteur. Ses antérieurs battaient l’air dans leur direction. Le sang se glaça dans les veines de la belle brune. Elle ne bougea pas tandis que la bête sauvage détalait violement dans la forêt en sautant la voiture, à demie enfoncée dans le ravin. Ses postérieurs passèrent à quelques centimètres de la tête de David. Celui-ci ne bougea pas, Marion le dévisagea, troublée. Quand ils n’eurent plus rien à craindre, c'est-à-dire une demie seconde plus tard, la belle se planta devant David. Son regard inquiet chercha les magnifiques prunelles de son camarade.

    « Par pitié, dis-moi qu’il ne t’as pas touché !... »

    Elle se pinça les lèvres, posa ses mains glaciales contre son torse, leva la tête pour le regarder droit dans les yeux…

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MessageSujet: Re: Le retour de la cavalière prodigue... PV Marion   Mar 30 Déc - 19:25

    L’étalon noir le défiait du regard, et David le fixa sans ciller devant ces yeux fous. Ce n’était pas la première fois qu’ils se rencontraient, loin de là. Les souvenirs du jeune homme remontaient à loin, jusqu’à quelque cinq ans plus tôt, lorsqu’un cheval cinglé avait failli réduire Marion en bouillie dans son box. Leurs chemins s’étaient croisés plusieurs fois par la suite, et, par coïncidence ou pas, l’étalon avait deux fois failli provoquer la mort de David et de la jeune femme qui l’accompagnait alors. Du reste, le jeune homme en gardait des cicatrices. Mais ce n’était pas non plus la première fois qu’ils se faisaient face de la sorte, comme deux adversaires… ou deux ennemis, tandis qu’une sorte de défi planant dans l’air devenu électrique.
    Peut-être était-ce ridicule de réagir ainsi face à un simple cheval, mais David sut avec netteté qu’il ne devait pas baisser les yeux. Question de fierté, bien sûr, et d’autre chose, peut-être ?
    Il eut vaguement conscience de Marion, à la périphérie de sa vision, qui vint se réfugier dans son dos. Il ne bougea pas et garda le silence, soutenant le regarda meurtrier de Black Unknown, dont les oreilles couchées disparaissaient sous son opulente crinière. Brusquement, un hennissement strident déchira l’atmosphère et l’étalon se cabra de toute sa hauteur, battant l’air de ses antérieurs aux sabots d’une taille et d’une dureté impressionnantes. David n’eut pas un geste de recul. Une menace, ce n’était qu’une menace. Le grand noir se remit abruptement sur ses quatre membres et, dans un fracas de sabots, s’élança au galop à toute allure, prit son élan et s’envola au-dessus de la voiture, tout près du jeune homme qui vit passer les postérieurs à quelques centimètres de lui et sentit l’air qu’ils avaient déplacé. Il avait fait appel à tout son self-control et n’avait pas bronché. Rien qu’une menace. Il le savait depuis le début.
    Il souffla doucement entre ses dents en réalisant soudain la tension qui avait contracté son corps entier, et se relâcha. Marion se planta devant lui et s’écria d’une voix inquiète en posant les mains sur son torse :
    « Par pitié, dis-moi qu’il ne t’as pas touché !… »
    Il baissa les yeux et croisa son regard inquiet. Ignorant avec détermination l’attachement qu’il sentait au fond de ces prunelles, il répondit froidement, un peu agacé :
    « Mais non, ça va ! »
    Néanmoins, le contact des paumes de la jeune fille sur son torse lui faisait un effet bizarre et il ne put s’empêcher de prendre les mains de Marion entre les siennes. Comment faisait-elle pour avoir toujours les doigts aussi froids ? Il les caressa doucement du pouce, sans toutefois oser poser le regard sur elle. Tout à coup, quelque chose à la périphérie de sa vision attira son regard.
    *Bordel de merde !!!*
    Il se dégagea brutalement et rejoignit la voiture en deux enjambées. Doucement, tranquillement, l’avant du véhicule basculait vers le fossé. David se jeta sur l’AX qu’il retint par l’arrière, tant bien que mal. La lente chute de la voiture s’arrêta. Jurant dans sa barbe, le jeune homme affermit ses mains sur le rebord du coffre, qui saillait suffisamment pour lui offrir une prise à peu près correcte. Il se cala, pieds campés au sol, parfaitement conscient que s’il lâchait, la voiture amorcerait une magnifique glissade dans le fossé. Oh, bien sûr, ce n’était pas si profond, mais la magnifique et étincelante peinture blanche risquait d’en pâtir quelque peu. Sans compter que, une fois enlisée au fond, il faudrait déployer un certain nombre d’efforts pour libérer le malheureux véhicule.
    Se remémorant sa dernière discussion avec Dan, le légitime propriétaire, David sourit pour lui-même avec ironie. Promis, promis, je fais gaffe, je te la ramène intacte…
    « J’en connais un qui va être content en revoyant sa caisse… » marmonna-t-il à voix haute.
    Bon, et maintenant ? Magnifique, il avait empêché l’AX de basculer, c’était un pur exploit, extraordinairement merveilleux et tout ce que vous voulez… Sauf que ça ne l’avançait pas. Ses petits biscotos ne seraient pas vraiment suffisants pour dégager la voiture et la tirer en arrière sur un sol sûr…
    « Arf, Marion ? J’crois que j’vais avoir besoin d’aide… » commenta-t-il, d’une voix légèrement hachée par l’effort.
    Il s’interrompit un instant, le temps de repositionner ses doigts qui glissaient et il tira violemment en arrière en sentant sensiblement bouger la voiture, qui paraissait toujours aussi désireuse de faire le grand plongeon dans le fossé.
    « Si tu pouvais ouvrir la portière avant et pousser vers moi… Non, plutôt, cherche dans la boîte à gants, doit bien y’avoir des sandows, ou quequ’chose… »
    Quand bien même serait-ce le cas, en quoi cela pourrait-il l’avancer ? Mieux valait ne pas se poser la question, décida-t-il fermement. Pas encore. Ils trouveraient bien… !
    Subitement, un grondement de moteur se fit entendre au loin. Une voiture !
    Le bruit se rapprocha rapidement, et David en se tordant pour voir la route derrière lui vit passer à toute allure une moto qui ne leur accorda pas le moindre regard.
    « CONNARD ! » hurla-t-il à l’intention du conducteur casqué qui, déjà, disparaissait dans un tournant.
    *Non mais quelle idée de conduire si vite sur une route pareille…* pesta David, bien qu’il soit plutôt mal placé pour critiquer les excès de vitesse.
    Il reporta son regard la jeune fille qui fouillait dans la voiture, et se surprit à espérer vaguement que Dan n’ait rien laissé traîner de compromettant.
    « Bon, ça y est ?! » s’impatienta-t-il.
    Bander ses muscles ne l’aidait pas vraiment à la patience. Et même, ses bras trop contractés mettaient ses nerfs de plus en plus à vif.
    Alors que Marion émergait enfin de l’AX, un autre bruit de moteur se fit entendre, très loin. Est-ce que le véhicule se dirigeait réellement vers eux ? David tendit l’oreille. Le grondement s’atténua. Dépité, le jeune homme songea que le conducteur avait dû emprunter une autre route. Toutefois, le bruit reprit de l’ampleur. Peut-être était-il sur leur route, finalement ! Avec ces virages, montées et descentes, les illusions sonores n’étaient pas rares.
    David échangea un regard avec Marion. Peut-être que si cette dernière se plantait sur la route, ce conducteur-ci serait plus disposé à s’arrêter pour leur prêter main-forte ? Il y avait intérêt, en tout cas. Parce que, cette route était exceptionnellement peu fréquentée, et c’était un miracle qu’un deuxième véhicule passe si peu de temps après le précédent. Du reste, il y avait de fortes chances pour que ce soit le dernier avant un sacré bout de temps…
    Une fois de plus, alors qu’il avait sans s’en rendre compte légèrement relâché ses efforts, la voiture fit mine de piquer du nez et il la tira violemment en arrière. Le plus frustrant, dans tout ça, c’est que quelle que soit la force qu’il y mettait, jamais le véhicule ne reculait, il se contentait de se stabiliser plus ou moins.


[C'est... Merdique. Au moins j'en suis consciente What a Face ]

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Le retour de la cavalière prodigue... PV Marion
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