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 « Le médecin va m’tuer… » [David]

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Nusicaa Wiltman (abs)
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MessageSujet: « Le médecin va m’tuer… » [David]   Mar 9 Sep - 23:16

    Soleil. Soleil. Soleil. S’il fallait choisir un mot pour définir cette journée, ce serait bien celui-ci. C’était ce que Nusicaa s’était dit le matin, en se levant et, bien des heures plus tard, sa philosophie n’avait pas changé. Elle avait émergé d’un mauvais sommeil secoué de réveils intempestifs et de cauchemars aux environs de six heures et demie et déjà, à ce moment là, un ciel bleu azur lui avait évité une nouvelle journée de mauvaise humeur. Il faut dire que les jours précédents avaient été en parfaite opposition avec celui-ci. Pendant près de trois jours, la pluie et le vent n’avaient cessés que l’espace de quelques heures durant la première nuit. Chevaux et cavaliers étaient restés enfermés bien trop longtemps au gout de tous, coincés par les intempéries. Pour la première fois depuis quelques temps, Nusicaa savourait l’été. Et comment faire honneur à un si beau temps autrement que par une petite visite aux bords de la piscine ? Il était quatorze heures passées et il y avait bien vingt bonnes minutes que la jeune femme était étendue sur l’un des nombreux transats qui bordaient le bassin du Domaine de la Rose Noire. A cette heure-ci, l’endroit qu’elle avait choisi était totalement exposé aux chauds rayons du soleil. Les yeux fermés, la belle brune en profitait largement, surtout que, mis à part un oiseau plus que joyeux, la piscine était déserte. Tous les élèves, ou presque, de l’internat avaient bien entendus décidé de faire sortir leur monture, chose que le temps leur avait interdit bien trop longtemps. Et c’est certainement ce que Nusicaa aurait fait si elle en avait eu la possibilité…

    Ces pensées lui firent rouvrir un œil et jeter un regard noir sur sa jambe droite. Elle avait beau être débrouillarde et très téméraire, monter sur Flash avec une pareille atèle lui était tout bonnement impossible. C’est avec regret qu’elle était passée voir sa jument quelques heures plus tôt sans pouvoir rien faire d’autre que de lui administrer un minutieux pansage. Comme chaque jour depuis ce qui s’était passé aux plaines… Un frisson la parcourut et elle referma les yeux, se concentrant exclusivement sur la musique que débitait son iPod. Le rythme rapide de la batterie l’assourdissait depuis cinq bonnes minutes mais avait au moins l’avantage de l’empêcher de réfléchir à autre chose qu’a son schéma compliqué, du moment qu’elle s’y intéressait un tant soit peux, ce qui était totalement le but de la manœuvre. Le désavantage à ne faire rien d’autre que traîner, c’est que les pensées s’envolent un peu n’importe où, échappant parfois à tout contrôle. Et s’il y avait bien une chose que Nusicaa évitait à tout pris en ce moment, c’était ça. Inévitablement, à chaque fois qu’elle se laissait aller, son esprit se focalisait sa dernière et désastreuse balade. Or, si elle cherchait à focaliser ses réflexions sur les hurlements d’un groupe de rock qu’elle n’avait jamais vraiment aimé, c’était justement pour éviter ce sujet-là.

    Quelques minutes s’écoulèrent lentement avant qu’elle ne décide définitivement qu’elle était totalement ridicule. Elle arracha ses écouteurs de ses oreilles avant d’éteindre le baladeur er de l’envoyer valser quelques centimètres plus loin sur le coussin du transat. Son regard tomba alors sur le journal, posé à peu près au même endroit. Ses yeux s’accrochèrent sur la photo en noir et blanc qui occupait une partie de l’espace de la page à laquelle le journal était ouvert. La femme, figé dans un parfait équilibre, les mains posées sur une poutre, lui ressemblait de façon troublante. Son visage concentré que l’on distinguait assez bien sur l’image rappelait de façon quasiment identique l’expression qu’avait Nusicaa quand c’était elle qui se trouvait sur la poutre. Et pour cause… c’était sa mère. « Maria Lopez, de succès en victoire. » Tel était le titre qui, pompeusement, s’étalait au dessus de la photo. L’article, Nusicaa l’avait lu plusieurs fois depuis qu’elle avait acheté le journal, le matin même. Rien que de très banal, mais cela lui permettait de retrouver un peu sa mère dont elle n’avait eu aucune nouvelle depuis longtemps. Elle avait eu vent de ses succès lors de ses dernières compétitions, mais rien de plus. Visiblement, le fait d’aller vivre au Japon avec son coach n’avait pas altéré son talent de gymnaste… Au bas de la page, un petit encadré portant le titre de « De mère en fille » lui avait arraché un sourire. La journaliste avait consacré une partie de son article à la fille de Maria, championne qui s’était déjà taillé une renommée internationale dans le monde de la gym. L’encadré finissait par le regret de l’auteur de voir la jeune Nusicaa se poser dans une école équestre de Camargue – bien entendu, Maria n’avait pu garder pour elle cette information – plutôt que de continuer son ascension. Le tout était assorti d’une seconde photo la jeune femme dans la même position que sa mère, lors de sa dernière compétition. Nusicaa lâcha un soupir. La gym lui manquait beaucoup, mais l’équitation lui permettait de compenser en partie ce manque. Elle s’était promis, en s’envolant pour le Domaine, de ne pas laisser tomber les agrès et de continuer à participer à certaines compétitions. Malheureusement, la dernière occasion qui s’était présentée à elle datait du jour précédent et même avec toute la volonté du monde, elle n’aurait pu y participer.

    Un mouvement non loin d’elle la sortit de ses pensées. Lâchant le journal des yeux, Nusicaa tourna la tête pour apercevoir l’ombre d’un oiseau qui s’envole. Elle était définitivement seule au bord de cette piscine. Son regard suivit la trajectoire d’un avion qui passait haut au dessus de du Domaine avant de se poser, envieux, sur l’eau claire qui clapotait à quelques pas d’elle. Il faisait chaud, en cette journée de fin d’été et il y avait un petit moment déjà qu’elle lorgnait dessus sans vraiment se résoudre à y aller. A vrai dire… elle n’était pas censée se poser cette question. L’attèle qui entourait sa jambe droite aurait du trancher directement. Sa dernière expérience, datant de deux jours auparavant, lui avait apprit que les plâtres et autres bandages supportait mal les baignades, et même qu’un plâtre en cas de bain nocturne improvisé pouvait s’avérer particulièrement dangereux. Seulement voilà, Nusicaa était une fille têtue. Elle jeta un regard noir aux deux béquilles, posée par terre à côté du transat puis de nouveau à la piscine. Une fille têtue voir même obstinée parfois… Un souffle d’air chaud donna raison à la petite idée qui lui trottait dans la tête. Doucement, elle se mit debout en s’appuyant sur ce qu’elle pouvait puis sautilla sur une jambe jusqu’au bord de l’eau. Le médecin va m’tuer… pensa-t-elle avec un sourire amusé. Elle s’assit, plongeant sa jambe libre dans l’eau fraîche en soupirant de plaisir. Elle savait, quand elle était arrivée une demi-heure plus tôt, qu’elle avait eu raison de prévoir une tenue adaptée à une baignade. Elle portait donc un maillot de bain deux pièces dont le rouge mettait en valeur sa peau métissée et soulignait joliment ses formes.

    Quelques secondes plus tard, elle plongea sa deuxième jambe dans la piscine. L’eau chlorée s’infiltra sous les bandages mais elle ignorait la légère brûlure que cela provoquait. Lentement, elle finit par se retrouver entièrement dans l’eau qui lui arrivait à la taille, un sourire sur les lèvres. L’eau, délicieusement fraiche, lui faisait sentir seulement maintenant à quel point la chaleur extérieure était forte. S’aidant du rebord pour ne pas appuyer sa jambe blessée au sol, elle s’avança un peu de façon à n’avoir plus que les épaules au sec puis, après s’être assurée que son bandage tenait toujours, jusqu’au fond de la piscine, là où elle n’avait plus pied. Sans lâcher le bord – une seule quasi noyade lui avait largement suffit – elle se laissa descendre sous la surface de l’eau. Elle resta ainsi, les yeux ouverts, à contempler comme une enfant les bulles qui se formait à chacun de ses mouvements, jusqu'à ce que le souffle lui manque. Quand elle se sentit au bout de ses capacités, elle se hissa sur ses bras pour retrouver la surface. Quand elle eut reprit sa respiration et dégagé de sa vue les cheveux qui s’y étaient collés, elle posa son regard sur le bord. Deux pieds. Elle eut un léger mouvement de surprise avant de réaliser qu’elle n’était plus seule…

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MessageSujet: Re: « Le médecin va m’tuer… » [David]   Jeu 11 Sep - 19:28

    « Pitain comment qu’y fait chauuud… »
    Une vraie journée d’été ! Bon d’accord, c’était plus agréable que les jours pluvieux qui étaient passés précédemment en laissant pour seule possibilité à David de broyer du noir, mais la canicule, on s’en serait bien passé. D’autant qu’à part… broyer du noir, le jeune homme ne pouvait pas vraiment faire grand-chose. Et ceci, à cause d’un magnifique bras en écharpe et de douloureux points de suture sur le côté du ventre. Il en aurait fallu plus pour le dissuader d’aller voir sa jument, et il l’avait pansée et soignée comme d’habitude depuis sa sortie de l’hôpital. Asha Leïla avait senti la faiblesse de son cavalier et avait tenté d’en profiter, mais à défaut de sa force physique le jeune homme gardait toujours son autorité inflexible et il l’avait vite remise à l’ordre.
    Ce matin, il avait essayé de la travailler en longe. Avec une seule main, c’était… délicat, d’autant que la jument n’était pas des plus attentives, mais au moins ça avait eu le mérite de l’occuper un moment. Il avait aussi essayé de monter, malgré l’avertissement sévère du médecin. Résultat des courses : il avait rouvert sa cicatrice sur le flanc. Mais ça ne l’empêcherait pas de recommencer, ça c’était sûr. En matière d’imprudence et d’obstination, David était passé maître.
    « Qu’est-ce qui t’es arrivé ?? »
    Sixième. Sixième élève stupide qui lui posait la question cet après-midi. Il n’y avait pas cours aujourd’hui et où qu’il aille, il se trouvait un tas de monde bruyant et joyeux qui l’énervait tout particulièrement, surtout lorsque des regards étonnés se posaient sur son bras plâtré ou sur les coupures de son visage.
    « J’suis tombé d’shet’ ! » rétorqua-t-il, excédé.
    Par la suite les regards noirs qu’il lançait à la cantonade dissuadèrent les autres curieux de l’approcher.
    *Mais enfin, y’a pas moyen de trouver un coin tranquille ici ?!*
    Deux fois qu’il se tapait le tour de l’internat, parc compris, mais il n’avait encore trouvé aucun lieu désert et paisible. Tout était envahi d’élèves… ! Soupir. David sortit sur le perron du bâtiment et retourna dans le parc, marchant d’une allure nonchalante en foudroyant du regard tout ce qui passait devant ses yeux.
    *LÀ !*
    Ses pas l’avaient mené du côté de la piscine, endroit qu’il avait évité jusque là en se doutant que ce serait envahi. Mais apparemment, la chaleur et le soleil avaient éveillé d’autres envies chez les élèves car aucun bruit de discussion ni de plongeon ne lui parvenaient depuis l’autre côté de la palissade qui protégeait la piscine. David s’assit au pied du mur, dans une ombre approximative, et ouvrit la pochette en carton qu’il se trimballait un peu partout depuis une bonne demi-heure maintenant.
    Il en sortit une épaisse liasse de feuille qu’il parcourut rapidement. RÈGLEMENT CONCOURS DE DRESSAGE – SEPTEMBRE 2008. Dire qu’il avait écrit tout ça ! Enfin, disons plutôt qu’il l’avait pioché du côté de la FFE et avait modifié deux-trois détails… Il lui restait maintenant à préparer les reprises, les fameuses reprises pour chaque niveau. Ça, ça serait barbant. Il poussa un soupir contraint tout en appuyant une feuille encore vierge sur ses genoux et en glissant un stylo entre ses doigts.
    Manque de bol, il avait cassé son bras droit. Mince, il aurait dû demander au chasseur de viser l’autre… Bref, étant droitier David devait littéralement se battre avec sa main gauche pour que celle-ci tolère de garder le crayon entre ses doigts et daigne le déplacer sur la feuille sans faire trop de gribouillis. L’écriture de David, déjà minable en temps normal, était totalement illisible même pour lui. Mais bon, on ne pourrait pas venir lui reprocher de ne pas faire son travail, après ça…
      Épreuve 1 : Galops 1&2
écrivit-il avec application. Puis ce fut le gros blanc. Il dut passer dix bonnes minutes à considérer le blanc de sa feuille, tandis que sa tête n’était qu’un grand et terrifiant vide. Bon, on aura plus d’inspiration pour les autres, songea-t-il, se bourrant d’illusions, tout en prenant une seconde feuille pour y écrire soigneusement :
      Épreuve 2 : Galop 3
Non, décidément, ça ne venait pas. Pour les autres peut-être ? Il passa quelques minutes à calligraphier le titre de manière lisible, puis s’enfonça dans la rêverie.
*Bon… Entrée au pas, salut… Marcher large… Volte en E… Épaule en dedans… Appuyer… Départ au galop en B…*
Bientôt la page fut couverte de lignes bleues.
« Impeccable ! » exulta-t-il en terminant d’écrire Salut.
Plein de motivation, il reprit la feuille de l’épreuve 3 et commença à gribouiller un début de reprise.
BAANG.
La détonnation le fit sursauter et son stylo profita de l’occasion pour lui échapper de la main. Un pétard… Ce n’était qu’un pétard, rien à voir avec le bruit d’un fusil… Mais les images mêlées d’un étalon cabré, de chasseurs fous et d’une chute de cheval se mêlèrent dans son esprit tandis qu’une douleur fulgurante lui transperçait le bras.
Psychologique, c’était purement psychologique. Non, il n’avait pas mal, pas vraiment, du reste il n’avait rien au bras, il n’avait jamais mal sous son plâtre !
Plus moyen de se concentrer maintenant. Malgré ses efforts, la page blanche restait obstinément blanche désormais. Bon, il avait au moins une reprise et demie… La moitié de fait. S’avisant qu’il avait mal aux fesses, assis par-terre dans cette position inconfortable, il se releva et décida de changer d’abri. La piscine était toujours silencieuse, donc vide. Il y avait des transats et sûrement des parasols aussi, ça serait beaucoup plus agréable que le sol…
David fit donc le tour de la palissade et entra dans le périmètre de la piscine. Immédiatement, une forme sombre dans l’eau attira son regard. Il s’approcha du bord et distingua deux mains accrochées et une masse de cheveux bruns qui flottaient à la surface. Qui était donc cette fille seule qui restait si longtemps en apnée ?
Quelques instants s’écoulèrent, puis elle refit surface et, lorsque d’une main l’inconnue dégagea ses cheveux trempés de son visage, il s’aperçut qu’en fait elle lui était plutôt connue. Et pour cause, il s’agissait de Nusicaa. Celle-là même qui était présente lorsque, pour une raison que la raison igniore, un braconnier taré avait tenté de vider son chargeur sur lui. Décidément c’était l’après-midi des réminiscences…
« Tu nous fais quoi là ? T’essayais de te noyer ? » demanda-t-il avec un sourire vaguement moqueur. « Préviens-moi à l’avance si jamais j’dois t’sauver… Que j’aie le temps de me préparer quoi ! »

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MessageSujet: Re: « Le médecin va m’tuer… » [David]   Jeu 11 Sep - 23:50

    Nusicaa cligna des yeux, tachant d’ignorer les cheveux qui étaient de nouveau retombés devant. Passé le premier instant de surprise, elle eut le bon sens de se demander à qui pouvait bien appartenir les deux pieds sur lesquels son regard brillant d’eau chlorée s’était posé. La réponse vint d’elle-même lorsque que le nouveau venu éleva la voix.

    « Tu nous fais quoi là ? T’essayais de te noyer ? Préviens-moi à l’avance si jamais j’dois t’sauver… Que j’aie le temps de me préparer quoi ! »

    Tandis qu’il parlait, la jeune femme leva la tête. Réflexe totalement superflu puisque la voix autant que la remarque qu’elle venait d’entendre lui suffisait largement pour reconnaître David. Néanmoins, elle attendit de croiser son regard vert pour lui grimacer un sourire. Ses yeux firent un détour par son bras droit, en écharpe. La position et l’eau dans lesquelles elle se trouvait dissimulèrent le frisson qui lui échappa et elle parvint à réprimer un soupir. Malgré tous les efforts qu’elle faisait, rien n’arrivait à lui faire oublier, ne serait-ce qu’un tant soit peu, les événements de ces derniers temps et cela avait une forte tendance à l’agacer. Elle détacha son regard du plâtre puis, se souvenant de la remarque, laissa échapper une grimace, qu’elle ne prit pas franchement la peine de dissimuler. Elle leva une nouvelle fois la tête puis répondit :

    « Huum… Honnêtement, une seule quasi-noyade me suffit. »

    Ces mots étaient à peine sortis de sa bouche quelle se mordilla la langue. Ce qui s’était passé au lac, quelques jours plus tôt, était censé passer le plus inaperçu possible. Si elle continuait sur cette voix, c’était mal barré… Il était plutôt rare que ce genre de choses lui échappe, elle qui savait généralement parfaitement se contrôler. Mais, bizarrement, en parler avec David – autrement dit avec une personne qui, par deux fois, s’était retrouvé avec elle dans une situation bien plus dramatique qu’une baignade forcée - semblait à Nusicaa bien moins pénible qu’avec une toute autre personne. Certaine barrières n’avaient plus vraiment lieu d’être… Néanmoins, la jeune femme enchaîna aussitôt sur ce qu’aurait dû être sa réponse, histoire de ne pas lui laisser trop de temps pour réfléchir à ce que ce qu’elle venait de dire sous entendait.

    « Et puis, j’pense avoir eu largement plus que mon cota d’expérience dramatique pour les dix prochains millénaires. Mais c’est très gentil à toi de te proposer pour m’éviter une mort aquatique. Promis, si j’ai un problème, je te fais signe. »

    Elle lui adressa un léger sourire dont le manque d’enthousiasme jurait avec son existence. Elle avait adopté un ton plutôt détaché. Bien trop détaché d’ailleurs pour que n’importe qui puisse être dupe de sa prétendue indifférence. Mais elle n’avait guère d’autres alternatives que de feindre l’ignorance ou de geindre sur son sort. Et cette dernière solution n’était, de son point de vue, absolument pas envisageable. Mais là, elle en avait marre. Lassée de jouer le jeu des apparences, et d’ailleurs certaine que David n’était pas le genre de personnes à se laisser tromper de la sorte, elle laissa son sourire s’effacer, remplacé bien vite par un soupir. Son regard, que la vie avait fait pétillant et vif en toute circonstance, n’avait rien perdu de son éclat et de son insolente fierté. Seulement, il était recouvert par un voile qui trahissait chez elle des émotions et des sentiments perturbants. Jamais elle ne se serait autorisé une pareille « faiblesse » avant, mais encore une fois, la compagnie de David changeait la donne.

    Elle se rendit alors compte qu’elle levait toujours la tête. Elle se demandant s’il ne valait pas mieux faire quelque chose pour y remédier plutôt que d’attraper un torticolis. Le jeune homme était bien trop grand – surtout par rapport à elle – pour qu’elle s’éternise à malmener ainsi son pauvre cou. S’appuyant sur le rebord de la piscine à l’aide e ses deux bras, elle tenta ce qu’elle n’avait pas eu la force de faire, deux jours plus tôt, sur le ponton. Son plâtre ayant été remplacé par une attèle sophistiquée, elle eut beaucoup moins de mal à se hisser que ce qu’elle l’avait d’abords pensé. Sans trop de complications, elle parvint à s’asseoir à même le sol, les jambes trempant encore dans l’eau. Une nouvelle fois, elle leva la tête vers David. Malheureusement, il se trouvait toujours aussi haut au dessus d’elle et en plus, elle avait le soleil dans les yeux. Un vague sourire s’étala sur ses lèvres abîmées de morsures puis elle s’adressa à lui d’un ton léger.

    « A moins que tu ne tiennes à ce que je me déboîte le cou ou que je devienne aveugle… ça te dérangerais de t’asseoir ? »

    Elle poussa un soupir volontairement exagéré et leva les yeux au ciel avec un air blasé puis regarda sa silhouette s’abaisser à une hauteur acceptable. Elle vérifia qu’elle ne risquait pas, au moindre mouvement, de cogner son bras en écharpe puis le remercia d’un sourire en se promettant ironiquement qu’un jour, elle aussi connaîtrait ce privilège d’être grande. Promesse totalement inutile et hors de propos étant donné qu’elle avait certainement déjà grappillé tous les centimètres qu’elle pouvait et surtout qu’une petite taille – donc un poids léger - était un atout considérable à la pratique de pas mal de sports, dont la gym bien évidement. Elle cessa à cet endroit ses débats mentaux sur toute notion de hauteur pour plonger son regard dans le bleu artificiel de la piscine qui s’étendait à ses pieds. Elle songea alors aux jours qui s’étaient écoulés depuis ce fameux et funèbre matin. Elle n’était pas restée trop longtemps à l’hôpital, n’ayant pas besoin d’un traitement particulier. Elle n’avait pas une seule fois parlé à son médecin de ses migraines – dont elle avait fait les frais pendant trois jours sans interruption – ni de ses étranges réactions à la vue de quoi que ce soit qui s’apparentait à une arme. Revolver, fusil… Même les dessins ou les jeux vidéo – elle avait pu s’en rendre compte après avoir décidé de se changer les idées dans un centre commercial – suffisaient à faire monter en elle une inexplicable panique et des violents frissons dont il lui fallait souvent plusieurs minutes pour se défaire. Son regard se posa automatique ses mains posées sur ses genoux, paumes vers le ciel. Sur la droite, une cicatrice rougeâtre et encore bien visible sillonnait sa chair sur une grande surface, résultat de sa rencontre avec les revolvers des policiers venus s’occuper d’elle. Elle frissonna. Rien qu’une pensée suffisait à la perturber. Détachant ses yeux de sa blessure, elle le posa sur David, visiblement lui aussi plongé dans ses pensées.

    Elle observa un moment son visage, griffé en quelques endroits. Elle aussi avait écopé de quelques égratignures, mais rien de vraiment notable. Ca se voyait plus sur le jeune homme… Ce n’était pas la première fois qu’elle le revoyait depuis sa sortie de l’hôpital. Elle l’avait croisé plusieurs fois par hasard, mais également pour prendre des nouvelles et autres banalités de ce genre. En tout cas, aucun événement catastrophiquement dangereux n’était venu troubler leurs nouvelles rencontres. A vrai dire, Nusicaa avait aussi fait en sorte de ne pas multiplier par trop de chiffres les moments passés avec lui. Elle n’avait absolument rien contre lui – au contraire, on pourrait plutôt dire qu’elle l’appréciait de plus en plus – mais un détail récurant dans leur discussions la gênait particulièrement. En fait, elle avait tout bonnement peur. Peur d’une simple et unique question qui ne manquait pas de revenir à chaque fois. Et à chaque fois, la belle éludait ou ne répondait tout simplement pas. Plus encore que l’idée d’une arme, penser ne serait-ce qu’un instant à la façon dont s’était terminée les incidents aux plaines suffisait à la plonger dans un état de renfermement plus qu’inhabituel. Car si, mis à part sa jambe et sa main, elle n’avait récolté presque aucune égratignures physique, elle s’était retrouvée sérieusement ébranlée niveau psychologique. Toutes les nuits, immanquablement, l’image du chasseur, agité de trois sursauts avant de s’écouler puis de son rictus, figé à jamais revenait la hanter et lui procurer sûrement les plus mauvaises nuit de sa vie. La culpabilité et la honte l’étouffaient et l’horreur de son geste la rongeait. Les policiers lui avaient expliqués qu’elle n’en serait pas inquiétée et que ce qu’elle considérait comme un meurtre s’appelait « légitime défense » mais cela ne l’avait guère aidée.

    Un bruit de voix féminines la sortit de ses pensées. Se rendant compte que son expression avait bien trop visiblement changé et qu’elle reflétait son malaise, elle s’appliqua à se recomposer un visage neutre avant de lever la tête. Devant le portail qui menait à la piscine, deux jeunes filles discutaient bruyamment en jetant des regards sur David et Nusicaa. Cette dernière reconnu l’une d’elle pour l’avoir envoyé balader à cause de sa trop grande curiosité. Il faut dire que ce fameux jour, cette fille de troisième année avait vu le 4x4 noir sortir de la cour. Elle gloussa avec son amie, lançant des regards lourds de curiosité et de sous entendus stupides à l’intention des deux blessées. Nusicaa serra les poings, supportant mal cette attitude et leur lança un regard aussi noir que possible. Les deux intruses se turent puis firent demi-tour, abandonnant illico leur projet de baignade. La belle métisse soupira en secouant la tête. Les gens qui posaient des questions l’énervaient. Mais alors, ceux qui gloussaient bêtement et qui avait ce genre de comportement la mettait hors d’elle.

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Dernière édition par Nusicaa Wiltman le Mer 29 Oct - 14:01, édité 2 fois
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David Moss [ABS&HS U_
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MessageSujet: Re: « Le médecin va m’tuer… » [David]   Lun 22 Sep - 20:44

    Nusicaa assortit une grimace à sa réponse, qui laissa le jeune homme légèrement perplexe. Il ne s’était pas attendu à la trouver si sérieuse… Cependant elle reprit rapidement la parole, s’efforçant peut-être d’employer un ton et des mots plus légers, mais David ne fut pas dupe un seul instant. Rien que le sourire sans joie qu’elle imprima de force sur son visage suffisait à lui prouver tout ce qu’il y avait de faux dans l’attitude de la jeune fille.
    Il la regarda s’extirper de l’eau sans rien dire, mais eut un sourire ravi en l’entendant lui demander de s’asseoir.
    « Humm, oui, oui, je sais, ma grandeur t’écrase… »
    Et avec des airs d’empereur accordant une immense faveur à ses sujets –ou plutôt à sa seule et unique sujette, puisqu’en fait, il n’y avait qu’elle dans les parages…-, il s’assit à côté d’elle au bord de la piscine. Il croisa les jambes pour éviter de les mettre à l’eau, et les contorsions qu’il dut faire pour s’asseoir en tailleur réveillèrent la douleur de ses points de suture.
    *Tu m’fais chier* annonça-t-il mentalement à sa blessure.
    Malheureusement cette dernière ne parut guère affectée par ces propos, pour peu qu’elle les eût compris, et continua à irradier, faisant manifestement exprès de lui mettre les nerfs à vif –elle était décidément très douée pour cela.
    À côté de lui, Nusicaa restait silencieuse, plongée dans des pensées qui n’avaient pas l’air très joyeuses à en juger par l’expression de son visage et de son regard voilé. David n’était pas un fin psychologue, bien au contraire il en était loin, mais il aurait vraiment fallu être complètement obtus et stupide pour ne pas percevoir que la jeune fille n’allait pas bien. C’est vrai qu’il ne la connaissait pas extrêmement bien, étant donné que la majorité de leurs rencontres s’étaient soldées par une catastrophe retentissante qui les avait empêchés de faire plus ample connaissance. Plus exactement, ce qu’il savait d’elle portait plus sur ses réactions en cas de crise que sur son comportement habituel. Mais là, il sentait vraiment son malaise.
    Leurs regards se croisèrent et il s’aperçut alors seulement qu’il n’avait fait que la fixer jusqu’à présent, d’un œil vide et inexpressif trop occupé par ses pensées pour réellement distinguer ce qu’il voyait. Cette fois, c’était Nusicaa qui l’observait et il vit ses yeux parcourir son visage, s’arrêtant brièvement sur chacune de ses égratinures. Ce qu’il haïssait ce genre de regard. Si les coups d’œil inquisiteurs l’avaient toujours agacé, depuis qu’il était sorti de l’hôpital et qu’il devait faire face à la curiosité ambiante il ne supportait plus cela et réagissait souvent violemment aux études trop approfondies de ses blessures. Ces blessures qui témoignaient d’une faiblesse, indiscutablement, même si au fond il n’aurait rien pu faire de plus pour les éviter. Et tout ce qui sous-entendait, même de très loin, une quelconque sorte de faiblesse en lui l’énervait tout particulièrement. Néanmoins, ce n’était pas la même curiosité malsaine qui se reflétait dans les prunelles de Nusicaa, ni même rien de ce genre. Son regard, à elle, ne le blessait pas comme ceux des autres. Peut-être parce qu’elle, elle savait à quoi s’en tenir sur l’origine de ces marques et que de toute façon, elle l’avait déjà vu en pire situation.
    Pour faire bonne mesure, il étudia à son tour le visage de la jeune fille, ne manquant pas de remarquer les traces sur ses lèvres. Il se fit alors la réflexion que, même assis, il était toujours plus grand qu’elle, même si l’écart était nettement moins marqué, et un sourire amusé étira le coin de sa bouche.
    À cet instant, des gloussements douteux parvinrent à ses oreilles et il fit volte-face, pour découvrir deux élèves à l’entrée de la piscine. Les deux filles parlaient avec animation et au vu de leurs coups d’œil répétés vers eux, il n’était pas dur de deviner leur sujet de conversation. Il fronça les sourcils, tandis qu’un agacement sans borne naissait en lui. Pour un peu, il se serait levé et leur en aurait balancé une à chacune, pour effacer de leur visage cette expression de curiosité déplacée. Mais non, ce sont des filles et on ne tape pas les filles. Enfin, on évite. Et puis avec un bras en écharpe…
    Il se contenta de leur lancer un regard glacial, du style de ceux qui font subitement baisser la température à -40°C. L’air subitement un peu mal à l’aise, les deux filles turent leurs éclats de rires stupides et prirent tout d’un coup le parti de tourner les talons, le temps ne se prêtant apparemment plus à la baignade à leur goût.
    Se retournant vers Nusicaa, il vit le regard suprêmement noir dont elle avait gratifié les deux intruses, et comprit alors pourquoi des dernières s’étaient autant pressées de faire demi-tour. Il eut un sourire qui s’agrandit graduellement, puis éclata carrément de rire.
    « Waouh, dis-moi, quel regard de killeuse ! » s’exclama-t-il.
    Même si un simple regard ne lui avait jamais fait ni chaud ni froid, il en fallait bien plus pour l’impressionner, il était tout de même content que ces yeux assassins ne se soient pas adressés à lui.
    « Pff, bande de dindes ! » grommela-t-il en direction de la porte de la piscine, et il poussa un gloussement suraigu, parfaite et ridicule imitation du rire des deux « volailles ».
    Il secoua la tête pour repousser son agacement, et son regard tomba alors sur les jambes de Nusicaa dans l’eau, dont l’une était soigneusement entourée par une attelle.
    « Tiens donc, je ne savais pas que la thalasso était recommandée en cas de balle dans la jambe… » commenta-t-il, ironique.

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MessageSujet: Re: « Le médecin va m’tuer… » [David]   Mer 24 Sep - 19:05

    Nusicaa regarda avec humeur les deux curieuses fermer le portail et s’éloigner de l’enceinte de la piscine, tout en continuant à piailler, glousser et à se retourner sans aucune discrétion. La belle brune serrait les poings. Raah ! Ce qu’elle pouvait haïr ce genre de comportement… Quand leur voix se furent totalement éteintes, elle soupira. Ses yeux lançaient encore des éclairs lorsqu’elle croisa le regard de David, aussi froid que le sien était noir. Du genre qui vous refroidit immédiatement et considérablement l’atmosphère. Les commères en avaient eu pour leur compte au moins… Cette idée fit sourire Nusicaa puis, finalement, elle se joignit à l’éclat de rire de David. Mais, la situation avait beau avoir effectivement un côté drôle, elle perdit tout de son comique quand le jeune homme s’exclama « Waouh, dis-moi, quel regard de killeuse ! ». Nusicaa s’arrêta net. L’espace d’un instant, sa bouche se tordit dans une grimace presque douloureuse, avant qu’elle ne scotche sur ses lèvres un sourire trop large pour être vrai. Elle savait que David ignorait ce que pouvait provoquer chez elle ces mots mais elle ne put empêcher son regard de se durcir, cachant derrière une épaisse carapace une âme si troublée. Tu ne crois pas si bien dire… pensa-t-elle, amère.

    « Oui. Une vraie tueuse. »

    Elle ne prit même pas la peine de dissimuler l’amertume parfaitement audible qui teintait sa voix et qui aurait juré, même avec le plus faux des sourires. La jeune femme se mordilla les lèvres, y ajoutant une nouvelle marque de dent. Elle avait toujours eu ce réflexe, mais depuis quelques jours, sa bouche s’en était retrouvée considérablement abîmée. Il arrivait souvent que, sans s’en rendre compte, elle en fasse couler une petite goutte de sang. De toute façon, elle préférait ça plutôt que de manifester trop ostensiblement les pensées qui la tourmentait. Ainsi préoccupée, elle ne prit pas toute de suite conscience de la remarque de David. Elle ne l’entendit réellement qu’au moment ou il poussa un gloussement parfaitement ridicule, belle imitation de celui des deux intruses. Nusicaa se contenta de lever les yeux au ciel de manière exagérée et de marmonner un « J’te jure… » aussi peu convaincu que convainquant. Elle s’en rendit bien vite compte et, se maudissant intérieurement, elle tenta d’insuffler ne serait-ce qu’un peu d’enthousiasme à ses traits, consciente que le résultat ne serait, quoi qu’elle fasse, que médiocre. Avec un discret soupir, elle posa son regard sur les jambes, autour desquelles l’eau formait de petits cercles qui s’agrandissaient puis disparaissaient lentement.

    « Tiens donc, je ne savais pas que la thalasso était recommandée en cas de balle dans la jambe… »

    Pour le coup, la réplique de David arracha un véritable sourire à la belle brune et la fit éclata d’un léger rire. Léger, mais franc. Elle souleva ses jambes au dessus de l’eau, les yeux fixés sur son atèle. Hum… En effet, elle doutait sérieusement que les baignades soient vraiment conseillées dans son cas. Elle était même plutôt certaine que si son médecin s’en rendait compte, elle allait encore une fois se faire engueuler. Elle avait eu le loisir de remarquer qu’il était assez compliqué de faire comprendre à un docteur que rester, pour une durée indéterminée, sans rien faire à cause d’une paire de béquille, était mission impossible. Elle avait aussi pu apprendre que le Dr Perez était loin d’être crédule quand sa patiente avait essayé de lui faire avaler qu’elle n’était pas tombée dans le lac, quelques jours plus tôt. Nusicaa continuait de sourire. Elle adressa un clin d’œil à David puis, délicatement, se glissa dans l’eau. Une fois accrochée au rebord, elle tenta une petite brasse sur le côté et sa plaça face au jeune homme, satisfaite de constater qu’elle ne coulait pas à pic, même avec son atèle. Vraiment un progrès pas rapport au plâtre… Elle n’avait pas pied, aussi elle devait bouger les bras pour rester à peu près hors de l’eau. Vivement, elle lança :

    « Héhé, tu s’ras moins bête ce soir. »

    Elle le détailla un instant. Une petite idée s’insinua dans son esprit. Bon, il n’était pas franchement en tenue de baignade, et après ? Une lueur malicieuse s’alluma dans le regard chocolat de la belle métisse, et un sourire de la même sorte étira ses lèvres. Rapidement, elle s’approcha du rebord ou était assis David. Sûrement que ses yeux l’avaient trahie car elle le sentit méfiant. Pourtant, nullement démonté, elle déclara :

    « D’ailleurs, t d’vrais essayer ! »

    Et, juste le temps de lui faire comprendre ce qui lui arrivait, elle attrapa son bras gauche. Vivement, elle tira, attirant le jeune homme dans l’eau en riant. Elle fit attention tout de même, à ne pas lui faire mal, se doutant bien que ses deux blessures s’en chargeait déjà bien assez. Après l’avoir balancé dans la piscine, elle ne lui laissa guère que le temps de remonter pour reprendre sa respiration avant de repasser à l’attaque. Rapidement, elle se glissa derrière lui et s’appuya de tout son poids – autrement dit, une charge plus que supportable, surtout dans l’eau – sur son épaule gauche pour le faire couler à nouveau. Il avait beau être grand, le fond de la piscine devait se situer à deux mètres en dessous la surface et encore une fois, elle fut certaine d’avoir réussit son coup. Elle attendit qu’il remonte. Elle riait. Il y avait pas mal de temps qu’elle avait prit la liberté de rire ainsi et elle dut avouer que ça lui faisait du bien. Chassant de sa tête toutes ses idées noires, elle se contenta de s’éloigner un peu de David, histoire de ne pas se faire avoir tout de suite à son tour. Bien qu’elle ne se fasse pas trop d’illusions quant au sort qui l’attendait en guise de vengeance. Quand il eut émergé de nouveau, elle l’éclaboussa puis s’exclama :

    « Alors, qu’est-ce que t’en penses ? On est bien hein ?! »

    Elle le détailla à nouveau. Selon toute logique, il était trempé. Elle jeta un œil sur les papiers qui traînaient sur le bord de la piscine. Elle ignorait de quoi il s’agissait, mais ce qui comptait c’est qu’ils soient au sec. Elle s’en serait voulu d’avoir fait s’envoler en fumer ce qui pouvait bien être un sacré travail. Quelque chose bougea au coin de son œil. Méfiante, Nusicaa regarda dans la direction dans laquelle se trouvait David… et eut la surprise de voir qu’il n’y était plus. Elle eut d’ailleurs à peine le temps de réaliser ce que ce changement insinuait avant de se sentir entraînée vers le fond. Han le traitre, par derrière ! A peine remontée, la jeune femme se vengea de cet acte criminel pour à nouveau en être la victime. Ils chahutèrent encore quelques minutes, malgré les plâtres et atèle qui supposait qu’ils n’étaient absolument pas censés être là. Mais ces derniers temps, Nusicaa avait été si encline à broyer du noir qu’à chaque fois, elle renonçait à se montrer raisonnable et repartait à l’attaque, attentive à sa blessure et à celles du jeune homme.

    Au bout d’un moment, la belle métisse fut prise d’un fou rire incontrôlable après avoir dut effectuer une pirouette des plus comiques pour échapper un assaut de David. Elle s’éloigna légèrement histoire de se calmer, jusqu'à un endroit où elle avait pied. Posant une seule jambe sur le sol – le moindre contact un peu trop prononcé suffisait à réveiller la douleur dans l’autre – elle inspira un grand coup essayant d’évacuer sa crise de rire. Ses longs cheveux était complètement trempés des mèches brunes était collés devant ses yeux. Elle fit un grand mouvement de tête pour les remettre en arrière, aspergeant au passage tout ce qui se trouvait dans le coin, dont David. Ce dernier détail déclencha une nouvelle vague de rire et la jeune femme semblait partie pour ne plus s’arrêter. Peut-être aurait-elle eut du mal à se calmer, mais personne ne le saura jamais car soudain BAAANG. L’effet fut immédiat. Nusicaa sursauta, s’arrêtant tout net de rire. Un pétard, ce n’est qu’un pétard. Elle eut beau essayer de se convaincre, c’était fichu. Livide, elle fut prise d’une série de violents frissons tandis que la détonation semblait résonner à l’infini à ses oreilles. Elle était bien consciente qu’elle n’était pas seule, mais il lui était impossible de faire quoi que ce soit. Et si quelques secondes plus tôt c’était une crise de rire qu’elle avait eu du mal à refréner, elle était maintenant victime d’une crise d’angoisse. Les images qu’elles tentaient d’oublier déferlèrent en elle, brisant les barrières mentales qu’elle s’était imposés. C’était comme à chaque fois. Chaque fois qu’elle se retrouvait face à un objet, un événement qui lui rappelait le grand fusil de chasse qu’elle avait eu en main, lors de cette catastrophique balade aux plaines. Ses dents s’enfoncèrent dans ses lèvres, les coupant en plusieurs endroits. Figée, elle ne pouvait que serrer les poings, menaçant de rouvrir la coupure qui lui traversa l’une des paumes. La voix de David lui parvint, comme dans un rêve, mais elle ne put même pas poser son regard sur lui. Ce dernier était troublé par de vives émotions, dont ressortaient principalement une inexplicable panique et une angoisse disproportionnée.

    Nusicaa finit cependant par prendre conscience des éclats de rire masculins qui se faisait entendre non loin. Elle ne voyait absolument pas ce qu’il y avait de drôle à faire éclater des pétards, mais cet évènement combiné au peu de volonté qu’elle put trouver en elle acheva de la sortir de son état second. Elle frissonna visiblement et secoua la tête. Ses mains qu’elle tenait sous l’eau étaient encore agitées des tremblements qui n’avaient cessé de secouer son corps pendant quelques secondes. Maintenant ça suffisait, il fallait qu’elle bouge. Vivement, elle se retourna, évitant soigneusement le regard de David qu’elle sentait dardé sur elle. Elle se haïssait. Elle haïssait cette faiblesse, cette peur insensée qui ne semblait plus vouloir la lâcher. Vaguement, elle regarda au loin et aperçut les silhouettes de trois garçons qui s’amusaient un peu plus loin mais qui ne semblaient pas avoir remarqué les deux baigneurs. Les yeux de Nusicaa se firent durs mais elle ne leur lança pas un mot, pourvu qu’il ne recommence pas. Cette idée la fit tressaillir, une nouvelle fois. Sans le regarder, elle annonça à David qu’elle avait froid parole totalement ridicule au vu de la chaleur extérieure - et qu’il valait mieux sortir. Lui tournant résolument le dos, incapable de se composer un visage neutre, elle se hissa une seconde fois sur le bord et s’assit, laissant ses jambes tremper dans l’eau. Avec effort, elle parvint à adresser un vague sourire au jeune homme. Une goutte de sang provenant de ses lèvres s’écrasa sur son menton sans qu’elle ne s’en rende compte. Avec des yeux limite inquiets, elle jeta un regard sur les trois ados qui s’amusaient avec leurs pétards. Ils avaient disparus. Elle lâcha un soupir et tenta d’élargir son sourire.

    « J’ai un peu de mal avec les pétards. »

    Marmonna-t-elle sens franchement espérer qu’elle le duperait.

    [Bon voilà. Euh, si ça te plaît pas ce que j'ai mis tu dis hein mais je savais pas trop quoi mettre sans les réactions de David.]

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Dernière édition par Nusicaa Wiltman le Mer 29 Oct - 14:02, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: « Le médecin va m’tuer… » [David]   Ven 24 Oct - 21:00

    Le rire de Nusicaa détendit brusquement l’ambiance, et ce n’est qu’à ce moment-là que David réalisa à quel point la tension était montée entre eux, sans raison apparente. Une tension qui, en fait, provenait directement et uniquement de la jeune femme. Il la regarda entrer dans l’eau en essayant de se composer un visage réprobateur, digne du sage et austère médecin qui les soignait tous les deux.
    Subitement, une étincelle s’alluma dans les yeux de Nusicaa et le jeune homme sentit le mauvais coup venir en la voyant s’approcher de lui d’un air qu’elle s’efforçait de rendre innocent. Au moment précis où il compris ce qu’elle allait faire, il atterrit dans l’eau. Ce que cette piscine pouvait être froide, en comparaison de la température extérieure ! Après une instinctive et vaine tentative de respirer sous l’eau, il retrouva le chemin de la surface en toussant. Une espèce de furie dégoulinante se jeta alors sur lui, le poussant vers le fond. Le jeune homme se laissa couler et en deux brasses, s’éloigna pour remonter à l’air libre hors de portée de son agresseuse. Il s’ébroua, chassant l’eau qui ruisselait sur son visage et s’efforçait de rentrer par toutes les issues possibles –nez, yeux, etc…-.
    « Ah, tu es fière de toi j’espère ! » grommela-t-il en tentant d’avoir l’air fâché. Malheureusement le rire qui couvait en lui était trop fort et cette tentative de fausse colère fut totalement avortée et réduite à néant par une franche rigolade.
    Mais pour une dangereuse noyeuse, Nusicaa manquait cruellement de prudence. Inattentive, elle regardait ailleurs et c’était plus qu’il n’en fallait à David pour mettre à exécution ses plans de vengeance déjà soigneusement élaborés. Il disparut sous l’eau, contourna la jeune fille en quelques brasses et jaillit derrière elle pour l’entraîner au fond de la piscine. Elle se débattit et ils remontèrent en même temps. S’attendant déjà à la revanche de Nusicaa, le jeune homme l’esquiva une première fois, avant de se faire choper la deuxième. Après avoir bu une bonne tasse, il ne manqua pas de se venger à son tour et se jetant sur la jeune femme avec une férocité toutefois quelque peu contenue par son plâtre et son pansement qu’il lui fallait ménager –déjà que le simple fait d’être dans cette piscine les mettait à mal…
    Alors que Nusicaa reprenait sa respiration, David voulut en profiter pour la couler une ultime fois. Cependant elle était sur ses gardes et eut le réflexe d’esquiver, même si la vitesse du jeune homme l’obligea à exécuter une espèce de saut bizarre et complètement tordu qui les fit exploser de rire à l’unisson. Le calme retomba sur la piscine, les deux jeunes étant littéralement paralysés par un rire quasi hystérique. Les vagues déclenchées par leur bataille aquatique se calmèrent peu à peu et un semblant de paix parut s’installer sur les lieux, une trêve implicite s’étant installée.
    De ses longs cheveux, Nusicaa éclaboussa un peu plus David déjà plus que trempé. Il avait l’impression que toutes les pores de son corps avaient absorbé l’eau de la piscine et ses vêtements gorgés de liquide étaient affreusement lourds et raides. Ses cheveux, pourtant très courts, avaient malgré tout réussi à emmagasiner suffisamment d’eau pour dégoutter joyeusement sur son visage et son cou. Les deux baigneurs redoublèrent d’hilarité, et ils semblaient partis pour une rigolade sans fin lorsque soudain…
    …BAAANG…
    La détonnation coupa net les éclats des deux jeunes et chacun ravala son rire, qui dans le cas de David lui resta en travers de la gorge. Un tourbillon de malaise l’envahit, accélérant démesurément les battements de son cœur. C’était un pétard, un simple pétard, le bruit était facile à identifier, totalement différent de celui produit par les tirs d’un fusil de chasse. Cependant son corps, que le jeune homme ne pouvait plus contrôler, fut pris d’un frisson convulsif et toute sorte de bonne humeur se dissipa en lui.
    La piscine était totalement calme et silencieuse maintenant. L’eau était redevenue calme et plate, sa surface lisse ondulait très doucement et clapotait timidement contre le bord. Mais ce n’était pas elle que voyait David. Dans sa tête défilaient les images, gravées sur sa rétine, du canon d’un fusil pointé droit sur lui. Il fronça les sourcils, secoua la tête pour déchirer en lambeaux cette sinistre vision qui ne lui inspirait que mépris pour lui-même.
    Son regard se posa alors sur Nusicaa, s’interrogeant sur sa réaction. La jeune femme avait blêmi, et ses yeux écarquillés fixaient le vide tandis que ses poings se serraient à en faire blanchir ses jointures. Une irrépressible angoisse semblait l’avoir envahie, et le jeune homme savait que ce que ces prunelles empreintes de terreur observaient si intensément. Certainement pas le bleu artificiel de cette piscine trop chlorée.
    « Nusicaa… » murmura-t-il, hésitant face à la panique qu’elle manifestait.
    Il se rapprocha d’elle mais aucune de ses paroles n’eut l’air de lui parvenir. Enfin, elle sortit de son état second, l’air un peu hagard, et il la regarda en silence tandis qu’elle se détournait vivement, mais pas assez cependant pour masquer son expression. Le prétexte du froid qu’elle invoqua pour sortir ne dupa absolument pas David qui, même si la température de l’eau l’avait surpris lors de son plongeon forcé, s’était fort bien accomodé après quelques minutes. Néanmoins, le jeune homme profita de cette excuse peu crédible pour sortir lui aussi. L’heure n’était plus aux baignades ni aux batailles d’eau, et encore moins à une franche rigolade entre potes. La tension qui s’était faite sentir au début de leur rencontre revint.
    « J’ai un peu de mal avec les pétards. »
    Ni ce pâle sourire ni cette voix un peu trop tremblante ne convainquirent David, cependant il hocha la tête et avoua avec un vague sourire sans joie :
    « Hum, moi aussi quelques fois. »
    Quelques… Toutes ?
    Sa voix ne manifesta aucune émotion, pas plus que son visage. Lorsque l’on a trop de choses à cacher, mieux vaut ne plus rien laisser paraître du tout. Il s’assit lourdement à côté de Nusicaa et prit alors conscience que ce tas blanc et mouillé prêt de lui avait autrefois été un magnifique projet de concours.
    « Bordel de merde de ch… »
    Après avoir débité avec une exceptionnelle ferveur un chapelet de jurons bien sentis, David récupéra du bout des doigts les feuilles trempées. Il prit conscience que tout le bord de la piscine était recouvert de flaques d’eau d’une taille et d’une profondeur peu communes, et soupira.
    « J’crois qu’on a vidé les trois quarts de la piscine… » ironisa-t-il.
    Il secoua vaguement les feuilles molles dont l’écriture au crayon s’était pratiquement effacée.
    « Ça n’arrive qu’à moi » commenta-t-il en balançant les feuilles par-dessus son épaule, au sec, sans trop s’occuper de savoir où elles retombaient. Tant pis, il recommencerait ! Il n’en était plus à ça près…
    Quelques instants passèrent, comme un temps de flottement durant lequel aucune parole ni aucun bruit ne se fit entendre.
    « Je crois que j’ai quelque chose à te dire » lâcha brusquement David.
    Ce n’était pas ce qu’il avait eu l’intention de dire, mais sa langue s’était rebellée. En vérité, il avait eu envie de repartir, une fois de plus, à l’attaque, d’interroger Nusicaa sur tout ce qui s’était passé durant ce triste matin où ils avaient fait une si mauvaise rencontre. Lui avait perdu conscience trop tôt et avait loupé toute la fin des événements. Que c’était-il passé entre le moment où un braconnier armé s’apprêtait à mettre fin à ses jours et celui auquel il avait réalisé que la jeune femme était penchée sur lui ?
    Nusicaa s’était toujours dérobée lorsqu’il avait mentionné cette journée-là, et quelque chose lui disait que ses excuses si bien trouvées étaient totalement bidon. Il ne pouvait lui en vouloir, mais se dire qu’elle savait tant de choses que lui ignorait… alors que ça faisait partie intégrante de sa vie, puisque ce qui s’était passé lui avait permis de survivre…
    Cependant, au lieu de poser une fois de plus la fatidique question, David fit remonter de leur mémoire commune un autre événement, antérieur encore. Une toute première rencontre avec les deux chasseurs, qui s’était finie bien différemment. Cette fois, c’était lui qui avait ramené Nusicaa inconsciente à l’infirmerie. Le jeune homme n’était pas très fier de la façon dont s’étaient arrangées les choses, même s’ils s’en étaient tous deux sortis indemne. Pour cette raison, il n’avait jamais raconté à la jeune femme comment tout s’était terminé à l’Internat.
    Mais aujourd’hui, il estimait qu’elle avait le droit de savoir, elle aussi.

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MessageSujet: Re: « Le médecin va m’tuer… » [David]   Lun 27 Oct - 13:25

    [Sorry, c'est nul ><]

    « Hum, moi aussi quelques fois. »

    Nusicaa ne releva pas, trop occupée à tenter de se calmer définitivement. Dans sa tête, des images qu’elle aurait tant voulu pouvoir effacer défilaient sans discontinuer tandis que son corps était parfois agité d’un tressaillement. La seule chose qu’elle remarqua dans la réplique de David, ce fut son ton. Ou du moins, son absence de ton. Discrètement, elle lui jeta un regard. Ce manque d’expression dans sa voix était le même que celui qu’il imposait à ses traits et si Nusicaa n’était pas trop préoccupée, elle lui aurait sans doute fait comprendre qu’elle voyait à quel point son détachement était feint. Sans rien exprimer de plus que lui, la jeune femme le regarda s’asseoir près d’elle avant de tourner une nouvelle fois les yeux vers la piscine. L’eau clapotait doucement contre le bord et les même petits cercles que plus tôt se formaient autour de ses chevilles. Le soleil semblait décidé à tenir la place le plus longtemps possible et, aussi loin que se porte le regard de la belle brune, elle ne put pas apercevoir un seul nuage.

    Nusicaa tourna une nouvelle fois la tête vers David en t’entendant débiter à une vitesse impressionnante toute un chapelet de jurons. Intriguée, elle observa plus attentivement l’espèce de bout de papier blanc qu’il tenait et sur qui son attention semblait être dirigée. La jeune femme dut faire appel à ses souvenirs d’avant le pétard et réalisa qu’il s’agissait, ni plus ni moins de feuillet que David avait en main quand il été arrivé et qu’elle-même avait fait attention à ne pas mouiller… pendant quelques secondes. Doucement, elle se mordilla les lèvres, sincèrement désolée pour David. Distraitement, elle promena son regard sur le bord de la piscine. Un peu partout, des flac d’eau plus ou moins étendues jonchaient le sol. Certaine semblait invraisemblablement profondes puis Nusicaa se souvint de la force avec laquelle David l’avait éclaboussée avant qu’elle ne le condamne à passer quelques secondes sous la surface de l’eau. Un vague sourire amusé étira ses lèvres crispées tandis que le jeune homme faisait remarquer qu’ils avaient sûrement vidé les trois quarts de la piscine. Nusicaa acquiesça et répondit :

    « Au moins ! Et, désolée pour les feuilles… »

    Une nouvelle fois, le manque de conviction dans sa voix jura avec les mots qu’elle prononça mais elle ne fit rien pour rectifier cette faiblesse. Là, maintenant, elle n’en avait ni la force, ni l’envie. Elle laissa David marmonner quelque chose dans sa barbe sans commenter et regarda sans vraiment les voir les feuilles voler un peu n’importe où. L’une d’elles alla même de se déposer sur les béquilles de la jeune femme. Un instant de silence s’installa alors. Au loin, Nusicaa pouvait saisir les aboiements d’un chien et les cris excités de deux gamins qui jouaient puis qui s’éteignirent doucement. Soudain, il n’y eut plus aucun bruit que les discrets clapotis de l’eau. La jeune femme jeta un regard à David, plongé dans ses pensées puis ses yeux se posèrent sur son bras. De nouveau, des souvenirs peu agréables lui revinrent. Toujours la même chanson d’ailleurs. L’étalon noir, la fuite de Flash, les détonations, le jeune homme au sol, le chasseur, sa jambe… Et la mort de l’homme. A chaque fois, Nusicaa sentait une boule énorme obstruer sa gorge et des larmes lui piquer les yeux. La culpabilité et la honte la rongeait depuis que, dans l’habitacle sombre de 4x4, elle avait réalisé ce qui s’était passé, qu’elle avait tué un homme.

    Un tressaillement la sortie de ces pensées et son regard voilà se posa une nouvelle fois sur le bleu artificiel de la piscine. A côté d’elle, aucune parole ne venait mais Nusicaa craignait plus que tout ce que David pourrait s’apprêter à dire. L’inspiration qu’il prit avant de parler provoqua une soudaine montée d’angoisse en elle. Elle ne pouvait décemment lui cacher plus longtemps ce qui s’était passé, mais paradoxalement, elle ne pouvait se résoudre à le lui dire. La honte l’étouffait à chaque fois que l’idée lui venait. Pourtant, cette fois-ci, ce furent de mots différents qui sortirent de la bouche de David.

    « Je crois que j’ai quelque chose à te dire. »

    Nusicaa frissonna puis posa son regard chocolat sur lui. Elle plongea ses yeux dans les siens, essayant de raccrocher les deux bouts et de comprendre que quoi il parlait. Les souvenirs ne se firent pas attendre indéfiniment. Il ne fallu que peu de temps à Nusicaa pour remonter loin, deux ans plus tôt, dans une autre région, un autre endroit. Leur première rencontre avec les chasseurs, à l’IDCD. Nusicaa s’en souvenait assez pour grimacer tandis qu’un soupir s’échappait de ses lèvres. Les rôles avaient été inversés ce jour-là. Cette fois, c’était elle qui avait perdu conscience avant la fin pour se réveiller à la ferme de l’internat avec un mal de crâne carabiné, chose qui ne l’avait malheureusement plus quittée. Elle n’avait jamais revu David après ça jusque ce fatidique jour aux plaines et n’avait jamais u la façon dont ils les avaient tirés de la situation dans laquelle ils se trouvaient.

    La jeune femme ne douta pas un seul instant que c’était de ça que voulait parler David. Mais pourquoi aujourd’hui seulement ? Elle l’observa encore plus intensément. Du coup, elle se sentait coupable de ne lui avoir rien dit, elle. Un oiseau qui volait trop bas frôla la jeune femme, la faisant subitement se retourner. Des yeux, elle suivit l’envole de la petite mésange, pesant le pour et le contre. Des images atroces ne cessaient de défiler dans sa tête et un nouveau frisson s’échappa au à l’idée du long fusil de chasse. Il fallait vraiment qu’elle se débarrasse de cette stupide réaction. Une nouvelle fois, elle posa son regard sur David, croisant ses yeux émeraude.

    « David, je… »

    Elle ne put continuer. Une moue crispée tordit ses lèvres tandis qu’elle se les mordillait, encore et encore. Une nouvelle goutte vermeille s’en échappa et Nusicaa l’essuya sans même y penser. Son visage se rembrunit soudain. Elle était tout bonnement incapable d’en parler, point barre. Elle se rappela de Marion à l’hôpital, de sa réaction qu’elle avait eut du mal à comprendre. Un mouvement non loin d’elle la fit revenir à la réalité. Elle tourna encore une fois la tête vers David.

    « Quoi ? Qu’est-ce que tu veux me dire ? »

    Son ton n’était pas dénué d’une certaine agressivité mais elle n’avait pu s’en empêcher. Sa propre faiblesse la mettait en colère. Elle n’en darda pas moins son regard intense sur le jeune homme, essayant de dissimuler sous un masque froid les émotions qui la torturaient.

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MessageSujet: Re: « Le médecin va m’tuer… » [David]   Mer 29 Oct - 20:45

    En toute autre circonstance et venant de quelqu’un d’autre, David aurait très mal pris la brusquerie de ce ton. Mais, là il était trop plongé dans ses souvenirs pour y prêter attention.
    « Il y a deux ans… » commença-t-il, et puis il se tut.
    Qu’ajouter ? Comment définir ce qui s’était passé ce jour-là ? « Notre première rencontre » ? « La balade à la cascade » ? « L’agression des braconniers » ? Quels que soient les mots qui lui venaient à l’esprit, ils lui paraissent stupides, inutiles, dénués de sens ou au contraire, exagérément explicites. Il renonça donc à expliciter davantage ce dont il voulait parler. De toute façon, un regard vers Nusicaa lui confirma que la jeune fille avait très bien saisi à quoi il pensait.
    Il reprit son souffle et poursuivit :
    « Tu ne m’as jamais demandé comment ça c’était fini. Ou plutôt, je ne te l’ai jamais dit. »
    Il plongea son regard vert dans les yeux chocolat de Nusicaa, prenant conscience au fil des mots qu’il ne s’était jamais exprimé avec autant de sincérité.
    « La dernière fois que je t’ai vue consciente… tu venais de te jeter sur le type pour l’empêcher de tirer sur mon cheval. »
    Il eut un léger sourire en se remémorant la scène, mais ses yeux restaient froids, lointains.
    « Après que tu aies dévié la trajectoire de la balle, tu l’as suffisamment occupé pour que je puisse récupérer Life Cream et le calmer. Il y avait un fusil qui traînait pas loin, celui du mec auquel j’avais cassé la gueule. Je l’ai récupéré, mais au moment où je suis monté en selle, l’homme qui te retenait m’a vu. »
    Là, la situation s’était notablement dégradée. David, armé et à cheval, était désormais en position de force, et le braconnier n’avait, pour maintenir la situation à son avantage, pas d’autre choix que d’utiliser Nusicaa.
    « Il te tenait en otage… Je n’avais pas le choix. »
    Le dilemme était très clair : si David persistait à essayer de sauver sa peau, l’autre n’aurait pas l’ombre d’un scrupule à abattre la jeune fille. Situation hautement délicate, mais le jeune homme n’avait pas voulu descendre de cheval et se désarmer. Il n’aurait quand même pas eu tout ce mal pour rien ! Ç’aurait été trop bête de céder alors qu’il était si près du but.
    Néanmoins, il n’était pas très fier de ce qu’il avait alors fait, et aurait préféré ne jamais avoir à le dire à Nusicaa. Du reste, rien ne l’y obligeait. C’était lui qui s’était mis tout seul dans cette situation… Quelle idée, de se sentir en veine de confidences comme ça !
    « J’ai… Rien ne lui prouvait que nous nous connaissions, ni que je tenais particulièrement à toi. Et si nous n’étions que de parfaits inconnus, ses menaces n’en étaient plus… Ce qu’il pouvait te faire ne m’empêchait plus de faire ce que, moi, je voulais… »
    David cilla et il grimaça en prononçant ses mots. Pourtant, il s’était juré d’être sincère et il le restait.
    « J’ai donc prétendu que je me moquais de ce que… »
    Il buta légèrement sur la fin de la phrase. Me moquais de ta mort ? De ce qu’il pouvait te faire ? De ce qui t’arriverait ?
    « … de ce qui allait se passer si je ne cédais pas à son chantage. »
    Inutile de préciser que, même si le jeune homme avait été parfaitement convaincant, le braconnier n’avait pour autant pas faibli dans sa résolution de tuer Nusicaa. Sûrement avait-il prévu de le faire, que cela serve ou non à empêcher David de se défendre…
    Une fois de plus et non sans remords, le jeune homme se demanda ce qui se serait passé s’il n’y avait pas eu ce soudain retournement de situation. Si le chasseur et lui étaient restés face à face, monnayant la vie de Nusicaa comme si de rien n’était. Aurait-il pu la laisser se faire tuer ? Non, non. Il connaissait la réponse au fond de lui, mais il ne pouvait s’empêcher de penser qu’il aurait dû trouver une autre solution plutôt que de s’engager dans cette impasse.
    « Ã cet instant, Flash a déboulé, poursuivit David sans rien montrer de ses pensées coupables. Elle a foncé à toutes blindes dans la clairière, elle a fait diversion et sur le coup, le type a oublié de te menacer. En fait, il a surtout pensé à sauver sa pomme, parce qu’elle s’est jetée sur lui. J’en ai profité pour te récupérer… Tu étais dans un sale état. »
    Inerte, par-terre, d’une pâleur effroyable et couverte de sang. Inutile de s’attarder sur ces détails.
    « J’ai réussi à te caler en selle devant moi et nous sommes partis. J’ai eu peur que Flash ne nous suive pas malgré mes appels mais, elle est venue, et nous sommes rentrés au triple galop… »
    Le jeune homme évoqua en pensée cette sinistre chevauchée, le corps de Nusicaa qu’il maintenait péniblement devant lui, sa tête qui ballotait contre sa poitrine, son propre cœur dont le rythme semblait ne plus jamais vouloir s’apaiser, tous ses sens aux aguets, craignant, contre toute vraisemblance mais avec une force irrépressible, un coup de feu ou l’apparition impromptue d’un braconnier sur leur passage.
    « Nous avons battu tous les records pour rallier l’internat, je crois ! Les chevaux ont trouvé d’eux-mêmes le chemin de l’écurie. Là, nous avons rencontré M. Strang… Il t’a soignée, sans poser trop de questions. »
    David en avait été reconnaissant au vieux fermier, d’ailleurs.
    « J’ai cru que tu ne te réveillerais jamais » , ajouta-t-il presque à contre-cœur, dans un filet de voix.
    Combien d’heures avait-il passé à veiller Nusicaa avec le vieil homme ? Mais lorsque la jeune fille avait montré des signes de réveil, il avait préféré s’en aller.
    Il y eut un silence qui lui parut infini, un long temps de flottement. Derrière ses yeux vides, se rejouaient les événements de cet après-midi là, et il entendait encore le bruit des coups de feu, les hennissements de chevaux, la voix rauque de l’homme. Puis, soudain, David prit conscience qu’il n’y avait aucun bruit autour de lui. Enfin, aucun bruit de cet acabit. Non ; le timide clapotis de l’eau, l’écho de rires lointains, un vague bruissement de feuilles lorsque la brise se leva… La paix. Rien ne semblait pouvoir troubler l’harmonie de ce lieu, une tranquillité d’autant plus troublante qu’elle contrastait avec la violence dans laquelle le jeune homme s’était replongé.
    Il poussa un soupir, et releva les yeux, tandis que son regard se vidait de toute émotion qu’il ne voulait pas partager.
    « Voilà, ajouta-t-il enfin, tu sais tout ! »
    Il esquissa un sourire sans joie en regardant Nusicaa.

[Arf, j'espère que j'ai bien mis ce qu'on avait dit, j'avoue que j'ai eu un trou en l'écrivant silent ]

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MessageSujet: Re: « Le médecin va m’tuer… » [David]   Dim 2 Nov - 2:43

    « Il y a deux ans… »
    Nusicaa tressaillit. Elle s’attendait à ça, elle avait deviné de quoi voulait lui parler David… Pourtant, la seule évocation de ce qui s’était passé ce jour-là avait quelque chose qui faisait peur à la jeune femme. Elle n’aimait pas se replonger dans le passé, quel qu’il fut. Elle n’aimait pas faire remonter à la surface les souvenirs qu’elle voulait par dessus tout oublier. Et c’est pourtant ce que promettait cette conversation. Un soupir discret s’échappa de ses lèvres serrées.
    « Tu ne m’as jamais demandé comment ça c’était fini. Ou plutôt, je ne te l’ai jamais dit. »
    La belle brune eut un sourire sans joie tandis qu’elle se demandait si ce manque d’information l’avait jamais gênée. Certes, sur le coup, quand elle s’était réveillée avec un super mal de crâne dans la maison de M. Strange, l’absence de David l’avait un peu frustrée. Mais après… Cette frustration n’était devenue qu’un vague souvenir en comparaison de ce qui s’était passé dans la forêt… Sortant de ses pensées, elle posa ses yeux dans ceux du jeune homme et soutint son regard sans ciller, sans rien montrer de ce qui se passait à l’intérieur.

    « La dernière fois que je t’ai vue consciente… tu venais de te jeter sur le type pour l’empêcher de tirer sur mon cheval. Après que tu aies dévié la trajectoire de la balle, tu l’as suffisamment occupé pour que je puisse récupérer Life Cream et le calmer. Il y avait un fusil qui traînait pas loin, celui du mec auquel j’avais cassé la gueule. Je l’ai récupéré, mais au moment où je suis monté en selle, l’homme qui te retenait m’a vu. »
    Un nouveau frisson secoua Nusicaa. D’abords à l’évocation du fusil, qui lui rappela désagréablement ce qu’elle cachait toujours à David. Et ensuite parce que, bien qu’elle ne connaissait si bien que ça, elle se doutait qu’il n’était pas du genre à se confier facilement, encore moins quand il s’agissait de choses aussi peu plaisantes. Un caractère proche du siens, d’ailleurs. Les yeux toujours plongés dans les siens, la jeune métisse s’appliqua à ne rien laisser paraître. Pourtant, la situation dans laquelle s’était retrouvé David n’était pas si différente de ce à quoi elle avait eu à faire face, quelques jours seulement plus tôt.
    « Il te tenait en otage… Je n’avais pas le choix. »
    Nouveau frisson, à peine dissimulé. Plus ça allait, plus les choses que David lui décrivait ressemblaient à ce qui s’était passé aux plaines. Nusicaa fut comme caressée d’un espoir, celui de ne pas être seule à se reprocher une mort. Mais elle chassa bien vite cette idée. La honte et tout ce qui la rongeait, elle ne le souhaitait à personne. Et de plus, les deux chasseurs étaient présents aux plaines… A cet instant, la jeune femme sentit l’hésitation du jeune homme. Une ombre de doute traversa son regard émeraude, qui jura avec la froideur de ses yeux. La belle brune se demanda soudain ce à quoi elle avait échappé. La situation avait-elle dérapé au point que la raconter fasse hésiter David ? Elle se rappelait l’avoir vu, face à elle alors que le chasseur la tenait debout. Elle ne se rappelait ensuite que d’une vive douleur, l’image d’après était celle d’un vieil homme penché sur elle. Pour la première fois, Nusicaa réalisa qu’elle voulait savoir.

    « J’ai… Rien ne lui prouvait que nous nous connaissions, ni que je tenais particulièrement à toi. Et si nous n’étions que de parfaits inconnus, ses menaces n’en étaient plus… Ce qu’il pouvait te faire ne m’empêchait plus de faire ce que, moi, je voulais… J’ai donc prétendu que je me moquais de ce que… … de ce qui allait se passer si je ne cédais pas à son chantage. »
    Nusicaa s’appliqua à rester de glace à cette révélation. Au fond d’elle, elle ressentit tout de même un petit pincement, comme le contre coup d’une angoisse passée. Ainsi, le braconniers n’avait vraiment pas été loin de la tuer. Un violent frisson lui échappa à cette idée. Elle revoyait sans mal le visage que l’homme qui l’avait tenue en otage et menacée cette après-midi là. Comment David avait-il pu se sortir d’une situation pareille ? La réponse ne tarda pas.
    « Ã cet instant, Flash a déboulé. Elle a foncé à toutes blindes dans la clairière, elle a fait diversion et sur le coup, le type a oublié de te menacer. En fait, il a surtout pensé à sauver sa pomme, parce qu’elle s’est jetée sur lui. J’en ai profité pour te récupérer… Tu étais dans un sale état. J’ai réussi à te caler en selle devant moi et nous sommes partis. J’ai eu peur que Flash ne nous suive pas malgré mes appels mais, elle est venue, et nous sommes rentrés au triple galop… »
    Ah, Flash… Nusicaa eut un vague sourire à cette évocation. Elle ignorait que sa petite jument lui avait, en quelques sortes, sauvé la vie. Elle repoussa vivement une mèche de cheveux qui lui gênait la vue et posa une nouvelle fois son regard sur David. Son hésitation à lui raconter ce qui s’était passé l’étonnait un peu. De son point de vue, elle n’y voyait rien de terrible. Ou peut-être son opinion était-elle faussée par ses propres actions passées…

    « Nous avons battu tous les records pour rallier l’internat, je crois ! Les chevaux ont trouvé d’eux-mêmes le chemin de l’écurie. Là, nous avons rencontré M. Strang… Il t’a soignée, sans poser trop de questions. J’ai cru que tu ne te réveillerais jamais. »
    Et pourtant, tu n’étais pas là quand c’est arrivé ne put s’empêcher de penser Nusicaa à cette dernière phrase. Mais elle ne lui en tiendrait pas rancune. Elle ne lui en avait d’ailleurs jamais voulu de ne pas avoir assisté à son réveil. Ce genre de choses l’aurait mise plus mal à l’aise qu’autres chose. La jeune femme haïssait ses faiblesses, quelles qu’elles soient. Elle observa David. Son regard était distant, lointain, comme perdu dans une autre époque. Au final, tout s’était bien fini ce jour-là. Les chasseurs étaient repartis visiblement assez indemnes pour refaire une apparition, au même titre que les deux adolescents. Le silence s’installa entre ces deux mêmes personnes, mais deux ans plus tard. Nusicaa voyait se rejouer seules choses auxquelles elle avait assisté lors de cette sombre après-midi. Une journée comme les autres, une rencontre puis le coup de feu qui les avaient alerté et la suite… Une véritable catastrophe. Ce qui c’était d’ailleurs reproduit, quelques jours plus tôt.

    « Voilà tu sais tout ! »
    Nusicaa soupira et contempla la piscine juste après avoir surpris le sourire sans joie du jeune homme. Elle tenta calmement de digérer toutes les informations qu’on venait de lui donner. David lui avait sauvé la vie, mais ça elle s’en était doutée. La façon dont il y été arrivé ne faisait visiblement pas sa fierté, d’après ce qu’elle avait pu comprendre. Un léger sourire étira ses lèvres.

    « Merci… »

    Un mince filet de voix, mais elle savait qu’il l’avait entendu. Elle tourna une nouvelle fois la tête vers lui en se mordillant la lèvre. Comment ne pas être reconnaissante après ce qu’elle venait d’entendre ? Cependant, quelque chose lui disait que cette conversation était loin, très loin d’être terminée. Elle soupira, et ses craintes se réalisèrent lorsque David posa la question. Celle qu’elle éludait depuis un certains nombre de jours déjà. Son regard se voilà, à l’évocation intime de ce qui s’était passé aux plaines. Une boule revint aussitôt obstruer sa gorge et elle détourna aussitôt les yeux. Une nouvelle fois, elle se perdit dans la contemplation de la piscine tandis que sa main se crispait sur sa jambe. Elle lui avait déjà servi bien des excuse pour éviter de lui raconter ce qui s’était réellement passé aux plaines, et à vrai dire, elle ne savait pas trop quoi lui servir cette fois-ci.

    « J’ai… Enfin… »

    Sa voix avait quelque chose de paniqué. Elle osa relever les yeux sur lui et croisa son regard inquisiteur. Bien entendu, il n’était pas dupe. Il ne l’avait jamais été et Nusicaa n’était pas près d’y arriver. Un frisson lui échappa tandis que la piscine happa de nouveau son regard. Il avait été sincère, lui… La jeune femme se sentit un peu nulle de lui avoir mentit, mais en même temps… Elle lâcha un soupir, se mordant les la lèvre inférieure. Elle lutta avidement contre les larmes, bataille qu’elle remporta, mais pas pour longtemps, elle le savait. Des images entrecoupées de détonations défilaient dans sa tête, angoissantes. Résignée, elle prit une grande inspiration.

    « Quand tu es tombé… et que Leïla est partie, le mec qui restait m’avait complètement oubliée. Il ne… s’occupait que de toi en fait. »

    Nusicaa avait du mal à trouver ses mots et sa voix avait un timbre qui trahissait son angoisse, sans qu’elle ne puisse rien y faire. Dans ses yeux devenus distants, les événements des plaines se rejouaient, encore et encore. Elle les connaissait par cœur, à force… Elle inspira, profondément, et reprit son récit.

    « J’avais un… fusil à côté de moi. J’me suis dit que… que c’était toujours mieux d’avoir une arme dans son camps… ‘fin, tu vois. »

    Une grimace lui échappa. Elle se détestait, elle détestait cette faiblesse qui la hantait et qui ne la lâchait jamais. L’une de ses dents entailla une fois de plus sa lèvre inférieure, en faisant jaillir une énième goutte vermeille dont elle ne se rendit pas compte. Un frisson la secoua de part en part sans qu’elle ne cherche à la réprimer. C’était de toute façon peine perdue.

    « T’étais dans une salle position. L’autre avait l’air d’avoir envie de… t’achever. »

    Nusicaa tressaillit. Bien plus qu’il n’en avait l’air, le chasseur n’avait sûrement pas d’autre idée en tête à ce moment que celle de tirer franchement sur David. La jeune femme le revoyait, par terre et ensanglanté. Elle n’avait pas vraiment eu le temps d’en voir plus d’ailleurs…

    « Il me tournait le dos et… j’avais le… fusil. J’avais absolument aucune idée de quoi… de… de ce que je devais faire mais le type a viré le cran de sureté de son flingue. Du coup, j’ai eu assez… peur pour tirer, mais sur un buisson. »

    Mauvaise idée, d’ailleurs. Car si la jeune femme était restée inaperçue, après avoir abattu un malheureux buisson dans un bruit qui lui avait parut disproportionné, elle s’était bien entendu faite repérée. Les choses se seraient peut être déroulées autrement si elle avait su se contrôler et maîtriser ce qu’elle avait à la main. La boule dans sa gorge se resserra à cette idée tandis que de nouvelles larmes vinrent lui piquer les yeux. Un rire lointain absorba un instant son attention. Comme ce bruit lui paressait déplacé. Elle avait même du mal à se souvenir que, il n’y avait pas si longtemps, elle riait aux éclats en barbotant dans la piscine. Un frisson la ramena à la réalité.

    « Du coup, il m’a… tiré dessus. Puis il s’est retourné vers toi et… J’ai eu peur… »

    Sa voix se brisa sur les derniers mots. Nusicaa dut prendre une grande inspiration pour lutter contre les pleurs. La honte la rongeait, littéralement. Son regard se fit brillant, elle ne parvenait plus à cacher ce qu’elle ne voulait pas partager. Une larme roula sur sa joue, signe qu’elle avait fini par perdre son combat intérieur. Le souvenir du rictus figé du chasseur, alors qu’elle essayer de se débarrassé de son cadavre s’imposa à elle. Un frisson la secoua violement et sa main se crispa plus qu’elle ne l’était déjà. Un silence de plomb régnait entre elle et David. Un silence lourd de ce qu’elle ne pouvait se résoudre à dire. Elle se força à respirer calmement, à essayer de se reprendre, en vain. Les larmes roulaient, les unes après les autres sur ses joues. Lentement, elle tourna la tête vers le jeune homme et plongea son regard tourmenté dans le sien.

    « J’l’ai tué. »

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MessageSujet: Re: « Le médecin va m’tuer… » [David]   Lun 3 Nov - 18:26

    David commença à regretter ses révélations en voyant peu à peu le visage de Nusicaa se décomposer. Peut-être finalement y a-t-il des vérités qui gagnent à être tues…
    « Merci », souffla-t-elle.
    Merci ? Merci de quoi ? D’avoir rappelé à sa mémoire des événements qui, peut-être, auraient mieux fait de rester ensevelis sous les décombres du passé, ou de l’avoir récupérée inconsciente à la fin de leurs mésaventures ? Ni l’un ni l’autre de ces actes ne lui semblait mériter des remerciements, mais il ne fit aucune remarque.
    Quelques minutes silencieuses s’écoulèrent, le temps pour chacun de digérer ses propres réflexions. Puis, il se lança soudainement :
    « As-tu… Est-ce que tu veux bien me raconter ? » demanda-t-il d’une voix douce.
    Il s’efforçait de garder un ton détaché, malgré l’importance que revêtait à ses yeux ce pan de sa vie qui demeurait dans l’obscurité la plus totale. Il ne voulait pas la forcer à lui dire, il savait qu’il l’avait déjà bien assez éprouvée pour aujourd’hui et sûrement la raison aurait-elle voulu qu’il lui fiche la paix sur ces sujets douloureux. Mais il avait un tempérament direct et avait du reste de grandes difficultés à tenir sa langue quand il le fallait. D’ailleurs, en l’occurrence, c’était elle, sa langue, qui l’avait trahie en lui faisant prononcer ces mots qu’il n’avait pas prévu d’articuler.
    Il vit très nettement le trouble qui envahit Nusicaa. Elle balbutia quelques mots, et il sentit qu’elle lui préparait une nouvelle excuse pour repousser à plus tard les révélations. Sans rien dire, il la regardait intensément, presque sans ciller, souhaitant qu’elle se décide enfin.
    Et c’est ce qu’elle fit. D’une voix hésitante et résignée, elle se mit à parler, sans le regarder, les yeux dans le vague. Il savait que, derrière ces chaudes prunelles chocolat, se rejouait la scène des plaines et soupçonna que lui-même avait eu la même expression égarée lorsqu’il avait évoqué ses souvenirs.
    « Quand tu es tombé… et que Leïla est partie, le mec qui restait m’avait complètement oubliée. Il ne… s’occupait que de toi en fait. »
    David scrutait son visage, silencieux. Oui, il se souvenait très bien de ce salopard qui, non content de lui avoir tiré deux balles dans le corps, s’était approché de lui alors qu’il gisait à terre. Il revoyait sa haute silhouette qui le dominait, le long canon métallique braqué sur lui. Il sentit à nouveau le contact de l’arme contre sa joue, et se remémora ses pensées confuses à ce moment-là.
    « J’avais un… fusil à côté de moi. J’me suis dit que… que c’était toujours mieux d’avoir une arme dans son camps… ‘fin, tu vois. »
    David hocha la tête, ce qui était inutile puisqu’elle ne le voyait pas. Effectivement, le fusil permettait d’égaliser un peu plus les chances ; c’était d’une logique qu’il avait lui même éprouvée deux ans plus tôt.
    « T’étais dans une salle position. L’autre avait l’air d’avoir envie de… t’achever. »
    Le jeune homme eut une grimace ironique. En effet, les intentions du braconnier étaient on ne peut plus claires… Il avait bien cru voir sa dernière heure arrivée, d’ailleurs. Il fit revenir à sa mémoire ses futiles tentatives pour agresser son adversaire. Mais avec sa force exceptionnelle de blessé qui perd tout son sang, il n’avait même pas déséquilibré l’homme… En revanche il avait réussi à le renforcer dans son intention de commettre un meurtre.
    « Il me tournait le dos et… j’avais le… fusil. J’avais absolument aucune idée de quoi… de… de ce que je devais faire mais le type a viré le cran de sureté de son flingue. Du coup, j’ai eu assez… peur pour tirer, mais sur un buisson. »
    David haussa un sourcil. Assommé comme il l’était, au bord de l’inconscience, il n’avait même pas entendu la détonnation. En même temps que la détresse de Nusicaa croissait, altérant sa voix, il l’écoutait avec de plus en plus d’intensité. Le dénouement était proche, il le sentait, mais n’osait pas même l’imaginer.
    « Du coup, il m’a… tiré dessus. Puis il s’est retourné vers toi et… J’ai eu peur… »
    Le jeune homme pressentit ce qui allait suivre. Il avait l’impression de voir la scène. Le sale type penché sur lui, prêt à le descendre, et Nusicaa, blessée et à court d’échappatoire, le fusil dans les mains.
    Il se mordilla la langue et resta silencieux tandis que la jeune fille se mettait à trembler. Une goutelette nacrée déborda de son œil trop brillant, glissa des longs cils noirs et, après une courte hésitation, dévala le long de la joue jusqu’à la mâchoire d’où elle se jeta dans le vide. Bientôt, d’autres larmes suivirent le chemin de la première, à un rythme de plus en plus précipité.
    Nusicaa pleurait. Tout « absorbé » qu’il était dans la contemplation des larmes qui étincelaient sur ses joues, il n’avait pas réellement réalisé la chose, tant cela lui paraissait… étrange. Incompatible avec l’image qu’il s’était forgée d’elle, un peu comme son alter ego au féminin. Il resta muet, sans savoir comment réagir face à ce chagrin soudain. Soit elle n’était pas telle qu’il le pensait, soit… soit il s’était passé quelque chose de vraiment grave, ce jour-là.
    Et ce pressentiment qui l’avait déjà saisi en l’écoutant parler revint, plus fort. Il compris, confusément, mais refusa de laisser libre cours à ce qu’il supposait être son imagination. Qu’elle le dise. Il fallait qu’elle le dise, d’abord pour qu’il en soit sûr, mais surtout pour guérir. Percer l’abcès pour en extraire le pus. C’était certes douloureux mais c’était le seul chemin vers la rémission.
    « J’l’ai tué. »
    Subitement, plongeant ses grands yeux sombres dans ceux du jeune homme, elle articula ces quatre mots. Quatre petits mots de rien du tout, qui témoignaient pourtant d’un acte sans appel. J’l’ai tué.
    La fixant droit dans les yeux, sans ciller, David sentit naître en lui une admiration pour cette jeune femme pleine de cran. Il la scruta longuement, la vrillant de son regard smaragdin. Très lentement, un sourire apparut au coin de ses lèvres, un sourire qui s’agrandit jusqu’à en devenir radieux.
    Écoutant sa première impulsion, il se pencha en avant et entoura Nusicaa de ses bras.
    Il ne voulait plus la voir pleurer, il ne voulait plus qu’elle se torture comme ça pour ce qu’elle avait fait. Cela n’en valait pas la peine, bien au contraire. Bien au contraire.
    « Tu m’as sauvé la vie » , murmura-t-il à son oreille, d’une voix vibrante de reconnaissance.
    Sans toi, je ne serais pas là, sain et sauf, bien vivant, sans toi j’aurais crevé là-bas, dans l’immensité de ces plaines désertes, défiguré d’une balle dans la tête, aux pieds de ce salopard comme s’il m’était supérieur.
    Il ne dit pas ces mots, sans quoi il ne se serait plus appelé David Moss, mais ils planèrent entre eux, parfaitement perceptibles. Ainsi qu’un autre, qu’il avait toujours eu du mal à prononcer, et qui lui paraissait si ridicule, si léger, si déplacé, en cette occasion. Comment pourrait-il jamais trouver un terme suffisant pour compenser ce qu’il lui devait ? La vie, pas moins.
    Il se recula légèrement et la regarda dans les yeux pour le dire.
    « Merci. »
    Si ce n’étaient que deux vulgaires syllabes, beaucoup trop employées à tort et à travers, en l’occurrence il les pensait avec une sincérité qui était parfaitement visible dans ses prunelles étincelantes.

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MessageSujet: Re: « Le médecin va m’tuer… » [David]   Mar 4 Nov - 17:08

    J’l’ai tué.
    Comme à chaque fois qu’elle les pensait, ces mots provoquèrent un élan de honte à Nusicaa. Un énième frisson lui échappa, tandis que ses prunelles tourmentées restaient accrochées au regard intense de David. Les larmes qui coulaient sur ses joues lui semblèrent comme de ruisseaux brûlants creusés dans sa peau, mais elle ne put se résoudre à les essuyer. Elle cherchait dans les émeraudes du jeune homme quelque chose. N’importe quoi. De la surprise, de la peur, du scepticisme… un encouragement. N’importe quelle émotion à laquelle elle pourrait se raccrocher. Elle tenta vainement de chasser le souvenir du chasseur, mort. De son sang la recouvrant. De ce rictus, figé à jamais sur ses lèvres, accusateur. Cette espèce de sourire tordu qui hantait ses cauchemars. Mais rien n’y faisait. Encore et encore, elle revoyait les dernières images de cette funèbre matinée, dans les immenses plaines Camarguaises.

    Nusicaa fut surprise de voir un sourire étirer doucement les lèvres de David. D’abords très léger, jusqu'à devenir radieux. Un peu comme s’il… Comme s’il l’admirait. La jeune femme ne comprit pas, mais ne put que détourner le regard. Une nouvelle fois, le bleu artificiel de la piscine happa son attention. Il fallait qu’elle se ressaisisse. Soudain, les bras de David virent entourer la jeune femme, qui parût frêle par rapport à lui. Ce contact lui arracha un frisson de surprise tandis qu’elle essayait sans résultat, de faire taire ces larmes qui en disait bien trop sur elle, sur ce qui s’entrechoquait dans sa tête et qui dévoilait des émotions qu’elle aurait voulu garder secrètes. Cependant, là, au creux de ces bras réconfortant, il était bien plus aisé de se laisser aller. Comme si les dernières barrières étaient tombées, Nusicaa se sentit soudain libre d’évacuer tout ce qu’elle avait pu accumuler ces derniers temps. Alors, se blottissant contre David comme aurait pût le faire son petit frère contre elle, elle laissa couler ses larmes, les laissa entraîner dans leur chute tout ce qui la rongeait Deux ou trois sanglots silencieux secouèrent ses épaules, mais elle ne chercha plus à les réprimer. La présence de David avait quelque chose de différent. Peut-être parce qu’il savait. Parce qu’il avait vu, ou du moins en partie, ce qui s’était passé. Parce que lui aussi s’était retrouvé faible, entièrement dépendant de l’autre. La belle métisse se rendit compte qu’elle était soulagée qu’il soit là…

    « Tu m’as sauvé la vie. »
    Ces mots, prononcés tout bas, avaient quelque chose qui arracha un léger sourire à Nusicaa. Oui, elle l’avait sauvé. Tout comme lui l’avait sûrement fait, deux ans plus tôt. La voix de David était empreinte d’une émotion que la jeune femme fut à moitié surprise de trouver. Elle le connaissait peu, mais assez pour deviner qu’il n’exprimait pas ce genre de choses à tout va. D’ailleurs, il ne l’exprima pas entièrement, mais la jeune femme le sentit flotter entre eux, bien présent. Une larme roula sur ses lèvres mais ce fut la dernière. Elle en avait bien trop versé depuis quelques jours, et en avoir enfin parlé à David l’avait libérée d’un poids considérable. Elle poussa un imperceptible soupir, empreint d’un dernier tremblement dut aux sanglots. Son regard troublé se posa sur le ciel vierge de tout nuage qui s’étendait au dessus d’eux tandis que le jeune homme se reculait légèrement d’elle. La belle brune tourna la tête. Se prunelles chaudes se fondirent dans les siennes.
    « Merci. »
    Le regard intense de David brillait de sincérité lorsque qu’il prononça ces mots. Deux petites syllabes qui avaient toute leur importance quand elles n’étaient pas dites à la légère, pour tout et n’importe quoi. Nusicaa vrillait le jeune homme des yeux, touchée. Rien de ce qu’elle avait fait ne méritait vraiment ce mot, du moins c’est ce qu’elle pensa tout d’abords. Puis elle réalisa que, peut-être, la situation n’était pas si grave. Certes, elle avait tué. Arraché une vie et elle devrait vivre avec cela. Seulement, en tuant le chasseur, elle avait sûrement épargné deux jeunes gens qui se donnaient maintenant une belle preuve d’amitié. Alors oui, peut être qu’elle n’avait pas si mal fait…

    Cette révélation fut comme un déclic pour la jeune femme. Un très léger sourire étira les coins de sa bouche. Puis son sourire s’agrandit, jusqu'à contaminer son regard d’où toute trace de honte s’effaça peu à peu. Les yeux toujours plongés dans ceux de David, elle hocha lentement la tête, souriant comme elle ne l’avait pas fait depuis longtemps. Ses yeux glissèrent sur son bras dans le plâtre, sur sa propre jambe puis de nouveau sur l’eau qui clapotait en dessous.

    « J’te devais bien ça. »

    Des mots qui faisaient références aux précédentes révélations du jeune homme. Ce dernier ne pouvait réellement dupe du ton détaché qu’elle avait emprunté, mais au moins elle, savait à quoi s’en tenir. Le silence s’installa de nouveau entre eux. La belle métisse prit seulement conscience de la petite goutte de sang qui s’était échappée de ses lèvres et qui s’était logée sur son menton. Doucement, elle l’essuya du bout des doigts plongée dans l’observation de son pied, troublés par la surface de l’eau. Bizarrement, elle se sentait mieux qu’au début de l’après midi, quand elle était encore seule au bord de la piscine. Si on le lui avait dit, quelques heures plus tôt, elle ne l’aurait pas cru. Un vague sourire étira une nouvelle fois ses lèvres à cette pensée. Elle se souvint également de sa réaction face au pétard. L’évocation de cet évènement l’obligea à réprimer un tressaillement. On n’efface pas tout par des confidences… Elle se souvint également de la façon dont elle avait éludé le problème en sortant de l’eau, sans aucune explication d’aucune sorte. Un soupire s’échappa de ses lèvres. Elle avait commencé, autant aller jusqu’au bout dans les confidences. Surtout que David devait s’être posé des questions sur le coup. Une nouvelle fois, elle tourna la tête vers lui.

    « Et… hum, désolée pour tout à l’heure avec le pétard, lâcha-t-elle d’une voix teintée d’amertume, Mais depuis… l’autre fois, elle insista sur ce terme, tout ce qui me fait penser à un… fusil… Enfin, voilà… »

    Phrase complètement stupide et dénudée de sens. Nusicaa allait se maudire d’avoir lancé la conversation là-dessus. Elle-même ne savait pas trop à quoi s’en tenir. Cependant, alors que le silence s’éternisait et que la jeune femme grommelait intérieurement, quelque chose fit déclic dans sa tête.

    « Un peu comme une phobie… »

    Elle avait formulé l’idée au fur et à mesure qu’elle lui apparaissait. Et lorsque que la logique de ce raisonnement la convainquit parfaitement, une moue tordit ses lèvres. Encore quelque chose qu’elle aurait finalement préféré garder pour elle. Doucement, elle se dégagea des bras de David qui l’entouraient toujours et lui adressa une vague sourire, qui signifiait assez clairement qu’elle ne savait plus trop pourquoi elle avait ouvert la bouche.

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MessageSujet: Re: « Le médecin va m’tuer… » [David]   Ven 21 Nov - 21:51

    « J’te devais bien ça. »
    David eut un vague sourire sans joie en réponse aux paroles proférées par Nusicaa d’une voix où demeuraient encore audibles les sanglots qui l’avaient secouée. Il n’était pas convaincu par l’égalité de l’importance des deux situations, mais il ne dit rien et se contenta d’un léger haussement d’épaules que la jeune femme ne vit probablement pas.
    Une fois de plus le silence flotta sur la piscine, au-dessus de l’eau trop bleue, autour des deux jeunes. Chacun s’était replongé dans ses pensées et ses propres souvenirs. Décidément, s’il y avait bien un point sur lequel ils s’accordaient, c’était celui-là ! Jamais David n’était resté silencieux et sérieux aussi longtemps, surtout pas en présence d’une fille. Quoi que, il y avait un véritable fossé entre Nusicaa et les potiches roucoulantes qui représentaient à ses yeux de parfait misogyne l’ensemble de la gent féminine. Elle, au moins, ne manquait pas de cran. Elle, elle… avait des couilles, songea-t-il, non sans un vague amusement à cette idée. L’expression malgré son air incongru n’en était pas moins juste.
    Brusquement, la jeune femme reprit la parole, le tirant de ses pensées.
    « Et… hum, désolée pour tout à l’heure avec le pétard. Mais depuis… l’autre fois, tout ce qui me fait penser à un… fusil… Enfin, voilà… »
    Elle le regardait en parlant. Au début sa voix et son regard laissaient entr’apercevoir une certaine… détermination, mais au fil des mots cette dernière avait paru s’amenuiser, puis s’évanouir, tandis que Nusicaa s’enlisait dans sa phrase, qui finit par ne plus rien signifier du tout. Néanmoins David, qui n’était pas toujours lui-même un adepte du bon français, comprit où elle voulait en venir. Il fit un effort pour empêcher son front de se plisser. Cet incident lui était presque sorti de l’esprit, et il n’allait pas s’en plaindre car non seulement cela avait fait resombrer les deux jeunes dans leur mélancolie respective, mais de plus le jeune homme s’était alors trahi en laissant percevoir sa faiblesse, sa réaction tellement stupide face à un bruit aussi insignifiant et anodin. Mais apparemment, la jeune femme non plus n’était pas très fière d’elle-même et sûrement était-ce la raison pour laquelle elle remettait ce satané sujet sur le tapis.
    Pour éviter de les froncer, il haussa un sourcil d’un air dubitatif, préférant s’attacher à la bancalité de la phrase plutôt qu’à son contenu. Coupée dans son élan, Nusicaa paraissait chercher ses mots, mal à l’aise. Malgré une certaine curiosité de savoir ce qu’elle s’efforçait de dire, David garda le silence. Ces derniers temps, il commençait à comprendre que, parfois –et même souvent- se taire appelle plus à la confidence que poser des questions. Si la parole est d’argent, le silence est d’or, dit le proverbe. Finalement, ce n’était peut-être pas si faux que ça.
    Enfin, la jeune femme reprit :
    « Un peu comme une phobie… »
    Il hocha la tête. Une phobie… Voilà une idée qui ne lui était pas venue à l’esprit. Une phobie… Aquaphobe, hippophobe, et maintenant, …
    « La fusiphobie ? » suggéra-t-il avec un sourire espiègle.
    Il voyait bien à l’expression de Nusicaa que cette dernière regrettait maintenant d’avoir abordé le sujet et préféra donner une tournure un peu plus légère à la conversation.
    *Bon, trêve de blabla dramatique pour aujourd’hui !* se promit-il.
    Il s’étira vaguement, puis baissa un regard consterné sur son tee-shirt toujours aussi trempé qui lui collait désagréablement à la peau. Il essora d’une main le tissu dégouttant d’eau, mais malgré les ruisseaux qui s’en écoulèrent cela ne fit pas grande différence.
    « Hum, pas sûr que ce soit mieux » , grommela-t-il en considérant son tee-shirt désormais tout froissé, mais non moins mouillé.
    Ses yeux se posèrent alors sur quelques rectangles blancs éparpillés un peu plus loin sur le carrelage anti-dérapant. Avec un soupir, il se leva et réunit les feuilles de papier avant de reprendre sa place près de la piscine.
    En s’asseyant un peu trop brutalement –difficile de garder l’équilibre avec un bras dans le plâtre et l’autre main occupée-, il ne put s’empêcher de grimacer à la douleur fulgurante qui lui perça le flanc tandis que sa cicatrice se rouvrait. Immédiatement, il effaça toute expression indésirable de son visage, tout en songeant avec agacement qu’il lui faudrait changer une fois de plus ce foutu pansement, une fois rentré chez lui. Déjà que c’était délicat à faire, avec une main et en serrant bien malgré les signaux d’alerte de ses nerfs, mais alors s’il lui fallait recommencer plusieurs fois par jour à cause du sang qui avait la stupide idée de déborder…
    Écartant brutalement toutes ces pensées négatives, il reporta son attention sur ce qui autrefois avait été son travail, un règlement de concours superbement rédigé et deux superbes reprises encore à achever. Désormais, le papier se désagrégeait presque entre ses doigts.
    « Euh, tu crois que c’est sauvable ? » demanda-t-il piteusement, bien qu’il ne se fît guère d’illusions sur la réponse.

[Raah, c'est nul Mad ]

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MessageSujet: Re: « Le médecin va m’tuer… » [David]   Dim 11 Jan - 21:49

    « La fusiphobie ? »

    Nusicaa, qui commençait à se maudire intérieurement d’avoir eu la stupide idée de remettre ce genre de sujet sur le tapis, accueillit cette réplique avec un sourire plus ou moins identique à celui de David, y ajoutant un peu de reconnaissance. Il avait plus que raison de chercher à détendre l’atmosphère qui n’était pas allée en s’allégeant au fur et à mesure de la conversation qui venait d’avoir lieu. De son côté, la jeune métisse, qui n’était pas particulièrement adepte des grandes confidences, surtout quand ces confidences concernaient des évènements aussi importants – pour ne pas dire graves – n’avait qu’une seule envie, celle de passer à d’autres sujets et de laisser tomber tout ce qui y touchait de près comme de loin, ainsi que les réflexions qui semblaient s’imposer vis-à-vis de ce que le jeune homme venait judicieusement de nommer la `fusiphobie’. Un imperceptible soupir s’échappa de ses lèvres serrées tandis qu’elle laissait son regard errer autour d’elle, sans but précis. Inévitablement, celui-ci tomba sur la silhouette de David, occupé à essorer son tee-shirt que leurs petites gamineries aquatiques avaient littéralement inondé, et dont s’échappait maintenant de véritables rivières d’eau chlorée.

    « Hum, pas sûr que ce soit mieux.
    - En effet… »

    Un sourire amusé s’installa sur les traits de Nusicaa qui, croisant le regard du jeune homme, secoua la tête avec compassion. Effectivement, à part froisser le pauvre morceau de tissus, la petite opération de David n’avait strictement rien changé à son état. Vaguement amusée, elle détourna les yeux, s’absorbant dans l’observation de l’atèle qui alourdissait sa jambe, et pour laquelle elle allait devoir trouver un moyen si elle ne voulait pas avoir à faire un nouvel aller-retour à l’hôpital. Elle ne croyait pas franchement se tromper en avançant que cette expérience aquatique ne plairait aucunement au Dr Perez, pas plus qu’elle n’avait aimé ses maigres tentatives pour remonter à cheval malgré les conseils – que le médecin avait transformé en sévères interdictions – donnés en la laissant sortir. Doucement, elle haussa les épaules, tentant d’exiler d’éventuelles pensées négatives alors qu’elle se disait qu’elle avait affronté bien pire qu’un docteur en colère... A côté d’elle, un mouvement la ramena à la réalité. Tournant la tête, elle rencontra la grande silhouette de David qui ramassait les maigres restes des papiers qu’il avait en arrivant. Nusicaa allait se proposer de l’aider mais déjà il revenait se poser au bord de l’eau, une liasse de feuilles trempées en main. La grimace qui se peignit un instant sur son visage lorsqu’il se rassit brusquement n’échappa pas à la belle brune qui se garda bien de faire le moindre commentaire, initiative qui se serait avérée aussi stupide qu’inutile.

    « Euh, tu crois que c’est sauvable ? »
    Nusicaa posa, l’espace de quelques secondes, son regard couleur chocolat sur la texture bizarre que le jeune homme tenait entre ses doigts. En apercevant une qui traînait encore à sa portée, elle avança la main vers elle. Sûrement s’y prit-elle mal car, lorsqu’elle tira pour ramener la feuille à elle, seul un petit morceau resta coincé entre ses doigts, laissant le reste à sa place. La jeune femme laissa échapper un sourire franchement amusé cette fois puis, posant un regard exagérément désolé sur David, elle lui tendit solennellement le pauvre morceau qu’elle tenait.

    « Honnêtement ? Paix à leur âme… Désolée, David. fit-elle en prenant le ton qui convenait à ces graves paroles. »

    Doucement, veillant à son bras en écharpe, elle posa sa main sur l’épaule de jeune homme, toujours aussi solennelle. Au même moment, comme pour illustrer ses propos, un morceau de papier sûrement trop alourdi par l’eau pour tenir en place, se détacha de l’une des feuilles qu’il tenait pour aller lamentablement s’écraser sur le sol. Nusicaa, qui avait suivit des yeux ce mouvement qui manquait particulièrement de grâce, éclata de rire, caressant du bout des doigts le petit bout de feuille qui n’en demanda pas plus pour se déchirer en deux.

    « Non vraiment, là… C’est mort, ajouta-t-elle d’une voix toujours empreinte d’une émotion rieuse. »

    Abandonnant le morceau de papier, elle porta de nouveau ses yeux bruns sur l’eau qui clapotait en dessous d’elle. Le chlore, qu’elle avait jusque là simplement ignoré, commençait à brûler les légèrement ses blessures en s’infiltrant sous bandage et atèle. La belle métisse laissa échapper un imperceptible soupir, réellement agacée de ne pas pouvoir faire ce qu’elle voulait quand elle le voulait. Doucement, elle souleva sa jambe droite au dessus de l’eau, observant avec une mine consternée l’atèle détrempée qui gouttait au dessus de la piscine. Elle n’essaya même pas d’imaginer l’état des bandages en dessous, sachant très bien qu’elle devrait se débrouiller pour les refaire – heureusement, elle avait l’habitude des blessures, qui d’ailleurs se prend bien facilement lorsque l’on pratique un sport à haut niveau. Doucement, elle se fit glisser sur le sol, s’éloignant ainsi du bord pour pouvoir poser sa jambe au dessus de la piscine sans qu’elle n’y trempe. Un sourire en coin se dessina sur ses lèvres : finalement, elle l’avait tout de même eu, cette baignade `interdite’. Vivement, elle repoussa de devant ses yeux une mèche brune rebelle, déjà totalement sèche au vu de la chaleur extérieure, tout en se retourna vers le portail de la piscine au bruit qui fit un groupe de jeunes cavalier qui passaient rapidement devant, non sans jeter un coup d’œil aux deux blessées. Néanmoins, ceux-ci s’abstinrent de tout commentaire, contrairement aux deux potiches qui s’était faîtes envoyées balader un peu plus tôt.

    Le silence s’était de nouveau abattu autour de la piscine, bien moins lourd cependant que tous ceux qui l’avait précédés. Cependant, se retrouva bien vite brisé par une chanson qui sembla s’élever de nulle part. “You make me feel like I can fly, so high. Elevation” Les paroles de U2 qui retentirent soudain firent presque sursauter Nusicaa qui se retourna vivement vers le transat qu’elle occupait avant d’avoir décider de braver les interdits que lui opposaient sa jambe, son atèle et le médecin. Dessus, son portable s’était soudain mis à sonner, principal responsable du bruit soudain. La jeune femme poussa un soupir en tentant de se relever. Bien entendu, le temps qu’elle n’y arrive, la sonnerie s’était tue. La belle brune lança un regard exaspéré à David puis se dirigea vers le transat comme elle s’en était éloignée, c'est-à-dire en s’appuyant sur ce qu’elle pouvait. Une fois long périple de quatre mètre accompli, digne d’un parcours du combattant elle se laissa tomber sur la chaise longue, jetant un regard sur le portable qui lui signalait un appel manqué d’une amie. Nusicaa eut un vague sourire avant de s’adresser à David.

    « Tu le savais toi, que les atèles ne servent pas seulement à soigner, mais aussi à te faire louper la moitié de tes appels ? »


    [Je suis désolée, c’est profondément nul à chier… Je propose, si t’en as envie, qu’on termine celui-ci bientôt et qu’on se fasse un autre sujet ailleurs x) ]

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