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 A ne penser à rien on finit par se perdre dans ses réflexions... #Edward

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Ambrosia Mc.Kingsley
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MessageSujet: A ne penser à rien on finit par se perdre dans ses réflexions... #Edward   Dim 24 Aoû - 13:34

Ambrosia avait les yeux bien ouvert, il était seulement 5h du matin, mais elle n'avait que très peu, son frère lui trottait dans la tête depuis qu'elle l'avait laissée hier. Elle n'avait pas fait grand chose, c'était juste assise sur son lit et avait regardé sa chambre. Elle n'avait pas mangé, comme toujours lorsqu'elle était contrariée, et Dieu sait qu'elle l'était souvent, elle s'était allongée dans le noir, sa colocataire n'avait pas fait debruit pensant qu'elle dormait. Ambrosia n'avait eu aucune envie de parler, vidée de toute son énergie il lui aurait difficile de se montrer "à la hauteur" et elle ne l'aurait supporté. Elle avait donc rejeté les draps et la couette mouelleuse, allumé sa lampe de chevet en évitant de diriger la lumière sur sa compagne de chambre et s'était dirigée vers les salles de bain. Désormais elle était dehors, il faisiat frais et le ciel se colorait de rose pour annoncer le réveil du Soleil. En blouse blanche à manches longues, vestes tricotée rose pâle, jean Diesel bleu sombre et bottes de villes noires elle était sorti sur les chemins. le léger vent mellait ses longs cheveux blonds retenus par un béret en laine noire. Ambrosia avançait presque à la dérive, personne n'était dans les parages et il aurait été indescant d'aller réveiller son hongre, elle marchait donc la tête dans les nuages. Peu de réflexions importantes passaient dans sa tête ce matin là, petites pensées pour le décor, une pensée pour son frère, d'autres pensées pour d'autres choses, en vrac, sa famille, ses professeurs, ses "amies" bref un peu de tout et rien de précis. Le chemin qui se présentait devant était immense et long. Un chemin bordé d'arbres sombres et odorant en ce matin clair. La jeune McKingsley levait par moment la tête pour regarder le ciel, pas un seul nuage. *Une belle journée*. Peu à peu le rouge laissait place au rose qui ensuite se changerait en blanc puis en bleu. Elle avait un pas très lent, presque du sur place, mais peu lui importait, ce matin elle n'avait oubliée son I-Pod et déambullait sans but, sans musique, elle se laissait vivre, bercée par l'ambiance de l'endroit.

*Il fait quand même pas super chaud*

Elle avait croisée ses bras sur sa poitrine bien que ne grelottant pas elle commençait à ressentir la fraîcheur de la nuit lui tombant sur les épaules. Ses oreilles n'écoutant plus rien elle se laissait pourtant bercée par le clap-clap de ses pieds sur la terre.
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Edward Wingate
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MessageSujet: Re: A ne penser à rien on finit par se perdre dans ses réflexions... #Edward   Dim 24 Aoû - 14:57

Il faisait froid. Un froid glacial, qui tétanisait Edward jusqu’aux os, l’empêchait de faire le moindre mouvement, lui étreignait le cœur et réduisait ses pensées à néant. Tout était noir, tout était vide, tout était mort.
Mais POURQUOI ?
Pourquoi toute sa vie n’était qu’une suite d’échecs, une suite de catastrophes et d’horreurs qui le poursuivaient comme son ombre ? Il ne parvenait plus à réfléchir, à se résonner. Il avait eu une bouffée de tristesse, de désespoir. Puis une pointe de colère avait commencé à voir le jour, et il l’avait entretenu, l’avait réchauffée. Elle était devenue bouillante, incontrôlable.
La colère d’Edward … On la lui avait si souvent reprochée. Mais elle lui avait tant servi. Il l’entretenait comme on entretient un grand feu en hiver pour se réchauffer. La colère lui permettait de se donner une contenance, et de refuser d’affronter la vérité en face pour le moment. Il était trop tôt, il n’était pas encore prêt. Il se réfugiait donc dans sa haine. Sa haine de lui-même.
Tout ce à quoi il touchait était ostensiblement détruit. Ravagé.
Il n’avait pas dormi de la nuit. En fait, il avait passé une bonne partie de la nuit dehors, marchant sur les chemins dans la forêt obscure et silencieuse. Comme son cœur.
Ce n’était pas la fraîcheur du petit matin qui lui donnait cette sensation glaciale. C’était le choc, l’absurdité, l’horreur de ce qu’on lui avait appris la veille. Son père adoptif, lui qu’il avait d’abord rejeté, puis apprécié et enfin admiré, le seul homme qu’il ai accepté dans toute sa vie, avait été tué. Un accident de voiture idiot, un abruti qui avait trop bu, percutant sa voiture et l’envoyant valser dans le fossé. Les urgences, coma artificiel, blessures graves … n’a pas survécu. Le scénario habituel pour les médecins. Rien d’exceptionnel. Un mort de plus, hop ! Envoyez-le à la morgue, on remplit les papier, on appelle l’assurance. Bon allez, c’était lui le coupable. Hop ! Un mort de plus, envoyez-le à la morgue. Au suivant.
Edward était révolté, survolté. Il n’acceptait pas la réalité des faits, il ne voulait pas. Non, c’était impossible. Encore l’un de ses cauchemars, il allait se réveiller … Mais non. Il ne s’était pas réveillé. Il avait du admettre que c’était ainsi. Il avait eu sa mère adoptive au téléphone. Elle était en pleurs, désespérée. Mais elle vivrait, Edward le savait, car elle tenait trop à lui pour ne plus aimer sa vie. Elle était du genre très expansive, à montrer toute la tristesse qui était en elle.
Pas Edward. Lui ne montrait que la colère. Une rage aveugle envers lui-même. Bien sûr, il n’était pas coupable. Bien sûr, il n’aurait rien pu faire. Mais il se détestait, pour tout.
Il marchait d’un pas décidé, du pas de quelqu’un d’énervé, déterminé. Mais il n’était pas déterminé. Il était indécis, indécis de ce qu’il aurait du faire, de comment il aurait du réagir. Tous ceux qui le connaissaient l’avaient traité d’insensible, de « sans cœur ». S’ils avaient su à quel point cela avait affecté le jeune homme, ils auraient rougi de honte. Mais non, ils s’étaient acharné sur lui, déversant toute leur tristesse en un flot de paroles blessantes envers Edward.
Celui-ci ne leur en tenait pas rigueur. Il était peut être trop différent, justement.
Son visage était très dur, n’exprimant rien d’autre qu’une colère au bord du débordement. Seuls ses yeux trahissaient un désespoir grandissant tandis qu’il marchait à l’ombre des arbres.
Il donna un fabuleux coup de poing dans le tronc du plus proche, impulsif et ne parvenant pas à se contrôler. Sa main meurtrie se mit à saigner, coupée en plusieurs endroits. Mais il s’en fichait. Peu lui importait sa santé. Il contempla la blessure, sans un bruit, écoutant son souffle saccadé. C’est alors qu’il entendit un bruit de pas, non loin de là.
Il releva vivement la tête, et tenta de dissimuler sa main, scrutant la forêt autour de lui.
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Ambrosia Mc.Kingsley
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MessageSujet: Re: A ne penser à rien on finit par se perdre dans ses réflexions... #Edward   Dim 24 Aoû - 15:47

Ambrosia avait levé la tête et marchait la tête dans les nuages c'était bien le cas. Toujours le visage de son frère dans ses pensées. Un bruit sourd lui fit soudain baisser la tête. Surprise et énervée d'être dérangée dans sa balade matinale elle regarda devant elle. Rien à première vue puis soudain, non loin d'elle, une forme. Un adolescent de son âge ou à peu près était près d'un arbre, une main dans l'autre. Ambrosia se redressa alors instantanément, cen'était pas le moment de l'embêter. le visage d'une pâleur un peu effrayante et es yeux cernés elle avait l'allure fatiguée et le maquillage léger de ce matinne cachait rien. Furieuse de croiser quelqu'un alors qu'elle était dans un état lamentable ele décida de passer son chemin. Non pas de repartir en sens inverse mais de l'ignorer. Son pas changea, et d'un pas nonchalant et hésitant elle pass à un pas décidé, ondulabt des hanches la tête haute et le menton droit elle continua d'avancer. Arrivé à hauteur de la masse adolescente elle ralenti, pour scruter l'adversaire car pour elle toute personne était potentiellement un adversaire. Un jeune garçon, de son âge oui, en vêtement relativement sombre et assez rock. Elle leva le sourcil.

*Encore un fan de hard, I want to die*

Elle le toisa de haut en bas, accentuant le mouvement de sa tête pour lui montrer que non elle ne se gênait pas. Pourtant elle s'arrêta lorsqu'elle observa son visage. Malgré l'ombre portée des arbres elle fut décontenancée par ce regard. Hagard, presque perdu. Elle eu le frisson désagréable de déjà vu. Ce regard elle l'avait croisé dans le miroir ce matin, il y a quelques temps dans les yeux de sa mère lorsqu'elle lui avait annoncé qu'elle partait pour d'autres horizon. Ce regard perdu contrasté avec la dureté du reste du visage. Ambrosia affichait en face une neutralité terrifiante, presque attaquante. Elle baissa les yeux et distingua des tâches sur le jean du jeune garçon. Plissant les yeux elle tourna la tête vers l'arbre, il y avait sur son écorce des bouts qui étaient tombés et des traces de coup.

*Tu t'entraîne à la boxe ? Il y a d'autres endroit pour ça je te signale.*

La tête haute elle s'était désormais immobilisée, elle ne disait rien mais ses yeux observait avec froideur l'être qui était devant elle.

*Tu m'a dérangé et bien voyons ce qui tu es*
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Edward Wingate
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MessageSujet: Re: A ne penser à rien on finit par se perdre dans ses réflexions... #Edward   Dim 24 Aoû - 16:54

Edward était particulièrement énervé, non seulement contre le monde, mais contre lui-même. Une fois de plus, il avait cédé à la tentation de se faire du mal. Il avait sans doute oublié ses calmants, ce matin-ci. En y réfléchissant bien, il ne les avait en effet pas pris. Trop occupé à se changer les idées en se précipitant dehors en pleine nature, il ne s’était pas soucié de ce détail – qui se révélait être à présent un sérieux handicap. Il faudrait bien qu’il apprenne un jour à se contrôler, pour quoi passait-il ?
Il ne dit pas un mot, attendant que l’inconnu se manifeste. Il espérait que c’était bien un inconnu, ne souhaitant pas s’attirer la pitié d’une quelconque nouvelle connaissance. Il détestait voir poser sur lui des yeux de labrador triste lors de ses brusques accès de colère ou de tristesse. En particulier ce matin là, où les deux se mêlaient pour former un cocktail plutôt explosif, et un flot de sentiments qui le perturbait et affectait sa maîtrise de soi. Très bien, il était en colère. Oui, il avait frappé dans un arbre. Mais il n’était pas désespéré. Non, il n’était pas désespéré…
Une lueur inquiète passa un très court moment dans son regard. Si, il était désespéré. Mais il ne voulait pas l’avouer. Il avait mis trop de temps à le contester.
L’inconnu qui révéla être une jeune fille s’approcha, il vit son ombre marcher entre les arbres et s’avancer vers lui. Elle avait la tête haute, l’air décidé. Mais il y avait quelque chose de plus qui l’énervait profondément. Un air supérieur. L’air de la Duchesse du domaine qui croise le manant du village. Ce qu’Edward ne supportait absolument pas.
Ce qui acheva d’accentuer sa colère fut le regard qu’elle lui lança. Méprisant. Hautain. Evidemment, il fallu qu’elle vit son jean tâché de sang, et qu’elle fasse le rapprochement avec l’arbre. Edward venait d’être démasqué.
La seule chose qui ne l’énerva pas dans l’attitude de la jeune fille fut son absence totale de sentiments. Il ne valait mieux pas que quelqu’un s’apitoie sur son sort, cela l’aurait affaibli et il ne supportait pas ces petits moments de faiblesse qui le déstabilisaient et montraient la face cachée de son caractère.
Mais son vécu et ses mauvaises expériences l’avaient entraîné à faire face au plus dur, et même s’il était très facilement blessé, très fragile, il n’en montrait rien. Il se présentait comme un jeune homme fort et sans problèmes.
Enfin, la jeune fille venait d’avoir un aperçu de l’un de ses problèmes, puisqu’elle avait apparemment compris ce qui s’était passé. Et cela déplaisait fortement à Edward, car il prenait toujours soin de cacher ses faiblesses.
Il hésitait entre laisser libre cours à sa colère ou se contenir et la cacher. Il analysa rapidement son adversaire, comprenant à son visage fermé et son attitude supérieure que le voir s’énerver l’amuserait sans doute beaucoup. Il préféra donc la deuxième solution, et garda des traits durs, s’appliquant à ne pas la regarder dans les yeux pour dissimuler le tumulte d’émotions qui s’y agitaient.
Un petit sourire ironique se dessina sur son visage.

- Tiens donc. Une promenade matinale ? lança-t-il en prenant un air dégagé.

Sa voix sonnait faussement indifférente. Il avait parfaitement réussi à se donner une contenance sans que l’autre pût deviner quelle déchirure intérieure le faisait souffrir autrement qu’en le lisant dans ses yeux acier.
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Ambrosia Mc.Kingsley
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MessageSujet: Re: A ne penser à rien on finit par se perdre dans ses réflexions... #Edward   Dim 24 Aoû - 17:11

Les deux êtres qui se faisaient désormais face étaient étranges, singulier. Différent pourtant semblables. Ambrosia avait du mal à mettre ses idées en place et c'est pourquoi elle avait laissé l'autre commencer. D'ordinaire elle attaquait en premier et laissé abattu l'autre en face, mais là se profilait encore derrière la barrière froide de ses yeux les nuages de réflexions laissées en plan à cause de cet "incident".

_Et toi ? Tu t'entraîne à quoi ?

En faisant visiblement allusion à l'arbre meurtri elle ne cherchait qu'à gagner du temps. Derrière ses traits tirés elle luttait contre la fatigue. Se concentrant fortement pour analyser chaques détails de celui qui se présentait à elle, elle fut bien navrée de pas croiser son regard. Elle avait en effet appris, grâce à son frère entre autre, que les yeux d'une personne ne mentait que rarement et que rares étaient ceux qui arrivaient à laisser cette fenêtre sur l'âme vide et sans émotions.

_Ambrosia McKingsley. A qui ai je l'honneur, oh combien immense, de faire face ? Un charmant jeune homme qui s'attaque à un arbre ?

Ambrosia n'avait jamais fait que se cacher derrière ses piques, les faiblesses des autres, leurs défauts ou leurs faux pas étaient pour elle autant de moyen d'attaquer. Et ce caractère tiranique qui l'avait fait connaître auparavant était en train de reprendre le dessus.

*Tout ça à cause de l'autre...*

Penser encore à son frère l'énervait encore plus, et ce jeune homme qui fuyait son regard l'agaçait.

*Montre toi bon sang*

Elle se sentait comme un chien attaché trop longtemps qui n'avait qu'une envie se défouler et clui qui se présentait à elle n'avait pas l'air bien méchnat, du moins pour l'instant.
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MessageSujet: Re: A ne penser à rien on finit par se perdre dans ses réflexions... #Edward   Dim 24 Aoû - 20:22

Edward s’appliquait à éviter les yeux de la jeune fille, se doutant de tout ce qu’ils devaient exprimer et révéler sur son état d’esprit présent, en contraste avec le visage qu’il présentait. De ce fait, il ne lui était pas permis d’observer le visage d’Ambrosia en détail. Il se contentait de fuir son regard, sans que cela ne soit trop flagrant. Il s’était trop souvent fait avoir. En entendant sa réplique qui ne sût tarder, il comprit qu’il avait vu juste. C’était une battante. Elle savait déterminer quel était le point faible de on adversaire, et l’attaquer directement. Pour le moment, elle ne connaissait pas grand chose de lui, et elle avait donc tiré partie de la main blessée d’Edward. Logique.
Elle paraissait implacable, sûre d’elle. Mais le jeune homme était bien placé pour savoir que les personnes agressives étaient souvent meurtries au plus profond d’elles-mêmes. Il était d’ailleurs passé par cette phase. Désagréable, farouche, il ne cessait de repousser les autres, de s’en éloigner peu à peu, jusqu’à s’isoler complètement. Il se réfugiait derrière cette carapace d’agressivité, dissimulant ses blessures. Puis cela avait fait place à l’indifférence feinte. Il était distant, silencieux. Ailleurs. Il s’était toujours fait remarqué par ce mystère qui l’entourait. Après tout, qui connaissait son passé ? Qui le connaissait, lui-même ? Même ses parents adoptifs ne savaient pas tout de lui, n’étant jamais arrivé à percer complètement sa protection contre le monde extérieur. C’était ainsi qu’il en était venu à la musique. Elle lui avait permis de s’évader, d’exprimer des émotions et des sentiments qu’il ne dévoilait que trop rarement. Tout adolescent « normal » ressent le besoin de se confier à quelqu’un, de lui faire part de ses peurs, de ses doutes, de ses expériences. Pas Edward. Lui s’était refermé sur lui-même, formant une carapace hermétique. Seule une personne l’avait connu tel qu’il était, et elle s’était suicidée. La deuxième personne à le connaître un peu plus que les autres s’était fait tuée.
Cette pensée ajoutée aux paroles d’Ambrosia, un petit sourire amer se dessina sur les lèvres du jeune homme.

Touché, songea-t-il sombrement.

Il n’en montra cependant rien, et conserva un air imperturbable, bien qu’il tressaillit très légèrement et que son poing intact se serra.

- Edward Wingate, dit-il froidement.

N’y tenant plus, il s’autorisa enfin à la fixer droit dans les yeux, de ce regard poignant et troublant à la fois, qu’il s’évertuait à rendre neutre sans y parvenir. Ce qu’il exprimait était si personnel et étrange qu’Edward évitait souvent la confrontation. Du gris de la mer un jour de tempête, ils étaient parsemés d’éclats dorés asymétriques, comme autant d’étoiles douces mais fragiles. Ils étaient pourtant incertains, lointains. On aurait pu les comparer à un oiseau perdu, seul dans l’immensité du ciel, qui avait depuis longtemps accepté sa solitude et son désespoir.
C’est alors qu’il remarqua les traits tirés de la jeune fille, les cernes trahissant une fatigue importante. Edward se douta qu’un événement sans doute peu agréable venait de se produire, et il songea amèrement que leurs points en commun créaient leurs différences.

- Mal dormi ? lâcha-t-il d’une voix glaciale.

Son propre ton le fit frissonner, ainsi que ce que cela sous-entendait. Il regretta immédiatement ses paroles, et se maudit intérieurement. Une fois de plus, il ne s’était pas contrôlé, et il s’en voulait. De telles suppositions envers lui l’auraient beaucoup affecté. Voilà comment la colère mêlée au désespoir le rendaient. Indifférent à tout. Insensible. Bien sûr, il ne l’était pas réellement. Mais ce pour quoi il passait le dégoûtait au plus profond de lui-même.
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MessageSujet: Re: A ne penser à rien on finit par se perdre dans ses réflexions... #Edward   Lun 25 Aoû - 18:16

    Ambrosia avait observé le jeune homme tranquillement, comme coincée devant lui. Elle avait attaquée, à elle de continuer. Il releva enfin la tête et ce qu'Ambrosia y trouva la troubla,pronfondément. Indescriptible, ce qu'elle y voyait était indescriptible, un regrd perdu mais froids dur. Un mirori de ce qu'étaient probablement ces propres émeuraudes-bleu. Loin de le prendre en pitié elle senti monter en elle une sorte de haine féroce, elle avait en face d'elle un jeuen homme qui semblait être fait du même bois qu'elle et cela l'horrifiée. Son propre lui était étrangé et ce parfait inconnu sembalit lui ressembler.

    *A quoi ça sert de lire les gens quand on ne comprend pas sa propre famille*

    Ces traits s'étaient durci mais elle gardait ce visage neutre, calculateur. Il s'appellait Edward, elle ne l'avait jamais vu mais elle se sentait bizarrement proche. Ce sentiment étant certainement dû à l'ambiance générale et à l'état d'esprits des deux protagoniste. Ambrosia était affaibli, meurtri, la nuit passée à veillée l'avait affectée, visiblement. C'est d'ailleurs à cette nuit que fit allusion Edward. "Mal dormi" c'était le moins que l'on puisse dire, elle n'avait pas fermé l'oeil une seule fois, par crainte des rêves, ele avait fixé la plafond en priant pour ne pas craquer mais elle avait pleuré. Peut être cela se voyait-il encore elle n'en savit rien.

    *Alors toi aussi tu observe les gens ?*

    Souriant interieurement et gardant intacte son épaisse carapace elle sentait le sol se dérober sous ses pieds. Le mailaise était palpable. Les deux adolescent se regardaient, s'observaient, comme deus loups bléssés qui attendent de voir lequels des deux va s'éffondrer en premier pour qu'il puisse se jeter sur la carcasse.

    _Je ne dors que très peu, mais de toute manière, le manue de sommeil est parfois préférable aux agitations de la nuit. J'empêche l'Autre de me faire signe. Se contrôler j'appelle ça comme ça, ce qui apparement n'est pas ton cas.

    Ambrosia avait pourtant un remord à attaquer celui d'en face, pourtant elle ne bougeait pas. *Le monde est plein d'être humain et ce n'est pas parce que je serais gentille qu'il va être heureux, alors autant mettre les choses aux clair.*

    _Première année ?

    Non pas qu'elle voulait engager la conversation mais c'était comme cela, elle l'avait dit. Et depuis hier on avait percé sa carapace et à mesure que les heures passées 'air s'y engouffrait, écartant unpeu plus l'ouverture. Mais Ambrosia resistait, pour elle être amicale c'est être faible. Tous ceux qu'elle avait piétiné c'étaient montrés amicaux et prenant son frère en exemple jamais il n'était amical et il était intouchable, du moins par elle.
    Campant sur pieds, elle attendait une réaction.
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Edward Wingate
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MessageSujet: Re: A ne penser à rien on finit par se perdre dans ses réflexions... #Edward   Lun 25 Aoû - 22:27

Ambrosia … Un sacré caractère. Edward eut presque envie de rire en songeant au portrait loufoque qu’ils devaient former l’un face à l’autre, deux prédateurs agressifs prêts à bondir, à saisir la moindre petite faille qui pourrait les amener et réduire l’autre en bouillie. Ils étaient pathétiques. Il était pathétique. Mais n’étaient-ils pas tous deux semblables en certains points ? Oui, c’était leur agressivité qui les rapprochait … Leurs blessures. C’était cela. Elle était blessée. Tout comme lui, d’ailleurs.
Il avait trop longtemps retenu une colère froide au plus profond de lui-même, il s’était trop souvent empêché de crier sa haine de tout, son dégoût de ce monde fait d’apparences et de confrontations. Il se sentait comme une bête sauvage enfermée depuis trop longtemps en cage, qui était au bord de la crise. Il se savait meurtri, mais ce matin là, il s’en rendit compte plus intensément. Tout était sujet à sa colère. Il était trop … « passionné ». Pourquoi fallait-il qu’il vive tout avec autant de force ?
Il n’avait pas pleuré pour la mort de son père adoptif, comme il ne pleurait jamais pour son passé. Mais ses réserves de larmes étaient depuis longtemps taries et la douleur n’en était que renforcée, cela était d’ailleurs trop visible dans ses yeux. Il avait 16 ans, et déjà son regard était celui de quelqu’un qui avait vécu, et pas en bien. Il était fatigué, las de ne montrer de lui que cet inconnu fait de toutes pièces, une identité qu’il avait créé pour se protéger, pour refermer sur lui une protection infaillible. Mais cette protection n’était infaillible qu’en théorie, et elle le trahissait parfois contre son grès. Mais alors qu’il se tenait face à Ambrosia, il faisait tout son possible pour la conserver, montrant un visage déterminé et implacable, dissimulant très bien le tumulte intérieur qui le submergeait.
Les paroles de la jeune fille le piquèrent au vif ; elle avait touché le point sensible. Preuve d’une intelligence et d’un esprit d’analyse bien entraînés. Elle tenait là la faille. Son côté très impulsif qu’il n’avait jamais contrôlé. Cependant, il n’en montra rien. Un éclair de colère – ou bien de mélancolie, qui aurait su le dire ? - passa rapidement dans son regard, comme une étoile filante qui apparaissait brièvement dans l’immensité du ciel et disparaissait subitement.
Sans la quitter des yeux un instant, il remarqua qu’elle paraissait encore plus mal en point qu’il ne l’avait remarqué au premier regard. En réalité, elle semblait exténuée. Mais ce n’était pas l’Edward sensible et délicat qui était debout face à elle, c’était un jeune homme blessé qui enfouissait son chagrin et son déchirement intérieure dans une colère sourde et aveugle. Il en allait de même pour Ambrosia, il le savait. Il ne voulait pas céder. Il ne cèderait pas, il ne craquerait pas. Il s’en savait capable, dès son enfance il s’était endurci, avait tracé sa route et franchit les obstacles qui se présentaient devant lui sans un mot, refusant toute aide, tout ami, toute tendresse. Rare étaient ceux qui avaient réussi à gagner sa confiance. Il avait trop souffert, et refusait de souffrir à nouveau. C’était donc quelqu’un d’intransigeant qui fixait la jeune femme sans ciller, d’un calme feint. Il ne chercha même pas à savoir de qui elle voulait parler en disant « l’Autre ». Il ne savait qu’une chose : il n’était pas question de faiblir.
Il laissa un court instant sa question en suspend, puis répondit d’une voix d’un calme glaçant, dur et dénuée d’émotions.

- Deuxième. J’en déduis que tu es toi-même en première année ? Les gens de ton espèce ont tendance à vouloir que les autres ne les dépassent en rien. Navré de te décevoir si c’est le cas.
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MessageSujet: Re: A ne penser à rien on finit par se perdre dans ses réflexions... #Edward   Mar 26 Aoû - 19:30

Ambrosia l'avait regardé, dans le détail mais en fait que voyait-elle vraiment ? Un jeune garçon, de son âge semblant brisé par la vie, facile à atteindre. Pourtant il se défendait comme elle, il semblait porter en lui une rage imense. La raison ? Ele l'ignorait et en fait elle avait bien assez de ces problèmes existenciaux pour penser à ceux des autres. Elle ne s'y interessait pas tout comme personne ne s'interessait aux siens. La rage d'Ambrosia s'était peu à peu calmer, en effet devant elle se tenait une véritable bombe. Ambrosia avait cette facultée miroir, ainsi elle prendre e même état d'esprit qu ecelui d'en face mais pouvait aussi tout lui renvoyer, du moins ne plus rien avaoir quan en face cela existait dejà. Ainsi sa rage disparaissait peu à peu que le temps passait et qu'elle comprenait l'ampleur de la tempête qui régnait sous la tignasse brune. Ambrosia baissa les yeux, pour la première fois elle lâchait la main, se livrant aux regard sans les surveiller. Elle scrutait le vide.

*Cette conversation n'a pas lieu d'être, ni nos présence, à cette heure les gens normaux dorment*

Elle releva lentement la tête, ses yeux la piquaient et elle n'avait qu'une envie prendre un bain chaud et foncer dans les couvertures pour ne plus en sortir, jamais.

_Je ne sais pas si d'autre personnes comme moi existent, donc j'ignore ma propre espèce, c'est assez amusant d'ailleur. Hum, je pensait juste que seul un première année pouvait être assez idiot pour se laisser aller à de telles idioties contre un arbre. Enfin comme quoi on peut se tromper.

Elle souriait, d'un sourire narquois, satisfait.

_Je suis bien en première année oui, question d'âge et pas de niveau. Mais dit moi tu semble la connaître MON espèce. Alors décrit la moi tu veux. Qu'est-ce mon espèce hum ?

Amusée par avance de ce qu'il pourrait dire s'il répondait Ambrosia avait déjà la tête ailleur, peut être plus vulnérable mais ces fréquents regards au loin la trahissait. Que serais t-elle si son passé avait été différent ? Peut être qu'en ce moment elle serais en train de dormir ou de converser gaiement avec sa colocataire. Non pas que l'envie la manquait mais c'était la manière. Elle avait, là, devant elle un adolescent qui n'avait rien demander, et là ils s'attaquaient. Elle souriait, se moquant, de lui, d'elle, d'eux, ils étaient bien ridicule. Mais la bataille était lancée, comment finirait-elle ? Qui des deux lâcherait l'affaire et perdrait la face ? Lequel des deux fera preuve de courage ? Et avec quel usage ?
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Edward Wingate
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MessageSujet: Re: A ne penser à rien on finit par se perdre dans ses réflexions... #Edward   Mer 27 Aoû - 14:37

Le sang du jeune homme bouillonnait, de colère, de désespoir, d’incompréhension. C’était lui-même qu’il ne comprenait pas. Réussirait-il un jour à calmer ses pulsions de sentiments et d’émotions qui le submergeaient immanquablement à chaque fois ? Il se savait impulsif, mais le constater ce matin là ne faisait qu’accentuer sa haine. Evidemment, Ambrosia, qui l’avait sans doute détaillé sous toutes les coutures, ne voyait que cette haine, sans pouvoir sans doute mettre de nom dessus autre que le sien. Seulement, il n’avait pas grand chose contre elle. A vrai dire, il s’agissait d’un parfait hasard. Tous deux s’étaient simplement trouvés au même endroit, au même moment … peut être dans des conditions similaires ? Il n’aurait su le dire. Il ne connaissait rien d’elle, elle ne connaissait rien de lui. Et pourtant, ils parvenaient à se jauger, à s’affronter, à s’agresser en pleine forêt à six heures du matin. Ils étaient forts. Très forts. Cependant, ni l’un, ni l’autre n’étaient du genre à s’abaisser, en particulier devant un adversaire un peu plus persévérant qu’à l’accoutumée. Un peu ? En réalité, Edward ne s’était heurté qu’à des garçons. Jamais une jeune fille n’avait fait preuve d’autant de volonté et d’agressivité face à lui. Pour avoir du caractère, elle en avait… Un sacré, même.
Le jeune homme eut un petit sourire lorsqu’elle évoqua le fait qu’elle ne savait pas si d’autres personnes comme elles existaient.

- Tu m’en vois rassuré, dit-il, sans se départir de sa voix la plus impersonnelle qui soit.

Il ne mentait pas, mais il se rendit compte que cette phrase avait aussi un côté positif, sens caché qui ne lui semblait pas si faux. Ambrosia était tout simplement unique. Qui, à cinq ou six heures du matin, se serait dressé devant un étranger, aurait soutenu son regard avec autant d’insistance, aurait cherché la faille jusqu’au dernier moment ?
Ce qu’Edward ne parvenait pas à expliquer lui apparut soudain clairement. Voilà donc ce qui lui plaisait, chez elle ; cette force de caractère, d’apparence inébranlable. Ce regard farouche et déterminé.
Il chassa immédiatement ces pensées de son esprit. Non. Il était hors de question de faiblir. D’ailleurs, il remarqua chez elle des signes qui ne mentaient pas, et confirmaient sa précédente hypothèse : elle était littéralement exténuée.
Il se rendit compte alors de son pouvoir, de sa force. Il était sans doute plus endurci qu’elle, du moins son corps était-il programmé pour tenir le coup face à plusieurs nuits blanches. Ce qui ne semblait pas être son cas.
Seulement, elle le cacha bien au départ, avec ce sourire narquois au possible.

- Ton espèce, sourit-il amèrement. Mais bien sûr, je vais te la décrire. Agressive, hautaine, exigeante, détestable, insupportable. Je t’imagine bien te comporter comme ça avec les gens en général, vouloir écraser quiconque se trouvant sur ton passage Ô combien divin. Tu te crois forte, tu te crois supérieure, intouchable. Mais tu n’es rien, Ambrosia. Rien de plus qu’une snob aux grands airs.

Il avait dit tout cela d’une voix terriblement froide et dépourvue d’émotions, y déversant toute sa colère et toute sa haine.
Etait-il réellement insensible ? Non. Mais il était impulsif, il l’avait toujours été. Il avait riposté sans réfléchir, sans rien prévoir.
Il la regarda intensément, ses yeux sombres n’étant plus que l’écume d’une mer déchaînée par l’incertitude.

- Une fille blessée, ajouta-t-il dans un murmure, un souffle quasiment imperceptible dans le flot de la tempête, comme un chuchotement en excuse à ce qu’il venait de débiter en masse sans ciller.
Il soutenait son regard parfois absent, se plongeant dans ses grands yeux bleutés, peut être en espérant y lire ce qu’ils pouvaient bien révéler.
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MessageSujet: Re: A ne penser à rien on finit par se perdre dans ses réflexions... #Edward   Mer 27 Aoû - 16:58

    Ambrosia était désormais calme, plus calme que jamai set se sentait vidée, vidée de toute énergie. Elle était en train de perdre mais peu lui importait, au loin elle entendait les arbres et tout près elle sentait son ventre, ventre vide qui hurlait à manger en silence. Et entre ces deux choses si importantes en cet instant il y avait...

    *Toi*

    Allez savoir ce qui se passait dans sa tête, elle même ne saurait le dire, plsu rien ne s'y passait. Il lui décrivit "son espèce" et en souriait.

    _Belle description, d'un ton qu'elle voulait froids elle ne réussi qu'à sortir ces deux mots, à un volume faible mais audible, plus faible encore, dans un murmure on dirait presque un monstre c'est magnifique...

    Elle se dressait devant lui et fulminait.

    _Et que peux tu savoir toi hein ? Tu frappe dans les arbres, tu crosi savoir, tu observe mais tu pleure ! Tu pleure à l'intérieur et tu saigne, tu es misérable, térriblement misérable; Tout t'as abandonné tout. C'est tellement pathétique. Tu fais comme si, tu fais semblant mais tu ne sais plus rien. Et tu hurle sur les autres, et tu les regarde de haut mais tu n'es rien !

    Elle hurlait à présent, toute rage au dehors, ce n'était pourtant pas lui qu'elel décrivait elle se rendait compte que oui, c'était un monstre, elle était unmonstre et s'engeulait, voilà tout, hurlant d'une voix cassée et fatiguée dans cette forêt silencieuse de mots qui auraient dû sortir depusi trop longtemps.

    _Et tu crois qu'on t'aime, qu'on t'admire mais c'est faux, on te plains.

    C'était dans un murmure qu'elle avait prononcé ceci, elle avait désormais la tête basse, peu à peu, une pat une des lourdes larmes coulaient le long de ses joues, puis ce fut un torrent qui se déversait là, tandis qu'elle se tenait debout comme une cloche. Puis ce fut trop elle se laissa tomber par terre, assise misérablement. Désireuse d evoir le monde disparaître ou de disparaître de lui.

    _Tu n'es rien pour les autres.

    Un murmure entre deux larmes, étouffés de spasmes maladifs, c'était là 16 années d'une vie qui s'échappait d'un visage froids. Trop longtemps à jouer à la dame, trop longtemps à croire que pour vivre on avait besoin de personne c'est aujourd'hui devant un miroir d'elle même qu'elle avait craqué. Mais elle n'avait pas honte. Non Ambrosia n'avait pas honte seulement trop de peine, seulement trop de peine....
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MessageSujet: Re: A ne penser à rien on finit par se perdre dans ses réflexions... #Edward   Mer 27 Aoû - 21:14

Edward constata la transition, la transformation qui s’opérait en elle. Elle devint d’un calme olympien, indifférente… « vidée ». Il faillit se reprendre, mais quelque chose l’en empêcha, le retint là, toujours debout devant elle, toujours neutre et détaché. Elle lui ressemblait tellement … Non. Il fallait qu’il arrête d’avoir de telles pensées, son instinct lui criait de ne pas en avoir. Il n’avait pas le droit. Mais au juste, à quoi avait-il droit ? Il s’empêchait d’être proche de quelqu’un, d’être aimable, il s’empêchait d’être heureux … Il ne vivait pas. Il survivait, bon grès mal grès. Tant que le destin avait décidé qu’il faisait encore partie de la vie, il s’y résignait, menait une existence vagabonde et aléatoire, s’en contentait… Mais finalement, à quoi était-il bon ? A s’en prendre à une jeune fille qui n’avait sans doute rien demandé au départ ? A l’insulter, la rabaisser ? Etait-ce lui, ce jeune homme insensible et enragé, dépourvu de sentiments, indifférent et détestable ? Il se sentait idiot, en trop. Il s’était toujours senti en trop. Mais cette fois-ci, cette impression n’en était pas une. C’était une certitude, une évidence. Qu’est-ce que quelqu’un comme lui faisait dans ce monde ? Rien, rien … Il ne semait que colère et tristesse, il détruisait tout autour de lui, refusant son propre bonheur, refusant tout simplement d’être heureux.
Ses pensées furent interrompues par la voix, par le murmure d’Ambrosia. Il n’aurait su dire en cet instant s’il l’avait blessée, si ses paroles dures l’avaient ébranlée. Elle avait parlé sur un ton froid, afin, sans doute, de ne rien révéler de ce qu’elle ressentait. Il fut surpris en se voyant appréhender sa réaction. Se souciait-il finalement d’elle ?
Mais elle reprit la parole, ses yeux lançant des éclairs, tout son être vibrant de la colère qu’il abritait. Et elle l’attaqua, à son tour. Elle criait, elle se libérait de toute sa haine depuis trop longtemps contenue. Sa description de lui-même était tellement vraie … Mais il eut soudain un doute quand à l’objet de cette description. Etait-ce réellement de lui, qu’elle parlait ? Ou bien était-ce d’eux … d’elle ? Il eut un moment de doute, ébranlé. Cependant, cela lui correspondait à la lettre, et il se vit décrit comme jamais personne ne lavait fait, avec justesse. Une vérité précise et dure. Il eut l’impression de se prendre un mur en pleine face. Ce qu’il refusait de voir, ce qu’il avait longtemps refusé d’admettre, elle venait de l’étaler devant lui dans le prolongement de sa haine ; elle l’avait percuté de plein fouet.
A sa voix cassée, brisée par la fatigue, par trop d’émotions, il sut qu’il avait gagné. Mais à quel prix ? En temps normal, il savait qu’il aurait été satisfait, qu’il se serait félicité d’avoir vaincu un adversaire de taille. Il savait qu’il se serait ainsi rassuré, voyant qu’il avait réussi à conserver sa carapace d’indifférence mêlée à une colère plus forte que tout.
Seulement, cela ne le réconfortait pas, ne lui procurait aucune fierté. Il était dégoûté. Dégoûté de lui-même. Il n’était rien. Il était brisé depuis bien longtemps, tout son parcours dans son existence n’avait été qu’une suite d’échecs qui n’avaient fait qu’accentuer ses blessures, qui l’avaient rendu inhumain, seul, sans espoir. Il avait donné un nom au coupable de son malheur : Edward. Il se détruisait tout seul, et le savait pertinemment. On lui répétait que tout allait bien, que c’était fini, que la vie était belle et qu’il devait en profiter, oublier. * C’est ça, « Carpe Diem » ! *
Il ne s’était jamais haï autant que ce matin là, face à cette jeune fille qui lui ressemblait tant.. Etait-ce pour cela qu’il s’était montré si dur ? Sans doute. A vrai dire, il n’était pas capable d’expliquer son propre comportement. Une accumulation de faits qui l’avaient conduit au désespoir le plus total.
« Tu n’as pas ta place ici, tu es en trop, tu es minable ! Qu’est-ce que tu fais encore là, à fouler cette Terre ? Tu ne mérites pas de vivre ! » Lui hurlait une petite voix en lui-même.
C’est alors qu’il vit une larme couler lentement sur la joue délicate de la jeune fille… Puis deux … Il chancela. Non, pas ça. Pas elle.
« Mais laisse-la pleurer, tu t’en moques, tu as gagné ! »
Non. Non, il ne s’en moquait pas, et c’était bien là le problème.

* Mais qu’est-ce qui m’arrive … * songea-t-il en tremblant légèrement. Pourquoi cette vague de sentiments qui le submergeait ? Il était perdu. Oh, bien sûr, il en avait vu des gens pleurer, il s’en était même voulu, la plupart du temps. Mais ce qu’il ressentait alors dépassait l’entendement. Son dégoût de lui-même fut si intense et prononcé qu’il se sentit transpercé de toutes parts par mille poignards. Hagard, , chancelant, il la vit alors se laisser tomber à terre pour s’asseoir, perdue et fragile. Il serra fortement les poings, et la douleur à sa main blessée l’élança, mais il n’en avait cure. Il s’en moquait éperdument.
Sa carapace neutre d’indifférence, de quelqu’un de fort et déterminée se brisa en mille morceaux, fondit en même temps que sa colère qui s’évanouit dans les plus profonds ténèbres, dévoilant un visage bouleversé et désespéré. Il s’agenouilla devant elle, se mordant les lèvres pour s’empêcher de crier, d’hurler à quel point il se détestait, à quel point il haïssait sa vie.

- Ambrosia, chuchota-t-il d’une voix infiniment douce, d’un tel contraste avec le faux personnage qui apparaissait quelques instants plus tôt qu’il en fut lui-même troublé.

A quand remontait une telle attitude de sa part ?… Il n’aurait su le dire.

- Ambrosia, je suis désolé …

Il se sentait soudain inutile, horrible. Il s’en voulait tellement …
Agenouillé face à elle, il osa poser une main réconfortante sur sa frêle épaule et il la serra doucement, relâchant son poing blessé sur son jean imbibé de sang, oubliant tout le reste.


[ Fiou ^^ petite bouffée d'inspiration ]
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MessageSujet: Re: A ne penser à rien on finit par se perdre dans ses réflexions... #Edward   Jeu 28 Aoû - 18:21

    [Tant mieux tant mieux, ça m'en donne aussi ^^]

    Que ce passait-il ? Qu'arrivait-il à la petite McKingsley ? A cette gamine gatée qui avait un compte en banque prêt à craquer, à cette ado aux jeans de marque, aux fêtes remplies d'alcool, aux soirées longues qui n'en finissent plus. Qu'était-il en train de ce passer là, ici, ce matin là, sur ce chemin de terre près d'un arbre qui contenait encore des traces de sang. Le présent c'est une accumulation de passés. Qu'advennait-il de cette gosse de riche qui vivait dans le luxe, avait les meilleurs professeurs, les plus friqués camarades ? Où était celle qui ecrasait les autres ?
    Il n'y avait là qu'une enfant, une enfant de 16 ans, la tête dans les mains, les genoux repliés, le coprs secoué de spasmes, elle pleurait. Ou peut être pas. cela resemblait plutôt à une fuite. Elle avait toujours fuit en croyant faire front, mais non elle esquivait. Une vie trop "papier glacé", trop parfaite. Une enfant aux boucles blondes qu'adulait ses parents et qui croyait alors que le monde devait lui rendre hommage. Qu'est-ce qui l'avait amené ici déjà ? Son frère... Leigh... Le revoir, se battre et perdre contre lui. Rencontrer Zac, trouver bizarre le fait de respecter quelqu'un. Et le terrible besoin d'attaquer quelqu'un. Sauf que ce matin, Ambrosia était fatiguée et Edward à sa hauteur. Depuis son arrivée elle se posait des questions. *Regarde les gens, ces pauvres idiots, pleins d'amour, de bonheur ils ont des amis et peut être l'amour et semblent heureux. Et toi ? Qu'est-ce que tu as toi à part des lunettes Canel et un jean Versace ?*
    Et là, et là... Fatiguée, venir ici l'avait fatiguée, parce que ça l'avait confrontée aux gens, à des gens qui ne savaient pas que les McKingsleyu étaient de "petits péteus", qu'ici tou tle monde s'en foutaient qu'elle soit Ambrosia. Ici les gens vivaient pour les chevaux et elle s'étaient éloignée des gens. Mais lui. Edward, il s'était juste trouvé au mauvais endroit au mauvais moment. Ils s'étaient trouvés au mauvais endroits au mauvais moment. Voilà tout.
    Et là ? Qu'est ce qui se passe ensuite ? Reprenant peu à peu ses esprits Ambrosia reconnectait avec le monde réel. Remplaçant peu à peu tous les détails : l'arbre, la main, le sang, les regards, les attaques et la vérité. Alors nous y étions donc. C'était donc pour cela qu'elle pleurait, pour la vérité. Pour un garçon qui n'avait eu aucune pitié pour la blonde en face de lui tout come jamais elle n'avait eu de pitié envers les gens. Et là, elle voulait disparaître, mourir foudroyée, disparaître pour ne plus avoir à suporter les gens, leurs regards, leur amour, leurs vies si belle et elle... Elle qui avait l'argent, le physique, elle n'avait rien.

    *La vie est une véritable menteuse*

    Se forçant à se calmer, elle ne ressentait plus rien, elle se sentait devenir plus légère au fur et à mesure des larmes qui s'échappaient de ses yeux. Ses yeux, ses froids et distant yeux bleu vert devenaient, semblait-il, plus amicaux, plus vivant sous le flot qui se deversait. Elle se calma enfin, respirant par à-coup encore mais déjà elle tremblait plus. Il s'était agenoullé près d'elle et avait murmuré son prénom et des excuses, lui semblait-il. Sentant une main sur son épaule frissonante elle releva la tête. Elle posa son regard sur lui, il était en contre jour et avait une apparence étraneg sous ce jeu d'ombre. Ne cherchant même pas à essuyer ses larmes, à se rendre digne, elle était vide, plus rien àl'intérieur, plus de rancoeur, plus de peine, seul restait ce lourd sentiment de solitude. Parce que même si il y avait les chevaux, cela ne comblait pas le manque. Manque d'amour de ses parents, manque d'amitié avec les autres, notamment son frère. Et elle scrutait comme une enfant trop perdue le gris profond du gouffre devant elle. Il avait de la peine pour elle, c'était visible. Comme ils devaient être idiots là, par terre, eux qui étaient prêt à s'écraser étaient désormais en train de jouer à "c'est moi le plus méchant". Ambrosia fit alors ce que jamais elle ne fit avant. Ambrosia enfant c'était "je me débrouille seule". Elle bascula lentement vers l'avant, se raprochant d'Edward, peu important alors qu'il la repousse, qu'il se moque ou ... Peu importait, elle était descendu trop bas pour avoir une quelconque dignité. Elle ouvrit alors la bouche, et dans un murmure, les yeux sur cette main ensanglantée.

    _C'est pas toi, ni moi, c'est nous, juste nous, on est idiots, c'est juste ça le problème. Je n'ai jamais pleuré de toute ma vie alors forcément je le fais mal.

    Ce fut ses seuls mots, mais un tel tableau avait-il besoin de paroles ?
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MessageSujet: Re: A ne penser à rien on finit par se perdre dans ses réflexions... #Edward   Ven 29 Aoû - 14:04

Quel étrange portrait ils formaient tous deux, à même le sol dans cette forêt sombre !
Ils n’avaient aucun liens familiaux, et pourtant c’était le même sang qui se déversait dans leurs veines, envoyé en vagueS de colère et de haine depuis leurs cœurs blessés.
Edward avait tellement été surpris de trouver quelqu’un semblable à lui-même, qu’il s’était braqué, était devenu agressif et farouche. Il avait d’abord craint de plonger, de se noyer dans ses répliques. Il avait eu raison, car elle était largement à sa hauteur. Par la suite, il s’était redressé, avait repris pied. La rage l’avait aveuglé, comme effaçant ce qui restait de lui, cette petite flamme de sensibilité protégée par sa carapace de « dur ». Elle avait été si convaincante, sa carapace. On y aurait presque cru, s’il n’y avait pas eu cette agitation confuse dans son regard profond et perturbé. Les yeux sont le reflet de l’âme, Edward l’avait toujours su, et détestait ce handicap de taille. Cette expression était particulièrement vraie en ce qui le concernait, et tandis que ses proches en étaient fascinés, lui faisait tout pour le dissimuler. L’image qu’il donnait de lui-même était son total opposé ; cela était sans aucun doute du à son mal-être, à l’absence de confiance qu’il s’accordait. Il ne le montrait pas, ne le disait jamais. Mais il s’était toujours haï, s’enfermant dans le silence et la solitude, sans échappatoire, réduit à une vie minable dépourvue d’espoir. Il était ridicule. Il avait une chance inouïe, d’être là, d’avoir une existence dont beaucoup rêvaient. Il pouvait se consacrer à sa musique, aux chevaux ; à ses passions. Seulement, il lui manquait quelque chose. Quelque chose qu’il n’avait jamais eue, ou qui s’était évanouie, brusquement, alors qu’il commençait à peine à y croire. Tout en était toujours allé ainsi. Tous ses espoirs, tous ses rêves s’étaient effondrés à ses pieds dès lors qu’ils prenaient de l’ampleur dans son cœur. Les souvenirs étaient encore douloureux, et y penser lui faisait mal, trop mal. Son enfance trop brutale l’avait brisé. Totalement brisé, sans pitié. Seule subsistait cette sensibilité qu’il considérait comme sa pire ennemie. Il avait été élevé, avait grandi dans la violence, dans la terreur. Son père qui le frappait, le laissant souvent inconscient et meurtri, étalé à même le sol sur le carrelage glacé. Sa mère incapable de s’occuper de lui, « bourrée » et chancelante. Ses camarades de classe qui riaient de lui. Et le jeune garçon, au milieu de ce chaos qu’était sa vie, qui résistait, qui se battait pour ne pas faiblir. Il avait un sacré cran ! Son silence renvoyait aux autres le mépris le plus profond, faisant blêmir les gens de colère et de honte. Dès sa plus tendre enfance, il avait été formaté, pour ne faire confiance à personne. Il avait appris à dissimuler ses émotions. A se contenter du peu de choses que lui apportait la vie. Seulement, après une bastonnade trop dure, il s’était révolté. Tout son corps hurlait sa douleur, son âme d’enfant saignait, le moindre mouvement lui arrachait une grimace, lui donnait envie de crier. Mais il était allé jusqu’au bout. Il l’avait tué. De ses propres mains. Il fallait que justice soit faite ; il avait fait ce qu’il y avait à faire. Lui. Celui qui avait détruit sa vie, qui l’avait traumatisé. A seize ans, son sourire sadique hantait toujours ses rêves … et puis ce sang, ce sang poisseux qui recouvrait ses mains innocentes. Ensuite … il avait du réapprendre à vivre, à faire confiance. A aimer, un nombre infime de personnes, que l’on aurait pu compter sur les doigts d’une seule main. Et il avait grandi, était devenu un séduisant jeune homme, si beau lorsque l’ombre d’un sourire passait sur son visage aux traits fins et charismatiques. Il aurait pu réussir. Mener une vie parfaite. Mais il avait échoué, refusant inconsciemment son bonheur. Une dizaine de tentatives de suicide, l’automutilation, puis les calmants, les psy’ … Les somnifères pour dormir le strict minimum. Il avait passé sa période de crise durant laquelle vivre était trop difficile à supporter. Ce passage de désespoir avait laissé ses traces ; une profonde cicatrice à son poignet gauche, qui mettrait sans doute un long moment avant de s’atténuer, ne mentait pas sur ses états d’esprit passés.
Il était trop fragile, instable. Mais il l’avait toujours nié, par fierté, par refus d’accepter la faiblesse. Cela l’avait perdu.

Il sentit les tremblements qui agitaient Ambrosia s’atténuer, puis disparaître totalement. Elle offrait cependant un tableau déprimant d’une enfant meurtrie, blessée par la vie. Il plongea ses prunelles aux éclats dorés dans celles de la jeune fille, y discernant une lueur nouvelle, qu’il n’avait jamais vue auparavant. Un réel changement s’opérait-il en elle ? Il en était certain. Des larmes ruisselaient sur son visage plus doux, plus triste aussi. Edward eut un pincement au cœur en la voyant ainsi, dans toute son innocence … sa fragilité enfantine.
C’est alors qu’il la vit, la sentit s’approcher de lui, comme peu de gens l’osaient, se voyant aussitôt rejetés. Mais ce matin là, c’était différent, tout était différent … Il était différent.
Il frémit, instinctivement, mais ne s’écarta pas. Il ne fit pas un bond en arrière comme il le faisait toujours dans de pareils cas. Quelque chose le retint là, proche d’elle, sans qu’il n’éprouve un besoin vital de fuir. Il l’écouta parler dans un murmure, dans un souffle que quelqu’un assistant à la scène à quelques mètres n’aurait pas perçu. Suivant son regard, il vit sa main écorchée, qui avait frappé avec force dans un arbre innocent. Bien sûr, elle le faisait souffrir, mais il la maintenait dans une immobilité parfaite, réduisant la douleur au minimum. En outre, son esprit était occupé par tout autre chose. La souffrance n’était que passagère, il l’avait appris très tôt ; il n’y pensait même pas.
Relevant les yeux sur elle, il eut un petit rire triste.

- Tu sais, je connais pas grand monde qui pleure « bien » , sourit-il.

Se trouvant dans une position inconfortable, et sa main étant ainsi exposée aux regards, il finit par s’asseoir à ses côtés, positionnant son bras droit de façon à le dissimuler dans l’ombre. Il regarda la jeune fille un moment, silencieux et troublé par son propre comportement, et, doucement, un bras protecteur lui entoura les épaules, avec hésitation.
« Mais qu’est-ce que tu fabriques ? Tu faiblis, tu faiblis beaucoup trop ! Et ta distance de sécurité ? Qu’est-ce qui t’arrive ? »
Il l’attira très doucement contre lui, dans un geste aussi rare chez lui qu’improbable.
Il n’aurait su dire ce qui le poussait à agir ainsi, tout comme il lui était impossible de dater la dernière fois qu’il s’en était permis. Pour la première fois depuis longtemps, c’était son cœur qui parlait à travers les gestes.
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MessageSujet: Re: A ne penser à rien on finit par se perdre dans ses réflexions... #Edward   Ven 29 Aoû - 17:42

    Qui était-elle vraiment cette heune blonde aux yeux trop durs pour son âge ? Et lui ? Qui était-il lui ? Elle n'en savait rien. *J'ai rencontré quelqu'un ce matin, il a frappé un arbre on s'est engeulés puis j'ai pleuré.* Ele sentait son coeur se serrer, son ventre faire des tours. Elle n'en savait rien de qui elle était. Et personne n'avait jamais voulu savoir, excellente élève, fille à pap, gosse de riche, top model au coeur de pierre voilà ce que disiat les yeux des autres, et leur comportement. les philosophes disent que ce que nous sommes n'est que le reflet de ce que les autres voient. *Possible*. Alors c'était peut être pour ça qu'elle était là, qu'ils étaient là, parce qu'il n'avait pas vu en elle la montagne infranchissable qu'on voulait tous connaître, parce qu'il lui avait dit ce qu'il voyait réelement. Et elle, peut être qu'elle aussi elle lui avait montré qu'elle pouvait lire, qu'elle savait lire. Ses larmes recommencèrent à couler, mais ce n'étaient que celles libératrice que l'on verse par soulagement, par bpnheur ou que sais-je.

    *Pourquoi ? Pourquoi tu reste là Edward, pourquoi tu n'as pas ris, te n'es-tu pas moqué de moi ? Tu aurais pû, tu aurais dû et tout aurais fillé. Je serais là et tu serais ailleur.*

    Trop de confusions, trop trop, elle ferma les yeux. On était un jour de semaine et les gens devaient à peine se réveiller, elle ferma les yeux. Elle écoutait, leurs souffles, presque à l'unisson. Ne pas savoir ce qu'il pensait lui était difficile à supporter, elle aurais voulu se redresser, lui faire face et lire, savoir dans ces immenses fenêtres grises ce qu'il se passait sous cette masse noire.

    *A quoi pense tu Edward ? A quoi ? Pourquoi ?*

    Elle n'avait jamais aimé d'humains, ses parents eurent pour elle un porte monnaie elle eu pour eux un bulletin et une école privée, ses amies avaient pour elle de l'admiration elle avait pour elles la réputation et les pass pour les boîtes de nuit. *Donnant-donnant* Mais que lui donnait-elle là ? Et lui que lui donnait-il ? Rien, ils ne se donnaient rien ou peut être trop pour qu'elle en prennent conscience.

    *Parle encore, parle ou je vais croire que tu es parti ou que je me suis évanouie*

    _Alors je peux t'appeller Ed' maintenant ?


    Sa voix était brisée, comme en millier de petits souffles de murmure, elle avait trop en elle pour parler correctement. Oublier, oublier ce qu'il se passe. Elle aurait dû se lever, lui dire qu'il lui faisait pitié et elle aurait continuer sa vie en l'oubliant. Mais elle n'en fut pas capable, elle ne le voulait pas.

    *Ces instants devraient durer toute la vie, que je n'ais-je pas à me lever et à me rendre compte de ce qui se passe.*

    _Ce n'est pas vrai, ce n'est pas vrai tout ça, tu fais semblant et demain on se sera oubliés. N'est ce pas ?


    Elle avait parler si bas. Peur, elle avait peur. On ne peut pas faiblir. Pas elle. L'amour ça n'existe pas, les amis, la famile tout ça ce n'est que des bouts de rêves utopiques pour faire croire aux gens qu'ils peuvent être heureux. *Tout ça ça n'existe pas* Elle aurait voulu se lever et partir en courant, ou mieux ne s'être pas levée aujourd'hui. C'est vrai, pourquoi s'était-elle levée, pourquoi était-il là lui ? Lentement, si lentement elle laissa aller sa tête contre son torse, ne réfléchissant pas, ne réfléchissant plus. Elle aurait voulu lui dire : je crois que c'est une erreur, je ne sais pas ces choses là moi, j'ai peur alors au revoir, je ne suis qu'une gosse de riche, et on n'est pas ami avec des gens comme moi, on a pas le droit de les laisser pleurer par terre et de les consoler. Elle aurait voulu lui dire qu'elle ne le méritait pas, mais sa gorge s'était sérrée et plus rien n'en sortait. Une main entre ses genoux et son ventre et l'autre par terre elle avait roulé des feuilles dans sa paume et se sentait si faible. Si faible. Mais pour la première fois elle en était presque fière. Les yeux crispés pour contenir tout ce qui voulait sortir, elle se pressait lentement contre lui, une part d'elle même voulait encore qu'il la pousse et parte,qu'il eu ce sourage mais l'Autre, l'autre partit applaudissait ce courage qu'il avait de rester. Qui était le plsu courageux alors, celui qui partait ou celui qui restait ?

    _Tu es resté...
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Edward Wingate
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MessageSujet: Re: A ne penser à rien on finit par se perdre dans ses réflexions... #Edward   Sam 30 Aoû - 20:53

Edward avait un instant sombré dans une espèce d’inconscience, pensive et lointaine. Son esprit s’était isolé, était parti ailleurs un court moment, qui lui parut pourtant durer une éternité. Il avait mis tellement de temps à se forger une fausse identité, à bâtir sa vie de toutes pièces, seul, désespérément seul mais déterminé à le rester. Il avait passé chaque minute, chaque seconde à refuser le moindre soutien, la moindre compassion. Cela n’avait jamais existé dans son vocabulaire, c’était impossible, impensable. Les gens faisaient semblant, mais il fallait se méfier, d’eux, de tout. Attaquer ceux qui te menaçaient, c’était là l’arme la plus efficace pour continuer à marcher droit, régulièrement, sans dévier de sa trajectoire prédéfinie. Depuis qu’il était arrivé là, il était dévisagé, comme partout, par ceux qui méprisaient son style, son apparence si peu commune, et puis il y avait les autres, en majorité, qui s’appliquaient à regarder ailleurs, pour ne pas voir cet inconnu à la fois étrange et intimidant par ses différences, pour ne pas voir cette tâche en trop dans le paysage. Edward cependant avait lu la même chose dans leurs yeux ; ce rejet lié à l’inquiétude. Il était vrai qu ‘il était inquiétant en temps normal ; ses traits fins et délicats, il les durcissait, il affichait une image désespérément neutre, indifférente, avec ce quelque chose en plus qui en général refroidissait ceux qui avaient l’espace d’un instant envisager l’aborder, immédiatement interdits face à lui, face à son visage de marbre, d’apparence inébranlable.
Edward avait consacré sa vie à rejeter les autres, parfois à les mépriser. Peut-être y avait-il une part de reproches, dans son attitude ; il leur en voulait, parce qu’ils aimaient, ils pleuraient, ils riaient … ils vivaient. Une vie simple, sans porter le lourd fardeau que lui traînait depuis son enfance. Une vie dont il s’était interdit même de rêver. Il n’avait pas le droit. Dans un monde de brute, il n’y avait pas de place pour les sentiments. Seuls le silence, la colère et la solitude subsistaient.
Seulement, là, un bras enlaçant la jeune femme, ses barrières s’étaient littéralement effondrées. Désintégrées.
Il lui semblait que des larmes recommençaient à couler sur ses joues pâles, mais il ne pouvait le confirmer dans l’ombre du ciel et des arbres. Il ne dit rien, resta silencieux. A quoi bon parler dans un moment pareil ? Il la fixa un long moment, observant ses traits plus détendus, d’un regard totalement différent de celui qu’il affichait, quelques instants auparavant. Tout été allé si vite. Et pourtant, il avait l’impression que chaque seconde de ce début de journée avait duré une éternité. Il se revoyait encore, cherchant la faille, face à quelqu’un sans pitié et remords tout comme lui, quelqu’un de déterminé, de semblable à lui. Il regardait droit devant lui, songeur, rêveur, les yeux voilés et lointains, comme absents, perdus dans l’au-delà. Ses yeux, si expressifs, pétillant d’ordinaire d’émotions, étaient pour une fois calmes, à son image, stables et sereins. A quoi pensait-il ? Que pouvait-il bien se dire ? Un flot de reproches qu’il s’adressait à lui-même, d’incertitude, de révolte le submergeait.
La voix, douce, brisé d’Ambrosia le tira de ses pensées, et il l’écouta, sans un mot.
« Alors je peux t’appeler Ed’ maintenant ? »
Cette question le fit sourire, avec attendrissement. Ses traits détendus s’adoucirent, ses lèvres s’étirèrent doucement, et ses yeux devinrent tendres et, un instant, moins sombres.

- Tu peux m’appeler comme tu veux, répondit-il dans un souffle plus léger que le vent, que l’oiseau libre comme l’air, que la plume qui frôle le sol.

Le froid glacial qui l’abritait quelques minutes auparavant avait disparu, s’était réchauffé… Son cœur sous l’emprise du froid était à présent irradié, par des vagues tièdes qu’il n’aurait su décrire.
Il était tiraillé par deux parties de lui-même, totalement opposés. Il était incertain, perturbé, déchiré. Une petite voix lui hurler d’arrêter tout de suite, de s’éloigner d’elle, de partir loin, très loin. Et puis, de l’autre côté, il y avait son cœur, qui recommençait à vivre, qui se mettait à battre, à nouveau, régulièrement, calmement, en même temps que son souffle doux et quasiment imperceptible. Pour la première fois, depuis la nuit des temps lui semblait-il, il se sentait vivre, réellement vivre et non plus survivre. Il était bien.
« Dans la vie, il n’y a pas de place pour le doute. Tu dois te battre, tu dois partir, t’éloigner au plus vite d’elle. Elle est comme tout le monde, elle ne peut que te faire du mal. Te faire souffrir … »
Non. Non. Il refusait, il refusait de penser cela. Son instinct de solitaire lui criait son indignation, mais il le reniait. C’était une véritable bataille intérieure qu’il se livrait sans pitié.
Et sans cesse, sans cesse, cette voix qui le mettait en garde, installant le doute en lui, tel un gouffre profond dans lequel il tombait, un gouffre noir et sans fin qui l’entraînait dans les profondeurs de son âme.
« Combien de fois, combien de fois as-tu été trompé par tes émotions, combien de fois as-tu souffert à cause des autres, t’es-tu retrouvé seul et meurtri au plus profond de toi ? »
Elle reprit la parole, éloignant l’histoire d’un instant les incertitudes du jeune homme et l’interpellant. Que voulait-elle dire ?

- J’ai bien peur que ce soit vrai, sourit-il avec une légère mélancolie.

* Et je ne t’oublierai pas * songea-t-il sans le prononcer à voix haute.
Comment oublier quelqu’un d’aussi unique ? Comment l’oublier, elle ?
C’est alors qu’il sentit sa tête s’appuyer, très lentement, contre son torse, qu’il la sentit contre lui, tout contre lui. Les doutes durent aussitôt balayés, envolés par un ouragan de sentiments et d’émotions diverses qui le submergeaient. Son cœur s’emballa, s’embrasant et brûlant, réchauffant tout son être d’une chaleur nouvelle, qui se répandait en lui comme une vague de bien-être. Il retint son souffle, comme si le simple fait de respirer l’aurait écartée.
Depuis combien de temps n’avait-il pas eu de contact humain, de vrai contact ?
Sa dernière barrière de crainte et de réserve venait de s’effondrer, tandis qu’il sentait ce corps fragile proche de lui, appuyé sur son torse. Il serra délicatement son épaule et l’attira un peu plus vers lui, avec douceur, une douceur infinie. Fermant les yeux, il détendit chaque muscle de son corps, jusqu’à être totalement libre, reposé.

- Tu croyais vraiment que je serais parti ? murmura-t-il d’une voix douce.
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MessageSujet: Re: A ne penser à rien on finit par se perdre dans ses réflexions... #Edward   Dim 31 Aoû - 10:16

    Tant de sentiments passaient en elle. Trop de sentiments. Quelle heure pouvait-il bien être ? Quel jour pouvait-on bien être ? Où sommes-nous donc ? Perdue. Perdue, simplement dépassée. Elle esquissa un sourire lorsqu'il lui répondit, elle aurait voulu l'entendre encore, encore. Elle referma les yeux, une vague de souvenir se rappellaient à sa mémoire. Elle devait avoir alors 6 ou 7 ans, peut être 8, elle avait perdu son pendentif, une chaîne en or portant un ange blanc, elle en avait pleuré, toute l'après midi, et toute la nuit. Mais personne n'était venu, personne. Son père était en voyage d'affaire, sa mère avait cousu toute la journée et son frère... son frère était sûrment passé quelques fois. Ce vide, ce vide immense que la petite McKingsley avait ressenti. C'était son premier souvenir de larmes, de solitude, de vide. Ce vide qui ne disparu jamais, jamais. Jamais elle n'avait comblé ce gouffre immense qui grandissait jour après jour, anniversaire après anniversaire, lorsque que 50 personnes venaient danser et s'amuser et qu'elle n'en connaissait aucune, lorsque le soir elle avait eu envie de parler et qu'elle restait silencieuse. Ce vide, ce vide immense, elle avait là l'impression que lui venait de le combler, d'un coup, dans un murmure, dans une étreinte, rien que par sa présence elle avait l'impression de sentir le sol sous elle. ce vertige qu'elle ressentait devant chaque êtres humains avait disparu, seconde après seconde elle le sentait se remplir. A cette pensée elle serra si fort son poing que ses phalanges devinrents blanches.

    _J’ai bien peur que ce soit vrai.

    *Mais tu ment, comme les autres, comme mes parents, comme mes amies, comme tous les autres.*

    Mais non il n'était pas comme les tous les autres, il nétait pas tous les autres, il semblait sortir du même monde qu'elle ou d'un tellement différent. Deux petites et pauvres choses qui s'étaient trouvées dans le froids matinal. Elle tremblait à présent, non pas qu'elle eu froid mais c'était sa manière à elle de combattre ces voix intérieures. Elle ne pouvait s'empêcher de se dire qu'un jour lui aussi allait partir, ce n'était pas possible. *Tu n'as pas le droit d'être heureuse toi, tu as déjà tout le reste* Elle avait 5 ans et ces mots furent gravés à jamais dans sa mémoire, comme un refrain dans la chanson pitoyable de son existence.

    *Et qu'est ce ce passe après ? On en va pas rester là éternellement, il faut se relever, repartir, affronter les autres, leurs regard à nouveau. Mais des regards différent, parce que désormais on connaissait Ambrosia, on savait de quelles horreurs elle était capable et qu'on trouverait cela bizarre, Ambrosia, Edward...*

    C'est sûrement ce que son esprit calculateur aurait pensé, dans d'autres circonstances, mais là. Là elle respirait, les yeux fermés, l'odeur de son sauveur. L'odeur de celui qui ne l'a pas laissée seule au milieu des arbres, de celui qui après l'avoir attaqué était parvenu à entrer dans l'épaisse forteresse. Et tandis qu'il resserait son étreinte protectrice elle se sentait faible, si faible, si fragile, si dépendante. Dépendante. Jamais elle n'aurait supporté cette situation mais aujourd'hui tout était différent, tout. Et elle se laissa ammener tout contre le jeune homme, levant une main et la posa, tremblante, sur lui.
    Qui était-elle pour être là ? Tu ne mérite pas d'être heureuse. Tel un vieux disque rayé cette phrase tournait en boucle tandis qu'elle sentait son ventre se tordre et son coeur. Oui elle sentait son coeur, il battait, différement. Qui était-elle pour meriter ça. Elle ne méritait rien.

    *Je ne mérite pas ça, et il mérite mieux. Tu entends ? Non tu n'entends pas. Tu mérite mieux que moi, mieux que la chose abîmée que je suis, il y a tout à réparer là. Tout.*

    Il avait réouvert la bouche pour lui parler, et son coeur s'était emballé, simplement à l'entente de ces quelques mots, il s'était mis à battre tellement fort. Tu ne mérite pas d'être heureuse.

    _Je... je ne sais pas. Les autres seraient partis eux, ils partent toujours.

    Il avait murmuré et elle murmura aussi, comme si augmenter le volume aurait détruit l'instant.

    *Peut être que j'espérais que tu serais parti, ma vie aurait continuée, identique, toujours pareille.*

    _Toujours sur la même ligne, avec les mêmes problèmes, les mêmes attaques et le même gouffre.

    Elle ne parlait plus, c'était un souffle, léger, comme une ombre ou un mirage.

    _Peut être aurait-il fallu que tu partes... Je serais alors en train de te maudir, de me maudir. Et j'aurais essayer d'oublier... Parce que maintenant c'est impossible.

    Elle releva la tête et le regarda, se pencha légèrement pour mieux en voir, en voir plus. Il avait les yeux fermés.

    _Tu ressemble à un ange.

    Elle l'avait prononcé si bas que le bruit de ces paroles en avait couvert le sens. Elle observa chaque millimètres de ce visage qui, il y a quelques minutes qui lui parurent des éternités, était celui d'un ennemi, d'une chose à attaquer, à détruire pour ne plus penser qu'elle même était détruite, brisée. Elle apprenait par coeur chaque partie de ce visage, un visage qui s'était adouci, comme libéré des horreurs qui y étaient marquées. Elle trembla de nouveau mais resta ainsi, ses cheveux étaient tombés sur son front, et quelques mèches étant passées sur ses yeux lui donnaient une vision floue. Elle resta là, interdite, à observer.

    _Et maintenant ? prononca t-elle dans un murmure doux esquissant, un sourire.

    Maintenant elle ne voulait juste plus jamais le quitter.
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MessageSujet: Re: A ne penser à rien on finit par se perdre dans ses réflexions... #Edward   Dim 31 Aoû - 15:08

Il faisait bon, tout était calme, silencieux. Les arbres ondulaient légèrement sous le souffle léger du vent, faisant bruire leurs feuilles et incliner les pousses d’herbes dans un bruit infime. La nature ne s’était toujours pas éveillée, elle dormait profondément, berçant la végétation de silence.
Edward se revit, dans son enfance, échappant aux colères meurtrières de son père en s’évadant en pleine nature, seul et en sécurité à l’écart du reste du monde. Il s’était ainsi créé son propre univers, s’abandonnant totalement en ces lieux où peu d’hommes s’aventuraient, où son père ne risquait pas de le trouver, où il pouvait oublier un instant le cauchemar qu’était sa vie d’enfant. Il se revoyait, marchant dans le petit sentier, sans parler, sans chanter comme le faisaient tant de petits garçons, sans rire et sans jouer. Marcher, simplement, apprécier cet instant de sérénité, ces secondes, ces minutes suspendues dans le temps, avant de revenir au monde réel, à la folie, au bruit, à toutes ces choses qui lui faisaient peur. Il suivait le vol d’un couple de papillon avec un sourire rêveur empreint sur son visage innocent, il observait, autour de lui, ce paradis de douceur et de bonheur simples, sans les aléas du quotidien, sans la souffrance, la peur, la haine. Il restait parfois dans la forêt jusqu’à la nuit tombée, puis il rentrait en traînant les pieds, tremblant déjà à l’idée de ce qui l’attendait en rentrant. Il se réfugiait dans sa chambre, ouvrait un livre et lisait, lisait pour oublier, pour ne pas penser au moment où cette porte allait s’ouvrir sur son cauchemar habituel, sur la violence. Souvent, au bout de quelques minutes, il devait s’y reprendre à deux fois avant de tourner une page, ses mains se mettant à trembler, incontrôlables. Le monde avait été si cruel avec cet enfant. Il était seul, désespérément seul au monde. Il croyait s’en être accommodé, mais la vérité était qu’il souffrait, qu’il avait toujours souffert en silence, et même à seize ans son cœur saignait, de cet abandon. Personne ne s’était jamais soucié de lui, si ce n’était quelques personnes désormais disparues… On l’avait toujours regardé avec pitié, parfois même avec compassion, mais il l’avait refusé, se sentant faible sous ces regards qui se voulaient compréhensifs. Qui aurait pu le comprendre ? Il n’avait souhaité l’aide de personne, considérant qu’il était né pour être seul et en trop. Puis il avait été recueilli par une famille amante et bienveillante à son égard. Il n’avait jamais pu leur rendre leur amour. Trop craintif. Trop distant. Il ne connaissait pas le mot « famille ». Pour lui, il était synonyme de souffrance, de haine. Il avait d’abord renié ceux qui lui offraient une vie meilleure. Puis il s’était attaché à eux, avait appris à leur accorder un minimum de confiance. Un minimum, car il n’avait pas été capable de leur offrir ce que, eux, lui donnaient. Il n’avait jamais eu de gestes significatifs. Le simple fait qu’il ne les considère pas comme des ennemis potentiels était un grand pas pour lui. Ils s’en étaient contenté. Ils avaient accepté ses différences. Ils l’avaient accepté, lui, qui était si particulier, si instable et méfiant. Mais derrière ses airs de battant, se cachait un cœur depuis longtemps brisé, par la solitude et la crainte de l’autre, par une enfance meurtrie et détruite par la violence.
Parfois, ses parents adoptifs le voyaient s’isoler, s’asseoir, pensif, sur le muret qui bordait le jardin, fixant l’horizon avec une pointe de mélancolie dans ses yeux, de regret peut être. Il restait ainsi quelques minutes, désirant simplement être seul. Le plus souvent, Edward s’installait au piano qui trônait au milieu de la salle réservée à la musique, un magnifique piano à queue noir auquel il tenait énormément. Il se mettait à jouer, enchaînant plusieurs morceaux qu’il connaissait parfaitement, les yeux à moitié fermés, ses doigts fins effleurant les touches avec douceur, comme si tout cela était évident. Le jeune homme avait révélé un don certain pour la musique, ses parents adoptifs, eux-mêmes musiciens, avaient été impressionnés par sa faculté d’apprentissage. Ils l’avaient également initié au violon, et il s’était perfectionné jusqu’à jouer de très beaux morceaux ; le piano restait cependant son instrument de prédilection. Il avait passé des heures et des heures à en jouer, et au bout de 4 ans, il avait le niveau de quelqu’un ayant l’expérience d’une dizaine d’années de pratique. Il avait toujours refusé de toucher à une guitare, qui lui rappelait trop, beaucoup trop ces longs moments passés à faire sonner les cordes de celle que sa tante lui avait envoyée, tandis qu’il entendait son père hurler son nom avec toute la haine qui l’abritait, de l’autre côté de la porte. Ses parents adoptifs n’avaient pas insisté, sans comprendre son dégoût de l’instrument, sans réussir à déchiffrer cette flamme de colère et d’horreur qui s’embrasait dans ses yeux lorsqu’ils lui avaient proposé d’apprendre à en jouer.
Tirer un trait sur son passé. Il y avait consacré sa vie.

Et là, au moment où il s’y attendait le moins, au moment où il croyait presque qu’il avait réussi à s’endurcir réellement, il était redevenu lui-même.
Il sentit Ambrosia trembler, contre lui. Etait-ce de froid, ou d’autre chose ? Mais sa peau était tiède, elle ne semblait pas avoir froid. Se livrait-elle un combat intérieur, elle aussi ? Il eut le cœur serré à cette pensée, et il se concentra à penser à autre chose.
Et puis elle reprit la parole, de sa voix douce, entre le murmure et le souffle, cette voix qu’il aimait écouter, sans avoir à réfléchir à ce qu’elle exprimait pour pouvoir l’enfoncer, la « neutraliser », pour pouvoir gagner un combat dénué de sens. Il aimait l’entendre, l’apprécier, les yeux clos, se demandant à la fin si ce n’était pas un rêve, ce qu’il vivait là.
« Les autres seraient partis … ». Oui, et il y avait peu, il en faisait parti.
Sa voix était si douce qu’il se demanda mille fois si elle était bien réelle, si ce n’était pas son imagination qui lui jouait des tours.
« Tu ressembles à un ange ».
A ces mots, il rouvrit les yeux, et une ombre passa dans son regard , voilant un instant ses prunelles dorées d’un nuage de tristesse, sans doute de mélancolie.

- Je ne suis pas un ange …, chuchota-t-il amèrement.

Il posa sur elle son regard aux nombreuses nuances de gris et de dorés, et la contempla un long moment, esquissant un petit sourire en voyant des mèches de ses cheveux qui lui barraient le front, cachaient ses yeux.

« Et maintenant ? »

Délicatement, très doucement, il écarta les mèches rebelles du bout des doigts de sa main intacte, la détachant un court instant de son épaule.
Maintenant … il aurait voulu que ce moment dure une éternité.

- Tu veux peut être marcher un peu ? lui proposa-t-il doucement.

Il aurait du plutôt lui demander de rentrer, d’oublier cet instant de sa vie et de reprendre le cours de son existence, comme si de rien était. Mais il était incapable de lui dire cela. Sans s’en rendre compte, il faisait tout pour prolonger le moment.
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Ambrosia Mc.Kingsley
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MessageSujet: Re: A ne penser à rien on finit par se perdre dans ses réflexions... #Edward   Dim 31 Aoû - 16:23

    Il avait parlé avec une voix différente. L'avait-elle blessé ? Il n'était donc pas un ange. Non sûrement que non, il était autre chose, il était Edward Wingate. Il avait réouvert les yeux et la scrutait. Etrange sensation que de se savoir observée et de ne pas voiloir s'y soustraire, nouvelle sensation que d'être observée sans avoir peur que l'autre ne découvre vos failles. Ambrosia avait là montré le pire et le faible d'elle même. Il lui restait à prouver, à montrer le fort et le meilleur.
    Des oiseaux venaient de se mettre à chanter tandis qu'il lui proposa d'aller marcher, et dès lors Ambrosia n'eu plus envie de courir, n'eu plus envie de partir en courant, elle l'aurait suivit aussi loin qu'il le voulait. Pourquoi lui ? Alors c'était donc cela que de s'attacher à quelqu'un, de trouver en l'autre ce qui comble en nous les nombreuses failles ? Pourtant aussi facile il lui était d'amettre qu'il comblait son vide aussi difficile il lui était de savoir si elle aussi elle comblait ses failles. En cet instant, alors qu'ils se levaient lentement, presque sans bruit, comme deux faibles pousses émergent de la terre, elle aurait voulu l'assaillir de question, savoir ce qui passait derrière cette barrière grise-doré, connaître chacune de ces pensées, chacun de ces doutes, chacune de ces peurs, savoir ce qui avait fait que ce matin il avait frappé contre cet arbre.
    La jeune blonde se retourna un moment vers l'arbre où tout avait commencé. qu'est-ce qui avait l'amené ici. Et elle ? Comme ces problèmes lui parurent lointains, dérisoires en cet instant. Il lui sembla que le ciel aurait pû d'écrouler elle n'en aurait que faire. Elle qui avait toujours tout affronter seule, les déceptions, les malheurs mais aussi les quelques bonheur, les récompenses de concours auxquels personne n'assistait jamais, les bonnes notes jamais félicitées, Ambrosia avait grandi seule et lui était si difficile de penser que là, en cet instant précis, il y avait un autre être qui, comme elle, avait dû grandir seul. *Ironie du sort ?* Ironie tout court. Tant de questions embrouillaient sa tête, l'arbre était déjà loin et d'autres arbres les entouraient à présent.

    *Qui es-tu au fond ? Qu'a tu vécu ?*

    Oh comme elle aurait aimé l'entendre raconter sa vie dans les moindres détails sans jamais cesser de rester près de lui. Mais elle savait que s'il était bien comme elle elle n'aurait jamais le droit de demander. Jamais. Après tout c'était des règles. Les règles, elle avait toujours connue ça. Sois belle et tais toi. Marche sur les autres et avance. Ne regarde jamais autour de toi, ne t'attache pas aux humains, dès que tu tourne le dos il te poignarde. Cependant il lui semblait qu'elle pouvait lui faire confiance, ou du moins qu'il ne tenterait pas de lui faire mal. Après tout, c'était là où tout avait débuté, ils s'étaient haï au départ pour se trouver là. et là qu'étaient-ils ? Elle n'osait le demander, elle ne cherchait pas à savoir. comme cela tout va bien. Tout va bien. Mais tandis qu'ils s'étaient mis en marche elle s'était approchée de lui, comme pour ne pas le perdre, comme si le simple fait qu'il ne s'éloign eun peu trop l'aurait fais disparaître. Comme sa vie n'avait pas de sens ce matin, et comme aujourd'hui elle ne voulait vivre que pour le voir encore, que pour le sentir, encore et encore.

    _Je sais que je ne devrais rien dire, mais si je ne parle pas tu ne parle pas et...

    *Et je crois que je rêve.*

    Mais elle s'était tût, cela ne servait à rien, ils étaient là et elle n'avait rien à dire, pourtant il faudra bien qu'elle se remette à parler. Elle tourna alors la tête et observa sa main, sa main qui s'était jetée sur ce tronc. Elle aurait voulu lui demander s'il avait encore mal, elle aurait voulu se dire qu'il aurait mieux vallu rentrer et aller à l'infirmerie mais cela aurait signifié qu'ils rentrent, qu'ils retournent dans le monde. Et peut être qu'alors tout cela aurait disparu.

    *Et peut être qu'alors on se rendrait compte qu'on rêve...*

    Elle ne cessait de le regarder et tant pis pour ce qu'il y avait devant, la tête légèrement penchée elle ne pouvait s'en détourner et toujours la même question.

    _Qui es-tu toi pour être là avec moi ?

    Elle n'attendait au fond aucune réponse mais peut être qu'elle aurait pû lire quelque chose à travers ce gris étoilé d'or. Elle chercha sa main et la pris, après tout qui pouvait la voir.
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Edward Wingate
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MessageSujet: Re: A ne penser à rien on finit par se perdre dans ses réflexions... #Edward   Dim 31 Aoû - 18:08

Autour d’eux, le silence, le calme, parfois rompu par le chant discret d’un oiseau, par un léger battement d’ailes, par des bruissements dans les bosquets bordant le chemin. Le ciel s’éclaircissait des premiers rayons, timides, du soleil qui se levait lentement, allongeant les ombres et baignant la forêt d’une clarté très douce et pâle. C’était l’un des moments de la journée que préférait Edward. Tous les matins, après une nuit de sommeil agitée, il sortait, très tôt, pour apprécier cet instant. Car il n’avait d’autre choix que de rester éveillé. Après un sommeil forcé par une immense fatigue et l’aide des somnifères, il ne pouvait se rendormir. Alors il marchait, peut importait où, peut importait comment. Il marchait pour oublier, pour revenir en enfance, quand tout était si simple, quand il suffisait de penser à autre chose pour ne pas flancher, mordre la poussière et se dire qu’en fin de compte, vivre était trop dur. Parfois, il réussissait à faire abstraction de ce qui l’entourait, et il se délectait de ces quelques instants, trop rares dans sa vie. Il regrettait ensuite que cela soit passé si vite, il regrettait d’être revenu dans le monde réel, dans ce monde d’humains cruels et sans pitié. Car c’était ainsi qu’il considérait ceux qu’il voyait, dans la rue, en promenade, partout. C’était ainsi qu’il avait considéré Ambrosia, quand il l’avait rencontrée … Jusqu’à ce qu’il découvre en elle cette fragilité et cette douceur qu’il aurait eu du mal à soupçonner. Et cela l’avait fait revenir à la vie, à ce que lui était vraiment, à ce qu’il cachait désespérément, pour ne plus faiblir. Il s’était dévoilé. Pour la première fois depuis très, très longtemps… Il lui avait accordé sa confiance, sans doser, sans se contenir et en garder un peu pour lui, comme il l’avait fait avec ceux qui l’avaient élevé. On lui aurait dit cela quelques heures auparavant, il aurait éclaté de rire et aurait secoué la tête avec mélancolie. Non, c’était tellement dérisoire, impossible. Et pourtant …
Tandis qu’ils marchaient côtes à côtes, il écoutait le bruit de leurs souffles doux et discrets, il s’imprégnait de chaque odeur, de chaque sensation, de chaque bruit qui l’entourait. Pour pouvoir se rappeler, comme si le simple fait d’enregistrer toutes ces informations pouvaient plus tard lui faire revivre l’instant présent, le revivre, en boucle, sans arrêt, et mourir à la fin en la voyant, elle, près de lui, marchant silencieusement, ses cheveux dorés légèrement soulevés par le vent, ses yeux bleus-verts brillant dans la pâle clarté du ciel qui se teintait de rose-orangé. Il était bien, tellement bien. Il aurait voulu être emporté par le spectre de la mort un jour comme celui-là, un jour unique et vivant. Mais là, en cet instant précis, il ne voulait pas être emporté, il voulait rester, prolonger les secondes, les minutes passées en sa compagnie, rester l’éternité dans ce havre de paix intérieure.
Il se rendit compte alors que son esprit n’était pas obscurci par ses souvenirs, que rien ne gâchait ce matin, qu’il était serein. Etait-elle la solution ? Etait-ce elle, qui lui avait fait oublier ce qui, chaque jour, le rendait sombre et blessé ?
Il la sentit se rapprocher de lui, marcher plus proche. Il aurait voulu l’enlacer, la prendre dans ses bras et fermer les yeux, simplement, ne plus penser à rien. Mais il n’osa pas. Trop de doute. La crainte qu’il avait d’être constamment rejeté était ancrée en lui, comme indestructible, toujours, immanquablement présente, et l’empêchait de faire ce qu’il désirait. Peut-être était-ce mieux ainsi. Peut-être aurait-il tout gâché, l’aurait-il écartée, peut-être serait-elle partie.
Par crainte de l’écarter, il n’osait l’approcher de lui. Dérisoire. Tout était dérisoire. Il était dérisoire. Il eut presque envie de rire de lui. Il était ridicule, pourquoi tant de peurs ?
Il l’écouta parler, à nouveau avec joie, appréciant sa voix et mémorisant tout de ses intonations, de son ton, de ses paroles même. Peut-être ainsi s’en rappellerait-il au réveil, pourrait-il en rêver toutes les nuits encore, pour ne plus rêver de son enfance, pour ne rêver que d’elle.
Non. Ce n’était pas un rêve. Tout était trop réel, trop intense. Et puis sa main, lorsqu’il avait frappé l’arbre, l’avait fait souffrir. Ce n’était pas un rêve.
Il se répéta cela inlassablement, ne pouvant y croire.
Il la regarda, l’admira, admira cette douceur qu’il aimait tant, et ses yeux qui l’emplissaient d’espoir. Non, il ne parlait pas. Ses sens étaient monopolisés, tout comme ses sentiments et ses émotions qui s’entremêlaient et se mélangeaient dans son esprit. Il avait perdu la notion du temps, tout comme il avait perdu un instant la notion de la parole.
Il rencontra son regard rêveur et lui sourit, très doucement. Non, il ne parlait pas. Il ne voulait pas que lui, gâche tout, mette un terme à tout cela.

« Qui es-tu toi pour être là avec moi ? »

Cette question lui causa un choc, un choc émotionnel très fort, qui le submergea. On lui avait demandé tellement de fois qui il était. A chaque fois, il avait refusé d’en parler, s’était braqué, avait foudroyé son interlocuteur du regard avant de l’écraser, comme il le faisait toujours pour se protéger. Seulement, là, il ne la foudroya pas du regard. Il détourna les yeux, regardant les arbres qu’ils dépassaient, l’ombre de son passé ressurgissant, pour l’envahir, teinter son visage de mélancolie, serrer son cœur et obscurcir son esprit.
C’est alors qu’il sentit sa main prendre la sienne. Il regarda la jeune fille, respirant aussitôt avec plus de facilité, écartant les nuages noirs qui planaient au-dessus de lui, prenant une bouffée d’oxygène et réduisant son trouble considérablement. Il serra très doucement sa main dans la sienne, tiède et délicate.
Il eut un petit sourire triste et il regarda à nouveau devant lui, comme s’il voyait dans l’horizon lointain les scènes de sa vie s’exécuter d’elles-mêmes, lui remémorant ses erreurs, son erreur qu’était son existence.

- Je ne suis pas quelqu’un de bien, murmura-t-il, dévoilant l’un de ses traits de caractère qu’était son dégoût de lui-même, son mal-être.

Il ressentait en ce jour-là une sensation unique, celle de pouvoir lui accorder sa plus totale confiance, sans hésiter, sans s’en vouloir, sans regretter et se faire terrasser.

- J’avais douze ans …, commença-t-il d’une voix lointaine, dénuée d’émotions.

Instinctivement, il voilait ses sentiments, refusant de se laisser aller au désespoir, refusant de lui montrer à quel point il pouvait être brisé, ne voulant pas l’accabler avec cela, en plus de son propre malheur – car il était évident qu’elle n’était pas heureuse.

- Mon père me battait … ma mère était alcoolique. Un jour, il m’avait tellement frappé, j’avais tellement crié, que ma bouche n’émettait plus aucun son. J’avais mal, partout. Et j’ai… j’ai fait ce que ma mère n’a jamais osé faire.

Il prit une profonde inspiration, se concentrant sur leurs mains liées pour se calmer, ce qui marcha en partie.

- Je l’ai tué, dit-il froidement, d’une fausse froideur, car sa voix tremblait très légèrement, pas entièrement soumise à son contrôle de lui-même. Je l’ai poignardé dans le dos... Depuis ce jour-là, je n’arrive plus à dormir. Je revois toujours ce couteau dans mes mains, et le sang qui les recouvrait. Je revois aussi le visage indifférent de ma mère avec sa bouteille d’alcool à la main, qui me regardait partir, emmené loin, dans une famille d’accueil.

Il s’arrêta là, sa voix se brisant dans un souffle, et il détourna la tête pour cacher son visage perturbé, pour refouler ces émotions qui l’assaillaient. Cela faisait quatre ans… Quatre ans pendant lesquels il avait vécu avec cette mort sur la conscience, sans en parler à personne, jamais. Son cœur était lourd, ses pensées embrouillées.
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Ambrosia Mc.Kingsley
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MessageSujet: Re: A ne penser à rien on finit par se perdre dans ses réflexions... #Edward   Dim 31 Aoû - 19:34

    Le jour se levait peu à peu, les ramenant alors vers le monde, le vrai. Et avec le jour qui se lève renvinrent les inquiètudes et le poids de la vie. Mais elle n'en avait plus peur. Parce que oui en fait, malgré les séances de dressages, malgré les arbres et les fleurs du jardin, malgré la cabane dans l'arbre dans laquelle la jeune Ambrosia se cachait elle avait eu peur de vivre. Elle l'écouta parler, c'était comme si il aurait voulu se cacher derrière ces mots.

    _Qu'importe qui que tu sois Ed'...

    Mais il s'était remis à parler, d'une voix brisée, et il sembla à Ambrosia qu'il livrait là beacoup. Elle l'écouta, impassible, marchant toujours à ses cotés, serrant un peu plus fort cette main qu'elle chérissait. Ce qu'elle entendait là, jamais elle n'aurait pû le soupçonner, bien sûr tous les êtres sont des blessés mais jamais elle n'aurait imaginé pareille chose. Il s'arrêta de parler et elle s'arrêta de marcher tenant toujours sa main dans la sienne. Il avait détourné le regard, la tête mais il avait laissé sa main là où elle était.

    *Qu'importe qui que tu sois Mr. Wingate, tu as livré là ce qui obscurcis ta vie.*

    Bien sûr beaucoup aurait pris peur, aurait changer leur regard sur ce jeune homme, mais pas elle. Et tout à coup les larmes pour rien, les nuits à pleurer son silence et sa solitude lui parurent vaines. Il y avait dans le monde un autre qui souffrait.

    _Moi je sais que quand je serais grande je trouverais un prince et je partirais et tu ne pourras plus jamais me faire du mal.

    Elle avait alors 12 ans et s'était enfui dans son arbre pour échapper à son frère, jamais il n'y eu de cabane dans cet arbre, dans celui-ci et dans aucun autres, mais seulement des branches, des branches auxquelles elle s'accrochait pour ne pas tomber, pour rester à quai, pour faire face, pour relever la tête et se fabriquer une carapace. Une protection en bois. Et quand elle pleurait trop elle enlaçait l'arbre et pleurait de tout son soûl. Et seulement une fois que ces yeux étaient redevenus froids et durs elle retournait au monde.
    Et aujourd'hui des centaines d'arbres les entouraient, protecteurs. Aujourd'hui leur présence ne signifiait plus carapace et mensonge mais rennaissance. Mais là, après ce qu'il venait de lui apprendre, elle hésita sur son comportement. Que dire ? Comment le dire ? Elle savait qu'elle devait faire très attention, ne pas gâcher, ne plus blesser. Mais elle était heureuse, heureuse et fière qu'il en parle à elle. Il avait donc confiance. Elle sentit son coeur faire un bond, comme s'il voulait sortir de sa poitrine pour trouver de la place ailleur, ce pauvre coeur de pierre qui apprenait à vivre. Elle le regardait avec tendresse parce qu'il ne pouvait la voir, elle chercha quoi dire puis finalement décida de ne rien dire. C'est trop alléatoire les mots.
    Elle s'approcha, serrant toujours sa main avec douceur comme si elle retenait un oiseau, l'empêcher de s'envoler mais ne pas l'étouffer. Elle était désormais toute proche de lui, il la dépassait d'une tête ou presque et malgré ses compensés elle lui arrivait tout juste au front.

    _Edward...

    Ces paroles ne furent que murmure, douces et fluides, fugaces et légères comme le souffle du vent. Elle leva sa main libre et la posa sur sa joue pour la lui tourner vers elle. Elle était si proche de lui que leur ombre sur le sol se mellaient en une forme immense. Son coeur battait si fort qu'elle en avait le vertige, à travers sa poitrine elle sentait le propre coeur d'Edward. Elle attendit qu'il tourne la tête vers elle.

    _Peu importe ce que tu as fait, il t'avait déjà trop détruit, il ne te méritait pas.

    C'était un souffle et comme elle peur de sa réaction, ou plutôt de sa non-réaction, peur de l'avoir blessé. Pour la première fois de sa vie Ambrosia McKinsgley avait peur pour un autre.
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Edward Wingate
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MessageSujet: Re: A ne penser à rien on finit par se perdre dans ses réflexions... #Edward   Dim 31 Aoû - 21:35


Découvrez Avenged Sevenfold!


Le vide. Un vide immense, mais tellement agréable. Edward se sentait plus serein, comme … libéré. C’était cela. Libéré du poids d’une vie trop incertaine, de cette boule dans sa gorge serrée. Bien sûr, il n’avait pas mentionné sa vie dans les détails, il ne lui avait pas dit qu’il avait appris à ne plus pleurer, qu’avant d’avoir tué celui qui fut son cauchemar, il ne dormait que très peu, tétanisé par la peur. Il n’avait pas dit qu’en arrivant chez sa famille d’accueil, il était tellement craintif qu’il avait mal au ventre en voyant l’homme de la maison, pourtant doux et attentionné à son égard. Trop de souvenirs, trop de marques indélébiles dans son cœur et son esprit. C’était encore trop frais, trop dur à prononcer. Trop d’émotions en ressortiraient, et il ne voulait pas souffrir, pas alors qu’il pouvait pour la première fois depuis trop longtemps être heureux, goûter à quelque chose de nouveau qui lui paraissait si merveilleux et intouchable.
Il avait dans sa main, celle, douce et fragile, d’Ambrosia, chose qu’il aurait considérée parfaitement improbable et dérisoire quelques instants plus tôt. Et pourtant, et pourtant elle était bien là, près de lui, il était bien à ses côtés, comme dans un rêve trop beau, dont le réveil serait difficile. C’est cela, le problème des beaux rêves. Lorsqu’ils se terminent, lorsque la fin vient, il est dur de se remettre d’actualité, de repenser à sa vie, à cette vie que l’on haie et que l’on renie. Edward, pour la centième fois, se demanda si ce n’était pas un rêve, remettant toujours cela en doute, y repensant, tournant et retournant cette question dans sa tête, sans en voir la fin. Il s’efforçait de fixer ses pensées sur quelque chose, qui l’aurait empêché de penser à tout et à rien, qui l’aurait aidé à ne pas tout embrouiller et mélanger. Il regardait les arbres à sa droite, leurs feuillages brillants, la rosée qui étincelait partout autour d’eux. Le paysage qu’il adorait, tout simplement. Toute la haine qu’il avait pour lui même s’exprimait sur son visage, à travers ses traits mélancoliques et troublés, ses yeux dans lesquels une mer se déchaînait à nouveau. Contre lui.
Non.. Ne pas y penser. Il ferma un court instant ses yeux et respira profondément, doucement, s’efforçant de calmer les battements désordonnés de son cœur. Il était avec elle. Il ne fallait pas tout détruire. Juste apprécier.

* Oublie, oublie… *

Il l’entendit prononcer son nom, et il frémit, rien qu’en écoutant sa voix. Il aurait voulu l’enregistrer, la graver dans sa mémoire pour la réécouter, encore et encore, comme un disque dont on ne se lasse pas, comme une chanson culte que l’on entend trois fois par jour.
Il sentit alors une main sur sa joue, sa main qui l’effleurait, qui l’obligeait à la regarder, avec douceur. Il ne résista pas. Il s’arrêta, la regarda, elle qui, face à lui, se tenait si proche. Il l’écouta parler, s’imprégnant de tout ce qu’elle était, de son visage angélique, de ses cheveux d’or, de ses yeux semblables à un lagon de rêve, de son odeur délicate. Il releva très doucement leurs mains liées, jusqu’à son visage adoucit, et il lui sourit, tendrement. Son cœur battait la chamade tandis qu’il se plongeait dans son regard, s’y noyait avec délice et se laissait porter par les vagues d’émotions. Avec douceur, il posa ses lèvres tièdes sur sa main et y déposa un baiser, fermant les yeux, balayant au passage toutes les pensées négatives qui avaient pu l’assaillir. Parfois, les paroles sont de trop. Parfois, il vaut mieux se taire.
Il ne lâcha pas sa main, l’abaissant lentement, la serrant doucement entre ses doigts. Qui aurait cru. En tout cas, pas lui. Il sourit à cette pensée et se dit qu’après tout, le malheur faisait parfois bien les choses.
Il leva les yeux vers le ciel et contempla le lever d’un soleil un peu pâle mais décidé qui s’élevait tranquillement au-dessus des arbres, auréolant leurs feuillages de rayons orangés. Edward aurait voulu le faire descendre, l’arrêter dans son ascension et stopper, tout, maintenant. Que se passerait-il le jour venu ? Partirait-elle, comme si rien ne s’était passé ? Ou bien se réveillerait-il, allongé dans son lit, et reprendrait-il le cours de sa vie ? Non, il ne voulait pas. Il ne voulait pas se lever en se disant que ce n’était qu’un rêve, un pauvre rêve sans espoir, qui avait apporté une lueur d’espoir dans son cœur, qui s’était éteinte, comme tout. Tout s’éteignait, un jour ou l’autre. Edward quant à lui avait longtemps souhaité s’éteindre rapidement, le plus tôt possible. Il n’avait jamais tenu à la vie. A quoi bon ? La vie ne tenait pas à lui, elle. Ses parents adoptifs, très croyants, allaient à l’église tous les dimanches, s’appliquaient à réciter une prière tous les soirs avant de manger, pratiquaient tous les rites religieux qui allaient de soi. Le jeune homme avait toujours refusé de les suivre sur cette voie. Dieu n’existait pas. Aucun dieu n’existait. Ou alors, ils étaient trop cruels pour être vénérés. Dieu n’était qu’un cliché, un faux espoir qui faisait rêver ceux qui ne croyaient plus en rien. Il valait mieux croire en la vie plutôt qu’en un inconnu. Edward, lui, ne croyait en rien … jusqu’à ce matin. Son regard, poignant, fixait intensément celui d’Ambrosia, le détaillant, l’admirant, un léger sourire flottant sur son visage.
Doucement, lentement, il détacha ses doigts de ceux de la jeune fille, mais il ne s’écarta pas. Il l’attira contre lui, avec son bras intact, la serrant doucement et l’enlaçant avec une tendresse dure à dissimuler. Sa main en partie recouverte de sang séché demeurait détendue, inerte le long de son corps, dans une immobilité que la jeune homme s’appliquait à conserver ? Il s’enivra du doux parfum sucré des cheveux d’Ambrosia, s’abandonnant sur le moment à cette paix intérieure qu’elle lui procurait.

- Merci, chuchota-t-il d’une voix exprimant toute la reconnaissance et le soulagement qu’il pouvait éprouver.

Elle ne l’avait pas rejeté. Elle ne s’était pas écarté, ne l’avait pas renié. Une vague de chaleur emplit son cœur battant avec force et se propagea dans tout son corps. A nouveau, cette sensation de bien-être. Cette sensation d’abandon total, euphorique, qui lui interdisait de penser à autre chose sinon au moment présent.

- Et toi, qui es-tu, Ambrosia McKingsley ? murmura-t-il doucement.
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MessageSujet: Re: A ne penser à rien on finit par se perdre dans ses réflexions... #Edward   Lun 1 Sep - 18:10

    Il lui avait avoué. C'était étrange elle avait l'impression d'être entrée dans ce qu'il était. Difficile à expliquer cette impression, cette sensation qui les faisaient plus proches. Il avait tourné la tête, suivant sa main, avait pris sa main. Elle sentit un frisson intense la parcourire lorsqu'elle sentit ses lèvres sur sa main. Elle le regardait la regarder. Etrange idée que de se dire que quelques minutes auparavant cet échange de regard n'avait servi qu'à chercher de quoi le faire plier. Tout était trop différent, si différent...Il l'attira vers lui et elle sentit comme une imense vague la submerger, une vague de bonheur si nouvelle, elle qui était habituée aux échanges hypocrites, aux relations si dénuées de sens et d'amour. Et Ambrosia se mit à penser à l'ancien, l'ancien petit ami, celui qui l'avait dégoutée, pour toujours semblait-il, de l'amour. Cet horrible monstre qui avait joué comme elle jouait aujourd'hui avec les gens, il lui avait appris à se méfier. Mais lui comme il lui semblait étrange qu'une fois la barrière d'horreur dites ils soient aussi proches. La tête sous son menton elle sourait béatement, comme sourit toutes les filles dans son cas et qu'elle prenait un malin plaisir à critiquer. Oui elle avait sûrement l'air bien idiote avec ses préjugés, ces pensées et ce qu'il lui arrivé.
    Mais il lui demanda sa vie, lui aussi voulait savoir qui elle était, qui se cachait dérrière ces cheveux, ces yeux, cet air hautain qu'il lui avait tend déplu. Et d'ailleurs cet air n'allait-il pas lui déplaire à force ?
    Toujours était-il qu'il voulait savoir. Elle voulait lui dire, en parler, parce qu'il avait le droit de savoir et qu'elle en avait le besoin mais... Qui était-elle ? Bonne question.

    _J'ai un grand frère que je ne connais pas, on a vécu ensemble mais je ne sais rien de lui. Mes parents vivent dans leur monde, plein de fric. Je n'ai jamais eu d'amis qui ne s'interessait pas à mon argent. J'ai appris à monter à 10-11 ans pour copier mon frère et le battre ensuite. J'ai passé ma vie à détruire celle des autres, leurs amitiés, leurs amours, par jalousie. J'ai eu d'excellent profs, d'excellents moniteurs. Je suis une bonne élève et mon père me voyait déjà dans le droit ou dans les affaires. Je suis arrivée ici pour suivre mon frère et parce que je savais qu'il allait détester ça.

    Alors c'était donc ça, sa vie, cela se résumait à cela, une petite chieuse ? Non ce n'était pas possible, elle le sentait, il manquait quelque chose. Il était peut être le temps d'avouer, de mettre à table les faits, les vérités. Elle inspira un grand coup, gonflant sa poitrine et serra dans une main le tee shirt d'Edward.

    _J'ai grandi seule au milieu du paradis matériel, j'ai apris à monter par jalousie et c'est devenu la seule chose qui m'importait. J'ai pourri la vie des gens parce que je les enviaient. Je me suis toujours sentie seule au fond, alors j'ai décidé que tout les autres étaient seuls et que si c'était pas le cas j'allais changer les choses. J'ai suivi mon frère parce qu'il me manquait, il à fichu un beau bazard en partant et c'était devenu invivable, il était mon seul point de répère...

    Sa voix était brisée. Avouer à elle même toutes ces choses lui semblait si étrange, elle avait toujours tout caché et là elle acceptait de regarder la vérité en face pour lui, rien que pour lui. Elle lâcha son tee shirt et releva la tête, le regardant, cherchant dans ses yeux ce qu'il pensait; ce qu'il ne lui dirait pas.

    _Je suis une peste. Voilà toute l'histoire.

    Comme ils semblaient ridiculement perdus, deux âmes à la dérive qui s'étaient trouvées, leurs vies étaient si différente mais si vide de sens, si malheureuse. Et maintenant ?

    *Et maintenant parce que tu es là ce sera différent ? Parce qu'on s'est trouvés ce sera différent ?*
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MessageSujet: Re: A ne penser à rien on finit par se perdre dans ses réflexions... #Edward   Mar 2 Sep - 17:27

Edward avait rarement ressenti tant d’émotions d’un seul coup, tant de bien-être qui voilait ses plus sombres pensées et parvenaient à les atténuer, à les enfouir sans y penser, l’espace d’un instant. Toutes ces petites choses qui lui pourrissaient la vie… toute cette haine qu’il avait pour lui même, et qu’il rejetait sur les autres. Toute cette peur, cette crainte du passé, du présent et de l’avenir. Tout cela, oublié. Envolé avec la rancœur et le dégoût de la vie. Car elle l’avait dégoûté, cette vie, depuis son enfance jusqu’à son adolescence. Lorsque tout le monde lui lançait des regards méprisant, le regardait comme une erreur. Ils l’avaient tellement marqué, ces regards, qu’il en était venu à y croire lui-même. Il n’avait jamais eu une grande fierté pour ce qu’il était. Son ego était bien faible, et il n’avait besoin de personne pour le rabaisser plus bas que terre. Il trouvait toujours quelque chose à se reprocher, à regretter. Et quand il ne trouvait pas, il s’en prenait à quelqu’un pour avoir ensuite une raison de se détester. Totalement illogique. Totalement absurde. Pourtant c’était cela qui avait bercé son enfance. Détruire l’autre avant qu’il ne te détruise toi. Le renier, le haï, n’éprouver aucune compassion ou de sympathie à son égard. Ta sensibilité fait ta faiblesse. Il l’avait appris. Très tôt.
Mais il l’avait oublié, face à elle. Il avait fermé les yeux sur tout ce que cela pouvait engendrer, il avait refusé de voir la vérité en face, de se dire qu’à présent, elle avait un grand pouvoir sur lui, un pouvoir immense ; le pouvoir de le détruire. Il lui avait confié son âme, son cœur, sans s’obscurcir l’esprit avec des réflexions qui auraient détourné son jugement. Il ne savait pas s’il faisait une erreur, s’il le regretterait. Il ne pouvait que supposer, espérer, qu’elle ne le fasse pas souffrir, qu’elle ne se serve pas de cette faiblesse et de cette trop grande sensibilité pour les retourner contre lui et l’achever, froidement. Il savait cependant que si l’envie lui prenait, lui ne réagirait pas. Il resterait silencieux, et subirait. Se tairait. Il ne voulait plus lui faire de mal, la blesser avec des mots trop durs. Il ne voulait plus la voir pleurer, la voir seule et abandonnée. Simplement, son cœur s’était libéré de l’emprise qu’avait sur lui son passé, avait parlé, s’était remis à battre. Pas pour les gens, pas pour le monde, ni pour la vie. Pour elle. Uniquement pour elle.
Les yeux fermés, il écoutait sa voix, écoutait ses paroles, l’écoutait sans l’interrompre une seule fois, sans lui reprocher quoi que ce soit. Elle lui aurait annoncé qu’elle était une meurtrière et qu’elle avait tué plusieurs personnes de sang froid, il lui semblait qu’il n’aurait pas desserré son étreinte. Il serait sans doute resté là, près d’elle, car il était incapable d’en faire autrement. Il se considérait lui-même comme un tueur, comme un assassin. Mais en plus de réduire son père au silence éternel, il avait assassiné sa propre vie. Ce que jamais personne n’avait compris. On le disait insensible, dénué d’émotions, détenteur d’un cœur de pierre ? Il s’était construit sa fausse personnalité sur cette base. Ce que les autres pensaient, il en avait fait son caractère. Sa bulle de protection. A l’abri des gens, à l’abri du monde. Il avait pu ainsi échapper à une forme de souffrance ; aimer l’autre. L’amour détruit tout sur son passage, ne peut que te faire souffrir, ce n’est que mensonge, absurdités pour faire croire au bonheur.
Il entendit cette voix brisée, qui lui serra le cœur, qui l’attrista.

« Je suis une peste. Voilà toute l’histoire. »

Il haussa un sourcil, s’écarta très légèrement d’elle, pour la regarder, pour la fixer de son regard poignant et expressif. Ainsi donc, elle se méprisait elle-même.

* On se ressemble tellement. *

Il passa délicatement sa main dans ses cheveux, se plongeant dans ses yeux qui cherchaient sans doute à décrypter les siens.

- Ambrosia, dit-il dans un murmure.

Il lui sourit et promena un doigt sur sa tempe, descendant lentement le long de sa joue.

- Tu n’es pas une peste, chuchota-t-il. Tu es juste une jeune fille blessée par la vie, par son absence de sens.
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MessageSujet: Re: A ne penser à rien on finit par se perdre dans ses réflexions... #Edward   Mar 2 Sep - 17:52

    Oh comme ses jambes ne la portaient plus. Oh comme son sang battait trop fort pour elle. Oh comme elle se sentait légère et lourde à la fois. Son esprit s'était vidé, son coeur aussi. Ainsi donc c'était cela, faire confiance. C'était livré ce que l'on a de plus profond, de plus secret, de plus lourd, ce qui nous rend faible, à quelqu'un, sans peur, sans mentir, en voulant tout lui dire, sans craindre son jugement, c'était accepté sa faiblesse devant l'autre. Ambrosia semblait rennaître, elle avait l'impression de revivre et certainement que ses yeux trop froids pour son âge avaient changés, dans leurs regard, dans ce qu'ils montraient au plus loin à qui savait les lire. Et lui savait. Il savait. Ambrosia n'a jamais été croyante mais comment penser que tout cela était dû au hasard. Et elle se mit à penser, peut être que tout cela, le passé, leurs passés n'avait été que pour ce moment.

    *Et pour tous ceux qui viendront...*

    Et à présent ? A présent que son doigt courait sur son visage et que mille frissons parcouraient son corps, son être, son âme ; qu'ils prenaient naissance au ventre manquant de la faire s'évanouir, remontant au coeur le faisait d'accélérer, s'arrêtant à la tête faisant battre son sang trop fort, si fort qu'elle l'entendait, et redescendait à ses jambes, ses jambes qui semblaient ne la supporter que par habitude.

    *Pourquoi moi ?*

    Et ses yeux commencèrent à briller, pour mille et une raison que l'on ignorera toujours. Elle releva une main et pris cette main qui courait sur son visage. Et comme en réponse à son geste, elle pris cette main et déposa sur le dessus un baiser, léger, doux, tel le papillon qui se pose, attend, hésite et elle retira ses lèvres de cette main, comme le papillon reprend son envol. Elle avait l'impression terrible d'être vulnérable, si vulnérable.

    *Ce devrait être interdit* pensa t-elle en souriant.

    Un sourire, léger, comme elle n'en n'avait sûrement jamais eu. Elle se leva un peu sur la pointe des pieds pour atteindre son oreille, joue contre joue elle murmura :

    _Maintenant que tu sais tout ça tu ne peux plus partir. Jamais tu ne partira. Entendu ? Je crois que...

    *Je t'aime*

    Mais les mots restèrent coincés, ou plutôt ne fusse-t-il pas inutiles de les dire ? ses grands yeux bleus couleur de mer après une terrible tempête parlaient, si fort, si intessément, ces maudits yeux de ce maudit corps. Elle avait repris sa place.

    _Puis-je te réciter quelque chose ? Je l'ai appris il y a longtemps et certainement que ces paroles sont usées d'avoir été trop prononcées mais je brûle d'envie de te les dire.

    Bien sûr elle paraîtrait idiote mais là, en cet instant, il lui aurait possible de se ballader dans l'académie en joging craqué et en tee shirt sale, il lui aurait possible de se metre à danser, ces danses populaires qu'elle haï, il lui aurait été possible...

    *Te te décrocher la lune*
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MessageSujet: Re: A ne penser à rien on finit par se perdre dans ses réflexions... #Edward   

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A ne penser à rien on finit par se perdre dans ses réflexions... #Edward
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