AccueilAccueil  FAQFAQ  RechercherRechercher  MembresMembres  GroupesGroupes  S'enregistrerS'enregistrer  ConnexionConnexion  

Partagez | 
 

 Aux retour des plaines... [Marion - David]

Aller en bas 
AuteurMessage
Nusicaa Wiltman (abs)
Admin & Apprentie
avatar

Féminin Nombre de messages : 791
Age : 25
Cheval Attribué : Flash
Métier : Apprentie Ethologue
Galops :
4 / 74 / 7

Date d'inscription : 11/05/2008

Feuille de personnage
Âge / Année: 19 ans / Apprentie éthologue
Cheval: Flash
Connaissances:

MessageSujet: Aux retour des plaines... [Marion - David]   Mar 5 Aoû - 23:33

Aux retour des plaines... *
Nusicaa, Marion et David

    Il était tôt. Sept heures cinquante huit, selon le tableau de bord du gros 4x4 noir aux vitres teintées. Une heure à laquelle, et c’était bien normal pour un jour sans cours, la très, très grande majorité des élèves du Domaine de la Rose Noire était encore tranquillement endormie. Et ils avaient bien raison… Car, malgré le soleil déjà radieux, un ciel pur vierge de tout nuage en gros, une journée qui promettait d’être propice à bien d’agréables choses, ce début de matinée n’avait rien de très exceptionnel. Ou du moins, les joyeux endormis ne loupaient rien qu’ils pourraient regretter plus tard. En effet, Nusicaa, elle était levée. Et franchement, elle aurait mieux fait de rester couchée. Beaucoup mieux fait… Car, pour elle, la journée était définitivement foutue. Avec ou sans soleil, avec ou sans nuage, ce n’était pas ce jour-là qui serait une bonne journée pour elle. Quand même, depuis deux heures, ou un peu plus, qu’elle était levée, tandis que les autres élèves pionçaient tranquillement, elle avait réussi à enchaîner plus de catastrophes que pas mal de monde en cinq ans. D’abords, elle s’était réveillée avec une migraine - et pas un minuscule petit mal de tête, une bonne grosse migraine bien coriace – ensuite, elle n’avait eu qu’une petite demi-heure pour profiter d’une balade et d’une rencontre matinale avant d’avoir eu l’impression d’avoir été enrôlée à son insu dans le remake d’une certaine journée passée à l’IDCD, deux ans plus tôt. Un étalon fou-furieux l’avait fichue par terre pour se battre avec Flash, puis deux chasseurs un peu trop reconnaissables avaient débarqué pile à l’endroit ou elle et David se trouvaient et n’avaient rien trouvé de mieux que de faire fuir tous les chevaux, avant de s’amuser – parce qu’il n’y a rien de plus amusant… - à tirer sur le jeune homme puis sur Nusicaa. Et enfin, comble de cette matinée parfaite, la belle avait tué un homme à l’aide du fusil de son copain, lui-même dans un sale état. Allez rattraper ce genre de début de journée…

    Et ils n’étaient pas encore sortis de l’auberge… Non, d’abords il fallait qu’ils arrivent entiers – surtout – et rapidement – si possible – au Domaine et ça, c’était plutôt mal partit. En effet, Nusicaa était peut-être en meilleur état que David pour conduire, mais était-elle en état de le faire, ça c’était une toute autre question. Si on oublie qu’elle devait se concentrer dix fois plus qu’a la normal et qu’elle ne pouvait pas se servir de la jambe qu’elle utilisait ordinairement – ce qui n’a jamais vraiment facilité la conduite – elle ne conduisait quand même que depuis six mois et ne s’était jamais retrouvée au volant d’un énorme 4x4 visiblement conçu pour emmerder les débutants en la matière. Et encore, pour le moment, elle n’avait fait que caler trois fois. Heureusement, elle avait bien trop mal à la tête pour s’énerver contre l’engin qui, à part être une machine affreusement dure à conduire, ne lui avait rien fait. C’est donc dans cet état que la jeune femme se trouvait quand, une nouvelle fois la voiture refusa de passer une vitesse correctement et s’arrêta net pour la quatrième fois. Nusicaa, retenant un flot d’injures étant donné que l’arrêt brutal avait fait rentrer en contact les pédales et sa jambe blessée, posa le plus calmement possible sa main sur la clef et fit redémarrer la voiture avec un soupir audible. Il y avait déjà presque un quart d’heure qu’elle tournait sur ces petits chemins de forêt chaotiques et qu’elle avait l’impression de tourner en rond. N’ayant pas fait attention au chemin à l’aller vu qu’elle comptait sur Flash pour la ramener, elle ne savait plus franchement quelle route elle avait empruntée. Et comme elle n’avait même pas été sûre de ressortir vivante des plaines, elle n’avait pas vraiment songé à s’en souvenir. Autant dire que, en plus de tout le reste, elle était plus ou moins perdue dans la forêt. Génial…

    Tandis que le 4x4 prenait de la vitesse, les pensées de Nusicaa décrochèrent un peu de la route. Soudain, l’image du chasseur, encore étendu dans la position dans laquelle elle l’avait laissé, s’imposa à l’esprit de la jeune métisse. Elle ne put réprimer un frisson. Cet homme n’avait pas hésité à tirer sur David, n’aurait pas eu plus de scrupules à l’achever dans les plaines et n’en avait pas eu non plus à tirer sur elle. Pourtant, une énorme boule se forma au creux de son ventre. Un féroce sentiment de culpabilité l’envahit, alors qu’elle avait pu le refouler jusqu'à maintenant. Elle avait tué un homme. Ces cinq mots s’imprimèrent en elle, aussi tranchant qu’autant de poignards. Elle songea à cet homme, sa famille… Peut-être avait-il des enfants ou une femme. Il avait forcément des parents, quelque part. L’espace d’un instant, Nusicaa laissa de côté toutes les raisons qui l’avaient poussée à tirer sur lui. Elle ne pensa plus qu’aux conséquences. A ceux qu’elle avait privés d’un être cher et à tous ceux qui le connaissaient. Elle déglutit difficilement. Pourrait-on l’accuser d’avoir commis un… meurtre ? Elle se sentit soudain vulnérable. Il allait bien falloir raconter ce qui s’était passé, expliquer pourquoi David et elle revenaient dans cet état… Une espèce de panique angoissée la saisit et elle fut prise d’un violent vertige. Cet élancement eut au moins l’effet de la ramener à la réalité. Elle leva les yeux sur la route mais le décor tournait trop pour qu’elle puisse y voir quelque chose.

    *Hey ! Calmes-toi ou tu vas faire une connerie.*

    Un instant, elle ferma les yeux pour dissiper le vertige. Il aurait mieux valut qu’elle s’arrête quelque minutes, mais elle n’avait qu’une seule envie : arriver le plus rapidement possible au Domaine. Au bout de quelques secondes, elle rouvrit donc les yeux, pensant avoir dissipé l’élancement. Bien lui en prit. Sans s’en rendre compte, Nusicaa avait fait accélérer la voiture. Elle vit soudain un arbre se rapprocher un peu trop vite du pare-brise. Son sang ne fit qu’un tour. Vite, faire quelque chose. Sans réfléchir et dans un réflexe totalement incontrôlable, sa jambe droite se déplaça et écrasa la pédale de frein violement. Le 4x4 s’arrêta brusquement dans une espèce de grognement.

    « PUTAIN !! »

    Nusicaa hurla presque. Sa jambe irradiait tandis que sa tête, non moins douloureuse, s’était affalée sur le volant et que ses ongles s’enfonçaient dans le cuir à l’image de la douleur. Elle était tout simplement incapable de faire le moindre mouvement, sous peine de réveiller une nouvelle vague de souffrance. Soudain, elle sentit sur ses joues dégouliner des larmes qu’elle ne savait même plus à quoi à attribuer. A la douleur, à la situation, à ce qui allait arriver… Nusicaa était une jeune femme solide et elle ne craquait que rarement, et encore moins devant témoins. Mais là… Elle saturait, tout simplement. Elle resta quelques secondes dans cette position, à essayer d’évacuer les nouveaux élans de douleur qui ne semblaient pas décidés à disparaître et les sombres pensées qui l’assaillaient encore. Doucement, elle déplaça sa jambe blessée afin qu’elle n’enfonce plus la pédale du frein et inspira un grand coup. Quand elle releva la tête, elle sentit posé sur elle le regard de David. Un vague reste de fierté l’empêche de tourner son visage ravagé vers lui. Les larmes se mêlèrent au sang du chasseur qui la barbouillait et aux quelques chevaux collés à son visage. Elle découvrit également la marque rougeâtre de ses mains sur le volant et fut prise d’un autre frisson. A vrai dire, elle était dans un piètre état. Son haut blanc était couvert de marques inquiétantes, ainsi que son pantacourt en jean. L’une de ses jambes – la droite – était comme peinturlurée de rouge. A cet instant, Nusicaa était plus vulnérable que jamais. A vrai dire, elle pensa ne jamais avoir été aussi mal, à tous points de vue. Même lors de son vieil accident de gym.

    Elle respira fortement puis, concentrant le reste de ses forces sur la conduite et essuyant vaguement les larmes qui, après quelques secondes de lutte, avaient cessé de couler, elle fit doucement redémarrer le 4x4. C’est alors seulement qu’elle se rendit compte que, depuis quelques secondes, quelque chose parlait. Intriguée, elle jeta un regard noir au pauvre et innocent poste de radio installé dans la voiture. Il ignorait comment – peut-être avait-il était allumé dés le début du trajet mais qu’elle n’y avait pas prêté attention – mais ce truc marchait. Avec un léger soupir, elle reposa les yeux sur le chemin qui devenaient enfin un peu moins sinueux, sans même songer à éteindre le poste. Il ne s’écoula que deux minutes pour qu’elle se rende compte que le bruit de fond de la radio n’arrangeait rien à son état mais qu’il la gênait plus qu’autre chose. Elle y jeta un nouveau regard.

    « Toi, ta gueule. »

    En marmonnant ceci, elle appuya sur le bouton off et le silence s’installa complètement dans l’habitacle de la voiture. Depuis le début du trajet, elle n’avait ouvert la bouche que deux fois, et il lui semblait bien que David était resté muet. En même temps, qu’aurait-il bien pu se dire ? Là, maintenant, tout de suite, aucun des deux ne semblait être en état de suivre une discussion et Nusicaa préférait éviter un nouvel accident. Le silence perdura donc, se faisant même pesant, sans qu’elle ne fasse quoi que ce soit d’autre que de se concentrer sur ce qu’elle faisait.

    C’est au moment ou elle cala pour la cinquième fois qu’elle commença seulement à se poser des questions sur le chemin à prendre pour retourner à l’internat. La forêt était assez vaste pour qu’elle n’ait pas franchement envie d’en explorer tous les coins avant de trouver la bonne direction. Elle laissa donc la voiture arrêtée jeta un rapide coup d’œil au carrefour dans lequel elle se trouvait. Bon, c’était simple : soit tout droit, soit à gauche, soit à droite, soit… en arrière. Oui, et après ? Elle poussa un soupir et opta pour le chemin qui semblait s’éclaircir et qui, peut-être, indiquait la sortie de la forêt. De toute façon, qu’avait-elle vraiment à perdre ? Au point ou elle en était… Elle jeta un furtif regard sur David mais détoura les yeux aussitôt, retrouvant la route. Malgré elle, ses pensées la rattrapèrent, apportant avec elle l’image du cadavre qu’elle avait laissé derrière elle. Presque aussitôt, elle se sentit honteuse. Un sentiment qui l’empêchait même de croiser le regard de David, même pour y puiser ou donner un petit encouragement. La honte d’avoir sacrifié une vie, qui lui cachait maintenant les bonnes raisons, celles qu’elle avait invoquées plus tôt pour se justifier. De nouvelles larmes roulèrent sur ses joues, mais cette fois elle ne tenta rien pour les arrêter, hantée par le rictus crispé du chasseur qui semblait l’accuser de tous les torts. Elle secoua douloureusement la tête, comme pour chasser ces images, en vain.

    La voiture filait rapidement sur ce qui, maintenant, s’était transformé en un chemin de béton. Quelques mètres plus loin, le véhicule déboucha enfin sur la route qui menait ou au village, ou au Domaine. Nusicaa bifurqua dans la bonne direction puis accéléra encore sur la grande ligne droite. Elle ne pensa même pas à être soulagée, ni à arrêter ses pleurs. Juste à arriver. Pourtant, le fait de savoir qu’il ne restait que quelques minutes avant que ce but ne soit atteint lui provoqua un regain de force. Son expression abattue se modifia légèrement et son pied gauche pressa encore la pédale d’accélération. Elle roulait un peu trop vite maintenant, mais ne jeta pas même un œil au compteur. Les yeux fixés sur la route, elle doubla une voiture qu’elle ne regarda même pas. Deux minutes plus tard, les grilles du Domaine se dessinaient droit devant. Le 4x4 aux vitres teintées pénétra dans la cour presque déserte après avoir remonté l’allée. Nusicaa eut le réflexe de ralentir légèrement, mais rentra trop vite et l’engin dérapa légèrement sur le sol avant de s’immobiliser à peu près au milieu. Se rejetant contre le dossier de son siège en cuir, elle souffla longuement, légèrement revigorée. Sans perdre plus de temps, elle réussit à adresser un sourire plus ou moins franc à David, puis ouvrit la portière pour se retrouver face à quelqu’un. Nusicaa eut un mouvement de recul devant l’expression presque choquée de l’autre jeune femme. Ah oui, elle avait oublié l’état dans lequel elle était… Elle aperçu également, derrière la femme qu’elle était sûre d’avoir déjà vue, un cheval. Elle espéra que son arrivée fracassante ne lui avait pas fait peur puis revient à l’autre personne. Sa tête endolorie ne chercha même pas à savoir qui c’était.

    « Euh… nous avons un léger problème… »

    Dit-elle avec une mine contrite en désignant de la tête David et elle-même. Le tableau de bords indiquait maintenant 8h23.

_________________
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://la-rose-noire.naturalforum.net/dossiers-valides-f45/nusic
Marion Duval
Admin & Ethologue
avatar

Féminin Nombre de messages : 1312
Age : 24
Cheval Attribué : Olympe & Just Another
Métier : Ethologue
Animal de compagnie : C'Kiss Cool
Galops :
7 / 77 / 7

Date d'inscription : 11/05/2008

Feuille de personnage
Âge / Année: 20 ans
Cheval: Olympe & Just Another
Connaissances:

MessageSujet: Re: Aux retour des plaines... [Marion - David]   Mer 6 Aoû - 12:32

    Six heures tapantes. Le réveil sonna, réveillant Marion en sursaut. La jeune femme grimaça. Elle s’était couchée à une heure du matin après être allée au cinéma avec son meilleur ami, dépressif depuis un peu moins d’un mois. Elle n’avait dormi que cinq heures, et elle avait l’impression de s’être couchée dix minutes plus tôt seulement. Ces derniers temps elle ne dormait presque pas. N’ayant aucune vie à côté des chevaux depuis le début, sa tante l’avant forcée à sortir un peu plus de soir. Le seul hic étant qu’elle devait se lever aux aurores pour aider les palefreniers à s’occuper des chevaux. De plus, elle profitait souvent de la grande carrière très tôt, pendant qu’il n’y avait personne, pour entraîner son cheval, Just Another. Marion s'arracha des couvertures, fit son lit rapidement et ouvrit les rideaux. Le ciel était d’un bleu éclatant semblable à l’océan, et il n’y avait aucun nuage à l’horizon. La journée s’annonçait magnifique. Avec un sourire en coin, la jeune irlandaise prit la direction de sa salle de bain. Après une douche revigorante, elle enfila une culotte de cheval beige et un t-shirt à col en V noir. Elle mit une paire d’immenses chaussettes noires aux rayures fines blanches avant de rejoindre la cuisine. Malgré qu’elle n’ait pas faim, il fallait qu’elle mange. Elle avala un morceau de pain, tartiné à la va-vite avec du beurre et but un grand verre de jus d’orange. De retour à la salle de bain, la jeune femme démêla sa longue chevelure de jais et l’attacha en une queue de cheval d’où s’échappaient les mèches rebelles de son dégradé. Elle passa un peu d’eau sur son visage, se brossa les dents puis retourna au salon. Tranquillement, elle mit une paire de vieilles boots servant au travail dehors. La belle nourrit son chien qui tournait en rond, depuis une bonne dizaine de minutes, autour de sa gamelle. Alors que l’animal se rassasiait, elle prit un papier froissé et jaunis qui traînait sur la table. Elle le relut deux ou trois fois. C‘était le programme de sa journée, car, tête-en-l’air comme elle l’était, elle oubliait toujours quelque chose. Une fois sure qu’elle n’oublierait rien, la jeune fille attrapa une martingale flambant neuve suspendue au portemanteau. Pour finir, la belle enfila un collier en cuir à Kiss Cool, son chien, avant de sortir de la pièce. Ce maint-là, il n’était pas question de chômer. A six heures et quarante-cinq minutes elle devait être au Domaine pour préparer son cheval, Just, qu’elle monterait un peu en saut avant de recommencer son travail sur le poney claustrophobe. Elle enfourcha sa bicyclette après avoir fermé la maison et se dirigea tout droit au village car c’était le chemin le plus court. Elle y croisa quelques habitués matinaux qu’elle salua un à un. Elle ne se permit pas de s’arrêter, car plus tôt elle se mettrait au travail, plus tôt elle aurait terminé.

    Comme promit, la jeune femme arriva à l’heure au Domaine. Les hommes d’écurie étaient déjà en train de pailler les boxes. La jeune femme passa devant chacun d’eux en leur adressant un signe jovial de la tête. Elle prit l’allée centrale, tourna sur la gauche et tomba directement en face du box de Just Another. L’étalon releva la tête, tapa dans la porte du box et hennit joyeusement. La cavalière s’approcha de lui, ouvrit la porte et entoura sa tête de ses bras. L’animal colla son chanfrein contre sa poitrine, ce qui arracha un sourire à sa cavalière. La belle ne traîna pas. Elle n’attacha pas l’animal, le pansa comme tous les matins et le sella. Ce jour-là elle avait choisi un ensemble gris qui lui allait à ravir. Elle ajusta sa martingale neuve, enfila ses bottes en cuir noir et sa bombe avant de se mettre en selle. Personne n’était encore dans les écuries, ce qui lui permit de rejoindre le chemin de promenade sans aucune difficulté. Après cinq bonnes minute au pas, le couple cheval/cavalière rejoint la carrière. Les deux étaient parfaitement assortis. L’étalon à la robe baie brune presque noire était fier et élégant, sa robe inspirait le mystère, sans parler de ses yeux profonds et noirs comme le charbon. Quand à Marion, elle accompagnait à merveille l’animal, et sa chevelure noire étaient assortie avec la couleur foncée du bel équidé. Seuls ses immenses yeux dorés mettaient une touche de couleur à leur paire. La cavalière détendit Just Another aux trois allures en l’assouplissant dans des figures de base. Une fois certaine que l’étalon était bien en forme, elle monta quelques obstacles. Au bout d’une demie heure, elle leva les obstacles à la hauteur de ceux qu’elle trouverait en concours avec son cheval. Il n’y avait pas un chat aux alentours, et Marion en fut heureuse car l’étalon était plus réceptif et plus attentif à ce qu’il faisait surtout. Au petit galop à gauche, elle fit un tournant large, en encadrant le cheval, et prit la direction d’un vertical d’une hauteur vertigineuse. Oh bien sûr, il s’agissait d’une formalité pour Just. Quand à Marion, elle n’avait qu’à faire les trajectoires et à se poser, car son cheval faisait tout de lui-même. A quelques foulées de l’obstacle, elle se rassit, regarda loin derrière l’obstacle et canalisa le cheval pour qu’il ne se précipite pas pour le saut. L’étalon décolla avec une force qui étonna encore Marion. Celle-ci se leva de sa selle, se mit en position de suspension et fixa ses jambes. Au plané, elle inversa ses aides, se pencha légèrement du côté droit et attendit la réception avant de se redresser. Elle regarda discrètement les membres du cheval et constata, avec un large sourire, qu’il avait changé de pied. La jeune femme prit le second obstacle. Le cheval s’éleva une fois de plus avec force et agilité. Mais pendant le plané, la belle remarqua que deux chevaux arrivaient sellés, au grand galop, vers les écuries. Elle réceptionna en douceur, repassa au trot et suivit les équidés du regard. La jeune femme trotta l’étalon et décida de s’arrêter. Si deux chevaux rentraient sans leurs cavaliers, où étaient-ils ? Marion sortit de la carrière au pas, et félicita son cheval pour son excellent travail. De toute façon, leur séance était terminée. Elle ne tarda pas à rejoindre les écuries. Avec une souplesse féline, elle sauta de cheval. Un jeune palefrenier, sensiblement du même âge que Marion, lui proposa de rentrer le géant. La jeune femme accepta, consciente qu’il en mourrait d’envie. Avec un large sourire, elle lui tendit les rênes du beau brun. Elle retira sa bombe avant de partir à la rencontre des deux échappés. Il y avait là une jument alezane avec une grande liste. C’était une selle française, et, à première vue elle n’était pas bien âgée. Marion la connaissait bien, elle appartenait à son amie Nusicaa, élève de quatrième année ayant été à l’Internat.

    Soudain, son regard de braise fut attiré par la seconde jument : Une immense Paint Horse pie noire se dressait là. Ses grandes balzanes herminées rappelèrent tout de suite quelque chose à la jeune fille. Marion ressentit comme un coup de poing dans le ventre. C’était Leïla, sa jument. La jeune Irlandaise s’approcha de l’homme qui la tenait et s’empara de ses rênes. Elle passa une main délicate sur son chanfrein en lui murmurant des paroles rassurantes. David avait-il été désarçonné ? Impossible, pas lui… Il n’était jamais tombé devant elle. Il s’était passé quelque chose, Marion en avait conscience. Mais quoi ? Telle était la question. Un vertige frappa la belle de plein fouet. Elle frissonna de tout son être avant de se reprendre. Il fallait qu’elle en ait le cœur net. David et Nusicaa devaient être ensemble. Elle demanda à l’un des palefreniers de s’occuper de la jument alezane tandis qu’elle dessellait celle de David. Alors qu’elle s’apprêtait à la rentrer, un 4x4 noir arriva à toute vitesse dans la cour. Un crissement de pneus attira son attention. Elle leva la tête, rentra la jument dans le box le plus proche avant de se diriger vers les nouveaux venus. La, en l’occurrence.

    « Mon Dieu… »

    Couina la jeune irlandaise qui découvrait la femme qui sortait de la voiture. Elle était fine, de la même taille qu’elle, avec une peau hâlée et une chevelure brune épaisse. Ses yeux bruns dorés avaient une lueur inconnue qui inquiéta Marion. C’était Nusicaa, son amie, mais elle était couverte de sang. Ses cheveux collés avaient une teinte rougeâtre et de nombreuses taches de sang recouvraient ses vêtements. Son regard topaze dériva directement sur sa jambe trouée à coup de fusil. Marion porta une main à ses lèvres pour empêcher un cri d’horreur. Prenant son courage à deux mains, la belle brune s’avança et déposa ses mains glaciales sur les joues de la jolie jeune femme. Encadrant ainsi son visage, elle put la fixer droit dans les yeux. La voir ainsi la rendait malade. Malgré tout, son calme olympien prit le dessus. Elle lui lança un sourire rassurant, même si elle savait que dans cet état il était inutile. C’est alors elle lui annonça qu’ils avaient eu un problème. Ils ? Elle lâcha le visage de la magnifique Espagnole pour poser des yeux horrifiés sur le jeune homme, affalé sur le siège passager. Evanouis, il était lui-même couvert de sang. Le cœur de Marion se fit à battre la chamade avec violence, lui provoquant des hauts les cœurs. Elle se sentit pâlir tandis qu’elle détaillait ce jeune homme. C’était David. Le David qu’elle connaissait. Celui qui arrivait toujours à l’intimider. Cette fois, ce fut comme si elle avait été frappée sur la tête tellement le choc fut difficile. David avait perdu connaissance. Elle fit le tour de la voiture noire, semblable à celle d’un cortège, avant d’ouvrir la portière du passager. Elle se mordit la lèvre pour ne pas hurler. Lui, dans un piteux état… C’était la première fois qu’elle voyait ça alors qu’elle le connaissait depuis près de six ans. Au loin, Just Another poussa un hennissement de rage qui sonna comme la mort aux oreilles de Marion.

    « Il faut appeler une ambulance »

    Déclara-t-elle après avoir repris un peu ses esprits. Ses mains tremblaient. Elle parvint néanmoins à lever les yeux sur Nusicaa. Elle lui tendit une main tremblante pour l’aider à se tenir sur sa jambe valide. Il n’y avait aucune pitié dans son regard, juste de la compassion.

_________________

    « What will be the name of your children ? You can't hide forever. I can't see you. In the wheatfields. I have lost my sence of humour. Show me where you are. The grass is too tall. I can't even talk. The is no place. Down here. Small enough. For you to stay. I come back home and try to see. The hints you left for me. Never found the ring. Will you ever marry me ? »[/list]
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://la-rose-noire.naturalforum.net
David Moss [ABS&HS U_
Admin
avatar

Nombre de messages : 913
Cheval Attribué : Asha Leïla
Métier : Juge
Galops :
7 / 77 / 7

Date d'inscription : 12/05/2008

Feuille de personnage
Âge / Année: 19 ans
Cheval: Asha Leïla
Connaissances:

MessageSujet: Re: Aux retour des plaines... [Marion - David]   Mer 6 Aoû - 18:12

    David entrouvrit les yeux et eut un geste d’angoisse. Les braconniers, les braconniers… !
    Mais devant lui, il n’y avait plus trace du fusil qui le menaçait un peu plus tôt. En fait, il ne comprenait pas ce qui était devant lui. Ce n’était pas le ciel qu’il voyait lorsqu’il était étendu par-terre, ni même le sol dans l’hypothèse où il aurait été couché sur le ventre. En fait, il n’avait pas l’impression d’être allongé. Du moins, rien n’était moins sûr car son corps refusait de lui envoyer des signaux clairs. Ou alors, ces derniers étaient noyés sous le torrent de douleur qui dévalait en lui. Subitement, il reconnut le pare-brise d’une voiture. Une voiture. Il était dans une voiture. Hébétude. Comment… ?
    Il y eut un cahot et cela décupla la souffrance du jeune homme. Il sentait son bras irradier, comme si on le lui frappait à coups de pique, une pique affreusement acérée et chauffée au fer rouge. Mais cela eut le mérite de faire revenir le souvenir des événements les plus récents à sa mémoire. Il revoyait Nusicaa au-dessus de lui tandis qu’il gisait dans la plaine. Elle avait réussi à les débarrasser du braconnier, ce fameux braconnier qui avait été à deux doigts de trouer d’une balle la cervelle de David. Il y avait une voiture, pas très loin. Ça aussi, il s’en souvenait, maintenant. En fait, il se souvenait surtout des efforts qu’il avait déployés pour la rejoindre, cette voiture.
    Essayez donc de parcourir quelques dizaines de mètres alors que vous avez le bras transpercé, le flanc éraflé et brûlé et que vous avez déjà perdu quelques litres de sang dans l’affaire. Et je peux vous garantir que le chemin vous paraîtra long…
    En y réfléchissant bien, il ne savait même pas comment il avait bien pu faire pour y parvenir. Il se souvenait de la contraction de ses muscles pour se relever, des chutes, des nombreuses chutes qui lui avait fait mordre la poussière sans une once de douceur. Il se souvenait surtout de la douleur, l’indescriptible et permanente douleur qui réduisait à néant ses capacités de réflexion. Et cette volonté, cette immense volonté, qui le poussait à serrer les dents, à se redresser, et à avancer, avancer, avancer, coûte que coûte. C’était alors son seul et unique désir : parvenir à la voiture. Ce n’était certes pas une fin en soi, mais il n’avait pas cherché plus loin que ça : il s’était fixé ce but, il devait y parvenir. Et s’il est bien une chose que David possédait plus que la normale, c’était la volonté. Une force de caractère indomptable qui l’avait fait maintes fois qualifier de têtu et d’obstiné, voire d’enragé, mais qui l’avait toujours poussé au-delà de ses limites. Et là, c’était plus que ses limites qu’il avait dépassé… Même s’il devait mourir avant, il avait décidé d’arriver à la voiture et il l’avait fait, moitié rampant, moitié à quatre pattes. Il revécut l’instant où la portière avait été à portée de sa main, l’instant où il avait réuni ce qui lui restait pour se redresser, se mettre sur pieds et ouvrir la voiture. Se laisser tomber sur le siège, refermer la portière. Et après, c’était le trou noir. Néant total.
    Jusqu’à cet instant où il reprenait plus ou moins conscience. La voiture avançait, il s’en rendait compte à présent, grâce au ronronnement du moteur qui parvenait malgré tout jusqu’à ses oreilles. Tournant légèrement la tête, il vit les mains posées sur le volant, puis les bras minces et enfin, du coin de l’œil, le profil de Nusicaa. Mon Dieu, ce que cette fille pouvait être géniale.
    Et sur cette pensée, il perdit connaissance.
    Pas pour longtemps. La voiture stoppa net, ramenant David à la réalité. Que se passait-il ? Elle redémarra et reprit sa route, et le jeune homme se sentit sombrer à nouveau. Une éternité plus tard, il y eut encore un arrêt brusque, qui lui fit reprendre connaissance un bref instant. Il ne se rendit même pas compte qu’ils redémarraient. Probablement y eut-il d’autres arrêts de cette sorte, qui réveillèrent David, mais il n’en garda par la suite pas le moindre souvenir.
    Qu’est-ce qu’il avait mal… L’inconscience était sa seule porte de sortie et il ne luttait pas contre l’évanouissement. Il se laissait aller, dans l’espoir enfantin que ça irait mieux à son réveil… Ce que ça pouvait être agréable, de s’en remettre enfin à quelqu’un d’autre. Il comptait sur Nusicaa pour les emmener… quelque part, n’importe où. Peu importait, en fait. Tout ce qui comptait, c’est qu’elle était là et que pour la première fois depuis très, très longtemps, il pouvait permettre à son corps de se relâcher complètement et à son esprit de s’échapper.
    Subitement, il y eut un crissement de frein, qui parvint très vaguement au cerveau du jeune homme homme. Le 4x4 stoppa brutalement et il fut à moitié projeté en avant, ce qui le ramena brusquement à la réalité. Le cri de Nusicaa acheva de le sortir de sa torpeur et, avec un effort, il tourna la tête vers elle. Écroulée sur le volant, il crut d’abord qu’elle était blessée, puis vit qu’elle pleurait. Il frissonna en la regardant d’un œil las, sans rien penser de ce qu’il voyait. Lui aussi, il était à la limite de la saturation.
    Au bout d’un moment, ils repartirent. S’était-il écoulé quelques secondes, quelques heures ? Impossible à déterminer. Le moteur gronda, puis la voiture se remit à rouler. Malgré la lancinante douleur qui lui martelait le bras et tout le corps en général, David se força à garder les yeux ouverts et les idées claires. Cet instant de faiblesse de Nusicaa n’était à ses yeux que le reflet de sa propre faiblesse, et il était maintenant déterminé à lutter. Même si se battre contre son propre corps et l’évidence des choses n’est pas des plus évidents…
    Il expira profondément, espérant peut-être chasser un peu de sa tension et de sa douleur. Peine perdue. Quelque chose ruisselait le long de son front et passait maintenant à travers son sourcil. Quelque chose de tiède coula sur sa paupière, l’aveuglant d’un œil. Il voulut chasser d’une main cette chose –probablement du sang…- qui lui masquait la vue, mais sa main refusa de lui obéir. Baissant les yeux, il vit ses deux mains sur ses genoux, inertes. Il se concentra pour soulever son bras et sa main se mit à trembler violemment. Il était beaucoup trop faible… Et ce n’était pas normal. Le fin filin de conscience qui lui restait savait que deux balles à ces endroits-là n’étaient quand même pas tellement dangereuses… Il y avait quelque chose. Soudain, il s’aperçut que la vitre teintée de la voiture était en partie recouverte de sang, qui cachait le paysage. Toute la portière dégoulinait de liquide poisseux. Froidement, David réalisa que ce sang était le sien. Posément, il chercha en lui une douleur qui pouvait avoir provoqué ce flot. Son bras, évidemment. Une fois de plus, il se posa la question. Y avait-il une artère à cet endroit-là ? Apparemment, oui, et elle avait dû être joliment percée… Ça expliquait sa faiblesse. Il fallait arrêter ça. Au point où il en était et vu tout ce qu’il voyait avoir perdu, quelques litres de plus seraient fatals.
    Très concentré, le jeune homme parvint à ouvrir la boîte à gants, au prix d’immenses efforts car le bouton semblait s’amuser de le voir batailler de la sorte. Le contenu se répandit sur ses genoux : cartes, paquet de mouchoirs, chiffon pour nettoyer les fusils, munitions… Le chiffon. D’une main affreusement tremblante, il s’en saisit et dut s’y reprendre à plusieurs fois pour déplacer sa main jusqu’à son bras et y presser le tissus, qui ne tarda pas à s’imbiber de sang. Ça n’avait pas beaucoup l’air de ralentir beaucoup l’hémorragie…
    David se sentait glisser, glisser, glisser, s’enfoncer peu à peu dans une obscurité teintée de rouge, qui l’enveloppait, l’étouffait…
    Encore un arrêt brutal. Le jeune homme n’avait pas attaché sa ceinture, ses forces étant bien trop précieuses pour les gaspiller comme ça, et d’ailleurs il le regrettait maintenant. Chaque fois que la voiture s’arrêtait brusquement, il était projeté en avant et faible comme il l’était, il n’en aurait pas fallu beaucoup plus pour qu’il se mange le plat-bord. Cela dit, ça n’aurait fait qu’une minime blessure de plus à ajouter à sa « collection »…
    « Tu sais où tu vas ? » demanda-t-il.
    Ou plutôt, voulut demander. Il venait en effet de voir passer un arbre mort, brûlé par la foudre selon toute apparence, qu’il connaissait bien car il était déjà passé plusieurs fois devant, à cheval, pour rentrer au domaine. Sauf qu’il fallait aller dans l’autre sens. Mais jamais Nusicaa n’entendit sa question : c’est à peine s’il put émettre un borborygme inintelligible.
    David renonça. Il ne fallait pas gaspiller son énergie. Autant s’en remettre à la jeune fille.
    Le temps passa, impalpable, à la fois infini et très rapide. La moindre seconde semblait durer une heure tant la douleur était violente et plusieurs fois, le jeune homme perdit connaissance, quelques instants seulement car après, un cahot ou un bruit de graviers le ramenait sur terre. Mais pourtant, chaque seconde écoulée le rapprochait de sa fin, et il le sentait avec de plus en plus d’acuité, comme si chaque millilitre de sang qui s’échappait de son corps était une condamnation de plus. Il résista. C’était ridicule. N’importe quoi, il allait très bien, enfin, aussi bien que l’on peut dans ces circonstances !
    Une fois de plus, la voiture s’arrêta, avec heureusement un peu moins de brutalité cette fois. Mais ce n’était pas un énième calage. Il entendit plus qu’il ne vit Nusicaa descendre du véhicule et s’adresser à quelqu’un. Ils étaient arrivés. Ils avaient réussi.
    Une vague de soulagement mêlé de douleur déferla en David, qui sentit à nouveau sa conscience lui échapper.
    Une éternité s’écoula, lorsque plusieurs choses le ramenèrent à son corps. La portière contre laquelle il était appuyé qui s’ouvrait, un concert de hennissements dans les écuries, une voix terriblement familière près de lui. Il entendait tout, mais gardait les yeux fermés, sachant que de toutes manières, ses yeux seraient voilés d’un rideau rouge s’il les ouvrait.
    Soudain, un bruit très, très, très familier lui parvint. Un hennissement strident et surexcité, très nerveux, l’appel suraigu d’une jument qu’il reconnaissait entre mille.
    Leïla ! Elle était là, elle était vivante !! Elle avait réussi à s’en sortir !! Il sentit une nouvelle vague de soulagement le submerger, mais ne se laissa pas emporter. La jument était blessée, il avait entendu son cri et ressenti sa douleur comme si c’était la sienne propre. Il fallait la soigner, tout de suite.
    Le corps humain est une chose étrange. Dans les conditions les plus extrêmes, il dévoile toute sa force et sa richesse. Alors que quelques instants auparavant, on était vidé et à bout de force, il suffit d’un stimulus particulier pour recouvrer immédiatement de l’énergie et réagir comme les circonstances l’exigent. Chacun a ses propres stimuli qui le raniment. Et David put découvrir ce jour-là qu’il était bien plus attaché à la guérison de sa jument qu’à la sienne.
    Il ouvrit brusquement les yeux.
    « Leïla… » marmonna-t-il d’une voix rauque.
    Il se concentra pour réussir à articuler les bons mots, les bonnes phrases. C’était difficile.
    « Leïla… blessée, parvint-il à dire, en mâchant la moitié des mots et en s’exprimant d’une voix d’outre-tombe qui ne lui ressemblait pas. Une balle… La soigner. La soigner… Tout de suite ! »
    Un horrible sentiment d’urgence le tenaillait. Il tourna la tête vers la personne qui avait ouvert la portière et crut d’abord qu’il rêvait. Pourtant, c’était bien elle. Marion. Au fond des grands yeux dorés qu’elle posait sur lui, il lut son effroi. Était-il donc si mal en point que ça ?
    La question ne se posait pas.
    S’il s’était vu, il ne se serait probablement pas reconnu. C’était une vision d’Apocalypse qu’il offrait, écroulé sur le siège en cuir du 4x4. Son sang inondait la portière, le plancher de la voiture, détrempait le siège et continuait de s’écouler le long de son bras à gros bouillons, qu’il s’efforçait de contenir en pressant faiblement le chiffon du fusil contre la blessure. Il ne se souvenait pas s’être blessé au visage, mais il était également barbouillé de rouge. Par endroits, le sang commençait à sécher en croûtes brûnatres qui lui tiraient sur la peau. Ses vêtements, imbibés d’hémoglobine, étaient dans un état pour le moins lamentable, en particulier le tee-shirt qui s’était déchiré en plusieurs endroits lors de sa chute. En fait, David était carrément effrayant, avec ses airs de déterré ou de mort-vivant. Sauf que, malgré tout, il était vivant et bien vivant. Sous ses cils rougis, le feu de ses yeux brillait encore, et même si sa faiblesse était clairement visible sur son corps, son regard demeurait fier et ferme. Il devait voir Asha Leïla.
    Il tenta de sortir de la voiture, faillit s’étaler de tout son long mais se rattrapa de justesse à la portière. Une sanglante tache de plus, ça ne ferait pas de différence…

_________________
-- P.e.r.c.h.é . n.o.n . m.i . c.o.n.o.s.ci . . . --
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Nusicaa Wiltman (abs)
Admin & Apprentie
avatar

Féminin Nombre de messages : 791
Age : 25
Cheval Attribué : Flash
Métier : Apprentie Ethologue
Galops :
4 / 74 / 7

Date d'inscription : 11/05/2008

Feuille de personnage
Âge / Année: 19 ans / Apprentie éthologue
Cheval: Flash
Connaissances:

MessageSujet: Re: Aux retour des plaines... [Marion - David]   Mer 6 Aoû - 23:10

    C’est avec une moue crispée que Nusicaa déchiffra l’horreur qu’elle pouvait lire sur les traits de la personne qu’elle avait face à elle. Mais, trop épuisée pour faire le moindre commentaire, elle se contenta d’un soupir las et douloureux. Cependant, elle dévisagea un instant la jeune femme qui lui faisait face, agacée de la migraine qui l’empêchait de faire une mise au point correcte et de la reconnaître. Il lui fallut quelques secondes de torture mentale pour enfin mettre le doigt sur le nom qui lui échappait : Marion. A cette pensée, elle respira une nouvelle fois. Au moins, elle était tombée sur une amie. Nusicaa lui adressa un sourire, juste avant de sentir avec étonnement deux chose glaciales de poser sur ses joues brûlantes. Elle supporta les yeux topaze de son amie, mais dans son propre regard, l’étincelle de fierté qui brillait ordinairement s’était éteinte. Et elle haïssait la détresse qui semblait y régner depuis quelques minutes. Cependant, elle accueillit volontiers le sourire rassurant que Marion lui adressa et lui en rendit un, plus ou moins franc. Quand Nusicaa annonça qu’elle et David avait un problème, Marion la lâcha, laissant une trace agréablement fraîche sur la peau de la jeune métisse. Cette dernière vit le visage de son amie se décomposer plus encore qu’il ne l’était déjà. A son tour, elle tourna la tête, prenant conscience que, durant le trajet qui les avait conduits ici, elle n’avait absolument pas prêté attention au jeune homme qui l’accompagnait. Trop préoccupée par la conduite, la route, et ses propres blessures, elle n’avait pas pensé à vérifier son état. Soudain angoissée, elle le détailla.

    *Merde. Merde. Merde !*

    Il était encore plus couvert de sang que lorsqu’il s’était engouffré dans le 4x4. Un misérable chiffon pressé sur son bras tentait de retenir en vain le liquide rouge qui s’en échappait encore et encore, et pas par minces filets. Nusicaa, soudain oublieuse de ses propres blessures, parvint à faire le tour du véhicule à cloche pied et à rejoindre Marion, figée comme si la foudre venait de s’abattre sur elle. Un hennissement se fit entendre non loin, arrachant un frisson migraineux à la jolie métisse. Elle s’appuya difficilement contre le 4x4, pour garder un semblant d’équilibre et jeta un œil sur le bras de David. Cette observation lui arracha une grimace. Elle n’était ni médecin, ni diplômée de science, mais assez érudite pour savoir qu’il n’y avait pas trente million de raisons pour lesquelles le sang pouvait couler autant. An fait, il n’y en avait qu’une, et elle provoqua un nouveau frisson à la jeune femme. Elle releva les yeux sur une Marion tremblante et croisant son regard, elle accepta de prendre sa main. Elle avait raison, il fallait aller à l’hôpital, et vite. Mais ils n’avaient pas le temps d’attendre une ambulance… Elle allait le formuler quand un hennissement strident, qui lui fit tourner la tête, retentit. David sembla se raidir et Nusicaa comprit que la jument bruyante n’était autre que Leïla. Alors c’était bien elle, et sûrement Flash, qui étaient rentrées. Elle sentit un poids de moins dans sa poitrine. Une vague inquiétude qui la quitta. Elle poussa un soupir soulagé avant de poser de nouveau les yeux sur le jeune homme. Celui-ci laissa échapper quelques mots. Quelques mots qui arrachèrent une grimace à Nusicaa. Ah oui, la jument blessée. Elle s’adressa à Marion, d’une voix posée, ce qui l’étonna vu son état de panique quelques instant plus tôt.

    « Sa jument à pris une balle dans la croupe. Mais vu la façon dont elle s’en enfuie et les coups de cul qu’elle à balancé, je n’crois pas que ce soit trop grave… »

    Elle jeta un regard vers les écuries. Apparemment, le palefrenier avait déjà remarqué la blessure et s’activait auprès de la jument, visiblement peu décidée à se laisser faire. Au moins, elle était assez en forme pour continuer à embêter son petit monde. Elle allait le faire remarquer pour rassurer David quand celui-ci tenta la chose la plus stupide qu’il ne puisse faire à cet instant : bouger et sortir de la voiture. Toujours agrippée à la main de Marion, Nusicaa recula très légèrement, avec une grimace. Elle vit le jeune homme se rattraper à la portière, salissant celle-ci d’une nouvelle trace qui se perdit parmi celles qui y étaient déjà. Aidée de son amie, la belle le repoussa doucement sur le siège. Cependant, le jeune homme semblait déterminé à allait porter un secours qu’il n’était pas en mesure de donner à sa jument et esquissa un mouvement. Une nouvelle fois, Nusicaa recula, se cognant la jambe contre la portière au passage. Blême, elle se mordit une nouvelle fois la lèvre, en faisant jaillir cette fois-ci une petite goutte vermeille. Elle souffla un grand coup puis s’adressa au blessé, sur le nerf.

    « Bodel David ! C’est toi qu’il faut soigner ! Leïla va bien, on s’en occupe, alors arrête tes conneries maintenant ! »

    Sur ceux, elle fut prise d’un nouveau vertige qui la fit chanceler. Elle s’agrippa à la main de Marion de toutes les forces qui lui restaient puis referma vivement la portière côté passager. Elle s’en voulut d’avoir enguelé David, se rendant compte qu’elle ne l’avait fait que sous l’effet du choc de sa blessure contre la portière. Mais elle ne prononça pas un mot de plus, cette légère culpabilité lui en rappelant une autre, beaucoup plus grave. Elle ignora la boule au creux de son ventre qui menaçait de l’embarquer de nouveau dans de sombres méandres de pensées pour jeter un œil sur sa jambe rougie de sang. Ce mouvement n’eut pour conséquence que de lui refiler un nouveau vertige et elle releva vivement la tête. Elle avait presque l’impression que sa migraine prenait des proportions plus énormes encore que sa douleur au mollet, ce qui n’était ni normal ni particulièrement rassurant. Il faut dire qu’elle avait énormément mal à la jambe… Elle croisa le regard de Marion. Il fallait bouger, là. Nusicaa se demanda soudain pourquoi elle n’avait pas songé à conduire le 4x4 aux urgences plus tôt. Ca aurait été mieux pour tout le monde et aurait permis de gagne un précieux temps. Elle réalisa alors que c’était uniquement parce qu’elle avait peur que les médecins lui posent des questions sur ce qui s’était passé. Soudain mal, elle posa les yeux sur David à travers la fenêtre qui continuait à se vider de son sang.

    *Mais quelle conne…*

    Elle leva les yeux sur Marion, une expression assez peu habituelle sur le visage. Elle serra inconsciemment sa main et, d’une voix rauque, lui demanda :

    « Marion, tu peux nous emmener aux urgences… ? »


    [Arg, pas génial désolée...]

_________________
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://la-rose-noire.naturalforum.net/dossiers-valides-f45/nusic
Marion Duval
Admin & Ethologue
avatar

Féminin Nombre de messages : 1312
Age : 24
Cheval Attribué : Olympe & Just Another
Métier : Ethologue
Animal de compagnie : C'Kiss Cool
Galops :
7 / 77 / 7

Date d'inscription : 11/05/2008

Feuille de personnage
Âge / Année: 20 ans
Cheval: Olympe & Just Another
Connaissances:

MessageSujet: Re: Aux retour des plaines... [Marion - David]   Jeu 7 Aoû - 13:43

    La jeune Nusicaa attrapa la main de Marion sans broncher et la serra pour prendre appuis dessus. Pendant ce temps, la jeune irlandaise continuait à dévisager David, en piteux état. Il fallait prendre une décision d’urgence car il se vidait de son sang. Des hennissements provenant du box de Leïla se firent alors entendre, couvrant ceux de Just, uniquement curieux. La métisse lui expliqua qu’elle avait prit une balle dans la croupe et qu’elle s’était enfuie. Rien de grave en effet, le vétérinaire n’allait pas tarder. Au cas où, elle appela un des deux palefreniers qui traînaient dans le coin. L’un d’eux arriva et s’arrêta de l’autre côté de la voiture, sans oser regarder les deux blessés. Marion lui demanda de s’occuper des chevaux qui venaient d’arriver et de garder Leïla en observation toute la nuit. Le palefrenier haussa les épaules avant de lui adresser un sourire rassurant. La brune le lui rendit mais détourna le regard en se rendant compte que David essayait de se lever. Aidée par Nusicaa, elle posa ses mains sur ses épaules et le repoussa sur le siège, le regard grave. Contrairement à son amie, elle ne relâcha pas la pression avant d’être sûre qu’il resterait immobile. Son regard brûlait de tendresse. Elle s’empressa de le poser dans les prunelles brunes de Nusicaa. Elle la rapprocha d’elle afin qu’elle puisse prendre appuis sur son épaule. Comment avait-elle réussi à conduire dans cet état ? C’était un exploit, et Marion, sans vraiment le savoir, lui était très reconnaissante pour son immense courage. A la fenêtre, une vieille femme poussa un cri aigu qui attira l’attention de la Britannique. C’était sa tante qui s’affolait en voyant Nusicaa. Marion, avec des accents graves, rétorqua violemment que tout allait bien et qu’elle se chargeait des deux. La vieille femme n’insista pas et referma la fenêtre, apparemment blessée par les propos de sa nièce. Marion posa ses prunelles topaze dans celles de David qui avait l’air de lutter. Elle lui prit sa main brûlante et, d’un signe de la tête, elle l’invita à regarder vers les écuries. Le très jeune palefrenier qui s’était occupé de Just Another arriva avec la jument pie et tendit les rênes à l’autre palefrenier. Il s’occupait de la jument comme si c’était la sienne.

    « Tout va bien se passer, elle n’a rien de grave. Toi en revanche… »

    Assure-t-elle avec son regard intensément sérieux. La jolie brune retira sa main de la sienne. A présent elle était couverte de sang, comme les deux jeunes. Nusicaa aussi luttait. La jeune femme passa un bras autour de sa taille alors que la jeune fille claquait la portière du passager. La métisse lui demanda si elle pouvait les conduire aux urgences. Evidemment, quelle question… Elle ouvrit la portière arrière et l’aida à s’y installer. Une fois qu’elle fut attachée, elle ferma la portière. Les urgences étaient à au moins vingt minutes de route. Il fallait trouver un moyen de stopper les hémorragies. La belle contourna le 4x4, prit la direction de la sellerie au pas de course et ouvrit un vieux casier qui servait à l’entretient des chevaux. Il contenait des vieux chiffons propres que la tante de Marion avait mis à disposition des élèves. La belle en prit toute une brassée et revint à la voiture en courant le plus vite possible. Elle ouvrit la portière de Nusicaa avec un chiffon dans la main. Elle le tendit à son amie en lui expliquant qu’il fallait qu’elle le serre autour de sa plaie. Elle lui glissa d’autres morceaux de tissus au cas où elle n’en aurait pas assez d’un seul. Pendant ce temps, elle ouvrit la porte de David et déposa le tas à ses pieds. Elle ne croisa pas le regard de David, consciente qu’il souffrait. S’en était trop, elle ne voulait pas affronter son regard lourd… Elle noua deux chiffons entre eux pour faire une double épaisseur. Ensuite, elle attrapa la main de David, celle où le bras était blessé. Elle le croisa sur son torse avant d’entourer la plaie avec le pansement improvisé. Elle serra comme elle le put, s’attendant à ce qu’il crie, qu’il l’envoie balader. De toute façon elle s’en fichait, il était trop mal en point pour avoir le droit de protester. Son regard parcourut son corps rapidement. La belle se rendit compte qu’il avait une autre blessure. Une tache écarlate s’était formée au niveau de son flanc. Retenant un vertige, elle souleva le t-shirt du jeune homme, inspectant la blessure. Ce n’était pas très profond, mais assez quand même pour le faire souffrir. Elle lui demanda de presser sa main le plus fort possible quand elle serrerait pour la deuxième fois. Certes, cela ne l’aiderait pas à ne pas avoir mal mais plutôt à penser à autre chose. C’est lors d’une chute spectaculaire de cheval l’an dernier qu’elle avait appris à faire cela. Oui, quand Joséphine avait eu son accident, les médecins lui avaient fait faire cela en attendant les ambulanciers. La belle noua plusieurs guenilles et les enroula autour du torse du jeune homme pour terminer à la blessure. Elle s’excusa d’avance, en un regard serein, auprès du jeune homme, et serra d’un coup sec avant de nouer le tout. Doucement, elle ôta sa main de la sienne avant de s’assurer auprès de Nusicaa que tout allait bien.

    « Tenez bon, on y va. »

    Lança-t-elle en s’installant sur le siège du conducteur. Elle régla le siège, les rétroviseurs et mit sa ceinture. Elle jeta un regard devant elle. Les palefreniers s’activaient autour de Leïla. La jument alezane venait d’être sortie par l’un d’eux. La belle soupira, tourna la clé du contact et appuya sur l’accélérateur. Elle avait l’habitude de conduire ces engins car Mr Simpson en avait toute une collection. La belle donna un coup de volant vers la droite avant de prendre l’allée qui sortait du Domaine. Sur la route, elle vit des élèves s’arrêter pour observer la voiture. Heureusement que les vitres sont teintées, pensa-t-elle en inclinant légèrement le volant vers la gauche. Les portes étaient fermées. Un imbécile avait dû croire qu’il fallait les refermer… Agacée, elle ouvrit la portière et les tira vers l’intérieur. A chaque fois elle se détruisait le dos tellement elles étaient lourdes. L'Anglaise retourna au 4x4 à toute allure. Elle se jeta sur le siège, claqua la porte brutalement, se rattacha et appuya sur l’accélérateur. La voiture noire redémarra. La belle prit le chemin de Lunel. Elle tourna avant et se dirigea droit vers la nationale. Les minutes qui passèrent pendant qu’elle s’engageait sur la grande route lui parurent être une éternité. Heureusement, on était samedi et il y avait beaucoup moins de monde qu’en semaine. Un silence religieux s’était installé dans le véhicule. La belle détourna un instant le regard de la route et alluma l’autoradio. Une voix cachée par des crépitements désagréables arriva à ses oreilles. Elle soupira en essayant de trouver une bonne station, mais ici, on ne captait rien que des gens qui donnaient les nouvelles de la journée. Elle finit par tomber sur une chanson qui sonna étrangement à ses oreilles. The Servant… Orchestra… Une grimace se dessina sur ses lèvres et sa main se crispa sur le volant. C’était la chanson que Joséphine avait eue pour son parcours lors des championnats d’Europe. Enfin, c’est plutôt au moment où les ambulanciers étaient arrivés qu’elle avait été diffusée dans le manège olympique.

    There's an orchestra in me
    Playing endlessly
    I even hear i…


    « La ferme »

    Marion appuya brutalement sur le bouton de l’autoradio. Elle voulait que les paroles se taisent. A cause de cet accident, Joséphine était handicapée et son cheval gardait de nombreuses séquelles. Bientôt, il serait de retour au Domaine pour continuer son travail avec la jeune femme. Marion refusait de se retrouver avec un souvenir de cette affreuse journée. Calme-toi, se dit-elle lorsqu’elle se rendit compte qu’elle était toute crispée. Doucement, elle desserra les mains du volant en regardant la route avec plus d’attention. T’as des blessés à conduire, se rappela-t-elle en reprenant son sérieux. Elle jeta un coup d’œil discret à David à côté d’elle puis sourit à Nusicaa dans le rétroviseur. Encore quelques minutes à tenir. Dans peu de temps ils seraient à l’hôpital. Marion, voyant que la route était beaucoup plus dégagée, appuya sur l’accélérateur et continua son chemin. Peu après, une sortie se présenta à eux. Sur un panneau, elle put lire en lettres noires le mot ‘Hôpital’. Elle freina un peu, tourna et entra dans la ville. Il n’y avait pas beaucoup de monde. Ouf. La belle s’engagea dans la rue principale, klaxonnant un chauffard garé un plein milieu. L’homme sortit de sa voiture, contraignant Marion à s’arrêter. Elle ouvrit sa vitre, le fusilla du regard. Il ouvrit la bouche pour parler. Lorsqu’il se rendit compte que ses passagers étaient en mauvais état, il la ferma et s’excusa d’un signe de la tête. Marion ferma la vitre et contourna le véhicule avec une manœuvre précise. En deux temps et trois mouvements, elle reprenait son élancée vers les urgences. Deux minutes plus tard, elle se gara devant la porte d’entrée avant d’ouvrir sa portière. Elle ouvrit à Nusicaa. Elle lui expliqua qu’elle pouvait s’accrocher à sa taille pour marcher. Elle ouvrit ensuite à David qui pâlissait à vue d’œil. La belle passa un bras sous ses aisselles et l’aida à se relever. Elle ne lui demanda pas son avis, il ne comptait pas dans cette situation. Elle le colla doucement contre elle et le força à se lever. Nusicaa lui fila un coup de main, mais Marion ne voulait pas l’achever.

    « T’as pas le choix, accroche-toi, c’est tout. »

    Annonça-t-elle à David. Deux personnes dans l’entrée crièrent pour qu’on amène des brancards. Mais ils furent si longs que les trois jeunes arrivèrent avant dans le hall. Marion fit assoire les deux blessés le temps que les médecins et infirmiers s’occupent d’eux. Quand à elle, elle faisait les cent pas devant eux. Etaient-ils toujours aussi longs ? N’avaient-ils pas encore remarqué qu’ils étaient gravement blessés et qu’ils se vidaient de leur sang ? Perdant patience, elle alla parler avec la dame à l’accueil qui lui expliqua que les urgences étaient bondées de monde.

    « Ils se vident de leur sang ! »

    S’emporta la jeune femme. La dame appuya sur un bouton et appela des médecins en urgence. Marion soupira. Ils allaient s’occuper d’eux, enfin… Elle jeta un regard rassurant à ses deux amis, beaucoup plus tranquille.

_________________

    « What will be the name of your children ? You can't hide forever. I can't see you. In the wheatfields. I have lost my sence of humour. Show me where you are. The grass is too tall. I can't even talk. The is no place. Down here. Small enough. For you to stay. I come back home and try to see. The hints you left for me. Never found the ring. Will you ever marry me ? »[/list]
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://la-rose-noire.naturalforum.net
David Moss [ABS&HS U_
Admin
avatar

Nombre de messages : 913
Cheval Attribué : Asha Leïla
Métier : Juge
Galops :
7 / 77 / 7

Date d'inscription : 12/05/2008

Feuille de personnage
Âge / Année: 19 ans
Cheval: Asha Leïla
Connaissances:

MessageSujet: Re: Aux retour des plaines... [Marion - David]   Jeu 7 Aoû - 18:32

    « MAIS VOUS NE COMPRENEZ PAS ! »
    David aurait voulu hurler mais c’est à peine si sa bouche s’ouvrit. Il se sentait bouillonner de rage mais, une fois de plus, ce stupide corps le trahissait et le laissait faible en pantelant. Il n’eut même pas la force de résister à Marion et Nusicaa qui le rassirent contre son gré. Ses yeux lançaient des éclairs, mais ni l’une ni l’autre n’en tint compte.
    Tout va bien se passer, assura Marion. Mais non justement ! Aucun des palefreniers ne réussirait à tenir Leïla si elle s’énervait vraiment. Et pour autant qu’il puisse en juger, c’était en passe de se réaliser. Sa jument, sa jument était blessée par sa faute et on l’empêchait de la soigner… Il lança un regard assassin à Marion qui ne paraissait se soucier que de lui alors que c’était de la grande pie qu’il fallait s’occuper…
    Il se vit claquer la portière au nez. Plus moyen de sortir, le jeune homme savait très bien que tirer la poignée n’était maintenant plus dans ses capacités. Il tenta de contenir sa colère. Sa douleur refluait maintenant qu’il était concentré sur autre chose, ce n’était pas un mauvais point mais il avait encore affreusement mal… Après un temps indéterminé, la jeune fille revint et ouvrit la portière. Il voulut tenter un mouvement pour sortir, mais n’en eut même pas la possibilité. D’autorité, elle se mit à lui attacher quelque chose autour du bras. Il força son cerveau à se remettre en marche pour analyser ce qu’elle faisait. Un pansement de chiffons. Elle serrait fort, beaucoup trop fort ! Il fronça les sourcils, furieux, et voulut se dégager mais aucun de ses muscles n’obéit. Il n’aimait pas, mais alors pas du tout, ce que Marion était en train de faire. On aurait dit une gamine qui jouait au docteur sur ses peluches ; mais David n’était pas une poupée et se refusait à cette comparaison. Malheureusement en l’occurrence, son corps paralysé n’évoquait pas grand-chose d’autre qu’un pantin désarticulé auquel on pouvait faire subir tous les traitements…
    Elle souleva son tee-shirt. Il aurait préféré qu’elle ne voie pas cette blessure. La balle au bras était bien suffisante à son goût et cela ne faisait qu’augmenter l’impression de faiblesse qu’il lui donnait. Sans pouvoir rien faire, il sentit qu’elle l’entourait de chiffons et se demanda vaguement si ce n’étaient pas ceux-là justement qu’il avait utilisés la veille pour faire ses cuirs. Elle lui dit de serrer sa main et ce n’est qu’alors que le jeune homme réalisa que leurs paumes étaient en contact. Ah non, pas question. Il serait bien capable de supporter la douleur. Serrer de toutes ses forces ? Il lui lança un regard ironique qui n’était plus que l’ombre de ce qu’il avait été. S’il serrait de toutes ses forces il allait lui briser les phalanges et broyer sa main. Enfin, en admettant que ses muscles daignent exécuter ce qu’il désirait…
    Marion serra brusquement le bandage et la mâchoire de David se crispa brusquement. Ouaaaïïe. ‘tain, mais elle aurait pas pu lui foutre la paix ? Néanmoins sa fierté était bien trop grande pour le laisser émettre le moindre signe de douleur.
    La jeune fille le laissa et fit le tour de la voiture pour monter à côté de lui, au volant. David appuya sa tête contre la vitre éclaboussée de rouge et vit alors Leïla, à quelques mètres, qui menait en bateau les deux palefreniers. Elle jeta une ruade qui rassura légèrement le jeune homme mais ne suffit pas à faire passer sa rancœur contre Marion et Nusicaa qui l’avaient empêché d’aller soigner la jument.
    Le 4x4 démarra et le jeune homme plissa le front. Ce que ces cahots pouvaient être insupportables… C’était léger comme tout et en temps normal il ne les aurait pas même sentis, mais là, les vibrations de la voiture faisaient bouger son bras blessé, le rendant d’autant plus douloureux.
    Au bout d’un moment heureusement, le véhicule gagna une route goudronnée bien lisse et plus agréable. Peu à peu David s’habitua aux mouvements de la voiture et se laissa aller sur le siège. Paupières mi-closes, il s’efforça de se mettre au repos. Il était conscient que le moindre de ses mouvements augmentait la force du flot de sang qui s’écoulait de lui ; que son énervement accélérait les battements de son cœur qui courait ainsi à sa perte. Autant essayer de rester le plus longtemps possible en vie…
    Sa respiration ralentit et il sentit, une fois de plus, son esprit se détacher de son corps. Mais la douleur, toujours aussi tenace, l’empêchait de sombrer longtemps dans la bienheureuse inconscience à laquelle il aspirait. Il perdait conscience de son environnement mais pas sa souffrance ni de son cœur qui faiblissait en envoyant désespérément pulser les derniers litres de sang qui lui restaient…
    Quelques heures plus tard, le ronronnement du moteur se tut. David ouvrit les yeux, tentant de réunir ses idées, mais il n’y voyait pas clair. Des mains se posèrent sur lui, le tirèrent de la voiture. Il s’efforça de tenir sur ses jambes mais cela relevait de l’exploit. Sa fierté, toujours elle, l’empêchait de s’appuyer sur la personne qui l’aidait mais il n’avait pas la force de se la jouer indépendant, et fut donc obligé de prendre lourdement appui sur la jeune fille.
    Ils entrèrent dans une pièce climatisée et ce n’est qu’à ce moment-là que David s’aperçut à quel point la chaleur extérieure lui avait pesé. On le fit asseoir et il se laissa tomber sur la chaise métallique. Son corps sans substance se laissa aller et il appuya la tête sur le mur derrière lui, tachant la peinture blanche d’une traînée rouge.
    Une éternité sembla s’écouler ainsi. Le jeune homme ne savait plus sur quoi orienter son esprit affaibli pour essayer d’écarter l’insoutenable douleur qui lui paralysait la raison ; il se concentra alors sur le rythme de son cœur, mais ce n’était pas une si bonne idée car ce dernier manifestait de plus en plus de signes de faiblesse. Il n’y avait plus assez de sang dans le corps de David pour que le myocarde puisse fonctionner…
    Soudain, quatre mains solides le saisir aux épaules, d’autres récupérèrent ses jambes et il fut allongé sans grande douceur sur une surface qui se mit à bouger. Le jeune homme lutta avec lui-même pour ouvrir les yeux et tenter de comprendre ce qui se passait. Le plafond blanc parsemé de néons défilait à toute allure au-dessus de lui. Il fut conduit dans une salle bleutée et trop éclairée. On lui posa quelque chose sur le nez et la bouche, ranimant son souffle près de s’éteindre. Il sentait une agitation fébrile autour de lui, son bras valide fut manipulé, on y enfonça une seringue. Des mains plus douces bougèrent son bras blessé. Des voix conversaient autour de lui, il ne put saisir que quelques bribes de mots sans sens.
    « … beaucoup trop de sang… opérer… une balle ?! … grave hémorragie… arrêt cardiaque… »
    Les syllabes résonnaient, dansant une farandole endiablée dans sa tête proche d’exploser. Plus rien n’avait de signification désormais, il ne sentit pas l’injection anesthésiante qu’on lui fit, pas plus qu’il ne vit les têtes qui se penchaient au-dessus de ses yeux ouverts. La douleur s’estompait, peu à peu, et son esprit s’éloignait, doucement, s’enfonçant dans des limbes mystérieuses et si attirantes, si accueillantes…
    « On le perd ! »
    *
    * . . . *
    Dans une autre salle de l’hôpital, le Dr Levallois rencontrait la jeune femme qui avait accompagné son patient.
    « Vous êtes sa petite amie ? Écoutez, il est dans un état critique. Il a perdu beaucoup, beaucoup trop de sang et c’est vraiment étonnant qu’il ait tenu jusque là. Il va falloir lui faire une transfusion… Quant à son bras, la balle s’est enfoncée dans l’os et il va falloir la retirer, ce ne sera pas facile, il faudra opérer… Nous avons besoin de votre autorisation. Je vais être franc avec vous. Actuellement, ses chances de survie sont… Enfin, on ne peut pas vous garantir avec certitude qu’il tiendra le coup. »
    Le médecin, après cet exposé, observa les traits décomposés de la jeune femme et ses étonnants yeux à la teinte de… de miel, oui, c’était cela. Il tenta de se composer une expression compatissante, et y réussit plutôt bien car il lui était difficile de résister à la détresse qu’il voyait dans ces prunelles dorées.
    « Vous pourrez le voir dans quelques heures, après l’opération » promit-il, avec cependant cette implicite condition : s’il survit.

_________________
-- P.e.r.c.h.é . n.o.n . m.i . c.o.n.o.s.ci . . . --
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Nusicaa Wiltman (abs)
Admin & Apprentie
avatar

Féminin Nombre de messages : 791
Age : 25
Cheval Attribué : Flash
Métier : Apprentie Ethologue
Galops :
4 / 74 / 7

Date d'inscription : 11/05/2008

Feuille de personnage
Âge / Année: 19 ans / Apprentie éthologue
Cheval: Flash
Connaissances:

MessageSujet: Re: Aux retour des plaines... [Marion - David]   Dim 10 Aoû - 12:46

    Nusicaa, accrochée à la taille de son amie, se laissa guider. Ses gestes n’étaient guère différents de ceux d’un automate quand elle dût rentrer dans le 4x4 pour la deuxième fois de la matinée. Seulement, là, ça n’avait plus rien à voir avec ce qui s’était passé dans les plaines. La belle brune eut beau laisser échapper une nouvelle grimace, l’élancement fut bien moins violent. Elle laissa Marion attacher la ceinture et mobilisa toute ses forces pour lever sa jambe et l’étendre sur la banquette. Le véhicule en fut quitte pour une nouvelle trace sanglante, qui s’ajouta à celles qui le teintaient déjà. Nusicaa appuya sa tête trop douloureuse contre la vitre avec un soupir. Pour la première fois depuis que la journée avait tourné au drame, elle pouvait s’en remettre à quelqu’un et cesser de songer à ce qu’il fallait faire. Pourtant, elle ne voulut pas se laisser totalement aller et était encore complètement – du moins, autant que son état le lui permettait – lucide quand Marion revint, armée d’une brassée de torchons. Nusicaa attrapa celui qu’elle lui tendait, vaguement septique. Elle n’en avait pas tellement besoin. En tout cas, bien moins que David qui lui se vidait littéralement de son sang. Mais, trop épuisée pour protester, elle fit ce que lui expliqua la Britannique sans un mot. Lentement, elle passa le bout de tissu autour de sa jambe blessée, grimaçant déjà à l’idée de serrer ce garrot improvisé autour. Elle s’assura que le tout était bien placé puis, avec un soupir, elle serra, se labourant les lèvres pour ne pas hurler. Ce regain de douleur lui procura un énième vertige, qu’elle fit passer en ferma les yeux et enfonçant sa main dans le cuir du fauteuil. Vaguement, elle entendit Marion s’adresser à David, mais elle ne put vraiment saisir le sens de ses paroles. Quand elle entrouvrit ses paupières, le chiffon s’était déjà imbibé de sang. Nusicaa détourna la tête : elle en avait bien trop vu pour aujourd’hui.

    Elle rassura Marion d’un signe de tête puis la regarda s’installer au volant, place qu’elle-même occupait quelques minutes plus tôt. La douleur continue de sa jambe lui rappela soudain son violent freinage pour éviter un arbre. Elle imagina un instant ce qui aurait pu se passer si elle n’avait pas réagi ce qui, au vu de son état, aurait très bien pu arriver. Personne ne se serait inquiéter de leur absence avant le lendemain et, quand on les aurait retrouvés… Elle fut parcourue d’un frisson et éloigna ces penses morbides de sa tête. Elle, n’était pas à l’article de la mort. Malgré la douleur et les vertiges qui lui donnaient une toute autre impression, elle s’en sortirait avec quelques semaines de béquille et un nouveau médicament pour migraines. Mais David lui… La boule qui, ce qui lui semblait des heures plus tôt, lui nouait le ventre refit son apparition. Bon sang, mais pourquoi n’était-elle pas allée directement aux urgences ?! Certes, Marion était d’une aide précieuse et Nusicaa était bien mieux à l’arrière qu’au volant, mais les minutes qui étaient perdues ainsi étaient autant de litres de sang qui s’échappaient des blessures du jeune homme. Or, à ce stade, ça pouvait aller loin… La belle brune essaye de se convaincre qu’elle avait bien fait, en vain. Comme pour le chasseur, elle ne parvenait pas à se défaire d’un doute énorme. Un nouveau frisson l’agita alors que la voiture démarrait. Elle jeta un coup d’œil devant elle. Installée comme elle l’était, elle pouvait voir la portière côté passager et la tête de David appuyée contre la vitre devenue rouge. Vitres qui, heureusement, étaient teintées, remarqua-t-elle en voyant quelques élèves observer curieusement l’imposant 4x4. A quoi pouvaient-ils bien songer, Nusicaa l’ignorait mais elle les espérait loin de la vérité.

    Le véhicule s’arrêta. La belle entendit plus qu’elle ne vit les portes du Domaine s’ouvrir avant que le moteur ne reparte. Elle n’eut pas même l’idée de se demander pourquoi elles étaient closes alors qu’elle avait put rentrer sans problèmes quelques minutes plus tôt, ce détail n’étant en rien important. Or, elle en était à un point où, dans sa tête migraineuse, elle ne traitait que les choses importantes. Doucement, elle ferma les yeux. Malgré toutes ses résolutions, elle ne pouvait résister à l’appel de l’inconscience, délicieuse porte de sortie et barrage au flot de douleur qui la traversait sans jamais s’arrêter. Elle pourrait sûrement sortir de cet état en tant voulu, quand il faudrait sortir de la voiture par exemple… La jeune femme céda sans trop de résistance à ce que lui imposait son corps. Elle se sentit partir vers de plus confortables horizons quand une voix surgie de nulle part résonna désagréablement dans sa tête. Vivement, elle rouvrit les yeux. La tête lui tourna, ce qui ne l’empêcha pas de fusiller le poste radio du regard. Elle haïssait cet engin… Puis soudain, les voix nasillarde firent place à une musique, un brin plus agréable. Nusicaa connaissait ce morceau, mais son cerveau était incapable de le reconnaître. Il n’en fallut pas moins pour achever de la sortir de son pseudo-sommeil. Elle détestait se retrouver dans cet état. La fière jeune femme releva la tête et son esprit dans le coton s’accrocha à l’insignifiant détail qu’était le nom de a chanson qui passait et de l’artiste. Cette réflexion n’aboutit à rien, sinon que la musique fini par s’éteindre brusquement. La voix de Marion, inintelligible, s’éleva puis de nouveau, le silence qui avait régné pendant une grande partie du voyage s’installa dans l’habitacle. Nusicaa tenta de renvoyer à son amie le sourire qu’elle venait de lui adresser, mais ses lèvres abîmées ne parvinrent qu’a former une grimace. Résignée, elle abandonna tout effort et ferma de nouveau les yeux. Les urgences étaient-elles aussi loin que ça ou était-ce parce que la douleur devenait de plus en plus insoutenables que la jeune femme avait l’impression que le 4x4 roulait depuis des heures ? En tout cas, elle sentit que le véhicule prenait de la vitesse, lui rappelant l’allure démesurée qu’elle avait prise sur cette même route, un moment plus tôt. Un temps indéfinissable se passa avant que le décor ne change et qu’ils ne rentrent dans la ville. Les virages, désagréables, étaient beaucoup plus fréquents. Au bout d’un moment, un klaxon s’éleva, se répercutant à l’infini dans la tête de la belle métisse. Une fois de plus, elle ne chercha pas à comprendre et se contenta de compter les minutes. Elle était bien plus inquiète pour David que pour elle-même, et quand la voiture stoppa enfin, elle lui jeta un coup d’œil alarmé.

    Sa portière s’ouvrit. Nusicaa fut prise d’un élancement qui venait autant de sa jambe que de sa tête quand elle voulu se relever pour s’accrocher à la taille de Marion. Elle dut s’y reprendre à deux fois pour se tenir plus ou moins debout correctement. Enfin, elle accompagna son amie jusqu’au côté de David et fit ce qu’elle put pour l’aider à le soulever. Malheureusement, elle ne put être d’une grande aide, une fois encore. Marion parla puis des gens crièrent des mots qui se mélangeaient dans la tête de la jeune femme. Comme un automate, elle suivit le mouvement de la Britannique. Le trio finit par déboucher dans une salle délicieusement fraîche. Nusicaa s’effondra plus qu’elle ne s’assit sur l’une des chaises alignées contre le mur. Devant ses yeux mi-clos, la silhouette de Marion faisait les cent pas. Prise d’un vertige, la blessée ferma les yeux. Et elle ne les rouvrit que quand elle se sentit quitter la chaise, ce qui lui sembla une éternité plus tard. Au dessus d’elle, quatre personnes. Elle adressa un dernier regard reconnaissant mais terriblement hagard à son amie avant de se laisser emporter par les brancardiers. Commença alors un périple dans les couloirs de l’hôpital. Nusicaa entendait des voix autour d’elle mais elle n’en saisissait pas les mots. Avec un effort, elle mobilisa ce qui lui restait de lucidité pour comprendre ce qui se disait. Quand elle y parvint, le brancard pénétra dans une salle à la luminosité étrange. On la déposa délicatement sur une table puis commença un ballet d’allées et venues d’hommes et de femmes en blouse blanche. Au bout d’une ou deux minutes qui semblèrent particulièrement longue à Nusicaa, on s’adressa à elle. Avec un effort pour surmonter la migraine, elle s’efforça de donner un sens aux phrases qu’on prononçait.

    « Alors, qu’est-ce qu’il t’est arrivé ? »

    Question qui arracha un rictus à la belle métisse. La réponse qui s’imposait était bien trop longue et compliquée à formuler. Au dessus d’elle, le plafond tournait. Avec un geste vague en direction de sa jambe, elle parvint à articuler :

    « Une balle… »

    Sa tête retomba lourdement sur la table d’examen. Les médecins avaient-ils vraiment besoin d’en savoir plus ? Quelqu’un toucha le torchon enroulé autour de sa jambe. Nusicaa se raidit. Mal, mal, mal… Elle tourna la tête vers les stores de la salle qu’une femme était en train de fermer. Derrière la vitre, deux policiers passèrent nonchalamment, se dirigeant visiblement vers la sortie. La jeune femme aperçu l’arme qui pendait à leur ceinture. Soudain assaillie des images de ce qui s’était passé dans les plaines, elle fut prise d’un violent élancement dans la tête. Au même instant, quelqu’un toucha sa jambe. Raide, Nusicaa se laissa glisser vers de sombres, mais indolores, abysses.

    ***


    Dans couloir de l’hôpital, une femme en blouse marchait rapidement. Au moment ou elle s’arrêta devant une des nombreuses portes, celle-ci s’ouvrit laissant passer un autre médecin. Le Dr. Perez s’adressa à son collègue qui avait pris en charge le jeune homme qui était arrivé avec sa patiente. Ils discutèrent un instant, échangeant des informations sur leurs patients, mais ni l'un ni l'autre ne savait réellement ce qui c'était passé. Puis Dr. Levallois prit congé de sa collègue. Cette dernière entra dans la pièce qu’il venait de quitter puis adressa un sourire rassurant à la jeune femme qui s’y trouvait. Posément, elle lui expliqua que sa patiente, une certaine Nusicaa, n’était pas en danger.

    « Par contre, la balle qu’elle a pris à cassé l’os puis s’est enfoncée dans le muscle. Une opération difficile est nécessaire et il faut que vous signiez ces papiers. Mais je vous répète qu’elle n’est pas en danger. Vous pourrez sûrement lui parler d’ici quelques heures. »

    ***


    La brume noire dans laquelle flottait Nusicaa se dissipa soudain pour faire place à une violente douleur. Elle ouvrit les yeux. La mâchoire de la belle se crispa tandis qu’une machine à côté d’elle émettait des bips stridents donc la cadence et le volume s’intensifièrent. Autour de la jeune femme, des hommes et des femmes habillés de bleu, portant masque sur le visage et sur les cheveux. Sa jambe lui faisait atrocement mal et elle voulu esquisser un mouvement. A ce moment-là, un chirurgien placé au niveau de la blessure releva la tête, visiblement surpris. Toute l’équipe tourna la tête vers la jeune métisse, dans un même mouvement ahuri. L’opération avait commencé, elle était censée dormir jusqu'à la fin. Tandis qu’elle s’agitait, des voix se mirent à fuser dans tous les sens. Au bout d’un moment qui lui parût invraisemblablement long, elle sombra de nouveau.

    ***


    Une nouvelle fois, Nusicaa émergea des limbes sombres dans lesquelles elle s’était perdue. Elle ouvrit doucement les yeux. Tout était blanc autour d’elle. Une clarté aveuglante qui la força à cligner des yeux. Quand enfin la lumière la laissa tranquille, elle promena un regard vide sur la pièce dans laquelle elle se situait. Elle jeta un œil sur l’une de ses mains, visiblement reliée à quelque chose. Il lui fallut quelques secondes de plus pour réaliser qu’elle était installée dans une salle de réveil, et donc par déduction dans un hôpital. Un hôpital…

    *Mais qu’est-ce que j’fou là ?*

    Tout son corps était engourdi, si bien qu’elle dut fournir un gros effort pour relever la tête et se redresser sur son oreiller. Son esprit refusait de lui renvoyer les souvenirs qu’elle demandait, comme si elle sortait d’un mauvais rêve. Au reste, elle avait le sentiment que ce qui l’avait amenée ici tenait effectivement du cauchemar. Une nouvelle fois, elle cligna des yeux. Dans un coin de la pièce, une infirmière, visiblement assez occupée, lui tournait le dos. Nusicaa voulut bouger, mais le mouvement qu’elle esquissa lui provoqua un élancement dans la jambe droite. Elle grimaça et posa les yeux sur la bosse que formait sa jambe sur le drap. C’est là qu’elle comprit. Un flot d’images se déversa soudain dans sa tête. Les plaines, David, les juments, les chasseurs, les détonations. La douleur, surtout la douleur. Puis enfin un gros 4x4, Marion, l’hôpital, les chirurgiens… Elle fut prise d’un vertige. Tout ça était donc réellement arrivé ? Elle secoua la tête, prise d’une angoisse inexplicable. Son cœur s’accéléra, affectant le rythme régulier d’une machine au dessus d’elle. L’infirmière se retourna.

    *Calmes-toi !*

    Se réprimanda la jeune femme. Elle respira un grand coup tandis que l’infirmière, d’un certain âge, s’approchait d’elle. Enfin, les bips stridents reprirent leur cadence normale. La dame âgée s’arrêta prés d’elle, un sourire rassurant sur les lèvres. Nusicaa fit la moue. Ce qui se passait lui rappelait désagréablement son vieil accident de gym, des années plus tôt.

    « Ca va ? »

    La belle hocha la tête, peu convaincue. Elle avait mal à la jambe. Bien sûr, ça n’avait rien de comparable avec avant, mais c’était suffisant pour la faire grimacer. Quelques minutes plus tard, une autre femme fit son apparition. Nusicaa déchiffra la petite plaquette accrochée à sa blouse. « Dr. A. Perez ». Cette dernière jeta un coup d’œil expert à la machine dont les bips réguliers commençaient à taper sur les nerfs de sa patiente puis sur sa patiente. L’expression de celle-ci dut la dissuader de donner pour le moment les explications nécessaires et de poser les questions sur ce qui s’était passé car elle se contenta de lui annoncer qu’on allait la transporter dans une autre chambre. La belle métisse acquiesça, mais elle était préoccupée par autre chose. Tandis que le lit à roulette se déplaçait, elle jeta un regard à la pièce. Elle y était la seule patiente, ce qui l’alarma légèrement. Qu’en était-il de David ? Ses souvenirs lui renvoyaient une image de lui en piteux état… En très mauvais état. Elle aurait voulu interroger le médecin, mais celle-ci s’était éclipsée, devançant sa patiente dans la chambre. Nusicaa laissa sa tête retomber sans mots dire. Au bout d’une ou deux minutes de trajet à travers l’hôpital, on la fit rentrer dans une chambre. Nusicaa y jeta un coup d’œil circulaire. Visiblement faite pour deux lits, elle était meublée par quelques sièges. La belle métisse posa alors son regard sur les deux personnes déjà présentes. Le Dr. Perez était entrain de parler à la jeune femme qui accompagnait sa patiente lors de son admission aux urgences.

    « … S’est réveillée pendant l’opération. La balle était en fait une cartouche de fusil de chasse qui contenait du plomb mais, normalement, tout a été retiré. Nous surveillerons cela dans les heures qui viennent. Tout va bien maintenant, vous pouvez lui parler. Je reviendrais dans une petite heure. »

    Sur ces mots, le docteur adressa un sourire aux deux jeunes femmes puis sortit de la chambre, accompagnée des infirmières. Quand la porte fut refermée, Nusicaa jeta un œil noir sur les perfusions et les machines auxquelles elle était reliée puis lançait une petite moue à Marion. Elle ne laissa pas parler cette dernière mais souffla :

    « David ? »


    [Ouf... Shocked J'ai eu une vague d'inspiration ^^ ]

_________________
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://la-rose-noire.naturalforum.net/dossiers-valides-f45/nusic
Marion Duval
Admin & Ethologue
avatar

Féminin Nombre de messages : 1312
Age : 24
Cheval Attribué : Olympe & Just Another
Métier : Ethologue
Animal de compagnie : C'Kiss Cool
Galops :
7 / 77 / 7

Date d'inscription : 11/05/2008

Feuille de personnage
Âge / Année: 20 ans
Cheval: Olympe & Just Another
Connaissances:

MessageSujet: Re: Aux retour des plaines... [Marion - David]   Dim 10 Aoû - 18:08

    Marion attendit encore un instant, le temps que les infirmiers qui devaient s’occuper des deux jeunes arrivent. Et là, huit personnes en bouses bleues ou blanches se présentèrent à l’accueil. La secrétaire leur expliqua vaguement que les deux jeunes étaient gravement blessés. La jolie brune, quand à elle, retenait un hurlement de rage. Allaient-ils, oui ou non, un jour, se dépêcher de les prendre en charge ? Elle s’appuya lourdement au bureau, se forçant à respirer correctement. Il fallait, non, ils devaient s’en occuper en toute urgence. Deux hommes et deux femmes se dirigèrent vers David, le plus gravement atteint des deux. Ils l’installèrent sur un brancard et l’emmenèrent en toute urgence dans le couloir, poussant quelques personnes au passage. Marion le suivit du regard. Son cœur de mit à battre de chamade, elle avait peur… Son état s’aggravait. Sa peau était semblable à la sienne, alors qu’il était sensé être très métissé. La belle détourna les yeux de son corps inconscient. S’en était trop pour qu’elle puisse supporter cette vue. De l’autre côté, Nusicaa partait avec quatre infirmières en blouses blanches. Bien sûr, elle n’avait pas le droit de les suivre, pas même Nusicaa. Si elle n’avait pas eu dix-huit ans, elle aurait pu rester à ses côtés. De toute façon, même si elle en avait eu les droits, la britannique se serait épargné le diagnostique en direct. Enfin sûre que ses deux amis seraient bien encadrés, elle s’effondra sur au siège de la salle d’attente. Elle posa sa tête contre le mur, s’entoura de ses bras et ferma les yeux. Malheureusement, au lieu de dormir, ce qui lui aurait fait un bien fou, Marion pensa. Oui, elle revoyait sans cesse l’image de David et sa silhouette comparable à un cadavre, sans oublier la jambe blessée de son amie… Une boule se forma dans sa gorge, elle déglutit. Et peu à peu, les urgences se vidèrent de leur monde. Elle était la seule à être assise dans la pièce climatisée, qui, d’ailleurs l’était beaucoup trop. Elle frissonnait. Peu commun pour un moi d’août. Ses grands yeux s’ouvrirent soudain. Elle ne supportait plus de les voir dans cet état. Avec un peu de chance, elle aurait le droit de les voir dans peu de temps, et cela chasserait ce dernier regard… Mais pour cela, il faudrait vraiment de la chance… Et plus les minutes passaient, plus son espoir devenait minuscule. Ses prunelles topaze balayèrent la pièce, puis se fixèrent sur l’un des couloirs, espérant que quelqu’un viendrait la rassurer. Rien, ils devaient être beaucoup trop occupés avec leurs patients. Elle repoussa une mèche noire de son regard, quand une silhouette apparut dans son couloir… Ses yeux couleur du miel fondu le dévisagèrent alors. Il était grand, très grand. Son visage pâle était encadré par une tignasse d’un blond vénitien et il avait deux yeux noisette. La jeune femme se leva lorsqu’elle comprit qu’il venait vers elle. L’homme lui tendit la main, affichant une moue sereine. En revanche, rien dans son regard ne montrait qu’il était vraiment confiant. Il se présenta comme étant le docteur Levallois. Marion acquiesça d’un signe de la tête et se prépara à écouter ce qu’il allait lui annoncer. Sa voix grave rendit ses paroles encore plus troublantes. Il aurait besoin d’une transfusion et d’une opération pour retirer la balle dans son bras. Même l’expression ‘petite amie’ ne la dérangea pas après cette affreuse nouvelle. Jusqu’à présent, elle avait été forte et n’avait montré aucune faiblesse sur ses traits. Mais là, c’était trop, beaucoup trop. L’Anglaise afficha une moue désespérée sur son visage de lait. Ses grands yeux dorés se brouillèrent. Elle se força à détourner ses prunelles de celles du médecin.

    « Nous avons besoin de votre autorisation. »


    Répéta-t-il pour être sûr que Marion n’avait pas oublié. La jeune femme réfléchit. Elle n’était pas proche de lui, bien au contraire, et il fallait qu’elle prenne une décision. Si elle refusait, il mourrait, si elle acceptait, il pourrait éventuellement survivre. Le perdre aurait été trop difficile, parce que, malgré tout, les six ans passé avec lui n’étaient pas si terribles que ça. Et si jamais elle devait retourner à l’internat avec sa mort sur la conscience, elle serait détruite. Elle soupira puis prit le stylo que lui tendait l’homme. Sa main tremblait. Elle ne pourrait pas signer. Mais pourtant si, elle devait. C’est pour lui, se força-t-elle, fais-le. La jeune femme se ressaisit et signa. Mais cette fois elle n’arriva pas à se contrôler. Une larme coula le long de sa joue. David et Nusicaa… Nusicaa et David… Lui et elle… Elle et lui… Trop de choses la tourmentaient en même temps, elle n’arrivait plus à lutter. Elle baissa la tête, laissant ses longues mèches noires se rependre sur son visage aux traits décomposés. Une main tiède se posa ensuite sur son épaule. Le médecin était toujours là, et il tentait de la rassurer. Mais à quoi bon ? Il n’était même pas sûr de sa survie. Marion soupira. Elle aurait donné n’importe quoi pour avoir l’un des sien avec elle, sur qui elle aurait pu se reposer. Mais hélas, elle était seule. Le médecin s’en alla en proposant à Marion d’aller chercher une boisson à la cafétéria de l’hôpital. Il lui offrait. La pitié l’agaçait, mais un café lui donnerait l’occasion de se reprendre un peu en main. Courage, lui souffla sa conscience sur le chemin de la cafétéria. Alors qu’elle s’apprêtait à prendre l’escalier, une femme l’interpela. Marion se retourna en essuyant une nouvelle larme qui perlait sur sa joue droite. La femme s’avança. Elle était médecin, à en juger par son badge qu’elle portait sur sa blouse bleue. Cette fois ce fut une bonne nouvelle, fort heureusement. Nusicaa allait bien, mais elle aurait tout de même besoin d’une intervention chirurgicale pour remettre l’os à sa place. Et encore une fois, elle devait signer la paperasse. La belle n’hésita pas. Elle avait entre ses mains la vie de son amie. Elle signa et reprit le chemin de la cafétéria. Elle prit un café serré et s’installa sur une chaise à côté des vitres. Le ciel s’était volé sans qu’elle ne s’en rende compte. Un regard à sa montre lui annonça qu’il était déjà midi. Elle ne pourrait pas voir ses deux amis avant un bon bout de temps, et il était hors de question qu’elle quitte leur chevet. Heureusement qu’elle avait prit son téléphone portable, comme ça, un ami pourrait venir la voir et lui apporter de quoi manger. De toute façon, pour le moment, elle n’avait pas faim.

    Dans l’après midi, Lucas, un ami de Marion, se présenta à l’accueil. La jeune femme avait été guidée dans une salle d’attente plus confortable et plus calme en attendant d’avoir des nouvelles. Le jeune homme, brun aux yeux grisâtres, entra dans cette pièce, s’attendant à voir Marion éveillée. Mais non, la belle s’était assoupie. Elle était épuisée, et toute cette inquiétude l’avait achevée. Lorsque la jolie brune ouvrit les yeux, elle était blottie contre son ami, ce dernier ayant passé un bras réconfortant autour de ses épaules. La belle ne bougea pas, mais son ami remarqua qu’elle était éveillée. Il l’embrassa sur le front. Marion le remercia d’être venu, mais elle n’en ajouta pas plus, à défaut de trouver ses mots. Il avait apporté, avec lui, un sac qui contenait quelques bricoles à manger, pour tenir jusqu’au soir. Il avait même glissé une lettre écrite par sa tante au cas où elle n’ait pas l’idée de la joindre. Mais vers six heures du soir, il dût s’en aller. Marion lut les quelques phrases inscrites sur le papier froissé. La lettre avait été écrite très rapidement. Elle disait que les deux chevaux se portaient à merveille, même si la pie (en l’occurrence Leïla) avait blessé brièvement un palefrenier qui tentait de la maîtriser. C’était déjà ça de gagné. Si David survivait (et se mot arracha une moue fébrile à la jeune femme), sa première inquiétude serait de savoir si la jument allait bien, et elle le comprendrait. Elle chiffonna le morceau de papier quand elle lut que sa tante espérait que tout allait bien. Elle l’avait espéré toute la journée, mais elle n’avait toujours aucune nouvelle. Un gargouillement provenant de son estomac l’arracha de ses pensées. Elle prit une barre de céréales et l’avala en deux temps et trois mouvements. Les heures passaient sans nouvelles. Cela devenait frustrant. La nuit tombait sur la ville, et la jeune femme ne savait toujours pas où elle pourrait se reposer. Alors qu’elle revenait vers l’accueil pour s’informer, la femme la croisa. Un sourire sur ses lèvres rassura immédiatement Marion. Celle-ci lui annonça que tout allait bien. Elle passa une main dans le dos de la jeune femme et la conduit dans une chambre à deux lits, vide. Le médecin lui expliqua que tout allait pour le mieux mais qu’elle s’était réveillée pendant l’intervention. Elle serait seulement gardée en observation. Peu de temps après, un lit roulant déposa Nusicaa sur l’une des couches de la pièce. Marion s’avança, posa une main délicate et glaciale sur celle de son amie. Elle ouvrit la bouche, mais elle la coupa en prononçant son nom. La jeune femme inspira puis expira profondément. Elle haussa les épaules. Elle ne savait pas comment il se portait, et elle préférait ne pas y penser tant qu’elle serait avec Nusicaa. Alors qu’elle s’apprêtait à la questionner, la porte s’ouvrit. La jeune femme se retournant en sursaut, se retrouvant nez à nez avec le séduisant médecin. En voyant Marion, il sourit. Cette dernière se demanda pourquoi il était aussi gentil et remit en question le fait qu’il eut pitié de sa petite personne. Elle essaya de lui rendre son sourire mais elle n’y parvint pas. L’homme s’adressa alors aux deux femmes à la fois, même s’il n’avait d’yeux que pour la britannique aux prunelles d’or.

    « Il va bien, mais nous avons cru le perdre plus d’une fois. En revanche il est mort de fatigue, il va falloir attendre avant de le voir.
    -Merci »


    Réussit à prononcer Marion qui, à présent, était légère comme une plume. Son cœur battait plus fort, et son espoir était revenu. Tous les deux étaient vivants, et ça, elle en était sûre à présent. Le médecin ajouta qu’elle pouvait se reposer dans la chambre, dans le fauteuil, et que les infirmières lui apporteraient une couverture. Elle le remercia d’un signe de la tête avant de se retourner vers Nusicaa. Elle avait entendu aussi, et toutes les questions qu’elle devait s’être posées avaient enfin eu une réponse. La jeune femme s’installa sur le siège à côté de Nusicaa. Ses prunelles miel avaient reprit de leur éclat. Elle caressa sa main métissée.

    « Raconte moi tout, on va s’occuper des imbéciles qui vous ont fait ça. Il me faut des détails, Nusicaa, la police doit tout savoir. »

_________________

    « What will be the name of your children ? You can't hide forever. I can't see you. In the wheatfields. I have lost my sence of humour. Show me where you are. The grass is too tall. I can't even talk. The is no place. Down here. Small enough. For you to stay. I come back home and try to see. The hints you left for me. Never found the ring. Will you ever marry me ? »[/list]
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://la-rose-noire.naturalforum.net
David Moss [ABS&HS U_
Admin
avatar

Nombre de messages : 913
Cheval Attribué : Asha Leïla
Métier : Juge
Galops :
7 / 77 / 7

Date d'inscription : 12/05/2008

Feuille de personnage
Âge / Année: 19 ans
Cheval: Asha Leïla
Connaissances:

MessageSujet: Re: Aux retour des plaines... [Marion - David]   Mar 26 Aoû - 1:55

[ Je passe mon tour, rien a dire qui puisse faire avancer les choses Wink ]

_________________
-- P.e.r.c.h.é . n.o.n . m.i . c.o.n.o.s.ci . . . --
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Nusicaa Wiltman (abs)
Admin & Apprentie
avatar

Féminin Nombre de messages : 791
Age : 25
Cheval Attribué : Flash
Métier : Apprentie Ethologue
Galops :
4 / 74 / 7

Date d'inscription : 11/05/2008

Feuille de personnage
Âge / Année: 19 ans / Apprentie éthologue
Cheval: Flash
Connaissances:

MessageSujet: Re: Aux retour des plaines... [Marion - David]   Mer 27 Aoû - 0:04

    Nusicaa fixait Marion, et l’angoisse qu’elle pouvait lire dans ses yeux topaze ne faisait que renforcer sa propre inquiétude. Quand elle haussa les épaules, la Britannique put sentir sous sa main fraîche le poing de son amie se crisper. La belle inspira difficilement, la gorge nouée. Pourquoi, mais pourquoi bon sang n’avait-elle pas conduit directement jusqu’aux urgences ?! Elle repensa un instant au trajet. Bouleversée comme elle l’était, l’idée de se rendre à l’hôpital ne l’avait pas effleurée une seule fois. Pas plus que celle de réfléchir au chemin à emprunter au lieu de tourner en rond et de perdre un temps si fatalement précieux. Et t’as même pas été foutue de t’appliquer un tant soit peu sur la conduite ! Dans sa tête, s’échafaudaient les pires scénarios tandis que, au fond d’elle, une petite voix lui sifflait : « Un meurtre sur la conscience ne te suffisait pas ?! » Nusicaa fut prise d’un frisson et, vivement, détourna la tête du visage de Marion. Son regard limpide lui faisait mal. Un court silence s’installa alors, malgré les bips incessants des machines, avant que la porte ne s’ouvre. La tête toujours tournée, la blessée devina la présence d’un médecin et son poing se serra un peu plus.

    « Il va bien, mais nous avons cru le perdre plus d’une fois. En revanche il est mort de fatigue, il va falloir attendre avant de le voir. »

    Nusicaa lâcha un imperceptible soupir. Son regard se perdit dans la contemplation de la fenêtre qui s’ouvrait sur le crépuscule. Elle se sentait soudain légère, comme délestée d’un énorme poids. Elle inspira profondément. David était en vie. De justesse, comme l’avait fait remarqué le docteur, mais en vie. Un faible sourire effleura les lèvres de la jeune femme tandis que son poing se décrispait doucement. Le médecin ajouta quelques mots à l’intention de son amie puis ressortit de la chambre. Nusicaa se sentait beaucoup mieux, maintenant, mais quelque chose lui soufflait que c’était loin d’être terminé. En entendant la Britannique s’installer sur le siège à côté de son lit, elle pressentit la discussion qui allait suivre. Marion allait vouloir savoir ce qui s’était passé, et c’était totalement normal. Seulement, son amie devait être loin, très loin de ce qui était arrivé, ou du moins, dans la partie finale. Nusicaa sentit la boule au creux de son ventre se serrer plus encore qu’elle ne l’était déjà. Dans sa tête, pourtant nettement moins douloureuse qu’en début de matinée, dansaient toujours les mêmes mots. Tu as tué un homme. Une nouvelle fois, elle déglutit difficilement. A peine une seconde plus tard, ses craintes se confirmèrent quand Marion prit la parole, sa main posée sur celle de la belle métisse, celle qui était ornée d’un tatouage au henné.

    « Raconte moi tout, on va s’occuper des imbéciles qui vous ont fait ça. Il me faut des détails, Nusicaa, la police doit tout savoir. »

    Nusicaa se raidit, visiblement, tandis que ses yeux se perdaient encore plus profondément dans la nuit tombante, fuyant toujours le regard de Marion. Sa main libre se serra autour de quelque chose – elle ignorait quoi – posé sur la tablette près de son lit. Elle s’attendait aux mots que son amie venait de prononcer, elle s’y était préparée. Oui, sauf un. « Police ». Nusicaa laissa sa gorge se nouer, encore. « On va s’occuper des imbéciles qui vous ont fait ça. Il me faut des détails, Nusicaa, la police doit tout savoir. » Si elle savait… La jeune métisse sentit la panique l’envahir. Techniquement, il était maintenant impossible de s’occuper des « imbéciles » qui leur avaient tiré dessus. Sauf si on considérait qu’aller ramasser un blessé et un… cadavre puisse rentrer dans le terme « s’occuper ». Seulement, il était toujours possible de s’interroger sur le pourquoi de leur état, et c’est là que Nusicaa se retrouvait impliquée… Et également ce qui intéresserait la police. Le sang de la jeune femme lui battait les tempes, tandis que le silence, hormis le bruit du monitoring, s’était installé dans la chambre. Elle n’osait tourner la tête vers Marion, sentant la culpabilité et la honte la ronger. Elle songea à ce que devait penser son amie, devant ce silence. Sûrement que se faire tirer dessus et que de voir une autre personne subir un sort pire encore était une expérience trop traumatisante pour en parler normalement. Ou quelque chose de ce genre. En tout cas, il était impossible qu’elle ait la moindre idée de ce qui retenait vraiment les mots de Nusicaa. Du moins, celle-ci l’espérait… Elle sentit la panique augmenter, refusant toujours obstinément de croiser le regard de son amie. Quelques secondes s’écoulèrent encore sans que rien ne se dise avant que cette dernière n’élève de nouveau la voix pour l’encourager à parler. Nusicaa inspira difficilement. Elle devait lui dire. De toute façon, elle n’avait pas d’autre choix. Elle avait fait quelque chose, maintenant il fallait l’assumer. Elle sentit les larmes monter dans ses yeux. Pour la deuxième fois de la journée, elle se sentait vulnérable. Trop vulnérable. Un regain de fierté la rappela à l’ordre. Elle avait toujours pris la responsabilité de ses actes et il n’y avait aucune raison que cela chance aujourd’hui. Mais c’est un meurtre que t’as fait cette fois. Un meurtre bordel ! Elle se mordilla la lèvre. Une boule lui obstruait la gorge et sa main se serra un peu plus autour de l’objet qu’elle avait en main. Elle respira un grand coup puis tourna la tête. Son regard brun brillant des larmes qu’elle avait du mal à retenir se plongea dans celui de Marion. Assume.

    « C’matin, je suis sortie tôt avec Flash. J’avais mal à la tête mais j’avais décidé qu’aujourd’hui ce serait balade. On est partie un peu au hasard puis on a fini par débarquer dans les plaines. J’avais absolument pas retenu le chemin et je m’en foutais totalement. On a piqué un grand galop puis on s’est retrouvée je ne sais où, quelque part pas très loin de la forêt. J’ai retrouvé David par hasard. On s’est pas reconnus au début mais on s’était déjà vu à… l’IDCD. »

    Sa voix trahissait sa détresse mais, jusque là, ça allait encore. Nusicaa hésita, puis renonça à lui parler de ce qui s’était passé la première fois, dans la forêt de l’Internet des Cœurs Dorés. Cela n’avait eu aucune conséquence sur ce qui s’était passé dans la matinée, sinon une tension extrême et sa migraine. Et seuls David et elle connaissaient l’origine de ses maux de tête. Elle inspira. Le regard intense de Marion ne trahissait pour le moment que de la compassion. Pour le moment… Evitant de penser à la suite, Nusicaa reprit :

    « On a marché un peu en discutant puis on a entendu un hennissement, ce souvenir lui arracha un frisson. Leila et Flash se sont agitées puis, juste après, deux chevaux sont sortis d’un bosquet d’arbre pas loin de nous. Un blanc, un camarguais j’suppose. Et un… un étalon noir. »

    Le même qu’a l’IDCD, pensa la jeune femme sans pour autant le préciser. Elle se doutait que Marion avait eu vent des rumeurs qui couraient sur celui que les élèves appelaient « Black Unknow » mais elle ignorait si elle pensait, comme eux, qu’il ne s’agissait là que de commérages. Le fantôme de l’IDCD, comme elle l’avait entendu être appelé deux ans plus tôt était devenu le fantôme de la Rose Noire, aussi farfelu que cela puisse paraître.

    « Le blanc est passé sans s’occuper de nous. Mais Flash a hennit et l’autre s’est arrêté devant moi. Ils ont commencé à se battre et j’me suis laissé tomber par terre. Ca a commencé à être le bordel entre les trois chevaux jusqu'à ce que deux types débarquent. Des chasseurs. On a pas vraiment eu le temps de réfléchir à c’qu’ils foutaient là parque y’en a un qui a tiré un coup avec son fusil. Flash et le noir se sont tiré, mais Leïla… Elle est devenue complètement folle et elle s’est mise à galoper vers le type qui avait tiré sans vraiment faire gaffe. L’autre à eut peur, à fait partir un deuxième coup, elle inspira profondément, dans le bras de David. »

    A ce moment, elle sentit la main de Marion se serrer sur la sienne. La jeune femme avait de plus en plus de mal à raconter, sachant qu’elle se rapprochait de la mort du deuxième chasseur. Elle laissa filer un silence, histoire de calmer la vague de panique qui s’insinuait en elle. Son amie l’encouragea une deuxième fois, le regard toujours posé sur elle. Après une nouvelle inspiration, Nusicaa continua :

    « Leïla est devenue encore plus enragée et à accéléré. Le type à eu le temps de tirer dans le vide une troisième fois avant de se faire littéralement piétiné. Moi, j’étais toujours par terre et j’ai vu son fusil voltiger pas loin de moi. J’me suis dit que… que c’était toujours mieux d’avoir une arme dans son camp et ch’suis allée la ramasser. Le chasseur encore debout faisait pas attention à moi mais il a tiré encore une fois, sur David. Il est tombé de cheval puis le mec à blessé Leïla qui s’est enfuie et s’est mis devant David. »

    Son débit s’était accéléré, tout comme les battements de son cœur. Elle tenta de les calmer avant que la machine ne s’affole mais sentit la boule dans son ventre se serrer une nouvelle fois, ainsi que sa main autour de ce qui restait toujours un objet non identifié. Elle se mordit la lèvre, en faisant jaillir une goutte de sang. Elle passa son doigt dessus, évitant de regarde la tâche vermeille. La gorge nouée, les yeux toujours plongés dans ceux de son amie, elle respira profondément.

    « J’ai deviné c’qu’il voulait faire et j’ai paniqué. J’avais le fusil en main mais je voulais pas m’en servir. J’étais tellement crispée qu’un coup est partit sans que j’y fasse gaffe. C’est un buisson qui a tout prit mais… Mais le chasseur s’est retourné et m’a tiré dessus. J’ai bougé, donc il n’a eu que… ma jambe puis il s’est retourné. J’ai entendu le cran de sureté et j’ai pas réfléchi… »

    Le regard de Marion se fit encore plus intense, encore plus douloureux pour Nusicaa. Incapable de le supporter, elle détourna les yeux. Elle essaye de retenir ses larmes, en vain. La honte la rongeait, la culpabilité aussi. Elle ne pouvait se résoudre à prononcer les mots qui s’imposaient. Une larme roula jusque sur ses lèvres. Elle l’essuya vivement, mais d’autres prirent sa place. Difficilement, elle se força à respirer, à trouver le courage pour finir. Elle ferma les yeux, puis les rouvrit, la vue brouillée, comme au début de la journée, mais pas par du sang cette fois. Elle laissa passer un léger sanglot silencieux puis, dans un souffle :

    « J’l’ai tué. »

    Sa voix dérailla et se brisa. Ces mots lui firent l’effet d’un coup de poignard. Ses deux mains se crispèrent plus encore qu’elle ne l’était déjà. Elle n’osa pas inspecter le visage de Marion. Un silence s’installa. Nusicaa se sentait mal, tellement mal… Pourtant, elle trouva quelque part en elle un dernier reste de courage. D’une voix éteinte elle termina.

    « Il est tombé sur David. Je me suis débrouillée de le virer puis j’ai aperçu un 4x4. Trop loin pour que je puisse y arriver, à première vu, fit elle en désigna sa jambe de la tête. Du coup j’ai appelé le Domaine. Mais la secrétaire m’a raccroché au nez en me disant qu’il y avait urgence parce que deux chevaux étaient rentrés sans cavaliers. Elle eut un sourire sans joie, à travers les larmes qui semblaient ne pas vouloir cesser. Du coup, j’ai appelé un autre bureau mais la discussion me tapait sur le système. J’me suis débrouillée avec le 4x4. Voilà, tu connais la suite. »

    Tout cala avait été dit rapidement, sans que Nusicaa ne pose une seule fois son regard sur son amie. Un sanglot, silencieux une fois de plus, secoua sa poitrine. Hantée par l’image du cadavre du braconnier, l’expression figée dans un rictus étrange, elle ferma les yeux. La vision n’en fut que pire, mais elle ne voulait pas les rouvrir. Elle ne voulait pas voir le visage de Marion, ce qu’elle pourrait y lire. Vivement, elle retira sa main de la paume de son amie. Mais merde, reprends-toi ! Ce qui est fait est fait maintenant. Elle respira un grand coup, tentant de se calmer et s’obligea à ouvrir les yeux. Son regard fut de nouveau attiré par la fenêtre. La nuit était presque complètement tombée et le ciel était constellé d’étoiles. Un silence presque pesant s’était installé dans la chambre. Sauf le monitoring qui continuait à émettre ses bips, nullement troublé par les évènements. Cette impassibilité rappela désagréablement à Nusicaa la cascade de l’IDCD. Elle lâcha un soupir, refoulant les dernières larmes. Assume. Assume. Assume ne cessait-elle de se répéter. En se mordillant la lèvre, elle tourna la tête vers Marion. Ou du moins, là ou était assise Marion une ou deux minutes plus tôt. Etonnée, Nusicaa chercha dans la chambre une trace de son amie. Seuls des bruits de voix, de sa voix, dans le couloir lui répondirent. La belle se sentit paniquer une nouvelle fois. Elle n’avait pas tellement de doute sur ce qu’était entrain de faire la Britannique et cela l’effrayait. Elle savait qu’elle pouvait compter sur elle mais l’idée de la venue de la… police, quoi que leur ait dit Marion, suffisait à la faire paniquer.

    Quelques secondes plus tard, la porte de la chambre s’ouvrit. Nusicaa tourna la tête, évitant soigneusement le regard de Marion. Sa gorge s’était de nouveau nouée et sa main n’avait pas encore lâché le petit objet qui, après une courte observation, s’avérait être un flacon en verre qui avait sûrement dû contenir un quelconque liquide mais qui était maintenant vide. Son amie vint se rassoir à sa place initiale et Nusicaa essaya de lui adresser un pâle sourire. Malheureusement, elle ne put arriver à grand-chose. Un nouveau silence s’installa entre les deux jeunes femmes. Le monitoring commençait sérieusement à taper sur le système de la blessée, mais elle ne fit aucun commentaire, se contentant de lui jeter un regard noir. Au bout de quelques minutes, elle lâcha un soupir. Elle se tourna de nouveau vers Marion, s’arrachant à la contemplation de la nuit.

    « Marion, je… je suis désolée. »

    Désolée de quoi ? Elle n’en savait trop rien. Désolée de l’avoir mêlée à tout ça. Désolée d’avoir eu lui raconter ce qui était arrivé. Désolée que tout ce soit passé comme ça. Désolée d’avoir failli être en partie cause de la mort de David… Désolée, tout simplement. Elle voulut bouger pour changer de position, mais le mouvement réveilla un élancement dans sa jambe. Avec une grimace, elle se figea, faisant passer la douleur sur le bocal en verre que, décidément, elle ne lâchait pas. On se raccroche à ce qu’on peu… Un centième de seconde plus tard, des pas résonnèrent dans le couloir. Le cœur de Nusicaa fit un bond. Se pouvait-il que la police soit arrivée ? Par la petite vitre de la porte, elle aperçu deux visages, dont les propriétaires ne tardèrent pas à pénétrer dans la chambre. Il y avait là deux hommes en uniforme. L’un était assez trapu et arborait une mine renfrognée. L’autre avec les traits durs et froid et dépassait d’une bonne tête voir plus son compagnon. Nusicaa, se forçant à rester calme, les détailla. Ils portaient l’uniforme habituel des policiers et, à leur côté, pendait une arme. Le regard de la jeune femme s’arrêta sur l’une d’elle. Immédiatement, elle sentit la panique et l’angoisse revenir. Les hommes s’approchèrent, et mieux elle voyait le petit revolver, plus elle se sentait mal. L’un d’eux les salua et posa une question, mais Nusicaa ne l’entendit pas, les oreilles remplies des battements de son propre cœur. Le regarde fixé sur l’arme, comme aimanté, ses mains se crispèrent et son pouls s’accéléra. Tellement vite d’ailleurs que le monitoring commença à émettre des bips de plus en plus stridents.

    *Calmes-toi ! Ce sont des flics !*

    [Message trop long]

_________________


Dernière édition par Nusicaa Wiltman le Mer 27 Aoû - 0:06, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://la-rose-noire.naturalforum.net/dossiers-valides-f45/nusic
Nusicaa Wiltman (abs)
Admin & Apprentie
avatar

Féminin Nombre de messages : 791
Age : 25
Cheval Attribué : Flash
Métier : Apprentie Ethologue
Galops :
4 / 74 / 7

Date d'inscription : 11/05/2008

Feuille de personnage
Âge / Année: 19 ans / Apprentie éthologue
Cheval: Flash
Connaissances:

MessageSujet: Re: Aux retour des plaines... [Marion - David]   Mer 27 Aoû - 0:05

    Peine perdue. Elle sentit sa main se crisper sur le bocal, encore et encore, si bien que la pression finit par le briser sans qu’elle ne cesse de serrer. Un centième de seconde plus tard, Nusicaa sentit la morsure du verre dans sa paume et la douleur qui s’intensifiait, ainsi que le rythme des bips. Une douleur qui lui parut bien disproportionnée par rapport à la blessure. Elle se mordit la lèvre, ne parvenant toujours pas à détacher son regard des armes. Oublies ta main, pense à autre chose ! Immédiatement, la douleur de se jambe se réveilla. Autre chose ! La vue e l’arme lui donne un vertige et elle se mit à frissonner. Non bon OK, ta main… Elle essaya de ne penser qu’a la douleur de sa paume dans laquelle elle ne cessait de serrer le bocal brisé, mais des images de ce qui s’était passé le matin ne cessait de défiler dans sa tête et l’arme attirait toujours son regard. Au dessus d’elle, elle sentit les visages soucieux des personnes présentes puis entendit la porte s’ouvrir de nouveau. Ca suffit maintenant ! Difficilement, elle s’obligea à détourner les yeux du revolver. Aussitôt, les tremblements s’apaisèrent, ainsi que les battements de son cœur. Ses yeux fouillèrent fébrilement la pièce. Une nouvelle personne était entrée, une infirmière. Celle-ci s’escrimait à desserrer le poing de sa patiente du flacon fracassé. Nusicaa observa alors sa main. Du sang s’en échappait et elle grimaça en relâchant soudainement la pression. Les restes du flacon allèrent s’écraser par terre avec bruit. La jeune femme se concentra sur les tâches vermeilles qui salissaient son lit, s’appliquant à ne pas tourner les yeux vers les policiers ni personne d’autre d’ailleurs. Elle était complètement ridicule. L’infirmière inspectait la plaie en grommelant des mots incompréhensibles. La belle sentit se dissiper l’angoisse due à la vue de l’arme et retrouva la lucidité nécessaire pour se demander pourquoi cette réaction. Quelques minutes passèrent. Marion semblait discuter avec les officiers tandis que l’infirmière, que sa plaquette nommait Andréa, s’occupait de la nouvelle blessure. Nusicaa grimaça. C’était profond, elle l’avait sentit. Quand elle eut finit, Andréa reposa la main maintenant bandée sur le lit et annonça qu’elle reviendrait plus tard avec un drap. Nusicaa la suivit des yeux dans sa sortie puis posa son regard sur son amie. L’un des policiers suivit l’infirmière, un téléphone à la main. L’autre s’approcha de la blessée en l’interrogeant du regard. Celle-ci faillit lui demander de décrocher son arme mais se contenta de s’excuser sans rien ajouter. L’autre se présenta comme le commissaire Arnaud Gathegi et s’apprêta à l’interroger quand son collègue, le petit, fit de nouveau irruption dans la pièce la mine préoccupée. Il s’adressa directement à Marion.

    « Vous nous aviez bien parlé de deux corps, non ? On en a retrouvé un seul. »


    [Bon ben... J'était inspirée quoi. Razz Marion, j'ai mit ce qu'on avait dit sur msn, si y'a des trucs qui te vont pas tu dis et j'édite, hein.]

_________________
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://la-rose-noire.naturalforum.net/dossiers-valides-f45/nusic
Marion Duval
Admin & Ethologue
avatar

Féminin Nombre de messages : 1312
Age : 24
Cheval Attribué : Olympe & Just Another
Métier : Ethologue
Animal de compagnie : C'Kiss Cool
Galops :
7 / 77 / 7

Date d'inscription : 11/05/2008

Feuille de personnage
Âge / Année: 20 ans
Cheval: Olympe & Just Another
Connaissances:

MessageSujet: Re: Aux retour des plaines... [Marion - David]   Mer 27 Aoû - 13:25


    Les prunelles intenses de la jeune irlandaise ne quittèrent pas le visage meurtri de Nusicaa. Elle ne devait pas s’en rendre compte, mais ses angoisses se voyaient en un seul regard. Ses sourcils étaient froncés, ses yeux parcourus d’éclats étranges et elle se mordait les lèvres avec une nervosité à couper le souffle. Marion ne savait pas à quoi elle pensait, mais ce devait être dur. Qu’allait-elle lui apprendre ? Que devrait-elle faire ensuite ? Son amie se raidit comme un morceau de bois et elle attrapa flacon qui jadis avait contenu de la morphine. Bien sûr, maintenant le liquide se répandait dans ses veines pour la soulager. Marion caressa sa paume de ses doigts plus glacés que jamais. Soudain, le bruit régulier monitoring s’accéléra et perdit de sa régularité. Marion lui lança un regard rassurant afin qu’elle cesse de paniquer, mais cela ne servit à rien. La belle brune se redressa un peu et l’encouragea à commencer son récit. Il lui fallut un certain temps mais elle céda. Marion repoussa une longue mèche noire de son visage de lait avant de reporter son attention sur la jeune métisse. Elle commença son récit en lui disant qu’elle était partie avant l’heure imposée avec sa jument, détail qu’elle s’empressa d’oublier. Elle était allée jusqu’aux plaines sans savoir où elle allait vraiment et elle y avait retrouvé David. La jeune fille marqua une pause, permettant à son amie de réfléchir un instant. David était dehors à cette heure-ci ? Pourtant il était couche-tard et lève-tard. Il sortait souvent le soir et ne se levait pas avant midi, voire même plus… L’irlandaise cacha son étonnement derrière sa frange charbonneuse. A la lumière blanche des néons qui éclairaient la pièce, elle prenait d’étonnants reflets argentés qui rendaient son visage encore plus majestueux.
    Puis son amie reprit. Elle l’écouta avec attention en tachant de ne pas passer sur les détails. Tout était très important, elle en était certaine.

    « On a marché un peu en discutant puis on a entendu un hennissement, ce souvenir lui arracha un frisson. Leila et Flash se sont agitées puis, juste après, deux chevaux sont sortis d’un bosquet d’arbre pas loin de nous. Un blanc, un camarguais j’suppose. Et un… un étalon noir. »

    Un étalon noir ? Marion frissonna, et elle devina sur le visage de son amie qu’elle avait eu la même réaction. Elle évita de s’attarder sur la détresse qui s’était affichée dans son regard brun. La jeune femme avait déjà vu un étalon noir à l’internat, mais elle n’avait pas eu l’occasion de le rencontrer au Domaine. Tout ce qu’elle savait, c’est que l’incroyable bête noire avait voulu se battre avec Black Pearl. Une fois même, le vieux fermier qui gardait de temps en temps les chevaux de l’internat avait réussi à l’attraper et il l’avait en box. Marion avait voulu s’en approcher mais il s’était montré très agressif. David était là. Cette pensée lui arracha une grimace qu’elle cacha une fois de plus derrière son immense chevelure de jais. Il l’avait crue en danger et lui avait littéralement sauté dessus pour lui faire échapper aux sabots meurtriers de l’étalon. Ils n’avaient alors que quatorze ans, et elle s’en souvenait comme si s’était hier. A vrai dire, il l’avait sauvée plus d’une fois depuis qu’ils s’étaient rencontrés… Et quand elle le voyait, elle ne pouvait pas s’empêcher d’y penser, quoi que depuis peu elle voyait tout autre chose. Pour en revenir à l’étalon, il en avait profité pour s’échapper et elle ne l’avait plus revenu qu’en ombre lorsqu’elle se promenait dans la forêt. Un jour, un élève lui avait rapporté qu’un cheval noir se baladait seul dans la forêt du Domaine et il lui avait décrit. Tout correspondait parfaitement. Elle avait confié des doutes à Mr. Simpson. Ce dernier s’était empressé de lui répondre qu’il était fort possible qu’il s’agisse du même qu’à l’internat. De plus, la distance entre le château de l’Internat des Cœurs Dorés et le Domaine de la Rose Noire n’était que de quelques kilomètres. Il avait très bien pu suivre son instinct. Elle lut dans les yeux de Nusicaa que ce cheval avait quelque chose de particulier, et elle devina seule qu’elle avait déjà dû le rencontrer à l’internat l’année d’avant. C’était fort possible, même si beaucoup restaient perplexes sur cette étrangéité. La jeune irlandaise encouragea Nusicaa à continuer.

    « Le blanc est passé sans s’occuper de nous. Mais Flash a hennit et l’autre s’est arrêté devant moi. Ils ont commencé à se battre et j’me suis laissée tomber par terre. Ca a commencé à être le bordel entre les trois chevaux jusqu'à ce que deux types débarquent. Des chasseurs. On a pas vraiment eu le temps de réfléchir à c’qu’ils foutaient là parque y’en a un qui a tiré un coup avec son fusil. Flash et le noir se sont tiré, mais Leïla… Elle est devenue complètement folle et elle s’est mise à galoper vers le type qui avait tiré sans vraiment faire gaffe. L’autre a eut peur, a fait partir un deuxième coup, elle inspira profondément, dans le bras de David. »

    La simple vision de David se faisant tirer dessus arracha une grimace de plus à Marion, mais cette fois elle ne parvint pas à cacher ce qu’elle ressentait. Sa main se resserra autour de celle de la jeune métissée. Même la jument blessée lui donnait la nausée. Elle avait déjà eu l’occasion de monter dessus avec David, et elle débordait d’énergie de qualités derrière sa folie. La lettre de sa tante certifiant qu’elle allait bien l’avait tout de suite rassurée. Un long silence s’installa dans la pièce. Seul le monitoring émettait un vacarme insupportable. Son regard de miel se posa tendrement dans les prunelles de Nusicaa afin de la rassurer. La jeune fille poursuivit dans son récit tragique.

    « Leïla est devenue encore plus enragée et à accéléré. Le type à eu le temps de tirer dans le vide une troisième fois avant de se faire littéralement piétiné. Moi, j’étais toujours par terre et j’ai vu son fusil voltiger pas loin de moi. J’me suis dit que… que c’était toujours mieux d’avoir une arme dans son camp et ch’suis allée la ramasser. Le chasseur encore debout faisait pas attention à moi mais il a tiré encore une fois, sur David. Il est tombé de cheval puis le mec à blessé Leïla qui s’est enfuie et s’est mis devant David. »

    Marion se figea d’horreur. Ce fou avait tenté de le tuer. Lui ? Nusicaa pouvait voir avec aisance le changement soudain de son expression. Elle avait eu du mal à contrôler l’effroi qu’elle éprouvait. Elle se concentra sur le visage de son amie pour ne pas devenir folle. Une goutte de sang avait perlé de sa lèvre. Il fallait qu’elle arrête de se mordre ainsi, elle était déjà assez blessée comme ça… Le monitoring ne cessait d’accélérer en fonction des battements du cœur de son amie. D’ailleurs, elle se mit à respirer avec la même irrégularité qu’elle, en se calant sur sa respiration. Ca lui arrivait souvent ce genre de choses, et c’était nerveux, alors impossible de cesser. Néanmoins, on ne l’entendait pas autant que la jeune fille… Elle serra la main de son amie, combattant contre le malaise de l’enfermement.

    « J’ai deviné c’qu’il voulait faire et j’ai paniqué. J’avais le fusil en main mais je voulais pas m’en servir. J’étais tellement crispée qu’un coup est partit sans que j’y fasse gaffe. C’est un buisson qui a tout prit mais… Mais le chasseur s’est retourné et m’a tiré dessus. J’ai bougé, donc il n’a eu que… ma jambe puis il s’est retourné. J’ai entendu le cran de sûreté et j’ai pas réfléchi… »

    La mâchoire de l’irlandaise se décrocha. Elle avait compris ce qu’elle s’apprêtait à lui annoncer. La compassion fut plus intense dans son regard, mais s’en fut trop pour elle car elle dût détourner les yeux. Elle vit des larmes perler sur ses joues mattes. La jeune femme se sentit mal à l’aise. Elle avait mal pour Nusicaa, pour David, pour l’esprit torturé de son amie surtout. Elle l’avait forcée à avouer, mais la culpabilité l’envahit car repenser à cet instant devait être un supplice. Pauvre Nusicaa. Néanmoins, elle n’éprouva pas de pitié. Elle se força à détourner le miel fondu de ses prunelles, des yeux de la belle métisse. La réaction de Marion fut mécanique, elle ne le fit pas exprès. Sa main se leva délicatement et se posa sur sa joue. D’une caresse de son pouce, elle essuya les larmes de son amie, une par une. Les mots suivants sonnèrent comme un hurlement dans sa tête. Elle l’avait tué, et tout cela pour protéger David, et se protéger elle-même. De la légitime défense. Sa première pensée la rendit honteuse. Ouf, elle ne risque rien. Elle avait tué un homme mais ses préoccupations n’allaient que pour Nusicaa. Seule sa sécurité comptait. Elle ne voulait pas qu’il lui arrive quoi que ce soit.

    « Il est tombé sur David. Je me suis débrouillée de le virer puis j’ai aperçu un 4x4. Trop loin pour que je puisse y arriver, à première vu, fit elle en désigna sa jambe de la tête. Du coup j’ai appelé le Domaine. Mais la secrétaire m’a raccroché au nez en me disant qu’il y avait urgence parce que deux chevaux étaient rentrés sans cavaliers. Elle eut un sourire sans joie, à travers les larmes qui semblaient ne pas vouloir cesser. Du coup, j’ai appelé un autre bureau mais la discussion me tapait sur le système. J’me suis débrouillée avec le 4x4. Voilà, tu connais la suite. »

    Stupide secrétaire… Pensa Marion avec un air révolté qui se vit sur ses traits habituellement sereins. Il faudrait penser à en embaucher une autre dès que tout ce carnage serait terminé. La belle posa sa seconde main sur le visage de son amie pour la rassurer. A présent elle était là, et rien ne lui arriverait, elle se le promit. Elle connaissait la suite, en effet. Tout ce qu’elle put déduire de cette histoire, c’est qu’elle avait eu un courage à couper le souffle, et c’était peu de le dire… Un sentiment de fierté l’envahit. Elle avait une amie capable de tuer pour protéger les siens. Elle comprit la honte et les regrets de la belle métisse, mais elle avait agit correctement. C’était lui ou eux deux, alors autant le sacrifier… Le tueur tué. Nusicaa regarda dans la direction opposée, permettant ainsi à la belle brune de s’éclipser. A présent elle allait appeler la police pour tout leur raconter. Si ils trouvaient l’autre, elle s’empresserait de le retrouver et il aurait des ennuis. La jeune irlandaise traversa la pièce, ouvrit la porte et se glissa dans le couloir. Elle parcourut l’allée aux murs blancs et se retrouva directement dans le hall de l’hôpital. La secrétaire lui lança un regard interrogateur. Marion lui expliqua qu’il lui fallait appeler la police, que c’était une urgence. La dame répondit avec une calme olympien qu’il y avait une patrouille qui passait tous les soirs vers cette heure-là. Elle prit le combiné du téléphone noir, adressa un sourire de compassion à la belle. Marion fit volte-face avant de regagner la chambre de son amie dans une cadence semblable à un pas de course. Lorsqu’elle entra dans la chambre, Nusicaa avait les yeux rivés sur un flacon. Elle leva les yeux vers elle, affolée. La jeune irlandaise reprit sa place sur la chaise, juste à côté d’elle. Nusicaa posa ses yeux dans les siens avant de prononcer des excuses. Indignée, Marion répondit avec un sourire forcé.

    « Eh, c’est pas à toi de t’excuser ! Tu as agit comme tu pouvais, je suis fière de toi. »

    Elle fut coupée par des bruits de pas, semblables à ceux de soldats, qui résonnaient dans le couloir. Ce bouquant, mêlé aux bruits du monitoring, fut suivit de l’entrée de deux hommes en uniforme. Marion se leva, serrant la main au plus grand, le plus jeune. Le policier commença par se présenter tandis que l’autre sortait pour interroger le médecin de la belle brune. L’homme emmena la belle à l’autre bout de la pièce, conscient que son entrée était redoutée par la blessée. L’homme était grand. Sa longue chevelure châtain retombait sur ses épaules, en gardant un style assez rebelle. Il avait de grands yeux bleus qui se voyaient de loin. L’éclat de ses prunelles azur l’angoissa. Et s’il ne la croyait pas ? Bon, il fallait tenter et faire de son mieux. L’homme en uniforme parla à voix basse et demanda à son interlocutrice de lui expliquer brièvement la situation. Marion prit une inspiration, jeta un léger coup d’œil à son amie avant de se lancer dans les explications.

    « C’est une élève du Domaine. Elle était à cheval avec un membre du personnel, un de mes amis, précisa-t-elle en débitant les mots à une vitesse pas possible. Ils ont croisé deux chasseurs. L’un d’eux à tiré sur (elle hésita)… David. Il est tombé. Nusicaa était déjà à terre, elle s’est fait tirer dessus. Le chasseur a voulu achever David. Elle a prit l’arme du deuxième chasseur, blessé, et elle a tiré pour le défendre… »

    Un bruit alarma la belle. Elle se tourna brusquement vers son amie qui venait de briser le flacon de morphine entre ses doigts. Un flot de sang jaillit de sa peau. Marion ouvrit la porte et appela une infirmière. La femme arriva en quelques secondes, suivie par le second officier. Marion voulut rejoindre son amie mais les policiers s’interposèrent pour avoir la suite du récit. La jeune irlandaise grimaça lorsqu’elle vit le sang salir les draps blancs de la belle métisse. L’homme, le plus jeune, posa une main sur l’épaule de Marion. Celle-ci fut immédiatement ramenée à la réalité. Il attendait qu’elle lui raconte, et plus vite ils sauraient, plus vite ils agiraient. Il y eut un gros blanc. Marion pensait à David et l’état dans lequel il devait se trouver à l’heure qu’il était. Elle était pressée de pouvoir l’approcher, histoire de s’assurer qu’il aille bien. Et puis, comme si son regard bleuté l’avait piqué, elle sursauta et reprit son récit là où elle l’avait laissé.

    « Elle ne pensait pas qu’elle le tuerait. L’homme est tombé, mort. Elle a traîné David jusqu’au Domaine et je les ai conduits ici. Il était dans un état critique, il a faillit y rester. Nusicaa a subit une grosse opération, elle aussi.
    -Très bien, merci beaucoup mademoiselle. »

    La jeune femme hocha la tête. Les hommes lui permirent de retourner près de son amie, ce qui la soulagea immédiatement. Elle aida l’infirmière à retirer les morceaux de verre des couvertures. Cette dernière s’éclipsa pour aller chercher des draps propres, suivie par le petit officier qui semblait téléphoner. Marion le suivit du regard sans vraiment le regarder. Son regard se reposa dans les prunelles effrayées de Nusicaa quand le policier revint dans la pièce. Il sa racla la gorge pour attirer son attention. Il lui posa ensuite une question, à elle. Comme quoi ils avaient retrouvé un corps sur les deux. Oui, normal, l’autre était blessé, et elle l’avait dit à son collègue… Il avait dût s’enfuir, même s’il n’avait pas dût aller très loin. La belle ouvrit la bouche pour leur répondre, poussée par le jeune policier, quand le séduisant médecin entra dans la pièce en ouvrant la porte à la volée. Il salua les deux officiers et s’adressa à Marion, un sourie satisfait sur les lèvres. La belle brune l’interrogea du regard, oubliant la question qui lui avait été posée. Le jeune médecin s’avança, posa une main sur son épaule et lui parla avec joie.


_________________

    « What will be the name of your children ? You can't hide forever. I can't see you. In the wheatfields. I have lost my sence of humour. Show me where you are. The grass is too tall. I can't even talk. The is no place. Down here. Small enough. For you to stay. I come back home and try to see. The hints you left for me. Never found the ring. Will you ever marry me ? »[/list]
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://la-rose-noire.naturalforum.net
Marion Duval
Admin & Ethologue
avatar

Féminin Nombre de messages : 1312
Age : 24
Cheval Attribué : Olympe & Just Another
Métier : Ethologue
Animal de compagnie : C'Kiss Cool
Galops :
7 / 77 / 7

Date d'inscription : 11/05/2008

Feuille de personnage
Âge / Année: 20 ans
Cheval: Olympe & Just Another
Connaissances:

MessageSujet: Re: Aux retour des plaines... [Marion - David]   Mer 27 Aoû - 13:25

    [Suite]

    « J’ai le plaisir de vous annoncer qu’il va bien. Il s’est réveillé, vous pouvez venir le voir, mademoiselle. »

    Le cœur de l’irlandaise de remit à battre à toute vitesse. Dieu ce qu’elle avait eu peur. Il allait bien, il était réveillé. Mais voudrait-il avoir de la visite ? Sa visite… Elle se mordit les lèvres mais revint à la réalité quand le médecin lui fit signe de le suivre. Ignorant totalement les deux policiers, elle lui emboîta le pas et sortit de la pièce avec lui. Elle le rattrapa immédiatement, se positionnant à son niveau pour monter l’escalier. Elle avait eu un mouvement de recul quand il s’était dirigé vers l’ascenseur, et il avait compris. Sur le chemin, il lui expliqua qu’il était encore en salle de réanimation, parce qu’ils avaient voulu éviter de le transporter. Il serait déplacé dans la chambre où se trouvait Nusicaa durant la nuit, quand il se serait rendormit. La jeune femme acquiesça d’un signe de la tête. L’homme tourna sur la porte qui indiquait « Salle de réanimation » en lettres argentées. La belle le suivit, sentant son pouls s’accélérer. Le médecin s’arrêta devant une porte et laissa Marion passer devant lui. Il lui indiqua qu’il préférait la laisser seule avec lui. Il ne voulait pas qu’il y ait trop de bruit pour qu’il se repose. La belle se mordit les lèvres. Le médecin lui adressa un regard rassurant et tourna les talons. Marion prit une inspiration, expira et poussa la porte. Elle découvrit la silhouette de l’homme sur un lit. Il était pâle, elle déglutit… La jeune femme murmura…

    « David ? »

_________________

    « What will be the name of your children ? You can't hide forever. I can't see you. In the wheatfields. I have lost my sence of humour. Show me where you are. The grass is too tall. I can't even talk. The is no place. Down here. Small enough. For you to stay. I come back home and try to see. The hints you left for me. Never found the ring. Will you ever marry me ? »[/list]
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://la-rose-noire.naturalforum.net
David Moss [ABS&HS U_
Admin
avatar

Nombre de messages : 913
Cheval Attribué : Asha Leïla
Métier : Juge
Galops :
7 / 77 / 7

Date d'inscription : 12/05/2008

Feuille de personnage
Âge / Année: 19 ans
Cheval: Asha Leïla
Connaissances:

MessageSujet: Re: Aux retour des plaines... [Marion - David]   Jeu 28 Aoû - 17:24

    « On le perd ! »

    * * *
    Inconscience. Éclairs de couleur. Douleur. Noir. Bribes d’images. Cris brefs. Ne pas chercher à comprendre. Plus la force.
    David voulut se détourner, s’enfoncer dans l’obscurité. Ses éclairs intermittents de conscience amenaient avec eux une lueur aveuglante et surtout, une intolérable douleur, tandis que les ténèbres étaient synonymes de paix, de silence. Il lutta un moment, puis se sentit sombrer peu à peu, avec une désespérante lenteur. Les cris s’éloignaient de lui, ou plutôt, il s’éloignait d’eux, s’immergeant dans des abysses jusque-là inexplorées. Enfin, ce fut le silence. Le noir complet.
    Rien. Il n’était plus rien.
    Plus aucun de ses sens n’était fonctionnel. Son corps ne lui appartenait plus, il l’avait quitté depuis belle lurette maintenant. Ses pensées se ralentissaient, flottaient béatement, se laissaient dériver dans les profondeurs de l’inconnu. Plus rien n’existait, plus rien ne comptait, lui-même n’était qu’un faible embryon d’esprit qui se dissolvait lentement. Il ne résista pas.
    Bientôt, il sentit un courant circuler autour de lui, et le pousser faiblement. Il se laissa guider, se laissant porter dans ce noir opaque, sans même se demander un seul instant où il allait ni ce qui allait se passer. Peu à peu, le courant prit de l’intensité, l’emmenant de plus en plus vite. Il était entraîné, mais se laisser manipuler et diriger au gré d’un vent inconnu n’était pas si désagréable que cela… Pas un instant, il ne lutta, au contraire. Prenant conscience que, peu à peu, il était poussé vers le fond, il s’abandonna librement. Même, il avait hâte de s’enfoncer davantage encore, de parvenir tout au bout du chemin. Qu’on en finisse.

    ***
    Le Dr Levallois observait pensivement la jeune femme brune qui patientait depuis quelques heures maintenant dans la salle d’attente à présent déserte. À cet instant, Karine, la grande infirmière blonde, fit son apparition près de lui.
    « Du nouveau ? » s’enquit-il avec une excessive politesse.
    Depuis qu’ils avaient rompu, leurs relations s’étaient passablement dégradées.
    « Il s’enfonce dans le coma… répondit-elle en repoussant d’une main fatiguée les mèches qui lui tombaient sur le visage. Ils essaient toujours de le ranimer.
    - Doublez les doses ! »
    Elle hocha la tête, mais resta encore un instant près de lui, comme si elle s’apprêtait à dire quelque chose. Mais, aucun mot ne franchit ses lèvres entrouvertes, et elle finit par tourner les talons. Le médecin se retrouva seul, les yeux toujours posés sur la jeune femme de la salle d’attente. Elle n’avait toujours aucune nouvelle du patient. Le Dr Levallois avait préféré ne pas lui annoncer que ce dernier était tombé dans le coma pendant l’opération… Il était persuadé qu’il se réveillerait, et ne voulait pas inquiéter inutilement son amie…
    « Allez, au boulot. » se commanda-t-il en retournant dans la salle de réanimation.

    ***
    Il espérait être bientôt arrivé. La force croissante du courant qui l’entraînait vers le fond semblait confirmer qu’il ne restait plus beaucoup de distance à parcourir…
    Soudain, quelque chose résonna en lui. Ce fut comme une pierre lancée à l’eau, un microscopique morceau de caillou qui fut le départ d’ondes de pensées. Quelque chose n’allait pas. Dans cette absence totale de réflexions qu’était devenu son esprit vide, une infime pensée se forma, et il se surprit à se poser une question encore très, très vague, trop imprécise pour qu’il en comprenne le sens. Cependant, mine de rien, il ralentit légèrement son avancée vers le fond. Toujours cette impression que quelque chose clochait.
    Mais, alors qu’il tentait de résister au flux qui l’entraînait pour retarder sa descente dans les ténèbres, le courant s’intensifia. Par pur réflexe, David lutta pour ralentir et le courant prit d’autant plus d’intensité, le poussant avec une force croissante et paralysant sa résistance. Plus il s’efforçait de freiner, plus il était entraîné dans les abysses. Subitement, quelque chose le saisit. Il eut la sensation d’être saisi à bras le corps, illusion stupide puisqu’il n’avait plus de corps. Cette nouvelle force le retint, l’empêchant de s’enfoncer davantage.
    Mais le courant, jusque-là calme et pacifique, ne semblait décidé à laisser s’échapper son « passager ». De fleuve tranquille, il devint torrent irrépressible, et entraîna David. Ce dernier se retrouvait comme pris entre deux feux, coincé entre ces deux forces opposées, l’une qui le tirait vers le haut, l’autre vers les profondeurs mystérieuses. Lui-même était partagé ; une partie de son esprit était attirée, terriblement attirée, par ces ténèbres impénétrables et les promesses qu’elles recelaient. Il le sentait, il y avait au fond une paix, une tranquillité, inaltérables et encore inimaginables pour lui qui n’avait jamais connu que la vie. Mais, une autre portion de son esprit s’accrochait désespérément à cette main providentielle qui venait le ramener vers le haut, et faisait tout pour remonter à la surface. La surface… C’était l’évocation de lumière aveuglante, de bruits assourdissants, de douleur.
    Il avait vécu longtemps à la surface, cela, il le savait, tout au fond de lui, mais rien ne lui revenait. Comment était-ce, là-haut ? Parmi les lointaines bribes de souvenirs qui daignaient se présenter à son esprit, le seul sentiment qui le pénétrait était la souffrance. Oui, la souffrance était le point culminant et principal de ce qu’il avait connu, et connaîtrait encore s’il y retournait. Alors, entre la promesse d’une tranquillité éternelle et celle d’un retour à la douleur, que choisir ? La décision coulait de source.
    Oui, mais c’était compter sans cette force qui le retenait toujours et s’échinait à le ramener vers le haut.
    S’enfoncer dans l’obscurité, au plus profond des ténèbres, atteindre les abysses de sa conscience, s’y perdre et n’en plus jamais remonter… Délicieuse tentation. David lui tourna le dos.
    Il en fut le premier surpris, mais sa décision le poussa à lutter lui aussi contre l’infreinable courant pour tenter de le remonter, de quitter ces noires profondeurs. Le flux était puissant, bien plus puissant, et jetait toute sa force dans la bataille. Il faillit gagner, mais l’instinct de survie s’avère parfois –souvent- être le plus fort… Peu à peu, tandis que David remontait lentement, le courant faiblit, jusqu’à n’être plus qu’une faible poussée tout-à-fait négligeable. Plus rien ne l’empêchait de retrouver la surface.
    Mais David ne se réveilla pas tout de suite. Il sentait sa conscience affleurer, mais résista pour demeurer dans cet océan noir qui le gardait de sa douleur. Malgré tout, cette dernière se réveilla doucement et se propagea, diffuse, dans tout corps, ou du moins, ce qu’il supposait être son corps.

    ***
    « Il revient !
    - Ne le réveillez pas maintenant, la dose de morphine n’est pas suffisante, il souffrirait trop. »
    Plus de cinq heures s’étaient écoulées depuis l’arrivée du jeune homme aux urgences. Le Dr Levallois et son équipe avaient travaillé sans interruption pendant tout ce temps, sans ménager leur peine, mais enfin, la pression retombait. L’opération avait été plus longue et plus délicate que prévu et il lui avait fallu toute sa dextérité de chirurgien expérimenté pour la mener à bien… Mais quoi qu’il en soit, c’était terminé et le patient était vivant. Médecin plein d’expérience malgré sa relative jeunesse, Levallois savait qu’il était encore prématuré de le déclarer hors de danger. Combien de fausses joies avait-il ainsi eues et causées aux familles, avant la rechute ? Cependant, le chirurgien ne s’inquiétait plus guère pour ce cas-ci. Enfin, il pouvait prendre une pause café bien méritée et souffler un peu en laissant aux infirmières le soin de veiller le jeune homme…

    ** *
    Il flottait. Léger, aérien, il s’élevait au-dessus de son corps que la douleur abandonnait progressivement. Détaché de tout, il lui semblait avoir renoncé à toute limite et à toute contrainte.
    Liberté.
    Ici l’obscurité était moins opaque, à travers ses paupières closes la lumière pénétrait, il la sentait à défaut de la voir réellement. La tentation d’ouvrir les yeux était forte, mais il les garda fermés un moment encore, pour savourer ce temps d’arrêt et de flottement.
    Ses paupières s’ouvrirent d’elle-même.
    Tout était flou, d’un blanc aveuglant qui lui blessa la rétine. Il cligna des yeux, puis la mise au point se fit sur le plafond immaculé où brillait un néon pâle. Subitement, un vertige le submergea et fit chavirer sa vision tandis que le monde s’ouvrait sous lui.
    Il observait ce néon depuis un moment maintenant, debout dans la salle toute blanche, la bouche entrouverte sans s’en apercevoir. Fasciné par ce tube luminescent, il prit subitement conscience qu’on l’appelait au moment où son père le secoua par l’épaule. Docilement, il marcha à ses côtés, sur les talons d’un grand monsieur en blouse blanche qui parlait à mi-voix à Papa, tout en lui jetant parfois des regards éloquents dont il ne comprenait pas le sens. Ils marchèrent pendant ce qui parut être une éternité dans ce dédale de couloirs blancs. Du blanc, du blanc, toujours du blanc ; même les gens étaient blancs dans leur grande blouse immaculée… C’était effrayant.
    Enfin, une porte s’ouvrit devant eux et ils purent entrer dans une petite chambre. Un seul des deux lits était occupé. Une forme allongée faisait une bosse sous les couvertures blanches, et immédiatement il s’avança, dépassant son père et le monsieur qui avaient marqué un temps d’arrêt sur le seuil de la porte. D’instinct, il avait su qu’elle était là.
    Il s’approcha du lit d’un pas décidé, mais entre les grosses machines le matelas était trop haut pour qu’il puisse la voir. Sans hésiter, il entreprit de grimper sur le lit, et s’agenouilla sur les couvertures, à ses côtés.
    Sa vision lui fit peur.
    Elle aussi, elle était blanche, à l’image des lieux. Est-ce que cette couleur était contagieuse ? Ses joues d’habitude si colorées avaient perdu toute substance et se teintaient d’un blanc grisâtre. La peau saillait sur les pommettes hautes, la bouche était plus fine et pâle que jamais, les paupières closes se creusaient. Entourant ce visage fantômatique, les longs cheveux noirs s’étendaient sur l’oreiller, contrastant violemment avec la blancheur de la peau.
    Mais pourquoi dormait-elle, juste maintenant, quand il pouvait enfin la voir ! Il se mit à lui tapoter la joue en l’appelant, à lui secouer l’épaule. Il essaya les chatouilles, elle était tellement chatouilleuse dans le cou. Mais elle dormait toujours. Le faisait-elle exprès ? Il s’énerva. Réveille-toi, réveille-toi !
    Il lui tapait la joue, de plus en plus fort. Mais il savait déjà que c’était. Depuis le début, il savait, tout au fond de lui, d’instinct, et c’était cela qui provoquait cette colère d’enfant, cette impuissance furieuse face à quelque chose qu’il ne comprenait pas, qu’il refusait d’admettre. Réveille-toi, mais réveille-toi !
    « Svegliati… SVEGLIATI !! »

    David rouvrit brutalement les yeux. Le néon. Satané néon qui lui faisait mal aux rétines. Il détourna le regard. Sa respiration était hachée, beaucoup trop rapide, et son rythme cardiaque s’envolait. Si son corps avait été en état de fonctionner, il aurait tremblé fébrilement…
    Cela faisait longtemps qu’il n’avait pas revécu cette fatidique journée. Enfin, longtemps… Il revit la belle jeune femme aux longs cheveux noirs qui gisait sur ce lit d’hôpital et un tourbillon de douleur vive l’enveloppa. Svegliati…
    « Ti amo… » dit-il à voix haute, d’une voix rauque qui ne lui ressemblait pas et se brisa à la fin du mot.
    Après un long soupir, il tâcha de reprendre ses esprits. Un bruit lui parvenait, à intervalles régulier, un bipbip un peu trop strident à son goût et particulièrement irritant. Son réveil ? Il l’avait pourtant réglé sur une station de radio, la dernière fois… Enfin, c’est ce qu’il lui semblait…
    Il voulut faire un geste pour assomer l’objet, mais son bras ne lui obéit pas. En revanche, une douleur fulgurante le transperça et acheva de lui remettre les idées en place. Non, il n’était pas dans sa chambre, tout bien réfléchi. En fait, cette blancheur faisait fâcheusement penser à une chambre d’hôpital… Il essaya d’observer autour de lui, mais seuls ses yeux n’étaient pas paralysés et ils y voyaient encore trop flou pour permettre de se repérer. David tâcha alors de déterminer dans quelle position il se trouvait. Timidement, il se lança dans une exploration de son corps, tâchant de reprendre conscience de tous ses membres. Apparemment, il était allongé dans ce qui semblait être un lit d’hôpital. Mis à part ce truc dans le nez et le bipbip incessant, c’était plutôt confortable. Ah, et mis à part son bras aussi. Pourquoi lui faisait-il mal comme ça ? La dernière fois, c’était quand Leïla lui avait déboîté l’épaule en tentant de s’échapper. Mais ça faisait un moment, et il n’avait plus mal maintenant. En parlant de Leïla… Il avait le sentiment qu’il s’était passé quelque chose d’important, un événement dans lequel la jument avait une forte place.
    Soudain, tout se remit en place. Le galop effréné, Nusicaa, l’étalon noir, les deux chasseurs, les coups de feu, la chute… Le reste était nettement moins clair. Il gardait de vagues souvenirs d’un trajet en 4x4, mais tout était tellement flou qu’il était pratiquement sûr de l’avoir rêvé. Ainsi, il s’était pris une balle dans le bras… Curieux de savoir comment ce dernier se portait, il essaya une nouvelle fois de le bouger mais y renonça bien vite en sentant la douleur se décupler. Il verrait cela plus tard, au moins ça n’avait plus l’air de saigner. Il avait été blessé ailleurs, aussi… Ah oui, sur le flanc. Il ne sentait rien de ce côté-là. Avec un gros effort de concentration, il parvint à déplacer sa main gauche de quelque centimètres pour remonter jusqu’à sa blessure. Il sentit un gros pansement épais, rien de plus. Ça aussi, ça avait l’air de se porter bien.
    *Hé bien voilà qui est parfait !*
    Bipbip bipbip bipbip bipbip bipbip… Putain ce truc était vraiment chiant. Il avait envie de demander à ce qu’on l’arrête, mais appeler une infirmière lui semblait supérieur à ses forces.

_________________
-- P.e.r.c.h.é . n.o.n . m.i . c.o.n.o.s.ci . . . --
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
David Moss [ABS&HS U_
Admin
avatar

Nombre de messages : 913
Cheval Attribué : Asha Leïla
Métier : Juge
Galops :
7 / 77 / 7

Date d'inscription : 12/05/2008

Feuille de personnage
Âge / Année: 19 ans
Cheval: Asha Leïla
Connaissances:

MessageSujet: Re: Aux retour des plaines... [Marion - David]   Jeu 28 Aoû - 17:24

    Soudain, une voix parvint à ses oreilles et c’est alors seulement qu’il prit conscience que depuis tout ce temps, quelqu’un se trouvait près de lui. Au prix d’efforts soutenus, il tourna la tête vers son visiteur et ses yeux firent une mise au point approximativement nette sur un visage pâle et fin encadré de longs cheveux noirs. Un coup au ventre. Mais non, le regard posé sur lui n’était pas le même. Et puis les traits étaient différents, eux aussi… Ses yeux se fixèrent sur les prunelles qui lui évoquèrent de l’or en fusion. Il se laissa entraîner une fois de plus dans ce regard. C’était bon de sentir une présence humaine…
    C’est alors qu’il comprit pourquoi il avait fait le stupide choix de revenir à la surface. En fait, ce n’était pas la souffrance qui l’y attendait. C’était la vie. Nuance infime mais capitale.
    Sans qu’il s’en rende compte, sa main glissa sur les draps blancs et rejoignit celle de la jeune fille. Il serra ses doigts, cherchant à trouver un peu de chaleur dans ce contact.
    Si David avait su quelle tête il avait, il se serait probablement fait peur à lui-même. Blafard, son visage trahissait son état d’épuisement, sa faiblesse et la douleur qui l’avait tenaillé. Quelques coupures sans importances le décoraient de fins traits rouges, vestiges d’une de ses chutes, lorsqu’il était tombé de cheval ou lorsqu’il avait essayé en vain de se relever. Cependant, son regard demeurait tranquille et assuré ; le jeune homme reprenait contrôle de lui-même.
    Il lut une véritable inquiétude dans les prunelles de sa visiteuse et voulut la rassurer.
    « ‘lut, marmonna-t-il. Sa voix était décidément assez peu obéissante aujourd’hui, à osciller entre haut et bas comme ça. La forme ! » commenta-t-il avec un sourire ironique qui lui demanda des efforts démesurés.

_________________
-- P.e.r.c.h.é . n.o.n . m.i . c.o.n.o.s.ci . . . --
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Nusicaa Wiltman (abs)
Admin & Apprentie
avatar

Féminin Nombre de messages : 791
Age : 25
Cheval Attribué : Flash
Métier : Apprentie Ethologue
Galops :
4 / 74 / 7

Date d'inscription : 11/05/2008

Feuille de personnage
Âge / Année: 19 ans / Apprentie éthologue
Cheval: Flash
Connaissances:

MessageSujet: Re: Aux retour des plaines... [Marion - David]   Ven 29 Aoû - 23:59

    [Euuh... Ben j'propose de vous laisser avancer vos tendres retrouvailles *SBAAAF*. J'ai pas grand chose à dire là ^^]

_________________
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://la-rose-noire.naturalforum.net/dossiers-valides-f45/nusic
Contenu sponsorisé




MessageSujet: Re: Aux retour des plaines... [Marion - David]   

Revenir en haut Aller en bas
 
Aux retour des plaines... [Marion - David]
Revenir en haut 
Page 1 sur 1
 Sujets similaires
-
» Retour aux bercailles [Qui veut]
» David Lanero {OK}
» L'homme est de retour ...
» Jean-Bertrand Aristide : Un comité pour son anniversaire et son retour
» retour de la droite dure en Suisse

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
. Domaine de la Rose Noire . :: ACCUEIL :: ARCHIVES :: RP-
Sauter vers: