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 « I’m my own worst enemy... » || Marion D.

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David Moss [ABS&HS U_
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MessageSujet: « I’m my own worst enemy... » || Marion D.   Sam 2 Aoû - 15:33

      « I’m my own worst enemy... »
        Avec Marion Duval
      ___________________


    Le soir tombait sur le Domaine de la Rose Noire.
    Tous les élèves avaient rejoint les bâtiments, l’heure du couvre-feu approchait et le calme était retombé aux alentours et dans les écuries.
    Les chevaux, de retour au box après une journée de travail ou de brouting, finissaient leur ration et s’apprêtaient à passer une nuit qui promettait d’être tranquille –comme toutes les autres.
    Les oiseaux se regroupaient dans la forêt, sur leurs arbres habituels, en de grands groupes pépiants qui animaient la forêt de leur bavardages presque assourdissants, tout à leurs retrouvailles après cette grande journée.
    Les animaux diurnes se réfugiaient dans leurs terriers, prudemment, tandis que les bêtes de la nuit, chouettes ou rongeurs, s’éveillaient doucement, patientant quelques heures encore avant de se lancer en chasse.
    Et David s’asseyait sur une souche, au pied d’un chêne centenaire.
    Il n’avait rien foutu de la journée. Sa journée qui n’avait duré que six heures, du reste… Il s’était réveillé à quatorze heures, ou plutôt, on l’avait réveillé à quatorze heures. Et ce « on » était la pire personne qui pouvait frapper à sa porte. Leur entrevue n’avait pas duré tellement longtemps, à bien y réfléchir… Une vingtaine de minutes, peut-être. Voire moins. Mais cela avait suffi pour bouleverser toute la journée du jeune homme, et probablement la semaine voire le mois à venir. En fait, seules quelques minutes, ou quelques secondes, avaient suffi à tout envoyer en l’air, détruisant le précaire équilibre qui demeurait en lui…
    Si seulement, si seulement il pouvait effacer ce qui s’était passé à ce moment-là ! Malheureusement, il ne pouvait pas plus supprimer cet événement de sa mémoire que de celle de Marion avait laquelle il l’avait partagé…
    Il avait passé les quelques heures suivantes à tuer le temps. Ranger de fond en comble son studio, graisser et recoudre le harnachement de Leïla et ceux du Domaine qui n’en avaient pourtant guère besoin… Tout faire pour s’occuper le plus possible. Mais si ses mains étaient occupées, son esprit, lui, demeurait libre, libre de revenir encore et encore sur ces minutes partagées.
    Finalement, il avait renoncé à se chercher des prétextes et avait préféré opter pour la fuite. Il avait entr’aperçu Marion à plusieurs reprises dans les écuries, mais elle ne l’avait sûrement pas vu. À moins que ce n’ait été une élève aux longs cheveux noirs… En tout cas, le risque de tomber sur la jeune fille était plutôt élevé au Domaine et en particulier à l’écurie, si bien qu’il avait jugé préférable de se trouver un coin solitaire, à l’écart du monde.
    Et c’est ainsi qu’alors que tout le monde convergeait vers le réfectoire, David se réfugiait dans la forêt. Après avoir marché sans but un long moment, il s’était trouvé une toute petite clairière tapissée d’herbe haute et verte, au bord de laquelle s’élevait un grand arbre au tronc tordu et bien plus large que le jeune homme. Un antique chêne qui avait dû voir plus d’un siècle dans cette forêt.
    C’était désert, c’était tranquille, c’était idéal.
    Et loin de tout et de tout le monde, David avait pu se lancer dans son art, comme il l’appelait, sa passion et son exutoire, sa danse. Ici au moins, il était sûr de ne pas se faire surprendre par des yeux aussi importuns qu’agaçants. Qui donc aurait l’idée de se balader en forêt à cette heure ? Et quand bien même se trouverait-il un ou deux abrutis pour le faire, le risque que quelqu’un passe dans le coin et trouve cette clairière isolée au cœur des arbres était plus que minime.
    Il avait commencé doucement, se sentant revivre peu à peu au rythme de la musique qui s’écoulait de son MP3. Puis il avait accéléré les mouvements, enchaînant avec une parfaite aisance les mouvements les plus délicats, sauts ou poiriers, comme si c’était la chose la plus facile qui soit. Et, de fait, pour lui, c’était d’une simplicité enfantine. Depuis le temps, les gestes lui venaient tous seuls, familiers, et son corps musclé et rodé aux exercices les plus contraignants s’exécutait avec fluidité. Le jeune homme ressentait un plaisir unique, indescriptible, avec le hip-hop. Depuis des années maintenant, il le pratiquait. Autrefois, c’était tous les jours, pour s’entraîner et progresser le plus vite possible –David avait toujours été avide de progrès. C’était cela qui lui avait permis de s’affirmer à Clichy, parmi les brutes et les chefs de bande qui le regardaient tous d’un sale œil. Il les avait battus, tous, et s’était assuré une belle notoriété. Mais, enfin, c’était vieux tout cela. Aujourd’hui, il ne dansait plus tous les jours, il n’en avait plus le temps. Mais il n’avait rien perdu de ses capacités et c’était avec un bonheur toujours renouvelé qu’il lançait la musique et commençait à s’agiter…
    Une heure passa ainsi, sans qu’il s’en rende compte. Il forçait maintenant, sentait ses muscles travailler, son corps lutter pour maintenir la cadence. Ça aussi, ça faisait partie du plaisir de danser. Il était en plein effort et se concentrait entièrement maintenant, dosant le moindre de ses mouvements au millimètre près pour ne pas commettre l’erreur fatale. Son cerveau était vidé de toute pensée indésirable. C’était un des grands avantages du hip hop : ça vous vidait l’esprit, mieux que tout autre chose. Même l’alcool ou les joints n’avaient pas un effet aussi radical.
    Enfin, épuisé, David s’arrêta alors que la musique se taisait dans ses écouteurs. Il respira pronfondément un long moment pour reprendre son souffle et se reposer. Il se sentait planer. Oui, c’est le mot. Planer. Il lui semblait maintenant être au-dessus du sol, comme s’il volait, libre et sans attache, comme si plus rien sur terre n’avait la moindre importance. C’était grisant. Il fit rouler ses muscles raidis par l’effort avec la satisfaction que procure la sensation de s’être poussé jusqu’au maximum. Il se sentait merveilleusement bien dans son corps, en parfaite harmonie avec lui-même. D’un revers de main, il essuya ses tempes mouillées de sueur.
    Le jeune homme ressentait avec un réel plaisir la fatigue physique. Il s’assit au pied du chêne et replia ses jambes contre lui. Après quelques instants d’immobilité, il ralluma son MP3 et replaça les écouteurs dans ses oreilles.
    Il demeura les yeux mi-clos, dans cette posture méditative des gens plongés dans leur musique. Mais qu’écoutait-il donc ? Non, pas son répertoire habituel de voix d’hommes gueulant leurs paroles sur un fond de musique « boumboum ». Le MP3 laissait défiler une chanson de Linkin Park. Quoi, du rock ? Dans les oreilles de David ? Hallucinant.
    Mais, allez savoir pourquoi, il trouvait cela tout à fait adapté aux circonstances.
    En tant normal, jamais on ne l’aurait vu écouter une musique de ce genre, surtout sur son propre MP3. Une preuve, s’il en était besoin, qu’on n’était pas en temps normal.
    Car malgré le hip-hop qui lui avait vidé et nettoyé l’esprit, le jeune homme gardait ce sentiment étrange et dont il ne pouvait se défaire depuis qu’il avait viré Marion de son appart’. Un sentiment qu’il ne parvenait pas à définir, mais qui semait un trouble des plus désagréables dans son esprit. Car s’il est une chose à laquelle David tenait particulièrement, c’était maîtriser parfaitement son corps et ses émotions, mais aussi ses pensées et jusqu’à son esprit. Or, il sentait ces deux derniers lui échapper et ce n’était pas pour le rassurer…

_________________
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Dernière édition par David Moss le Dim 3 Aoû - 20:32, édité 1 fois
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Marion Duval
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MessageSujet: Re: « I’m my own worst enemy... » || Marion D.   Sam 2 Aoû - 16:58

    Une journée ordinaire. Tout laissait penser, de l’extérieur, que c’est ce qu’avait été ce jour. Mais dans l’esprit encore troublé de Marion, ç’a avait été bien plus. Elle avait réussi à terminer ce qu’elle avait prévu alors qu’elle avait été très distraite. Après une matinée de monte sans pause, la fatigue commençait à se faire ressentir. Mais la jeune femme n’avait aucune envie de dormir. Deux choses l’en empêchaient. Tout d’abord ces vingt minutes passées en sa compagnie, et ces secondes inoubliables qui avaient brouillé son esprit. Et puis, elle avait encore peur de revoir de drôle d’images dans ses rêves. Depuis près d’un mois, elle refaisait le même rêve. Elle se trouvait dans un endroit sombre et étouffant, sans lumière, très mal en point à cause de sa claustrophobie. Mais elle n’était pas seule. D’abord, quelqu’un, qu’elle n’avait jamais réussi à identifier, la serrait contre lui, ou elle. Ensuite, une autre personne au visage flou la suivait et tentait de lui faire du mal. A chaque fois elle se réveillait en sursaut, des gouttelettes de sueur perlant sur son front et ses joues. La fatigue de la journée était donc accumulée à celle de ces dernières semaines. Mais malgré tout, ce soir-là elle était revigorée. Elle s’efforça à ne pas penser à la chose pour laquelle elle était si bien, mais c’était impossible. Ce baiser lui avait donné la force dont elle avait vraiment besoin, comme si elle avait dormi jusqu’à midi. Oh bien sûr, elle regrettait affreusement son acte, mais une petite partie d’elle-même s’en réjouissait. C’est pourquoi elle avait décidé de ne plus penser au goût délicieux de ses lèvres et à sa proximité rassurante. Difficile mais faisable, elle avait tellement l’habitude.
    Marion passa l’après midi dans les écuries. Elle avait commencé par sortir les chevaux, qui n’étaient pas montés, au pré pour venir en aide au palefrenier. Ce dernier lui avait d’ailleurs fait remarquer que ses yeux n’étaient même plus verts ces derniers temps. Ensuite, elle avait occupé la sellerie pour recoudre les harnachements d’une élève de première année qui était alitée. Elle avait été masser Olympe qui semblait épuisée de sa matinée de rébellion et avait terminé par Jake, le poney pie qui refusait de rentrer dans un manège. Il était claustrophobe, lui aussi. Marion avait donc trouvé des exercices pour le mettre en confiance. Travailler avec lui ne lui faisait aucun mal car elle apprenait à combattre son ‘handicap’. Bien sûr, tout n’était pas gagné, elle avait plus de travail pour elle que pour le poney. Vers six heures, elle cessa son travail. Elle nourrit les chevaux avec le palefrenier et rentra chez elle pour se reposer un peu, même si elle savait qu’elle ne dormirait pas. Elle se résolut à prendre une douche. Après avoir séché sa longue chevelure noire, elle alla directement dans sa chambre, enroulée dans un peignoir blanc, pour trouver de quoi s’habiller. Elle avait prévu de rendre visite à une amie pour qu’elles sortent au cinéma. Elle avait donc de quoi s’occuper. C’est vêtue d’un jean bleu délavé et d’un t-shirt noir avec un col en V qu’elle arriva dans le salon pour nourrir son chien. Elle enfila son habituelle paire de Converse noire, avala un encas préparé à la va-vite et s’installa sur le canapé pour lire ses messages. Au moment où elle prit le téléphone, il se mit à vibrer. Elle sursauta en poussant un gémissement rageur pour enfin décrocher.

    « Marion ? Just Another vient de s’enfuir, on a besoin de toi, vite. »

    Et on raccrocha. Elle n’arriva pas à identifier l’interlocuteur, mais ce qui était sûr, c’est qu’elle avait intérêt à se dépêcher de partir parce que son cheval ne l’attendrait pas. Elle se leva en soupirant, lança le téléphone sur le fauteuil et mit son chien dans le jardin. Elle ferma la maison et enfourcha son vélo, sans oublier son sifflet auquel tous ses animaux étaient habitués. Il lui serait sans doutes très utile. Elle pédala à toute vitesse, prenant les chemins les plus courts. Arrivée à l’écurie, elle rangea la bicyclette dans le box de son cheval échappé et demanda des renseignements sur l’endroit où il s’était dirigé, à une jeune fille d’un box voisin. Une fois parfaitement informée, elle prit la direction de la forêt, là où il était parti, d’après la jeune fille. Elle accéléra le pas, se mettant presque à courir en recherchant un endroit où il aurait pu aller. La belle était endurante, et heureusement, car il n’y avait aucune trace de son étalon. Elle ralentit lorsqu’elle fut à bout de souffle. Elle attendit que son pouls soit revenu à sa vitesse normale pour reprendre un pas de course. Elle scrutait chaque recoin de la forêt, appelant parfois le nom du mystérieux étalon brun. Au bout d’un moment, arrivée à proximité du petit ruisseau qui encadrait une clairière qu’elle avait l’habitude de traverser avec Kiss Cool, elle s’arrêta, regardant autour d’elle. La trouée était encore assez loin, mais il avait des chances qu’il s’y trouve. Elle passa sa main dans sa longue chevelure soyeuse pour repousser sa longue frange d’ébène. Son souffle était plus profond que d’habitude, comme lorsqu’elle dormait. La forêt était silencieuse, c’était tellement reposant qu’elle aurait pu s’arrêter là. Mais non, qu’est-ce qu’elle racontait. Sûrement pas avant d’avoir retrouvé l’étalon. Elle reprit sa marche, plus lente cette fois, tout en regardant ici et là au cas où il y ait un indice de sa cachette. Finalement, elle attrapa un objet en métal suspendu à un cordon argenté autour de son cou. C’était un sifflet plat en forme de triangle, mais aux coins arrondis. Elle s’en était servi pour diriger Kiss Cool lorsqu’elle travaillait à la ferme avec Mr. Simpson pour rentrer les moutons, les vaches et les chevaux. Chaque ouverture avait un son différent, et signifiait un ordre différent. La belle porta l’objet en métal à ses lèvres pour les poser contre l’ouverture la plus haute. Elle regarda devant elle et siffla trois coups secs qui sonnèrent comme un chant d’oiseau. Fière d’avoir obtenu le son voulu, elle attendit de voir si quelque chose allait bouger. Mais il ne se produit rien.
    Marion reprit sa marche et se dirigea de plus en plus rapidement vers la clairière. Quelques mètres avant d’y entrer, le regard plongé sur ses mains tenant le sifflet, elle répéta son appel avec autant de force. Toujours rien. Elle soupira. Le soleil commençait à se coucher, le ciel prenait la teinte de l’Ambre. Il n’y avait aucun nuage, seulement des teintes merveilleuses qui coloraient le ciel. Avec le noir de la forêt, cela donnait un effet de contre-jour absolument somptueux. Elle fut interrompue dans sa contemplation par un bruit qui la fit se tourner vers les profondeurs de la forêt.

    « Just ? »

    Appela-t-elle au cas où il l’entendrait. Mais plus tard, un coup de fusil retentit et une biche détala devant elle pour rejoindre l’autre côté de la forêt. Saloperie de chasseur, pensa-t-elle en soupirant de rage. Elle continua à avancer, tombant à l’entrée de la clairière. La lumière était merveilleuse, on y voyait tout. A chaque fois qu’elle y venait, elle était vraiment bien. Elle ferma les yeux un instant pour apprécier la douceur de l’air et le silence religieux de la nature. Même le ruisseau était calme ce soir-là. Marion approcha le sifflet de ses lèvres et répéta son appel pour la troisième fois et tournant sur elle-même pour se préparer au cas où le cheval déboulerait sur elle, elle en avait l’habitude depuis le temps. Lorsqu’elle ouvrit les yeux, elle ne vit rien. Désespérée, elle caressa l’objet glacial du bout des doigts en cherchant une solution à son problème. De toute façon, il finirait par être retrouvé. Au pire, il se retrouverait au village et le Domaine serait prévenu, mais elle préférait éviter un drame…
    C’est alors qu’elle vit volte face pour se retrouver face à la percée bordée d’arbres. Elle s’avança encore et encore avant de s’apercevoir qu’elle n’était pas seule. Elle se figea, laissant tomber le sifflet contre sa poitrine. Sa longue chevelure au vent et sa silhouette longiligne étaient toujours les mêmes. Elle se concentra sur l’inconnu, pas si inconnu que ça. Il avait l’air grand, malgré qu’il soit courbé sur ses genoux. Il avait une chevelure brune et un brillant à l’oreille qui scintillait à la lueur de la lune. Son regard de braise de posa instinctivement dans celui du jeune homme lorsqu’il leva les yeux. Marion se crispa, elle l’avait reconnu, évidemment. C’était bel et bien lui, ce jeune homme qui avait troublé sa journée complète. Depuis ce début d’après midi, son cœur s’emballait pour des raisons qui lui rappelaient le baiser, et une vague de chaleur ne la quittait plus. Elle se pinça les lèvres nerveusement, détaillant les traits du jeune homme, adossé au tronc, illuminé par le clair de lune.

_________________

    « What will be the name of your children ? You can't hide forever. I can't see you. In the wheatfields. I have lost my sence of humour. Show me where you are. The grass is too tall. I can't even talk. The is no place. Down here. Small enough. For you to stay. I come back home and try to see. The hints you left for me. Never found the ring. Will you ever marry me ? »[/list]
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MessageSujet: Re: « I’m my own worst enemy... » || Marion D.   Dim 3 Aoû - 20:54

        Another day's been laid to waste
        In my disgrace
        Stuck in my head again
        Feels like I'll never leave this place
        There's no escape
        I'm my own worst enemy *
    Il l’écoutait en boucle depuis un moment maintenant. Inlassablement, la chanson se déroulait, les guitares saturées, le rythme des batteries, la voix du chanteur. David n’avait pas bougé d’un millimètre depuis qu’il s’était posé au pied de ce chêne, mis à part ses yeux qui balayaient régulièrement les alentours paisibles. Le silence et l’immobilité des lieux avaient quelque chose de rassurant. La paix régnait ici. Malheureusement, elle ne semblait pas vouloir s’étendre jusqu’à l’esprit toujours tourmenté du jeune homme…
    Le soleil déclinant lorsque David était arrivé avait teinté le ciel d’une palette de chaudes couleurs nuancées. Après de longues minutes, l’astre s’était enveloppé dans ses draps célestes, disparaissant de cette partie de la Terre après un coucher somptueux, paré de nuages multicolores. En voilà un qui savait se réserver de belles sorties…
        I've given up...
        I'm sick of living
        Is there nothing you can say?
        Take this all away
        I'm suffocating !
        Tell me what the fuck is wrong with me ! **
    Pourquoi le jeune homme n’avait-il jamais écouté de rock ? Après s’être cantonné au rap toutes ces années durant, il faisait une véritable découverte. Malgré tout, Diam’s ou Sniper n’avaient pas la même « profondeur » qu’un duo de guitare et batterie. Du reste, David avait déjà pu se rendre compte de l’effet tout particulier qu’avait la guitare sur lui. Il avait l’impression que le son entrait en lui et le touchait quelque part, très profond… Cela faisait partie de ces sensations étranges et indéfinissables que l’on ressent parfois sans pouvoir se l’expliquer, et qui agaçaient le jeune homme toujours décidé à tout contrôler en lui. Cependant, lorsqu’il écoutait une guitare, cette sensation lui était plutôt agréable, pour une fois… Il ne luttait pas pour chercher d’où elle venait, et c’était finalement tout aussi bien.
    D’ailleurs, en parlant de l’effet qu’avait cet instrument sur lui, il se remémora le jour au théâtre où il avait entendu cette magnifique mélodie. Elle cadrait alors à la perfection avec son humeur… Mais, se rappeler cet événement fit également revenir à sa mémoire la musicienne qui avait produit ces notes-là. C’était ce jour-là qu’il l’avait retrouvée. Elle. Non, non, non, ne pas y penser, ne pas y penser. Car alors que l’image de la guitariste se matérialisait dans son esprit, le goût sucré de son baiser lui revenait aux lèvres.
    Machinalement, il augmenta le voulume de son MP3, comme si cela pouvait suffire à vider son esprit de toute pensée indésirable.
        Put me out of my misery
        Put me out of my misery
        Put me out of my...
        Put me out of my fucking misery ! ***
    Maintenant, il commençait à faire sombre. Le soleil avait bel et bien disparu, ne laissant derrière lui qu’une terre bientôt peuplée de ténèbres et qui ne pouvait plus se réchauffer qu’en faisant remonter la chaleur emmagasinée durant cette journée d’été. La nuit, la nuit était ou serait vite là. Mais cela ne tira d’autre réaction à David qu’une sorte de satisfaction proche du soulagement. La nuit, tous les chats sont gris, dit-on. Le monde était différent sous la lueur de la lune, et ne déplaisait pas au jeune homme. Au contraire, les heures de la nuit avaient un goût particulier, qu’il aimait et pas seulement parce que c’était la pleine animation dans les discothèques… La nuit, c’étaient les larges rues vides, éclairées par endroit par le flot jaune de la lumière d’un réverbère encore en service où le disque orange clignotant d’un feu rouge. C’était la fraîcheur qui revenait après l’étouffante canicule et le retour du silence après l’incessant ballet de la circulation. C’était aussi l’envol des créatures nocturnes, les grillons dans la forêt, les chauves-souris parfois. La lune dans le ciel d’encre où perçaient quelques centaines d’étoiles pâlichonnes…
    Il s’arracha à ses pensées. L’onirisme ne lui plaisait pas. Chez lui, c’était mauvais signe.
    Et le pire, c’est qu’il savait à quoi était dû ce mauvais signe.
    A travers la musique de ses écouteurs, un bruit bref se fit entendre, comme un sifflement très faible. Cela, il en était sûr, ne faisait pas partie de la chanson : il l’avait écoutée et réécoutée suffisamment de fois aujourd’hui pour en être sûr. Bah, il avait dû se tromper. La forêt fourmille d’activité, la nuit, malgré son calme apparent.
    Cependant, un certain temps plus tard, un autre sifflement se fit entendre, plus fort. Cette fois, David ne pouvait le nier et mécaniquement, il baissa le volume de son MP3, l’oreille tendue sur la forêt.
    Il n’avait pas bougé mais maintenant son corps était aux aguets. Le ciel était bleu-noir maintenant que le soleil n’était plus qu’un souvenir, cependant la lune, ronde et pleine, brillait allègrement et éclairait la clairière mieux que tout réverbère de Clichy ne l’aurait pu. Il parcourut les alentours du regard. RAS. Bah, ce n’était qu’un sifflement après tout, une bestiole quelconque avait bien pu l’émettre…
    Soudain, un mouvement un peu plus loin, à l’ôrée des arbres, attira son regard et il distingua alors une fine silhouette. Qui se retourna.
    Subitement, en plein cœur de la forêt et par une nuit de pleine lune, Marion lui apparut, plus blanche que jamais sous la lune blafarde. Son visage n’était qu’un jeu d’ombres et de lumières qui accentuait la finesse de ses traits. Il en eut un coup au ventre en la voyant, là, dans ce coin perdu et alors que justement, ses pensées restaient obstinément tournées vers elle. C’était une véritable apparition… Elle lui faisait l’effet de ces elfes ou fées de la forêt qui se matérialisent subitement dans une lumière d’argent pour guider ou piéger les promeneurs égarés.
    Il la fixait avec de grands yeux qui ne parvenaient même pas à trahir la stupéfaction du jeune homme. Il sentit plus qu’il ne vit le regard de la jeune fille se poser sur lui. Leurs yeux se rencontrèrent et une trouble chaleur s’installa dans le corps de David.
    *‘Manquait plus que ça…*
    Ah, tiens, sa charmante conscience venait de retrouver l’usage de la parole.
        Love is all, well love is all,
        Love is all, can't you hear the call
        Oh, love is all you need...
    « Ta gueule » marmonna David en éteignant brusquement son MP3 qui avait pris l’initiative de lancer cette grosse daube de Roger Glover.
    Bon. Il l’avait vue. Elle l’avait vu. Il savait qu’elle l’avait vu. Elle savait qu’il l’avait vue. Elle savait aussi qu’il savait qu’elle savait qu’il l’avait vue. Encore un imbroglio pas possible. Qui faisait en gros qu’il lui était difficile de réagir de quelque manière que ce soit. Se barrer ? Ce serait fuir devant l’ennemi. Aller la voir ? Non, mais qui aurait eu une idée aussi stupide ??! Rester ici ? Certes, c’était la solution la plus facile et la seule des trois qui n’était pas complètement insensée. Mais ce n’était pas un choix judicieux ni agréable pour autant…
    *Féchier.*
    Oé. Voilà. Féchier. C’était le bon mot.
    Il poussa un soupir contraint qui exprimait tout en même temps désespoir, résignation, martyre. Avec l'habituelle pincée d'ironie qui faisait la différence... Alors que rester assis et attendre la suite des événements apparaissait clairement à son esprit comme étant la meilleure -et la seule- option envisageable, David se rendit compte qu'il était en train de se lever. Il glissa son MP3 dans sa poche tout en dépliant ses longues jambes, reprenant subitement de la hauteur. Il se tourna vers le chêne, observant le tronc marqué et sculpté par le temps et l'âge. Un vieillard des plus antiques... Le jeune homme poussa un nouveau soupir puis leva les bras et s'étira de tout son long. Han, l'intensive séance de Hip hop avait raidi ses muscles. Pas bon ça.
    Il laissa retomber ses bras, puis fit volte-face et, d'un pas qui n'était ni lent ni mal assuré pour autant, commença à traverser la clairière.
    *Euh, juste pour info, tu vas où là ?* s'enquit la petite voix en lui.
    Huhu, bonne question. Je marche dans l'herbe, là, tu vois.
    *Et tu sais qui y'a devant toi ?*
    Euh, attends, laisse-moi réfléchir...
    *Pov' débile attardé mental crétin taré dégénéré ! Y'a ELLE !*
    Qui ça ? Hein ?
    *Droit devant ! En pleine ligne de mire ! P'tin mais stop mais tourne mais argh !*
    Mais David avait fermé son esprit à tout, souvenirs de l'après-midi comme voix de sa conscience de plus en plus excédée. En fait, il ne savait absolument pas ce qu'il faisait. Mû par on ne sait quelle idée stupide, son corps s'était animé tout seul, le faisant se lever puis se mettre à marcher comme si de rien n'était.
    Vers Marion.
    Mais ça, ce n'était qu'un hasard. Evidemment. Il n'était qu'à quelques mètres du chêne, il avait juste fait quelques pas dans la clairière. Il allait changer de trajectoire, forcément.


[ * Un autre jour a été déroulé
Pour ma pénitence
Toujours bloqué dans ma tête
J'ai l'impression que jamais je ne quitterai cet endroit
Il n'y a pas d'échappatoire
Je suis moi-même mon pire ennemi
** J'ai abandonné, ça me fait mal de ressentir
Tu n'as donc rien à dire ?
Emporte tout ça
Je suffoque
Dis-moi ce qui déconne
Avec moi
*** Sors-moi de ma détresse
Sors-moi de ma détresse
Sors-moi de ma
Sors-moi de ma
Putain de détresse ]

_________________
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MessageSujet: Re: « I’m my own worst enemy... » || Marion D.   Lun 4 Aoû - 20:21

    Elle ne pouvait pas tomber plus mal. Elle cherchait son cheval, enfuit depuis près d’une heure, et elle tombait sur la seule personne capable de la déconcentrer. Il finit par la voir, posant sur elle son regard comparable à une forêt : Profond, mystérieux et vert éclatant à la lumière de la lune. Elle se sentit dévisagée, ce qui la troubla. Il n’y avait plus rien autour d’eux. Seules leurs deux silhouettes se démarquaient des plantes et des arbres. Tous les deux éclairés par l’astre de la nuit, ils s’observaient dans un silence religieux. Tout semblait s’être figé, y compris le corps de Marion. La belle n’arrivait plus à aligner un pied devant l’autre. Elle tenta de contrôler l’expression de son visage. Rien dans son sourire en coin ne laissait croire qu’il la troublait au point qu’elle ne puisse bouger. Même son regard ne trahissait rien. Etonnée d’avoir autant de maîtrise sur ses sentiments, elle leva les yeux vers le ciel, considérant les étoiles masquées par quelques rares nuages. La Lune était pleine ce soir-là. Elle dégageait une lumière spectrale qui rendait l’atmosphère étrange. Mais la jeune Irlandaise aimait ça. Ses yeux de braise redescendirent doucement pour venir se poser dans ceux de David. Un frisson traversa son corps. Décidemment, quoi qu’elle fasse, elle ne pouvait pas s’empêcher de se sentir troublée face à lui. Sa chevelure de jais dansait sur ses épaules, suivant le rythme lent de la brise estivale. La jeune femme apprécia l’air frais qui caressait ses joues. Ces temps-ci, la chaleur était étouffante dans le Sud de la France. Dans l’après midi, le thermomètre avait frôlé les quarante degrés de très près. Marion était ravie de pouvoir sortir sans mourir de chaud. Le temps du soir était bien plus agréable à vivre. Elle se sentait moins oppressée lorsque l’aube montrait le bout de son nez. Ses deux topazes se reposèrent dans les prunelles olive de David. Une vague de chaleur, similaire à celle qu’elle avait ressentit dans l’après midi, la traversa de bas en haut. La belle essaya de se contrôler en se mordant l’intérieur de la lèvre, ce qui la fit saigner un peu. Ce goût affreux du sang la fit grimacer, et tant mieux car elle oublia la magnifique brun aux yeux aimantés. C’est elle qui brisa le silence la première, tout en passant son doigt sur ses lèvres pour essuyer une gouttelette écarlate.

    « Je cherche Just… »

    La belle observa le bout de son doigt recouvert d’une tache rougeâtre. Elle l’essuya sur son avant bras puis reporta toute son attention sur lui, ressentant une nouvelle fois cette vague de chaleur qui l’envahissait. Le jeune homme était encore loin, mais tout lui laissait deviner qu’il s’était tourné vers elle. A la seule vue de sa silhouette musclée, Marion grelotta, les dents serrées, ce qui provoqua quelques claquements de dents discrets. Ne bougeant toujours pas, elle l’observa en silence, toujours avec son air béat, comme si elle le voyait pour la première fois. Sans s’en rendre compte, elle le dévora des yeux, exactement de la même façon que quelques heures plus tôt. La jeune femme essayait de retrouver les traits si merveilleux de son collègue. Elle releva les yeux au ciel, inspirant une bonne bouffée d’air. Lorsqu’elle abaissa ses prunelles dorées, elle expira lentement. Mais alors qu’elle s’apprêtait à repartir dans sa description de David, un coup de feu retentit au loin. La jeune femme sursauta et se retourna vers l’entrée de la clairière. Le chasseur était pourtant loin, mais elle devait, pour sa propre personne, vérifier qu’il n’était pas tout près. Ouf, il n’y avait rien. Elle fit volte face pour se retrouver face au beau brun, les sourcils froncés et ses iris ayant pris une teinte plus foncée. C’était sans doutes dû à la colère, ou peut-être même à la peur. Elle balaya la percée de font en comble, vérifiant que personne n’allait l’attaquer par surprise avec un fusil.

    *Ton côté parano revient chérie*

    Lui souffla sa conscience. La jeune femme secoua la tête, croyant qu’elle avait rêvé. Elle s’entoura la taille des bras fins et pâles, encore plus fantomatiques avec la lumière de la lune. Elle reposa ses prunelles orangés dans celles du jeune homme, se forçant soudain à croire qu’elle avait rêvé. Cette fois, elle sentit un léger vertige. Le fait d’avoir croisé ce si beau regard l’avait mise mal à l’aise ? Etait-elle malade ? Folle ? Les deux ? Alors qu’elle continuait sa réflexion sur son état moral, un coup de feu, cette fois le double de l’autre en volume, se fit entendre. Non, elle n’avait pas rêvé en fait. Ses sourcils se froncèrent de plus belle. La jeune femme serra les poings, se retourna violemment et vit, sur le chemin de terre, un homme armé qui s’avançait. Le chasseur arrivait par là. Il avait l’air de ne pas voir ce qu’il faisait. Si l’un des deux jeunes gens avait le malheur de faire un mouvement brusque, semblable à un comportement animal, il serait abattu accidentellement, ou pas. Heureusement, une biche traversa le champ à ce moment là. L’homme tira, et l’animal s’écroula peu de temps après. Marion porta ses mains à sa bouche, horrifiée. Il agissait sans réfléchir, Marion et David étaient donc en danger.

    « Saloperie de chasseur. On ferait mieux de s’en aller de là»

    Fulmina-t-elle entre ses dents blanches parfaitement alignées. Elle recula de quelques pas, ne sachant pas où elle allait, ni sur qui… Puis, lorsque le chasseur regarda en leur direction, elle s’arrêta. Ce dont elle ne se rendit pas compte, c’est de la distance médiocre qui la séparait du jeune homme. Son souffle affolé pouvait parvenir jusqu’aux oreilles du jeune homme. Le chasseur lança une autre balle, mais cette fois, dans leur direction. Marion recula d’un pas, heurtant David de plein fouet. Une petite voix dans sa tête hurla. Marion grimaça, comme si le simple fait de le toucher n’était pas assez désagréable (ou pas…). Les accents orageux lui ordonnaient de s’écarter, mais la vision de l’homme armé l’en empêcha. Il se rapprochait. Il était très loin, mais il les rejoindrait très vite s’ils ne s’en allaient pas. Elle parvint néanmoins à s’écarter pour se retrouver à côté du jeune homme. Une pensée pour Just traversa l’esprit de Marion. Et s’il avait été abattu ? Et s’il n’avait pas réussi à rentrer ? Un goût amer remplaça celui du sang qui coulait encore de sa lèvre.

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MessageSujet: Re: « I’m my own worst enemy... » || Marion D.   Mar 5 Aoû - 12:35

    Et pourtant, il avançait toujours. D’un pas de zombie. Non, pas vraiment de zombie, à la réflexion. Disons plutôt d’un pas mécanique, déconnecté. Même la petite voix avait renoncé à l’engueuler. Elle avait dû finir par le juger irrécupérable… Et elle n’avait sûrement pas tort.
    I’m my own worst enemy…
    Comme par hasard, cette phrase lui revint en mémoire.
    Alors qu’il était maintenant suffisamment proche de Marion pour que ce soit alarmant –et pour entendre sa voix-, elle prit la parole, lui annonçant qu’elle cherchait « Just ». Just ? Ah, oui, son cheval. Elle avait dit ça d’un air bizarre, comme si… comme si elle avait besoin de se justifier. Alors que ce n’était pas le cas. Ou plutôt, peut-être que si en fait. Et du coup, lui aussi était sûrement censé faire de même, puisque finalement, sa présence à cette heure-ci dans ce coin reculé de la forêt n’était pas moins incongrue que celle de la jeune fille. Mais si l’idée de s’expliquer effleura David, il n’en fit rien. Même pas la peine. Il se contenta de répondre d’un hochement de tête, tout en se demandant bien ce que Just Another pourrait bien trafiquer dans la forêt en pleine nuit. C’était un cheval, il n’était pas idiot…
    Tiens, ses jambes continuaient d’avancer. Il était vraiment très près de Marion là. Et c’était particulièrement imprudent… Compte tenu de ce qui s’était passé tout juste quelques heures plus tôt. Mais nan, mais n’importe quoi là. Tout ce qu’il faisait, c’était se rapprocher de la seule présence humaine du coin. Par pur instinct grégaire, c’est évident. Et puis aussi, pour prendre des nouvelles de Just. Oui, voilà, c’était ça. Pour savoir pourquoi elle le cherchait dans un coin paumé alors qu’il faisait nuit noire (ou plutôt, nuit grise, si l’on prend en compte l’éclairage blafard de la lune). Se serait-il, par le plus grand des hasards, échappé ? Ouh, voilà qui promettait d’être drôle.
    Il remarqua alors le regard qu’elle posait sur lui. Un regard qui fit courir un frisson le long de son échine. Ses deux grands yeux braqués sur lui le dévoraient littéralement. Elle le buvait du regard, avec une expression qu’il n’aima pas, mais alors pas du tout. Si être reluqué et admiré faisait partie de ses habitudes et ne lui déplaisait évidemment pas, en revanche, là… Il y avait au fond de ces yeux un reflet qui lui fit peur. Une sorte de… de quoi ? De tendresse. Oui, voilà. Lorsqu’elle était partie du studio, tout à l’heure, elle lui avait lancé un dernier regard, débordant d’une tendresse qui l’avait rendu malade. Et là, il retrouvait cette expression. Assez vaguement, certes, mais il l’apercevait encore, brillant tout au fond des yeux clairs.
    *Oh my God.*
    Il mesurait pleinement l’étendue de sa gaffe. Une gaffe énorme. Gigantesque. Monumentale.
    Il savait déjà qu’il avait commis une erreur, en ce début d’après-midi Lunellien. Mais alors, il ne se doutait pas des proportions que prendrait la chose. Il fallait qu’il remédie à cela. Et tout de suite. Avant que les chose ne s’aggravent davantage. Il ne fallait pas, surtout pas, que ça continue ainsi. Elle se faisait des illusions. Tout ce qu’il cherchait à éviter depuis le début était en train d’arriver. Et c’était une catastrophe.
    Il allait la stopper là et elle comprendrait une bonne fois pour toute. Enfin, l’espérait-il. Et c’est sur cette détermination que David continua d’avancer vers Marion. Lorsqu’un coup de feu retentit.
    *Han c’est pas vrai.*
    Il avait appris à se méfier des coups de feu… En particulier lorsqu’ils avaient lieu en forêt alors que lui-même s’y trouvait. Il avait déjà vécu suffisamment de mésaventures comme ça… Cela dit, celui-ci avait l’air de venir d’assez loin. Mais il est dur de faire des estimations justes en forêt : la végétation a une fâcheuse tendance à étouffer les bruits et à altérer le jugement des distances… En fait, quelque chose disait vaguement à David que le chasseur qui venait de tirer était en train de se rapprocher. Oh, un vague pressentiment de rien du tout, une minuscule impression qui cependant résistait au rationnalisme forcené du jeune homme. Et Marion semblait penser la même chose, car, après un sursaut, elle s’était retournée pour scruter les environs et guetter la potentielle arrivée du tireur. Pff, ridicule et superflu. Néanmoins la brunette n’avait pas l’air hautement rassurée car elle eut ce réflexe de s’entourer la taille de ses bras comme pour se réchauffer ou se protéger de quelque chose. David évita délibérement son regard.
    Les jeunes gens n’eurent pas besoin d’attendre bien longtemps pour voir leurs doutes confirmés. Une seconde détonnation se fit entendre, éclatant dans l’atmosphère paisible de la forêt. Bien plus forte que la première. Ainsi, le chasseur s’était rapproché. Huhu, pas bon, ça.
    David suivit machinalement le regard de Marion et ses yeux se fixèrent sur la silhouette d’un homme, bien plus loin, qui selon toute apparence tenait un long cylindre sombre entre les mains. Un fusil, il ne fallait pas être bien malin pour le comprendre.
    *Voici donc notre homme…*
    Le type avait une démarche un peu bizarre. Théoriquement, un chasseur avance furtivement, il s’efforce de se faire discret pour attraper sa proie, et comme tout prédateur véhicule une certaine assurance. Or, c’était loin d’être le cas de cet homme-là. Il n’avait pas tellement l’air de chercher à être discret et marchait sur le chemin sans paraître se soucier du fait que les animaux ont plutôt tendance à éviter les voies humaines. Ajoutons à cela un pas quelque peu mal assuré… David avait vu suffisamment de mecs ivres dans sa vie pourtant courte pour se douter que celui-là avait bu. À moins qu’il ne se soit échappé de l’asile… En tout cas, il avait l’air de se sentir menacé car il dirigeait son fusil en tous sens, et il ne faisait aucun doute que le moindre mouvement suspect ferait appuyer son doigt sur la gâchette.
    Le jeune homme se retourna brusquement en sentant de l’agitation dans son dos. Une biche traversait à vive allure la clairière, et David eut un très sale pressentiment. Paan. Il avait eu raison. La bête s’écroula sur le flanc, les pattes encore agitées de spasmes. Il plissa le front en reportant son regard sur le chasseur. Zut, ce type-là savait tirer. À moins que ce n’ait été un hasard… En tout cas il n’avait pas l’air de se sentir concerné par ce qu’on appelle l’économie de munitions et ce n’était pas forcément un point très positifs pour les deux jeunes qui avaient eu le malheur de se retrouver là… Qu’il soit ivre ou fou, ce mec était dangereux. Et manifestement, Marion pensait la même chose car elle suggéra de s’éloigner…
    Mais le chasseur avait déjà reporté son attention sur les importuns qui se trouvaient là. David entendit la respiration hachée et précipitée de la jeune fille tout près de lui. Si elle se mettait à paniquer, il ne donnait pas très cher de leur peau. En voyant l’arme maintenant braquée sur eux, il comprit.
    « At… »
    Le coup de feu noya ses paroles sous une violente détonnation. Super, maintenant ils étaient pris pour cible.
    Marion fit un bond en arrière et le percuta. Machinalement, il referma ses bras sur elle, entourant ses épaules tandis qu’elle était appuyée contre son torse.
    *Finalement elle avait pas tort, on ferait pitêtre mieux de s’en aller…*
    Il relâcha presqu’immédiatement son étreinte et elle s’écarta, mais ce quatrième coup de feu avait ravivé les instincts de David.
    « On se barre ! » lâcha-t-il en saisissant brusquement le poignet de Marion.
    Il fit volte-face et se mit à courir en la tenant fermement pour qu’elle suive, sans lui laisser le temps de réagir ou de protester. Le claquement d’un autre coup de feu résonna dans l’atmsophère et le jeune homme vit la balle faire un trou dans l’écorce d’un arbre près de lui. Il accéléra et se mit à zigzaguer entre les troncs, sans lâcher la jeune fille. Au bout de quelques instants, il se retourna. Le chasseur était hors de vue, mais la forêt était fournie et il était probablement masqué par un bosquet, pas très loin d’eux. David ralentit un peu en sentant Marion qui n’allait plus très vite, puis il repartit de plus belle. Au même instant, le cri du chasseur leur parvint en même temps qu’un autre coup de feu. Le jeune homme ne chercha pas à savoir ce que l’homme avait dit. Il était en train de se faire tirer comme un lapin et il détestait tout particulièrement cette idée mais, la vie a une fâcheuse tendance à rarement vous accorder ce que vous désirez.
    Un tronc couché barrait leur route. Obstacle mineur pour David qui, dans un bond de ses grandes jambes, passa de l’autre côté sans ralentir. Marion ne s’en tira pas si bien et son poignet glissa d’entre ses doigts. Il l’avait lâchée ! Il ralentit légèrement sa course et entendit la jeune fille qui le rattrapait. Il attrapa la première chose qui passait à sa portée, à savoir sa main, et se remit à accélérer en la tenant fermement, croisant ses doigts entre les siens pour s’assurer une meilleure prise.
    Derrière, aucun bruit de poursuite, aucun coup de feu et aucune insulte ne se faisaient plus entendre. Pas question pour autant de s’estimer tiré d’affaire, le jeune homme le savait. Cependant par égard pour sa collègue qui, bien plus petite, ne pouvait pas suivre son rythme effréné, il ralentit sa course. Ça ne pouvait pas durer. D’abord, c’était mauvais pour la fierté personnelle de David d’être pris en chasse comme ça. Et puis il était certainement illusoire de croire semer suffisamment le chasseur en courant bêtement. Les brindilles et les feuilles mortes au sol craquaient bruyamment à chacun de leurs pas, trahissant leur présence. Une facilité de plus pour le psychopathe qui les suivait.
    Sur sa gauche, le jeune homme vit un gros rocher recouvert de lierre et de plantes grimpantes de ce genre. Il se dirigea vers le promontoire, entraînant Marion derrière lui. En fait, ce n’était peut-être pas un rocher, car en en faisant le tour, David distingua un trou noir entre deux tiges de lierre. Il s’approcha et écarta les lianes, dévoilant une ouverture béante. Qu’est-ce que c’était que ce truc ? En tout cas, ça avait l’air assez profond pour les cacher tous les deux. Il s’engagea dans l’entrée sombre et fit entrer Marion, puis il replaça soigneusement les lianes à leur emplacement initiale. De cette façon l’entrée de leur cachette était presque entièrement invisible de l’extérieur, et ils pouvaient voir un morceau de forêt derrière le rideau de verdure.
    Voyant subitement le chasseur débouler, David s’accroupit et les deux jeunes gens se tapirent dans l’obscurité, aussi immobiles que possibles, tous leurs sens en alerte. L’homme et son fusil ne passèrent pas très loin, mais le type avait l’air sûr du chemin qu’avaient pris ses proies et n’eut pas l’idée de scruter le gros rocher… Il passa au pas de course, et s’éloigna. Ils restèrent un moment immobile, guettant un bruit de pas ou quoi que ce soit qui trahirait une présence, mais rien ne se fit entendre. Il était parti. Ils étaient sauvés !
    C’est alors seulement que David réalisa que sa main et celle de Marion étaient restées entrelacées. Vivement, il dégagea sa main.

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MessageSujet: Re: « I’m my own worst enemy... » || Marion D.   Mar 5 Aoû - 17:19

    Au moment même où la silhouette longiligne de la jeune femme heurta celle de David, grande, musclée, rassurante, des bras l’enlacèrent. Un frisson la parcourut, mais elle oublia vite car le chasseur se rapprochait à vitesse grand V. Son cœur battant, pour deux raisons très précises, elle dévisagea l’homme, mais la lumière n’était pas assez forte pour qu’elle puisse distinguer ses traits parfaitement. Une longue mèche noire passa devant son regard brûlant de haine, et elle la dégagea d’un mouvement de la tête précis. C’est alors que la chaleur du corps de David lui revint à l’esprit. La jeune femme, lorsqu’il relâcha son étreinte, s’écarta aussitôt, se mettant à ses côtés, mais restant tout de même assez proche. Le chasseur ne marchait pas droit, mais Marion n’eut pas le temps de s’en préoccuper car il tira encore une fois, et bel et bien dans leur direction. David se saisit de son poignet, l’enfermant dans sa grande main tiède, et l’entraîna derrière lui. Ses foulées étaient si grandes qu’elle dût accélérer pour parvenir à le suivre. Les deux prirent la direction du chemin, puis tournèrent bien avant pour disparaître dans les plantes touffues de la forêt. Ils contournèrent le ruisseau, et se déplacèrent en zigzagant pour fausser les pistes. Le jeune homme continuait à se déplacer si vite que la jeune femme en fut essoufflée au bout de très peu de temps. D’ailleurs, il le ressentit car il ralentit un peu pour lui laisser le temps de se reprendre un peu. Au moment de repartir, les deux jeunes reprirent la course en même temps. Leur télépathie s’était encore connectée, un peu comme quelques heures plus tôt à Lunel… Sans commentaire. Parfois, Marion tendait un peu le bras pour éviter des obstacles, et à d’autres moments, elle se rapprochait du jeune homme, se sentant bien plus en sécurité avec lui. David trouvait ses repères. Lui prenait les chemins avantageux pour sa grande silhouette, mais généralement il n’y avait pas de place pour deux. La jeune femme évita de justesse une branche qui menaçait de l’assommer si elle ne se baissait pas. Une fois l’obstacle contourné, elle sauta une flaque d’eau et reprit sa foulée rapide qui lui permit de suivre le beau brun avec plus d’aisance. Mais tout ne fut pas aussi facile après cela. Une forme allongée et relativement haute était couchée en plus milieu de leur chemin improvisé. David ne ralentit pas et avala l’obstacle comme s’il était à cheval. Marion tenta de faire pareil, mais arrivée à quelques centimètres elle ralentit, certaine de ne pas pouvoir le passer en sautant. Elle aurait donné n’importe quoi pour avoir Just avec elle. A cheval, sauter un tronc comme celui-ci était un jeu d’enfant. La main de David lâcha son poignet. Elle se hissa sur le tronc, à califourchon, et passa ses jambes de l’autre côté. Le jeune homme l’attendait un peu plus loin. Elle secoua la tête pour pousser des mèches brunes de son regard, et reprit sa course, avec une souplesse féline, pour se rapprocher de lui. Sans se poser de questions, il l’attrapa par la main et l’entraîna de plus belle derrière lui. Cette fois, elle se cala sur sa foulée et se concentra sur l’endroit où elle mettait les pieds. Leurs doigts s’enlacèrent, Marion dût penser à Just pour oublier la vague de chaleur qui l’envahit en très peu de temps. Evitant les troncs qui se faisaient de plus en plus serrés, les deux jeunes continuèrent leur course pour semer le chasseur fou. Marion prit un peu plus la tête lorsque le chemin fut plus large et plus dégagé. De peur que l’homme armé les rattrape vite sur ce chemin, ils partirent dans un endroit qui regorgeait de buissons touffus. Ainsi entourés, ils seraient très difficiles à retrouver. Peu à peu, l’italien ralentit, par pitié envers elle sans doutes. Les secondes passèrent alors que les deux jeunes gens s’arrêtèrent. Marion suivit David, l’air intrigué. Que se passait-il ? Il fallait qu’ils continuent sinon ils seraient vite rattrapés par le psychopathe armé. La belle frissonna, juste à l’idée de voir cet homme qui s’apprêtait à les fusiller pour une raison inconnue. Soit c’était un garde de l’internat qui en avait contre les membres du personnel traînant dans la forêt en pleine nuit, soit c’était bel et bien un étranger en colère, prêt à tuer le premier qui passait par là… Très rassurant, n’est-ce pas ?

    Marion finit par comprendre lorsque le jeune homme écarta des lianes avec sa main libre. Une sorte de grotte fit son apparition, aux yeux ébahis de la jeune irlandaise. Y avait-il des lieux secrets comme à l’Internat ? En même temps, cela ne la surprenait pas car l’ancien château ne se trouvait qu’à une heure de route du Domaine de la Rose Noire. Un rideau de lierre cachait son entrée en totalité. Si David ne s’était douté de rien, elle ne serait pas venue à l’esprit de Marion. Cette dernière aida l’italien, aux yeux captivants, à dégager l’entrée sans briser les lianes. Une fois qu’ils eurent créé un passage assez grand, David s’engouffra dans le trou en se baissant légèrement. Leurs doigts étaient toujours enlacés, si bien que la jeune femme fut obligée de le suivre. Etant bien plus petite que lui, elle n’eut même pas à s’abaisser pour passer. Elle se glissa dans l’ouverture, comme une souris dans son trou. Une fois qu’ils furent en ‘sécurité’, David boucha l’entrée en remettant les lianes à leur place initiale. La belle, quand à elle, s’appuya contre les parois humides, les bras entourant ses jambes fines et tremblantes. La place manquait, car les yeux étaient collés l’un contre l’autre, les doigts toujours enlacés, paumes contre paumes. Petit à petit, on put discerner des bruits de pas et Marion crut entendre des jurons en Anglais. Ses pupilles s’agrandirent sous l’effet de la surprise. L’homme se rapprochait dangereusement. Il n’allait pas tarder à passer devant eux. Le seul bruit capable de l’alerter était le souffle haletant de la belle brune. La jeune femme posa sa main glaciale contre ses lèvres pour étouffer les sons, ce qui sembla fonctionner, heureusement. L’homme poussa un juron, et cette fois, Marion reconnut sa langue sans problèmes. Elle avait côtoyé assez de gens pour connaître le fabuleux dictionnaire des gros mots en Anglais. Une lueur d’étonnement fendit son visage de lait, alors qu’elle se retournait vers David. Son souffle près d’elle ne la gênait plus maintenant qu’elle avait entendu la voix du chasseur. Celui-ci, bête comme ses pieds, s’en alla sans même avoir repéré la cachette. C’est à ce moment-là, enfin, c’est ce qu’elle pensa, que David réalisa qu’ils étaient main dans la main. Il se dégagea, pour le plus grand plaisir de la jeune femme qui déposa sa main tiédie sur son genou. Elle l’observa du coin de l’œil. Pas certaine qu’ils doivent sortir de la planque, et elle crut percevoir que David était aussi perplexe, elle se releva et scruta l’endroit de font en comble. Il s’agissait d’une très petite grotte, très sombre mais arrondie comme le haut d’un berceau. La belle se releva tout en se pliant en deux pour ne pas toucher le plafond en pierre. Alors qu’elle s’apprêtait à faire demi tour, elle glissa sur le sol et fut attirée par un trou qu’elle n’avait pas vu, tel un morceau de ferraille sur un aimant. Elle eut le bon réflexe de se grouper pour ne pas atterrir en morceau à l’endroit où elle était menée de force. Elle voulut crier, mais aucun son se s’échappa de sa gorge tellement elle était tétanisée. Quelques secondes plus tard, la belle retomba lourdement sur un sol de pierre. Elle leva les yeux vers le ciel et découvrit un trou qui laissait passer les rayons de l’astre de la nuit, puis soupira. Toutes les pires choses lui étaient destinées. Elle était coincée pour la nuit. Tout ce qu’elle espérait, c’est que David ne viendrait pas à sa rencontre, parce qu’ils serraient encore plus bloqués.
    Un vertige força Marion à rester clouée au sol. La jeune femme posa ses mains contre son front, s’efforçant de respirer normalement. Son regard parcourut les lieux, mais pas pour longtemps car avec sa claustrophobie, les murs se rapprochèrent et s’écartèrent au rythme des battements de son cœur. La belle se cacha les yeux et roula sur le côté pour s’adosser à une paroi glaciale. Elle y posa la tête. Cette fraîcheur, mélangée à un peu d’humidité, calma son épouvantable mal de crâne. Passer la nuit ici serait un véritable enfer. Arriverait-elle à se contrôler sans tomber dans les pommes ? Elle en doutait vraiment, mais en réalité, elle n’avait pas le choix.

    « Waouh… »

    Couina-t-elle en se roulant en boule contre le mur. L’écho de son murmure fut néanmoins assez fort pour faire trembler le sol. C’était la première fois qu’elle se retrouvait confrontée à sa peur sans aucune issue. Sa conscience tenta de la rassurer en marmonnant des paroles réconfortantes, mais rien ne fut idéal car ses vertiges s’intensifiaient.
    [ A écouter en même temps > Edge Of The Earth - 30 Seconds To Mars <3 ]

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MessageSujet: Re: « I’m my own worst enemy... » || Marion D.   Mer 6 Aoû - 16:20

    David s’aperçut que son cœur faisait des bonds hystériques dans sa poitrine, à cause de la course-poursuite entre les arbres. Il s’adossa à la paroi toute proche, espérant pouvoir étendre un peu ses jambes de cette façon, mais leur cachette était trop petite et il dut se recroqueviller sur lui-même. Une fois rassuré sur le compte du chasseur qui désormais ne représentait plus une menace directe, le jeune homme s’autorisa à tourner ses pensées vers un autre point qui s’imposa à son esprit : Où étaient-ils ?
    C’était une sorte de cavité très obscure et peu profonde, pour autant qu’il puisse en juger. Une sorte de gros trou dans le rocher, auquel il aurait été exagéré de donner le nom de grotte vu sa taille médiocre. Ses yeux verts s’habituant à la pénombre, il put distinguer le plafond de pierre, étonnament lisse et rond. On avait peine à croire qu’il s’agissait là d’une entaille naturelle enfoncée dans la roche… Les murs étaient beaucoup trop réguliers. Cependant l’hypothèse d’un trou creusé là intentionnellement n’était pas moins fantasque. Un très, très vieil abri, peut-être, que la végétation aurait camouflé avec le temps ? Mais au fond, peu importait. Cette cavité avait été une véritable aubaine et David n’avait pas franchement l’intention de chercher beaucoup plus loin.
    Près de lui, Marion semblait décidée à mener l’exploration de leur cachette. Une exploration qui toucha vite à son aboutissement étant données les dimensions du lieu… Le jeune homme de son côté scrutait la forêt et alla jusqu’à décaler légèrement les lianes qui camouflaient l’entrée sombre pour mieux y voir. Pas âme qui vive dans les parages. Ils allaient pouvoir ressortir, pensa-t-il. Loin d’être claustrophobe, David avait cependant une sainte horreur des conduits sombres et humides comme celui-ci, qui l’obligeaient à replier au maximum sa grande carcasse. De la place, voilà ce qu’il lui fallait ! Il n’avait pas l’intention de passer des heures ici, surtout en si « charmante » compagnie…
    « Bon, on va pouvoir y a… »
    Il s’interrompit en se retournant, ayant cru entendre le bruit précipité d’une chute dans son dos.
    « Marion ? »
    Personne. Il cligna plusieurs fois des yeux pour améliorer sa vision nocturne, mais cela ne servit à rien : la jeune fille n’était manifestement plus là.
    *Han, je rêve…*
    À tâtons, le jeune homme rejoignit le fond de la micro-grotte dans l’espoir d’y trouver des traces de la disparue. À cet instant, il sentit le sol céder sous ses pieds. Il dérapa sur le sol humide et se jeta en avant pour se raccrocher comme il le put, une main sur le mur trop lisse et l’autre enfoncée dans la légère couche de terre boueuse qui recouvrait la pierre du sol. Sa glissade s’arrêta là et il poussa un soupir de soulagement. Quelques centimètres de plus et il était trop tard pour espérer se rattraper à quoi que ce soit… D’une traction des bras, il regagna la terre ferme. David vit alors les noirs contours d’une sorte de trou qui s’enfonçait dans la terre, tout juste assez large pour laisser passer un homme. Il tâta les bords, sentant sous ses doigts une fine couche de gadoue liquide qui dégoulinait sur la pierre, la rendant d’autant plus glissante. Bon, bah au moins maintenant il savait où était passée Marion…
    « Marion ? » appela-t-il une fois encore, penché au-dessus de l’ouverture.
    Pas de réponse.
    Rah nan mais franchement, y’en a qui ont le chic pour se fourrer dans des situations pas possibles ! Typique d’une fille, ça. Il leva les yeux au ciel.
    « Youhou ! T’es là ? »
    Toujours rien. Mais qu’est-ce qu’elle trafiquait ? Il eut un soupir excédé.
    « C’est pas vrai… » grommela-t-il.
    Secouant la tête, il regagna l’entrée de la cavité. Un instant, il fut tenté de sortir, de s’éloigner d’ici. Elle se dépatouillerait bien sans lui ! C’était pas son job de jouer les gardes du corps-anges gardiens. Du bout des doigts, il frôla le rideau de lierre qui le séparait de la forêt. Pourquoi ne répondait-elle pas ? Il fallait déjà qu’elle soit entière. Là-dessus, David se fit la réflexion que ce trou avait une profondeur inconnue et qu’elle pouvait tout aussi bien s’être écrasée quelques dizaines de mètres plus bas…
    *’Spèce de con !* se morigéna-t-il, mais il savait déjà ce qu’il allait faire.
    En deux pas, courbé au maximum à cause du plafond trop bas, il fut à nouveau au bord du trou. Pas étonnant qu’elle soit tombée là-dedans, il était quasiment invisible et il fallait vraiment le chercher pour le trouver. Combien de profondeur pouvait-il bien y avoir ? Bah, il verrait bien.
    Il assura sa prise sur deux pierres plus ou moins saillantes, puis laisser glisser ses jambes le long de la paroi inclinée. Il ne se tenait plus maintenant que par les bras et se fit descendre doucement jusqu’à les tendre. Maintenant, il allait devoir lâcher… Il lança un regard vers le bas. Effort superflu : il n’y avait rien à voir. Rien d’autres que les ténèbres absolues.
    « Tu me paieras ça, je te le garantis… » promit-il à mi voix. Qu’est-ce qu’il ne faisait pas pour elle !
    Un, deux, trois. Ses doigts se déplièrent et il tomba.
    Il avait laissé ses pieds et ses genoux en contact avec la paroi et glissa plus qu’il ne chuta, comme sur un toboggan noir et glacial, mais beaucoup plus incliné que la normale –et dont l’arrivée n’était pas sécurisée…
    Ses pieds rencontrèrent brutalement le sol et il roula souplement par-terre pour amortir le choc, avant de se mettre vivement à genoux. Il jeta un regard circulaire autour de lui. Heureusement, ses yeux ne se noyèrent pas dans un noir total : le plafond n’en était pas tout à fait un, et laissait filtrer les rayons de lune par une ouverture sur le ciel étoilé. Il essaya de se relever, très prudemment, mais jugea plus prudent de rester un peu courbé. Il n’y avait sûrement pas deux mètres de hauteur ici et quand bien même, il suffirait d’une roche un peu saillante pour l’assommer…
    Ses yeux verts balayèrent ce nouvel endroit, en quête d’une trace de Marion. Il distingua très vaguement une forme sombre repliée sur elle-même dans un coin et s’approcha doucement.
    « Marion ? » appela-t-il.
    Il posa la main sur ce qu’il supposait être son épaule, mais qui s’avéra être sa hanche. Gêné, il déplaça sa main dans le noir pour atteindre l’épaule de la jeune fille.
    « Entière ? » s’enquit-il.
    Elle n’avait franchement pas l’air de déborder d’énergie, là…
    Quelque chose derrière lui le fit tressaillir. Pas vraiment un bruit, disons plutôt un mouvement d’air, qui attira son attention et le força à scruter l’obscurité malgré la faiblesse de ses yeux. Ils se trouvaient dans une sorte de salle de dimensions suffisantes pour leur permettre d’avoir un minimum de place chacun. Le plafond n’était pas très loin, difficile d’en estimer la hauteur avec cette lumière… Tout un pan de mur disparaissait, avalé par l’obscurité qui en faisait un trou béant de ténèbres. Y avait-il la continuité de cette grotte ? Ou bien n’était-ce qu’une paroi rocheuse maintenue dans l’ombre par les caprices des rayons lunaires ?
    Le jeune homme chercha l’ouverture par laquelle il était arrivé là mais ne vit qu’une ombre en haut d’un mur. Il était clair qu’ils ne pourraient pas repartir par là…

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MessageSujet: Re: « I’m my own worst enemy... » || Marion D.   Mer 6 Aoû - 20:15


    Marion était toujours recroquevillée contre le mur, profitant de sa fraîcheur pour atténuer les malaises. Les yeux toujours fermés, elle cherchait à respirer profondément pour que son ‘handicape’ ne prenne pas le dessus. Soudain, une idée lui vint en tête. Elle s’imagina qu’elle était sur une plage déserte, et le vent qui fouettait son visage de lait. Idéal. Elle en oublia, l’espace d’un instant, où elle était vraiment. La jeune femme entendait des voix au loin, mais elle était comme dans un rêve, envoûtée. Elle était plongée dans une sorte de coma protecteur. Elle s’entoura de ses bras et plaça son menton contre sa poitrine. Ainsi, de longues mèches de la couleur de l’encre vinrent faire un rideau défenseur devant son visage aux traits crispés. Elle avait serré ses poings et elle se mordait encore la lèvre. Sa tête la lançait, comme lorsqu’on a une migraine. Ses oreilles sifflaient et elle avait une vague impression de bouger alors qu’elle était immobile. Jamais elle n’avait été aussi mal en point. Affronter sa peur la plus importante était la chose la plus difficile. Son souffle haletant caressait la pierre humide que Marion sentait contre sa silhouette svelte. Elle frissonnait de tout son être, mais cette fois, elle n’avait plus peur pour la même raison. Sans qu’elle ne s’en rendre compte, sa main se serra contre le sifflet glacial qui venait de glisser sur le sol. Toujours parcourue de frissons, elle se regroupa de plus belle, devenant une forme au milieu de nulle part, dans un coin des ténèbres. C’est alors, que parmi tout ce froid, quelque chose de chaud, de brûlant même, vint de poser sur sa hanche. Tout son mur se brisa. Le sol trembla, les murs frissonnaient aussi contre sa peau marbrée. La chaleur traversa sa peau et la réchauffa en moins de deux secondes. Mais cette chose étrangement brûlante se releva pou venir se poser doucement sur son épaule. La jeune femme ne bougea pas, tétanisée par le tremblement des lieux. C’est alors, que, parmi son cauchemar, un ténor s’adressa directement à elle. C’était un ton, qui, elle en était certaine, s’inquiétait, légèrement, certes, de son cas. La jeune femme prit une grande inspiration avant de lui répondre.

    « Physiquement oui. ‘Fin, j’crois. »

    La belle n’ouvrit pas les yeux et se retourna vers le jeune homme. Elle déplia ses jambes, étira ses bras avant de les poser, croisés, sur sa tête. Cette dernière irradia, comme une blessure sanguinolente. Elle lâcha le sifflet qui rebondit sur le sol. Le bruit métallique résonna dans la grotte pendant une bonne minute, intensifiant les maux de tête de Marion. Celle-ci gémit. Pourquoi fallait-il que, la seule fois où elle devait se cacher, elle se retrouve coincée sans issue entre deux problèmes : Sa peur, et son amour. La première n’étant pas récente, elle avait encore beaucoup de mal à s’y habituer et à vivre avec. Tout cela n’avait pourtant pas de cause précise. Avec l’âge, elle avait prit conscience qu’elle détestait être enfermée, et que les petites pièces sombres l’oppressaient. Pourquoi avait-elle réfléchi ? Pourquoi il avait fallut qu’elle pense à ça ? A présent, elle ne pouvait pas rester dans une pièce fermée sans s’évanouir. Malgré tout, le fait de lutter comme ça la gardait consciente, et c’était déjà un grand pas. La seconde cause, c’était David à ses côtés. Elle avait prié pour qu’il ne vienne pas, mais rien n’avait fonctionné. J’vais me faire débaptiser, c’est officiel, pensa-t-elle entre deux hauts les cœurs. De plus, quelques heures plus tôt, leur baiser l’avait troublée. Alors, être enfermé en compagnie de la seule personne que vous n’osez pas approcher était le comble. Soudain, elle ouvrit les yeux. Les murs se rapprochèrent, le sol trembla encore. Sa tête tourna. Elle poussa un gémissement de rage. Elle se mit sur le côté, aux pieds du jeune homme. Bataillant contre un nouveau malaise, elle se força à garder les yeux entrouverts. Jamais elle n’avait été aussi mal. Stupide claustrophobe, ressaisis-toi immédiatement tu veux ? Elle crispa ses mains sur son visage, se mordant les lèvres de plus belle. Une goutte vermeille perla de sa bouche.

    « Moralement, je suis en mille morceaux. Ca te va comme réponse où j’dois me justifier ? »

    Termina-t-elle dans un souffle agacé. Agacé par quoi ? En réalité, elle travaillait depuis peu sur sa claustrophobie. Elle aurait préféré vivre ce moment toute seule plutôt qu’en sa compagnie. Dans ses yeux, on pouvait lire clairement qu’elle était affolée. Ses prunelles dorées étincelaient à la lumière de la Lune. Elle leva une main, puis essuya la goutte de sang qui la chatouillait. Sans le vouloir, en l’abaissant, elle effleura les doigts du beau brun. Là, elle n’arriva plus à lutter. Elle sombra. Elle vit des tonnes d’étoiles, ses oreilles de remirent à sifflet et là, plus rien. Le noir complet. C’est au moment où sa tête toucha le sol qu’elle reprit conscience. Elle ne ressentit pas une douleur physique mais plutôt morale, un peu comme quelques minutes plus tôt. Son corps fut parcourut de spasmes nerveux. Elle perdait le contrôle, elle devait se maîtriser. Elle ferma les yeux, poussa un gémissement plaintif et tenta de respirer plus lentement. Son souffle haletant n’était pas bruyant, mais, en elle-même, elle l’entendait très fort. Les jointures de ses doigts blanchirent, et là, plus rien, une fois de plus. Elle avait encore sombré dans le néant. Combien de minutes dura cette perte de conscience ? Elle n’arriva pas à le dire. Tout ce qu’elle savait, c’est qu’un bruit sourd gronda et la réveilla en sursaut. Un manteau d’étincelles recouvra les deux jeunes gens. Marion ouvrit les yeux, tant bien que mal, pour voir ce qu’il se passait. Au dessus d’eux, par le seul trou qui leur apportait un peu de lumière, s’était penchée une forme ronde qui tenait un objet long, pointé vers eux. Elle réalisa que c’était le chasseur fou. Elle prit son courage à deux mains et se tourna sur le ventre.

    « Bouge ! »

    Souffla la jeune femme à David. Un deuxième coup de feu fut lancé et la rata de très peu car la balle s’écrasa à quelques centimètres de sa tête. Il savait donc viser. Reprenant ses esprits pour combattre les maux de tête, elle s’aida de ses bras pour se réfugier dans l’obscurité, là où le chasseur ne pouvait pas les avoir. Chacun pour soi. Elle rampa le plus rapidement qu’elle put. Arrivée à mi-chemin, elle parvint à s’agenouiller alors que le chasseur rechargeait son fusil. La belle se releva, combattant le malaise, s’attrapa à un des remparts de pierre et se tapit contre la paroi suintante. Là, elle enfouit sa tête dans ses bras, les jambes repliées contre sa poitrine. Sa longue chevelure passa devant le tout, la cachant en totalité. Elle comprit que David était sain et sauf car il venait de s’installer à ses côtés. L’Irlandaise poussa un soupire très discret qui fut masqué par un coup de fusil. Là, sa vision devint plus nette, mais la brune continuait de trembler comme une feuille. Le chasseur donna un troisième coup de fusil qui tapa sur le rocher devant David. La jeune femme releva un peu la tête et jeta un regard en coin à son camarade. Pourquoi étaient-ils traqués ainsi ? Se promener en pleine nuit était donc aussi dangereux que cela ? A croire que oui. Ce qui était sûr, c’est que Marion, si elle s’en sortait vivante, irait porter plainte dès qu’elle serait de retour à l’académie.

    *Courage*

    Lui souffla sa conscience. Oui, elle était forte, elle avait toujours réussi à se sortir des situations les plus invraisemblables qu’il soit. Et là, elle avait une raison de tenir bon Elle n’était pas seule. Elle était en compagnie de la personne à qui elle tenait le plus. Elle n’avait jamais voulu l’avouer, mais c’était vrai. Elle observa la forme floue de l’homme dégénéré qui continuait à se débattre sur sa carabine. Avec un peu de chance, il serait bientôt à cours de munitions… Une énième balle s’écrasa aux pieds de Marion, lui provoquant un sursaut. Elle suffoquait, elle avait besoin d’air, d’être libre…


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MessageSujet: Re: « I’m my own worst enemy... » || Marion D.   Jeu 7 Aoû - 15:29

    En tout cas s’il avait espéré s’énerver contre Marion et la rendre responsable de ce qui leur arrivait, ses élans furent réfrénés lorsqu’il vit dans quel état elle était. Roulée en boule contre son mur, elle s’était mise à trembler comme une feuille. Que lui était-il donc arrivé ? En tout cas, le rassura-t-elle, elle était entière. Et comme pour appuyer ses propos, la jeune fille se redressa dans le noir, lui faisant face, paupières closes.
    « Bien… » souffla David avec un mouvement pour se détourner.
    Un gémissement le retint et il fixa sur Marion ses grands yeux verts aux pupilles dilatées à l’extrême par l’obscurité ambiante. Oulalalalà, ça n’allait vraiment pas fort… Pour autant qu’il puisse en juger avec la faible clarté de la lune, elle avait les traits complètement décomposés, l’air hagard, et, ce n’était peut-être qu’un effet des rayons lunaires, mais elle était plus pâle que jamais. Blafarde. La jeune fille bascula sur le côté et il serra convulsivement son poing sans savoir que faire. Il n’avait pas envie de se mêler encore à elle… Et puis il n’était pas doué pour les situations « délicates ».
    Marion ne lui apprit rien en lui annonçant que moralement, elle était « en mille morceaux ». Ça, il avait cru s’en douter… Et ne voyait pas trop comment l’expliquer, du reste. Il la savait claustrophobe, mais quand même, à ce point… Et puis le jeune homme ne savait au fond pas grand-chose de la claustrophobie. Il ne connaissait pas grand-chose de cette peur, si ce n’est qu’elle poussait son voisin de palier à se taper à pieds les douze étages de la tour même quand l’ascenceur avait la subite idée de marcher.
    Alors qu’il ouvrait la bouche pour répondre, elle s’écroula. Il n’eut pas le temps de la rattraper et vit sa tête heurter durement le sol. Mais, heureusement, Marion reprit immédiatement connaissance… Se mordillant pensivement la lèvre, David regarda le corps de la jeune fille, convulsé de spasmes nerveux. Il se sentait stupide à rester les bras ballants, mais ne pouvait pas faire grand-chose d’autre… Une fois encore, elle s’évanouit mais heureusement cette fois, sa tête déjà à terre ne subit pas de choc supplémentaire.
    « Marion ! » appela-t-il d’un ton franchement inquiet cette fois.
    Il lui tapota la joue avec de plus en plus d’insistance, lui secoua les épaules mais ne parvint qu’à déclencher une nouvelle crise de tremblements. Rien à faire, il ne parvenait pas à la réveiller. Une douche froide, peut-être… Euh, ouais, mais en l’occurrence la salle de bains était un petit peu loin.
    Subitement, la flaque de lumière pâlichonne dans laquelle se trouvait Marion s’obscurcit. Vivement, David releva la tête vers la trouée du plafond qui ne laissait maintenant plus voir la lune. Une silhouette la masquait, se découpant, noire et menaçante, sur le ciel étoilé. Pas besoin de se torturer l’esprit pour se douter très clairement de qui pouvait bien être ce personnage qui apparaissait subitement au-dessus d’eux et… les mettait en joue.
    David se releva brusquement et sa tête rencontra violemment le plafond pierreux et décidément beaucoup trop bas.
    « Bordel de merde de chiasse de… »
    Il débita à mi-voix tout un chapelet de jurons furieux et biens sentis tandis que la douleur irradiait sa tête. Mais un coup de feu l’interrompit dans sa lancée. Apparemment le chasseur paraissait très attaché à la dépouille des deux jeunes… Ce n’était pourtant pas un trophée de chasse si glorieux !
    David s’accroupit vivement pour présenter une cible un peu moins grande et, alors que son regard cherchait instinctivement Marion par-terre, il ne la trouva pas. Ses yeux fouillèrent fébrilement l’obscurité et il distingua l’ombre de la jeune fille qui se traînait à l’écart. Bon réflexe, au moins il lui restait un minimum de lucidité…
    Deuxième coup de feu. Sentant que le troisième serait pour sa pomme, David se déplaça rapidement en se faisant le plus petit possible et se rencognit dans l’ombre, là où la lune ne parvenait pas à percer les ténèbres de ses pâlichons rayons. Il sentait la présence de Marion près de lui, et toute la peur qu’elle irradiait. Elle tremblait et sa respiration hachée se faisait beaucoup trop entendre dans la grotte. Il y eut d’autres détonnations. Aucune balle ne toucha les deux jeunes gens, mais l’une d’elles fit voler de petits fragments de pierre aux pieds de David. Ils étaient hors de vue, mais pas hors de danger ; il suffirait au chasseur de changer d’angle d’attaque et ils seraient en plein dans sa ligne de mire… Certes, l’homme tirerait à l’aveuglette, mais il ne paraissait pas s’inquiéter pour ses munitions et avait de fortes chances de toucher voire de tuer sur le coup ses proies…
    Exagérément calme, David envisagea les possibilités qui leur restaient. Le rythme des coups de feu s’était apaisé. Le jeune homme vit que la noire silhouette jouait avec son fusil, probablement pour le recharger. Ce type-là manquerait-il un jour de balles ?! En tout cas, il ne fallait pas y compter. Mieux valait assurer sa survie.
    Il scruta la grotte du regard. Vu le boucan que faisait Marion avec sa respiration haletante, le chasseur pourrait très facilement la repérer… En plus, elle était au bord de la panique. Il se rapprocha d’elle à tâtons et posa une main sur son bras pour repérer où elle se trouvait. Putain, ce qu’elle tremblait. Il se glissa derrière elle et l’enlaça.
    « Panique pas » , commanda-t-il d’un ton dangereusement calme et froid.
    Là-dessus il lui plaqua la main sur la bouche et, la serrant contre lui, entreprit de se déplacer. Rasant le mur, ils s’éloignèrent de leur recoin d’obscurité et traversèrent la grotte en profitant de l’inattention momentanée de leur agresseur. David entraîna Marion jusqu’à un autre coin de la cavité, tout aussi sombre que le précédent mais également un peu plus réduit. Ils s’enfoncèrent au maximum dans l’obscurité, demeurant invisibles aux yeux du chasseur et qui plus est, hors d’atteinte de son arme. Le jeune homme se pressa contre le mur, comme s’il avait voulu se fondre dans la pierre, serrant Marion contre lui parce qu’il n’y avait pas assez de place.
    « Panique pas » , répéta-t-il, plus doucement, en sentant qu’elle n’avait pas l’air de se calmer, bien au contraire.
    Un. Deux. Trois. Quatre. Cinq. Six coups de feu lancés à l’aveuglette en direction de leur précédente cachette. David pouvait se féliciter de s’être dissimulé ailleurs, sans quoi ils se seraient fait trouer la peau, tous les deux… Il n’en pouvait plus, là. Il avait l’impression d’être camouflé dans ce petit coin depuis une bonne demi-heure. Le temps s’écoulait avec une affreuse lenteur, se complaisant probablement de la détresse des deux jeunes, et le chasseur semblait faire exprès d’attendre un long moment entre ses tirs. David sentait Marion toujours aussi tremblante dans ses bras, et le contact tiède de la jeune fille contre lui était beaucoup trop troublant à son goût. Il l’aurait volontiers lâchée et promptement éloignée de lui, mais il ne se sentait pas salaud au point de la balancer à la vue du fou furieux. Il sentait son parfum à plein nez et détourna la tête pour éloigner son visage de ses cheveux. C’est pas le moment, c’est pas le moment, se répéta-t-il.
    Tendant l’oreille, le jeune homme entendit alors le grognement furieux du cinglé d’en haut. Il secoua son fusil comme un abruti, s’échina contre la culasse mais eut beau faire, aucun coup ne partit plus. Serait-il possible que… Oui, on dirait bien. apparemment, le type semblait à court de munitions… ! Le cœur palpitant, David garda son immobilité parfaite en se forçant à ne ressentir aucun soulagement prématuré. Si le chasseur se remettait à tirer, il serait bien trop déçu.
    Après un temps interminable, l’homme parut se résigner et il agita son fusil en l’air, lançant aux deux jeunes gens des menaces dans une langue qui semblait être de l’anglais.
    *Wah, après les tarés italiens d’IDCD, on trouve le psychopathe anglais de la Rose Noire… Sympas, les internats, j’m’en souviendrai…*
    Le psychopathe en question lança une dernière menace, puis fit volte-face et le bruit de ses pas décrut dans la nuit redevenue calme.
    Pour autant, David ne relâcha pas sa méfiance et il garda Marion serrée contre lui quelques minutes encore, histoire de s’assurer que le chasseur était bel et bien parti. Puis, il se détacha du mur et repoussa la jeune fille tout en se remettant à respirer normalement.
    « On dirait qu’on est sauvés… pour l’instant. » lâcha-t-il, non sans sarcasme.
    Ils se faisaient maintenant face au centre de la grotte. David restait en partie dans l’ombre ce qui atténuait idéalement les expressions de son visge au cas où ces dernières le trahiraient, mais Marion, elle, était en plein dans la « lumière » de la lune. Si du moins on peut appeler « lumière » ces rayons insignifiants qui fournissaient tout juste de quoi y voir.
    Leurs regards se croisèrent et soudain entre eux, revint le spectre de ce qui s’était passé l’après-midi même, alors qu’ils étaient seuls dans le studio de David.

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MessageSujet: Re: « I’m my own worst enemy... » || Marion D.   Jeu 21 Aoû - 15:18


    Marion était à présent appuyée contre la paroi de la grotte, aussi humide qu’elle eut été. Son corps complet tremblait. Ses mains, ses bras, ses jambes, tout était parcouru de spasmes nerveux. Elle se mordait toujours les lèvres à sang, mais impossible de s’en empêcher, elle n’arrivait plus à se contrôler. Elle était forcée d’ouvrir les yeux pour éviter les balles qui la bombardaient, elle et le jeune David Moss, présent à ses côtés. Mais ses prunelles dorées n’étaient pas sereines. Les murs continuaient de trembler, si bien qu’elle dût s’accrocher à la paroi rocheuse pour ne soutenir. Le chasseur n’avait donc pas mieux à chasser que deux jeunes cavaliers inoffensifs ? A moins qu’il pratique le cannibalisme, le gibier était bien meilleur pour un repas de famille… L’incroyable jeune femme n’avait jamais été aussi faible. Chaque mouvement était modéré, et elle devait se tenir pour se déplacer. Elle appuya doucement sa nuque contre les rochers glaciaux et se força à inspirer doucement, puis expirer de la même manière. Elle ne se rendait plus compte que sa respiration était bruyante tellement ses oreilles sifflaient. Oh, ce soir-là elle n’était pas bien maline. Parfois, le bruit régulier des sifflements était brisé par un coup de feu qui venait résonner dans toute la pièce de roc. Elle se murmurait intérieurement des paroles rassurantes qui l’aidaient à rester consciente le temps qu’il fallait.

    *Courage ! Ressaisis-toi bordel, tu vas bientôt sortir de là, faut pas s’inquiéter.*


    Quelques secondes plus tard, ses paupières se refermèrent. Elle avait la migraine, il fallait qu’elle s’allonge. Bon là, il était certain qu’elle risquerait sa vie en s’allongeant, mais combien de temps devrait durer ce massacre ? Alors qu’elle continuait à respirer avec exagération, elle fut effleurée du bout des doigts par une main tiède. Elle tressaillit. Ses yeux étant clos depuis le début, elle ne pouvait pas s’habituer à la pénombre de la grotte. Qui était-ce ? David aurait-il osé s’approcher une fois de plus d’elle après cet étrange moment passé au studio ? Elle tourna légèrement la tête, les yeux toujours fermés, avant de se rendre compte que son odeur était arrivée jusqu’à ses narines. Elle ne pouvait pas la confondre, elle la connaissait par cœur. C’était un mélange enivrant qui la mettait toujours hors d’elle. Le jeune homme se glissa doucement derrière elle, la repoussant légèrement du mur. Les tremblements ne cessèrent pas pour autant. Deux bras musclés enlacèrent ses épaules. Marion claquait à présent des dents. Elle n’avait pas tellement froid, mais un peu tout de même. Une vague de chaleur réussit néanmoins à faire arrêter les claquements de ses dents. Elle ferma les yeux, colla sa joue contre son torse et continua à respirer comme peu de temps avant. Le ténor de la voix de David lui ordonna de ne pas paniquer. Difficile à faire. Elle tenta tout de même de se détendre en profitant de l’étreinte du jeune homme pour se resserrer contre lui. Elle prit enfin conscience du bouquant qu’elle faisait avec sa respiration haletante quand David posa doucement sa main contre ses lèvres glaciales. Marion se laissa faire, impuissante. De toute façon, avait-elle le choix ?

    David, toujours collé à la pierre, l’entraîna vers l’opposé de là où il se trouvaient. Chaque pas était un fardeau. Elle devait se concentrer pour ne pas peser dans les bras du jeune italien. Oh, qu’est-ce qu’elle aurait aimé être dotée d’ailes… Oui, elle n’aurait eu aucun mal à sortir de la grotte et ils auraient pu échapper au chasseur avant qu’il n’arrive. Un coup de fusil la ramena à la vie réelle. Elle délirait complètement, il fallait qu’elle se reprenne à tout prix. Elle monta délicatement sa main vers celle du jeune homme avant d’en saisir le pouce. Elle le serra étroitement dans sa main, comme si ce contact allait lui servir à s’en sortir. Elle ouvrit enfin les yeux. Le coup de fusil avait été lancé là où ils se trouvaient avant. David s’était serré contre la paroi rocheuse, entraînant Marion contre son torse brûlant. La belle parvint néanmoins à se détendre. Les tremblements cessèrent à une vitesse incroyable. Elle ne pensait plus qu’à une chose : Sa proximité avec le beau brun. Elle appuya sa tête dans le creux de son cou, resserra sa main sur son pouce et se concentra pour ne pas céder à une nouvelle crise de claustrophobie. David serait-il le remède ? Lui souffla sa confiance avec sarcasme.

    « Ta gueule la petite voix »

    Souffla la jeune femme. Ce fut si bref que personne ne pouvait l’entendre, sauf peut-être David, s’il avait réussi à comprendre. Elle reprit ses esprits, se concentrant sur le brouhaha du chasseur fou. C’était bel et bien de l’Anglais, elle le savait. De plus, il s’agissait de l’accent de sa région, alors elle ne pouvait pas le louper. La belle comprit qu’il ne faisait que prononcer un vocabulaire inintelligible mais très varié. Oui, les deux jeunes étaient bel et bien tombés sur un fou furieux en manque de meurtre. Cette pensée lui glaça le sang. Cette fois, elle ne bougeait plus, telle une statue de marbre. Seuls ses paupières s’entrouvrirent pour observer la scène. Des bruits de pas indiquèrent aux jeunes gens que le chasseur s’en allait. Soit il partait chercher des munitions, soit il déclarait forfait. Pas trop tôt ! David savait qu’il s’en allait, car il s’était détendu, lui aussi. La jeune femme relâcha sa main et la fit glisser le long de son propre corps pour la mettre dans sa poche, en sécurité. Les minutes passèrent sans que rien en se passe. David serrait toujours Marion, et Marion était toujours enlacée par David. Cela n’avait ni queue ni tête. Lorsqu’il fut sûr de leur sécurité, le jeune homme desserra son étreinte et repoussa doucement Marion qui se retrouva dans la lumière spectrale du clair de lune. Elle se retourna vers lui, se remettant peu à peu à trembler en se rendant compte que les murs recommençaient leur danse. Elle parvint tout de même à entendre la phrase qui signifiait qu’ils étaient sauvés pour le moment. Qu’ils ? Non, il était le seul, car rien ne prouvait que Marion s’en sortirait. Elle pouvait perdre conscience pour de bon après tout… Elle s’était bien fracassée la tête contre la roche, alors une seconde fois n’était pas impossible. Le jeune homme se tenait devant elle. Elle ne parvint pas à résister au fait qu’elle dût le contempler. Oui il était beau, mais ça, elle le savait. Elle connaissait chacun de ses traits sur le bout des doigts, alors pourquoi s’amuser à le toiser, encore et encore ? Ses jambes se remirent à trembler, et ses genoux se collèrent l’un contre l’autre. Et si David était vraiment le remède ? Et si c’était vraiment lui qui avait fait cesser la crise ? Et si elle avait trouvé la solution à sa plus grosse phobie ?

    « Elle avait raison. »

    Murmura-t-elle. Sa voix ne fut qu’un souffle qui se fondait au vent. Le miel de ses yeux croisa les émeraudes brillantes du beau brun. Elle ressentit la même chose que lorsqu’ils s’étaient trouvés confrontés l’un en face de l’autre dans l’après midi. Son cœur s’emballa, et elle sentit ses joues rosir, même si lui ne pouvait pas le voir. Quoi que… Elle était en plein dans la lumière, il pouvait le voir. C’était gênant. Oui, elle était terriblement gênée. Son cœur battait à cent à l’heure dans sa poitrine. Elle réalisa qu’elle ne tremblait plus. Elle s’était figée pour la seconde fois, comme une statue de glace. Oui, la petite voix avait eu raison. Il était le seul à pouvoir faire cesser une crise. Sa proximité ne le pouvait pas, mais un regard ou un contact était suffisant. Oui, c’était bien ce sentiment qu’elle redoutait, qui la rendait ainsi. L’amour. Elle avait toujours craint l’amour, mais là… Et cette fois, elle ne se contrôla plus. Elle se redressa. Un pas, puis deux, puis trois… Elle se trouvait à quelques centimètres de lui maintenant. Sa main tremblante chercha le bras de David tandis que les prunelles dorées de la belle irlandaise scrutaient les incroyables perles de l’homme. Elle finit par le trouver. Elle frôla la peau de son cou sans le vouloir, se brûlant le bout des doigts au passage. Sa main se déplaça doucement pour aller se poser sur son épaule. Un spectateur de la scène en aurait eu plein la vue. D’un côté, il se trouvait un jeune homme imposant. Sa peau matte était repérable malgré la pénombre et ses grands yeux verts luisaient à la lumière de la lune. Il représentait l’homme adulte par excellence, enfin, physiquement. Face à lui se dressait une jeune femme, qui, contrairement à lui, ressemblait à une enfant. Fragile, innocente, mais loin de l’être dans la réalité. Sa peau neigeuse contrastait avec celle de l’italien. Ses incroyables prunelles dorées étaient d’autant plus impressionnantes sous la lueur de l’astre de la nuit. Et en comparaison avec le jeune homme, elle était bien plus petite. Les deux étaient totalement différents, pourtant, quelque chose les liait étroitement. Pas la main de Marion sur son épaule, mais plutôt ce regard étrange que deux ennemis ne se serraient jamais lancé en temps normal.

    Soudain, Marion s’avança. Cette fois, rien ne les séparait. Les quelques centimètres de distance entre leur deux corps avaient disparu. La brunette était blottie contre le torse musclé de son compagnon. La chaleur de son corps lui apportait le réconfort qu’elle cherchait. Elle posa sa tête dans le creux de son cou. Quand à sa main libre, elle remonta très doucement son torse du bout de ses doigts pour finir son parcours derrière la nuque de David. La paume glacée de Marion se mit sur son plat pour apprécier la chaleur du corps du jeune italien. Son souffle devint plus régulier, si bien qu’on entendit plus que son cœur battre la chamade. Enfin, elle. Lui ne pouvait que le sentir. Ses paupières closes ne bougeaient plus. Les tremblements s’estompèrent peu à peu. Seuls les frissons dus à la fraîcheur de la cavité restèrent, mais ce ne fut pas aussi violent que quelques minutes plus tôt.

    « Me lâche pas. »

    Marmonna la jolie brune alors qu’elle resserrait son étreinte avec douceur. Hors de question de laisser la peur prendre le dessus une fois de plus. Sa main se crispa sur le t-shirt du jeune homme alors que les doigts de la seconde caressaient inconsciemment la peau brûlante de David. Arf’, elle se sentait horriblement coupable de lui infliger ça après un après-midi comme celui-ci. La jeune femme n’éprouvait plus que de la fatigue. Le souffle du jeune homme avait le même effet qu’une berceuse. Etonnant pour une jeune femme au sommeil léger et difficile à trouver. Malgré son calme olympien, trouver le sommeil était une difficulté de la journée. A vrai dire, mise à part l’enfermement, c’était la seule chose qu’elle craignait. Oui, elle avait peur de s’endormir. Pourquoi ? Fréquemment, la jeune femme rêvait. Il ne s’agissait que très rarement de rêves inventés car elle pouvait souvent constater qu’il s’agissait de prémonitions. Et d’ailleurs, ce n’était jamais bon signe. Jamais une de ses prémonitions n’avait annoncé du bon à venir, mais plutôt le contraire.
    Les lèvres de la jolie brune se déposèrent doucement dans le cou de David, laissant une halène tiède s’en échapper. Etrangement, elle se sentait bien dans ses bras…

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MessageSujet: Re: « I’m my own worst enemy... » || Marion D.   Mar 26 Aoû - 2:52

    David et Marion se faisaient face, immobiles, tandis qu’autour d’eux le silence retombait, le retour du calme après la tempête et le déchaînement de violence auquel ils avaient assisté. L’atmosphère, fraîche et à nouveau tranquille, de cette claire nuit d’été, n’en paraissait pas moins lourde au jeune homme. Pour la première fois depuis bien longtemps, les deux jeunes gens s’entre-regardaient sans aucune hostilité, sans aucune intention agressive. Cependant il y avait dans ce face à face quelque chose de bien pire aux yeux de David, bien qu’il ne parvienne pas encore à déterminer la nature exacte de ce qu’il ressentait.
    Comme s’il y était encore, il revoyait Marion debout au milieu du bazar de son studio. Comme en cet instant précis, elle le fixait droit dans les yeux, avec cette expression poignante et presque… effrayante d’admiration dévorante, proche de la béatitude. L’image de la jeune fille l’après-midi-même se superposait avec celle qu’elle offrait désormais et il crut la voir avancer vers lui, tendre la main vers lui, toucher son épaule, sa nuque, et les poils de son échine se dressèrent alors qu’il lui semblait ressentir encore le contact des doigts frais sur sa peau. David cligna des yeux pour s’arracher à ces images. Non, Marion n’avait pas bougé d’un pouce, par contre, lui, il commençait à avoir de sérieuses hallucinations.
    Il fallait réagir. Maintenant. Tout ça ne pouvait plus durer ! Mais tout ça quoi ? Il se força à mettre des mots sur ses pensées. Ces regards, ces regards trop candides où transparaissaient trop d’émotions douloureuses. Ces illusions qu’il voyait naître en Marion. Ces souvenirs, aussi, qui flottaient entre eux et semblaient leur brouiller les idées à tous les deux. Oui, les souvenirs surtout, les images et les sensations qui restaient de cet instant partagé un après-midi ensoleillé dans un petit appartement bordélique. David savait que maintenant, chaque fois qu’il regarderait la jeune fille, il retrouverait au fond de ses yeux les nuances uniques qu’avaient prises ses prunelles alors qu’elle le regardait d’un air éperdu, que chaque fois qu’il serait près d’elle son parfum lui monterait à la tête, que chaque fois qu’il l’entendrait parler le goût de ses lèvres lui reviendrait. Et il se doutait bien que c’était réciproque… Malheureusement.
    Elle se faisait trop, beaucoup trop d’illusions. Il fallait faire tout de suite machine arrière, lui faire comprendre une bonne fois pour toutes qu’entre eux rien ne serait jamais possible. Il se prépara à prendre la parole, cherchant les mots justes, ceux qui seraient clairs mais ne la blesseraient pas. Il lui avait déjà fait assez de mal.
    Mais son regard s’attarda sur la fine silhouette de la jeune fille face à lui, et il déglutit tandis que son embryon de début de phrase s’effaçait déjà de son esprit. C’était au-dessus de ses forces.
    Elle était si frêle, si pâle, sous la lueur de la lune. Sa peau était plus blanche que jamais, contrastant avec ses cheveux de jais, et ses grands yeux clairs brillaient d’un éclat qui ne devait rien à la lumière ambiante. Il s’aperçut qu’elle était gênée, par une infime coloration de ses joues, ou peut-être un imperceptible changement dans ses traits qu’il ne connaissait que trop bien. À quoi songeait-elle en le regardant ? Probablement ses pensées allaient-elles dans le même registre que celles de David lorsqu’il l’observait…
    La lune accrochait des reflets d’argent dans les cheveux sombres de Marion. En cet instant, elle était plus belle que jamais… Il en eut un coup au ventre tandis qu’au fond de lui, résonnait une seule envie : la toucher. La prendre dans ses bras, l’embrasser une fois de plus, sentir la proximité de leurs corps… Son corps entier appelait la jeune fille, mais il ne bougea pas. Et comme par enchantement, comme si elle savait exactement ce qu’il ressentait, ce fut elle qui s’avança, d’un pas mal assuré mais où pourtant l’hésitation n’avait plus sa place. Elle s’arrêta tout près de lui et tendit la main à l’aveuglette, le frôlant avant de poser sa paume contre son épaule. Malgré la tension de son corps, David n’esquissa pas un mouvement, conservant son immobilité de statue, les yeux baissés sur Marion.
    Leurs regards se croisèrent, s’enveloppèrent, chacun plongeant dans les prunelles de l’autre, prunelles aussi étonnantes chez l’une que chez l’autre, fusion du topaze et de l’émeraude, du miel brûlant et de smaragdin*.
    Quelque part dans la conscience de David, une sonnette d’alarme fut tirée.
    *Stoop ! Finis de jouer, arrête ça illico mon coco.*
    C’était la voix de la sagesse, ou du moins elle y ressemblait fort en l’occurrence, et une grande partie du charme de cet instant fut rompu. C’était exact, il ne fallait pas laisser les choses aller plus loin. Il leva le bras pour repousser la main de Marion, quand subitement elle se blottit contre lui. Pris au dépourvu, il se laissa faire, figé, puis machinalement referma les bras sur la taille de la jeune fille. Elle se mussa tout contre lui, comme se réfugiant dans la chaleur et la sécurité de son torse, et il sentit son visage trouver le creux de son cou et s’y nicher. Dans son dos, il sentit la main de Marion remonter jusqu’à sa nuque et perçut l’étrange froideur de la paume blanche contre sa peau matte. Un murmure lui parvint, qui lui serra le cœur :
    « Me lâche pas. »
    C’était dit comme si elle dépendait de lui, comme si elle avait besoin de lui pour tenir le coup, pour s’en sortir, elle semblait s’accrocher à lui comme à une bouée au milieu de la mer démontée. Elle semblait tellement fragile en cet instant, tellement seule aussi, une petite fille perdue qui trouve refuge chez le grand méchant loup. Enfin, David n’en était pas un mais c’était bien l’impression que cette étreinte lui donnait d’eux deux…
    Elle se serra un peu plus contre lui, caressant sa nuque de sa main douce et froide. Se rendait-elle seulement compte de l’effet que cela lui faisait ?
    Se dégager, il devait se dégager.
    Mais comme si ses bras avaient subitement formenté une mutinerie générale, ils refusèrent de lui obéir et s’enroulèrent un peu plus autour de la petite Marion. Le jeune homme sentit les lèvres fraîches se poser dans son cou et c’en fut trop. D’un geste presque convulsif, il la serra dans ses bras avec plus de force et enfouit son visage dans les cheveux de jais, humant leur inimitable parfum, y déposant des baisers brûlants.
    Ses lèvres descendirent le long des tempes de la jeune fille, de ses joues, trouvèrent le chemin de sa bouche. Cette fois, c’est de lui-même qu’il l’embrassa, avec une fougue qu’il peinait à retenir. Marion blottie dans ses bras, il recula de deux ou trois pas avant de rencontrer dans son dos le mur de roc humide. Il se laissa glisser jusqu’au sol, raffermissant son emprise sur la jeune fille, puis enfouit sa main dans la longue chevelure pour dégager son visage des mèches noires. Il observa dans la pénombre les traits finement dessinés, d’une blancheur de porcelaine, avec une admiration et une exultation qu’il n’avait jusqu’alors jamais ressenties. Puis il avança doucement sa tête et déposa un baiser au coin de sa bouche, avant de suivre, doucement, tendrement, la ligne de sa mâchoire, faisant glisser ses lèvres le long du cou, dans le creux de l’épaule, s’emplissant les narines de l’arôme de sa peau, ressentant à l’extrême ce contact doux et léger. Il s’arrêta en atteignant le tee-shirt et revint aux lèvres de Marion, fines et satinées, tellement délicieuses…
    Il enroula ses bras autour du dos de la jeune fille, la rapprochant de lui, près, plus près encore, tout contre lui, et il laissa courir ses mains le long de son dos, ses hanches, ses épaules.
    Une fois de plus il se laissait emporter, submergé par la vague de ses sensations, et toute sa perception du monde s’en retrouvait altérée. Il en oubliait qui il était et où il était, tous ses sens se focalisant sur un seul et unique objet : Marion, le reste du monde n’ayant plus d’importance, la caverne où ils étaient enfermés se réduisant à un très lointain souvenir, un brouillard sombre autour d’eux et l’humide paroi rocheuse dont il ne ressentait plus même le contact.


[*smaragdin=couleur de l’émeraude]

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MessageSujet: Re: « I’m my own worst enemy... » || Marion D.   Mar 26 Aoû - 14:56

    Il n’y eu plus la trace d’un seul tremblement sur le corps de la jeune Marion. Elle s’était blottie contre lui et n’était pas décidée à bouger. La chaleur de son torse la rendait folle, elle était comme bercée par son corps, malgré son immobilité. Lorsqu’elle se resserra de plus belle, deux bras se refermèrent machinalement autour de sa taille, comme il l’avait fait dans la clairière un peu plus tôt. Un frisson remonta le long de son échine, comme s’il s’agissait d’un coup de courant. Il resserra doucement son étreinte, mettant Marion mal à l’aise. Après tout, elle ne pouvait pas s’en plaindre, elle le désirait comme jamais. Rien que cette pensée crispa sa main posée sur l’épaule du brun. Alors qu’elle tentait de se reprendre un peu, il eut un drôle de geste qu’elle perçut comme un sursaut. Son souffle se rapprochait, elle le ressentait. Il enfouit son visage dans ses longs cheveux noirs et les huma. Il resta ainsi pendant quelques secondes. Peu après, il y déposa une série de baisers tous plus délicats les uns que les autres. Surprise, elle l’embrassa dans le cou, consciente que cette fois, ils n’allaient pas se résister longtemps… Chaque contact de ses lèvres sur son cuir chevelu la parcourait de frissons. Son cœur battait plus vite que jamais et ses joues rosissaient à vue d’oeil. Hum… La jeune femme retrouva ce sentiment qu’elle avait ressentit dans l’après midi. Physiquement, c’était pire, et moralement, elle ne pensait plus à rien, sauf, évidemment, à lui. Cet homme était celui qu’elle connaissait si bien, qu’elle désirait depuis toujours. Certes, elle avait de drôles de goûts. Préférer un jeune homme splendide mais entouré de filles toutes plus pulpeuses les unes des autres, avec un caractère plus que trempé, était assez étrange. Son souffle dans sa chevelure de jais la fit vaciller, ci bien qu’elle dût enlacer ses bras atour de sa nuque pour ne pas tomber. Ses baisers redescendirent doucement le long de sa tempe gauche et cheminèrent vers ses lèvres, en passant sur ses joues enflammées. La belle en profita pour remonter sa main gauche dans sa chevelure rasée. Elle caressa son crâne tendrement, s’attendant à ce qu’il cède le premier. Il était si bien parti qu’elle ne souhaitait pas brusquer les choses. C’était déjà assez incroyable comme cela. Elle peinait à le croire. Elle se demanda si elle ne rêvait pas, jusqu'à ce que leurs lèvres s’effleurent. Son corps fit un bond dans sa poitrine et elle fut traversée par une vague d’une chaleur brûlante. C’était encore plus intense que quelques heures plu tôt, dans le studio encombré. Cette fois, aucun d’eux n’avait hésité. Au lieu de s’approcher en même temps, David s’était avancé de lui-même. La fougue du jeune homme la surprit d’autant plus. Depuis quand il la désirait, lui aussi ? Au début, ce fut un tendre baiser durant lequel la jolie brune le dévora des yeux. Jamais il n’avait été aussi beau. Elle ne le voyait pourtant pas clairement, mais elle devinait ses traits ainsi que les lueurs dans son regard. Elle entrouvrit doucement les lèvres et sentit son haleine pénétrer dans sa bouche. Quel délice, elle avait du mal à y résister. Elle continuait à l’enlacer tendrement, en profitant de chaque seconde collée contre lui. Dieu ce qu’elle se sentait bien… Jamais elle ne s’était imaginée avec lui lorsqu’il l’avait repoussée à la forêt, au temps de l’internat. Et là, elle le serrait contre elle dans un baiser fougueux.

    * Du calme, reprend-toi et arrête bordel de merde ! *

    Hurla sa conscience, mais malgré tout, elle parvint à l’oublier. Elle sentit que l’incroyable David reculait. Voulait-il s’écarter ? Non, car il referma ses bras sur elle de plus belle, la forçant, d’une certaine façon, à le suivre. Il n’eut pas à lui faire comprendre en plusieurs fois car elle se laissa guider comme si sa vie en dépendait. Il se retrouva rapidement collé contre le mur. Marion, hors d’halène, décolla ses lèvres des siennes. Un sentiment de vide se fit ressentir et elle dût les y remettre plus vite qu’elle ne l’avait prévu. David glissa le long du mur, l’entraînant avec lui. Le baiser cessa, Marion, haletante, rouvrit les yeux. Un regard pesant se posa sur elle. Il la contemplait (!). Quand à elle, ce n’était pas une surprise, elle le dévorait du regard et ne le lâchait pas. Tout était si étonnant chez lui : Ses yeux, son visage si… Parfait (?). Même les fossettes de ses joues le rendaient irrésistible. Le miel brûlant des ses yeux rencontra les émeraudes pétillantes de David. Un nouveau frisson secoua son corps. L’intensité du regard fut rompue alors qu’il repartait dans l’exploration de ses formes et de ses traits. Tout y passa : D’abord le coin de ses lèvres, pour le plus grand plaisir de la jeune fille. L’arrête de sa mâchoire fut la seconde, suivie de près par son cou. Aucun centimètre de peau que sa bouche désireuse rencontrait n’était épargné. La tendresse qu’il abordait était étonnante mais horriblement troublante. Marion releva un peu la tête appréciant ses caresses. Sa main droite quitta l’épaule de l’italien et remonta à la rencontre de sa joue. Elle la trouva plus vite que prévu. Ses doigts glacials la caressèrent avec une tendresse qu’elle ne connaissait pas. Elle ne l’avait jamais ressentie, même avec l’un de ses anciens amoureux… Le jeune homme cessa de descendre lorsqu’il rencontra le haut de son t-shirt. Marion quitta sa position inconfortable pour s’agenouiller devant lui. Pour une fois, elle le dépassait. Ce fut tellement étrange qu’elle ne s’attarda pas longtemps sur ce détail.

    * Ca suffit ! Tu ne peux pas contin… *

    Le hurlement strident de la voix dans sa tête cessa parce que la bouche de l’italien retourna sur la sienne. Elle remonta sa seconde main sur son visage pour en profiter encore plus. Cette fois, la fougue n’était plus qu’une tendresse délicieuse. Ses mains caressaient son visage sans s’arrêter, et son désir de rester près de lui s’agrandit. Elle ne l’aurait jamais cru capable de montrer de l’affection. Lorsqu’elle l’imaginait avec une fille, elle voyait ce genre d’hommes qui préféraient les caresses aux baisers et qui passaient à l’acte plus vite que jamais. Elle s’était trompée et elle en avait honte. Car oui, là c’était loin d’être le cas. Elle savait qu’il ne la toucherait pas, et elle ne le lui permettrait pas si jamais ça lui viendrait à l’esprit. La belle ne relâcha pas les joues brûlantes de David, trop absorbée par ce tendre baiser. Son halène parfumée était irrésistible. Elle comprenait pourquoi il avait tant de succès. Dans le studio, elle n’avait pas eu le temps d’en profiter, mais elle se rattrapait. Elle reprit son souffle et replongea immédiatement dans ce moment fort et intense. L’attente en avait valut la peine, vraiment.

    * Lâche-le, lâche-le, lâche-leeeeeeeeeeeeeee ! Tu vas te faire du mal, il ne te mérite pas. – La ferme toi, pour une fois qu’elle peut se faire plaisir. – Lâche-le ! – Non. *

    Dans sa tête, deux voix se battaient. L’une voulait qu’elle arrête, qu’elle le lâche et qu’elle s’en aille. L’autre préférait le goût des lèvres de l’italien, et elle l’écouta elle. Leurs langues se caressaient avec gourmandise tandis que l’irlandaise passait une main désireuse dans sa chevelure rase. Ce fut elle qui rompit son baiser, malgré le regret qu’elle éprouva en laissant ses lèvres s’éloigner. Elle lui tourna le dos et posa ses fesses sur le sol humide. Sans réfléchir, elle se colla à son torse et enroula les bras du beau brun autour de son corps. Ses mains remontèrent à l’aveuglette à la recherche de son visage. Elle finit par le trouver. Elle inclina la tête vers la gauche et fit en sorte que leurs deux visages se rencontrent. Elle fit le tour de sa bouche en l’effleurant du bout des lèvres. Elle profita de son souffle régulier sur son visage neigeux qui la berçait.

    [Sorry, c’est court, mais c’est le contenu qui compte non ?]

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MessageSujet: Re: « I’m my own worst enemy... » || Marion D.   Mer 27 Aoû - 19:50

    David savourait, c’était tout ce qu’il pouvait faire, de toutes façons. Ses pensées judicieusement bloquées ne laissaient pas filtrer les hurlements courroucés de sa conscience. Elle s’égosillait en vain car il ne l’entendait plus, pas plus que toutes les autres idées négatives qui auraient pu lui venir et gâcher ce moment unique. Il avait résolument banni le passé et écarté l’avenir et ses conséquences, s’imergeant avec délectation dans le présent, tâchant de le vivre au maximum, plus intensément que jamais pour faire durer l’instant jusqu’à l’infini. Et ça marchait.
    Lui assis, elle à genoux, ils s’embrassaient, rejetant au loin tout ce qui les avait éloignés durant ces années, ils s’embrassaient et se découvraient l’un l’autre, du bout des lèvres et du bout des doigts. C’était comme s’ils ne s’étaient jamais vus, comme s’ils ne se connaissaient pas déjà. Les six ans passés ensemble, à s’attirer puis se repousser, s’effaçaient, et c’est une nouvelle Marion que David découvrait. Il avait l’impression de ne l’avoir jamais vraiment vue, jamais touchée jusqu’alors, car chaque regard qu’il posait sur elle était comme une découverte, un torrent de délices inédit, et il ne pouvait détacher ses yeux d’elle, il ne pouvait s’arracher à sa contemplation, tant chaque regard lui apportait. Il lui avait déjà pris la main ou le bras, ou bien ils s’étaient frôlés ou même percuté par le passé, mais désormais, chaque fois que la peau fraîche de la jeune fille tout avec la sienne, une vague de chaleur l’envahissait, provoquant en lui des frissons irrépressibles mais délicieux. Le moindre contact était comme un raz-de-marée, point de départ d’une vague digne d’un tsunami qui submergeait bientôt son corps entier. C’était comme une impulsion électrique, un courant d’énergie, qui faisait picoter sa peau puis se propageait, décuplant d’autant son désir.
    Oui, son désir. C’était peut-être la première fois qu’il se l’avouait mais il désirait Marion, plus que jamais en cet instant, ivre comme il l’était de son parfum, de son contact, de sa vue. À ce moment, rien n’aurait pu l’éloigner d’elle. Il était bien, tellement bien… Et encore, c’est un euphémisme que d’oser parler de bien-être alors que ce qu’il ressentait était cent, mille, fois plus puissant.
    Un millions d’années plus tard, la jeune fille détacha ses lèvres des siennes. Beaucoup trop tôt. Elle s’éloigna un peu et il fut surpris du manque qu’il ressentit soudain, de la douleur que provoquait cette distance alors qu’elle n’était que de quelques centimètres. Peut-on devenir dépendant de quelqu’un à ce point, et surtout en si peu de temps ?
    Mais cet éloignement ne fut que très bref. Marion s’assit près de lui et se mussa contre son torse. Il l’entoura de ses bras et pencha un peu la tête vers elle, faisant se rencontrer à nouveau leurs visages. Cette fois, c’était elle qui « menait le jeu ». Du bout des lèvres, elle se lança dans l’exploration de la bouche de David. Immobile, il se laissait faire, dardant sur la jeune fille un regard intense où se lisait toute l’étendue de son désir.
    Au bout d’un moment, elle glissa son visage dans le creux de son épaule et il la serra un peu plus contre lui. Ils se calèrent l’un contre l’autre, puis cessèrent de bouger, savourant cet instant, le contact de leurs corps, la paix de la grotte.
    Le temps fila sans qu’ils s’en rendent compte. Ils étaient intensément bien, en harmonie parfaite. Aucune parole n’était nécessaire, au contraire. Dans ces circonstances, les mots étaient superflus. David écoutait le souffle de Marion sur son épaule, et il pencha la tête sur ses cheveux avant de fermer les yeux. La tiédeur du corps de la jeune fille, la régularité de son souffle calme, la plénitude dans laquelle il baignait… Tout cela le rendait vaguement somnolent. Probablement Marion s’était-elle endormie, désormais, car sa respiration était plus lente et plus profonde à présent. Il sourit pour lui même, et sentit son propre corps se détendre, preuve qu’il était au bord de l’assoupissement.
    Dormit-il réellement ? Sûrement pas, car sentir la jeune fille si près de lui était d’un intérêt amplement suffisant pour chasser le sommeil. Ils partageaient leur chaleur durant cette nuit froide, le bruit de son souffle lui emplissait les oreilles. Mais les heures passèrent tellement vite que David eut de quoi se demander s’il était resté vraiment conscient durant tout ce temps lorsque les étoiles disparurent du ciel dont le noir commença à s’éclaircir. Le jour n’était plus très loin.
    Le jeune homme sentait ses muscles ankylosés et il bougea bras et jambes, très très doucement pour ne pas réveiller Marion. Puis, il leva la tête et observa le ciel par la trouée du plafond. De noir, il passa à gris, le soleil n’étant pas levé mais toutefois assez proche pour diffuser une faible lumière grisâtre. Puis, les nuages de coton qui flottaient au-dessus de la grotte se teintèrent peu à peu, enchaînant toute une gamme de nuances chaudes et belles, orange, rose, violet. Après son somptueux coucher de la veille, le soleil revenait en beauté, déployant une fois de plus un ballet de couleurs chatoyantes. Peu à peu, la luminosité de la grotte s’intensifia, sans pour autant chasser toute la pénombre qui régnait dans ce sous-sol rocheux.
    Lentement, les couleurs s’estompèrent, le ciel retrouva son bleu quotidien et les nuages leur blanc ordinaire. Le soleil était levé.
    S’il faisait jour dehors, ce n’était pour autant pas le cas dans la caverne. Certes, il faisait nettement moins sombre que durant la nuit, mais les coins de la grotte demeuraient obscurs. C’est alors que le regard de David fut attiré par une paroi entière qui baignait dans une ombre opaque. Ce n’était pas normal, la lumière aurait dû faire apparaître au moins un morceau du mur, mais l’obscurité était trop noire. Il devait sûrement y avoir quelque chose de ce côté-là.
    Un bon moment durant, le jeune homme parcourut la grotte du regard, fixant ses détails dans son esprit et dirigeant bien plus fréquemment son regard sur le pan de roche noir. Puis, il n’y tint plus et décida d’aller voir. Avec une immense douceur, il éloigna Marion de lui, tenant d’une main sa tête pour qu’elle ne retombe pas, et s’accroupit. Il n’allait quand même pas l’allonger sur le sol froid et dur… D’un coup d’œil circulaire, il chercha de quoi lui caler la tête, mais la grotte était vide et nue. Résigné, il fit rapidement passer son tee-shirt par-dessus sa tête et le roula en boule par-terre. Cet oreiller improvisé devrait suffire, lui-même avait assez chaud maintenant pour se passer de tee-shirt…
    Assuré que la jeune fille était bien installée, il s’avança vers le mur noir, plié en deux pour ne pas se cogner comme la veille. Comme il s’y attendait, il n’y avait en vérité pas de mur. Lorsqu’il se fut suffisamment approché, l’obscurité s’avéra moins opaque et, après avoir cligné plusieurs fois des yeux pour les habituer à la pénombre, il put distinguer un large boyau qui s’enfonçait. Où cela pouvait-il bien mener ? C’était plus ou moins plat, aisément praticable, bref, ça l’appelait. Un dernier regard vers Marion, puis il s’engagea dans le tunnel.
    Très vite, le plafond descendit et il dut se courber davantage. Le terrain montait en pente douce, peut-être ce chemin permettait-il de remonter à la surface ? En tout cas, c’était ce qu’espérait David. Il faisait tout à fait noir maintenant, et il s’arrêta. Ses baskets glissaient, preuve que le sol était très humide. Il faudrait explorer ce passage… De toutes façons, les deux jeunes n’avaient pas le choix s’ils voulaient ressortir par leurs propres moyens.
    Le jeune homme revint sur ses pas et retourna dans la grotte, où il put respirer un peu plus librement. Mine de rien, l’espace réduit dans lequel il avait dû faire passer son grand corps l’avait oppressé sans qu’il s’en rende compte. Il revint près de Marion et s’assit près d’elle.
    Ce qu’elle était jolie quand elle dormait. Son visage, tout à fait détendu, était même par moment agrémenté d’un soupçon de sourire –probablement faisait-elle de beaux rêves. Il laissa ses yeux courir sur les traits fins et harmonieux, caressant du regard la courbure de sa joue ou les longs cils qui fermaient ses paupières. David était en admiration devant la jeune fille, il l’observait dans son sommeil avec une expression proche de celle de Marion quand elle l’avait regardé béatement, quelques heures plus tôt. Vaguement, il avait l’impression d’être indiscret en volant son visage pendant son inconscience, mais c’était plus fort que lui. La tentation de la toucher était immense, tout l’appelait, le satin de sa joue, le rosé de ses lèvres, le souffle qui s’en exhalait… Mais il se retint, enfonçant ses ongles dans ses paumes, et se contenta d’imprimer cette image dans son esprit, la gravant à jamais comme un de ses plus précieux souvenirs.
    La jeune fille bougea un peu et il se souvint de ce qui leur restait encore à faire pour espérer sortir d’ici.
    « Marion ? » appela-t-il à voix basse, tout en lui remuant doucement l’épaule.
    Ses paupières remuèrent un bref instant.
    « Marion ! » appela-t-il encore, toujours d’un voix douce.
    Il caressa sa joue puis se pencha sur elle.
    « C’eeest le matiiiin… » susurra-t-il, tout près de son visage.
    Les paupières clignèrent, mais la jeune fille peinait à se réveiller. Il insista encore un peu, puis elle ouvrit enfin les yeux en grand et une fois de plus, il se sentit emporté dans ces prunelles d’or.
    « Hey, sourit-il. Allez, debout ! J’ai trouvé un truc intéressant… »
    Ce disant, il se leva et faillit se cogner une fois de plus.
    *’chier…*
    David n’avait pas l’habitude des réveils en douceur. Au contraire, il adorait embêter les gens dès le premier moment de la journée et débordait d’inventivité pour concocter des réveils désastreux. Même lorsqu’il ne cherchait pas particulièrement à faire brusquement tomber du lit la personne en lui versant un seau d’eau sur la tête ou en lui flanquant une sirène d’alarme dans les oreilles, il était plutôt du genre brusque. Mais aujourd’hui, et surtout avec elle, c’était différent et il s’était efforcé de ne pas la brusquer. Considérant que maintenant, elle était pleinement réveillée, il la tira par la main pour l’aider à se lever et récupéra son tee-shirt froissé qu’il posa négligemment sur l’épaule sans le mettre.
    « Viens voir… » poursuivit-il avec un vague air de conspirateur.
    Il guida Marion jusqu’à l’ouverture du boyau de pierre.
    « Pas mal, hein ? Ça a l’air monter, ce truc-là, mon petit doigt me dit que ça communique sûrement avec la surface… »

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Marion Duval
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MessageSujet: Re: « I’m my own worst enemy... » || Marion D.   Jeu 28 Aoû - 16:30


    Les caresses de leurs lèvres devinrent de plus en plus agréables. Elle avait chaud, son corps dégageait une chaleur si douce, si protectrice… Ses joues la brûlaient, son cœur battait à cent à l’heure, ses doigts se quittaient plus ses joues. Même leurs yeux ne se détachaient les uns des autres. L’un était plongé de l’or brûlant, l’autre dans le vert intimidant. Le désir qu’il éprouvait était palpable. Marion n’avait jamais ressentit ce sentiment avec une telle force. Chaque caresse lui faisait oublier les autres hommes avec qui elle avait eu l’occasion de flirter pendant son séjour en Irlande. A croire que jamais David n’était sortit de son esprit… En même temps, elle commençait à avoir un doute. La surprise de le revoir en France à son arrivée au Domaine était-elle aussi surprenante ? Elle ferma doucement les yeux, déposa un énième baiser sur les lèvres de l’italien. Dieu ce qu’elle se sentait bien. Elle avait comme l’impression de voler. C’était encore plus beau que la première fois où elle avait sauté plus d’un mètre vingt avec Just Another… Ce dernier étant sortit de son esprit le temps de ce moment. Le désir de l’autre s’était emparé de toute l’inquiétude qu’elle avait éprouvée durant la journée, enfin, surtout la soirée… Sentant qu’elle plongeait dans l’inconscience, Marion déposa un ultime baiser sur ses lèvres délicieuses. Elle colla sa tête dans le creux de son cou et attira son visage de manière à ce que sa joue effleure la sienne. Puis ils restèrent collés l’un à l’autre, partageant chaleur et tendresse à la fois. Ce moment dura sans doutes une éternité, mais la jeune irlandaise ne le remarqua pas tellement elle était importée par cette vague de tendresse. Elle ne bougeait pas, de peur qu’il change d’avis et s’en aille. Sa tête se pencha légèrement, lui provoquant un pincement au cœur. Mais non, il enfouit son visage dans sa chevelure de soie. Son souffle la fit frissonner. Décidemment, elle aurait du mal à s’y habituer. A vrai dire, elle ne savait pas si un jour elle se sentirait à l’aise avec lui… Il avait un don. Celui de troubler chaque personne à qui il croisait le regard. La brune osa extirper sa main de son étreinte pour enlacer ses doigts dans ceux de David. La crainte que ce moment se termine finit tout de même par s’estomper. La belle se détendit peu à peu et ses paupières se firent incroyablement lourdes. Elle eut du mal à les garder ouvertes. Et s’il décidait de partir sans elle durant son sommeil ? Mais non… Ridicule, il n’en serait pas capable. Enfin si, du moins, il ne serait pas aussi lâche.

    Le sommeil l’emporta sur la peur. Elle sombra dans les bras de Morphée. En l’occurrence David. Son souffle si régulier l’avait bercée jusqu’à ce qu’elle ne puisse plus tenir tête à la fatigue. Elle avait tant besoin de dormir. Elle ne pouvait pas lutter, il fallait qu’elle dorme. Ses doigts se détendirent dans ceux du jeune homme, sans pour autant glisser. Sa respiration devint plus profonde, plus régulière. Et là, plus rien. Elle ne ressentit plus rien de physique. Son cœur devait battre normalement, et la chaleur du corps de David devait suffire à chauffer le sien, froid comme le marbre. La jeune femme dormait profondément. Plus rien ne lui arriverait tant qu’elle serait dans les bras du beau brun, et elle en fut consciente. Cette nuit-là, un n’y eut aucun cauchemar. Les rêves étranges ne la quittèrent pas, mais rien ne fut troublant…

    « Elle marchait sur une plage, déserte, vêtue d’une longue robe de soie blanche. Le murmure du vent à ses oreilles sonnait comme un chant. Sa longue chevelure noire suivait les mouvements de sa robe légère. Ses perles d’or balayaient le sable blanc, à la recherche d’une chose d’un quelconque intérêt. Un oiseau se posa à ses pieds, un sourire étira ses lèvres, dans le rêve, comme dans la réalité. L’animal ailé s’envola. La jeune femme le suivit du regard avant de découvrir qu’il se mettait à grossir à vue d’œil. Il y avait de quoi avoir le souffle coupé (Elle fut parcourue d’un frisson dans la réalité). Le corps de l’oiseau s’allongeait. Quatre pattes avaient prit la place des deux serres. Mais ce n’était pas des pattes d’oiseau mais plutôt des membres d’équidé. Son pelage était resté noir, et une longue queue dorée poussait peu à peu. Marion resta bouche bée devant ce spectacle inhumain. C’était maintenant un cheval ailé à la robe obscure et aux crins en or. Dieu ce qu’il pouvait lui ressembler. L’animal fit un demi tour parfait et fonça droit sur la jeune femme, sur la plage. Lorsque ses antérieurs touchèrent le sol, ses longues ailes aux bouts dorés s’étendirent de tout le long pour lui permettre d’atterrir en toute grâce. Marion se figea, effrayée par l’animal surnaturel. Ce dernier se mit à piaffer, ramenant son chanfrein à la verticale. Il faisait le jeu de l’intimidation, comme un cheval sauvage. La belle se mit à genoux, sans lâcher l’étalon noir et or de se prunelles scintillantes. Quelques minutes passèrent. Les deux se contemplèrent mutuellement, ne se lâchant pas des yeux une seconde. Quand tout d’un coup, le cheval baissa la tête en sa direction. Il allongea son encolure, redressant les oreilles vers elle. La jeune femme sourit une seconde fois (dans la réalité aussi). Le cheval fit un pas, puis deux, puis trois, et il s’arrêta net à quelques centimètres de la jolie brune. Celle-ci tendit ses deux paumes vers le ciel et attendit. Elle ferma les yeux, écoutant le bruit régulier des vagues. Quelques secondes plus tard, deux naseaux frémissants se posèrent contre ses paumes glacées. Elle le caressa avec tendresse. Mais il n’avait pas une douceur comme celle à laquelle elle s’était attendue. C’était la même texture que de la peau. Un coup de vent violant la força à se remettre sur ses pieds tandis que l’animal prenait une forme humaine. La silhouette s’affina en prenant quelques muscles. Il était torse nu, car oui, c’était un homme. Son visage la fixa avec une tendresse exquise. Marion le dévisagea avec étonnement, avant de se rendre compte qu’il était beau, non, plus.

    « Marion ? »

    Il connaissait son nom… La jeune femme tressaillit. L’homme s’approcha doucement, déposa une main délicate sur sa joue et la rappela avec la même douceur que précédemment. Il prononça une autre phrase, mais elle ne l’écouta pas, secouée par sa conscience. Marion, reviens à la réalité, tu rêves là… La jeune femme cligna des yeux, mais il était difficile de les ouvrir et de laisser ce si beau visage loin d’elle. La belle ressentit une caresse d’une intense chaleur sur sa joue. Un arôme enivrant de tarda pas à arriver jusqu’à ses narines. La belle se pinça les lèvres dans son sommeil. Une voix horriblement séduisante parvint jusqu’à ses oreilles, et elle fut parcourue par un second frisson depuis le début de son rêve. Et puis, ses joues s’enflammèrent au contact de sa main. La jeune femme réussit à ouvrir les yeux. La plage disparut, laissant place à une caverne sombre qui lui arracha un léger vertige. Mais aussi étrange que cela puisse paraître, le merveilleux visage ne changea pas… Ses prunelles vertes se plongèrent dans les siennes. Machinalement la main de la belle monta vers celle qui caressait sa joue et la prit tendrement. Sa stupéfaction se dessina sur ses traits de porcelaine. Elle avait rêvé de lui (!). L’homme aussi parfait de son rêve n’était autre que David. Ses joues rosirent, mais elle leva sa main pour la poser devant son visage, afin de le cacher. Elle se gratta les yeux doucement, écoutant le souffle délicat de David sur son visage. Lorsqu’elle fut certaine d’être revenue à elle-même, elle retira sa main et contempla son visage si… Beau. Elle fut emportée par son regard pétillant de tendresse (?). Il la salua dans un sourire avant de lui dire qu’il avait trouvé quelque chose d’intéressant. Mais ses paroles ne retinrent pas son attention, seul ses gestes l’attirèrent. Bouge bée, elle admira le sourire dessiné sur ses lèvres. Mon Dieu ! Il lui souriait !... La jeune femme lui rendit son sourire avec autant d’étonnement que son visage put en faire passer. Elle se redressa doucement en s’aidant de ses mains, pendant que lui se relevait, manquant de se cogner à la paroi rocheuse au passage. Marion sourit pour elle-même tandis qu’il récupérait son t-shirt derrière elle.

    « Oh… Vraiment ? »

    Elle attrapa sa main sans rechigner et s’en servit pour se relever. Cependant, elle ne la lâcha pas une fois relevée et se laissa guider dans un coin de la grotte. Son torse nu l’intimida, mais elle dût penser à tout autre chose. Il l’emmenait vers un recoin encore plus sombre que tout le reste. Et plus elle s’approchait, puis le sol glissait. Elle resserra sa main dans la sienne, et les deux jeunes avancèrent dans un pas prudent avant qu’il ne s’arrête. La belle brune l’imita, scrutant la très petite ouverture dans le mur de roche. Il lui expliqua que le chemin montait, et qu’il y avait des chances qu’ils tombent à la surface. Marion haussa les épaules. Après tout, pourquoi ne pas essayer.

    « Très bien Sherlock. Allons-y, de toute façon, on ne perdra rien à essayer… »

    Sa claustrophobie laissée de côté tant qu’elle le put, elle fit un pas en avant, vers l’antre du diable… Marion prit son courage à deux mains. Elle entrerait la première, pour se débrouiller d’elle-même. Et à la limite, s’il se passait quoi que se soit, il serait derrière elle et il serait plus facile de la retrouver. Parce qu’une fois engagé dans le tunnel, faire demi tour n’était envisageable que pour les personnes de petite taille, comme Marion, mais pas David. La belle tourna la tête, jetant un coup d’œil résolu au jeune homme. Elle s’engagea dans le souterrain, mettant une main au plafond pour savoir quand il redescendait, afin de ne pas se cogner. L’endroit se réduisait de plus en plus vite. Marion ne tarda pas à finir pliée en deux. Elle jeta un coup d’œil furtif dans son dos, mais la lumière était tellement peu présente qu’elle ne voyait plus que l’éclat de son regard. La belle se forçait à respirer profondément, comme durant la nuit. Le tunnel l’oppressait, mais il était hors de question de faire demi-tour, elle était trop proche du but… D’ailleurs, alors qu’elle scrutait au loin, elle aperçut un peu de lumière. Ravie, elle murmura avec enthousiasme :

    « La sortie ! »

    Sa voix était brisée, elle avait du mal à s’exprimer, et une nouvelle crise s’annonçait. Courage…

_________________

    « What will be the name of your children ? You can't hide forever. I can't see you. In the wheatfields. I have lost my sence of humour. Show me where you are. The grass is too tall. I can't even talk. The is no place. Down here. Small enough. For you to stay. I come back home and try to see. The hints you left for me. Never found the ring. Will you ever marry me ? »[/list]
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MessageSujet: Re: « I’m my own worst enemy... » || Marion D.   Ven 29 Aoû - 18:57

[ Bouououh, pourquoi je t'ai pas vue oji ? *En manque de sa sister*
Si y'a un truc qui va pas dans l'RP, tu m'dis & je change, j'espérais te voir pour te proposer plusieurs solutions mais comme t'étais pas là ben j'me suis démerdée toute seule xD ]

    Marion n’eut pas l’air extrêmement enchantée en jetant un coup d’œil au tunnel découvert par David. Cependant, elle ne fit aucun commentaire, consciente probablement qu’il ne leur restait guère d’alternatives plus séduisantes.
    « Alors en route, Watson… » répondit David plus pour lui-même que pour la jeune fille, car elle s’était déjà engagée dans le conduit obscur.
    Il pénétra à sa suite dans le sombre boyau et pour la deuxième fois en quelques minutes, foula le sol dur et humide. Il put constater au bout de quelques instants qu’il n’était vraiment pas allé loin la première fois : le tunnel se prolongeait sur des centaines de mètres encore. Peu à peu, l’espace aménagé dans la pierre se rétrécissait. Si au début, il avait suffi au jeune homme de se pencher un peu en avant, il se retrouva bientôt complètement courbé en deux, puis dut avancer sur ses jambes pliées pour ne pas percuter le plafond trop bas. Difficile d’envisager progression plus délicate et inconfortable… D’autant qu’il faisait un noir d’encre dans ce souterrain. Au début, une fois ses pupilles dilatées au maximum, David avait vaguement distingué la silhouette de Marion qui avançait devant lui. Mais à présent, les ténèbres étaient totales et il ne pouvait que supposer la présence de la jeune fille devant lui, grâce au bruit de ses chaussures qui couinaient parfois sur la pierre humide.
    Au bout d’un moment, le jeune homme n’y tint plus et il se mit à avancer à quatre pattes, désespérant de trouver une autre position qui lui permettrait de passer dans cet étroit conduit. Il put alors constater que le sol n’était pas simplement humide : c’était bel et bien mouillé. Et plus il avançait vers ce qu’il supposait être la surface, plus il y avait d’eau. En fait, comme il finit par le comprendre, ils avançaient dans le lit d’un cours d’eau. Heureusement, ce n’était guère qu’un tout petit ruisseau insignifiant, mais il était probable qu’en hiver, quand la sécheresse estivale n’était plus qu’un souvenir, un véritable torrent dévalait ce tunnel.
    David marqua une petite pause pour se frictionner les mains. L’eau était glaciale et lui gelait les doigts, et pour ne pas glisser il était obligé de s’agripper avec les ongles sur la surface trop lisse et trop dure. Alors qu’il lâchait prise, ses baskets dérapèrent. La pierre mouillée et en pente, on ne peut pas rêver plus glissant ! Le jeune homme se rattrapa comme il put, puis il reprit son avancée sur les talons de Marion, se demandant une fois de plus pourquoi il avait eu la stupide idée de la suivre dans la grotte souterraine quand elle était tombée…
    Le tunnel était de plus en plus pentu, et ce qui n’était au début qu’une légère montée était maintenant une jolie côte qui n’était pas vraiment un bonheur à gravir à quatre pattes, dans le noir et en glissant…
    « La sortie ! »
    La voix de Marion, claire et parfaitement audible, résonna étrangement dans le conduit de roche. Probablement avait-elle vu la lumière, mais David, lui, scruta en vain devant lui. Cependant quelques mètres plus loin, il vit un rai de lumière, droit devant eux. Voilà qui était prometteur ! Instinctivement, les deux jeunes avaient accéléré à l’idée de la sortie si proche.
    Mais ce fut une grosse déception qui les attendait…
    Difficile de savoir si la sortie du tunnel avait été bouchée par un rocher ou si ce rayon lumineux n’était qu’un trou dans le plafond. En tout cas, l’interstice était trop étroit pour laisser passer même un enfant malingre…
    « On dirait qu’on est bloqués » commenta tranquillement David.
    À sa réaction, on aurait dit qu’il s’y attendait ou qu’il s’en fichait totalement. À l’aveuglette, il chercha la paroi et s’assit contre elle, essayant d’étendre un peu ses jambes ankylosées.
    « C’est balot… » ajouta-t-il en jetant un regard faussement dépité à la petite ouverture du plafond.
    Mais il sentit Marion tout à fait imperméable à son ironie et se souvint qu’elle était légèrement sujette à la claustrophobie… À tâtons, il chercha sa main et la serra doucement. Soudain, une idée lui vint.
    « Attends… »
    Il la lâcha et, se servant de ses mains à défaut d’avoir des yeux pour se repérer, il suivit la trajectoire que dessinait le mur.
    « Ça continue ! s’exclama-t-il. Le tunnel continue par là ! Ce n’est pas un cul-de-sac… ! »
    Il se tourna vers la jeune fille, même s’il ne pouvait pas la voir.
    « Mais ça a l’air encore plus étroit… On y va ? »
    Il n’attendait pas de réponse, ou en tout cas pas de réponse négative. Mettant à profit son talent de persuasion, il alla chercher Marion et la prit par la main avant de poursuivre leur avancée.
    Tout d’abord, il fut déçu : le sol redescendait, semblant décider de replonger dans la terre. Mais, après quelques minutes, il sentit le chemin remonter, doucement d’abord, puis de plus en plus raide. Quelques centimètres d’eau glissaient sur la pierre et David était contraint de patauger dedans.
    *Et c’est ainsi que décéda Juju, le beau jean Pépé, après quatre mois et dix jours de bons et loyaux services…*
    Combien d’heures passèrent-ils dans ce fichu tunnel ? Cette progression délicate et hasardeuse parut durer une éternité… Enfin, le jeune homme entendit un bruit étrange. Il ralentit un peu pour tendre l’oreille. Une sorte de grondement, droit devant lui… Après quelques mètres, David reconnut le son d’une chute d’eau. Une cascade sous terre ? Ils n’étaient pas au bout de leurs surprises…
    « Tout va bien ? » s’inquiéta-t-il.
    Mais il n’était pas question de s’arrêter ici et il continua d’avancer. Bientôt, ses yeux habitués à la pénombre distinguèrent un rond de lumière, droit devant. Une sortie ! Cette fois, ce serait la bonne. Il le fallait. Marion ne supporterait pas une nouvelle escapade dans les souterrains… Et lui-même en avait largement assez.
    Lorsqu’ils s’approchèrent, David réalisa que, premièrement, la cascade n’en était pas vraiment une et que deuxièmement, la lumière venait de là. Il accéléra, puis s’arrêta à proximité pour étudier les lieux. Ils étaient tout proches de la surface ! L’eau qui coulait dans tout le tunnel provenait vraisemblablement d’un ruisseau au-dessus du niveau de la terre. Le plafond du tunnel était ouvert sur le ciel, permettant à un flot de lumière bienvenue de pénétrer dans ces ténèbres oppressantes. Mais c’est également un flot d’eau qui pénétrait par le même chemin.
    « Qu’en penses-tu ? Moi je crois qu’on a trouvé ce qu’on cherchait… »
    Sauf que sortir par là ne serait pas de tout repos. L’ouverture du plafond était tout juste assez large pour laisser passer un homme adulte. Il faudrait juste remonter la mini-cascade… Même si cette dernière n’était pas très puissante, elle était glacée et suffisait à faire un obstacle non négligeable.
    David et Marion se rapprochèrent l’un de l’autre et il y eut un moment de silence.
    « J’y vais le premier, décida-t-il brusquement. Ça ne doit pas être infranchissable… »
    Il se redressa, faillit percuter le plafond une fois de plus mais n’y prit pas garde. Du regard, il étudia la paroi quasiment verticale le long de laquelle s’écoulait le flot continu d’eau. Bon…
    « Adieu, Juju, nous te regretterons ! » marmonna-t-il pour lui-même, sans se préoccuper de ce que Marion pouvait l’entendre.
    Il s’approcha près, tout près de la « cascade », et repéra deux prises intéressantes derrière le rideau d’eau. Dans un élan soudain, il se planta sous l’eau et ses doigts agrippèrent la roche. Ses pieds glissaient trop, mais il repéra une petite saillie au-dessus de sa tête et s’y accrocha des deux mains. À la force des bras, il se hissa jusqu’à pouvoir poser ses pieds sur les prises repérées. Maintenant, il n’était sûrement plus très loin, sauf que toute cette eau l’aveuglait… Il leva un bras à tâtons et sentit une pierre sèche, sûrement au-dessus de l’eau. Parfait, il était donc quasiment à la surface ! Une autre prise, glissante et mauvaise, lui permit de se hisser une fois de plus et de sortir sa tête et ses épaules à l’air libre. La surface, la surface ! D’un vif regard panoramique, il repéra un endroit où s’accrocher et, tant bien que mal, extirpa son corps entier du souterrain.
    *Wah, bah c’était pas si dur…*
    « Marion ? » appela-t-il en se penchant dans le trou noir. « Marion, tu m’entends ? »
    Il allait l’aider à sortir, il savait comment s’y prendre maintenant pour lui faciliter la tâche.

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Marion Duval
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MessageSujet: Re: « I’m my own worst enemy... » || Marion D.   Sam 30 Aoû - 12:35

[ Si tu trouves Marion déterminée, c’est parce que j’écoute ACDC en même temps ^^ ]

    La jeune femme allongea sa foulée, laissant glisser sa main sur le plafond pour se guider. La lumière était proche. Elle se sentit plus légère, et elle alla de plus en plus vite. Derrière, David semblait avoir eu la même réaction qu’elle. Son pied heurta un morceau de roche, elle trébucha mais se rattrapa en plantant ses oncles au plafond. Ouf, rien de cassé. La jeune femme reprit sa foulée ample, malgré le fait qu’elle ait été pliée en deux. Le rayon lumineux était de plus en plus près, près palpable. Ils allaient s’en sortir ! Terminées les crises de claustrophobie. D’ailleurs, elle était heureuse de ne pas avoir cédé ce jour-là. Elle se pencha un peu pour éviter de se prendre le mur dans le crâne et elle reprit son chemin avec un pas bien plus rapide. Mais malheureusement, ce ne fut pas une sortie qui les attendait, mais un cul de sac. La jeune femme s’arrêta si brusquement qu’elle glissa sur le sol humide. Elle se rattrapa comme elle le pu, cachant sa déception par un faux soupir blasé. Tout était contre eux, décidément. A ses côtés, David s’assit. Le pauvre, ce devait être horrible d’avancer dans un endroit si petit. Elle se demandait comment il s’y prenait pour caser ses jambes et ses bras, et pour ne pas s’assommer à chaque mouvement… Elle s’estimait heureuse de sa petite taille. Pour une fois ce n’était pas handicapant, bien au contraire.

    « On dirait qu’on est bloqués »

    Sans blague… La jeune femme tourna la tête vers lui alors qu’il disait une autre chose. Elle ne parvint pas à comprendre, trop occupée à rester sur ses pieds. Elle étudia avec attention la petite ouverture vers l’extérieur. Passant sa main devant, elle se rendit compte qu’elle était vraiment minuscule. Elle ne pouvait même pas laisser passer un humain. Même son chien aurait eu du mal à y passer. La belle soupira pour la seconde fois en inspectant dehors. Un vertige, puis deux, Marion s’appuya contre la paroi de la grotte, près du jeune homme. Avec un peu de chance, elle arriverait à oublier pendant qu’ils chercheraient une solution. La main brûlante de l’italien chercha à sienne à tâtons et dès qu’il l’eut trouvée, il la serra doucement. Marion ne bougea pas, déjà envahie par une nouvelle vague de chaleur. Sa vision redevint plus claire, elle retrouva ses esprits. Ah, et bien finalement elle avait trouvé une solution pour sa phobie. La voix du beau jeune homme s’éleva. Marion tourna la tête vers ce qu’elle supposait être sa silhouette, le regard interrogateur. Oh bien sûr il ne vit pas. Il rampa le long de la paroi avant de s’exclamait que le tunnel continuait. Quoi ? Comment ça ? Ils n’étaient pas coincés ? Devant l’enthousiasme du jeune homme, Marion ne put que sourire. Le jeune homme lui demanda si elle voulait qu’ils entrent dans le tunnel, car c’était plus étroit. L’angoisse de la jeune irlandaise réapparut. Plus étroit que l’autre boyau ? Arriverait-elle à se surpasser pour oublier ses peurs ? De toute façon, ce fut comme s’il ne lui laissait pas le choix. Il l’attrapa par la main et l’attira vers lui, près de l’entrée aussi. La belle regarda la fenêtre avec un sentiment de regret. Elle grimaça avant de serrer la main de l’italien. Courage, murmura une petite voix dans son esprit. La belle enlaça doucement ses doigts dans ceux de David.

    « Allons-y »

    Céda-t-elle au long silence. Elle lui lâcha la main et le laissa partir le premier. Le pauvre était vraiment obligé de se plier dans tous les sens pour avancer. Quand à elle, une simple torsion en deux suffisait amplement. Sa main droite glissait encore et toujours sur le plafond pour qu’elle sache quand il redescendrait. Le sol commença par une pente allant vers le bas. Marion ne s’inquiéta pas. Après tout, le relief Camarguais était très divers, alors pourquoi pas celui de la grotte. Elle suivait le jeune homme, s’imaginait collée à lui pour surpasser le malaise. Le sol devenait de plus en plus glissant. Ils marchaient dans quelques centimètres d’eau de roche, claire, calme mais horriblement froide. Au niveau de ses mains, elle ne ressentait que l’humidité, à défaut d’avoir les mains chaudes de nature. Pour une fois, être aussi froide que le marbre ne lui était pas désagréable. Et peu à peu, le sol commença à remonter. Un sentiment de joie l’emporta. Elle en oublia le lieu où elle était pour s’imaginer dehors, et sentir le vent frais sur sa peau. Ils seraient bientôt libres, son petit doigt le lui disait. Mais au prix de quoi ?... La sortie s’annonçait rudement difficile. La voix inquiète de David s’adressa à elle au bout d’un long moment de silence.

    « Tout va bien ?
    - Pour l’instant, oui. »


    La jeune femme l’effleura du bout des doigts pour lui signaler où elle se trouvait, grosso modo. Alors qu’elle reprenait son chemin, un grondement sourd provenant de leur tunnel l’alarma. David aussi l’avait entendu, et c’est pourquoi il avait posé cette question. Il reprit son chemin, il l’entendit au bruit de ses pas. Marion reconnut le bruit de l’eau. Pas étonnant, vu la couche qui recouvrait leurs pieds. Mais le son était beaucoup trop puissant pour qu’il s’agisse de l’eau qui ruisselait sous leurs corps. Eh merde… Une cascade. Ce son était reconnaissable parmi des milliards. Elle avait l’habitude de l’entendre en Irlande car elle se rendait souvent au pied d’une cascade avec Kiss Cool pour se détendre. Ce bruit de l’eau qui ruisselle le long de la roche et qui s’écrase dans un lac en dessous était inimitable. Un frisson glaça son corps. Et s’ils se trouvaient sur le chemin ? Et s’ils ne voyaient pas l’eau ? Et s’ils se noyaient ? Marion devenait complètement paranoïaque. Elle suivit David en tachant de rester calme, mais c’était tellement difficile qu’un nouveau malaise s’empara d’elle. Elle ralentit l’allure, s’accrocha au mur de plus belle. Allez, dans peu de temps ils seraient dehors. Du moins, elle tentait de se le persuader.

    Quelques longues minutes plus tard, Marion regarda au loin. Elle aperçut un flot de lumière. Son cœur bondit de sa poitrine. Avec un peu de chance ils avaient trouvé la vraie sortie des souterrains. Les deux accélérèrent le pas. Marion courait presque pour le suivre, car un de ses pas en valait deux de ceux de Marion. Le jeune homme s’arrêta net pour regarder la sortie. Marion fut surprise de ce brusque arrêt et faillit le percuter de plein fouet. Elle se serra contre lui, manque de place. Ses yeux balayèrent la pièce. Oui, en effet, il y avait là la sortie qui leur permettrait de retrouver la surface. Marion grimaça. Il faudrait escalader. Le fait de grimper ne la gênait pas, mais il fallait voir cette paroi. Elle était totalement verticale. Comment arriver à monter ? Il n’y avait que de rares prises, et encore, elles étaient très espacées et recouvertes par de l’eau, donc glissantes…

    « J’y vais le premier. Ça ne doit pas être infranchissable…
    - Sois prudent. »


    Marion prononça ces quelques mots témoignant de son inquiétude après un long silence. Non, pour lui ce ne serait qu’une histoire de quatre ou cinq prises, voire moins. Mais pour elle, ce serait une affaire bien plus compliquée. La belle s’avança derrière lui, dans l’espoir de pouvoir le guider. Elle savait qu’il n’en aurait pas besoin, mais cela la rassurait. Après avoir prononcé quelques paroles dont la jeune femme ne saisit pas le sens, David partit escalader la falaise humide. Marion en eut le cœur tout serré. Un nouveau vertige la força à se tenir au mur. Mais cette fois ce n‘était pas l’enfermement qui en était la cause, mais plutôt la peur… Il ne mit que quelques courtes minutes à s’extirper de la grotte. Admirative, la belle l’attendait quelques mètres plus bas. Elle avait bien observé le mur pour voir où étaient positionnées les prises les plus accessibles. Bon, ce ne serait pas facile, mais elle ne pouvait pas faire marche arrière. Elle posa sa main sous l’eau glaciale, mais ne ressentit rien.

    « Marion, tu m’entends ?
    -Ouais, très bien. J’arrive. »


    Elle n’attendit aucune instruction, beaucoup trop déterminée à s’en sortir. Elle étouffait ici. La belle posa une main sur un rocher au dessus d’elle. La prise était haute mais avec un peu d’élan ça irait tout seul. La belle fléchit ses jambes, inspira profondément et, d’une extension agile, elle sauta et s’agrippa de toutes ses forces. Bon, jusque là, tout allait bien. Elle ne pensait pas à ses peurs, juste à sa réussite. La belle repéra un rocher un peu plus haut, et il était accessible. Elle coinça son corps contre le rempart, posa son pied un peu plus haut, attendit d’être certaine et se lança dans le vide. Elle réussit ce qu’elle avait entreprit. Ouf. Lorsqu’elle posa sa main sur la prise, elle ressentit une douleur insupportable au niveau de la paume de sa main. Elle secoua la tête, chassant l’idée qu’elle se soit fait mal. Elle devait avoir une crampe, rien d’autre. Allez ! Marion poussa sur ses jambes pour se retrouver debout. Encore une prise et elle pourrait apercevoir David, dehors. Elle chercha un moment sans rien trouver, et puis la solution s’imposa à elle. La jeune femme s’immobilisa, évitant de faire un faux mouvement malgré ses doigts engourdis et ses jambes courbaturées.

    « David, tend-moi une main s’il te plais. »

    Elle attendit que ce dernier s’exécute. C’était la seule solution. Et là, elle le vit, juste au dessus d’elle. La belle leva sa main gauche, mais il était trop loin. Elle chercha, sans céder à la panique pour autant. Au bout d’un moment, elle repéra un très petit rocher. Si elle mettait tout don poids dessus, elle risquerait de tomber car il n’avait pas l’air très stable. Elle prit son courage à deux mains, inspira profondément et posa sa main qui lui faisait mal, sur cette prise-là. Doucement, souffla sa conscience sans inquiétude. Marion s’exécuta. Elle se mit sur la pointe des pieds et ramena sa jambe à côté de l’autre en douceur, sans se presser. La peur au ventre, elle tâchait de se montrer à la hauteur. David avait été bien plus agile qu’elle, et peut-être même plus malin. La belle sentit le rocher de ses mains frémir. Un frisson parcourut son échine. Il fallait qu’elle tienne bon, elle y était presque. Allez, allez ! La jeune femme se rendit compte que David lui tendait toujours sa main. Et s’il lui murmurait des paroles encourageantes ou des conseils, elle ne les entendait pas. Les minutes passaient, elle était tétanisée. Au faux pas et elle tomberait. Et finalement, elle eut une idée. Elle bascula son poids vers la droite, leva sa main gauche et la tendit vers David. Surtout, ne pas brusquer l’affaire. Elle inspira, expira et se jeta en avant. Sa main toucha celle de David, elle la serra le plus fort possible, et de son côté, il la tenait bien aussi. La belle tenta de soulager le poids qu’il devait supporter en posant le pied gauche dans un creux du rempart. Elle y parvint, fière. Elle tendit son autre main vers lui, ne se rendant même pas compte qu’elle était en sang. Rien de grave, mais cela pouvait le surprendre. Au bout d’un certain temps. Elle poussa sur ses jambes, le plus fort possible, et s’aida de la prise de David pour s’extirper du trou. Malheureusement, arrivée en haut, elle le lâcha. Son réflexe fut néanmoins très bon. Elle se jeta vers l’avant et se retrouva couchée sur l’herbe, sans aucune égratignure, mise à part sa main, mais ce n’était qu’un détail minime pour le moment. Marion, tremblante, se remit sur ses pieds, prit une bouffée d’air et se serra contre David pour l’enlacer.

    « Beau travail ! Et… Merci. »

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MessageSujet: Re: « I’m my own worst enemy... » || Marion D.   Dim 31 Aoû - 17:45

[ Le retour de Juuuust x'D ]

    Marion n’attendit pas davantage et avec détermination, elle commença son escalade sous la cascade. Penché au-dessus du trou, David la regardait avec attention tandis qu’elle cherchait ses prises pour se hisser le long de la roche trempée. Il ouvrit la bouche pour lui donner un conseil, puis renonça en voyant qu’elle se débrouillait plutôt bien. Cependant, un peu plus haut, elle se retrouva coincée et il la vit chercher en vain quelque chose où s’accrocher. Alors, la jeune fille lui demanda sa main.
    Il avait déjà pensé à cette solution et s’était agenouillé tout au bord du trou pour lui tendre son bras. Il restait encore une bonne soixantaine de centimètres entre eux… Il s’allongea carrément par-terre, mais cela ne réduisit pas suffisamment la distance entre leurs mains. De son côté, Marion cherchait un moyen de monter encore un peu pour atteindre le jeune homme. Ce dernier scruta la paroi du regard, et vit soudain un creux dans la roche inégale, qui lui semblait suffisant pour se hisser un peu plus haut… Mais alors qu’il s’apprêtait à le signaler à la jeune fille, il s’aperçut qu’elle avait déjà repéré un autre endroit où poser ses mains, une pierre en équilibre plus ou moins stable sur le mur.
    « Pas là ! » conseilla-t-il.
    Durant sa propre ascension, il avait eu le malheur de poser sa main là-dessus et avait bien failli tout dégringoler jusqu’en bas. Cependant, Marion ne l’entendit pas –ou ne voulut pas l’entendre…- et elle posa ses deux mains sur la fragile prise. David s’attendait au pire, mais la pierre tint le coup. Hum, il faut bien dire que la jeune fille devait être nettement moins lourde que lui… Mais, une fois arrimée des deux mains, la brunette s’immobilisa. Les secondes passèrent, désespérément lentes, sans qu’elle esquisse le moindre mouvement.
    « Marion, tu fais quoi là ? »
    Pas de réponse, pas le moindre geste qui lui confirme qu’elle l’avait entendu. Une minute s’écoula, puis deux, sans que rien ne se passe.
    *Et meerdeuuh…*
    Elle devait être bloquée, paralysée par la peur ou un truc de ce genre. Malin, ça…
    « Marion ! » appela-t-il une fois de plus. « Essaie d’attraper ma main… »
    Il se pencha le plus possible dans le trou, au risque d’y basculer lui-même. Mais la jeune fille demeura figée, précairement accrochée à la paroi sur laquelle se déversait le torrent d’eau glacée. Enfin, au bout de ce qui parut être une éternité, elle se décida et tendit une main vers lui. Il ne manquait même pas une dizaine de centimètres… Il tendit le bras à se le distendre, sans pourtant parvenir à effleurer ses doigts blancs. Subitement, Marion se jeta en avant et il sentit sa main dans la sienne. Immédiatement, il referma ses doigts et les serra, assurrant sa prise sur la jeune fille.
    « Impeccable, bravo ! »
    Il tendit son autre bras et se saisit de la main qu’elle lui tendit. Quelque chose de tiède et poisseux suinta entre leurs paumes, mais le jeune homme, occupé sur un autre sujet, ne s’interrogea que très brièvement sur ce dont il s’agissait. Du moment que ça ne faisait pas glisser leurs mains…
    Ils resserrèrent leurs prises l’un sur l’autre, puis Marion se mit à pousser sur ses jambes. De toutes ses forces, David tira sur ses bras et l’aida à se hisser du trou… Subitement, leurs mains glissèrent et elle le lâcha. Heureusement, la moitié de son corps avait déjà émergé et elle se jeta en avant pour éviter de re-dégringoler jusqu’au fin fond du souterrain.
    *Han, ben voilàà…*
    David soupira et il s’aperçut alors qu’il s’était pratiquement arrêté de respirer.
    *Tsss, fais gaffe mon pote, t’vas d’venir cardiaque avec celle-là…*
    Il frotta ses mains l’une contre l’autre et s’aperçut alors que ses paumes étaient couvertes d’un sang carmin. Un sang qui n’était pas le sien, il en était certain. Dans ce cas… Alors que Marion, pâle et hagarde, se blotissait contre lui, il comprit quel était le fameux liquide tiède et poisseux qu’il avait senti en la tirant du tunnel. Il s’essuya sur son jean qui de toute façon, était déjà mort plusieurs fois dans la nuit, puis entoura la jeune fille de ses bras. Elle tremblait terriblement et il lui frictionna le dos pour la réchauffer et l’apaiser, mais ne laissa passer que quelques secondes avant de la repousser. À la lumière du jour, tout d’un coup, leurs étreintes prenaient un autre aspect et une réalité beaucoup plus crue, et nettement moins douce. Il était bien plus dur de se voiler la face à présent…
    D’un geste doux, il prit la main de Marion et la retourna. Effectivement, elle s’était entaillé la paume. Avec ses deux doigts, il essuya le sang qui s’était répandu un peu partout sur la peau blanche pour délimiter la taille de la blessure, qu’il s’abstint de toucher par égard pour la jeune fille.
    « Impressionnante blessure de guerre ! » commenta-t-il, retrouvant son ironie coutumière.
    Il relâcha sa main et, alors, prit conscience de l’endroit où ils avaient atterri. Ils se trouvaient vraisemblablement au cœur de la forêt. Autour d’eux, les arbres avaient poussé haut et leurs frondaisons masquait en grande partie les rayons du soleil. Les troncs étaient très proches, et entre eux avait poussé un impressionnant tapis de ronces et de buissons compacts. Il serait pour le moins délicat de se frayer un passage dans cette végétation hostile… Cependant, David et Marion se trouvaient sur une petite zone à peu près dégagée. Un ruisseau coulait entre les racines et en rejoignait un ou deux autres, augmentant le débit de l’eau qui allait ensuite se jeter dans la petite cascade souterraine que les deux jeunes avaient péniblement gravie. Après une brève réflexion, le jeune homme prit la parole :
    « Je pense qu’en remontant le ruisseau, on arrivera quelque part, au moins on aura pas à traverser les ronces … »
    Effectivement, le lit du ruisseau principal dessinait entre les arbres une sorte de petit chemin dégagé. Bien sûr ce n’était pas du grand luxe, loin de là, mais au moins ils éviteraient de se transpercer la peau en tentant de passer l’infranchissable barrage de broussailles. Marion ayant marqué son assentiment [ou pas, mais de toutes facons il le f’ra quand même =P Mais j’éditerai selon c’que tu mets ^^[b]], David se mit à marcher sur la berge humide. Une brise légère se leva, lui tirant un frisson. Il était trempé comme une soupe à cause de son ascension de la cascade, et ses vêtements accusaient les marques d’une nuit passée sous terre, sales et boueux qu’ils étaient en particulier au niveau des genoux… Le timide soleil du petit matin n’était pas assez chaud encore pour faire remonter la température tombée pendant la nuit. Mis à part bouger, il ne restait guère de solution pour retrouver un peu de chaleur. Au bout de quelques minutes, David fit remarquer :
    « Tu devrais rincer ta main… »
    L’eau était certes glacée, mais elle avait l’air propre et claire. Ce serait toujours mieux que de garder des traces de sang séché partout…
    Lorsqu’ils reprirent leur chemin, le jeune homme ne prit pas la tête mais resta cette fois aux côtés de Marion. Un hasard, une coïncidence, quelque chose comme ça fit qu’ils se retrouvèrent à marcher main dans la main au bout de quelques mètres, chacun sur un bord du ruisseau dont la berge n’était pas assez large pour permettre le passage de deux humains de front.
    Ils poursuivirent leur marche, d’un pas soutenu mais pas trop rapide pour autant. La fatigue d’une mauvaise nuit et de leurs escapades pour sortir se faisait sentit, mine de rien, et puis aucun sentiment d’urgence ne les tenaillait particulièrement.
    C’était un joli matin d’été, la forêt s’éveillait tranquillement, les oiseaux chantaient dans les branches, juste au-dessus de leur tête. Les insectes reprenaient leur envol, un papillon effronté passa juste sous le nez de David. Ç’aurait pu être une sympathique promenade… À quelques –légers- détails près.
    Plus ils avançaient, plus le lit du ruisseau se rétrécissait et plus la végétation reprenait ses droits, amenuisant d’autant plus l’espace sur la rive. Connaissant la forêt pour s’y balader régulièrement à pied ou à cheval, David n’aurait pourtant pas cru qu’en certains endroits elle était si sauvage, presque hostile, montrant clairement que nul homme ne s’était aventuré ici depuis bien longtemps. Pourtant, il n’avait pas pour habitude de rester sur les sentiers…
    Bientôt les deux jeunes se trouvèrent à repousser branches et broussailles pour continuer d’avancer.
    Soudain, un cri se fit entendre, perçant l’atmosphère paisible de la forêt. Un cri qui ressemblait plutôt à… un hennissement. D’un même instinct, David et Marion s’arrêtèrent, guettant une réponse ou un second appel. Qui était donc ce cheval qui errait dans la forêt à une heure aussi matinale ? Se pourrait-il que ce soit ce fameux étalon noir qui… Non, ne pas y penser. Cela aurait risqué d’attirer vers eux le sinistre présage de ce cheval sauvage à la robe d’ébène.
    Second hennissement. Le cheval n’était pas loin, quelque part entre les arbres…

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MessageSujet: Re: « I’m my own worst enemy... » || Marion D.   Lun 1 Sep - 13:06

    L’agréable chaleur du torse de David ne dura pas une éternité. Le jeune homme la repoussa sans pour autant la brusquer. Marion comprit qu’il ne préférait pas continuer sur cette voie. La belle en eut le cœur noué, mais en même temps, c’était préférable de son côté aussi. Qu’allaient dire ses amis et sa famille s’ils la voyaient débouler avec lui ? Et qu’est-ce qu’il se passerait par la suite ? Il valait mieux ne plus penser à ça et réfléchir au moyen de retrouver le Domaine au plus vite. Ses proches devaient être tétanisés. Elle était tout de même partie depuis des heures, sans donner un signe de vie. Cette idiote avait totalement oublié de prendre un téléphone sur elle, et elle s’en voulait au plus haut point. La belle s’écarta donc de David, étudiant les lieux. Les deux jeunes gens se trouvaient en plein cœur de la forêt, là où on ne voit plus le ciel tellement les arbres sont serrés. Lorsqu’elle leva les yeux pour voir si elle ne trompait pas, elle aperçut l’entremêlage de branches qui se faisait au dessus de leurs têtes. La jeune femme soupira. Elle connaissait bien la forêt, mais à partir du moment où on dépassait Lunel, tout lui était inconnu. Hors là, il devaient largement l’avoir dépassé. Le mieux serait de gagner la côte pour se repérer Quoi que, sans boussole, trouver le Nord était peine perdue.

    « Impressionnante blessure de guerre ! »

    Déclara David à son égard. Et c’est à ce moment là qu’elle remarqua qu’il lui avait prit la main et qu’il l’examinait. Son doigt glissait sur sa paume. Son regard se posa alors sur une entaille dans sa main. Des perles vermeilles s’en échappaient. C’était donc ça, la douleur qu’elle avait ressentie en remontant le long de la paroi. Elle avait dût s’écorcher sur un rocher un peu trop pointu. La belle releva la tête vers David, plongeant ses intenses prunelles dorées dans son regard vert émeraude. Hum, en effet, c’était une blessure impressionnante. Tellement qu’elle ne l’avait pas ressentie aussi fort que prévu. Elle remarqua sur les traits du bel italien qu’il avait retrouvé son ironie si familière. La belle acquiesça d’un signe bref de la tête avant d’hausser les épaules. Après tout, si la blessure ne la gênait pas, elle la soignerait tranquillement en rentrant au Domaine. Elle serra le point pour arrêter les saignements et examina l’endroit de plus belle. Ils se trouvaient dans une percée de la forêt. Les arbres formaient une courbe en contournant la roche avant de rejoindre la berge du petit ruisseau. Marion tourna sur elle-même quand David lui lâcha la main. Derrière, les arbres étaient encore plus serrés et on ne voyait pas grand-chose. Quelque chose lui laissa supposer que cela menait en plein cœur du bosquet. Elle pivota, se retrouvant face à David pour la énième fois. Son regard suivit la courbe du ruisseau, puis se décala sur le côté. Argh… Il y avait là des buissons au branchage très fournit et un tas de ronces.

    « Je pense qu’en remontant le ruisseau, on arrivera quelque part, au moins on aura pas à traverser les ronces … »

    L’interrompit-il dans sa réflexion. Elle secoua la tête pour revenir à la réalité. Avait-il lu dans ses pensées ? Marion hocha la tête. Ils n’avaient rien à perdre. Tant qu’il ne l’amènerait pas au centre de la forêt, elle le suivrait. De toute façon, il n’était pas assez bête pour se tromper aussi grossièrement. Lui-même connaissait la forêt comme Marion, voire même plus. La belle passa une main dans sa longue chevelure noire, découvrant à quel point elle était humide… Les tremblements avaient augmenté, mais ce n’était rien comparé à ceux d’une crise. Une légère brise se leva, faisant danser les feuilles des arbres doucement. La chevelure de Marion n’y échappa, car des longues mèches noires barrèrent sa vue. Un sourire se dessina sur ses lèvres. Dieu ce que cette sensation lui avait manquée. Malgré qu’elle ait eut froid, ce souffle ne lui était pas désagréable. Marion acquiesça à la remarque de David. Elle suivit son regard et remarqua le chemin à côté du ruisseau. Il n’était pas très large, mais il était assez grand pour faire tenir deux personnes l’une à côté de l’autre –en se serrant bien. Ils n’auraient qu’à marcher l’un derrière l’autre et le problème serait réglé. Sans lui demander son avis, David s’engagea dans le chemin. Il fut un certain temps à la belle pour daigner le rejoindre. Elle accéléra le pas jusqu’à ce qu’elle se retrouve à ses talons. Les deux marchèrent ainsi pendant quelques minutes, dans un silence religieux. Marion ne pensait plus à rien. Sa seule préoccupation était d’écouter le murmure de l’eau à ses pieds. Quelques minutes plus tard, le jeune homme lui conseilla de rincer sa main. Sa main ? Quelle main ? Elle jeta un coup d’œil furtif sur son poing serré avant de se rappeler. Ah oui, sa main ! La jeune femme haussa les épaules sans lui répondre. Elle se mit face à l’eau qui ruisselait tranquillement dans son lit. Doucement, elle s’agenouilla. Son reflet dans l’eau l’alarma tout de suite, si bien qu’elle resta un long moment dans cette position sans bouger. Sa longue chevelure était parfaitement lisse, mais c’était à cause de l’humidité. Son visage était pâle, tellement qu’elle se crut d’abord malade. Ses grands yeux dorés étaient voilés, et de légères cernes se dessinaient sous ses prunelles. Son front plissé était signe d’inquiétude, mais tout était terminé. La jeune femme revint à elle et plongea sa main blessée dans l’eau. Elle grimaça. C’était gelé, pire que tout… Elle la laissa ainsi baigner pendant quelques secondes. Lorsqu’elle la ressortit de la surface transparente, elle ressentit d’horribles crampes. Elle secoua ses doigts au dessus de l’eau, tout en regardant le sang se dissoudre dans le liquide clair. Sentant qu’elle était attendue, Marion se releva et repartit avec David.

    Les deux restèrent côtes à côtes tant que le chemin le leur permettait. Mais petit à petit, il devint plus étroit, ne permettant plus aux deux jeunes gens de marcher l’un à côté de l’autre. La belle glissa sa main gauche dans celle de David et enjamba le ruisseau en une enjambée bien étudiée. Quelques centimètres les séparaient, pourtant ils étaient très proches. Marion ne lâcha pas sa main et continua à marcher en parallèle à lui. Elle se cala à sa cadence soutenue. Heureusement, il l’attendait, car ses pas étaient difficiles à suivre pour une jeune femme aussi petite qu’elle, par rapport à lui du moins. N’empêche, rien ne laissait croire qu’ils étaient pressés de rentrer. Marion se croyait plutôt en promenade, perdue. Certes, elle était pressée de prendre une douche et de se changer, mais être en la compagnie du bel italien n’était pas désagréable, et le cadre non plus. Les chemins se rétrécissaient symétriquement que chaque côté des deux berges. Marion poussa quelques branches pour ne pas les prendre dans la face. David devait même se baisser parfois. La belle enjamba un tronc qui barrait sa route et serra la main du brun dans la sienne. Peu de temps après, elle s’arrêta, plongeant une main dans l’eau pour la passer sur son visage. Elle reprit sa route en reprenant tranquillement la main de David. Mais soudain, un cri perçant attira leur attention. En même temps que David, Marion s’arrêta brusquement. La belle avait reconnu un hennissement. Elle déglutit. Soit il s’agissait de Just, soit c’était ce mystérieux cheval qu’ils avaient croisé à plusieurs reprises, tous les deux. Un regard en biais sur son camarade lui fit croire qu’il penchait pour la seconde solution. Marion attendit un silence, révélant alors un calme olympien. Elle n’avait jamais eut peur d’un cheval, alors pourquoi en avoir peur aujourd’hui ? Et puis un second hennissement se fit entendre. Marion tressaillit. Ce hennissement, elle l’aurait reconnu parmi des milliards. Sa main se détacha de celle du jeune homme et elle fit un pas en avant, vers les buissons. D’un geste doux, elle demanda à David de ne faire aucun mouvement qui pourrait faire peur à l’animal. Elle pivota un peu sur la droite, écarta les branches et attendit. Quelques bruits de sabots martelèrent le sol, Marion ne bougea pas. Et peu après, quelque chose bondit des buissons. Il y eut un bruit plus fort des sabots, un hennissement, des sabots, et un instant de suspension. Marion gémit, surprise, et eut tout juste le temps de se courber en deux et de rouler pour se protéger. Son regard lui indiqua que la bête venait de lui sauter par-dessus. Elle vit ses sabots ferrés passer largement au dessus de sa silhouette. Et puis là, le cheval réceptionna et s’arrêta net, les sens en alerte, les oreilles couchées sur la nuque et les dents sorties, prêtes à mordre le premier venu. Et là, le premier venu était David. Marion sauta sur ses pieds et tapa violement du pied pour attirer l’attention du cheval.

    « JUUUST ! Si tu touche à un cheveu de David t’es mort ! »

    Le cheval reconnut la voix de la jolie brune et tourna immédiatement la tête. Ses deux oreilles se pointèrent vers elle. La belle sourit. Il avait vraiment progressé depuis qu’il travaillait avec elle. Marion tendit une main à son cheval. Elle se sentait si légère… Le fait d’avoir retrouvé Just était déjà un bon point, et l’inquiétude qui la rongeait était complètement redescendue. L’étalon hésita, et fit quelques pas vers elle, conscient qu’il avait faillit faire quelques chose du mal. Marion le félicita en murmurant quelques phrases en anglais. Le cheval donna un coup de nez dans son épaule, et elle caressa son chanfrein. Un regard doux se posa dans les prunelles de David. Marion invita le jeune homme à la rejoindre, sous le regard protecteur de son cheval. La belle tourna les talons et se faufila tranquillement dans les arbres, dans le chemin frayé par Just. Elle en ressortit quelques secondes plus tard avec une liane verdoyante et à l’apparence très solide. La belle revint près de Just qui regardait David d’un œil mauvais. Un coup sur le nez le rappela à l’ordre. Elle entoura le morceau de liane sur l’encolure noire et musclée de l’étalon avant de se tourner vers David, un sourire fier et noble sur les lèvres.

    « Monsieur Moss, je crois que nous avons trouvé de quoi voyager. »

    Elle lui lança un clin d’œil amusé. Après tout, Just était porteur, donc deux personnes sur son dos n’allaient pas être trop difficiles à transporter. De plus, ça empêcherait à l’étalon d’affronter David… Et pour finir, ils pourraient se reposer. Après tout, David l’avait bien fait monter sur Leïla, alors pourquoi pas lui montrer de quoi Just Another était capable ? La belle noua la liane pour en faire une sorte de collier et se positionna à l’épaule de la majestueuse bête noire. Il la dépassait largement… Marion prit de l’élan, s’appuya sur le dos de l’animal et bascula doucement avant de passer sa jambe par dessus la croupe de son cheval. Elle s’avança le plus possible avant d’inviter David à la rejoindre. Une fois à cheval, il n’oserait jamais l’attaquer. Pourquoi il avait fallut qu’il haïsse les hommes ?

_________________

    « What will be the name of your children ? You can't hide forever. I can't see you. In the wheatfields. I have lost my sence of humour. Show me where you are. The grass is too tall. I can't even talk. The is no place. Down here. Small enough. For you to stay. I come back home and try to see. The hints you left for me. Never found the ring. Will you ever marry me ? »[/list]
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MessageSujet: Re: « I’m my own worst enemy... » || Marion D.   Lun 1 Sep - 19:03

    Ils restaient immobiles, l’oreille aux aguets. Subitement, Marion lâcha David et s’avança d’un pas vers la lisière des arbres, en direction de l’origine des hennissements. Le jeune homme ne bougea pas, concentré sur ce qu’il entendait. Un bruit de sabots lui parvint, étouffé par la végétation. Le cheval avançait vers eux. Avant que David ait eu le temps d’esquisser un mouvement, une forme sombre jaillit devant lui, perçant le dense rideau de végétation avec un hennissement perçant. Le jeune homme eut tout juste le temps de faire un pas de côté pour éviter une collision avec l’animal qui s’arrêta face à lui, les naseaux palpitants.
    C’était une grande bête d’un noir de jais, imposante et fière, débordante de noblesse. D’un regard expert, David suivit les courbes du grand corps musclé. Pas un gramme de superflu, c’était un beau cheval au sommet de sa forme. Et également au sommet de sa mauvaise humeur… Les oreilles couchées en arrière, l’étalon montrait les dents à David. C’était une menace on ne peut plus explicite mais qui n’impressionna guère le jeune homme.
    « Tiens, je n’avais jamais vu ton en-tête. Et je ne savais pas que tu étais ferré… » commenta ce dernier.
    C’était parfaitement visible, ce cheval n’était pas l’étalon « fantôme ». Il était plus petit, d’ailleurs, et sa carrure, bien que probablement plus musclée, était bien moins imposante. Marion appela le grand noir d’un ton autoritaire. David eut un sourire goguenard en l’entendant aller jusqu’à menacer l’équidé de mort s’il s’en prenait à lui.
    *Waah, protectrice en plus…*
    L’étalon noir abandonna aussitôt sa posture agressive et se tourna vers la jeune fille. Après quelques instants d’indécision, il s’approcha doucement d’elle. Ainsi donc, c’était bel et bien le cheval de Marion, le fameux Just… Just quoi d’ailleurs ? Anything ? Non, Another. Just Another. Il avait l’air d’avoir un sacré caractère, mais aussi d’être très attaché à sa cavalière.
    Cette dernière disparut un instant entre les broussailles déchiquetées par les bons soins de l’étalon, puis reparut, tenant dans les mains une espèce de liane bien verte dont elle se servit pour entourer l’encolure du cheval. Ce dernier gardait constamment un œil fixé sur David, dardant sur lui un regard mauvais.
    « On dirait, oui… » répondit le jeune homme en se demandant si l’étalon accepterait si facilement sa présence.
    En matière de cheval enquiquineur et agressif, il avait Leïla et était bien placé pour savoir que cette dernière ne tolérait aucun contact de quiconque n’était pas connu et un minimum apprécié d’elle… Autant dire que les heureux élus étaient plutôt rares.
    Marion acheva de nouer la liane sur l’encolure de Just Another, puis elle monta souplement sur son dos. Après s’être avancée autant que possible vers le garrot de sa monture, elle se tourna vers David, lui enjoignant de la suivre.
    « Moi ? Là-dessus ? » répliqua sarcastiquement David, dubitatif.
    Il posa une main sur la croupe de l’étalon qui tressaillit à ce contact et s’écarta d’un pas.
    « Désolé, vieux, j’ai bien peur que tu doives me supporter un petit moment encore… »
    Ce disant, il posa ses mains sur le dos du cheval, prit appui et d’un bond souple, se hissa et enfourcha l’étalon. Sentant le poids de ce nouveau cavalier sur son dos, Just se mit à piaffer. David s’avança au maximum pour soulager ses reins, mais il laissa tout de même quelques centimètres entre le dos de Marion et lui. Question de sécurité élémentaire…
    Guidé par sa cavalière ou de son propre chef, le cheval se mit à avancer d’un pas vif. Il poursuivit le chemin qu’avaient décidé d’emprunter les deux jeunes, et se mit à marcher sur l’étroite berge du ruisseau, à l’extrême limite de l’eau glougloutante. David relâcha ses muscles, faisant épouser à son corps les mouvements de sa monture. Les cheveux de Marion, à quelques centimètres de son visage, dégageaient un parfum entêtant et il détourna la tête en essayant de placer sa concentration sur autre chose.
    La berge était tapissée d’herbe rase et de mousse d’un vert vif. Le sol, moelleux, s’enfonçait sous les sabots durs de l’étalon. Se retournant, le jeune homme vit que de légères marques de fer restaient imprimées au bord de l’eau. Toujours aussi peu désireux de laisser la porte ouverte à des pensées douteuses, David pencha alors la tête et s’absorba dans la contemplation du ruisseau. L’eau était cristalline, d’une transparence étonnante, et laissait voir le fond fait de grosses pierres grises et rondes, et d’un gravier plus sombre. En fait, le cours d’eau était sûrement plus profond qu’il n’en avait l’air, même si bien sûr cela n’excédait probablement pas une dizaine de centimètres… Laissant son regard s’attarder sur la forme un peu étrange de la rive, le jeune homme remarqua qu’une partie de la berge devait être immergée durant quelques mois dans l’année, pendant la période la plus pluvieuse. Malgré ses efforts, David eut du mal à se représenter ce calme filet d’eau transformé en un torrent bouillonnant après quelques pluies.
    Just Another dérapa légèrement et mit un pied dans l’eau, faisant remonter un peu de vase qui troubla la transparence parfaite du ruisseau.
    Après quelques minutes, le trio parvint en vue d’une trouée entre les arbres, sur leur gauche. La berge rétrécissait encore plus, se limitant à quelque chose comme une trentaine de centimètres seulement entre l’eau et les broussailles. Sans hésiter, l’étalon tourna le dos au ruisseau et s’enfonça entre les troncs. Une fois encore, le jeune homme ne put déterminer s’il avait agi de lui-même ou si c’était sa cavalière qui l’y avait poussé. David préférait la première possibilité, car même si le cheval avait peut-être simplement envie d’éviter de se mouiller les pieds, il était probable que son instinct le guide parfaitement jusqu’à l’écurie. Ce n’est pas que le jeune homme doutait des capacités de Marion à trouver le bon chemin, mais… Si en fait.
    Le chemin du ruisseau était presque agréable, et la transition était sévère avec la nouvelle direction qu’il prirent. Cheminer dans le cœur lui-même de la forêt était un vrai parcours du combattant. Zigzaguer entre les troncs, chercher un passage plus ou moins franchissable dans les broussailles… Just Another faisait le gros du travail en trouvant lui-même son chemin, mais il cherchait une voie adaptée à son propre corps, pas à ses cavaliers. Combien de fois se rabotèrent-ils les pieds contre un tronc d’arbre, combien de branches (très) basses durent-ils éviter en se couchant sur l’étalon ? David grommelait intérieurement à chaque fois que les ronces et les broussailles s’accrochaient à ses vêtements ou lui griffaient la peau. Mais Just Another était étonnament sûr de lui et le jeune homme s’abstint de protester à voix haute. Après tout, ils verraient bien… Au point où ils en étaient.
    Sans montre ni aucun accessoire de ce genre, il était difficile d’avoir une quelconque notion du temps, mais il y avait plus de dix bonnes minutes qu’ils avançaient péniblement comme ça lorsque lianes et ronces commencèrent peu à peu à diminuer en taille et en nombre. Serait-ce le signe qu’ils s’éloignaient du plus sauvage de la forêt ? Les arbres s’espacèrent, suffisamment pour permettre un passage bien plus aisé entre les troncs sans trop zigzaguer. Le soleil ne parvenait pas encore à percer les épaisses frondaisons, mais si les deux cavaliers et leur monture continuaient dans cette direction, nul doute qu’ils reverraient bientoôt les rayons lumineux…
    Profitant de ce que le terrain se dégageait, Juste Another accéléra l’allure et David se concentra sur le nid qu’il avait aperçu, perché sur une branche d’un arbre dépenaillé, pour éviter de sentir avec trop d’acuité le parfum de Marion. Malheureusement un tas de brindilles, malgré tout ce qu’il pouvait représenter pour certain, n’avait jamais été que d’un intérêt très limité aux yeux du jeune homme.
    *Allez… On est bientôt arrivés.*
    Comme pour confirmer ses pensées, l’étalon s’approcha d’une zone où l’herbe était plus éparse que dans le reste de la forêt. Cela semblait dessiner une sorte de sentier, très, très étroit et apparemment oublié depuis belle lurette –ou du moins emprunté très rarement. Mais c’était tout de même un sentier ! Sûrement mènerait-il à un autre chemin, plus récent. Du moins, c’était le plus souhaitable…


[ Han my God, quelle daube astronomique X___x Ou comment écrire 40 lignes pour ne rien dire... Pfeu ]

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