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 David Moss

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David Moss [ABS&HS U_
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MessageSujet: David Moss   Ven 4 Juil - 15:48

Spoiler:
 

Contient :
1 salle de bain - WC
1 coin cuisine équipé
1 coin chambre

Studio au deuxième étage d'une grande maison du village.

** **

Prière de déposer le courrier dans la boîte aux lettres de Mme Leclaircier.


_____________________________________________________________________________________________


    Le studio de David n'est pas d'une très grande taille, et, dans cette vieille maison, on ne peut s'attendre à beaucoup de modernité. Pourtant le mobilier, simple et sans ostentation, n'a rien de vieillot et, peut-être est-ce dû à l'habitant du lieu, mais l'endroit n'est pas désagréable. Ca puait le moisi et le renfermé quand David est arrivé et il a eu vite fait d'exterminer rideaux, tapis et teintures ainsi que les vieilles toiles aux motifs floraux. A la place, quelques photos de chevaux grand format, des formes abstraites, rien qui lui tienne particulièrement à coeur mais c'est nettement moins moche ! Globalement cependant, les murs restent plutôt vides. Blanc cassé, ils reflètent la lumière provenant de l'unique et grande fenêtre, ce qui donne une certaine luminosité et une illusion d'espace dans ce studio tout en longueur.
    Généralement, c'est un grand capharnaüm qui règne ici... Les fringues partout, les chausses pas rangées, une fois on a même trouvé un rasoir sur une chaise -attention les fesses- ! Il y a tout de même des jours où le bordel reste acceptable, et de temps en temps c'est même bien rangé...

_________________
-- P.e.r.c.h.é . n.o.n . m.i . c.o.n.o.s.ci . . . --


Dernière édition par David Moss le Ven 4 Juil - 19:05, édité 5 fois
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Marion Duval
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MessageSujet: Re: David Moss   Ven 4 Juil - 17:58

    Marion était affalée dans le fauteuil de son appartement. Elle commençait à s’endormir. C’est-à-dire qu’elle avait eut une matinée très chargée. Elle s’était levée à six heures pour aider le palefrenier à faire les boxes. Bientôt il faudrait plus de monde pour faire l’entretient. Il y avait plus de soixante-dix chevaux à nourrir et donc plus de soixante-dix boxes à nettoyer. Vers huit heures elle était allée petit déjeuner au réfectoire avec un groupe de filles de dix-huit ans en moyenne. Elles avaient parlé une bonne demie heure de chevaux. Ensuite, Marion avait sorti Olympe au pré pour une séance de dressage en liberté. Elles avaient pu travailler sur les déplacements latéraux et toutes sortes de figures un peu improvisées. Un fois le tout terminé, elle avait laissé la ponette au pré. Vers dix heures, la jeune femme était allée travailler en obstacle avec Just Another. Etant jeune, il avait encore pas mal de choses à apprendre pour être excellent en concours. Elle avait travaillé sur l’abord en biais et les changements de pieds sur la diagonale. Le cheval n’avait pas besoin de sauter beaucoup en entraînement car c’était là qu’il avait le plus de facilité. La hauteur ne lui faisait pas peur. Elle préférait lui faire travailler des choses plus complexes qu’il n’avait pas encore acquises comme les changements de pied ou encore l’abord en toute tranquillité. Oui, monsieur avait prit l’habitude de prendre la main au cavalier pour aborder de lui-même. Mais Marion ne voulait pas, elle préférait gérer elle-même au cas où… La belle Irlandaise fut sortie de ses pensés par son chien qui posa sa tête sur ses genoux. La jeune femme sourit. Il avait envie de sortir et elle comprenait totalement. De plus, elle avait quelque chose à rendre à David… Cela ne l’enchantait pas mais elle le devait. Elle se leva doucement. Tous ses muscles étaient endoloris par les efforts fournis le matin. Elle dormirait bien ce soir-là…

    Elle quitta l’appartement avec Kiss Cool qu’elle avait mit en laisse. Elle éteint la télévision, vérifia qu’elle n’avait pas laissé de lumières allumées et verrouilla la porte. Le chien se précipita dehors pour aller faire ses besoins pendant que Marion fermait le portail. Elle était vêtue d’un jean gris foncé moulant. Elle avait un débardeur noir décolleté avec des lettres grises assorties à son jean. Elle avait enfilé une paire de vieilles converses noires. Sa chevelure encadrait son visage. Exceptionnellement, elle n’avait pas attaché sa longue chevelure de jais. Ses yeux étaient légèrement maquillés de noir. Un léger sourire était dessiné sur ses lèvres rosées. Elle marchait en plein milieu de la route, mais cela n’avait aucune importance car elle se trouvait dans une rue entièrement piétonne. Le chien trottinait devant. Elle le lâcha et il prit de lui-même la direction du Domaine, la laissant seule pour affronter la dernière personne qu’elle avait envie de voir. Elle ne savait pas où il habitait. Heureusement, sa tante l’avait informée. C’est elle qui l’avait forcée à aller lui rendre le vêtement qu’il lui avait prêté, en main propre. Elle avait l’adresse en main. Il lui fallait sonner et une vieille dame ouvrirait. Il faudrait qu’elle se présente, qu’elle dise qu’elle venait pour David et qu’elle sonne au studio… C’était trop compliqué pour elle mais elle devait faire avec. La jeune femme prit la grande rue qui débouchait sur trois autres ruelles. Elle prit la plus à gauche. C’était tout au fond qu’habitait David. La jeune femme accéléra l’allure pour en finir au plus vite avec ce sacré calvaire. Elle finit par arriver à la maison. C’était immense. Elle s’arrêta au portillon et appuya un coup sur la sonnette. Elle croisa les bras en attendant qu’on lui ouvre. Deux ou trois minutes plus tard, une vieille femme arriva, perchée sur sa canne en bois. Elle ouvrit avec difficultés la grille en ferraille avant de demander ce que voulait Marion. Celle-ci lui adressa un sourire amical que la vieille chouette lui rendit avec trop d’exagération. Très aimable, pensa-t-elle…

    « Bonjour madame, je suis Marion Duval. Puis-je voir M. Moss ? »

    La vieille haussa les épaules. Il y eut un long silence et, sur un ton très peu aimable, elle invita la jeune femme à entrer. Vieille chouette, pensa-t-elle lorsqu’elle passa devant elle. Alors qu’elle passait à côté de la vieille femme, elle se fit considérer avec mépris. Elle l’invita à la suivre sur le perron. Elles traversèrent un couloir qui débouchait sur des escaliers en bois. La vieille s’arrêta net, Marion se stoppa de justesse en sursautant. Encore un peu et elle la heurtait de plein fouet. Elle lui expliqua ensuite qu’il fallait qu’elle monte les marches jusqu’à l’étage le plus près et qu’elle y sonne. Rien de très compliqué, mais elle ne voulait pas contrarier la vieille femme alors elle acquiesça. Elle commença à gravir les marches en bois. A chaque pas on entendait grincer, c’était désagréable. Si on rajoutait le fait qu’elle allait chez David, il n’y avait rien de tel pour se sentir mal à l’aise. Car oui, à part lorsqu’elle avait treize ans -elle était entrée dans sa chambre alors qu’il faisait quelque chose qu’aujourd’hui elle ignorait encore -, elle n’avait jamais mis un pas dans un lieu intime qui lui appartenait. En même temps, ce n’était pas comme si elle avait envie d’y aller. Non, en fait, sa tante l’avait harcelée à chaque fois qu’elle la voyait. Pourtant elle savait que Marion n’aimait pas David et vice-versa. Mais non, il lui fallait jouer les mères réparatrices… Plus le temps passait, et plus sa nièce se rendait compte qu’elle cherchait à la réconcilier avec tout le monde. Et cela avait commencé avec son frère… Evidemment tout s’était fini par une affreuse dispute à laquelle David avait assistée… D’ailleurs, elle lui devait toujours la façon avec laquelle il l’avait fait déguerpir. Oui, il lui devait beaucoup de choses malgré tout le mépris qu’elle éprouvait pour lui. Depuis, sa tante avait essayé de la réconcilier avec ses ex-petits amis ou même avec son ancien coach de concours mais jamais elle n’y était parvenue. C’était bien là que Marion avait un problème : Sa rancune l’empêchait de refaire confiance à des gens qui lui avaient fait du mal un jour. C’était en quelques sortes ce qu’il se passait avec David, mais à chaque fois il trouvait le moyen de tout lui faire oublier pour X raison… Cela rendait la jeune Irlandaise furieuse car elle avait beau tout essayer, elle ne parvenait pas à se contrôler…

    Elle continua à monter les quelques marches grinçantes et finit par arriver le perron d’une porte en bois. Elle voulut sonner mais quelque chose l’en empêcha. Elle n’allait quand même pas faire demi-tour aussi près du but ? Si ? C’était vraiment bête d’avoir fait tous ces efforts pour rien. Elle baissa la tête en soupirant. D’accord, elle n’en avait pas envie, mais avait-elle réellement le choix ? Non. Elle poussa une mèche qui lui masquait la vue. Elle releva la tête, passa sa main, nerveusement, dans sa longue chevelure couleur ébène. La jeune femme prit son courage à deux mains. Elle poussa un second soupir et sonna de la même façon que chez la vieille quelques minutes plus tôt. Elle relâcha ses épaules qui étaient toutes crispée et respira profondément. Lorsqu’elle était nerveuse, elle devenait claustrophobe… C’est pour cela qu’elle avait acheté un appartement avec de grandes baies vitrées. Cet endroit était si petit qu’elle commençait à voir venir le malaise. Elle s’appuya contre le mur de gauche pour se soutenir, déposant un sac à ses pieds, celui qui contenait le t-shirt que David lui avait prêté. Avec un peu de chance il ne sera pas là, pria-t-elle.

_________________

    « What will be the name of your children ? You can't hide forever. I can't see you. In the wheatfields. I have lost my sence of humour. Show me where you are. The grass is too tall. I can't even talk. The is no place. Down here. Small enough. For you to stay. I come back home and try to see. The hints you left for me. Never found the ring. Will you ever marry me ? »[/list]
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MessageSujet: Re: David Moss   Sam 5 Juil - 18:31

    Driiiiiiiiing !
    Grognement étouffé.
    Driiiiiiiing !
    « Bordel mais c’est pas vrai ! »
    Dans un petit appartement plongé dans une obscurité toute relative par d’opaques rideaux blancs, un jeune homme dormait. Ou plutôt, était en train de dormir, avant que la stridente sonnerie de la porte ne l’arrache au sommeil. Étendu de tout son long en travers du lit, il demeura immobile quelques secondes en attendant que ses idées se remettent en place. Il se sentait étrangement vaseux…
    Finalement, il s’assit sur son lit tout en maudissant cet abruti qui venait le déranger à une heure si matinale. Non mais on n’a pas idée de harceler ainsi les braves gens qui dorment gentiment de si bon mat…
    Oups.
    Son regard venait de tomber sur le réveil qui affichait fièrement l’heure de ses chiffres luminescents. 14 : 04. Outch, il n’était pas si tôt finalement…
    Il fit un effort de mémoire pour se souvenir de ce qu’il avait fait la veille. Ah, oui, ça lui revenait. Dès son arrivée à Lunel, il s’était lié avec la « graine de voyou » du coin, comme disait la logeuse. Parmi lesquels un certain Dan qui, la veille, l’avait emmené… où déjà ? Une boîte de nuit, en ville. Oui, ça lui revenait. La musique, les jolies filles. Après, c’était nettement plus flou. Il se souvenait juste de son retour vers six heures, tellement épuisé qu’il avait à peine pris le temps de se déshabiller avant de s’écrouler sur son lit sans même se glisser entre les draps. Il faut dire que quand on se lève tous les jours à cinq heures et qu’on travaille à cheval, on n’est pas en très grande forme, surtout en se couchant tous les soirs à minuit… Si, ordinairement les nuits blanches ne lui faisaient guère d’effet, ce jour-là en revanche, tout le retard de sommeil qu’il avait emmagasiné depuis son arrivée au Domaine se faisait sentir.
    Avec un soupir contraint, il se leva, se frotta les yeux pour atténuer le flou de sa vision, et marcha d’un pas fort peu motivé jusqu’à sa porte. Il ouvrit.
    « Oui ? C’est pourqu… Oh. »
    Décidément, ça ne lui réussissait pas, de faire la fête toute la nuit ! Voilà maintenant qu’il voyait Marion Duval sur le pas de sa porte. N’importe quoi. Mais était-ce vraiment une hallucination ? Force était de constater que, en fait, non…
    Stupéfait, il la dévisagea deux bonnes secondes durant, sans que le moindre mot ne parvienne à franchir ses lèvres. Marion. Marion ici. ELLE ?! ICI ?! Mais pourquoi ? Il ne se souvenait pas de lui avoir donné son adresse. Et surtout, il ne voyait pas ce que cette… fille venait faire là. Il tombait littéralement des nues, mais s’il y a bien une chose en laquelle David excellait, c’était cacher ce qu’il pensait et rien sur son visage ou dans ses yeux ne trahit à quel point il était pris au dépourvu. Au contraire, à son expression on aurait cru qu’il s’attendait depuis longtemps à ce que la jeune fille sonne chez lui. Il haussa un sourcil, et retrouva l’usage de la parole :
    « Tiens donc, mais qui voilà… »
    Quelque chose dans le regard de Marion attira son attention. Pourquoi faisait-elle cette tête ? À tout hasard, il baissa les yeux.
    *Et merde…*
    Il venait de comprendre.
    « Euh, ben, rentre ! » marmonna-t-il.
    Il laissa la porte ouverte et se hâta vers le coin-lit de son studio. Par-terre traînaient toujours ses vêtements de la veille. Vivement, il ramassa le jean et entreprit de l’enfiler tandis que Marion entrait.
    *Y’a qu’à moi que ça arrive…*
    Le jeune homme ferma sa braguette, puis jugeant que son appartement dans l’obscurité était limite sinistre, il ouvrit d’un grand mouvement les rideaux de la fenêtre. Un torrent de lumière ensoleillée pénétra dans la pièce, et David se tourna vers sa visiteuse. Il surprit le regard qu’elle jetait aux lieux et lui aussi, parcourut le studio du regard. Bon, c’est sûr, ce n’était pas un palace… Dès son arrivée et malgré les airs pincés que prenait sa logeuse en voyant ce qu’il faisait, le jeune homme avait entrepris de réaménager la chambre austère et vieillote à sa convenance. Il s’était ruiné, ainsi. Pourtant, le mobilier et la décoration –quasi inexistante…- n’avaient rien d’ostentatoire ou de luxueux. C’étaient des objets simples, usuels, aucun n’était superflu. Le seul « luxe » des lieux était ce canapé près de la fenêtre, qui faisait avec la minuscule table basse office de salon. Oui, bon, c’était petit, très petit même, la décoration n’avait pas été finement pensée et conçue par un grand créateur, aucun des meubles n’était griffé. Normal que la jeune fille trouve ça moche, elle devait être habituée à de beaux appartements et à un certain confort, elle… Mais, lui, il se plaisait ici. C’était son premier « chez-lui » à part entière.
    Il tenta d’observer les lieux par le regard de Marion, s’attachant aux détails. Les bottes de cuir contre le mur, dont l’une était tordue ; le tas de vêtements sur la comode ; le Cheval Magazine qui traînait sur le canapé ; le bloc de feuilles sur la table de la cuisine à côté d’un paquet de journaux… Bon, heureusement, il avait rangé récemment. Le désordre ne le dérangeait pas et il était déjà arrivé que le sol disparaisse complètement sous l’amas des objets non identifiés qui constituaient son bazar… Ce jour-là toutefois, l’appart n’en était pas à ce stade. Disons qu’il était dans un état que les gens normaux appellent « mal rangé »…
    David, mal réveillé, en vint à la conclusion que seul un café serré parviendrait à lui remettre les idées en place. Il se dirigea donc vers le coin-cuisine du studio, passant devant Marion dont la présence lui revint pleinement à l’esprit. Il désigna une des chaises qui entouraient la table de la cuisine :
    « Assieds-toi… » grommela-t-il, faisant revenir à sa mémoire quelques-unes des vagues notions d’hospitalité qu’on lui avait enseignées.
    Il ouvrit un placard. Sur l’étagère trônaient majestueusement trois tasses en tout et pour tout. Il en prit deux et les posa sans douceur sur la table.
    « Café ? » suggéra-t-il à sa visiteuse, tout en se demandant où il avait bien pu mettre le sachet.

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Marion Duval
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MessageSujet: Re: David Moss   Dim 6 Juil - 13:25

    Marion resta ainsi, appuyée contre le mur pour respirer à son rythme. Une telle situation ne lui était pas arrivée depuis une certaine scène dans l’ascenseur. A chaque fois que quelque chose se passait mal dans un endroit serré et sombre, elle devenait claustrophobe et ne voulait plus en approcher. Voilà pourquoi la jeune femme préférait prendre les escaliers plutôt que l’ascenseur. Elle réussit presque totalement à se reprendre quand la porte s’ouvrit. Elle se redressa très rapidement, mais une expression dans son regard n’avait pas disparut, et David, qui commençait à la connaître, pourrait facilement la comprendre… Justement, c’est lui qui ouvrit. Un frisson glacial parcourut son dos en la pétrifiant durant quelques secondes. Comme si elle s’attendait à trouver quelqu’un d’autre. Oui, c’était ridicule, mais comment réagiriez-vous si on vous forçait à aller chez quelqu’un que vous n’appréciez pas. Marion se força à se calmer et fut surprise d’y parvenir. Comme quoi, des fois, elle réussissait à contrôler ses ‘émotions’. Soulagée, elle croisa le regard profond du jeune homme. Elle put le dévisager, et elle savait qu’il faisait de même. Rien n’avait changé, il la dépassait toujours de plus d’une dizaine de centimètres. Oui, heureusement, elle aurait été surprise de le voir rapetisser du jour au lendemain. Dans le regard au jeune homme, il n’y avait aucune surprise. Au fond, elle était certaine qu’il n’aurait jamais pensé la trouver là, puisque elle-même n’en revenait toujours pas. Elle haussa les épaules, le regard toujours posé dans le sien.

    « Salut. »

    Elle n’avait pas l’habitude de le saluer. Il était tellement désagréable qu’elle n’en avait aucune envie. Mais là, c’était différent, elle venait chez lui, c’était la moindre des politesses. Elle continua à le dévisager, en essayant de rester calme et de penser qu’elle se trouvait dans un grand champ de blé. C’était absurde mais si cela pouvait lui venir en aide, autant essayer. Elle ne tarda pas à réaliser qu’elle venait de réveiller David. Oui, on pouvait même dire qu’il avait la gueule de bois. La jeune femme le détailla une seconde fois, de haut en bas. Mais lorsqu’elle baissa les yeux, elle grimaça et tourna rapidement les yeux vers la porte. Elle se mordit les lèvres pour éviter de sortir quoi que se soit qui aurait pu les mettre en conflit. Ce dernier ne tarda pas à réaliser qu’il se trouvait en boxer devant sa visiteuse la plus inattendue. Le pauvre… Marion ferma les yeux un quart de secondes pour se reprendre en main. Pendant ce moment-là, David, qui, comme toujours, avait réussi à camoufler ses pensés, invita la brunette à entrer dans l’appartement. Elle lui adressa un large sourire qui voulait en dire beaucoup puis, après s’être emparée du sac qui traînait à ses pieds, elle s’engouffra dans la pièce sombre. Elle referma la porte tandis que son hôte filait mettre un jean. Elle s’arrêta sur le perron pour ne pas trébucher sur l’un des nombreux objets qui traînaient sur le sol. Non, ce n’était même plus un sol. Il y avait là un tapis d’objet qui servait de moquette. Sympa l’idée, pensa Marion alors que son regard balayait la pièce. Avant de revenir, le jeune Moss ouvrit les rideaux avec une délicatesse qui lui était propre. La jeune femme constata qu’il n’avait pas changé depuis toutes ces années. Lorsqu’elle était entrée dans sa chambre à l’internat, six ans plus tôt, elle avait trouvé un fouillis aussi monstrueux que celui-ci. Elle se contenta d’un léger sourire. L’appartement était peut-être mal rangé, mais au moins, il s’y sentait bien et il avait l’air bien installé. Marion se fichait de voir un appartement mal rangé. Tant que ce n’était pas le sien, tout allait bien. Chez elle tout devait être à sa place, mais chez les autres, rien ne l’impressionnait. Même si David battait les records… Hum.

    Peu de temps après, le brun aux yeux émeraude revint près de sa visiteuse inattendue. Cette fois il portait un jean, à son immense soulagement. Il avait l’air d’être très mal réveillé. Son premier geste ne le trahit pas. Il fila directement à la cuisine et invita la jeune femme à s’assoire. Celle-ci posa le sac, qui contenait le t-shirt propre qu’il lui avait prêté quelques jours plus tôt en rentrant de la plage, au pied de la commode camouflée par le tas de vêtements avant de s’installer à la table, sur la chaise en face du jeune homme. Il avait sorti des tasses qu’il avait alignées à côté de la vieille cafetière. Il lui proposa une tasse qu’elle accepta. Pendant qu’il avait le dos tourné, elle jeta un rapide coup d’œil à sa montre. Elle devait passer chercher le linge d’un de ses amis qui n’avait plus de machine à laver. Elle lui avait proposé d’aller le laver à l’académie pour le dépanner. Alors qu’elle reposait le regard sur David, elle se rappela, soudain, de la raison pour laquelle elle était là. Oublier était la pire des choses, mais heureusement, tout lui était revenu.

    « Ahun, j’ai ramené ton… La jeune femme marqua une pause et reprit… T-shirt. »

    Elle avait mit un certain temps à trouver le mot exact car lorsqu’elle l’avait porté, on aurait plus dit une robe qu’autre chose. Elle croisa sa jambe gauche par-dessus sa jambe droite et observa son hôte qui avait un certain mal à se dépatouiller avec la machine à café. Soit elle était vraiment capricieuse, soit il n’avait pas les yeux en face des trous. Elle poussa une mèche de cheveux couleur ébène avec grâce avant de reporter toute son attention sur David. La conversation ne serait sûrement pas mouvementée. Il ne fallait quand même pas oublier qu’elle n’était là que pour lui rendre son… Oh. Elle leva les yeux au ciel. Qu’elle étourdie elle était. Sa tante lui avait donné tout un tas de paperasse à remplir. Elle faisait le facteur ce jour-là. Ravie de ne pas avoir oublié, elle attrapa le sac avec son pied et en retira un dossier d’une vingtaine de pages. Elle-même, pourtant habituée du Domaine, avait dû le remplir à son arrivée à la Rose Noire. Elle le posa, en imitant la grâce de David, sur la table. Sur la couverture, on pouvait lire, en grosses lettres, les mots suivants : ‘Dossier d’Identification’. Marion n’avait toujours pas comprit en quoi un membre du personnel devait avoir ce type de dossier, mais comme cela fonctionnait ainsi… Bref.

    « Ah, et… Tu vas avoir un tas de trucs à remplir. C’est pour ma tan… Heu, enfin, l’administration. »

    Elle se retint de prononcer un ‘bon courage’, de peur de se faire envoyer balader par l’humeur grincheuse du jeune homme.

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MessageSujet: Re: David Moss   Lun 7 Juil - 16:29

      David fouilla deux ou trois placards avant de localiser enfin le sachet de café. Il n’en restait plus guère… Mais ça suffirait pour aujourd’hui. Décidément il fallait vraiment qu’il aille faire des courses. Le seul souci, c’était qu’il oubliait de toutes façons les trois quarts de ce qu’il était censé acheter lorsqu’il était dans le magasin. Autant dire que ça ne servait donc pas beaucoup.
      « Alleez… Marcheuh ! »
      À mi-voix, le jeune homme engueulait vertement sa machine à café qui, elle non plus, n’avait pas l’air bien réveillée. Après qu’il lui eut débité avec de plus en plus de conviction un chapelet de jurons bien sentis, l’antique objet émit un bourdonnement, ronflement continu et particulièrement irritant. Mais au moins, elle était revenue à la vie, même si ce bruit laissait présager une explosion dans les minutes à venir… Soupir. Un truc de plus à racheter. Déjà qu’il était en déficit… Vivement le prochain salaire.
      Tout en manœuvrant sa cafetière, il glissa un regard en coin à sa visiteuse. Assise en silence, Marion l’observait. La voir ici, chez lui, dans son univers privé, était plutôt… troublant. Elle faisait un peu tache dans cet appart’ de mec, au milieu de son bazar perso. Il se détourna, juste à temps pour éviter à la machine à café de se renverser.
      « Saloperie, va ! » souffla-t-il, trop bas pour être entendu de Marion.
      Cette dernière se racla vaguement la gorge avant de prendre la parole, hésitante :
      « J’ai ramené ton… tee-shirt. »
      David ne se retourna même pas. Un sourire naquit sur ses lèvres, tandis qu’il se remémorait les évènements de la plage. Marion à l’eau… un beau plouf ! Qu’est-ce qu’elle avait pu se ridiculiser ce jour-là, entre ses vêtements transparents et le reste… Elle avait fini par se retrouver toute seule pour rentrer à pieds, et le jeune homme se demandait encore pourquoi il l’avait ramenée à cheval. N’empêche que cette cavalcade au retour n’avait pas été tellement désagréable, tout compte fait… Toujours de dos, il cacha le grand sourire qui lui fendait le visage et répondit, particulièrement narquois :
      « Parfaiit, j’avais justement rien à me mettre… »
      L’idée d’un quelconque remerciement ne lui vint pas même à l’esprit.
      La machine à café émit un grondement de plus en plus fort et il lui allongea une taloche qui la fit subitement taire.
      « Toujours vivante j’espère ? » s’enquit-il à voix basse en scrutant l’objet avec une inquiétude non feinte.
      Mais non, mine de rien, la vieille bique était coriace et il ne lui fallut guère de temps pour se remettre à ronronner.
      Derrière lui, Marion reprit la parole pour lui parler des papiers à remplir pour l’administration. Il leva les yeux au ciel tandis que le bruit d’un dossier posé sans douceur sur la table lui parvenait aux oreilles. Il poussa un soupir contraint et, abandonnant momentanément le café à son sort, se retourna. Il traversa en trois enjambées le studio jusqu’à son sac de voyage qui traînait toujours dans un coin hors de vue, entre le canapé et la fenêtre. Il en extirpa un stylo qu’il laissa négligemment tomber sur la table près de Marion en retournant dans la cuisine.
      « Bon, ben rends-toi utile alors… Si c’est pour ta tante, tu peux bien le remplir ! Dis-moi s’il y a encore des trucs que tu ne sais pas. »
      I
      l s’était exprimé d’un ton détaché, tout en s’efforçant de transvaser le café de la machine jusqu’à la cafetière. Car bien sûr, une antiquité comme sa machine ne s’en chargeait même pas toute seule… Ayant enfin réussi son opération délicate, il posa le récipient sur la table, à côté des tasses, et localisa un sucrier aux trois quarts vides dans le placard sous la plaque de gaz. Il versa le breuvage sombre dans les deux tasses tandis qu’une délicieuse odeur de caféine s’exhalait dans la pièce, puis il s’assit en face de Marion.
      « S’tu veux du sucre… » marmonna-t-il en lui désignant le sucrier.
      Pour sa part, il buvait généralement, le matin en tout cas, un café fort et sans sucre. C’était affreusement amer, mais d’une certaine façon, ce goût lui plaisait. « Aussi amer que ta vie. » Oui. C’était sûrement vrai. Combien de fois avait-il ruminé ses soucis, seul face à une grande tasse de breuvage noir ?
      David n’attendit pas que son café refroidisse pour en avaler plusieurs grandes gorgées. Ouf, ses sens commençaient à se remettre en fonction, il se sentait déjà un peu moins embrumé. Il se resservit une seconde tasse, dont il se contenta de siroter une petite gorgée, laissant la boisson chaude se répandre sur sa langue et couler dans sa gorge. Ça lui rappelait, curieusement, son grand-père. Lorsque, enfant, il se levait aux aurores dans la grande maison toscane et retrouvait son grand-père seul dans la cuisine, face à son café. Un arôme délicieux flottait dans l’air, et alléchait le garçon qui regardait, silencieux mais non dénué d’admiration, le vieil homme qui buvait avec parcimonie en faisant claquer sa langue. C’était lui qui lui avait fait goûter le café. David avait d’abord détesté cette amertume, mais son grand-père lui avait appris à savourer ce breuvage, à siroter dans les règles de l’art, à apprécier la saveur d’un bon café. Dès lors, tous les matins le garçonnet se levait très tôt pour le retrouver, et partager avec lui ce moment unique de complicité. Le reste de la journée, son grand-père était égal à lui-même, renfermé, quasiment mutique, un air sombre et autoritaire peint sur le visage. Même sa propre fille évitait généralement de l’approcher de trop près. Avec l’âge, disait-elle, les souvenirs de la guerre lui reviennent, il a beaucoup souffert tu sais. Peut être David était-il le seul à l’avoir connu souriant et bienveillant…
      Il posa un peu brutalement sa tasse sur la table, et le bruit suffit à estomper les nimbes de ses souvenirs. Ne pas y penser ne pas y penser ne pas y penser. Il réalisa qu’il ne savait même pas ce qu’était devenu Giacomo Morezzi. Le père de sa mère. Il ne l’avait plus revu après l’accid… Non, non, non, pas question d’y repenser maintenant.
      Son regard vert se posa sur Marion. Il ne s’était perdu dans ses pensées que quelques secondes, et comptait bien sur ses réflexes habituels pour avoir caché les sentiments qui étaient remontés sur lui.

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MessageSujet: Re: David Moss   Mar 8 Juil - 11:27

    Marion s’amusait en regardant David se battre avec cette vieille machine à café. Au moins, elle saurait quoi offrir à son collègue pour Noël. La jeune femme cacha son large sourire derrière sa main blanche aux doigts longs et fins. Alors qu’elle ouvrait le dossier pour y jeter un coup d’œil, le jeune homme se retourna et traversa le studio en quelques pas. Il était tellement grand qu’il ne lui fallait que trois voire quatre enjambées pour aller d’un bout à l’autre de son habitation. Sans lui jeter le moindre coup d’œil, la jeune femme parcourut la page qui était très différente de celle qu’elle avait eut à remplir. David revint quelques secondes plus tard et déposa avec sa grâce naturelle, un vieux stylo devant elle. Il lui lança qu’elle pouvait très bien le remplir et que s’il y avait des choses qu’elle ne pouvait pas remplir, elle pourrait lui demander. Elle camoufla un sourire narquois derrière une longue mèche couleur encre et tenta de faire fonctionner le stylo sur sa main. Après quelques tentatives, elle réussit à le ranimer. Décidément, les deux jeunes étaient des secouristes des objets… L’un sauvait la machine, l’autre le stylo. Une fois qu’il eut déposa son encore sur la main de la jeune irlandaise, celle-ci s’attaqua au dossier. Pour le moment, elle savait tout. Le nom, le prénom, le sexe (enfin, elle pensait le savoir...), l’âge, la profession, l’adresse (elle n’eut qu’à jeter un coup d’œil à son papier qu’elle avait glissé dans sa poche). Il lui demanda le numéro de son téléphone pour que le Domaine puisse le joindre en cas d’urgence. Le reste ne fut pas tellement compliqué aux yeux de la belle. Elle connaissait parfaitement le jeune homme, bien plus qu’elle ne le pensait. Elle tourna la page. Il s’agissait là d’un dossier sur les parents de David. Ils ne demandaient pas le nom mais juste la profession des parents ou du responsable légal.

    « Profession de la mère ? Du père ? »

    Annonça-t-elle en scrutant la suite du dossier. En effet, elle avait beau connaître son caractère et toutes les facettes de sa personnalité sur le bout des doigts, son passé lui restait totalement inconnu. Jamais ils n’avaient parlé de leur vécu ensemble. Lui connaissait pas mal de choses sur ce qu’elle avait vécu avant et après leur rencontre (grâce à sa tante chérie qui balançait n’importe quel scoop à n’importe qui…). Elle se rappelait notamment de la fois où ils avaient retrouvé une cabane perchée dans les arbres, celle où Marion allait lorsqu’elle était petite. Des tonnes de photos y étaient accrochées et David avait pu revivre avec elle tous ses souvenirs, bons comme mauvais. Et pour finir, jamais elle n’avait entendu parler des parent ou tu ‘tuteur’ de son collègue. Jamais ils n’étaient venus le chercher à l’Internat du temps où ils y étaient scolarisés. Après avoir eut la réponse qui la scotcha littéralement sur place, elle se ressaisit et tourna la page pour tomber sur une page qui était un dossier médical. Elle s’étonna elle-même. Elle savait remplir quelques cases concernant la santé du jeune homme. Un peu plus tard, alors qu’il déposait une tasse à côté d’elle et que lui-même commençait à siroter son café comme s’il s’agissait d’un breuvage sacré, elle lui demanda s’il avait des problèmes de santé particuliers et des allergies. Elle nota tout ce qu’il lui dit en adoptant une écriture fine et italique qui lui était très propre. Sa tante la reconnaîtrait sûrement mais cela ne lui faisait aucun effet. Elle pourrait lui demander pourquoi elle avait écrit à la place de David, jamais elle ne connaîtrait la vérité. Il termina par deux questions qui, là, ne pouvaient pas lui êtres connues.

    « Prises de drogues ? Âge du premier rapport sexu… Mais c’est quoi ces questions ?! »

    S’indigna la jeune femme alors qu’elle lisait les questions à haute voix pour qu’il puisse les entendre. La brunette attendit tranquillement qu’il lui donne les réponses. Au moins elle serait fixée sur pas mal de choses après ce drôle de questionnaire. Elle tourna la page suivante. Il s’agissait du règlement intérieur du Domaine. Il y en avait pour dix pages. Enfin, les cinq dernières étaient faites pour sa profession, entre autre juge, pour qu’il sache point par point quel était son devoir sur le Domaine. Elle parcourut les premières lignes tranquillement puis s’empara de la tasse. Elle non plus ne mettait pas de sucre dans son café, elle trouvait que le goût était complètement gâché Elle en but une ou deux gorgées sans même être sensible à l’amertume de la boisson foncée. En Angleterre, lorsqu’elle se faisait un café au lieu d’un thé au milieu de ses amis, ils la prenaient pour une folle. Ils n’aiment pas le café. D’ailleurs, à chaque fois ils ne manquaient pas de lui faire remarquer qu’elle était assortie à son café. Elle pouvait prendre cela comme un compliment. Oui, elle était sombre, mystérieuse et amère. Bref.
    Elle cocha quelques cases sur la dernière page, reprit une seconde fois la tasse pour boire une gorgée du breuvage encore chaud. Elle s’apprêtait à lui rendre le dossier et à se lever pour s’en aller quand on toqua à la porte. Eh merde, elle n’avait pas eut l’occasion de partir. La personne n’attendit pas qu’on lui dise d’entrer et elle entra en claquant la porte contre le mur. Marion se retourna en sursautant. Elle dévisagea l’inconnu qui fit de même. Il était grand, mais un peu moins que David, à la chevelure blonde comme les blés. Son regard noisette abordait une certaine malice qui irrita Marion au premier regard. Un large sourire s’étira sur ses lèvres et il s’avança. Marion se retourna vers David en soupirant.

    « Eh David, je savais pas que tu sortais avec cette jolie minette brune !
    - On sort pas ensemble espèce de crétin. »

    Sortit la jeune femme, agacée, en se tournant vers lui. Elle le connaissait. C’était Dan, le garçon qui avait la moins bonne réputation du coin. C’était la seule personne, hormis David, qu’elle détestait dans les environs du Lunel. Elle l’avait croisée en boîte de nuit une fois. Oui, elle s’y était rendue, forcée par une bande d’amies pour fêter les vingt ans d’une d’elles. Il avait réussi, par tous les moyens du bord, à faire passer une soirée désastreuse à la jeune femme parce qu’elle avait refusé une danse et un verre d’une boisson alcoolisée. Il avait cru lui faire peur en envoyant des garçons, qui faisaient des têtes de psychopathes, pour lui faire croire qu’ils allaient la violer… Il avait un peu raté son coup car elle avait réussi à s’en débarrasser en allant directement au Domaine, s’asseoir dans les pieds de Just Another, son protecteur de toujours. La jeune femme lança un regard étonné vers David avant de lui lancer, sur un ton tout aussi abasourdi.

    « Me dis pas que t’es ami avec c’ui-là quand même ?! »

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MessageSujet: Re: David Moss   Sam 26 Juil - 20:14

    La jeune fille était penchée sur le dossier, remplissant la paperasse en silence, comme une élève studieuse qu’elle était. Mais elle prit rapidement la parole pour lui demander la profession de ses parents. Haha, quelle question. L’amertume dans la bouche de David n’était cette fois absolument pas due au goût du café…
    « Père, plombier ; Mère, cadavre. » répondit-il d’un ton froid et détaché, mais avec un cynisme glaçant.
    Et encore, il n’était pas tout à fait sûr pour son père. Plus exactement, il était plombier à mi-temps et soulard le reste… Ou chômeur, peut-être. Ça faisait tellement longtemps.
    Il plongea le nez dans sa tasse pour ne pas avoir à faire face à Marion au cas où elle lèverait la tête et se brûla intentionnellement la langue en avalant une gorgée trop rapide. Puis il reposa sa tasse et s’absorba dans la contemplation des volutes de vapeur qui s’en élevaient. Son regard se détacha bientôt de la fumée claire pour se poser sur la jeune fille en face de lui, toujours en train d’écrire avec application, le stylo dansant sur sa page entre les doigts pâles. Une mèche de Marion s’était détachée du reste de sa chevelure sombre et tombait sur la feuille. Il la fixa en silence, absorbé par ce petit groupe de cheveux noirs qui tranchait sur le blanc du papier.
    Une fois encore, elle rompit le silence.
    « Prises de drogues ? Âge du premier rapport sexu… Mais c’est quoi ces questions ?! »
    David eut un sourire moqueur en voyant son trouble mêlé d’indignation.
    « Ecstasy, shit, hasch, cannabis, héro quand y'en a, énuméra-t-il tranquillement, se délectant à chaque nom de drogue qui, il le savait, choquait un peu plus son interlocutrice. Quinze ans, mais ça te regarde pas… » ajouta-t-il avec un regard pétillant.
    Que devait-elle donc penser de lui maintenant ? Il baissa les yeux pour cacher la franche rigolade qui brillait dans ses prunelles. Il aurait bien ajouté deux-trois trucs, mais, bon, mis à part choquer Marion, il devait aussi se préoccuper de garder son job tout de même…
    Après ça, elle ne posa plus aucune question. Les dernières pages furent vite expédiées et elle referma le dossier. Mais, avant que l’un des deux ait pu dire ou faire quoi que ce soit, trois coups retentirent à la porte, frappés sans délicatesse aucune par un poing manifestement habitué à cogner. Cette manière de toquer était unique et fort bien connue de David qui n’eut pas besoin d’ouvrir pour savoir de qui il s’agissait…
    *Et merde…* songea-t-il en jetant un coup d’œil à Marion.
    Ce visiteur tombait plutôt mal… Du reste, il n’attendit pas qu’on lui ouvre pour faire son entrée tapageuse, envoyant la porte claquer contre le mur. La silhouette baraquée d’un jeune homme blond se détacha sur le pas de la porte.
    « Dan… ! » l’accueillit David en se levant pour lui claquer la main.
    Il vit les yeux de Dan se poser alternativement sur Marion et lui.
    « Eh David, je savais pas que tu sortais avec cette jolie minette brune !
    Évidemment, à quoi aurait-il pu s’attendre d’autre de la part de cet abruti. Et puis les apparences étaient contre lui.
    - On sort pas ensemble espèce de crétin. »
    Contre toute attente, ce fut Marion qui répondit au tac au tac, d’un ton sec assorti d’un regard noir. Tiens tiens tiens, vu sa tête agacée, elle devait sûrement le connaître… Intéressant. Elle se tourna alors vers David et lui lança d’un ton aussi dégoûté que surpris :
    « Me dis pas que t’es ami avec c’ui-là quand même ?!
    - Ben quoi ? » Smiley qui qualifie beaucoup mieux le ton du jeune homme que tout adjectif.
    Il se plaça au côté de Dan et lui passa un bras autour du cou tandis que l’autre le prenait par les épaules.
    « Où est le problème ? » poursuivit-il avec un grand sourire.
    « J’ai les magazines, lui souffla Dan.
    - C’est pas le moment !
    - Je vois ça, répondit-il plus fort, en lorgnant Marion. Dis, t’en as pas assez eu cette nuit, faut encore que tu t’fasses une nana…
    - Ta gueule ! »
    grinça David en lui flanquant son coude dans les côtes.
    Il n’aimait pas du tout le regard plein de sous-entendus que lui lança son ami.
    « J’avoue, c’est un joli bout de fille… C’est qu’on se connaît bien, hein, poulette ? Faudra que je te raconte, David ! ajouta-t-il en se tournant vers lui.
    - Ouais… » soupira l’intéressé d’un air vaguement agacé.
    Ce n’était vraiment, mais alors vraiment pas le moment pour une visite de l’envahissant et trop bavard Dan. Du reste, ce dernier parut sentir qu’il n’était pas tout à fait le bienvenu car il reprit :
    « Bon, hé bien je vous laisse en amoureux !
    - C’est ça,
    approuva David en le dirigeant vers la sortie.
    - Vous avez besoin d’intimité, je compr… »
    David l’interrompit en lui claquant la porte au nez.
    *Ouf, débarrassé.*
    Il échangea un regard avec Marion qui avait l’air passablement dégoûtée, et ne put plus retenir son éclat de rire.
    « Ben voilà, c’est Dan quoi… » lâcha-t-il avec un haussement d’épaules fataliste que démentait son visage amusé.
    Il récupéra sa tasse sur la table et la vida cul sec avant de l’abandonner dans l’évier (vide de vaisselle sale, pour une fois).

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MessageSujet: Re: David Moss   Mar 29 Juil - 12:28


    Marion observa David qui se levait pour saluer le nouvel arrivant. Agacée de voir qu’ils étaient vraiment amis, elle soupira. Il choisissait mal ses amis. Dan était sans doute la plus mauvaise fréquentation de tout le coin. Marion avait déjà eu l’occasion de s’y frotter. Heureusement qu’elle avait trouvé du répondant parce qu’elle aurait fini dans son lit de gré ou de force, un jour ou l’autre. Elle croisa les bras sur sa poitrine alors que les deux, bras dessus, bras dessous, échangeaient quelques mots. Avec un large sourire, David regarda Marion et son air agacé. Dan lui confirma qu’il avait les magazines. Le jeune brun répondit que ce n’était pas le moment. Pas le moment de quoi ? Comme si Marion le gênait. Comme s’il avait besoin de lui cacher les âneries qu’il allait faire alors qu’elle ne tarderait pas à être au courant. Rien ne pouvait lui être caché. Dan criait ce qu’il faisait à qui voulait l’entendre, alors en se qui concernait David, il ne passerait pas à travers… Tout en la détaillant de haut en bas en s’attardant sur des détails pas très compliqués à deviner, il glissa une phrase à David qui résonna dans la tête de l’Irlandaise. Alors comme ça lui aussi était un coureur de jupons ? Elle en apprenait tous les jours ces temps-ci. A croire que Dan avait une influence majeure dans ce domaine. Enfin, vu qu’il avait eu son premier rapport à quinze ans, elle n’était pas plus étonnée que cela. David n’apprécia pas, vu le grand coup de coude qu’il avait donné à Dan et la jolie grossièreté qu’il avait prononcée. Le grand blond ajouta à son ami qu’elle était un joli bout de fille et une autre phrase qu’elle ne comprit pas parce qu’il avait parlé avec un accent trop fort.

    « Ben voyons… J’crois pas que ta réputation de Machine à Simuler les viols échappera longtemps à David. J’me trompe ? »

    Aucune réponse. Il les laissa, soit disant, en amoureux. Haha, c’était tellement drôle que la brune tapa du pied dans le vide, impatiente qu’il s’en aille. S’il restait, elle partirait la première. D’ailleurs, elle voulut se lever pour prendre ses affaires. Avant qu’elle n’ait pu faire quoi que ce soit, David mit le blond à la porte. Un sourire se dessina dans le coin de ses lèvres rosées. Lui aussi perdait patience. Il était embarrassé et c’était assez drôle à voir. Cette histoire de femme qui avait terminé dans son lit expliquait tout, notamment le fait qu’il se soit réveillé aussi tard. C’était ça les nuits torrides… La seule chose qui échappa à la jeune femme, c’était pourquoi il avait envoyé balader son nouvel ami pour une histoire d’un soir ? Après tout, il pouvait s’en venter. Il n’était ce genre de garçon que les filles repoussaient à longueur de temps. Au contraire, tout le monde lui courait après. A chaque fois qu’elle le voyait quelque part, elle pouvait être sure de croiser une de ses nombreuses admiratrices. La fois ou il lui avait donné son t-shirt pour lui éviter la honte de sa vie, elle s’était fait fusiller du regard par trois jeunes de quatrième année. Comme quoi, être la victime de David Moss attirait la jalousie. Etrange mais vrai. Avec une souplesse féline, elle se leva, se dirigea vers la commode surpeuplée et attrapa le sac qu’elle y avait laissé. A quoi bon rester ici ? Elle l’encombrait plus qu’autre chose et elle avait vraiment beaucoup de travail. Tout commençait par son meilleur ami qui la laisserait à la porte si elle n’arrivait pas à l’heure parce qu’il travaillait. Alors qu’elle se retournait pour sortir, elle tomba nez à nez avec David. Elle glissa ses mains dans les poches arrière de son jean, embarrassée. La proximité entre leurs deux corps avait de quoi la mettre mal à l’aise. Malgré qu’il vienne de se lever, il sentait bon, comme s’il sortait tout juste de la douche. Cette odeur l’avait toujours rendue étrange. Elle avait toujours l’impression de ne plus se contrôler. L’Irlandaise tenta, mais en vain, de ne plus respirer que par la bouche pour reprendre ses esprits. Ses prunelles avaient changé de couleur et d’expression dans la pénombre de la cuisine. Le vert menthe à l’eau de la lumière avait prit une teinte dorée comparable à du miel. Un contraste entre sa chevelure noire comme l’encre et ses yeux dorés s’installa. Depuis quelques temps, elle changeait de regard comme de chemise, ce qui ne lui déplaisait évidemment pas. La belle, gênée, recula d’un pas en se raclant la gorge, mais rien ne sortit, pas même un son. Oui, on pouvait dire qu’elle en restait sans voix. Que lui arrivait-il ? D’habitude il lui suffisait de prendre une profonde inspiration et de le pousser brutalement pour qu’elle réussisse à s’écarter de lui. Mais là, elle n’y parvint pas. Ses prunelles vertes aux reflets dorés se posèrent alors dans celles du jeune homme. C’était la seule chose qui reste à faire. Sa main se crispa sur la poignée du sac. C’était nerveux car elle ne s’en rendit même pas compte. Ils étaient proches, trop proches, mais elle ne pouvait rien faire, c’était plus fort qu’elle. Se pinçant la lèvre inférieure, elle scruta les émeraudes du bel italien. Elle ne s’était jamais rendue compte à quel point il était… Beau. A chaque fois elle critiquait ses ‘fans’, mais, au final, elle n’était pas mieux lorsqu’elle se retrouvait seule avec lui. En public c’était une toute autre histoire en revanche… Ce moment intense fut brisé par l’entrée d’une personne qui ouvrit la porte à la volée, un peu comme lorsque Marion entrait dans le théâtre, pressée d'y jouer un air de guitare… Elle n’eut pas à regarder qui c’était qu’elle entendit une voix grave s’adresser à David, de dos à la porte.

    « Ca m’étonne que vous soyez pas allés plus loin pendant tout ce temps, ricana-t-il. Te fatigue pas trop hein, ce soir on ressort j’te signale. Au fait, je te les pose là. Les magazines… »

    Il insista beaucoup sur le dernier mot. Marion tapa son front contre sa main. Il était décidément obsédé. Bon, il était vrai que leur proximité pouvait porter à confusion mais pas au point de penser qu’ils allait se passer quoi que se soit. La jolie brune soupira. Le blond leur lança un dernier mot (genre « A plus les tourtereaux ») avant de partir en claquant la porte avec la même délicatesse que David au réveil. La jeune femme retira sa main de sa tête pour reposer ses topazes incandescentes dans les prunelles incroyables du jeune homme. Sa main se leva, se retirant, seule, du jean. Bizarrement, Marion ne se contrôlait plus. Elle était comme hypnotisée par les beaux yeux de David. Ses doigts de musicienne, froids comme la glace, effleurèrent son épaule. Sa main tremblait, elle le sentait, d’ailleurs. Doucement, ses doigts remontèrent dans son cou et rencontrèrent la peau tiède du jeune homme. Ce contact lui brûla les doigts. Elle eut l’impression d’avoir reçu un coup de jus. Ses prunelles dorées quittèrent celles du jeune homme et tentèrent de mémoriser les traits du jeune italien.

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MessageSujet: Re: David Moss   Ven 1 Aoû - 0:00

    Face à son évier, David inspira. Bon, plus qu’une personne à mettre à la porte… Il pianota nerveusement sur le plan de travail, puis se retourna dans l’idée de débarrasser la table. Omettant volontairement de diriger son regard vers Marion, il prit la tasse de cette dernière avec une concentration qui dépassait de loin celle que méritait l’objet. Malheureusement ses efforts pour oublier ne serait-ce qu’un instant la présence de sa visiteuse furent réduits à néant lorsqu’elle traversa son champ de vision pour récupérer Dieu sait quoi sur la commode… Ah, oui, son sac. Il la regarda de dos récupérer ses affaires, dans le silence quasi religieux qui était tombé sur le studio.
    *C’est le moment de sortir une connerie.*
    Mais avant qu’il ait pu trouver quelque chose de suffisamment stupide et vexant, elle fit volte-face, tombant nez à nez avec lui. Il haussa un sourcil tout en esquissant un très vague sourire ironique, mais eut le relatif bon sens de fermer sa grande bouche. Le mouvement de Marion qui glissait ses mains dans ses poches ne lui échappa pas. Hoho, ça ça voulait tout dire… Non, non, il ne fallait pas qu’il sourisse comme ça, elle risquerait de se sentir démasquée.
    Il se contenta de l’observer, immobile et silencieux, profitant peut-être de cette proximité rare pour la détailler encore mieux. Leurs regards se vrillèrent et il se sentit plonger dans la transparence de ces yeux clairs, ces yeux qui le troublaient depuis si longtemps. Elle le fixait sans ciller, avec une intensité qu’il ne lui connaissait pas. Elle le… dévorait des yeux, oui. Il le sentait, presque physiquement. Cette expression de quasi béatitude, ce n’était pas la première fois qu’il la voyait… Mais dans ce regard-là, sur ce visage-là, c’était… différent. Immensément différent.
    Elle avait l’air tendue. Lui l’était aussi, sûrement, mais il ne s’en rendait pas compte. Il se contentait de la regarder. De s’immerger dans ces prunelles maintenant teintées d’or. C’était un instant à part, hors du temps. Comme s’ils avaient tous les deux déconnecté du monde réel pour demeurer en arrêt, face à face, statufiés. Ils étaient entrés dans une autre dimension où les secondes s’étiraient, plus rien n’ayant d’importance, comme si tout s’estompait autour d’eux. À part elle. À part lui. Ses yeux. Leurs yeux.
    *On a l’air d’abrutis.*
    Cette pensée sonna creux dans la tête de David. Il n’en était plus à ça…
    Crouiic Zzbaaam.
    Bruit caractéristique d’une porte ouverte avec énergie qui vient de rencontrer le mur avec grand-joie.
    « Ca m’étonne que vous soyez pas allés plus loin pendant tout ce temps.Te fatigue pas trop hein, ce soir on ressort j’te signale. Au fait, je te les pose là. Les magazines… »
    Une voix familière certes, qui sonna avec une intolérable discordance dans les tympans du jeune homme. L’art et la manière de vous faire revenir sur Terre en moins de temps qu’il n’en faut pour le dire, et sans grande délicatesse…
    « Merci, Dan. » lâcha-t-il d’une voix des plus sarcastiques qui montrait bien à quel point ces remerciements étaient sincères.
    Néanmoins, il détourna très légèrement la tête pour vérifier où l’autre crétin posait les magazines. Hum, le meuble dans l’entrée, sur l’unique espace libre qui demeurait entre les buildings de paperasses amoncelées…
    Il n’accorda pas un regard à son ami qui repartait déjà –heureusement pour lui, parce que le blond n’aurait pas survécu aux rayons lasers qui menaçaient de jaillir des prunelles de David. Malin, ça. Maintenant, si Dan confirmait sa réputation, tout Lunel allait se figurer que David Moss et la nièce des directeurs de l’académie sortaient ensemble…
    Mais le jeune homme avait déjà d’autres préoccupations en tête. La porte venait de claquer, une fois de plus –on la malmenait beaucoup, ces derniers temps…-, et lui avait déjà replongé dans l’or incandescent des yeux de Marion. Il sentit soudain le contact d’une main sur son épaule nue, qui le frôla et se déplaça doucement jusqu’à sa nuque. Les doigts tremblants étaient doux, frais, mais leur toucher fit tressaillir David.
    *Oh non. Oh non. Oh non. Oh merde. Oh pas ça.*
    Il resta immobile, sans détacher son regard de celui de la jeune fille, mais déglutit, faisant bouger sa pomme d’Adam.
    *Enlève ta main, enlève ta main, enlève ta main…*
    Tout le corps de David se contracta sur cette pensée. Ce contact lui était insupportable. Sa propre main se leva, hésitante, jusqu’à son cou, et il prit doucement celle de Marion pour l’éloigner de sa nuque. Cependant, comme si son propre corps lui désobéissait, il approcha les doigts de la jeune fille de ses lèvres, les effleura avec une… douceur, une tendresse presque, qu’il ne se connaissait pas.
    Quelque chose tomba, et ce n’est qu’alors que le jeune homme réalisa que depuis tout ce temps, la tasse était restée dans son autre main. À en juger par le bruit, l’objet n’était pas cassé, juste fêlé dans le pire des cas. David avait cru remarquer que plus les tasses étaient moches, plus elle duraient longtemps… Et celle-ci était bien partie pour durer dix ans. Il donna machinalement un coup de pied qui fit rouler le récipient plus loin, sous le lit probablement.
    Mais si la tasse était tombée, c’est parce que les doigts qui maintenaient l’anse s’étaient dépliés, permettant à la main de s’approcher de Marion, puis de se glisser dans ses longs cheveux de jais. Le jeune homme inclina la tête en avant, humant et savourant le parfum qui s’exhalait des mèches sombres. Délicieux. Enivrant... Enivrant, oui, c’est le mot.
    Il sentit toute prudence, toute réserve l’abandonner.
    Il appuya doucement son front contre celui de Marion, tandis que ses doigts effleuraient son visage, caressaient sa joue pâle. Plus rien ne comptait en cet instant, rien d’autre qu’elle. Le décor encombré du studio avait disparu, ainsi que tout le reste. Comme s’ils étaient seuls, seuls au milieu de nulle part, dans une enclave de l’espace-temps, détachés du passé comme du futur. A des années-lumière de Lunel.
    David ouvrit la bouche, la referma.
    *Dis pas de conneries, va.*
    Il se contenta de vivre cet instant au maximum. Son odeur. Le velouté de sa joue. Son souffle sur ses lèvres.
    *Euh, évite de faire des conneries aussi.*
    Trop tard.
    Lequel des deux avait avancé le premier ? A moins que ce n’ait été une impulsion commune.
    Leurs lèvres se rencontrèrent.
    Un effleurement qui se mua très vite en baiser. Un vrai baiser qui eut l’effet d’un électrochoc sur David, une décharge électrique, torrent d’émotions intenses qui se déversaient en lui. Il glissa sa main dans le dos de Marion, les rapprochant l’un de l’autre tandis que tous les sentiments refoulés remontaient à la surface en un flot tempétueux. L’un contre l’autre, debout au milieu du fouillis du studio, ils se retrouvaient comme après des années de silence, s’embrassant à pleine bouche comme deux gamins qui se découvrent pour la première fois. Et c’était vrai. C’était ça. Des années de rejet, d’évitement. Et aujourd’hui.
    Aucun mot ne peut décrire ce que ressentait alors David, serrant entre ses bras la mince Marion, s’enivrant de son parfum, de son contact, de sa chaleur.
    C’était comme si c’était la première fois qu’il embrassait quelqu’un. Une première fois unique et merveilleuse.
    Ça dura. Ça dura longtemps. Ils étaient bien, si bien. Pour la première fois... ou presque, ils ne s’opposaient plus. Les remparts étaient tombés entre eux.
    Ou peut-être juste quelques secondes. Mais quelques secondes infinies, éternelles, qui s’allongeaient et semblaient être des heures, des heures magnifiques et délicieuses.
    Qu’un claquement de porte réduit à néant.
    C’est fou comme un bruit anodin quelque part dans la maison peut tout casser. Ce fut pour le jeune homme un brusque et brutal retour à la réalité. Evanoui, l’enchantement de cet instant. Il réalisait maintenant seulement que pour la deuxième fois il venait de commettre une terrible erreur.
    *Connard connard connard connard con...*
    D’un geste sans violence mais très ferme, David repoussa vivement Marion par les épaules et lui fit faire demi-tour pour la mettre face à la porte.
    « Au revoir, dit-il très distinctement tout en la poussant vers la sortie. Et merci pour le tee-shirt » ajouta-t-il d’un ton très appuyé tout en ouvrant pour la faire sortir.
    Son cœur battait encore et une vague chaleur quelque part lui rappelait ce qui venait de se produire, mais il le cachait bien.

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Marion Duval
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MessageSujet: Re: David Moss   Sam 2 Aoû - 13:07


    Marion resta bouche bée. Elle c’était attendue à ce que le jeune homme la repousse, comme à son habitude. En revanche, il se produit tout à fait le contraire. Tandis que ses doigts glacials remontaient lentement vers son cou, il leva sa main et s’empara de celle de la jeune Irlandaise. Cette dernière était très différente de l’ordinaire. Elle continuait de contempler ses prunelles émeraude. David ne poussa pas sa main mais l’avança vers ses lèvres. Il en fit le contour en douceur. Les yeux ébahis de Marion devinrent progressivement tendres, comme jamais ils ne l’avaient été avec lui, comme avec les autres, en y réfléchissant bien. Se laissant faire, elle lâcha le sac qui s’écrasa littéralement sur le sol, comme la tasse que David venait de faire tomber peu avant. Délicatement, elle remonta sa main libre vers la joue du beau brun. Cette fois, elle utilisa sa mémoire tactile pour retenir chaque trait de l’Italien aux yeux envoûtants. Ses doigts effleuraient sa joue avec légèreté, ce qui lui provoquait des vagues de frissons. Chaque contact avec la peau hâlée du jeune homme la troublait, comme si elle ne s’attendait pas à le toucher encore et encore.

    * Arrête ça tout de suite *

    Lui cria sa conscience. Mais la jeune femme l’ignora, comme si elle ne se contrôlait plus. Non, en fait c’était le cas. Son cerveau l’avait trahie et agissait contre sa volonté. Et dire qu’elle avait longtemps gardé ses distances avec lui pour ne pas provoquer un drame. Oui, depuis son adolescence, enfin, plutôt depuis ses treize ans à la forêt, elle évitait de le regarder droit dans les yeux, d’entrer en contact physique ou de lui parler pour ne pas être tentée. Et cette fois elle avait fait un écart qui lui coûterait sûrement très cher, et elle le sentait évidemment. Le jeune homme passa une main dans sa chevelure de jais, se penchant pour en sentir le parfum. Les rares personnes avec qui elle était sortie lui disaient souvent que son shampoing sentait bon. En revanche, lorsque c’était David qui se penchait pour sentir cette odeur, elle était nerveuse, comme s’il allait lui sortir une remarque blessante à n’importe quel moment. Pendant se temps, elle glissa sa main dans celle qu’il venait de laisser tomber le long de sa silhouette musclée. Son doigt restait sur ses lèvres, à apprécier la douceur de son souffle sur sa peau. La belle ne quittait plus le visage si parfait de l’Italien. C’est à ce moment là, et seulement à ce moment, qu’elle se rendit compte à quel point il lui avait manqué. Lorsqu’elle était partie de l’internat avant la fermeture définitive, elle avait laissé derrière elle la seule personne qu’elle admirait vraiment. Malgré ses retrouvailles avec de nombreux amis perdus de vue, elle avait ressentit un certain vide. Il lui avait manqué, et elle avait toujours refusé de l’admettre. Essayant d’oublier cette remarque à cause de sa conscience qui hurlait de rage, elle se concentra sur les prunelles aimantées de David. Son doigt se déplaça peu à peu vers la droite pour effleurer la joue hâlée du jeune homme. Quand à lui, il appuya son front contre le sien, caressant sa joue du bout des doigts. Il s’était légèrement courbé pour la recouvrir totalement de son emprise. La jeune femme n’eut qu’à lever un peu la tête pour continuer à le fixer droit dans les yeux. Ses prunelles n’étaient plus que du miel fondu, intense de tendresse. Son souffle et ses caresses la troublèrent. Elle avait perdu l’habitude d’être le fruit de l’attention de quelqu’un. Mais lorsqu’il s’agissait de lui, c’était comme si jamais elle n’avait aimé personne.

    Soudain, comme s’ils avaient agit par télépathie, leurs deux visages se rapprochèrent. La jeune femme ferma les yeux, se concentrant pour ne pas tomber dans les pommes. Après un centième de seconde, leurs lèvres s’effleurèrent. Le pouls de Marion s’accéléra tellement qu’elle crut que son cœur allait sortir de sa poitrine. David libéra sa main de celle de la brune pour la passer dans son dos. Il les rapprocha. Jamais la proximité n’avait été aussi courte entre eux. La belle glissa sa main libre sur sa joue. A ce moment-là, elle encadrait son visage, comme si elle ne voulait pas le laisser partir. Cette caresse de lèvres se transforma peu à peu en un baiser passionné. Marion luttait toujours contre les vertiges qu’elle ressentait. Jamais de telles choses ne lui étaient arrivées. Elle lui rendit son baiser avec une pointe de fougue. Son cœur bondissait toujours. Il battait fort. Tellement que David pouvait le sentir. Au moment où ils entrouvrirent les lèvres pour laisser passer leurs langues, une vague de chaleur envahit Marion. Elle passa une main derrière la nuque de l’homme aux prunelles émeraudes tout lui en rendant, du mieux qu’elle le pouvait, son baiser. Elle découvrit enfin ce qu’elle voulait le plus connaître : le goût de son haleine. Un mélange de saveurs, toutes aussi délicieuses les une que les autres, la qualifiait. Son pouls s’accéléra encore et encore, et elle ne pouvait rien y faire. Tant que ce baiser durerait, elle serait ainsi. La belle caressa sa joue avec tendresse pendant que leur baiser se poursuivait. La dernière chose à laquelle elle s’attendait s’était produite… La honte qu’elle éprouvait pour avoir osé faire le premier pas disparut. Elle se sentit incroyablement bien pendant les secondes, ou minutes, que dura ce moment de tendresse. Ce qui ne voulait pas dire que les malaises s’estompaient. Il la serrait étroitement entre ses bras musclés, elle était comme protégée. Leur premier baiser n’était qu’une embrassade, comparé à celui-ci.

    * Ca suffit *

    Siffla sa conscience qui perdait patience. Mais Marion ne voulait pas lâcher la seule occasion qu’elle aurait de le découvrir. Certes, il l’avait fait de lui-même, ce n’était pas comme si elle l’avait forcé, mais il devait être comme elle, incontrôlable. Profitant au maximum de ce baiser, elle décrocha ses lèvres un dixième de seconde avant de les y reposer. Cette fois ce fut encore plus passionné. Ces malaises disparaissaient peu à peu, lui permettant ainsi d’apprécier son haleine avec plus de plaisir. Elle comprit enfin pourquoi elle l’avait repoussé toutes ses années. Il l’attirait tellement que la distance lui faisait mal, la détruisait. C’est pourquoi elle préférait le haïr plutôt que l’avoir très près d’elle et ne pas pouvoir l’approcher comme à ce moment-là.
    Sbam. Un claquement de porte les fit sursauter en même temps. Ce fut le déclic pour le merveilleux jeune homme qui revint, plus vite qu’elle ne l’aurait voulu, à la réalité. Sans la moindre violence, il déposa ses mains sur ses épaules. Marion en profita pour effleurer ses lèvres, c’était la dernière fois… Il la repoussa doucement et lui fit faire volte-face pour qu’elle se retrouve devant la porte. La jeune femme jeta un rapide coup d’œil par-dessus l’épaule du brun pour regarder par la fenêtre. C’était la voiture de son meilleur ami qui habitait juste en face. Il partait sans elle.

    *Eh merde.*

    David lui ouvrit la porte, l’invitant à sortir après un remerciement. Un léger sourire en coin se dessina sur ses lèvres. Elle reporta son attention totale sur lui, le cœur battant toujours à cent à l’heure. Ses prunelles brûlaient de tendresse. Elle hocha la tête, troublée. Elle ramassa son sac sans le lâcher du regard. La jeune femme passa à côté de lui, le frôlant involontairement au passage. Elle détourna le regard de son visage si parfait et sortit du studio. Elle le salua dans un murmure avant de disparaître dans l’escalier grinçant… Elle venait de commettre la pire erreur de sa vie, mais elle ne s’en voulait pas. La chaleur de son baiser ne la quittait plus.



┼ Fin du Topic ┼

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    « What will be the name of your children ? You can't hide forever. I can't see you. In the wheatfields. I have lost my sence of humour. Show me where you are. The grass is too tall. I can't even talk. The is no place. Down here. Small enough. For you to stay. I come back home and try to see. The hints you left for me. Never found the ring. Will you ever marry me ? »[/list]
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