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 Marion Duval

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Marion Duval
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MessageSujet: Marion Duval   Dim 8 Juin - 15:05

Spoiler:
 

1 Chambre.
1 Salle de bain.
1 Cuisine-Salle à manger-Sallon
1 Toilette.
1 Cour d'entrée.

_________________

    « What will be the name of your children ? You can't hide forever. I can't see you. In the wheatfields. I have lost my sence of humour. Show me where you are. The grass is too tall. I can't even talk. The is no place. Down here. Small enough. For you to stay. I come back home and try to see. The hints you left for me. Never found the ring. Will you ever marry me ? »[/list]
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Marion Duval
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MessageSujet: Re: Marion Duval   Mer 3 Sep - 20:35

┼_______________________________________________┼
[ PV avec David Moss ]

    La journée ayant été interminable, Marion ouvrit la porte du studio et la ferma immédiatement, trempée de la tête aux pieds. Elle avait passé son temps à régler les affaires de Domaine en l’absence de sa tante. Cette dernière qui n’avait pas hésité à hurler son nom en la voyant rentrer avec Just Another en liberté et David Moss. Les deux jeunes gens étaient descendus du bel étalon noir à cent mètres de l’entrée du Domaine pour ne pas paraître suspects. D’ailleurs, il lui avait fallut s’expliquer sur la présence du jeune homme. Malgré la nuit étrange mais extraordinaire qu’elle avait passée, elle avait trouvé une excuse bidon que la vieille femme avait gobée sans soupçonner quoi que ce soit. Marion avait ensuite offert un bon pansage à Just Another, en sueur, et elle l’avait rentré pour qu’il ait sa ration journalière de travail. Il l’avait vraiment méritée. C’était à cause de lui que tout était arrivé, mais grâce, en partie, à lui qu’il s’en étaient sortis, mais à trois cette fois-ci. Marion avait ensuite occupé sa journée comme tous les jours. Elle avait longé Olympe pendant une bonne demie heure et nettoyé quelques boxes pour aider les palefreniers. Ensuite elle avait travaillé avec le poney claustrophobe en essayant de penser aux manières dont elle s’en était sortie le jour même. Il lui fallait faire confiance à Marion, comme cette dernière l’avait fait avec David. Elle avait donc lâché l’animal dans le manège et elle avait joué pendant un long moment. Sa prochaine séance serait de lui apprendre à supporter les fouets qu’elle faisait claquer par terre à côté de lui. C’était un exercice très utilisé en éthologie, et surtout dans le travail de la jeune femme. Ensuite, elle avait monté un jeune cheval en dressage pour lui apprendre le respect des barres. Elle avait eut de mal pendant plus d’une heure, mais les efforts avaient finalement aboutis. Fière du poulain, elle avait terminé sa journée en remplissant les dossiers de ses patients et en aidant quelques élèves à réviser leur théorie, histoire de se poser. Lorsque sa tante était revenue, elle était passé à l’interrogatoire mais n’avait rien révélé à la curiosité de cette commère. C’est ainsi qu’elle était rentrée sous la pluie à son appartement, à Lunel donc.

    « Ouuuuuuuuf…. »

    Soupira-t-elle en laissant tomber son imperméable sur le sol carrelé. La journée avait été longue, elle avait besoin de prendre une douche et de manger. Car oui, le midi elle avait été tellement occupée qu’elle avait mangé un sandwich banal entre deux nettoyages de boxes. La faim commençait à se faire sentir car son estomac criait famine. La jeune irlandaise quitta ses boots complètement trempées et abandonna sa culotte de cheval dans le panier à linge sale. Tiens, d’ailleurs, cette vision lui fit penser qu’elle avait du linge propre à rendre à son meilleur ami, en panne de machine à laver. Elle pensa à nourrir Chi Kiss Cool qui semblait affamé. La jolie brune entra dans la salle de bain et fit couler l’eau dans le bain. Après avoir étudié son visage épuisé dans la glace, elle calcula la température de l’eau et se glissa dans la mousse parfumée. La chaleur de l’eau sur sa peu et la vapeur qui s’en échappait lui firent un bien fou. Elle ne put dire combien de temps elle s’y était attardée tellement elle en avait profité. Quand elle sortit de son rêve éveillé, elle sécha sa longue chevelure et s’enroula complètement dans une serviette blanche. Son visage avait reprit de sa forme, elle avait l’air bien plus réveillée et détendue, malgré les légères cernes sous ses paupières et ses yeux d’or. La belle alla dans sa chambre pour s’habiller. Elle n’était pas isolée du monde, et des amis ne seraient pas gênés de venir lui rendre une petite visite à l’improviste, alors autant être présentable. Au pire, elle serait présentable pour elle-même. La belle enfila un jean bleu marine et un long t-shirt rouge sang moulant et au col en V.

    « Kiss, dégage »

    Cria-t-elle au border qui fouillait dans son sac de cuirs. Marion enfila une paire de chaussettes et passa sa main dans sa chevelure pour dégager sa mèche de ses yeux. Peu après, elle prit l’initiative de préparer le repas. Elle mourait de faim maintenant. La belle brune prit donc le chemin de la cuisine, en fermant soigneusemennt le sac aux regards trop curieux du chien de berger. Une fois à la cuisine, elle alluma le poste de radio. Une mélodie qu’elle reconnut immédiatement envahit la pièce. C’était un morceau très à la mode en Angleterre, celui qu’elle avait eut avant son parcours, son premier parcours, sur Just dans son pays. « I Kissed A Girl » désannonca l’animateur de la station. Marion sourit, rien que les paroles étaient amusantes. La jeune femme mit de l’eau à bouillir, sortit un paquet de pattes et une boîte de tomates pelées pour faire une sauce tomate improvisée. Marion versa le contenu dans une casserole, ajouta de l’ail, du sel, du poivre et un morceau de sucre pour ajouter un peu de goût. Et hop, une feuille de persil et ce fut prêt à mijoter. Aller, dans peu de temps elle mangerait. Elle avait de plus en plus faim, à tel point qu’elle se tordait en deux. Alors qu’elle versait les pattes dans la gamelle, elle décida qu’il était temps de fermer les fenêtres.

    « Allez, comme ça on sera tranquilles… »

    Marion ouvrit la fenêtre qui donnait sur l’avenue principale de Lunel. Elle se pencha un peu pour attraper le volet et lorsqu’elle l’eut saisit, elle le tira vers elle. Mais au moment de tirer le deuxième volet, une silhouette sous le réverbère l’attira immédiatement. Marion la dévisagea un instant. C’était un homme, elle ne pouvait pas se tromper. Il était grand, trop peut-être même, très musclé d’après la forme de ses muscles qu’elle voyait en contre-jour. Marion plissa les yeux. Dehors il pleuvait des cordes et le ciel était aussi noir que sa chevelure de jais. Un SDF ? Sûrement pas, il n’avait pas l’air d’en être un. Néanmoins, il ne bougeait pas, il était tapit dans l’ombre et semblait attendre. Mais quoi ? C’est alors qu’elle réalisa qu’il n’avait pas d’imperméable. Elle regarda ses vêtements pendant un long moment. Oui, certes, ils étaient mouillés, mais pas que ça… Il portait une culotte de cheval. Un homme musclé, grand et en tenue d’équitation, ce ne pouvait être qu’une seule personne. Marion grimaça, mais elle sût qu’il ne l’avait pas vue. David ! C’était bien lui. Son cœur se mit à battre à cent à l’heure. Elle croisa son regard, se sentant figée. Arf, quelle sensation désagréable c’était… Marion ferma les volets puis la fenêtre. Elle s’assit sur le canapé et réfléchit. Que faisait-il dehors, dans la rue devant chez elle à une heure pareille alors qu’il devait être fatigué et que, accessoirement, il pleuvait des trompes d’eau ? Aurait-il été mit à la porte par un pur hasard ? Ou il aurait pu oublier ses clés ? Marion se leva du sofa d’un bond et se rua sur la porte, un sourire narquois dessiné sur ses lèvres pulpeuses. Kiss Cool aboya, Marion le fit taire en sifflant doucement. La belle se planta dans l’encadrement dans la porte et se racla la gorge pour attirer l’attention du jeune homme.

    « Peux-tu me dire pourquoi un charmant jeune homme comme toi se retrouve dans la rue alors qu’il pleut ? Allez entre, tu me fais d’la peine à être tout seul comme ça… »

    Vengeance ! Marion lui adressa un sourire ravi et, d’un signe élégant de la tête, elle l’invita à entrer dans son humble demeure. Heu, pas si humble que ça d’ailleurs. Elle ramassa son imperméable au passage et le suspendit à un cintre sur la porte. Accepterait-il d’entrer ? Pas si sûr, mais à son avis, être au sec ne serait pas de tout refus. L’odeur de sauce tomate qui embaumait la pièce rappela à la jeune irlandaise qu’elle avait des pattes et de la sauce sur le feu. Elle se précipita aux fourneaux alors que des bruits de pas lui indiquèrent qu’il été entré derrière elle. Le border se fourra dans les jambes de sa maîtresse. Sympa le chien de garde, pensa-t-elle en souriant devant le feu de la gazinière.

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MessageSujet: Re: Marion Duval   Ven 5 Sep - 9:28

    « Mais c’est pas vrai ! » tempêta David, assortissant ses paroles d’un chapelet de jurons furieux.
    Il avait beau fouiller ses poches, c’était peine perdue, elles étaient vides et bien vides…
    Cela faisait dix minutes maintenant qu’il poireautait sur le seuil de sa porte, cherchant en vain dans ses poches des clefs qui visiblement n’y étaient pas, et pressant régulièrement la sonnette de Mme Leclaircier chez laquelle il habitait.
    « Mais réponds vieille chouette ! » s’énerva-t-il en enfonçant rageusement le bouton blanc.
    La situation aurait presque été comique si l’on exceptait un point, et de taille : les trombes d’eau qui se déversaient sur sa tête et plaquaient ses vêtements gelés contre lui.
    *Attends, j’ai comme un doute là… On serait pas jeudi quand même ?!*
    Instant de réflexion. Si, on était jeudi…
    « Et merde. » soupira-t-il.
    Dans ce simple juron, bien pâle à côté des obscénités qu’il avait proférées jusque-là, il y avait pourtant beaucoup, beaucoup plus de désespoir.
    Merde, merde, merde et re-merde. Le jeudi était le Jour des Mamies, la soirée où la petite bande des vieilles à chignon se retrouvait au coin du feu pour papoter. Les GAC (Gâteuses à Chignon) se retrouvaient chaque fois chez l’unes d’elles. David avait eu le malheur d’entrer brièvement dans le salon de Mme Leclaircier alors qu’elle recevait ses amies, et il avait eu un avant-goût assez réaliste de ces soirées où aiguilles et langues de commère s’activaient en rythme.
    *Bon, ben reste plus qu’à attendre qu’elle rentre.*
    Si elle le faisait. Car comme chacun sait, les GAC n’ont pas leur pareil pour s’incruster chez leurs pareilles et semblent avoir une fâcheuse tendance à devenir indélogeables, sauf quand –Dieu merci- il leur fallait rentrer chez elles nourrir Minet. Malheureusement Mme Leclaircier n’avait pas cette obligation puisque son chat adulé, une bestiole teigneuse tout en os, était mystérieusement décédé peu après l’arrivée de David –le grand âge, vous savez… Ce dernier, « l’homme fort de la maison » comme l’appelait la vieille femme, avait vu ses fameux bras musclés mis à profit pour creuser une tombe au matou dans le jardin. Jamais il n’avait vu une terre aussi dure… Heureusement la cérémonie d’inhumation de la bête lui avait été épargnée, sous prétexte qu’on l’attendait au Domaine pour préparer une importante compétition inter-académies –pure affabulation…
    « I’m singing in the rain, I’m sing-ing the rain, I’m singing in the raiiiin… »
    Sa frustration dépassait tellement les bornes qu’il en était parvenu à un point où plus rien ne semblait avoir la moindre importance et où il prenait tout avec la plus parfaite dérision. Les mains profondément enfoncées dans ses poches, il se mit à marcher dans la rue d’un pas légèrement vacillant, chantant sous le torrent d’eau que déversaient les nuages et qui lui obscurcissait la vue.
    Il commençait à avoir franchement froid, là. Certes, on était encore en été même si ce dernier touchait à sa fin, mais les soirées se rafraîchissaient beaucoup ces derniers temps, et surtout la pluie était froide, très froide même, avec en plus cette brise marine qui soufflait avec pour but apparent de tout geler sur place… Ce qu’il avait envie d’une douche, là. Une bonne douche bien chaude, délassante, qui enlèverait de son corps les odeurs de cheval et la fatigue de cette journée… Il voyait la vapeur s’exhaler dans la salle de bain, sentait la caresse chaude de l’eau sur lui… Ah non, à la réflexion, c’était de l’eau froide qui ruisselait sur son visage. Et il était en plein Lunel et non dans sa vétuste salle de bains… Rude retour à la réalité.
    Le jeune homme courba la tête, dans le futile espoir de protéger un tant soit peu ses yeux et son nez, et continua d’avancer au hasard dans les ruelles pavées. Il n’avait rien à faire, alors autant occuper son temps à… ne rien faire. Il savait que la logeuse ne serait pas de retour avant deux bonnes heures au moins, si tant est qu’elle accepte de mettre le nez dehors avec cette averse. Fragile comme elle se figurait l’être, elle n’oserait sûrement jamais faire une chose pareille…
    David fouilla dans sa tête. Y avait-il un endroit dans le village où il pouvait espérer se mettre à l’abri ? Il avait bien des amis dans le coin, à commencer par Dan, mais à cette heure-ci ils étaient tous dans un bar en ville, en attendant d’être suffisamment soûls pour aller en boîte. De toute façon, ils n’étaient jamais chez eux.
    *Han, je sais !*
    D’un pas plus alerte maintenant qu’il s’était fixé une destination, David prit la direction de la place du village. La boulangerie était éclairée de l’intérieur, et il poussa sans hésiter la porte qui émit un son clair de carillon.
    « Bonjour ! » lança-t-il à la cantonade.
    La boulangère habituelle était là, en train de ranger, et derrière le comptoir se tenait une toute jeune femme qu’il n’avait jamais vue.
    « Bonsoir Monsieur, vous désirez ? demanda cette dernière d’un ton poli.
    - Un abri pour la pluie ! » répondit-il avec un clin d’œil à l’adresse de la plus âgée des deux.
    Il la connaissait bien maintenant. Depuis son arrivée à Lunel, il venait acheter son pain tous les jours et ne manquait pas de lui faire du charme chaque matin. Elle s’était montrée froide et distante au début, mais maintenant elle l’aimait bien et ils échangeaient toujours quelques mots quand ils se voyaient. C’est d’ailleurs pour cette raison que le jeune homme était venu se réfugier dans la boutique.
    « Ça caille dehors… » déclara-t-il en décollant son tee-shirt qui s’était collé à son torse.
    « On a un bel orage… acquiesça la boulangère.
    - M’en parlez pas, j’y goûte depuis une heure et demie ! »
    Entre son après-midi à l’extérieur, le chemin à pied jusqu’à Lunel et ses vaines tentatives pour rentrer chez lui, David avait eu pleinement le temps de prendre l’eau.
    « Tiens, je ne vous ai pas vu ce matin, ni hier…
    - Ah oui, j’ai été plutôt occupé… répondit David en songeant aux événements de ces deux derniers jours.
    - Vous ne seriez pas allé chez Dagan, j’espère ?
    - Le nouveau boulanger ? Aucun risque, je n’aime pas ces chaînes ! Rien ne vaut les boulanges artisanales… et le sourire de leurs boulangères ! »
    Les deux femmes rirent et la plus jeune prit une teinte pivoine.
    « Vous tombez mal, j’allais fermer, poursuivit la boulangère.
    - J’en conclus que vous m’expulsez ? Ah, ces femmes, toutes les mêmes, on ne peut pas compter sur elles dans les cas graves… Bon, hé bien, je retourne à mon triste sort ! »
    Ce disant, il ouvrit la porte. Une bouffée d’air froid entra dans la salle et David jeta un regard malheureux à l’extérieur. Avant de sortir, il se retourna une dernière fois et adressa un sourire enjôleur à la jeune recrue de la boulangerie. En voilà une qui serait facile à séduire.
    Retour dans la rue détrempée-glissante-froide-glaciale-sinistre. Le soleil était déjà couché depuis un moment, et pendant le court moment qu’avait passé le jeune homme dans la boutique, toute lumière avait disparu. Nuit noire. Les réverbères, rares à Lunel, n’éclairaient guère en temps normal, mais ce soir-là vu la densité de la pluie, ils ne servaient carrément à rien. C’est tout juste si une boule orange apparaissait, floue derrière le rideau d’eau.
    Les ruelles étroites, les pavés qui résonnaient sous ses pas, le clapotement de l’eau dans les gouttières, tout contribuait à donner à cette soirée une ambiance sinistre au possible.
    Livré à lui-même, David reprit son errance à travers le village, sans se soucier outre mesure de là où il allait. Il finit par repérer une maison dont l’entrée était abritée par un petit porche. C’était le seul semblant d’abri qu’il avait vu jusque-là, et quand on a trois litres d’eau par centimètre carré de vêtement, on ne fait pas le difficile. Il se rencogna donc contre le mur, tâchant de bénéficier un tant soit peu de la protection de l’auvent. Malheureusement la taille de ce dernier était trop réduite pour protéger davantage que sa tête…
    Il attendit. Quoi ? Ça, c’était indéfini. La fin de la pluie –mais ça c’était mal parti…- ou peut-être une idée pour l’occuper durant les heures à venir… Il entendit le bruit de volets que l’on ferme et eut une pensée amère pour toutes les familles bien à l’abri dans leur maison douillette, qui fermaient leurs fenêtres avant de se mettre au lit. Dire qu’il aurait pu faire partie de ces tranquilles villageois, ce soir.
    Malgré le bruit que faisaient les grosses gouttes en tombant, il entendit une porte s’ouvrir pas loin de lui et se retourna instinctivement. Quelqu’un était sorti de la maison voisine et le fixait depuis le seuil de sa porte.
    *Arf, j’dois faire peur à tous les voisins moi… « Ossskours un rôôdeur ! »*
    Mais la personne qui lui adressa alors la parole n’avait rien d’un habitant inquiet pour la sécurité de sa demeure. Au contraire, cette voix était très familière –et teintée de moquerie.
    « Humm, j’attendais qu’une charmante jeune femme daigne m’ouvrir la porte… » rétorqua-t-il, ironique.
    Marion –car, bien sûr, c’était elle ! qui d’autre ?- tourna les talons, laissant la porte ouverte pour l’inviter à entrer. Sa fierté le lui déconseillait, mais la lumière bienfaisante et la promesse de chaleur et d’abri qu’offrait cette maison étaient indéniables…
    *Tu sais quoi ? Tu fais une grosse erreur.*
    *Nan, j’sèche mes vieux os.*
    Il franchit le seuil et referma la porte derrière lui.
    Une fois au sec, il s’ébroua comme un chien mouillé pour évacuer un surplus d’eau. Hmmm, cette odeur de cuisine… Le fumet d’une sauce tomate réveilla son estomac qui se mit à gronder furieusement, rappelant au jeune homme que la faim lui donnait des crampes.
    *Oh, toi, ta gueule hein !*
    Se guidant au nez, il gagna la cuisine pour rejoindre son hôtesse qui s’activait devant deux casseroles fumantes. David décolla ses vêtements désagréablement plaqués sur sa peau et tâcha d’essorer un peu son tee-shirt.
    *Pitoyable.*
    Pire que ça même.
    Baissant les yeux, il observa ses mini-chaps qui étaient dans un état déplorable et étaient passés de marron clair à noir dégueu. C’était du beau cuir et il avait payé ça une fortune compte tenu de ses moyens, malheureusement ça craignait l’eau… Il les enleva et tâta ses chaussettes à carreaux. Humides, mais ce n’était rien en comparaison du reste.
    « Et que me vaut cet excès d’hospitalité ? » s’enquit-il, goguenard.
    Il posa ses deux chaps à sécher sur le dossier d’une chaise et se tourna vers Marion. Dos à lui, elle égouttait les pâtes dans l’évier. Oui, bon, c’est vrai, il aurait pu être plus sympa, mine de rien il était chez elle et elle aurait très bien pu lui fermer la porte au nez… Mais peut-être au fond était-ce justement la raison pour laquelle il se montrait si agressif. Il n’aimait pas se sentir redevable de qui que ce soit, et encore moins d’Elle.

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MessageSujet: Re: Marion Duval   Sam 6 Sep - 19:44


    Marion chassa la bête noire et blanche d’un léger coup de genoux dans son flanc gauche. L’animal s’éloigna alors et s’installa sur un tapis dans le coin de la pièce. La jeune irlandaise repoussa le manche de la casserole vers l’intérieur –vieille habitude quelle avait prise quand elle avait gardé une petite fille dans le passé, et remua la sauce dans l’autre. Plus cela chauffait, et plus l’estomac de Marion se réveillait. Il gronda, impatient d’y goûter sans doutes. Derrière elle, David ne semblait pas vraiment décidé à la rejoindre. Tant mieux, elle ne voulait pas risquer de faire une bêtise s’il lui racontait encore une de ses nombreuses idioties. La belle recula d’un pas bien calculé, prit un plat propre qui traînait à côté de l’évier et le posa doucement dans un placard. Là, elle attrapa une passoire et ferma la porte avec son coude. Faire la cuisine était tout un art, et c’était aussi très physique… Un coup d’œil vers la pendule lui indiqua qu’il était déjà neuf heures et demie. Voilà pourquoi elle avait faim. Quelle idée de rentrer aussi tard après une rude nuit comme la veille. Un sourire radieux illumina son visage neigeux lorsqu’il lui posa une bien étrange question. Ne le savait-il pas ?

    « Et que me vaut cet excès d’hospitalité ?
    - Tu me connais, ma générosité me perdra. Tu t’en doutes je suppose, non ? »


    Marion s’empara de la casserole où baignaient les pâtes. Sans vraiment se presser, elle les versa dans la passoire pour les égoutter. Allez, encore un peu et tout ça serait engloutit. Alors, son regard croisa pour la première fois le sien depuis le matin même. Elle se mordit l’intérieur de la lèvre et l’observa en silence, tout en remettant les pâtes dans la casserole. Dieu ce qu’il était trempé. On aurait dit qu’il s’était baigné tout habillé ou qu’il était tombé dans une flaque d’eau. Ses vêtements lui collaient à la peau, des gouttes d’eaux perlaient de son visage bronzé. Marion ferma les yeux un instant, tout en se détournant pour poser son regard sur la porte de sa chambre… Elle réfléchit… Mais oui ! Il y avait un panier remplit de linge propre, celui de son meilleur ami. Ils iraient parfaitement à David, et ça l’empêcherait de tremper toute la pièce. La jeune femme abandonna ses pâtes sous une cloche –pour garder la chaleur, baissa le feu sous la sauce tomate et prit la direction de la chambre. En quelques pas elle y fut. Hum, parfait. Il y avait le choix. Elle la fit glisser, en s’aidant de son pied gauche, hors de la pièce et la posa devant la salle de bain. Elle entra dans cette dernière pièce, prit une serviette et un gant de toilette qu’elle disposa sur le lavabo, et elle rangea deux ou trois choses qui traînaient sur le côté. Une fois que tout fut à sa place, elle sortit de la pièce et retourna près du jeune homme, s’acoudant au bar de la cuisine américaine.

    « Si tu veux te changer et prendre une douche… »

    Dit-elle en adoptant un ton indifférent et en montrant la pièce. S’il refusait, elle serait très étonnée. Pour quelqu’un dans son état, une douche serait la bienvenue, surtout qu’il devait être gelé. La belle remarqua qu’il regardait souvent la casserole. Hum, lui aussi devait avoir faim. Elle en déduit qu’il fallait mettre un couvert en plus. Sans savoir s’il acceptait son offre, elle passa à côté de lui, coupa le feu et remit le couvercle. Alors qu’elle mettait le couvert, la télévision s’alluma toute seule. Marion sursauta, coupant la radio. Il devait y avoir un faux contact, parce que lorsque les voisins allumaient leur four, elle s’allumait. Eux aussi étaient rentrés tard. La jeune femme mit la salière sur la table, poussa le vase remplit de roses pour le mettre sur le bar. Ces fleurs lui avaient été offertes par un ami pour une raison encore inconnue, et elles vivaient encore. Un peu de gaieté dans cette maison ne ferait de mal à personne. Bon, maintenant, il fallait occuper son temps libre. Puisque le téléviseur était allumé, autant en profiter. La belle s’affala sur le canapé puis zappa la chaîne actuelle pour une chaîne équestre. C’était la publicité. Elle ferma les yeux un moment, tombant de fatigue tout d’un coup. Elle ne sut dire ce qu’il se passait dans l’émission suivante car ce fut le néant. Elle sombra dans l’inconnu, sans rêves, mais plutôt une vague noire. Elle dormait. Mais cela ne dura que peu de temps car quelque chose attira son attention en la ramenant à la réalité. « ... Il paraîtrait que la jeune cavalière irlandaise soit en fait dotée de la double nationalité. Elle serait née en France mais préfèrerait concourir dans son second pays. Une très bon nouvelle pour les britanniques, mais cela ne ravit pas le moins du monde les français. « C’est honteux, affirment certains entraîneurs français, les français devraient rester en France, les britanniques sont assez nombreux comme ça !... ». Marion ouvrit les yeux et, se forçant à ne pas écouter le charabia du journaliste, elle se concentra sur les images. D’abord, ce fut une vidéo d’elle sur Summer Storm, lors de son cinquième ou sixième concours en international. C’est la première fois où elle était arrivée jusqu’au barrage. On la voyait sur un triple noir et bleu. Marion soupira. Une vague de mélancolie l’envahit. Son cheval lui manquait. Il lui avait beaucoup apprit. Ensuite, on la vit sur Olympe, la fois où elle était tombée dans les vagues, entourée de son équipe bien aimée, donc pendant les championnats tragiques. Et puis, ce fut une vieille vidéo datant d’un an plus tôt. Elle faisait le tour d’honneur sur Black Pearl, son second cheval de championnats internationaux. Les rênes longues, elle faisait confiance à son partenaire. Elle se mordit les lèvres, regardant plutôt la foule qui acclamait sa première et dernière victoire avec Pearl. Et pour finir, une vidéo du week-end dernier. Marion reconnut Just Another, habillé de blanc. La belle sourit. Il progressait tellement vite. Elle n’avait pas encore eut l’occasion de visualiser le parcours. Certes, elle aurait préféré le voir sur un DVD plutôt que dans une émission de critiques. Elle se voyait en train de franchir l’obstacle final, celui où Just avait fait une barre. C’était très haut, et l’étalon ne s’y était pas attendu. Elle réalisa qu’elle n’avait peut-être pas donné assez de jambes, d’où la faute. Elle y penserait. « … week-end prochain au CSI** de Londres. En espérant que son choix de nation ne soit pas définitif, car cette petite, malgré son manque de goût, a du talent à revendre … ».

    « La ferme ».

    Gronda Marion en changeant de chaîne. Manque de goût ? Mais en quoi son choix les regardait ? Si elle ne concourait pas pour le drapeau tricolore, c’est parce qu’elle avait été refusée. A ses débuts, on n’avait pas trouvé son potentiel, ce qui l’avait beaucoup découragée. Elle était allée voir dans son autre pays, et là on avait sût la voir dans ses vraies capacités. Ce n’était pas sa faute si elle avait dût aller ailleurs. Maintenant qu’on l’avait formée, on râlait pour la récupérer. Ben voyons… Comme si elle allait changer d’avis. Elle avait des amis et des connaissances en Grande Bretagne, alors il n’était pas envisageable de changer. Surtout aussi proche des championnats du monde. Elle n’avait jamais eut l’occasion de concourir là-bas, et elle ne comptait pas louper sa chance. Oh bien sûr, elle ne pensait pas être qualifiée avec une victoire de temps en temps… Elle devait faire le maximum, et si elle ratait, elle recommencerait une prochaine fois. Tout ce que Marion espéra à ce moment précis, c’est que David n’apparaisse pas pendant le reportage délirant. Elle se retourna vivement et… Eh merde, il était là, en train de regarder la télévision, comme s’il s’attendait à ce qu’elle remette la chaîne. Ou pas, car il pouvait très bien regarder ailleurs. Marion sentit à quel point elle devait être pâle. Elle lui adressa un sourire tellement faux qu’elle se détourna pour ne pas paraître ridicule. Stupide double nationalité. Ce qu’elle pouvait se haïr d’être Française aussi… Stupides journalistes… Stupide monde de la compétition. Elle soupira, se relevant pour faire face à son interlocuteur.

    « On a faim ? »

    Elle évita de croiser le regard de l’italien, encore troublée par les paroles jalouses qu’on avait prononcées sur son sujet. Avait-elle vraiment mauvais goût ? Alors qu’elle s’apprêtait à s’asseoir à la table en vieux chêne, son téléphone vibra sur le bar. Elle se rua dessus, découvrant les écrits d’un ami d’enfance qui montait à cheval en France. Il lui demandait si elle avait vu le reportable sur la 91. Marion reposa l’objet, poussant un soupir blasé. Elle aurait aimé que personne n’ait été devant sa télé à cette heure-ci, pour éviter que tout le monde découvre sa double nationalité. Tout le monde savait qu’elle vivait en Camargue, mais personne ne se doutait du reste, avant ce soir… Maudits soient les imbéciles de reporters. Elle connaissait la vérité, elle n’avait pas besoin de se justifier, loin de là. La jeune femme déposa le plat de pâtes sur la table, accompagné d’une grosse louche. Un peu plus tard, elle posa la casserole de sauce sur un dessous de plat et s’affala sur la chaise, épuisée.

    « Sers-toi… »

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MessageSujet: Re: Marion Duval   Jeu 11 Sep - 19:27

    « Une douche ? Mouaha, tu crois pas que j’ai déjà été servi en la matière ? » rétorqua David avec sarcasme.
    Néanmoins un frisson choisit le bon moment pour courir le long de son échine et dresser les poils de son dos, lui rappelant à quel point il avait froid.
    « Cela dit, si c’est de l’eau chaude cette fois… »
    Il jeta un regard en biais à la pièce indiquée, dont la porte était entrouverte.
    « M’attends pas avant une demi-heure » , grommela-t-il à titre préventif tout en prenant le chemin de la salle de bains.
    Il ferma la porte et batailla quelques instants avec le verrou qui refusait de se fermer. Ben quoi, faut être prudent [des fois qu’Marion ait des vélléités de viol hein *SBAFF*].
    Après quoi, il observa les lieux d’un œil critique. La pièce était entièrement carrelée de couleur pâle, c’était très propre et les carreaux du mur brillaient. Sur les étagères du lavabo traînaient les affaires de Marion, ces milliers de petits pots colorés typiques des salles de bains de nana, et dont on se demande bien ce qu’elles peuvent en faire. Crème ceci, crème cela, parfum trucmuche… Il ne s’y intéressa guère mais foudroya son reflet du regard tout en admirant l’air dépenaillé et ruisselant qu’il affichait.
    D’un geste déterminé, il ôta son tee-shirt, puis ses boots et le reste de ses vêtements, sentant avec plaisir le tissu mouillé s’éloigner de sa peau. Il accrocha ses vêtements en équilibre précaire sur le porte-serviettes pour que ça sèche puis entra dans la douche. L’eau se réchauffa rapidement et il sentit la caresse tiède ruisseler le long de sa peau. Il augmenta la température jusqu’à sentir la brûlure de l’eau, et s’aspergea copieusement. Ses frissons s’apaisaient, sa chair de poule disparaissait peu à peu, son corps reprenait enfin une température normale. Ses muscles se délassèrent et il poussa un soupir heureux. Quel bien-être !
    Enfin réchauffé, David coupa l’eau et sortit de la douche, avant de s’envelopper hâtivement dans la serviette que lui avait préparé Marion avec son habituelle prévenance. Il se sécha rapidement, puis jeta un œil critique au panier de vêtements. À qui pouvaient-ils bien appartenir, pour se retrouver chez Marion ? En tout cas ce type-là avait un drôle de style. Et il avait l’air plutôt petit en jambes. Le jeune homme pêcha un pantalon gris plus long que les autres et un tee-shirt noir et se mit en devoir de les enfiler. Il connut un grand désenchantement en rentrant ses longues jambes dans le jean…
    *P’tin mais j’ai grossi moi…*
    Il alla se planter devant le miroir en attachant la braguette et écarquilla les yeux.
    *Han my God ÔÔ'*
    Un slim. C’était un slim TT'
    Tout en tâchant de se convaincre que si, il y a pire comme déshonneur dans la vie, il étendit sa serviette sur le porte-serviettes, à côté de celle de Marion. Sa main effleura cette dernière, et il se surprit à en approcher son nez. Le tissu éponge avait conservé l’odeur de Marion, son gel douche mais aussi le parfum si particulier de son corps lui-même. Il y enfouit carrément le visage, respirant profondément cette fragrance tandis que dans sa tête revenaient les images de la nuit passées, visions du visage serein de la jeune fille endormie dans ses bras, contact de sa main dans le noir, douceur de ses lèvres… Il s’arracha subitement à ces réminiscences et s’éloigna brusquement de la serviette en se traitant de triple crétin.
    Lorsque David ressortit de la salle de bain les cheveux encore humides, il entendit le son de la télé et reconnut le générique de la chaîne Equidia. Se guidant au bruit, il retrouva le salon et vit la tête de Marion qui dépassait du canapé. Elle ne sentit pas sa présence et il ne se fit pas remarquer, car quelque chose avait déjà capté son attention sur l’écran. Un cheval enchaînait d’impressionnants obstacles, guidé par une cavalière que le jeune homme crut vaguement reconnaître. Le commentaire du journaliste confirma son soupçon : c’était Marion elle-même !
    *Alors comme ça mademoiselle joue les stars…*
    D’un œil critique il suivit l’émission et reconnut Just Another, l’étalon noir qu’il avait eu l’occasion de monter le matin-même… Il suivit le parcours avec autant d’intensité que s’il y était et vit le couple approcher d’un gros vertical bariolé.
    *Trop mou… !* songea-t-il avec inquiétude.
    Bam, la barre qui tombe. Il détourna le regard et secoua la tête. Toujours pareil, chaque fois qu’il regardait la compétition il ne pouvait s’empêcher de vivre le parcours comme s’il était à la place du cavalier, de frémir jusqu’au bout en cœur avec lui et de disséquer avec soin sa tactique et ses erreurs.
    « On a faim ? »
    Marion, manifestant enfin un signe de vie, l’interrompit dans ses pensées. Faim ?! C’était un euphémisme. Avec cette odeur de nourriture ambiante, il était difficile d’avoir moins que faim…
    Les deux jeunes s’assirent à la table et se servirent les pâtes et la sauce odorante. Un temps de silence s’écoula, chacun étant très occupé à mastiquer avidement les premières bouchées qui compenseraient enfin le vide infernal de leur estomac. Ces pâtes, c’était un vrai délice. Rares étaient les français capables de cuire des pâtes, David l’avait maintes fois remarqué et avait presque réussi à se dégoûter de ce plat à Paris. Des nouilles au beurre, molle et informe, c’est tout simplement infâme. Par contre les pâtes al dente à l’huile d’olive, ça, c’était une autre histoire… Bon, s’il se régalait autant, c’était sûrement parce qu’il crevait la dalle aussi, car le plat de Marion n’était pas exactement dans ses critères, mais enfin qu’importait ?
    Finalement, David reprit la parole le premier, d’un ton ironique :
    « Alors comme ça Madame se regarde à la télé ? »
    Il l’aurait crue plus modeste, tout de même… Il avala une énorme fourchette de pâtes puis reprit :
    « Et en plus, tu trahis ta propre patrie ! ajouta-t-il d’un ton mécontent. Tu crois pas que la France a plus de bons cavaliers que les aut’ british, là-bas ? Hein ? »
    Il avait un ton mordant, parfaitement pince sans rire, mais ses yeux pétillaient allègrement, trahissant la plaisanterie. Il se foutait complètement de la gueule du journaliste. Du reste, il avait bien vu l’effet de ces paroles sur Marion qui avait l’air plutôt bouleversée à la fin de l’émission.
    « Laisse tomber, va… ‘sont jaloux du climat d’Outre-Manche, c’pour ça ! »
    Cette fois, il lui sourit franchement, une étincelle dans le regard.
    Il avait presque fini son assiette maintenant, et sentait avec plaisir le volume des pâtes qui commençait à peser sur son estomac. Que c’était bon, quand même, d’avoir quelque chose dans le ventre et d’être au chaud…

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MessageSujet: Re: Marion Duval   Mer 17 Sep - 19:34

    La jeune femme ne prit même pas la peine de le servir. Elle attendit patiemment qu’il ait remplit son assiette avant de remplir la sienne. Elle n’avait plus faim. Heureusement car avec la plâtrée qu’avait pris David, elle aurait dû refaire des pâtes. Les deux jeunes recouvrirent leur plat de sauce tomate. Une fois les deux assiettes complètement garnies, Marion prit les deux plats qui encombraient la table et les déposa sans délicatesse sur le plan de travail. Elle, vexée ? Nan, ce n’était pas son genre… Hum, bon d’accord, elle était un peu vexée … ? Bon, beaucoup, adjugé vendu. Peu après, elle se réinstalla en face de son collègue et attrapa sa fourchette d’un geste peu déterminé, si bien qu’elle manqua de la faire tomber. David était déjà en train de manger. La jeune femme se cacha derrière une longue mèche noire avant de planter son couvert dans le plat. Elle releva légèrement les yeux vers lui. Vu la manière avec laquelle il engloutissait le plat, il devait être affamé. Elle baissa les yeux sur sa main et porta sa fourchette à ses lèvres. Lorsque ce goût si familier envahit sa bouche, elle se rendit compte qu’elle avait faim à nouveau. Les deux jeunes gens mangèrent en silence, appréciant le fait qu’ils aient eu un repas, un vrai. Les assiettes se vidaient à vitesse grand V. Ce fut David, le premier à rompre le silence. Marion tressaillit discrètement lorsqu’elle entendit le son de sa voix.

    « Alors comme ça Madame se regarde à la télé ?
    - Ouais, j’aime bien m’faire insulter en direct, c’est sympa. »


    Elle le fusilla du regard, mais il ne pouvait pas la voir puisque son visage était totalement recouvert par ses mèches ébène. Elle revoyait encore ces images magnifiques de son passé, recouvertes par des commentaires humiliants et dévalorisants. Tout ce qu’elle espérait, c’est qu’elle ne serait pas harcelée par les médias lors du prochain concours, le week-end suivant. Il aurait lieux à Deauville, et elle n’avait aucune envie qu’on fasse une polémique à domicile. De toute façon, à l’heure qu’il était les supporters français devaient être révoltés. Elle s’attendait à être huée à son entrée sur le terrain. Elle angoissait d’avance… De toute façon, elle saurait quoi répondre si on venait jusqu’à l’embêter dans la rue. Et alors ? Est-ce que c’était sa faute si elle avait été refusée en France ? Non. Ils avaient qu’à prévoir. Certes, personne ne se serait douté de ses capacités, mais eux ne lui avaient pas fait confiance. Les Anglais étaient bien plus accueillants…

    « Et en plus, tu trahis ta propre patrie ! Ajouta-t-il d’un ton mécontent. Tu crois pas que la France a plus de bons cavaliers que les aut’ british, là-bas ? Hein ? »

    Marion avala la dernière bouchée de pâtes, se sentant observée par l’Italien. Elle déposa son couvert dans son assiette vide et releva le menton pour le regarder droit dans les yeux. D’un geste précis de la tête elle chassa sa chevelure pour le voir correctement. Ses émeraudes, bizarrement, ne parvinrent pas à l’intimider. Les prunelles brûlantes de Marion ne lâchèrent pas son regard verdoyant. La jeune femme hésita. Une devait-elle répondre ? Elle hésita entre une réponse sèche et se taire. Elle savait que la seconde était plus judicieuse, mais malheureusement son entêtement la devança. Elle chercha ses mots un instant. S’éclaircissant doucement la voix, elle s’adressa à lui, les yeux dans les yeux.

    « Certes, je suis une traître. Mais une traître qui assume. C’pas ma faute s’ils ont pas voulu de moi ici… Et au contraire, y’a plus de bons cavaliers britanniques. »

    La jeune irlandaise ne mâcha pas ses mots. Elle observa tranquillement la lueur dans les yeux du beau brun, ne sachant pas quelle serait sa réaction. Oui, comme toujours il était très imprévisible. Marion caressa la blessure nichée dans le creux de sa main. Elle l’avait totalement oubliée celle-là. Elle n’avait même pas désinfecté en prenant sa douche… Elle se rappellerait se ça en allant se coucher. Sur le bar, son téléphone sonna en vibrant. Marion sursauta une énième fois. Elle était certaine qu’il s’agissait de l’un de ses amis. Elle s’excusa d’un élégant geste de la tête et attrapa l’engin. La belle décrocha après avoir vérifié le numéro. C’était un des cavaliers de l’équipe britannique. Eh merde, il y avait eu un reportage là-bas à coup sûr. Une voix grave s’adressa directement à elle en Anglais. La jeune femme répondit, blasée. L’homme lui expliqua brièvement qu’il venait de voir un reportage à la télévision et qu’elle avait été critiquée. Marion répondit qu’elle avait eu le droit à la même chose en France, ce qui lui permit de ne pas avoir tous les détails, bien heureusement. Ils discutèrent quelques courtes minutes. La jeune femme fut la première à le saluer. Elle s’excusa de ne pouvoir rester plus longtemps et raccrocha sans prendre la peine d’écouter sa réponse. Elle se tourna vers David en évitant de repenser à la conversation qu’elle venait d’avoir. Le point positif, c’est qu'il n’avait sûrement pas compris la moitié de ses paroles, n‘étant pas parfaitement bilingue en anglais.

    « Laisse tomber, va… ‘sont jaloux du climat d’Outre-Manche, c’pour ça ! »

    Marion en resta bouchée bée. Depuis quand il se rangeait de son côté ? La jeune femme resta plantée en plein milieu du passage, sans savoir quoi répondre. Ses parles raisonnèrent dans sa tête. Laisser Tomber… Oui, bien sûr, elle l’aurait fait si c’était la première fois qu’on lui faisait remarquer qu’elle était une sorte de traître. Son regard balaya la pièce de gauche à droite. Ses prunelles dorées contemplèrent chaque détail de la pièce avant de s’attarder sur la silhouette charnue du chien de berger. Celui-ci avait ressentit l’angoisse de la maîtresse et il la regardait avec son habituelle mine attendrissante. Ah ce qu’il pouvait être agaçant. Elle était obligée de céder à chaque fois. Et puis la britannique à la longue chevelure noire reposa son regard brûlant dans celui de David. Bizarrement, ses paroles avaient réussi à lui redonner son incroyable calme olympien. La belle lui adressa un sourire presque sincère en contemplant son visage brièvement. L’éclat dans ses yeux lui indiqua qu’il était honnête. Ou alors il jouait vraiment bien la comédie… Au choix.

    « Mouais… Ils sont en manque de pluie, faut se mettre à leur place. T’as raison. »

    Marion observa son assiette déjà vide. Son estomac était plein. Si elle avalait ne serait-ce qu’une miette de plus, elle exploserait. Elle se rendit compte que David avait terminé, lui aussi. C’était une parfaite raison pour se lever et s’arracher à son regard troublant. La jolie brune prit son assiette, l’empila dans celle du jeune homme, attrapa ses couverts et prit la direction de la petite cuisine américaine. Elle mit tout dans l’évier. Elle rangerait plus tard. Elle s’apprêtait à aller débarrasser le reste quand un détail lui revint à l’esprit. David était plus grand et plus fort qu’elle. Il avait sans doutes un appétit bien plus vorace de le sien. Le seul hic c’est qu’elle n’avait pas prévu de dessert. Un instant de réflexion ne fut pas de trop. La belle ouvrit tous les placards un à un, à la recherche de quelque chose à faire. Elle avait toujours un gâteau tout préparé de secours… Et là, elle ouvrit le dernier placard et découvrit qu’il y avait de la pâte à cookies. Elle vérifia la date de péremption avant d’ouvrir le paquet. Il n’y avait pas un temps énorme de cuisson, c’était donc parfaitement abordable. Bien sûr, pendant qu’elle luttait pour découvrir le fonctionnement de la pipette de pâte à gâteau, la radio s’alluma toute seule. Il y avait vraiment un problème dans cette maison. Chaque fois qu’un voisin allumait un appareil particulier, il y avait un faux contact et l’appareil s’allumait chez elle. La belle soupira et regarda la radio avec sa mine de chien battu, comme si elle le suppliait de s’éteindre. Bon ça mettait un peu d’ambiance dans la pièce, parce que personne ne plaçait un mot… Marion crut reconnaître Highway to Hell. Elle sortit une plaque en fer, y déposa du papier et forma les cookies. Heureusement qu’il ne fallait rien faire de plus que de mettre au four, parce qu’elle sentait qu’elle allait les louper. Elle régla le thermostat, plaça la plaque dans le four et revint tout près de la table. David était en face d’elle à présent. Il avait les vêtements de son meilleur ami, et elle dut avouer qu’elle avait du mal à le reconnaître. D’un œil critique, elle le détailla. Il portait le jean slim noir de son ami, son préféré, celui qu’il portait toujours en soirée. En haut, il avait revêtu une chemise élégante d’un blanc éclatant. Le contraste noir et blanc lui rappela étrangement son propre teint lorsqu’elle s’était regardée dans le miroir de la salle de bain, une bonne heure plus tôt. La jeune femme remonta ses yeux dorés dans les siens avant de s’adresser à lui, le plus tranquillement possible.

    « Mmm… Les slims te vont très bien. Ca te met en valeur. »

    Un rictus moqueur apparut dans le coin de ses lèvres, mais ses yeux gardèrent cet éclat si étrange qui ne les quittait plus depuis qu’elle était avec lui. La seule chose, c’était qu’elle pensait vraiment ses paroles. Elle le trouvait plutôt agréable… Hum, magnifique était plutôt approprié au fond de sa pensée… La chanson rythmée et entraînante fut suivie d’un générique et une chanson bien plus came enchaîna. C’était une chanson encore inconnue aux oreilles de la jeune Anglaise. Sans doutes une nouveauté des Etats-Unis, comme d’habitude. Elle remit son t-shirt sur ses hanches, attrapa une écharpe qui traînait sur le côté et l’enroula autour de son cou. Son décolleté fut ainsi caché, et les frissons dus au froid disparurent en l’espace de quelques secondes. Il était trop tôt pour mettre le chauffage dans la maison, sachant qu’elle n’y était pas souvent. Elle se contentait donc de la bonne vieille méthode : pulls, couvertures, chocolat chaud ou café devant la télévision. La belle avait rarement l’occasion de se détendre mais quand l’occasion se présentait, elle le faisait. Marion s’installa sur le banc à côté de David, les pieds du côté de la cuisine, en totale opposition au jeune italien. De là, elle arrivait à sentir le parfum de sa peau, malgré qu’elle ait été loin. Elle détourna la tête pour ne pas recommencer à fantasmer… Heu, oui, fantasmer, c’était le mot.

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MessageSujet: Re: Marion Duval   Ven 24 Oct - 20:41

    Le repas terminé, Marion débarrassa promptement la table et David la regarda d’un air dubitatif tandis qu’elle trafiquait Dieu sait quoi avant de mettre le tout au four. C’est le moment que choisit la radio pour s’allumer, allez savoir pourquoi –cet appart devait être hanté-, et la guitare saturée et les hurlements la voix rauque d’une vieille chanson d’ACDC s’élevèrent dans la pièce. Décidément, il n’aimait pas ce vieux rock dépassé.
    Désoeuvré, se sentant trop grand dans cette cuisine trop petite –d’autant que la présence trop palpable de Marion n’arrangeait rien-, David s’appuya au plan de travail, les yeux dans le vague. Se sentant observé, il tourna légèrement la tête et vit le regard scrutateur que la jeune fille posait sur lui.
    « Mmm… Les slims te vont très bien. Ca te met en valeur » , commenta-t-elle et il leva les yeux au ciel.
    *C’est ça, mate mes fesses…* songea-t-il, mais malgré la répartie toute prête qui lui titillait la langue, il jugea plus prudent de garder le silence.
    Une prudence qui, soit dit en passant, ne lui ressemblait pas –il était passé maître dans l’art de dire systématiquement ce qu’il ne fallait pas. Il ne pouvait ignorer l’étincelle qui s’alluma dans les yeux de Marion, et ce fut d’ailleurs en partie cela qui le poussa à se taire malgré le sarcasme. Cette étincelle, si semblable à celle que lui-même s’efforçait de cacher dans son propre regard lorsqu’il voyait la jeune fille. David reprit sa place sur le banc, peut-être un peu pour échapper à l’observation de son hôtesse. Il aimait le regard que posaient les femmes sur lui, mais quand il s’agissait de Marion, l’expression de la jeune irlandaise lui déplaisait singulièrement en même temps qu’elle l’attirait irrésistiblement.
    Bientôt, la jeune fille le rejoignit et s’assit à côté de lui. Quelques instants passèrent, dans un silence meublé seulement par les gémissements de la radio. David prit alors conscience que, peut-être, ceci était une atmosphère que le commun des mortels qualifierait de lourde. Pour sa part, le silence ne l’avait jamais dérangé, même si d’ordinaire il ne le laissait jamais durer longtemps, et puis ce soir il avait trop à penser pour s’inquiéter de l’ambiance de la soirée.
    Il se demandait sérieusement ce qu’il foutait là, et cherchait à se souvenir comment il avait fini chez Marion, nourri et vêtu [et lavé x)] par ses bons soins. Était-ce réellement le même type qui se trouvait là, chez elle, que celui qui s’était juré un peu plus tôt de ne plus rien avoir à faire avec elle ? Enfin, ce serment, il se l’était déjà fait un certain nombre de fois au cours des six dernières années et ça ne l’avait pas empêché de se retrouver là, au fin fond de la Camargue, avec elle. Encore et toujours elle.
    « Je ne te trouve pas très bavarde, commenta-t-il d’un ton vaguement amusé. Ou alors c’est ma présence qui te liquéfie la langue ? »
    Ce disant, il tourna la tête vers elle, l’enveloppant d’un de ses regards les plus enjôleurs, un de ceux auxquels nul ne résistait. Leurs visages étaient proches, trop proches, mais il ne se recula pas et se contenta de darder ses yeux verts et pénétrants sur Marion. Le jeune homme s’attendait à une repartie acerbe, mais à cet instant un événement des plus inattendus vint détourner le cours de la soirée et altéra tout à fait l’impact de la réponse [ou absence de réponse, tu vois xP] de Marion.
    En fait, le silence tomba brusquement.
    L’obscurité se fit.
    Plus de radio. Et accessoirement, plus de lumière.
    Une coupure de courant.
    Rien que ça.
    C’était d’une banalité… Et pourtant totalement impromptu.
    Après quelques secondes durant lesquelles les deux jeunes restèrent parfaitement immobiles et silencieux, déconcertés, David éclata de rire.
    « Joli effet, c’était prévu d’avance ? »
    Il fouilla les environs du regard, mais ses yeux, pas encore habitués à l’obscurité, ne parvinrent pas à percer la noirceur opaque qui s’était abattue sur l’appartement, dissimulant jusqu’au moindre détail de la pièce.
    « Bon, soupira-t-il d’un air contraint, j’espère que tu as des bougies parce que là… »
    Il entendit Marion se lever dans un bruissement. Elle passa devant lui mais, ayant manifestement mal calculé la longueur des jambes du jeune homme, elle trébucha sur lui.
    « Hého, doucement, j’suis solide mais quand même… » protesta-t-il.
    Il se leva à son tour et fit quelques pas, et regretta très vite ce choix hasardeux. Il n’y voyait goutte et avait toutes les peines du monde à se repérer dans cet endroit qu’il ne connaissait pas. Avançant d’un pas hésitant, les mains tendues devant lui, il faillit éborgner Marion avant de changer de trajectoire. La vague lueur d’un réverbère, dehors, éclairait légèrement la fenêtre et il se dirigea vers elle. Mais une table, qui s’était sournoisement glissée sur son chemin, le percuta à la hanche. David lâcha une bordée de jurons à mi-voix et lança un regard incendiaire en direction de la table invisible, puis il continua d’avancer péniblement. Après avoir renversé deux chaises et faillit se casser la figure sur un chien, il jugea le chemin de la fenêtre trop dangereux et changea une fois de plus de direction. Il ne savait pas trop où il était mais par contre, il sentit très nettement lorsque Marion et lui se rentrèrent dedans. Pris par surprise, il fit un pas en arrière pour rétablir son équilibre mais le chien, encore lui, se glissa entre ses jambes. Vraisemblablement la jeune fille rencontrait elle aussi un certains nombres de problèmes pour rester debout, et s’entraînant l’un l’autre dans leur maladresse, ils tombèrent dans le noir. David faillit écrabouiller Marion en tombant sur elle, et il prit appui sur ses mains pour rester au-dessus d’elle.
    « Ouille, désolé » grommela-t-il.
    Il s’assit et l’entendit se redresser. Leurs épaules se frôlèrent et, tournant la tête vers elle, il huma une bouffée de son parfum unique. Plus enivrant encore dans le noir. Il sentit son souffle sur ses lèvres, et en conclut qu’elle aussi avait tourné la tête vers lui. Combien de centimètres les séparaient ? Insensiblement, sans même s’en rendre compte, il se rapprocha d’elle, de son souffle tiède et de son visage qu’il devinait dans les ténèbres. Ses lèvres effleurèrent soudain la peau fraîche de Marion et d’instinct, il trouva le chemin de sa bouche. Leurs lèvres entrèrent en contact et ce fut comme s’il recevait une décharge électrique, mais une décharge électrique merveilleusement agréable. Quelque chose en lui aurait voulu que ce baiser dure tant et plus, croissant d’intensité, mais David se recula brusquement et il détourna la tête en se mordant férocement la langue.
    « Je crois qu’on ferait mieux de localiser les bougies » murmura-t-il d’une voix d’où, par une force titanesque, il avait réussi à ôter toutes les émotions vibrantes qui l’étreignaient.

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MessageSujet: Re: Marion Duval   Ven 24 Oct - 23:50

    Les deux jeunes gens s’adonnèrent à un silence religieux. Seul le four qui chauffait recouvrait les paroles de la toute nouvelle chanson. Marion, n’ayant rien d’autre à faire, s’amusait à les déchiffrer. Mais rien à faire, c’était un accent canadien, ce genre d’accent impossible à comprendre pour une Irlandaise comme elle. La jeune femme avait attrapé une fourchette qu’elle avait oubliée sur la table et la faisait rouler nerveusement entre ses doigts. Lorsque son côté stressé reprenait le dessus, il était impossible de l’arrêter. Quelques fois, elle regardait David du coin de l’œil. Elle s’attendait à le voir rongé par l’ennui, mais non, il était plutôt songeur. En toute inconscience, la jeune Marion s’était mise à battre du pied, dans le vide, en adoptant le rythme de la chanson indéchiffrable. Ce n’était pourtant rien de bien brillant, mais il y avait là ce certain style musical simple et entraînant qu’on ne trouvait plus tellement à ce moment-là. Alors qu’elle se mettait à compter les mesures, David rompit le lourd silence qui pesait sur la pièce depuis de longues minutes. Au premier abord, quand il constata qu’elle n’était pas très bavarde, la jeune femme lui en fut reconnaissante pour avoir osé prendre la parole. Mais la suite de la phrase la fit grimacer.

    « Ou alors c’est ma présence qui te liquéfie la langue ? »

    La jeune femme tourna la tête, intimidée. La réponse était pourtant évidente, il avait tapé en plein dans le mille. Mais il était hors de question de le laisser dire, il serait beaucoup trop facile pour lui de la briser comme dans leur tendre jeunesse. Elle se laissa prendre au piège dans ses émeraudes étincelantes. Il connaissait son charme, et il n’avait pas honte de l’utiliser pour parvenir à ses fins, elle le savait. La jeune femme tenta de garder son calme en respirant le plus doucement possible. Elle pria de tout son cœur pour qu’il ne remarque pas qu’il la faisait totalement craquer. Et puis, elle eut envie de lui rétorquer quelque chose de cru et sec pour reprendre ses esprits, mais quelque chose d’inattendu se produit, la coupant dans son élan de courage. En effet, en moins de temps qu’il ne le fallut pour le dire, le son de la radio se coupa, le ronronnement du four cessa et la lumière des néons s’éteint. Marion sursauta. Bon, au moins, il ne remarquerait pas à quel point elle avait rosi… Le seul problème, à présent, était de trouver comment ils allaient s’éclairer.
    Durant sa longue réflexion silencieuse, la petite Marion entendit le rire mélodieux et joyeux de David. Elle frissonna. Etait-ce dû à la température de la pièce ou à la simple présence du jeune homme ? Certes, tout cela n’avait réellement d’importance.

    « Joli effet, c’était prévu d’avance ?
    - Absolument, répondit-elle en se prêtant au jeu, surprise du Chef ! »

    Après une brève seconde de silence, il espéra à voix haute qu’elle avait des bougies. Mais oui ! Des bougies ! Comment avait-elle pu négliger les bâtons incandescents ? Sans se faire prier, elle se remit sur ses pieds, tourna légèrement vers la gauche et marcha à l’aveuglette vers la cuisine pour chercher des allumettes et des bougies. Alors qu’elle faisait son deuxième pas, elle trébucha sur quelque chose qui barrait sa route. Elle se rattrapa vivement à une chaise qui traînait, manquant de peu de s’étaler sur ce qui semblait être les jambes du jeune homme. Elle s’excusa d’une voix cristalline avant de repartir à la recherche de la cuisine. Ses yeux avaient du mal à s’habituer à l’obscurité. En parlant de cela, elle en avait assez vu ces dernières vingt-quatre heures… Disons qu’elle avait eu sa dose de grottes pour un moment. La belle shoota dans la table base et murmura tous les jurons anglais qui lui passaient par la tête. Inutile, certes, mais c’était d’un soulageant… En levant les pieds et en mettant ses mains devant elle, la jeune femme poursuivit sa route. Malheur… Elle avait totalement perdu son sens de l’orientation et avait à présent ses mains collées à la vitre glaciale. Elle les décolla comme si elle venait de se prendre un coup de jus. Soudain, elle entendit un fracas pas possible derrière elle. Prêtant l’oreille à tout le vacarme que faisait David, elle réalisa que lui aussi avait du mal à se repérer. Pourtant, la pièce n’était pas immense. Marion en déduit que c’était entièrement dû à la fatigue accumulée. Peu de temps après, Kiss Cool grogna. Marion le fit taire en un murmure strict. Il avait sans doutes été traîner dans les longues jambes du jeune homme. Ignorant totalement ce dernier, elle entreprit de retourner à la recherche de sa cuisine. Doucement, elle pivota sur ses talons et repartit comme prévu. Mais elle fut très loin de se douter que David arriverait dans sa direction. Vice Versa sans doute. La belle fut heurtée de plein fouet par la silhouette musclée de son invité. Ne pouvant résister à une telle force, elle se laissa tomber sur le carrelage givré de la salle. Pour ne pas se faire mal, elle se roula en boule et s’étala ensuite de tout son long. David ne tarda pas à la rejoindre. Il dût se retenir en mettant ses mains de chaque côté de ses épaules pour ne pas l’écraser. Il ne bougea pas. Cette position plus qu’embarrassante rendit Marion plus nerveuse encore. La jeune femme attendit qu’il se rassoie pour pouvoir se redresser. Elle voulait s’éloigner, sentant q’elle s’empourprait de plus en plus vite. Décidemment, ces choses là n’arrivaient qu’à eux. Les pires âneries de la vie leur étaient destinées. David s’excusa. Ce fut la première fois qu’elle entendit ces mots de sa bouche. S’ils n’avaient pas été dans le noir complet, elle aurait eut un mal fou à reprendre ses esprits face à ses excuses.

    « Hum, c’pas grave… »

    Sa voix était faible. Il était difficile de dire si c’était à cause du gène de leur proximité ou de la violence avec laquelle elle avait heurté le sol. Ce fut peut-être un mélange des deux… Elle se redressa de plus belle. Elle ne comprit pas par quel miracle ils se retrouvèrent à se frôler au niveau des épaules. La jeune irlandaise frissonna et se figea, ne sachant que faire. Elle savait que David avait été surpris car il venait de tourner la tête. Comment le savait-elle ? En réalité, son odeur enivrante venait d’arriver jusqu’à ses narines et elle ressentait son souffle régulier dans son cou. Une mèche de cheveux vint la chatouiller alors qu’elle tournait la tête vers l’homme. Elle aurait tout donné pour se jeter contre lui et revivre la même scène que la nuit précédente, mais ce n’était pas raisonnable. Leurs souffles se croisèrent. Il était si proche d’elle qu’elle n’arrivait plus à dire qui elle était, ni où elle était. Tout ce qui comptait à ce moment-là, c’était lui, et rien que lui.
    Et soudain, ce qu’elle voulait le plus au monde se réalisa. Il se rapprocha de lui-même vers elle, déposant ses lèvres dans le coin de sa bouche, se rapprochant dangereusement de ses propres lèvres. Le cœur de la jeune femme fit un bond de sa poitrine tandis qu’elle entrouvrait les lèvres pour apprécier le goût le plus unique au monde. Son haleine valait tous les mets du monde. Elle était encore plus gourmande qu’un dessert de grand chef ou qu’un chocolat de grand chocolatier. Elle était le goût le plus délicieux de la planète. Les saveurs se mélangèrent et Marion profita de cette passion tant qu’elle le put.
    Et puis, David rompit le baiser, se fixant une fois de plus cette limite qui avait le dont de briser le cœur de la belle, à chaque fois. Combien de fois s’étaient-ils embrassés depuis le début ? D’innombrables fois… Et dire qu’ils ne devaient pas s’aimer… Marion déposa sa main sur sa joue brûlante en tentant de retenir tout son désir. Elle avait le souffle coupé mais elle ne bougea pas pour autant. Il s’éloigna un peu, sûrement pour ne pas être tenté de recommencer. Bizarrement, elle lui en fut d’une extrême reconnaissance. Le murmure qu’il prononça lui arriva néanmoins comme s’il avait été dit à côté de son oreille.

    « Je crois qu’on ferait mieux de localiser les bougies.
    -M’en occupe, je vois tout à fait où elles sont, acquiesça la belle. »

    Marion caressa tendrement sa joue en faisant glisser sa main vers le bas pour la retirer. Elle se releva la première, complètement étourdie par ce qu’il venait de se produire. Alors qu’elle se redressait totalement, quelque chose l’assomma sur le haut du crâne. Elle jura à voix haute en se mettant la main contre la tête. Elle venait de se prendre le plafond.

    « Ahouille… David ? Fais gaffe à ta tête quand tu te relèveras. »

    Sur ces derniers mots, la belle prit le chemin de la cuisine, qui cette fois, lui apparut beaucoup plus nettement. Elle ouvrit le premier tiroir qui lui vint et en extirpa un vieux briquet, des allumettes et quelques bougies rondes. Parfait. Ainsi, ils pourraient les disposer dans la pièce pour avoir un peu de lumière. Le premier réflexe de la belle fut d’abord d’allumer le briquet pour y voir plus clair. Elle gratta une allumette et s’occupa des bougies. Lorsque toutes les mèches furent enflammées, Marion éteint la flamme du briquet avant de prendre quelques bougies pour les disposer un peu partout dans la pièce. Mine de rien, l’ambiance qu’ils venaient de créer ressemblait à celle des romans à l’eau de rose…

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MessageSujet: Re: Marion Duval   Dim 26 Oct - 18:40

    David se releva prudemment et haussa un sourcil en observant le nouvel éclairage des lieux.
    *Dois-je y voir un quelconque sous-entendu ?*
    Une fois de plus, il se retint avec raison de poser la question et jeta un regard dubitatif sur les bougies réparties dans la pièce, qui l’éclairaient d’une lueur orangée. À cet instant, il sentit quelque chose vibrer férocement dans sa poche. Son portable, encore ce satané objet.
    « Oui ? » grommela-t-il en décrochant.
    À sa grande surprise, il ne tarda pas à reconnaître la voix de Mme Leclaircier. Stupéfiant, elle savait donc se servir d’un téléphone ! Pis, elle avait même son numéro personnel. Quel progrès…
    « … vous occuper de Mimi ? Il faudrait lui redonner à manger ce soir… »
    Oh non, il l’avait oublié celui-là. Mimi, le canari –quel nom ignoble…- arrivé de fraîche date dans sa cage flambant neuve, qui trônait dans le salon et piaillait perpétuellement d’une voix suraigue. D’après ce que savait David, sa logeuse le gardait pendant les vacances de son propriétaire. Quoi qu’il en soit, c’était un volatile des plus irritants. Interrompant la longue liste des recommandations visant à soigner l’oiseau, le jeune homme s’enquit :
    « Parce que vous ne comptez pas rentrer ce soir ?!
    - Avec la pluie qui tombe ? Non, non, certainement pas, mes vieux os n’y survivraient pas… »

    *Ça ne serait pas une perte !* songea David avec colère.
    « Très bien, au revoir Madame Leclaircier ! » aboya-t-il en lui coupant la parole.
    Il enfonça rageusement le portable dans sa poche et s’approcha de la fenêtre. Effectivement, la pluie diluvienne ne semblait pas près de s’arrêter… Pensif, il regarda un instant les torrents d’eau qui dévalaient du ciel et s’abattaient à grands bruits sur les pavés du village, puis il se détourna de cette déprimante vision pour se laisser tomber sur le canapé à côté de Marion.
    « J’me retrouve à la rue ! » maugréa-t-il en jetant un regard assassin au mur d’en face. « Et l’autre qui veut que j’donne à bouffer à son piaf… Kiki, ou Mimi, pff, qu’elle aille se brosser ! »
    Il laissa passer quelques instants de silence furieux, puis se renversa en arrière sur le dossier.
    « Enfin, c’est la vie… » philosopha-t-il, tout son calme retrouvé.
    Il échangea un regard avec Marion et un sourire indifférent étira ses lèvres. Un peu après, se remémorant l’émission qu’il avait vue un peu plus tôt, il reprit :
    « Alors, il paraît que tu pars la semaine prochaine ? »
    Son ton était totalement badin, mais il se surprit lui-même en constatant l’imperceptiblement pincement au cœur qui le prit lorsque Marion lui apprit qu’elle s’absenterait pour quelques jours à Deauville. Ridicule et stupide ! Ça lui changerait quoi, de ne pas la voir ? Pfeu, il devenait vraiment de plus en plus crétin avec l’âge. Les deux jeunes continuèrent de parler de choses et d’autres, de compétitions et de chevaux surtout. Une conversation tout à fait anodine et banale, un ton tout à fait badin, comme si rien de particulier ne couvait entre eux. L’heure passait, et David commença à envisager de laisser Marion tranquille. Il se faisait tard maintenant et il n’avait pas l’intention de s’attarder davantage ici. C’était déjà beaucoup d’être entré et d’avoir partagé ces moments avec elle. Il ignorait où il irait, mais bon, il aurait bien le temps de se décider une fois dehors…
    Cependant la jeune fille n’avait plus rien dit depuis un moment. Tandis que l’heure avançait, la conversation s’était ralentie puis avait cessé, et ils s’étaient contenté de rester immobiles, calés dans le canapé, épaule contre épaule, fixant la flamme brillante de la bougie devant eux. Il s’apprêtait à lui parler lorsque sa tête bascula contre lui. Il lui jeta un regard en biais et réalisa que Marion s’était endormie, appuyée contre lui.
    *Han, la blague !*
    David ne bougea pas, les yeux baissés sur la jeune fille. Les flammes mouvantes projetaient de douces lueurs dorées sur son visage pâle, éclairant puis plongeant dans l’ombre ses traits fins, soulignant leur fragilité.
    *Non, je ne peux pas rester là*, se décida-t-il.
    Avec des gestes lents et doux, il se dégagea, puis glissa ses mains sous le corps de Marion qu’il souleva avec d’infinies précautions. Il récupéra une bougie pour s’éclairer dans l’appartement enténénbré, puis la porta jusqu’à ce qu’il supposait être sa chambre. Bingo, il y avait là un lit, il ne s’était pas trompée. Avec une grande délicatesse, il l’allongea sur le matelas et drapa la couverture sur elle. Ici, elle serait mieux pour dormir.
    Cela fait, il se rendit dans la salle de bains et réunit ses affaires en s’éclairant avec sa bougie, déterminé à partir tout de suite. Toutefois, avant de sortir, il repassa une dernière fois dans la chambre pour voir la jeune fille endormie, son visage lisse et paisible encadré par ses cheveux d’ébène. Une parfaite incarnation de la paix intérieure. Il se pencha sur elle et déposa un léger baiser sur son front.
    « Ma Belle au bois dormant » , murmura-t-il d’une voix presque inaudible.
    Il ne pouvait se détacher d’elle, se défaire de cette contemplation silencieuse. De jour, il était trop risqué de l’observer avec trop d’insistance, si jamais elle le surprenait… Mais là, elle dormait d’un sommeil profond et ne risquerait pas de surprendre son regard. Belle, elle était plus belle que jamais, ou alors il se disait ça chaque fois qu’il la voyait. Il posa la bougie sur la table de chevet et s’assit au bord du lit, sans quitter des yeux son visage de porcelaine. Qu’il était tentant de caresser cette joue tendre, de passer ses doigts dans la longue chevelure d’encre… Mais, il n’en fit rien, se contentant de la regarder sagement, sans plus avoir besoin de cacher l’expression de ses yeux qui débordaient d’émotion.
    La nuit devait être bien avancée. Dehors, il pleuvait toujours. La pluie ne tombait plus avec la même force rageuse mais elle avait acquis une belle régularité et tombait sans discontinuer, émettant un bruit apaisant lorsque les gouttes désormais fines s’écrasaient sur la surface dure des pavés et du toit. Quelle heure était-il donc ? Plus de minuit sûrement. David était épuisé. Cela faisait deux nuits qu’il ne dormait pas ou du moins, pas autant qu’il ne l’aurait dû, et une lourde chape de fatigue écrasait ses épaules. Sans trop savoir comment, il se retrouva allongé à côté de Marion, tandis que sous ses paupières qui s’alourdissaient ses yeux lui piquaient, comme pleins de sable. Juste deux secondes, se promit-il, et après…
    Il dormait déjà.

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MessageSujet: Re: Marion Duval   Mar 28 Oct - 20:06


    Marion attendit sagement que David se mette à ses côtés. Éclairée par les lueurs des bougies, elle semblait pensive, comme un enfant devant une cheminée qui regarde danser les flammes paisiblement. La jeune irlandaise avait écouté à moitié les paroles de David, au téléphone, sans doutes avec sa logeuse. Celui-ci lui parut en colère lorsqu’il se posa sur le canapé, à côté d’elle. Leurs épaules se touchaient, pourtant il y avait assez de place pour deux. Mais avec l’obscurité ambiante il n’était pas facile de savoir si on allait arriver vivant sur le canapé. Après un long moment de silence, la voix mélodieuse de David se fit entendre. Marion redressa un peu la tête pour l’écouter. Alors comme ça il se retrouvait à la porte ? Sans Domicile Fixe pour une nuit ? Marion sourit pour elle-même, sachant d’avance qu’il ne verrait pas ses lèvres s’étirer. La belle elle se contenta de croiser ses jambes et ses bras et de fixer avec attention la flamme de la bougie qui était posée sur la table basse. Elle ne tarda pas à prendre cette dernière et à la disposer sur ses genoux pour éclairer son interlocuteur, le voir… Elle tourna doucement la tête pour lui répondre, mais en voyant son visage pâlit par l’obscurité, elle perdit ses mots. Des ombres dansaient sur sa peau, ses yeux brillants croisèrent les siens. Marion eut un léger pincement au cœur, comme à chaque fois qu’elle le regardait dans les yeux. La jeune fille décida qu’il était inutile de lui répondre. S’il voulait rester, il pouvait, et elle était sûre qu’il le savait. Tout le monde le savait de toute façon. Il y eut encore un silence durant lequel Marion reposa la bougie sur la petite table. Kiss Cool avait posé sa tête contre les jambes de sa maîtresse, allongé de tout son long sur le morceau de fauteuil qui restait. La belle le caressa avec tendresse, jetant un léger coup d’œil à David, lui aussi songeur. C’est d’ailleurs lui qui brisa le silence, comme souvent, pour lui poser une question. Il lui demanda si elle partait vraiment le week-end suivant. Était-ce une simple question de politesse ou s’intéressait-il soudain à sa vie ? Marion chassa la seconde proposition, quasiment sûre d’elle.

    « Oui. Mon coach a eu la très mauvaise idée de m’inscrire à Deauville en période de crise… Si je meurs, j’te lègue ma sale bête, ajouta la jeune femme avec humour. »

    L’heure qui suivit fut une conversation équestre sans fin. Les sujets, tous en rapport avec l’équitation, se suivaient et s’enchaînaient sans forcément avoir de rapports entre eux. Ainsi, ils commencèrent par parler de Deauville et son grand championnat annuel. Marion commenta rapidement l’organisation et l’ambiance électrique de ce concours en faisait deux ou trois allusions à sa propre participation de l’année précédente. Ils enchaînèrent sur le sujet des chevaux de concours, des monstres avec des muscles comme le disait si bien Marion. Et tout y passa. De leurs chevaux, en passant par les différents enrênements et en finissant par les types de ferrures en concours. La conversation était agréable, et les deux durent se l’avouer. Pour changer, Marion trouva la compagnie de David plutôt plaisante, malgré tout ce qu’il avait pu leur arriver durant le week-end. A chaque fois qu’elle le regardait, elle ne pouvait s’empêcher de se remémorer le goût de ses lèvres, la chaleur de ses bras, le désir qu’elle avait crut déceler dans ses prunelles vertes, et sans oublier la tendresse dont il avait fait preuve.
    La conversation se ralentit. Marion ne parlait presque plus que pour répondre à David, ou commenter quelques détails qu’elle trouvait plus importants que d’autres. Petit à petit, le calme de la pièce fut plus intense que leurs paroles. Marion n’avait pas lâché la flamme des yeux. Quelques bougies s’étaient éteintes, mais Marion ne voulait pas se lever, trop concentrée à ne pas céder une autre fois à leur contact physique. Il suffisait qu’elle tourne la tête pour sentir son parfum. A chaque fois qu’elle le faisait, elle se forçait à regarder de l’autre côté. Il ne fallait pas, un point c’est tout. Marion et David n’échangèrent plus aucun mot. Les paupières de la jeune femme étaient lourdes, elle se sentait partir. D’ailleurs, elle ne tarda pas à sombrer dans un sommeil lourd et sans doutes bien mérité durant lequel elle ne rêva pas. C’était noir, simplement noir. C’était ce genre de sommeil si lourd que l’on dort pour récupérer, pas pour réfléchir.

    Un grognement sourd ramena Marion à la dure réalité : Il fallait se lever, le chien réclamait à manger. Marion avait chaud, elle sentait que ses paumes étaient tièdes. Lorsqu’elle entrouvrit les yeux, les rayons aveuglants du soleil la firent fermer ses paupières. Comment se faisait-il que les volets aient été ouverts ? C’était peut-être le vent… Après tout, ils avaient prévu une tempête. Marion tenta une seconde fois d’ouvrir les yeux quand soudain elle comprit. Elle n’avait pas chaud à cause de sa couverture, non. Ses prunelles dorées s’habituèrent petit à petit à la lumière tandis que la belle analysait la situation. Elle était toute habillée, sous les couvertures de son propre lit. Mais pas seulement. Elle était nichée contre son torse brûlant. Les bras du jeune homme l’enlaçaient avec une telle force qu’elle ne parvint pas à se dégager. Cette fois elle ne comprit pas. Comment se faisait-il qu’il soit là, couché dans son lit en la tenant près de lui ? Merde, merde, merde, merde, pensa-t-elle, cette fois je suis vraiment dans la merde… Elle sentait son souffle chaud et régulier qui se rependait dans sa longue chevelure noire. Elle ferma les yeux pour profiter de cet instant. Lorsqu’elle comprit ce qu’elle faisait, elle voulut se glisser hors de l‘étreinte de David mais n’y parvint pas. Dans son mouvement de relâchement, elle dut le réveiller car il la lâcha brusquement. Marion roula sur le côté, terriblement gênée, sans même prononcer un mot. Elle était toute habillée, il ne s’était donc pas passée la moindre chose. Ouf. La jeune femme ne lui jeta aucun regard et disparut derrière la porte pour s’enfermer à double tour dans la salle de bain. Elle attrapa une culotte de cheval propre, un débardeur noir et un gilet bordeaux et enfila le tout. La seule façon d’oublier tout ça, c’était un entraînement intensif avec son coach, aussi son ami.

    La belle, après s’être coiffée et maquillée, se précipita à la cuisine pour nourrir le chien. Elle posa deux bols sur la table, et de quoi faire un petit déjeuné : pain, beurre, miel, confiture, Nutella, chocolat en poudre, lait et encore un tas de choses… La belle se servit un verre de jus de fruits, coupa un morceau de pain qu’elle beurra et l’avala en peu de temps. Une fois qu’elle eut terminé de manger, elle débarrassa sa table et laissa ce qu’il fallait au jeune homme, car malgré tout il était son invité… D’ailleurs, ce dernier montra le bout de son nez quand elle ouvrait une fenêtre pour saluer un jeune homme en vélo. Lorsqu’elle entendit ses pas dans son dos, elle s’empressa de fermer la fenêtre au nez du blond aux yeux clairs et elle se fit volte face comme si de rien n’était. Elle le détailla rapidement sans trop savoir si ce qu’elle faisait était bien ou mal. Au bout d’un instant, elle détourna son regard, jugeant qu’il était temps de grandir et d’arrêter de se faire des illusions : Il ne l’aimait pas, et il ne fallait pas s’obstiner. La belle lui adressa un sourire, malgré que la sincérité n’eut pas été au rendez-vous. Elle lui salua d’un signe de la tête et l’invita à s’attabler pendant qu’elle regroupait ses affaires. Au programme aujourd’hui : une grosse séance d’obstacle pour préparer le championnat de Deauville. Marion s’attendait à une pile de courbatures le surlendemain.

    « Sers-toi, fais comme chez toi, dit Marion à l’égard de David. »

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MessageSujet: Re: Marion Duval   Mer 29 Oct - 20:48

    David avait glissé dans l’inconscience en quelques instants, sans même s’en rendre compte. Partir, il devait partir d’ici… Ce qui ne l’empêcha pas de se retrouver assoupi sur le lit de Marion, à côté d’elle.
    Il se sentait bien. Son sommeil, ordinairement très léger surtout quand il savait qu’il n’était pas seul, était profond, bien plus paisible qu’il ne l’avait été depuis bien longtemps. Le jeune homme sentait vaguement la présence de quelque chose de chaud et d’agréable près de lui, contre lui, et tout au fond de lui, il se doutait que ce contact était en grande partie la cause de ce bien-être qu’il ressentait, mais il ne chercha pas à aller plus loin.
    Un mouvement le tira de sa léthargie. Durant un moment, il flotta entre rêve et conscience, encore ensommeillé, profitant de cet instant où il se sentait si merveilleusement bien. Puis subitement, quelque chose le ramena brutalement à la réalité. Il sentit des cheveux lui chatouiller le nez, une sensation qui au demeurant ne lui était pas si étrangère mais ce matin là, il ne voyait pas du tout comment l’expliquer. Une fille dans son lit ? Cheveux noirs, parfum inoubliable. Oh non. Il savait de qui il s’agissait. Mais qu’avait-il bien pu se passer ?? Pourquoi se retrouvait-elle dans ses bras ?!
    Marion bougea et immédiatement, il relâcha son étreinte et la repoussa. Mouvement un peu inutile puisque de toute façon, la jeune fille bondit du lit et s’échappa hors de la chambre. En d’autres circonstances, cette fuite aurait fait éclater David de rire, mais là il était trop horrifié pour seulement y songer.
    Il s’assit sur le lit en se frottant les yeux, tâchant de reconstituer ses bribes de souvenirs de la soirée de la veille. Elle l’avait hébergé alors qu’il se retrouvait à la rue pour oubli de clefs… Ils avaient mangé ensemble… Discuté longtemps, très longtemps… La panne de courant, les bougies dans le salon. Puis elle s’était endormie sur son épaule… Il l’avait portée jusque là, et ensuite…
    Probablement s’était-il endormi lui aussi. Mais quel triple abruti !
    Furieux contre lui-même, il se leva. Heureusement qu’il était encore entièrement habillé, et elle aussi. Sinon, Dieu sait ce qu’elle aurait été croire… David s’approcha de la fenêtre et regarda d’un air sombre la rue du village. Il faisait beau, aujourd’hui. La pluie de la veille, qui avait dû durer une bonne partie de la nuit, avait délavé le ciel qui était redevenu aussi immaculé que d’ordinaire. Un soleil timide et pâlichon brillait déjà, probablement ne s’était-il pas levé depuis longtemps car il n’était ni très chaud ni très lumineux.
    Seules quelques flaques, sur le pavé, témoignaient de l’averse de la nuit.
    Le jeune homme se rendit dans l’entrée, où il avait laissé ses affaires en prévision de son départ –avant de s’endormir stupidement dans un lit déjà occupé…-, et il récupéra ses vêtements et ses boots. À cet instant, il entendit la porte de la salle de bains s’ouvrir. Il attendit que Marion soit sortie, puis quand il entendit du bruit dans la cuisine il se glissa à son tour dans la salle de bains. Il se changea rapidement, enfilant ses propres vêtements qui sentaient le cheval, la sueur et le tissu mal séché, et replia vite fait le slim et la chemise empruntés. Un regard au grand miroir au-dessus du lavabo lui confirma ce qu’il pensait déjà : il avait une tête affreuse, oscillant entre le déterré et le papier-mâché. Il passa une main pensive sur son menton encore plus mal rasé que d’ordinaire et dans ses cheveux ébouriffés, puis décida que, de toutes manières, ce n’était pas pour son hôtesse qu’il essaierait de se faire beau.
    Là-dessus, il sortit de la salle de bains et, prenant son courage à deux mains, se rendit dans la cuisine.
    La table du petit-déjeuner était mise, présentant tout un éventail de choix, mais il était manifeste que Marion avait déjà mangé. La jeune fille lui tournait le dos, penchée à la fenêtre. Il l’observa quelques secondes, puis fit quelques pas volontairement bruyants pour manifester sa présence.
    « Sers-toi, fais comme chez toi. » recommanda Marion avec un sourire qui était tout sauf crédible.
    « Je peux savoir ce que tu foutais dans mes bras ? »
    Voilà ce que David brûlait de répondre, avec ce ton acerbe qu’il avait si souvent employé par le passé, surtout –il fallait bien l’avouer- quand il s’agissait de rabrouer la jeune fille ou de la blesser encore plus.
    Néanmoins, il se doutait vaguement que sa question était réciproque. Elle, elle s’était fourrée dans ses bras mais lui, il s’était fourré dans son lit. Aussi malins l’un que l’autre…
    Aussi, au lieu de lancer la pique qui lui démangeait la bouche, il répondit brièvement, d’un ton froid :
    « Merci, pas faim. »
    Là-dessus, il ajouta :
    « Faut qu’j’y aille. »
    Sans un regard pour Marion, il s’avança dans la cuisine et récupéra les chaps qu’il avait laissé sécher sur une chaise, la veille, puis il fit rapidement volte-face pour s’éloigner. Avant de sortir, par une sorte d’acquis de conscience, il se retourna une dernière fois :
    « Au fait, merci pour le dîner. »
    Et la soirée. Et la nuit. Putain, ce qu’il avait envie de se foutre des baffes.
    Il ouvrit la porte d’entrée, et sans un regard en arrière, sans écouter ce que Marion pouvait bien dire, il la claqua derrière lui et s’éloigna d’un pas un peu trop vif dans la rue froide.


[D'so, c'est merdique Uu'' Dis-moi si tu veux qu'on prolonge encore ^^
Sinon... RDV à l'aéroport ? ]

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Marion Duval
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MessageSujet: Re: Marion Duval   Mer 29 Oct - 20:56


    Perfect, je te rejoins =)

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